Fiche de révision : Aphasiologie cognitive et évaluation

Plan du Cours

  1. Historique et organisation du langage
  2. Étages moteurs de la parole
  3. Apraxie de la parole et dysarthries
  4. Évaluation et classification des troubles
  5. Rééducation et communication augmentée
  6. Glossaire et classifications aphasiques
  7. Formes particulières d’aphasie
  8. Modèle lexical et troubles lexicaux
  9. Compréhension et production syntaxiques
  10. Alexies et agraphies
  11. Bilan aphasiologique et anamnèse
  12. Épreuves et outils d’évaluation
  13. Approche fonctionnelle de la communication
  14. Récupération et objectifs thérapeutiques
  15. Rééducation cognitive des troubles du langage
  16. Interventions pragmatiques et conversationnelles
  17. Communication alternative et thérapies de groupe
  18. Accompagnement des aidants proches

1. Historique et organisation du langage

★ À maîtriser

  • Broca a proposé une approche anatomo-clinique du langage qui a conduit à l’identification d’une aire du langage et à la théorie localisationniste.

  • Wernicke a contribué à l’identification d’une seconde aire du langage et à la théorie associationniste, selon laquelle deux centres langagiers sont reliés par le faisceau longitudinal supérieur.

  • La compréhension du langage progresse de l’analyse phonologique et de la segmentation du flux sonore vers l’analyse lexicale, syntaxique, sémantique et pragmatique.

  • La production du langage suit la conceptualisation et la planification, puis l’organisation syntaxique, la sélection lexicale, la préparation des séquences phonémiques et la sélection des traits physiques avant l’articulation.

Compléments

  • Le lobe frontal participe aux fonctions exécutives, à la mémoire de travail et à la production du langage, tandis que le lobe temporal participe à la compréhension et comprend notamment l’aire de Wernicke.

Astuce mémo

Broca → Wernicke → cognition → imagerie

2. Étages moteurs de la parole

Notions clés & Définitions

  • Modèle inverse : Convertit les intentions de parole en commandes motrices.
  • Modèle interne de transmission : Prédit l’état futur du système et estime le feedback nécessaire au monitoring interne du mouvement.

★ À maîtriser

  • La planification motrice de la parole transforme les intentions phonologiques en spécifications spatiales et temporelles des mouvements articulatoires, notamment leur mode, leur lieu et leur synchronisation.

  • La programmation motrice génère les programmes moteurs de la respiration, de la phonation et de l’articulation à partir des plans moteurs, en précisant notamment la force, l’amplitude, la vélocité et la contraction.

  • L’exécution motrice met en action les muscles respiratoires, laryngés et articulateurs grâce à l’aire motrice supplémentaire, au cortex moteur, au thalamus, au cervelet, aux noyaux gris centraux, au tronc cérébral et aux nerfs périphériques.

Compléments

  • Dans la production de « bonjour » en milieu bruyant, l’effet Lombard entraîne une augmentation de l’amplitude des mouvements articulatoires, de l’intensité vocale et de la durée des voyelles.

Astuce mémo

Planifier → programmer → exécuter

3. Apraxie de la parole et dysarthries

Notions clés & Définitions

  • Apraxie de la parole : Un trouble acquis de la planification du positionnement bucco-phonatoire et de la séquence des mouvements nécessaires à la production volontaire des phonèmes, sans paralysie, akinésie ni ataxie de l’appareil articulatoire.
  • Apraxie bucco-linguo-faciale : Correspond à une difficulté à exécuter volontairement des schèmes moteurs de la bouche, de la langue et du visage sur commande verbale, malgré une réalisation possible sur imitation ou avec un support automatique.
  • Dysarthrie : Un trouble neurologique du contrôle moteur de la parole lié à une atteinte du système nerveux central ou périphérique et perturbant sa programmation et/ou son exécution motrice.

★ À maîtriser

📌 Dans l’apraxie de la parole, les représentations phonologiques sont conservées mais ne peuvent pas être transformées en programmes moteurs articulatoires, tandis que dans l’aphasie de Broca le trouble porte sur le langage.

📌 Les dysarthries paralytiques résultent d’une diminution de la contraction musculaire, tandis que les dysarthries non paralytiques résultent principalement d’un défaut de coordination entre les organes phonateurs sans paralysie musculaire.

Compléments

  • La dysarthrie flasque implique le deuxième motoneurone et l’exécution motrice, tandis que la dysarthrie spastique implique une atteinte bilatérale du premier motoneurone et le syndrome pseudobulbaire.

4. Évaluation et classification des troubles

★ À maîtriser

📌 L’intelligibilité dépend principalement du signal acoustique reconnu par l’interlocuteur, tandis que la compréhensibilité inclut aussi le contexte, les gestes et les informations non verbales.

📌 La classification perceptive de Darley ne permet pas à elle seule de prédire la localisation de la lésion et doit être combinée à l’imagerie et aux critères diagnostiques actuels.

Compléments

  • L’analyse perceptive évalue notamment la hauteur, l’intensité, la respiration, l’articulation, la résonance et la prosodie dans la conversation, la lecture à haute voix ou le discours narratif.

  • Le bilan des troubles moteurs de la parole peut utiliser la BECD, Mon PaGe, l’ANADYS, l’échelle de l’apraxie de la parole et la grille d’évaluation de l’apraxie bucco-linguo-faciale.

Astuce mémo

Percevoir → mesurer → analyser → orienter

5. Rééducation et communication augmentée

★ À maîtriser

  • Restaurer vise à retrouver une parole naturelle, compenser vise à utiliser les capacités restantes et adapter ou pallier vise à recourir à une communication alternative et améliorée lorsque la communication est difficile.

  • Le programme thérapeutique progresse d’une étape cognitive de compréhension vers une étape associative d’entraînement, puis vers une étape d’automatisation et de transfert.

  • L’apprentissage moteur recommande des objectifs spécifiques et écologiques, de nombreuses répétitions, des entraînements espacés, un ordre aléatoire des stimuli, un feedback peu fréquent et différé, ainsi qu’un changement des cibles pour favoriser le transfert.

  • La communication augmentée et alternative peut utiliser des synthèses vocales, des planches alphabétiques, des classeurs de communication, des gestes, des mimiques, des dessins, des codes gestuels, la langue des signes, le Makaton et l’écriture.

Compléments

  • Le programme thérapeutique comprend les objectifs, les approches, la durée et la fréquence des séances, les techniques, les activités proposées et les exercices à domicile.

Astuce mémo

Restaurer → compenser → pallier

6. Glossaire et classifications aphasiques

Notions clés & Définitions

  • Aphasie : Un trouble de la communication orale ou écrite résultant de l’atteinte d’un ou plusieurs niveaux du langage, généralement par une lésion cérébrale circonscrite et non évolutive.
  • Anomie : Une difficulté à trouver ses mots, fréquemment observée dans le langage spontané avec des pauses, des mots génériques, des périphrases ou des déviations orales et écrites.

★ À maîtriser

  • Une paraphasie phonétique déforme la réalisation articulatoire d’un son, tandis qu’une paraphasie phonémique implique une omission, une substitution ou un ajout de phonèmes dans la structure sonore d’un mot.

📌 L’agrammatisme se caractérise par l’absence de morphèmes grammaticaux et la simplification du discours, tandis que la dyssyntaxie correspond à une sélection ou un agencement inapproprié de morphèmes présents.

  • Les aphasies non fluentes comprennent notamment les aphasies de Broca, dynamique ou transcorticale motrice, et globale, tandis que les aphasies fluentes comprennent notamment les aphasies de Wernicke, de conduction, transcorticale sensorielle et anomique.

  • L’aphasie de Broca associe une réduction de la fluence, un manque du mot, une répétition altérée, un agrammatisme et une compréhension orale simple relativement préservée.

  • L’aphasie de Wernicke associe une parole fluente ou logorrhéique, un jargon, des paraphasies nombreuses, une compréhension orale et écrite altérée et une répétition déficitaire.

Compléments

  • Dans l’aphasie de conduction, la fluence et la compréhension sont relativement préservées, mais la répétition est altérée avec des paraphasies phonémiques, des conduites d’approche et un effet de longueur.

7. Formes particulières d’aphasie

Notions clés & Définitions

  • Aphasies sous-corticales : Résultent de lésions de la substance blanche périventriculaire, de structures sous-corticales ou des noyaux gris centraux, notamment le noyau caudé, le putamen et le pallidum.
  • Aphasie croisée : Une aphasie rare provoquée par une lésion de l’hémisphère droit chez un patient droitier.

★ À maîtriser

  • L’aphasie anomique ou amnésique associe un manque du mot marqué, des circonlocutions ou périphrases, une dénomination déficitaire, mais une fluence, une répétition, une compréhension orale et écrite, une lecture à voix haute et une écriture sous dictée préservées.

  • Chez les gauchers, la latéralisation du langage est plus homogène ; une lésion peut donc être moins sévère grâce à une compensation de l’hémisphère gauche, sans provoquer de nouveaux symptômes par rapport aux aphasies des droitiers.

Compléments

  • L’aphasie anomique est localisée dans la région temporale inférieure gauche et le gyrus angulaire.

  • Les compétences langagières sous-tendues par l’hémisphère droit comprennent les dimensions sémantiques, prosodiques et pragmatiques.

  • Chez les personnes bilingues, les différentes langues peuvent être atteintes et récupérer de manière différente.

8. Modèle lexical et troubles lexicaux

Notions clés & Définitions

  • Système sémantique : Contient la signification des mots connus sous forme de connaissances conceptuelles décomposables en propriétés catégorielles, perceptives, fonctionnelles, partagées ou spécifiques.
  • Lexique phonologique d’entrée : Contient les représentations phonologiques des mots connus activées par l’analyse auditive et participe à l’identification des mots oraux connus.
  • Lexique orthographique d’entrée : Contient les représentations orthographiques des mots connus et participe à l’identification des mots écrits réguliers et irréguliers.
  • Buffer phonologique : Une mémoire à court terme contenant les séquences de phonèmes à produire pour les mots et les pseudomots, et il intervient dans toutes les tâches de production orale.

★ À maîtriser

  • 🔄 La conversion graphème-phonème permet de lire des pseudomots, des mots inconnus ou des unités sublexicales en trois étapes:

    1. segmentation
    2. conversion puis assemblage
    3. avec activation du buffer phonologique
  • Une ébauche phonologique améliore l’accès en cas de déficit d’accès au lexique phonologique de sortie, tandis qu’une ébauche sémantique l’améliore en cas de défaut de transmission des informations vers ce lexique ; elle est inutile si les représentations phonologiques sont dégradées.

Compléments

  • La dénomination orale d’une image suit le chemin analyse visuelle, système de descriptions structurales, système sémantique, lexique phonologique de sortie, buffer phonologique puis programmes moteurs articulatoires.

Astuce mémo

Analyser → accéder au lexique → sémantiser → produire

9. Compréhension et production syntaxiques

Notions clés & Définitions

  • Planification syntaxique : Dans le modèle de Garrett, la planification syntaxique comprend un niveau fonctionnel, qui sélectionne les items lexicaux et leurs propriétés syntaxico-sémantiques, puis un niveau positionnel, qui construit le cadre syntaxique et l’ordre des éléments.
  • Voie heuristique simplifiée : Attribue par défaut le rôle d’agent au premier syntagme nominal et le rôle de thème au second, ce qui permet d’interpréter des phrases réversibles simples à ordre canonique.

★ À maîtriser

  • Dans le modèle de compréhension des phrases de Saffran et al. (1992), l’analyse syntaxique identifie le verbe et les syntagmes, puis leur attribue des fonctions syntaxiques avant le mapping des rôles thématiques.

  • La représentation lexico-argumentale d’un verbe contient son sens et son nombre d’arguments:

    • un verbe intransitif en comporte 1
    • un verbe transitif 2
    • un verbe ditransitif 3
  • La complexité d’une phrase augmente avec le nombre d’arguments du verbe, un ordre des mots non canonique et une réversibilité sémantique ; les phrases les plus complexes réunissent ces trois propriétés.

Compléments

  • Une atteinte du mapping provoque des fonctions syntaxiques inadaptées aux constituants, surtout dans les phrases réversibles actives ou passives, à l’oral comme à l’écrit.

Astuce mémo

Parsing → représentation du verbe → mapping → sens de la phrase

10. Alexies et agraphies

Notions clés & Définitions

  • Alexie lexicale : Résulte d’une atteinte de la voie d’adressage, notamment du lexique orthographique d’entrée, et se manifeste par des régularisations, avec des effets de fréquence, de classe grammaticale, de lexicalité inverse et de régularité.
  • Alexie phonologique : Résulte d’une atteinte de la voie d’assemblage et entraîne des erreurs de lexicalisation et des paralexies phonémiques, avec une lecture déficitaire des unités sublexicales et des pseudomots.
  • Alexie lettre à lettre : Ou alexie pure résulte d’une atteinte de l’analyse visuelle des lettres, entraîne une lecture laborieuse par décodage lettre à lettre et ne s’accompagne pas d’agraphie.
  • Agraphie lexicale : Résulte d’une atteinte de la voie d’adressage ou du lexique orthographique de sortie et entraîne des régularisations, avec des effets de fréquence, de classe grammaticale, de lexicalité inverse et de régularité.
  • Agraphie allographique : Résulte d’une atteinte du système allographique et se manifeste par un mélange de typographies, des substitutions de lettres visuellement proches et une recherche lente des formes graphiques.

Points essentiels

  • Une atteinte du buffer graphémique provoque des paragraphies littérales et un effet de longueur sur les scores, sans effet des variables psycholinguistiques, avec des mots et des pseudomots atteints dans les tâches de production écrite.

11. Bilan aphasiologique et anamnèse

Notions clés & Définitions

  • Aphasie : Un ensemble de troubles de la communication par le langage, secondaires à une lésion cérébrale acquise entraînant une rupture du code linguistique et altérant l’expression et/ou la compréhension orale et écrite.

★ À maîtriser

  • Le bilan aphasiologique vise notamment à aider au diagnostic, orienter l’indication et le programme thérapeutiques, informer le patient, assurer son suivi et contribuer à une expertise légale.

  • L’anamnèse recueille les données médicales, personnelles, les troubles associés, les facteurs psycho-affectifs, le parcours thérapeutique et les traitements médicaux.

📌 La logique diagnostique recueille systématiquement les signes cliniques et les compare à des syndromes prototypiques, tandis que la logique psychométrique compare les performances du patient à celles d’un groupe de référence.

Compléments

  • L’anamnèse doit préciser la langue maternelle et les langues parlées, car la récupération peut favoriser la langue la plus utilisée, la langue la plus chargée émotionnellement et parfois produire un mélange des langues appelé mixing.

12. Épreuves et outils d’évaluation

★ À maîtriser

📌 La fluidité verbale désigne la rapidité de production, tandis que la fluence verbale est une tâche de disponibilité lexicale sous contrainte phonologique ou sémantique.

  • La répétition évalue les phonèmes isolés, les mots, les pseudomots et les phrases, en contrôlant notamment la longueur, la lexicalité, la proximité phonologique, la complexité syllabique et la fréquence.

  • La lecture à voix haute doit tester les graphèmes, les syllabes, les pseudomots, les mots et les phrases, en contrôlant la lexicalité, la régularité, la fréquence, la longueur et la catégorie grammaticale.

📌 Les batteries sémiologiques classiques décrivent les troubles en première ligne, tandis que les batteries cognitives servent à confirmer ou infirmer des hypothèses fonctionnelles.

Compléments

  • Lors d’une dénomination, le délai de réponse indiqué est de 20 secondes chez les jeunes patients aphasiques et de 30 secondes chez les patients aphasiques âgés.

  • Le LAST est un questionnaire de 15 items dont la passation dure environ 2 minutes ; un score inférieur à 15 sur 15 indique un trouble du langage potentiel.

  • La MT86 comprend 19 épreuves permettant d’analyser différentes composantes du langage et sa passation entière dure environ 3 heures.

  • La BAT permet d’évaluer de façon équivalente chacune des langues d’une personne bilingue ou multilingue aphasique, sans se limiter à de simples traductions, et couvre 65 langues.

13. Approche fonctionnelle de la communication

Notions clés & Définitions

  • Approche fonctionnelle : Complète les approches syndromique et cognitive en explorant le retentissement de l’aphasie sur la communication, le statut psychologique et la qualité de vie au quotidien.

★ À maîtriser

  • La communication est un processus interactif, multimodal et dépendant du contexte qui mobilise des composantes langagières, cognitives et psychosociales.

  • Une conversation efficace repose sur une quantité suffisante d’informations, la pertinence des mots, le respect de l’initiation et de l’alternance des tours de parole, ainsi que sur des réparations en cas de mauvaise compréhension.

Compléments

  • Les connaissances partagées proviennent de connaissances générales, de l’expérience propre à la dyade, du contexte situationnel présent et du contexte de communication déjà échangé.

  • Le TCT évalue la compréhension de textes à trois niveaux:

    • la microstructure et la macrostructure de la base du texte
    • puis la construction
    • la mise à jour du modèle de situation
  • La BETL comprend 54 items répartis en 8 épreuves et tient compte de la fréquence, de la longueur et de la catégorie sémantique des stimuli.

14. Récupération et objectifs thérapeutiques

Notions clés & Définitions

  • Neuroplasticité : Regroupe les modifications biochimiques et cellulaires impliquées dans les apprentissages et l’adaptation à l’environnement, notamment par la modification de structures existantes ou la création de nouvelles connexions.
  • Levée du diaschisis : Correspond à la reprise du fonctionnement d’une partie du cerveau située à distance de la lésion mais reliée à celle-ci par des liens anatomiques ou physiologiques.

★ À maîtriser

  • Après un AVC, la récupération spontanée est particulièrement observée durant les 3 à 6 premiers mois, mais une récupération reste possible après 6 mois, notamment avec une prise en charge.

  • La réorganisation neuronale peut reprendre une fonction par une zone controlatérale non impliquée auparavant ou par une zone déjà impliquée mais plus ou moins inhibée.

  • Le déficit est le trouble cognitif, l’incapacité est la difficulté à réaliser une tâche spécifique causée par ce trouble, et le handicap est sa répercussion dans la vie quotidienne.

Compléments

  • Le réentraînement constant et systématique est nécessaire pour ouvrir une voie inhibée, reconstruire un circuit interrompu, stabiliser un nouveau circuit ou mobiliser un nouvel ensemble neuronal.

15. Rééducation cognitive des troubles du langage

Notions clés & Définitions

  • Contrat thérapeutique : Le consensus qui fixe le cadre de la prise en charge, les rôles attendus du thérapeute et du patient ainsi que les objectifs du traitement.

★ À maîtriser

  • La prise en charge de l’aphasie doit être précoce et intensive, avec des exercices ciblés, répétés et réalisés quotidiennement selon trois temps:

    • apprentissage
    • entraînement
    • automatisation
  • Les stratégies de rééducation peuvent viser le rétablissement d’une fonction, la réorganisation par une autre voie, l’exploitation des capacités préservées ou une compensation palliative.

  • Pour les troubles morphosyntaxiques, la rééducation peut travailler les temps verbaux, les cadres syntaxiques du programme SPPA et l’identification explicite des rôles thématiques dans les phrases réversibles.

Compléments

  • Dans la surdité aux sons des mots, la rééducation vise à restaurer l’analyse phonologique par des exercices de discrimination phonémique dont la difficulté varie selon la proximité des phonèmes et la condition de présentation.

  • Dans les déficits lexico-sémantiques, la rééducation vise les propriétés sémantiques au moyen de tâches de traitement sémantique, de plusieurs modalités d’entrée et, si nécessaire, d’objets réels avant les images puis les mots.

  • Dans les troubles phonologiques, les exercices portent sur la conscience phonologique, la planification d’unités sous-lexicales et le contrôle des productions par jugement d’exactitude et auto-écoute.

  • Pour les atteintes de la lecture et de l’écriture, les prises en charge peuvent cibler la voie lexicale, la conversion grapho-phonologique, les programmes moteurs graphiques ou la segmentation des mots en unités sous-lexicales.

16. Interventions pragmatiques et conversationnelles

Notions clés & Définitions

  • Approche pragmatique : Centre la prise en charge sur la communication, les activités de la vie quotidienne et l’utilisation optimale des capacités résiduelles, en incluant les stratégies palliatives et l’entourage.
  • VAT : Une méthode non verbale destinée notamment à l’aphasie globale et aux apraxies, qui utilise les informations visuelles et les pantomimes pour développer une communication gestuelle fonctionnelle.

★ À maîtriser

  • La PACE repose sur l’échange d’informations, une participation équivalente, le libre choix du canal de communication et un feed-back fonctionnel.

Compléments

  • La PACE progresse de l’observation et du modelage vers l’utilisation de canaux variés, puis vers le transfert des apprentissages à des situations proches de la vie quotidienne.

  • La narration interactive demande au patient de raconter un épisode à un interlocuteur qui ne l’a pas vu, lequel peut poser des questions, puis de vérifier les informations transmises par la restitution de l’interlocuteur.

  • Le LeCFA-Screening évalue la flexibilité cognitive en conversation à partir d’une question inattendue, de la correction d’une information erronée et d’une demande de changement vers un canal non verbal.

17. Communication alternative et thérapies de groupe

Notions clés & Définitions

  • Communication alternative et augmentée : Fournit des outils permettant au patient de communiquer fonctionnellement lorsque la parole est insuffisante ou supprimée.
  • ILAT : Une thérapie à contrainte induite et pragmatique qui utilise des jeux d’action linguistique en groupe pour améliorer les compétences linguistiques dans des interactions communicatives.

Points essentiels

  • Les tableaux ou carnets de communication regroupent des images, pictogrammes, mots écrits, photos et informations personnalisées sélectionnés selon les besoins fréquents du patient.

  • Les systèmes informatisés de communication stockent davantage d’items et peuvent utiliser une synthèse vocale pour traduire en parole les phrases produites en langage pictographique.

  • Les thérapies de groupe entraînent les actes de communication, les capacités socio-pragmatiques et les échanges avec différents partenaires tout en apportant un soutien psychosocial et émotionnel.

18. Accompagnement des aidants proches

★ À maîtriser

📌 L’aidant doit encourager toutes les tentatives de communication, laisser au patient le temps de s’exprimer et proposer une aide indirecte ou des indices seulement lorsque cela est nécessaire.

📌 Pour faciliter la compréhension, l’interlocuteur doit privilégier des phrases courtes contenant une seule idée, des questions oui/non ou des choix, et reformuler si le message n’est pas compris.

  • L’accompagnement précoce des proches vise à prévenir les dysfonctionnements familiaux liés à l’incompréhension et à l’inadéquation des comportements adaptatifs.

  • En cas de panne conversationnelle, il faut reformuler avec des phrases courtes contenant une seule idée, poser des questions appelant une réponse par oui ou non ou proposer un choix, et éviter les phrases longues et complexes.

📌 Il faut laisser à la personne aphasique le temps de s’exprimer sans l’interrompre, puis proposer le mot manquant, son début prononcé lentement ou des indices liés à son sens ou à son usage.

📌 L’interlocuteur doit être honnête sur sa compréhension, ne pas faire semblant d’avoir compris, et réagir positivement à chaque tentative de communication afin de soutenir la confiance de la personne aphasique.

  • Avec les enfants, il faut écouter, expliquer les difficultés persistantes et rappeler que, malgré l’aphasie, leur père ou leur mère reste une personne à part entière qui pense sans toujours pouvoir exprimer ses pensées ou ses sentiments.

📌 Il faut expliquer aux enfants que l’incompréhension liée à l’aphasie ne signifie pas que la personne est devenue déficiente intellectuelle.

  • La reprise du travail dépend du niveau de récupération, des exigences de la fonction, notamment communicationnelles, et de l’existence de troubles moteurs ou sensoriels associés tels que l’hémiplégie ou l’hémianopsie.

  • Selon les capacités du patient, une réintégration progressive dans la fonction antérieure avec réduction du temps de travail peut être envisagée, ou une réorientation professionnelle peut devenir nécessaire.

  • Après une aphasie, des difficultés peuvent persister dans l’expression et la compréhension, le ralentissement des idées, la mémorisation, la fatigabilité, la sensibilité au stress, l’émotivité, l’intérêt pour la nouveauté et l’adaptation aux situations imprévues.

📌 La prise en charge doit s’arrêter lorsque l’aspect rééducatif laisse la place à un aspect uniquement occupationnel, dans le cadre d’un contrat thérapeutique.

Compléments

📌 L’entourage doit éviter les changements brusques de sujet, prévenir le patient, limiter les distractions sonores et veiller à ce qu’une seule personne parle à la fois en groupe.

📌 En cas de panne conversationnelle persistante, l’interlocuteur peut proposer des gestes, mimiques, dessins ou autres moyens de communication, mais ne doit pas faire semblant d’avoir compris.

  • Les gestes, mimiques, dessins et l’écrit peuvent compléter la communication, notamment pour reconnaître les chiffres tels que les heures ou les dates selon les capacités du patient.

📌 La communication doit se dérouler dans un environnement calme, sans télévision, radio ni bruit important, avec une seule personne qui parle à la fois en groupe.

Tableaux de synthèse

Étages et troubles de la parole

NiveauFonctionTrouble associé
Planification motriceDéfinir les objectifs spatiaux et temporelsApraxie de la parole
Programmation motriceGénérer les programmes moteursDysarthrie possible
Exécution motriceActiver et coordonner les musclesDysarthrie

Principales voies de lecture et d’écriture

VoieEntrées privilégiéesDéficit typique
Lexicale ou d’adressageMots connus réguliers et irréguliersAlexie ou agraphie lexicale
Phonologique ou d’assemblagePseudomots, mots nouveaux et unités sublexicalesAlexie ou agraphie phonologique
Lexico-sémantiqueMots connus avec accès au sensTrouble lié au système sémantique

Teste tes connaissances

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1. Quelle contribution est associée à l’approche anatomo-clinique de Broca dans l’étude du langage ?

2. Quelle proposition décrit correctement la contribution de Wernicke à l’organisation du langage ?

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Quelle approche Broca a-t-il proposée pour étudier le langage ?

Une approche anatomo-clinique du langage.

Quelle aire du langage Broca a-t-il identifiée ?

Une aire spécifique du langage dans le cerveau.

Quelle théorie Broca a-t-il développé concernant le langage ?

La théorie localisationniste.

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