QCM : Construction historique de l’adolescence — 16 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique décrit le mieux l’adolescence selon les individus, les époques et les sociétés ?

Elle correspond à une période définie par les mêmes règles dans chaque société.
Elle suit une succession identique d’étapes pour toutes les générations.
Elle dépend principalement de la croissance physique et peu des relations sociales.
Elle combine des éléments communs et des formes variables selon les contextes.

Elle combine des éléments communs et des formes variables selon les contextes.

Explication

L’adolescence présente des invariants, mais elle varie aussi selon les individus, les périodes historiques et les sociétés. L’idée d’une définition identique partout néglige précisément ces variations contextuelles.

2. Pourquoi l’adolescence est-elle difficile à cerner comme notion ?

Elle est définie par une transition sociale qui conserve un sens historique stable.
Elle renvoie à une catégorie fondée principalement sur la maturation biologique.
Ses significations évoluent avec les transformations corporelles, sociales et éducatives.
Elle désigne une période dont les limites sont fixées par les institutions scolaires.

Ses significations évoluent avec les transformations corporelles, sociales et éducatives.

Explication

La notion d’adolescence évolue parce qu’elle dépend de transformations corporelles, sociales et éducatives. La réduire à la maturation biologique ne rend pas compte de ses significations historiques et sociales.

3. Dans la terminologie latine de l’Antiquité, qui est désigné par le terme « adulescens » ?

Un enfant dont l’âge se situe avant la puberté.
Une jeune fille désignée avant son mariage.
Une femme mariée destinée à devenir mère.
Un homme âgé d’environ 17 à 30 ans.

Un homme âgé d’environ 17 à 30 ans.

Explication

Dans l’Antiquité, « adulescens » désigne un homme âgé de 17 à 30 ans. Les jeunes filles sont plutôt désignées par « puella », puis par « uxor » dans leur destinée de femme et de mère.

4. Quelle différence Platon et Aristote établissent-ils dans leur conception de l’adolescence ?

Platon la définit par le courage et l’idéalisme, tandis qu’Aristote la réduit à un apprentissage intellectuel.
Platon la décrit comme un manque de contrôle, tandis qu’Aristote l’associe à une maîtrise progressive de la raison.
Platon l’associe à la sexualité, tandis qu’Aristote l’identifie à la troisième couche de l’âme.
Platon l’associe à un accès progressif à la raison, tandis qu’Aristote insiste sur les passions et l’impulsivité.

Platon l’associe à un accès progressif à la raison, tandis qu’Aristote insiste sur les passions et l’impulsivité.

Explication

Pour Platon, l’adolescence correspond à la troisième couche de l’âme et à un accès progressif à la raison. Aristote met plutôt en avant les passions, la sexualité, l’impulsivité et d’autres traits comportementaux.

5. Comment le terme médiéval « jovene » caractérise-t-il la position sociale du jeune ?

Il désigne une personne autonome, distincte de l’enfant et engagée dans une transition vers l’âge adulte.
Il désigne un enfant dont la formation scolaire détermine progressivement l’entrée dans la vie adulte.
Il désigne un adolescent séparé de sa famille et chargé de construire une nouvelle position sociale.
Il désigne l’enfant et l’adulte, perçu comme un adulte en miniature appelé à reprendre la condition familiale.

Il désigne l’enfant et l’adulte, perçu comme un adulte en miniature appelé à reprendre la condition familiale.

Explication

Au Moyen Âge, « jovene » peut désigner l’enfant comme l’adulte, le jeune étant pensé comme un adulte en miniature destiné à reprendre la condition sociale de sa famille. Cette conception ne fait donc pas de lui un individu autonome au sens moderne.

6. Quelle chronologie décrit correctement l’apparition attestée des termes liés à l’adolescence au Moyen Âge ?

« Adolescence » au XIIᵉ siècle, « adolescent » au XIVᵉ siècle et « adolescente » au XVᵉ siècle.
« Adolescent » au XIIᵉ siècle, « adolescente » au XIVᵉ siècle et « adolescence » au XVᵉ siècle.
« Adolescente » au XIIᵉ siècle, « adolescence » au XIVᵉ siècle et « adolescent » au XVᵉ siècle.
« Adolescence » au XIVᵉ siècle, « adolescent » au XVᵉ siècle et « adolescente » au XVIᵉ siècle.

« Adolescence » au XIIᵉ siècle, « adolescent » au XIVᵉ siècle et « adolescente » au XVᵉ siècle.

Explication

Les attestations apparaissent dans cet ordre : « adolescence » au XIIᵉ siècle, « adolescent » au XIVᵉ siècle et « adolescente » au XVᵉ siècle. Malgré cette ancienneté, l’emploi de ces termes reste longtemps rare.

7. Quelle conception de l’éducation Comenius défend-il à la Renaissance ?

Une éducation réservée aux enfants ayant atteint la maturité
Une éducation adaptée à l’âge et au développement de l’enfant
Une éducation fondée principalement sur l’appartenance familiale
Une éducation identique quel que soit le stade de l’enfance

Une éducation adaptée à l’âge et au développement de l’enfant

Explication

Comenius distingue plusieurs stades de développement et estime que l’éducation doit être ajustée à l’âge de l’enfant. L’idée d’un enseignement identique à tous les stades contredit cette adaptation au développement.

8. Quelle différence oppose la définition de l’adolescence donnée par Richelet à celle de Furetière et de l’Académie française au XVIIe siècle ?

Richelet la définit par sa succession à l’enfance, tandis que les autres lui donnent une limite d’âge
Richelet la situe entre 14 et 25 ans, tandis que les autres la rattachent au premier âge après l’enfance
Richelet la présente comme un âge de maturité, tandis que les autres la décrivent comme une période d’éducation
Richelet la rapporte à la puberté masculine, tandis que les autres la définissent par la majorité civile

Richelet la définit par sa succession à l’enfance, tandis que les autres lui donnent une limite d’âge

Explication

Richelet définit l’adolescence comme le premier âge suivant l’enfance, alors que Furetière et l’Académie française la situent entre 14 et 25 ans. La limite d’âge caractérise donc les secondes définitions, et non celle de Richelet.

9. Comment l’adolescence est-elle définie comme catégorie sociale à la fin du XIXe siècle ?

Comme une phase biologique présente depuis toujours sous une forme sociale identique
Comme une période juridique située entre la majorité et l’entrée dans la vie professionnelle
Comme l’âge suivant l’enfance et débutant avec les premiers signes de la puberté
Comme une étape réservée aux garçons entre la puberté et l’âge de vingt-cinq ans

Comme l’âge suivant l’enfance et débutant avec les premiers signes de la puberté

Explication

À la fin du XIXe siècle, l’adolescence est construite comme l’âge qui succède à l’enfance et commence avec les premiers signes de la puberté. Cette définition renvoie à une catégorie sociale récente, et non à une réalité sociale inchangée depuis toujours.

10. Selon Patrice Huerre, à quel moment l’adolescence s’est-elle véritablement constituée comme catégorie distincte ?

Au XIXe siècle, lorsqu’elle s’est différenciée comme catégorie sociale
Au XVIIe siècle, lorsque des dictionnaires lui ont attribué des limites d’âge
Au XXe siècle, lorsque la psychologie a étudié les relations entre adolescents
À la Renaissance, lorsque les âges de la vie ont commencé à être décrits

Au XIXe siècle, lorsqu’elle s’est différenciée comme catégorie sociale

Explication

Patrice Huerre considère que l’adolescence ne s’est véritablement constituée comme catégorie distincte qu’au XIXe siècle. Les définitions plus anciennes montrent que le terme existait, mais elles ne prouvent pas l’existence d’une catégorie sociale comparable.

11. Quelle combinaison de transformations contribue à la construction de l’adolescence contemporaine ?

L’allongement de la scolarité, le maintien familial prolongé, l’industrialisation et les transformations familiales
La généralisation du travail enfantin, l’entrée rapide dans l’autonomie et la disparition des changements familiaux
L’extension de la majorité civile, la baisse de la scolarisation et le rapprochement des générations adultes
La réduction de la scolarité, le départ familial précoce, la désindustrialisation et la stabilité des familles

L’allongement de la scolarité, le maintien familial prolongé, l’industrialisation et les transformations familiales

Explication

L’adolescence contemporaine se construit notamment grâce à une scolarité plus longue, à une présence prolongée des jeunes dans leur famille, à l’industrialisation et aux transformations familiales. Les autres combinaisons inversent ou remplacent plusieurs de ces facteurs.

12. Quel ouvrage Stanley Hall publie-t-il en 1904 au sujet de l’adolescence ?

Un ouvrage sociologique sur la crise d’originalité juvénile et la délinquance des jeunes
Le premier ouvrage scientifique consacré à l’adolescence, où elle est décrite comme une période de tempête et de tension
Une étude française de la jeunesse présentant l’adolescence comme une période d’intégration familiale progressive
Un traité de psychanalyse consacré aux mutations sexuelles et aux relations avec les autres

Le premier ouvrage scientifique consacré à l’adolescence, où elle est décrite comme une période de tempête et de tension

Explication

En 1904, Stanley Hall publie le premier ouvrage scientifique consacré à l’adolescence et la décrit comme une période de tempête et de tension. Les mutations sexuelles relèvent plutôt de l’analyse de Freud, tandis que la crise d’originalité juvénile est associée à Maurice Debesse.

13. Que publie Freud en 1905 dans Trois essais sur la théorie de la sexualité à propos de l’adolescence ?

Une étude des mutations psychologiques liées à la puberté, notamment de la sexualité et des relations aux autres
Une analyse française de l’âme adolescente centrée sur la délinquance juvénile
Une description de l’adolescence comme une période générale de tempête et de tension
Une théorie sociologique de la jeunesse fondée sur l’originalité et l’autonomie

Une étude des mutations psychologiques liées à la puberté, notamment de la sexualité et des relations aux autres

Explication

Freud étudie en 1905 les transformations psychologiques qui accompagnent la puberté, en particulier la sexualité et les relations aux autres. La formule de la tempête et de la tension appartient à Stanley Hall, et non à l’approche freudienne.

14. Quel concept Maurice Debesse met-il en avant en 1935 pour caractériser une dimension de la jeunesse ?

L’âme de l’adolescent, qui constitue l’un des premiers titres français sur l’adolescence
La tempête et la tension, qui décrivent les bouleversements généraux de la puberté
La catégorie sociale adolescente, qui apparaît avec l’allongement de la scolarité
La crise d’originalité juvénile, qui ouvre des travaux sociologiques sur la jeunesse

La crise d’originalité juvénile, qui ouvre des travaux sociologiques sur la jeunesse

Explication

Maurice Debesse introduit en 1935 le concept de « crise d’originalité juvénile », qui inaugure des travaux sociologiques sur la jeunesse. La « tempête et la tension » renvoient à Stanley Hall, tandis que L’âme de l’adolescent est l’ouvrage publié par Pierre Mendousse.

15. Comment l’opposition et l’imitation de l’adulte contribuent-elles à la construction identitaire au début de l’adolescence ?

L’opposition reprend les comportements adultes, tandis que l’imitation exprime une prise de distance.
L’opposition et l’imitation correspondent à des conflits relationnels dépourvus de portée identitaire.
L’opposition met à distance l’adulte, tandis que l’imitation reprend certains de ses comportements.
L’opposition et l’imitation traduisent principalement les transformations biologiques de la puberté.

L’opposition met à distance l’adulte, tandis que l’imitation reprend certains de ses comportements.

Explication

L’opposition aide l’adolescent à se différencier de l’adulte, tandis que l’imitation lui permet d’intégrer certains comportements adultes dans la construction de son identité. La confusion fréquente consiste à attribuer à l’opposition la reproduction des comportements, qui relève plutôt de l’imitation.

16. Quelle distinction caractérise les dimensions intérieure et extérieure de la crise adolescente au milieu du XXe siècle ?

La dimension intérieure désigne les transformations pubertaires, tandis que la dimension extérieure concerne l’imitation de l’adulte.
La dimension intérieure renvoie aux tensions identitaires, tandis que la dimension extérieure se manifeste dans les conflits relationnels.
La dimension intérieure correspond à l’imitation des comportements adultes, tandis que la dimension extérieure exprime l’opposition personnelle.
La dimension intérieure renvoie aux conflits avec les adultes, tandis que la dimension extérieure concerne les tensions identitaires.

La dimension intérieure renvoie aux tensions identitaires, tandis que la dimension extérieure se manifeste dans les conflits relationnels.

Explication

La crise intérieure concerne les tensions liées à l’identité, alors que la crise extérieure devient visible dans les conflits avec autrui, notamment les adultes. La confusion principale inverse ces deux dimensions en plaçant les conflits relationnels dans la crise intérieure.

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Quels sont les deux aspects de l'adolescence selon les individus, époques et sociétés ?

L'adolescence comporte des invariants et des variations.

Qu'est-ce qui rend la notion d'adolescence difficile à cerner ?

Sa nature historiquement évolutive et ses significations variables.

De quoi dépendent les significations de l'adolescence ?

Des transformations corporelles, sociales et éducatives.

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