Fiche de révision : Développement moteur et contrôle postural

Plan du Cours

  1. Contrôle postural et stratégies motrices lors de la station debout et locomotion
  2. Développement du contrôle postural et maturation des réflexes chez l’enfant
  3. Phases d’apprentissage et paramètres de la marche chez le jeune enfant
  4. Rôle de l’activité motrice dans l’établissement des coordinations sensorimotrices
  5. Maturation cérébrale du cortex préfrontal et développement des fonctions exécutives
  6. Développement des fonctions attentionnelles et mémoire de travail chez l’enfant
  7. Dyspraxie : définition, développement, diagnostic et impact sur le contrôle sensorimoteur

1. Contrôle postural et stratégies motrices lors de la station debout et locomotion

Notions clés & Définitions

  • Signal proactif : Le contrôle postural inclut des ajustements anticipés, appelés préparations posturales, qui affectent la posture avant le début du mouvement.
  • Réactions posturales : Les ajustements posturaux réflexes, déclenchés par la stimulation de récepteurs sensoriels vestibulaires et proprioceptifs, interviennent après le mouvement pour maintenir l'équilibre.
  • Stratégie de la cheville : Utilisée lors de perturbations lentes et modérées, cette stratégie implique un mouvement du corps autour des chevilles comme un pendule inverse.
  • Stratégie du pas : Consiste en un pas de rattrapage pour éviter la chute lors de perturbations trop importantes.
  • Lors de la station debout : Développement du contrôle de l’équilibre lors de la station debout et de la locomotion Dès sa naissance, l’être humain s’engage dans un processus d’apprentissage de la station verticale au travers de différentes tactiques posturales.

Points essentiels

  • Le contrôle postural combine des ajustements anticipés et réflexes, déclenchés par des récepteurs sensoriels vestibulaires et proprioceptifs.
  • La stratégie de la cheville est mobilisée pour des perturbations lentes/modérées, impliquant un mouvement autour des chevilles.
  • La stratégie du pas intervient lors de perturbations importantes, en effectuant un pas pour prévenir la chute.
  • Le développement du contrôle postural lors de la station debout se caractérise par une stabilité croissante, une maturation réflexe, et une amélioration des ajustements anticipés, avec une co-activation musculaire évoluant vers une activation alternée.

À retenir

Le système nerveux central et musculosquelettique coordonnent des stratégies posturales adaptatives, telles que la stratégie de la cheville et du pas, pour maintenir l’équilibre dynamique dès la début de la vie.

2. Développement du contrôle postural et maturation des réflexes chez l’enfant

Notions clés & Définitions

  • Extension : Un mouvement d’éloignement ou d’allongement d’un membre, observé comme une réponse positive au réflexe de Babinski chez le nouveau-né.
  • Gradient de myélinisation rostro – caudal : Un processus de maturation du système nerveux caractérisé par une progression de la myélinisation des fibres nerveuses de la région céphalique vers la région caudale.
  • Exemple : Une illustration du développement postural où le contrôle de la tête précède celui du tronc et des membres, suivant un modèle céphalo-caudal.

Points essentiels

  • Le réflexe de marche automatique est présent à la naissance avec des mouvements alternés des jambes, disparaissant vers 3-4 mois avec la maturation corticale inhibitrice.
  • Le réflexe de Babinski est positif (extension) chez le nouveau-né et devient négatif (flexion) avec la maturation du système pyramidal.
  • La maturation des ganglions de la base et des réflexes ostéotendineux contribue à l’augmentation de la stabilité posturale chez l’enfant.
  • Si nous avons un lien entre le comportement qu’on observe et maturation physiologique, nous avons une augmentation de la stabilité grâce à une maturation des ganglions de la base et du ROT.
  • Nouveau-né, né avec signe de babinski + 4.

À retenir

Le réflexe de marche automatique est présent à la naissance avec des mouvements alternés des jambes, disparaissant vers 3-4 mois avec la maturation corticale inhibitrice.

3. Phases d’apprentissage et paramètres de la marche chez le jeune enfant

Notions clés & Définitions

  • Paramètres de la marche : Caractéristiques mesurables du mouvement de marche, telles que la vitesse, la longueur et la fréquence des pas, qui évoluent lors de l'apprentissage et du vieillissement.
  • Début de la marche : Période où l'enfant commence à se déplacer de façon indépendante, caractérisée par la maîtrise initiale de l'équilibre postural, avec de petits pas et un écartement important des pieds.
  • Evolution des paramètres : Modification progressive des caractéristiques de la marche, notamment l'augmentation de la vitesse, de la fréquence et de la longueur des pas, et la diminution de l'écartement des pieds et du double appui, lors de l'apprentissage puis avec l'âge.
  • Mois de marche : Durée généralement de 3 à 5 mois après l'acquisition de la marche indépendante, durant laquelle les paramètres de marche évoluent rapidement.
  • Phase de la marche : Phase d’ajustement ou d’affinement du contrôle de la marche o Evolution plus ténue o Ajustements posturaux anticipés : anticipation efficace du déséquilibre créé par le passage de la station bipodale eu déplacement unipodal.

Points essentiels

  • La première phase d’apprentissage (3-5 mois après marche indépendante) est caractérisée par une évolution rapide des paramètres : augmentation de la vitesse, fréquence et longueur des pas, diminution de l’écartement des pieds et du double appui.
  • La deuxième phase correspond à un affinement du contrôle de la marche avec des ajustements posturaux anticipés efficaces permettant une meilleure stabilité dynamique.
  • Au début de la marche, le principal défi est la maîtrise de l’équilibre postural, résolu par de petits pas et un écartement important des pieds.
  • Les paramètres de marche évoluent de manière similaire lors de l’apprentissage de nouvelles activités motrices et s’inversent en cas de vieillissement ou pathologies affectant le contrôle postural.

À retenir

La première phase d’apprentissage (3-5 mois après marche indépendante) est caractérisée par une évolution rapide des paramètres : augmentation de la vitesse, fréquence et longueur des pas, diminution de l’écartement des pieds et du double appui.

4. Rôle de l’activité motrice dans l’établissement des coordinations sensorimotrices

Notions clés & Définitions

  • Recherche : Intérêt marqué pour les expériences sensorielles, manifesté par une attirance ou une fascination pour certaines sources sensorielles, contribuant à l’autorégulation et au bien-être.
  • Développement de la locomotion : Paramètre de marche Qu’est-ce que la marche ?
  • Coordinations sensorimotrices : Établissement de correspondances fonctionnelles entre les informations sensorielles et l’activité motrice, résultant de la maturation du système nerveux et de l’exercice sensorimoteur, permettant un contrôle moteur précis et adapté.
  • Placement visuel : Réponse d’extension des pattes à l’approche d’une surface, qui se développe uniquement chez les sujets mobiles et actifs, reflétant une perception visuelle fonctionnelle liée à la locomotion.

Points essentiels

  • L’activité motrice active est essentielle pour le développement normal des coordinations sensorimotrices, comme démontré par l’expérience des chatons privés de mobilité active qui présentent des déficits visuels et moteurs.
  • L’expérience locomotrice chez l’enfant est nécessaire pour la perception de la profondeur, comme illustré par la réaction à la falaise visuelle qui n’apparaît qu’après acquisition de la locomotion.
  • L’activité motrice favorise l’amélioration des ajustements posturaux anticipés, la cohérence intersensorielle et l’interprétation des informations sensorielles, contribuant à l’alignement sensorimoteur.
  • ➢ Activité motrice est cruciale pour:
    • Amélioration du mode proactif (APA, mouvements volontaires)
    • Amélioration du mode rétroactif (ex: mouvements visuellement guidés)
    • Alignement sensorimoteur (coordinations sensorimotrices)
    • Cohérence intersensorielle
    • Interprétation des informations sensorielles (ex: extraction des caractéristiques pertinentes de la trajectoire d’une balle) III.
  • → Informations visuelles collectées activement par le chaton mobile → Informations visuelles acquises passivement par le chaton transporté Résultats : ➢ Chatons actifs - Seuls les chatons actifs ont un comportement visuel normal: o perception de la profondeur, clignement des yeux à l’approche d’un objet - Seuls les chatons actifs présentent une réponse de ‘placement visuel’ (réponse d’extension des pattes à l’approche d’une surface).

À retenir

L’activité motrice active est essentielle pour le développement normal des coordinations sensorimotrices, comme démontré par l’expérience des chatons privés de mobilité active qui présentent des déficits visuels et moteurs.

5. Maturation cérébrale du cortex préfrontal et développement des fonctions exécutives

Notions clés & Définitions

  • Maturation cérébrale : Processus de développement du cerveau impliquant la formation et la maturation progressive des structures cérébrales, notamment la myélinisation et la synaptogénèse, qui se prolongent jusqu’à l’âge adulte.
  • ½ surface : Tissu à damier placé juste sous la surface transparente, utilisé pour étudier la surface corticale.
  • Fonctions exécutives : Capacités cognitives permettant l’attention sélective, l’inhibition et la mémoire de travail, nécessaires pour s’adapter à des situations nouvelles et non routinières.

Points essentiels

  • Le cortex préfrontal est la dernière structure à achever sa maturation, avec une myélinisation qui se poursuit jusqu’à l’âge adulte.
  • La densité synaptique dans le cortex préfrontal évolue jusqu’à environ 16 ans, accompagnée d’une activation corticale de plus en plus focale lors de tâches impliquant les fonctions exécutives.
  • Le développement des connexions interhémisphériques dans la région antérieure du corps calleux contribue à la maturation des fonctions exécutives.

À retenir

La maturation prolongée du cortex préfrontal constitue la base neurobiologique des fonctions exécutives essentielles à l’adaptation cognitive.

6. Développement des fonctions attentionnelles et mémoire de travail chez l’enfant

Notions clés & Définitions

  • Attention sélective : Capacité cognitive permettant de traiter spécifiquement des stimuli pertinents tout en ignorant simultanément les stimuli non pertinents, reposant sur un mécanisme d’inhibition.
  • Mémoire à court terme : Système de mémoire limité en capacité et en durée, permettant de garder temporairement une information pendant quelques secondes à quelques minutes, avec un empan mnésique de 5 à 9 éléments chez l’adulte.

Points essentiels

  • L’attention sélective se développe significativement avant 10 ans, permettant d’inhiber les distractions et de traiter les stimuli pertinents.
  • La mémoire à court terme a une capacité de 5 à 9 éléments, avec une durée limitée, et augmente avec l’âge, notamment entre 2 et 12 ans.
  • La mémoire de travail implique des traitements cognitifs complexes pour maintenir et manipuler l’information, cruciaux pour le raisonnement.
  • Le développement de la mémoire à court terme et de la mémoire de travail est lié à la maturation du cortex préfrontal, avec une augmentation de l’empan mnésique entre 2 et 12 ans.
  • • Mémoire à court terme et mémoire de travail : • Augmentation de façon significative de 4 ans à 15 ans (Gathercolle et al., 2004) • Amélioration en partie due à la maturation du cortex préfontal (myélinisation + formation de dendrites) • Mémoire à court terme (Dempster, 1981): • Empan de 2 items : 2 ans • Empan de 4 items : 5 ans • Empan de 5 items : 7 ans • Empan de 6 items : 9 ans • Empan de 7 items : 12 ans IV.

À retenir

L’attention sélective se développe significativement avant 10 ans, permettant d’inhiber les distractions et de traiter les stimuli pertinents.

7. Dyspraxie : définition, développement, diagnostic et impact sur le contrôle sensorimoteur

Notions clés & Définitions

  • Moteur : Mauvaises séquences d’activation musculaire o Décharges musculaires variable et inadéquate (Geuze 2005).
  • La dyspraxie : Trouble durable affectant la planification et l'élaboration des gestes en fonction d'un objectif, caractérisé par une maladresse, une lenteur et des imprécisions persistantes dans les tâches motrices, sans explication par un handicap intellectuel ou une déficience visuelle, touchant environ 3 à 6 % des enfants.
  • Praxie : O La capacité à élaborer des séquences de mouvements (=gestes) pour atteindre un objectif / but.

Points essentiels

  • La dyspraxie est un trouble durable affectant la planification motrice, avec des imprécisions, lenteur et maladresse persistantes dans les tâches motrices.
  • Les enfants dyspraxiques présentent un déficit du contrôle sensorimoteur, avec une mauvaise organisation sensorielle et des séquences musculaires inadéquates, notamment en situation d’équilibre difficile.
  • La dyspraxie entraîne des troubles visuomoteurs tels que des anomalies des saccades, de la poursuite et de la vergence oculaires, ainsi qu’un déficit dans l’intégration des informations visuelles spatiales, compromettant le couplage perception-action et les représentations sensorimotrices.
  • Les conséquences secondaires de la dyspraxie incluent un risque accru de troubles anxieux, émotionnels et comportementaux, ainsi qu’une vulnérabilité au surpoids liée à une moindre participation aux activités physiques.
  • Troubles secondaires Psychopathologiques : Risques augmentés : - Troubles anxieux - Tb émotionnels - Tb comportementaux - Syndrome dépressif Vulnérabilité au surpoids et à l’obésité : ➢ Moindre participation aux AP (se sentent peu compétents) ➢ Risque 2x supérieur et augmente selon la sévérité de la dyspraxie ➢ Capacité cardio-vasculaire inférieure V.
  • Contrôle sensori-moteur - Déficit du contrôle de l’équilibre : en situation difficile (réduction de la surface d’appui, suppression sensorielle).

À retenir

La dyspraxie est un trouble durable affectant la planification motrice, avec des imprécisions, lenteur et maladresse persistantes dans les tâches motrices.

Repères chronologiques

DateÉvénement
2004Maturation du système nerveux et réflexes chez le nouveau-né
1981Développement postural et contrôle moteur chez l’enfant
2005Maturation du cortex préfrontal et développement des fonctions exécutives

Tableaux de Synthèse

Comparaison des stratégies posturales lors de perturbations

StratégieType de perturbationMécanisme
de la chevillelente/modéréemouvement autour des chevilles
du pasimportantepas de rattrapage pour prévenir la chute

Développement des réflexes posturaux et maturation neurologique

Réflexe ou phénomènePrésence à la naissanceDisparition ou maturation
réflexe de marche automatiqueprésent à la naissancedisparaît vers 3-4 mois
réflexe de Babinskipositif chez le nouveau-nédevient négatif avec maturation

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confusion entre réflexes primitifs et réflexes posturaux
  2. Mélange entre stratégies de maintien de l’équilibre et stratégies de réaction à la perturbation
  3. Confusion entre développement physiologique et acquisition motrice
  4. Erreur d’interprétation de la maturation corticale comme seul facteur de stabilité
  5. Confusion entre maturation neurologique et développement moteur observable
  6. Mélange entre développement sensoriel et développement moteur
  7. Confusion entre réflexe de Babinski et réflexe de marche automatique

Checklist Examen

  1. Vérifier la distinction entre stratégies anticipées et réflexes posturaux
  2. Revoir la chronologie du développement postural chez l’enfant
  3. Étudier la maturation du système nerveux central, notamment la myélinisation
  4. Comprendre le rôle de la stratégie de la cheville et du pas dans l’équilibre
  5. Identifier les signes de maturation neurologique à travers les réflexes
  6. Analyser l’impact de la maturation corticale sur la stabilité posturale
  7. Différencier réflexes primitifs et réflexes de maintien postural
  8. Relier développement moteur et maturation neurologique chez l’enfant
  9. Étudier l’évolution des paramètres de marche lors de l’apprentissage
  10. Comprendre le rôle de l’activité motrice dans la perception sensorielle et la coordination

Teste tes connaissances

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1. En quoi la stratégie de la cheville diffère-t-elle de la stratégie du pas dans le contrôle postural ?

2. Quelle affirmation correspond au sujet « Développement du contrôle postural et maturation des réflexes chez l’enfant » ?

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Révisez avec les flashcards

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Contrôle postural — définition ?

Ajustements pour maintenir l'équilibre.

Réactions posturales — rôle ?

Maintenir l'équilibre après perturbation.

Stratégie de la cheville — utilisation ?

Perturbations lentes/modérées.

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