Fiche de révision : Évolution des Modèles de Communication Scientifique

📋 Plan du Cours

  1. Communication scientifique
  2. Modèles de communication
  3. Modèle du déficit
  4. Modèles participatifs
  5. Mutation de la communication
  6. Politiques publiques CST
  7. Communication des chercheurs
  8. Médiatisation des sciences
  9. Débat public sciences
  10. Vulgarisation numérique

📖 1. Communication scientifique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Communication scientifique comme pratique professionnelle : Reconnaissance de la communication scientifique en tant qu’activité à part entière, structurée par des filières de formation spécifiques, et impliquant des acteurs spécialisés (Laügt, 1998).
  • Diversité des acteurs impliqués : Ensemble des participants à la communication scientifique, incluant chercheurs, médiateurs, journalistes, vulgarisateurs, et professionnels de la communication, chacun jouant un rôle dans la mise en public des sciences (Chambru, Lefebvre, Poupardin, 2023).
  • Évolution des supports et formats : Transformation des modalités de diffusion des savoirs, avec la diversification des supports (supports numériques, plateformes créatives, réseaux socio-numériques) et formats (vidéos, podcasts, expositions), favorisant une diffusion plus fragmentée et sociale (Quet, 2014).
  • Communication scientifique comme objet de recherche en SIC : La communication scientifique est analysée comme un champ d’étude spécifique dans les sciences de l’information et de la communication, s’intéressant à ses pratiques, ses enjeux sociaux, politiques et épistémologiques (Ruellan, 1999).
  • Communication scientifique endogène et exogène : La communication endogène concerne la diffusion au sein du champ scientifique (publications, colloques), tandis que la communication exogène touche l’espace public et la société civile, impliquant des acteurs sociaux et politiques (Véron, 1997).

📝 Points essentiels

  • La communication scientifique s’est professionnalisée et institutionnalisée depuis les années 2000, avec la création de services spécialisés et de filières de formation dédiées (Laügt, 1998).
  • La diversité des acteurs et des dispositifs a entraîné une fragmentation des lieux et des formats de diffusion, rendant plus complexe leur analyse et leur compréhension (Quet, 2014).
  • La communication scientifique est indissociable de la production des connaissances, participant à la fois à leur développement (via échanges et publications) et à leur légitimation (Bourdieu, 1976).
  • Elle fonctionne à la fois de manière endogène (au sein du champ scientifique) et exogène (dans l’espace public), reflétant la relation entre sciences et société (Véron, 1997).
  • La recherche en SIC s’est historiquement construite autour d’une critique de la vulgarisation, vue comme une pratique idéologique et politique, tout en valorisant ses fonctions sociétales et inventives (Jurdant, 2009).
  • La montée en puissance des dispositifs numériques et des plateformes a modifié les formats et supports, favorisant une diffusion plus accessible et participative (Quet, 2014).

💡 À retenir

La communication scientifique, en tant que pratique professionnelle et objet de recherche, évolue sous l’impulsion de la diversité des acteurs, des supports et des formats, tout en étant à la croisée des enjeux sociaux, politiques et épistémologiques liés à la relation entre sciences et société.

📖 2. Modèles de communication

🔑 Notions clés & Définitions

  • Système de communication scientifique universel : Ensemble structuré d’échanges et de partage d’informations qui régit la circulation des savoirs dans le cadre de la recherche, permettant la progression collective des connaissances (Hagstrom, 1975).
  • Modèles de communication appliqués à la science : Représentations théoriques visant à décrire et à analyser les pratiques de communication scientifique, en mettant en évidence leurs objectifs, leurs enjeux et leurs présupposés normatifs (Wynne, 1993).
  • Fonction sociale de la communication scientifique : Rôle que joue la communication dans la structuration, la légitimation et la reconnaissance du champ scientifique, ainsi que dans ses interactions avec la société (Bourdieu, 1976).

📝 Points essentiels

  • Le système de communication scientifique est considéré comme un dispositif social universel, essentiel à la production et à la diffusion des connaissances, s’adaptant aux évolutions technologiques et sociales (Garvey, 1979).
  • Les modèles de communication tels que le modèle du déficit (Wynne, 1993) ou les modèles participatifs (voir section 4) permettent de comprendre les objectifs, les enjeux et les présupposés implicites des pratiques de mise en public des sciences.
  • La fonction sociale de cette communication est indissociable de la reconnaissance, de la légitimité et du pouvoir dans le champ scientifique, tout en étant un espace de lutte pour la visibilité et la crédibilité (Bourdieu, 1976).
  • La communication scientifique ne se limite pas à la transmission d’informations, elle participe aussi à la construction de l’autorité, à la médiation des enjeux sociétaux et à la gestion des controverses (Le Marec, 2002).

💡 À retenir

Les modèles de communication scientifique décrivent des pratiques variées, dont l’objectif principal est de structurer et d’éclairer la fonction sociale de la circulation des savoirs, tout en étant influencés par des enjeux de pouvoir, de légitimité et de reconnaissance dans le champ scientifique.

📖 3. Modèle du déficit

🔑 Notions clés & Définitions

  • Modèle du déficit : approche selon laquelle la communication scientifique doit combler un manque d’informations chez un public considéré comme passif, peu compétent et ignorant, afin de réduire l’écart entre science et société (Wynne, 1993).
  • Vision unidirectionnelle : conception de la communication scientifique comme un flux d’informations allant du chercheur au public, sans interaction ni rétroaction, renforçant la séparation entre science et société.
  • Vulgarisation comme renforcement du fossé science-société : idée que la vulgarisation, en présentant la science comme un savoir achevé et hors de ses conditions de production, contribue à creuser la distance et la méfiance entre ces deux sphères (Jurdant, 2009).
  • Critiques du modèle du déficit : reproche que cette approche simplifie à l’extrême la relation entre science et société, en sous-estimant la dimension culturelle, sociale et politique des enjeux scientifiques, et en négligeant la participation active des publics (Chavot et Masseran, 2010).
  • Limites de la vulgarisation traditionnelle : incapacité à engager un dialogue critique ou réflexif, à prendre en compte la diversité des publics, et à reconnaître la science comme un processus social et culturel plutôt qu’un savoir neutre et universel (Ruellan, 2011).

📝 Points essentiels

  • Le modèle du déficit repose sur l’hypothèse que le public est ignorant et doit être éduqué pour comprendre et accepter la science.
  • Il privilégie une communication unidirectionnelle, où l’objectif est d’informer sans interaction, ce qui contribue à renforcer la séparation entre science et société.
  • La critique principale est que cette approche ignore la dimension culturelle, sociale et politique des sciences, ainsi que la capacité des publics à produire du sens et à participer à la discussion scientifique.
  • La vulgarisation, dans ce cadre, est perçue comme un outil d’éducation qui peut involontairement renforcer le fossé entre science et société, en présentant la science comme un savoir hors de ses contextes de production.
  • La conception du « public understanding of science » (PUS) s’inscrit dans cette logique, insistant sur la nécessité d’adapter le contenu scientifique pour améliorer la compréhension.
  • La critique de ce modèle a conduit à la valorisation de démarches participatives et dialogiques, qui reconnaissent la pluralité des savoirs et des formes de légitimité.

💡 À retenir

Le modèle du déficit considère la communication scientifique comme un simple transfert d’informations destiné à combler l’ignorance du public, mais il est aujourd’hui largement critiqué pour son approche unidirectionnelle et ses effets potentiellement néfastes sur la relation entre science et société.

📖 4. Modèles participatifs

🔑 Notions clés & Définitions

  • Interaction science-société : Approche qui privilégie un échange bidirectionnel entre les acteurs scientifiques et la société, permettant une co-construction des savoirs et une participation active des publics dans le processus scientifique (voir aussi "dimension interactive versus unidirectionnelle").
  • Médiation scientifique comme dialogue : Concept selon lequel la médiation doit favoriser un échange dialogique entre chercheurs et publics, plutôt qu’une simple transmission unidirectionnelle de connaissances, afin de construire une compréhension mutuelle (voir aussi "dimension interactive versus unidirectionnelle").
  • Dimension interactive versus unidirectionnelle : Distinction entre une communication scientifique qui implique un échange actif et une participation des publics (interactive), et une communication qui se limite à une transmission d’informations sans retour (unidirectionnelle). La médiation participative s’inscrit dans la première.
  • Rôle des médiateurs dans la communication scientifique : Acteurs qui facilitent le dialogue entre science et société, en créant des espaces d’échange, en valorisant la participation des publics, et en jouant un rôle de médiation entre les différents acteurs (voir aussi "interaction science-société").

📝 Points essentiels

Les modèles participatifs se distinguent par leur conception de la communication scientifique comme un processus interactif et dialogique, où la société n’est pas un simple récepteur mais un acteur actif dans la construction des savoirs (voir aussi "médiation scientifique comme dialogue"). La dimension interactive oppose ces modèles aux approches unidirectionnelles traditionnelles, en insistant sur la nécessité d’un échange réciproque entre chercheurs et publics. Les médiateurs jouent un rôle central en facilitant ces échanges, en créant des espaces de dialogue et en valorisant la participation citoyenne dans la production et la diffusion des connaissances scientifiques. Ces modèles participatifs participent à une conception plus démocratique de la science, où la société devient un partenaire dans la réflexion scientifique, notamment dans le contexte de la coproduction des savoirs et du débat public. La médiation scientifique dialogique permet ainsi de renforcer la légitimité et la compréhension mutuelle, tout en contribuant à la transformation des rapports entre science et société.

💡 À retenir

Les modèles participatifs favorisent une communication scientifique dialogique, où la société est un acteur actif, et où la médiation joue un rôle clé dans la construction collective des savoirs, contrastant avec les approches unidirectionnelles traditionnelles.

📖 5. Mutation de la communication

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mutation des modalités de communication scientifique : Évolution des formes, supports et pratiques par lesquelles la science est diffusée et échangée, notamment sous l’impact des réseaux socio-numériques et des plateformes créatives, modifiant la manière dont les acteurs communiquent et interagissent (Chambru, Lefebvre, Poupardin).
  • Impact des réseaux socio-numériques et plateformes créatives : Influence des espaces numériques interactifs, des réseaux sociaux et des plateformes innovantes sur la diffusion, la médiation et la participation autour des sciences, favorisant une communication plus décentralisée, participative et multimédia (Chambru, Lefebvre, Poupardin).
  • Fragmentation et diffraction sociale des lieux de diffusion : Processus par lequel la diversification des supports et des espaces de communication entraîne une dispersion des publics et des lieux de circulation des savoirs, rendant plus complexe leur suivi, leur analyse et leur contrôle social (Chambru, Lefebvre, Poupardin).
  • Transformation des pratiques et supports : Changement dans les méthodes, formats et outils de communication scientifique, passant de supports traditionnels (livres, conférences) à des formats numériques, interactifs, multimédias et participatifs, intégrant de nouvelles techniques technologiques (Chambru, Lefebvre, Poupardin).

📝 Points essentiels

  • La communication scientifique a connu une transformation profonde depuis les années 2000, sous l’effet de la numérisation et de l’émergence de nouveaux dispositifs socio-techniques (Miège, 2020 ; Legendre, 2019).
  • La diversification des supports et formats, notamment via les réseaux socio-numériques, a permis une diffusion plus large mais aussi plus fragmentée, contribuant à une « diffraction sociale » des lieux de circulation des savoirs (Quet, 2014).
  • La mutation des modalités de communication modifie la relation entre acteurs scientifiques et publics, favorisant une communication plus interactive, participative et multimédia, tout en complexifiant la compréhension et la régulation de ces flux (Chambru, Lefebvre, Poupardin).
  • La professionnalisation et la réflexivité critique dans la communication scientifique évoluent, avec une tendance à l’autonomisation des acteurs de la médiation, tout en conservant une dimension stratégique et instrumentale (Babou et Le Marec, 2008).
  • La transformation des pratiques s’inscrit dans un contexte où la communication devient un enjeu stratégique pour la légitimité, la visibilité et la gestion des enjeux sociétaux liés aux sciences (Chavot, Masseran, 2010).

💡 À retenir

La mutation des modalités de communication scientifique, sous l’impact des réseaux socio-numériques et plateformes créatives, entraîne une fragmentation des lieux de diffusion et une transformation des pratiques et supports, modifiant profondément la relation entre sciences et société.

📖 6. Politiques publiques CST

🔑 Notions clés & Définitions

  • Impulsion nationale et européenne pour la communication scientifique : Ensemble des initiatives et politiques visant à renforcer la visibilité, la médiation et la diffusion des sciences à l’échelle nationale et européenne, afin de rapprocher la science de la société (source : introduction).
  • Politiques publiques favorisant le rapprochement science-société : Actions et stratégies institutionnelles destinées à encourager la coopération, le dialogue et la médiation entre le monde scientifique et le grand public, dans une optique de démocratisation et de légitimation des sciences (source : introduction).
  • Communication scientifique comme outil stratégique et de gestion : Utilisation de la communication scientifique par les acteurs institutionnels comme un levier pour la légitimité, la visibilité, la gestion des conflits et la valorisation des activités de recherche (source : introduction).

📝 Points essentiels

  • La communication scientifique s’est développée sous l’impulsion de politiques publiques nationales et européennes, qui cherchent à renforcer le lien entre sciences et société, notamment par des dispositifs et programmes spécifiques (source : introduction).
  • Ces politiques visent à faire de la communication scientifique un outil stratégique pour la gestion des relations entre acteurs scientifiques, institutions, médias et publics, tout en favorisant la légitimité et la diffusion des savoirs (source : introduction).
  • La mise en œuvre de ces politiques s’inscrit dans une logique de rapprochement, de médiation et de dialogue, mais aussi dans une perspective instrumentale où la communication devient un levier pour la reconnaissance et la gestion des enjeux sociétaux liés aux sciences (source : introduction).
  • La dynamique de ces politiques publiques s’accompagne d’une diversification des acteurs et des dispositifs, ainsi que d’une volonté d’intégrer la science dans l’espace public, en réponse aux enjeux environnementaux, sociaux et politiques (source : introduction).

💡 À retenir

Les politiques publiques nationales et européennes ont placé la communication scientifique au cœur des stratégies de rapprochement entre sciences et société, en en faisant un outil stratégique pour la légitimation, la médiation et la gestion des enjeux sociétaux.

📖 7. Communication des chercheurs

🔑 Notions clés & Définitions

  • Communication comme élément constitutif de la pratique scientifique : La communication est intégrée intrinsèquement à l’activité de recherche, permettant le partage, la diffusion et la validation des connaissances (Hagstrom, 1975). Elle participe à la construction même du savoir scientifique.

  • Impératif communicationnel pour la reconnaissance des chercheurs : Les chercheurs doivent communiquer leurs travaux pour obtenir visibilité, légitimité et reconnaissance au sein de la communauté scientifique, condition essentielle à leur carrière et à leur légitimité (Le Marec, 2002).

  • Professionnalisation des activités de communication scientifique : La reconnaissance de la communication scientifique en tant que pratique professionnelle, avec des filières de formation spécifiques et des services spécialisés, favorise son autonomie vis-à-vis du travail de recherche (Babou et Le Marec, 2008).

  • Autonomisation des services de communication vis-à-vis des chercheurs : La professionnalisation conduit à une gestion indépendante des activités de communication, avec une moindre implication directe des chercheurs, tout en participant à la définition de leur activité scientifique (Véron, 1997).

📝 Points essentiels

  • La communication scientifique est indissociable du processus de production des connaissances, notamment à travers l’échange et la publication (Hagstrom, 1975). Elle constitue un système social qui évolue avec les modalités de communication (Garvey, 1979).

  • Elle joue un rôle stratégique dans la reconnaissance et la légitimité des chercheurs, en conditionnant leur visibilité, leur carrière et leur pouvoir symbolique (Bourdieu, 1976). La nécessité pour les chercheurs de communiquer s’impose comme un impératif pour leur reconnaissance professionnelle (Le Marec, 2002).

  • La professionnalisation des activités de communication, via des services spécialisés, permet une autonomie accrue de ces activités, déliant la communication de la recherche directe tout en la rendant essentielle à la pratique scientifique (Babou et Le Marec, 2008).

  • La communication scientifique se déploie à la fois de manière endogène (au sein des institutions) et exogène (dans l’espace public), influençant la relation entre sciences et société (Véron, 1997). Elle devient un enjeu politique et stratégique dans la mise en visibilité des sciences.

💡 À retenir

La communication est une composante essentielle de la pratique scientifique, non seulement pour la diffusion des connaissances mais aussi pour la reconnaissance et la légitimité des chercheurs, dont l’autonomisation est renforcée par la professionnalisation des activités communicationnelles.

📖 8. Médiatisation des sciences

🔑 Notions clés & Définitions

  • Médiatisation des sciences : Processus par lequel les sciences sont rendues accessibles et visibles dans les médias, qu'ils soient traditionnels ou numériques, afin d'informer, sensibiliser ou engager le public (Chambru, Lefebvre et Poupardin, 2023).
  • Rôle des journalistes et professionnels des médias : Acteurs clés dans la sélection, la mise en forme et la diffusion de l'information scientifique, ils participent à la construction de l’image de la science dans l’espace public, tout en étant soumis à des enjeux déontologiques et identitaires (Ruellan, 2011).
  • Logiques de production de l’information scientifique : Ensemble des processus, pratiques et enjeux liés à la fabrication, la sélection et la présentation de l’information scientifique dans les médias, influencés par des contraintes économiques, politiques et éditoriales (Le Cam & Ruellan, 2017).
  • Déontologie et identité journalistique : Ensemble des principes éthiques et des valeurs qui guident la pratique du journalisme scientifique, visant à garantir la rigueur, l’indépendance et la responsabilité dans la médiatisation des sciences (Ruellan, 2011).

📝 Points essentiels

  • La médiatisation des sciences s’est intensifiée avec la diversification des supports (presse, télévision, internet, réseaux sociaux) et la numérisation croissante de la société (Miège, 2020).
  • Les journalistes jouent un rôle double : ils sélectionnent et interprètent l’information scientifique tout en étant soumis à des logiques économiques et politiques qui peuvent influencer leur traitement (Ruellan, 2011).
  • La production de l’information scientifique dans les médias repose sur des logiques spécifiques, mêlant enjeux de crédibilité, simplification, dramatisation, tout en étant confrontée à des risques de déformation ou de simplification excessive (Le Cam & Ruellan, 2017).
  • La déontologie journalistique en science vise à préserver la rigueur, l’indépendance et la transparence, tout en construisant une identité professionnelle orientée vers la responsabilité et la crédibilité (Ruellan, 2011).
  • La médiatisation participe à la construction d’un espace public où la science devient un enjeu social, politique et culturel, mobilisé dans les débats publics et les controverses (Chambru, Lefebvre et Poupardin, 2023).

💡 À retenir

La médiatisation des sciences, à travers le rôle des médias et des journalistes, façonne l’image publique de la science en s’appuyant sur des logiques spécifiques de production et en respectant des principes déontologiques, tout en étant un enjeu majeur pour la relation entre science et société.

📖 9. Débat public sciences

🔑 Notions clés & Définitions

  • Débat public autour des sciences : Espace de discussion où divers acteurs sociaux confrontent leurs points de vue, enjeux et valeurs liés aux sciences, permettant la construction collective de la compréhension et de la légitimité des savoirs (Chambru, Lefebvre, Poupardin).
  • Mobilisation des sciences dans l’espace public : Processus par lequel les connaissances scientifiques sont intégrées, utilisées ou contestées dans les discours publics, politiques et médiatiques, influençant la perception et la légitimité des sciences (voir section 3).
  • Enjeux politiques et idéologiques de la circulation des savoirs : Tensions et luttes de pouvoir autour de la diffusion, de la légitimation ou de la contestation des connaissances scientifiques, souvent instrumentalisées dans des luttes idéologiques ou politiques (Roqueplo, 1974).
  • Lutte pour l’énonciation publique de la vérité scientifique : Conflit entre différents acteurs pour faire reconnaître une version de la vérité scientifique dans l’espace public, notamment face aux fake news ou aux controverses, en questionnant la légitimité et l’autorité des savoirs (Bodin et Chambru, 2019).

📝 Points essentiels

  • La communication des sciences s’est historiquement développée en lien avec l’analyse sociale des sciences, notamment dans le cadre des science studies, qui étudient la science comme activité sociale (Pestre, 2006).
  • La circulation sociale des connaissances révèle des enjeux politiques et idéologiques, où la science devient un enjeu de pouvoir dans l’espace public (Roqueplo, 1974).
  • La vulgarisation et la médiation scientifique participent à la mise en public des sciences, mais peuvent aussi renforcer le fossé entre science et société en présentant la science comme achevée et hors de ses conditions de production (Jurdant, 2009).
  • La communication scientifique est à la fois un outil stratégique pour la reconnaissance des chercheurs et un espace de lutte pour l’énonciation de la vérité, impliquant une tension entre dimensions instrumentales et réflexives (Le Marec, 2002).
  • La médiatisation des sciences, notamment via les médias et le journalisme scientifique, joue un rôle clé dans la formation de l’opinion publique et dans la construction des problèmes publics liés aux enjeux environnementaux, sociaux et politiques (Chavot et Masseran, 2010).
  • La participation des publics dans la mise en culture des sciences et dans les politiques du savoir constitue une dimension essentielle du débat public, favorisant une démocratie scientifique plus inclusive (Quet, 2014).

💡 À retenir

Le débat public autour des sciences est un espace de confrontation où la circulation des savoirs, les enjeux de pouvoir et la construction collective de la vérité scientifique façonnent la relation entre science et société, tout en étant au cœur des enjeux démocratiques et politiques contemporains.

📖 10. Vulgarisation numérique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Vulgarisation numérique : Ensemble des pratiques de diffusion des connaissances scientifiques à travers les dispositifs et outils numériques, visant à rendre la science accessible et compréhensible à un large public (Chambru, Lefebvre et Poupardin).
  • Nouveaux dispositifs : Technologies et plateformes innovantes (réseaux sociaux, plateformes créatives, applications interactives) qui facilitent la mise en public des sciences et la diffusion numérique (Miège, 2010).
  • Utilisation des plateformes numériques pour la diffusion : Emploi d’outils en ligne (YouTube, blogs, réseaux sociaux) pour transmettre, partager et débattre des savoirs scientifiques, favorisant une circulation plus large et interactive (Lepine, Martin-Juchat, Millet-Fourrier, 2014).
  • Transformation des publics et modalités d’accès : Évolution des profils et attentes des publics grâce aux formats numériques, permettant un accès plus diversifié, personnalisé et interactif aux contenus scientifiques (Caune, 2017).
  • Nouveaux formats et pratiques numériques : Innovations dans la présentation et la médiation des sciences, tels que vidéos courtes, infographies, podcasts, qui modifient les modalités de transmission et d’engagement (Legendre, 2019).

📝 Points essentiels

  • La vulgarisation numérique s’inscrit dans une logique de démocratisation et d’accessibilité accrue aux savoirs scientifiques, en exploitant les dispositifs technologiques modernes (Ruellan, 2011).
  • Elle repose sur la multiplication des plateformes numériques, qui offrent des espaces d’interaction, de débat et de co-construction des connaissances, rompant avec la communication unidirectionnelle traditionnelle (Miège, 2010).
  • La transformation des publics se traduit par une diversification des profils, avec une participation plus active, critique et engagée, notamment via les réseaux sociaux et autres formats interactifs (Caune, 2017).
  • La mise en œuvre de nouveaux formats favorise l’engagement, la compréhension et la mémorisation, tout en permettant une adaptation contextuelle et culturelle des contenus (Legendre, 2019).
  • La digitalisation modifie aussi la temporalité et la spatialité de la diffusion, permettant une accessibilité 24/7 et une diffusion globale instantanée (Miège, 2013).

💡 À retenir

La vulgarisation numérique révolutionne la diffusion des sciences en multipliant les dispositifs, formats et modalités d’accès, favorisant une participation plus active et diversifiée des publics.

📊 Tableaux de Synthèse

CritèreModèle du déficitModèles participatifsAuteur(s) clésRemarques
ObjectifCombler l’ignorance du publicImpliquer le public dans la co-constructionWynne (1993), Jurdant (2009)Approche unidirectionnelle vs bidirectionnelle
Type de communicationUnidirectionnelleBidirectionnelle, dialogiqueWynne, Chavot & Masseran (2010)La participation modifie la dynamique
Vision du publicPassif, ignorantActif, capable de produire du sensWynne (1993), Le Marec (2002)La reconnaissance des savoirs populaires
LimitesRenforce la séparation science-sociétéFavorise la légitimité socialeChavot & Masseran (2010)Nécessité de dépasser le modèle du déficit

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre communication endogène (au sein du champ scientifique) et exogène (dans l’espace public).
  2. Assimiler systématiquement le modèle du déficit à une approche négative, sans nuance.
  3. Croire que la vulgarisation est toujours une pratique simplificatrice, alors qu’elle peut aussi être participative.
  4. Confondre la communication scientifique avec la simple diffusion d’informations.
  5. Sous-estimer l’impact des supports numériques et des réseaux sociaux dans la mutation de la communication scientifique.
  6. Confondre modèles de communication et stratégies de médiation ou vulgarisation.
  7. Ignorer la critique de Wynne (1993) sur la vision unidirectionnelle et paternaliste.

✅ Checklist Examen

  • Connaître la définition de Laügt (1998) sur la communication scientifique comme pratique professionnelle.
  • Identifier les acteurs impliqués dans la communication scientifique (chercheurs, médiateurs, journalistes, vulgarisateurs).
  • Expliquer la transformation des supports et formats de diffusion (supports numériques, réseaux sociaux, podcasts).
  • Définir le concept de communication endogène et exogène selon Véron (1997).
  • Comprendre le système de communication scientifique selon Hagstrom (1975).
  • Décrire le modèle du déficit, ses caractéristiques, ses limites et ses critiques (Wynne, 1993; Jurdant, 2009).
  • Connaître les principes des modèles participatifs et leur différence avec le modèle du déficit.
  • Expliquer la fonction sociale de la communication scientifique selon Bourdieu (1976).
  • Identifier les enjeux sociaux, politiques et épistémologiques liés à la médiatisation des sciences.
  • Maîtriser la notion de vulgarisation numérique et ses enjeux.
  • Connaître la critique de Wynne sur la communication unidirectionnelle.
  • Comprendre la mutation de la communication scientifique sous l’impact des plateformes numériques.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Évolution des Modèles de Communication Scientifique avec 9 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Selon Laügt (1998), qu'est-ce que la communication scientifique en tant que pratique professionnelle ?

2. Selon Laügt (1998), comment définit-il la communication scientifique en tant que pratique professionnelle?

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Mémorisez les concepts clés de Évolution des Modèles de Communication Scientifique avec 9 flashcards interactives.

Communication scientifique — pratique ?

Activité structurée par des filières et acteurs spécialisés.

Communication scientifique — pratique ?

Une activité structurée, professionnalisée.

Modèles de communication — rôle ?

Analyser et décrire les pratiques de circulation des savoirs.

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