Fiche de révision : Fondements de la chimie quantique

Plan du Cours

  1. Crise de la physique classique
  2. Dualité lumière matière
  3. Modèles atomiques et spectres
  4. Ondes et incertitude quantiques
  5. Postulats de la mécanique quantique
  6. Systèmes hydrogénoïdes
  7. Équation de Schrödinger hydrogénoïde
  8. Moment cinétique et nombres quantiques
  9. Orbitales et niveaux d’énergie
  10. Spin et quantification magnétique
  11. Modèle des atomes polyélectroniques
  12. Antisymétrie et principe de Pauli
  13. États électroniques et configurations
  14. Optimisation variationnelle des orbitales
  15. Modèles orbitalaires moléculaires
  16. Méthode LCAO et densité électronique
  17. Couplage et transfert de charge
  18. Modèle variationnel de l’hélium

Repères chronologiques

  1. 1801Young observe la diffraction et les interférences lumineuses, phénomènes qui prouvent le caractère ondulatoire de la lumière.
  2. 1862Maxwell montre que la lumière est une onde électromagnétique et décrit sa propagation par une série d’équations.
  3. 1897Thomson identifie les rayons cathodiques comme un courant de particules négatives indépendantes du matériau, appelées électrons.
  4. 1911Rutherford montre que presque toute la masse et toute la charge positive de l’atome sont concentrées dans un noyau central autour duquel les électrons négatifs orbitent dans son modèle planétaire.

1. Crise de la physique classique

★ À maîtriser

  • À la fin du XIXe siècle, les expériences sur le rayonnement du corps noir, l’effet photoélectrique et la diffraction des électrons ou des neutrons montrent que les particules peuvent présenter un comportement ondulatoire et que les ondes lumineuses peuvent présenter un comportement corpusculaire.

📌 Dans le modèle planétaire classique, un électron accéléré rayonne continûment de l’énergie électromagnétique, perd son énergie mécanique et devrait tomber sur le noyau en environ 10−8 s10^{-8}\ \mathrm{s}.

Compléments

  • Millikan détermine la charge élémentaire de l’électron et montre que toute charge électrique a une valeur absolue égale à un multiple entier de cette charge.

Astuce mémo

Mécanique classique ≠ stabilité des atomes

2. Dualité lumière matière

Notions clés & Définitions

  • Corps noir : Objet non réfléchissant qui émet un rayonnement thermique lorsqu’il est chauffé.

Points essentiels

📐 Formule - Selon la loi de Stefan, le taux d’émission thermique d’un corps noir est proportionnel à la puissance quatrième de sa température, R∝T4R\propto T^4.

  • La loi classique de Rayleigh-Jeans diverge aux courtes longueurs d’onde, ce qui constitue la catastrophe ultraviolette. - RAYLEIGH et JEANS

📐 Formule - Planck postule que les oscillateurs ne peuvent échanger l’énergie que par multiples entiers du quantum hνh\nu, où h=6,626×10−34 J sh=6{,}626\times10^{-34}\ \mathrm{J\,s}.

  • Lors de l’effet photoélectrique, un photon apporte son énergie à un électron métallique ; si cette énergie dépasse le travail d’extraction, l’électron est émis avec une énergie cinétique correspondant à l’excédent. - EINSTEIN, 1905

Astuce mémo

Quantification de l’énergie → aspect corpusculaire de la lumière

3. Modèles atomiques et spectres

★ À maîtriser

  • Les cinq séries expérimentales sont :

    • Lyman
    • Balmer
    • Paschen
    • Brackett
    • Pfund
  • Dans le modèle de Bohr, l’électron occupe des orbites circulaires stationnaires, leur moment cinétique est quantifié, et un changement d’orbite s’accompagne de l’absorption ou de l’émission d’un photon. - De la constitution des atomes et des molécules, 1913

📐 Formule - Dans le modèle de Bohr, les niveaux d’énergie de l’hydrogène sont quantifiés selon En=−13,6/n2E_n=-13{,}6/n^2 en électronvolts, où nn est le nombre quantique principal.

Compléments

  • Les séries de l’hydrogène correspondent respectivement à l’ultraviolet pour Lyman, au visible et proche ultraviolet pour Balmer, et à l’infrarouge pour Paschen, Brackett et Pfund.

  • Sommerfeld introduit les nombres quantiques azimutal et magnétique pour décrire des orbites elliptiques et la structure en couches et sous-couches. - SOMMERFIELD

  • En 1925, Uhlenbeck et Goudsmit introduisent le spin de l’électron pour rendre compte de la déviation en deux faisceaux observée par Stern et Gerlach.

Astuce mémo

Rutherford → Bohr → Sommerfeld → spin

4. Ondes et incertitude quantiques

Points essentiels

📐 Formule - De Broglie associe à une particule de quantité de mouvement pp une longueur d’onde λ=h/p\lambda=h/p.

  • En 1927, Davisson et Germer observent la diffraction d’électrons par un cristal de nickel, confirmant le caractère ondulatoire de la matière. - DAVISON ET GERMER
  • Dans l’expérience des fentes de Young avec des électrons envoyés un par un, chaque impact est aléatoire mais l’accumulation des impacts forme une figure d’interférences.

📐 Formule - La probabilité de présence des électrons est proportionnelle au carré du module de l’amplitude de probabilité, P∝∣Ψ∣2P\propto|\Psi|^2.

📐 Formule - Le principe d’incertitude de Heisenberg impose Δx Δp≥ℏ\Delta x\,\Delta p\geq\hbar avec ℏ=h/(2π)\hbar=h/(2\pi).

Astuce mémo

Trajectoire classique ≠ probabilité quantique

5. Postulats de la mécanique quantique

Notions clés & Définitions

  • Fonction d’onde : Ψ(x,y,z,t)\Psi(x,y,z,t) décrit l’état dynamique d’une particule quantique et contient tous les renseignements accessibles sur le système.
  • Opérateur : Objet mathématique qui agit sur une fonction et la transforme en une autre fonction.
  • ECOC : Ensemble d’observables commutant deux à deux et possédant une base orthonormée unique de fonctions propres communes.

★ À maîtriser

📐 Formule - La densité de probabilité de présence est donnée par ∣Ψ∣2=ΨΨ∗|\Psi|^2=\Psi\Psi^*, et la probabilité élémentaire dans un volume dVdV vaut dP=∣Ψ∣2dVdP=|\Psi|^2dV.

📌 La condition de normalisation impose que l’intégrale de ∣Ψ∣2|\Psi|^2 sur tout l’espace soit égale à 1.

📌 Toute grandeur physique mesurable est représentée par un opérateur obtenu en remplaçant les expressions classiques de la position et de la quantité de mouvement par leurs opérateurs quantiques.

📐 Formule - L’opérateur hamiltonien est la somme de l’opérateur d’énergie cinétique et de l’opérateur d’énergie potentielle, H^=T^+V^\hat H=\hat T+\hat V.

📐 Formule - Une fonction propre Ψk\Psi_k d’un opérateur G^\hat G vérifie G^Ψk=gkΨk\hat G\Psi_k=g_k\Psi_k, où gkg_k est la valeur propre associée.

📐 Formule - Si l’état quantique est développé sur les fonctions propres de G^\hat G avec les coefficients aka_k, la probabilité d’obtenir la valeur propre gkg_k est Pk=∣ak∣2P_k=|a_k|^2.

📐 Formule - Le commutateur de deux opérateurs est défini par [A^,B^]=A^B^−B^A^[\hat A,\hat B]=\hat A\hat B-\hat B\hat A.

📐 Formule - L’équation de Schrödinger dépendante du temps est H^Ψ(x,y,z,t)=iℏ∂Ψ(x,y,z,t)∂t\hat H\Psi(x,y,z,t)=i\hbar\frac{\partial\Psi(x,y,z,t)}{\partial t} et détermine l’évolution temporelle de l’état quantique.

📐 Formule - Pour un système conservatif, les fonctions propres stationnaires vérifient H^Φn=EnΦn\hat H\Phi_n=E_n\Phi_n et la fonction d’onde temporelle vaut Ψn=Φnexp⁡(−iEnt/ℏ)\Psi_n=\Phi_n\exp(-iE_nt/\hbar).

  • Le niveau fondamental est le niveau d’énergie le plus bas, tandis que les niveaux supérieurs sont appelés niveaux excités.

Compléments

📐 Formule - Les composantes de l’opérateur quantité de mouvement sont p^x=−iℏ∂∂x\hat p_x=-i\hbar\frac{\partial}{\partial x}, p^y=−iℏ∂∂y\hat p_y=-i\hbar\frac{\partial}{\partial y} et p^z=−iℏ∂∂z\hat p_z=-i\hbar\frac{\partial}{\partial z}.

📐 Formule - La valeur moyenne d’une grandeur GG s’écrit ⟨G⟩=∫Ψ∗G^Ψ dV∫Ψ∗Ψ dV\langle G\rangle=\frac{\int\Psi^*\hat G\Psi\,dV}{\int\Psi^*\Psi\,dV}.

  • La spectroscopie étudie l’absorption et l’émission du rayonnement par la matière afin de déterminer des fréquences, longueurs d’onde ou nombres d’onde caractéristiques des systèmes.

Astuce mémo

Fonction d’onde → opérateur → mesure → évolution

6. Systèmes hydrogénoïdes

Notions clés & Définitions

  • Ion hydrogénoïde : Édifice atomique constitué d’un noyau de charge +Ze+Ze et d’un seul électron de charge −e-e.

★ À maîtriser

  • Les systèmes hydrogénoïdes sont les seuls systèmes chimiques pour lesquels les solutions exactes de l’équation de Schrödinger peuvent être déterminées.

📐 Formule - Pour un ion hydrogénoïde, l’hamiltonien électronique est la somme de l’énergie cinétique et de l’énergie potentielle coulombienne attractive, H^el=T^e+V^e\hat H_{el}=\hat T_e+\hat V_e.

Compléments

  • L’atome d’hydrogène appartient à la famille des systèmes hydrogénoïdes bien qu’il ne soit pas un ion.

Astuce mémo

Un noyau central chargé entouré d’un seul électron

7. Équation de Schrödinger hydrogénoïde

Notions clés & Définitions

  • Système hydrogénoïde : Système atomique constitué d’un noyau et d’un seul électron, pour lequel l’équation de Schrödinger admet des solutions exactes.

★ À maîtriser

📐 Formule - L’équation électronique stationnaire s’écrit H^elΨ=EΨ\hat H_{el}\Psi=E\Psi avec H^el=T^e+V^e\hat H_{el}=\hat T_e+\hat V_e.

📐 Formule - La séparation des variables conduit à une fonction d’onde de la forme Ψ(r,θ,φ)=R(r)Θ(θ)Φ(φ).\Psi(r,\theta,\varphi)=R(r)\Theta(\theta)\Phi(\varphi).

Compléments

  • Dans un système hydrogénoïde, la force électron-noyau est une force centrale dont l’énergie potentielle ne dépend que de la distance r au noyau.

📐 Formule - En coordonnées sphériques, l’élément de volume vaut dV=r2sin⁡θ dr dθ dφdV=r^2\sin\theta\,dr\,d\theta\,d\varphi avec r∈[0,+∞[, θ∈[0,π], φ∈[0,2π].r\in[0,+\infty[,\ \theta\in[0,\pi],\ \varphi\in[0{,}2\pi].

Astuce mémo

Coordonnées sphériques → séparation des variables → orbitales quantifiées

8. Moment cinétique et nombres quantiques

Notions clés & Définitions

  • Moment cinétique orbital : L’opérateur quantique obtenu par correspondance avec le produit vectoriel classique L⃗=r⃗∧p⃗\vec L=\vec r\wedge\vec p.

★ À maîtriser

📐 Formule - Les orbitales sont fonctions propres des opérateurs du moment cinétique selon L^2Ψ=l(l+1)ℏ2Ψ\hat L^2\Psi=l(l+1)\hbar^2\Psi et L^zΨ=mℏΨ.\hat L_z\Psi=m\hbar\Psi.

  • Les nombres quantiques des orbitales hydrogénoïdes vérifient n>0, 0≤l<n et −l≤m≤l.

Compléments

📐 Formule - La longueur du moment cinétique orbital vaut ∣L⃗∣=ℏl(l+1)|\vec L|=\hbar\sqrt{l(l+1)} et sa projection verticale vaut Lz=mℏ.L_z=m\hbar.

Astuce mémo

Classique : vecteur conservé ; quantique : module et projection conservés

9. Orbitales et niveaux d’énergie

Notions clés & Définitions

  • Orbitale atomique : Une fonction d’onde stationnaire de l’électron, solution de l’équation de Schrödinger hydrogénoïde.

★ À maîtriser

📐 Formule - La densité de probabilité de présence par unité de volume est ∣Ψ(r,θ,φ)∣2=dPdV.|\Psi(r,\theta,\varphi)|^2=\frac{dP}{dV}.

  • Une couche est définie par n et porte les lettres K, L, M et N pour n égal à 1, 2, 3 et 4, tandis qu’une sous-couche est définie par l et porte les lettres s, p, d et f pour l égal à 0, 1, 2 et 3.

  • Une couche de nombre quantique principal n contient n² orbitales, et une sous-couche de nombre quantique azimutal l contient 2l+1 orbitales.

📐 Formule - L’énergie d’une orbitale hydrogénoïde est En=−13,6Z2n2 eV=−Z22n2 Hartree.E_n=-13{,}6\frac{Z^2}{n^2}\ \mathrm{eV}=-\frac{Z^2}{2n^2}\ \mathrm{Hartree}.

Compléments

  • Tous les états de même nombre quantique principal n sont énergétiquement dégénérés, avec un degré de dégénérescence égal à n².

Astuce mémo

Des orbitales en sphères ou en lobes, colorées selon leur signe

10. Spin et quantification magnétique

★ À maîtriser

  • Le moment magnétique orbital est relié au moment cinétique orbital par M⃗=−e2meL⃗\vec M=\frac{-e}{2m_e}\vec L et son interaction avec un champ magnétique provoque l’effet Zeeman normal.

  • Le spin de l’électron est un moment cinétique intrinsèque sans équivalent classique, caractérisé par s=1/2 et m_s=±1/2.

  • Dans l’expérience de Stern et Gerlach, un faisceau d’atomes d’argent traverse un champ magnétique inhomogène et se sépare en deux faisceaux, car m_s ne prend que les valeurs +1/2 et −1/2.

Compléments

  • L’effet Zeeman normal lève la dégénérescence des sous-niveaux et conduit à un nombre impair de raies spectrales.

📐 Formule - Les fonctions de spin α et β vérifient S^zα=ℏ2α\hat S_z\alpha=\frac{\hbar}{2}\alpha et S^zβ=−ℏ2β,\hat S_z\beta=-\frac{\hbar}{2}\beta, tandis que S^2α=S^2β=34ℏ2α,β.\hat S^2\alpha=\hat S^2\beta=\frac{3}{4}\hbar^2\alpha,\beta.

Astuce mémo

Champ magnétique inhomogène → forces opposées → deux taches

11. Modèle des atomes polyélectroniques

Notions clés & Définitions

  • Modèle orbitalaire : Construit une fonction d’onde polyélectronique approchée à partir de fonctions à un seul électron appelées orbitales.

★ À maîtriser

  • Pour un atome polyélectronique, l’hamiltonien couple les électrons par les interactions de répulsion, et aucune solution analytique exacte connue ne permet de résoudre directement l’équation de Schrödinger.

Compléments

  • Dans le modèle des électrons indépendants, l’énergie totale électronique est la somme des énergies individuelles des spin-orbitales occupées.

  • Pour l’hélium dans la configuration 1s², le modèle hydrogénoïde donne une énergie de −4,0 unités atomiques, tandis que l’énergie exacte vaut −2,904 unités atomiques, soit une erreur d’environ 1,1 unité atomique.

Astuce mémo

Orbitales → spin-orbitales → déterminant de Slater → configuration

12. Antisymétrie et principe de Pauli

Notions clés & Définitions

  • Déterminant de Slater : Une fonction d’onde polyélectronique antisymétrique construite à partir des spin-orbitales occupées.

★ À maîtriser

  • L’indiscernabilité impose que la fonction d’onde des électrons, qui sont des fermions, change de signe lors de l’échange de deux électrons.

  • Le principe de Pauli interdit à deux électrons d’un même système d’occuper la même spin-orbitale, de sorte qu’une orbitale spatiale peut contenir au maximum deux électrons de spins opposés.

  • Deux électrons de spins opposés peuvent former un état singulet, tandis que deux électrons de même spin appartiennent à un état triplet triplement dégénéré.

Compléments

  • La configuration électronique est une notation abrégée de la fonction d’onde polyélectronique qui indique les orbitales occupées et leur degré d’occupation.

Astuce mémo

Bosons : fonction symétrique ; fermions : fonction antisymétrique

13. États électroniques et configurations

★ À maîtriser

  • Les trois états de spin associés à deux électrons de même spin ont la même énergie et forment un état triplet triplement dégénéré.

  • La configuration électronique fondamentale du bore, qui possède Z=5, est 1s2 2s2 2p1.

Compléments

  • Pour la configuration 1s2p de l’hélium, la prise en compte de la symétrie spatiale ajoute une dégénérescence de trois à la dégénérescence de spin, donnant une dégénérescence totale de 9.

  • Pour la configuration fondamentale du bore, l’électron 2p peut occuper six spin-orbitales, correspondant à six déterminants de Slater.

Astuce mémo

Triplet : trois états de spin ; symétrie spatiale : trois directions orbitalaires.

14. Optimisation variationnelle des orbitales

Notions clés & Définitions

  • Base double-zêta : Base qui décrit une orbitale comme une combinaison linéaire de deux fonctions hydrogénoïdes.

★ À maîtriser

📌 Le principe variationnel affirme que l’énergie moyenne calculée avec une fonction d’onde approchée est toujours supérieure ou égale à l’énergie exacte de l’état fondamental.

  • 🔄 L’application du principe variationnel suit trois étapes :

    1. Choisir une fonction d’onde paramétrée
    2. Calculer son énergie moyenne
    3. Rechercher les paramètres qui minimisent cette énergie
  • Dans l’atome d’hélium, la répulsion entre les deux électrons rend l’orbitale 1s plus diffuse que l’orbitale 1s de l’ion hydrogénoïde He+.

Compléments

📐 Formule - La charge nucléaire effective utilisée pour décrire un électron s’écrit Zeff=Z−σZ_{\mathrm{eff}}=Z-\sigma, où σ représente la constante d’écran due aux autres électrons.

Astuce mémo

Répulsion électronique → orbitales plus diffuses → énergie minimisée par variation.

15. Modèles orbitalaires moléculaires

★ À maîtriser

📌 Le modèle des orbitales moléculaires utilise des orbitales moléculaires orthogonales et délocalisées, tandis que le modèle des liaisons de valence utilise des orbitales atomiques éventuellement hybridées et n’impose pas leur orthogonalité.

  • Dans le modèle OM, l’orbitale moléculaire liante de H2 est une combinaison linéaire normalisée des orbitales atomiques 1s des deux atomes, σg=N(1sA+1sB)\sigma_g=N(1s_A+1s_B).

  • L’état fondamental de H2 correspond à la configuration σg2, avec deux électrons appariés dans l’orbitale moléculaire liante.

📌 Le modèle VB est particulièrement adapté à l’étude de la mésomérie et de la réactivité chimique, tandis que le modèle OM convient davantage aux propriétés structurales et spectroscopiques.

Compléments

  • Dans le modèle VB de H2, la fonction d’onde fondamentale est construite par combinaison linéaire des deux déterminants équivalents dans lesquels les spins appariés sont répartis entre les orbitales 1sA et 1sB.

Astuce mémo

OM : orbitales orthogonales et délocalisées ; VB : orbitales atomiques et liaisons localisées.

16. Méthode LCAO et densité électronique

Notions clés & Définitions

  • Population de Mulliken : Population électronique moyenne attribuée à une fonction de base à partir des contributions de densité et de recouvrement.

★ À maîtriser

📐 Formule - Dans l’approximation LCAO, une orbitale moléculaire s’écrit comme une combinaison linéaire des orbitales atomiques de la base : ϕi=∑μ=1MCμiΩμ\phi_i=\sum_{\mu=1}^{M}C_{\mu i}\Omega_\mu.

📐 Formule - La méthode des variations linéaires conduit à l’équation matricielle généralisée HC=εSC\mathbf{H}\mathbf{C}=\varepsilon\mathbf{S}\mathbf{C}, où H est la matrice hamiltonienne et S la matrice de recouvrement.

📐 Formule - La densité électronique moléculaire est la somme des densités orbitalaires occupées : ρ(r⃗)=∑iniϕi∗(r⃗)ϕi(r⃗)\rho(\vec r)=\sum_i n_i\phi_i^*(\vec r)\phi_i(\vec r), où ni vaut 0, 1 ou 2.

Compléments

  • Une base de M orbitales atomiques fournit M orbitales moléculaires orthonormées et M énergies orbitalaires réelles.

  • L’intégrale de la densité électronique sur tout l’espace donne le nombre total d’électrons N.

Astuce mémo

Base atomique → équation matricielle → orbitales moléculaires → densité électronique.

17. Couplage et transfert de charge

★ À maîtriser

  • Une orbitale moléculaire liante possède une énergie inférieure à celle des orbitales atomiques qui la composent, tandis qu’une orbitale antiliante possède une énergie supérieure.

  • La configuration électronique fondamentale d’une molécule s’obtient en remplissant les orbitales moléculaires par ordre croissant d’énergie, en respectant le principe de Pauli et la règle de Hund.

  • Une molécule diamagnétique possède tous ses spins appariés, tandis qu’une molécule paramagnétique possède au moins une orbitale simplement occupée.

  • Le couplage entre deux orbitales atomiques est d’autant plus intense que leurs énergies sont proches ; si leur écart énergétique est grand, le mélange est faible.

Compléments

  • Un transfert de charge apparaît lorsque le mélange des orbitales de fragments déforme la densité électronique par rapport à la somme des densités initiales des fragments.

Astuce mémo

Énergies orbitalaires proches → couplage intense → mélange accru et transfert de charge.

18. Modèle variationnel de l’hélium

Notions clés & Définitions

  • Densité radiale : Obtenue en intégrant la probabilité de présence élémentaire par rapport aux angles sphériques.

★ À maîtriser

  • Dans le modèle variationnel des électrons en interaction, on choisit une fonction d’essai dépendant d’un paramètre variationnel, on calcule l’énergie moyenne correspondante, puis on minimise cette énergie par rapport au paramètre.

  • Le terme d’interaction biélectronique empêche de déterminer exactement les fonctions propres de l’hamiltonien électronique total.

📐 Formule - L’opérateur hamiltonien d’une particule de masse m dans une boîte unidimensionnelle est H^=−ℏ22md2dx2\hat H=-\frac{\hbar^2}{2m}\frac{d^2}{dx^2}.

📐 Formule - Les états stationnaires d’une particule dans une boîte 1D sont proportionnels à φn(x)=2Lsin⁡(nπxL)\varphi_n(x)=\sqrt{\frac{2}{L}}\sin\left(\frac{n\pi x}{L}\right).

  • L’application du théorème des variations à une fonction d’essai consiste à normaliser cette fonction, calculer l’énergie moyenne, puis comparer cette énergie à l’énergie de l’état fondamental exact.

📐 Formule - Pour l’atome d’hydrogène traité par une fonction d’essai exponentielle, le théorème du Viriel relie les énergies cinétique et potentielle par 2⟨T⟩+⟨V⟩=02\langle T\rangle+\langle V\rangle=0.

  • La méthode variationnelle linéaire détermine les coefficients d’une combinaison linéaire en posant une équation matricielle puis en résolvant l’équation séculaire associée.

📌 Dans l’ion H2+, les deux orbitales moléculaires sont formées par combinaison linéaire de deux orbitales atomiques 1s centrées sur les noyaux A et B, qui sont non orthogonales.

📌 Pour deux fonctions atomiques non dégénérées, l’atome A étant plus électronégatif que B, les niveaux atomiques vérifient HAA< HBB.

  • Lorsque la différence énergétique |HAA−HBB| augmente, la stabilisation du niveau liant et la déstabilisation du niveau antiliant deviennent plus faibles.

  • Dans le cas d’une grande différence énergétique entre les orbitales atomiques, l’orbitale liante est principalement localisée sur l’atome A, le plus électronégatif, tandis que l’orbitale antiliante est principalement localisée sur l’atome B.

  • 🔄 L’analyse LCAO comprend les étapes suivantes :

    1. Décompter les électrons de valence
    2. Identifier les orbitales occupées et vacantes
    3. Examiner les contributions des orbitales atomiques
    4. Calculer les populations électroniques
    5. Déterminer les charges partielles
  • Pour le radical

  • CH2–CH=O, l’orbitale simplement occupée permet de quantifier la délocalisation de l’électron célibataire sur les carbones et l’oxygène à partir des coefficients LCAO.

Compléments

  • Les orbitales 1s des deux électrons sont des fonctions propres des opérateurs monoélectroniques agissant respectivement sur les coordonnées des électrons 1 et 2.

  • Dans l’expression des orbitales 1s de l’hélium, la charge du noyau atomique vaut Z=2.

Astuce mémo

Répulsion électronique → fonctions propres exactes impossibles → énergie moyenne variationnelle

Tableaux de synthèse

Principales séries du spectre de l’hydrogène

SérieNombre quantique finalRégion d’émission
Lyman1Ultraviolet
Balmer2Visible et proche ultraviolet
Paschen3Infrarouge
Brackett4Infrarouge
Pfund5Infrarouge

Opérateurs et grandeurs physiques

GrandeurOpérateurPropriété
Positionx,y,zx,y,zOpérateur multiplicatif
Quantité de mouvement−iℏ∇-i\hbar\nablaOpérateur différentiel
Énergie cinétique−ℏ22mΔ-\frac{\hbar^2}{2m}\DeltaOpérateur différentiel
Énergie totaleH^=T^+V^\hat H=\hat T+\hat VHamiltonien

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Fondements de la chimie quantique avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel phénomène Thomson identifie-t-il en 1897 ?

2. Dans le modèle planétaire classique, quelle évolution est prévue pour un électron en orbite autour du noyau ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Fondements de la chimie quantique avec 10 flashcards interactives.

Que montrent les expériences sur le rayonnement du corps noir et l’effet photoélectrique ?

Les particules ont un comportement ondulatoire et les ondes lumineuses un comportement corpusculaire.

Quelle découverte Thomson a-t-il faite en 1897 sur les rayons cathodiques ?

Ils sont un courant de particules négatives appelées électrons.

Que démontre Young en 1801 sur la lumière ?

La diffraction et les interférences prouvent son caractère ondulatoire.

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