QCM : Fondements de la science politique — 18 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond le mieux à la science politique ?

Un savoir savant qui étudie les faits politiques dans un cadre académique
Une pratique militante qui organise les revendications dans l’espace public
Une discipline juridique qui interprète les normes dans une démarche dogmatique
Une réflexion philosophique qui détermine les valeurs d’une société

Un savoir savant qui étudie les faits politiques dans un cadre académique

Explication

La science politique est une science sociale et un savoir savant consacré à l’étude des faits politiques dans un cadre académique. Le droit, en revanche, interprète les faits et les normes selon une démarche dogmatique.

2. Quelle association distingue correctement politics, polity et policies ?

Politics concerne la vie politique, polity la régulation des conflits et policies les décisions publiques concrètes
Politics concerne les conflits sociaux, polity les politiques publiques et policies les institutions étatiques
Politics concerne les normes juridiques, polity les élections et policies les mobilisations sociales
Politics concerne les décisions publiques, polity la vie politique et policies la régulation des conflits

Politics concerne la vie politique, polity la régulation des conflits et policies les décisions publiques concrètes

Explication

Politics renvoie à la structuration de la vie politique, polity au domaine de régulation des conflits et des intérêts, et policies aux décisions concrètes ainsi qu’aux politiques publiques. Confondre politics et policies revient à mélanger la structure de la vie politique avec ses décisions publiques.

3. Pourquoi l’État ne suffit-il pas à définir l’ensemble du politique ?

Parce que les citoyens ne participent pas aux processus politiques organisés par l’État
Parce que l’État ne possède aucune institution chargée d’organiser la vie politique
Parce que les phénomènes politiques relèvent principalement des relations internationales
Parce que des mobilisations et des participations politiques se déroulent aussi en dehors de l’État

Parce que des mobilisations et des participations politiques se déroulent aussi en dehors de l’État

Explication

L’objet étatique est trop restrictif, car des phénomènes comme les mobilisations des Gilets jaunes et la participation électorale dépassent l’étude de l’État pris isolément. L’État reste un objet politique important, mais il ne recouvre pas toutes les formes du politique.

4. Comment Robert Dahl définit-il le pouvoir ?

Comme une domination exercée par une élite homogène sur les groupes sociaux
Comme une obéissance durable fondée sur la croyance en une légitimité
Comme une réputation permettant d’identifier les dirigeants les plus influents
Comme la capacité d’agir sur autrui dans de nombreux espaces sociaux

Comme la capacité d’agir sur autrui dans de nombreux espaces sociaux

Explication

Pour Robert Dahl, le pouvoir désigne la capacité d’agir sur autrui et peut être observé dans de nombreux espaces sociaux. L’obéissance durable et la croyance en la légitimité caractérisent plutôt la domination chez Max Weber.

5. Quelle démarche permet de mesurer l’influence politique selon la méthode décisionnelle de Dahl ?

Recenser les groupes sociaux et évaluer leur influence selon leur nombre de membres
Sélectionner des domaines clés, étudier les acteurs et leurs préférences, puis comparer celles-ci au résultat
Décrire les institutions juridiques et déterminer leur influence à partir de leur ancienneté
Désigner les dirigeants selon leur réputation et déduire leur influence de leur notoriété publique

Sélectionner des domaines clés, étudier les acteurs et leurs préférences, puis comparer celles-ci au résultat

Explication

La méthode décisionnelle observe des domaines clés, identifie les acteurs, analyse leurs préférences et les confronte au résultat final des décisions. Le modèle réputationnel repose plutôt sur la réputation attribuée aux dirigeants que sur l’observation de décisions précises.

6. Que décrit la notion de pluralisme ou de polyarchie ?

Un pouvoir concentré entre les membres d’une élite homogène
Un pouvoir administratif fondé sur l’application uniforme des règles de droit
Un pouvoir fragmenté et négocié entre plusieurs groupes d’intérêt
Un pouvoir durable exercé par un dirigeant reconnu comme légitime

Un pouvoir fragmenté et négocié entre plusieurs groupes d’intérêt

Explication

Le pluralisme ou la polyarchie décrit un pouvoir dispersé, fragmenté et négocié entre plusieurs groupes d’intérêt. Un pouvoir détenu par une élite homogène correspond à une conception élitiste plutôt qu’à une organisation pluraliste.

7. Qu’est-ce que la politisation d’un fait social ?

La transformation d’une décision publique en règle juridique applicable aux citoyens
Le processus par lequel des mobilisations construisent un fait comme problème politique
La description savante d’un phénomène social sans intervention de groupes mobilisés
La concentration d’un conflit social dans les institutions centrales de l’État

Le processus par lequel des mobilisations construisent un fait comme problème politique

Explication

La politisation est le processus par lequel un fait social est construit et labellisé comme problème politique à travers des mobilisations. Elle ne se réduit donc ni à la production d’une règle juridique ni à la simple observation académique d’un phénomène.

8. Quelle situation illustre la possibilité qu’un fait social devienne un problème politique ?

L’application automatique d’une règle administrative déjà définie par une institution
La catégorisation de l’écocide à la suite d’un processus de mobilisation
La description statistique d’un phénomène sans revendication ni changement de cadrage
La résolution privée d’un désaccord sans débat collectif ni intervention publique

La catégorisation de l’écocide à la suite d’un processus de mobilisation

Explication

La catégorisation de l’écocide illustre un fait social susceptible d’être construit comme problème politique par un processus de politisation. Un phénomène social n’est pas nécessairement un problème politique dès son apparition : cette qualification se forme à travers des mobilisations.

9. Quelle démarche correspond à la première règle de Durkheim pour étudier le politique ?

Adopter les opinions médiatiques pour décrire les événements
Rompre avec le sens commun pour interroger les évidences
Déduire les comportements politiques de principes juridiques
Interpréter les institutions à partir des convictions personnelles

Rompre avec le sens commun pour interroger les évidences

Explication

Durkheim demande de rompre avec le sens commun afin de mettre au jour le réel derrière les évidences ordinaires ou journalistiques. L’opinion médiatique constitue précisément une forme d’évidence à soumettre à la vérification, et non un fondement scientifique suffisant.

10. Que signifie prendre le politique comme une chose objective selon la deuxième règle de Durkheim ?

Le considérer comme une affaire définie par les préférences individuelles
Le réduire aux intentions déclarées par les acteurs politiques
L’étudier comme un objet indépendant de la seule opinion
L’expliquer par les commentaires journalistiques les plus répandus

L’étudier comme un objet indépendant de la seule opinion

Explication

Cette règle impose d’objectiver le politique en l’étudiant comme une réalité qui ne dépend pas de la seule opinion. Les préférences et les déclarations des acteurs peuvent être observées, mais elles ne suffisent pas à établir une analyse objective.

11. Quelle séquence caractérise le raisonnement scientifique en science politique ?

Choisir une théorie, ignorer les faits et défendre une conclusion cohérente
Décrire des événements, retenir une opinion et généraliser sans vérification
Observer une situation, supprimer les hypothèses et privilégier l’intuition
Formuler des hypothèses, rechercher des causes et confronter les résultats à l’observation

Formuler des hypothèses, rechercher des causes et confronter les résultats à l’observation

Explication

Le raisonnement scientifique articule hypothèses, recherche de relations causales et confrontation à l’observation afin d’identifier des lois tendancielles. Une généralisation dépourvue de vérification empirique ne respecte pas cette démarche.

12. Quelle opposition distingue l’holisme de l’individualisme méthodologique ?

L’holisme privilégie les opinions, tandis que l’individualisme privilégie les institutions juridiques
L’holisme étudie les événements, tandis que l’individualisme recherche des lois historiques
L’holisme privilégie les structures, tandis que l’individualisme privilégie les actions individuelles
L’holisme explique les choix, tandis que l’individualisme décrit les contextes sociaux

L’holisme privilégie les structures, tandis que l’individualisme privilégie les actions individuelles

Explication

L’holisme explique la société par des structures qui encadrent la liberté individuelle, alors que l’individualisme méthodologique part des actions des individus. La distinction porte donc sur le niveau d’explication privilégié.

13. Quelle caractéristique Jean-Claude Passeron attribue-t-il aux lois tendancielles des sciences sociales ?

Elles peuvent varier selon les sociétés et les contextes
Elles s’appliquent avec la même force dans toutes les sociétés
Elles décrivent des comportements indépendants des situations historiques
Elles produisent des prédictions certaines pour chaque individu

Elles peuvent varier selon les sociétés et les contextes

Explication

Pour Passeron, les lois tendancielles des sciences sociales ne sont pas universelles et peuvent changer selon les contextes sociaux. Elles se distinguent ainsi des lois valables dans tous les contextes et ne garantissent pas une prédiction individuelle certaine.

14. Que décrivent les lois probabilistes en sciences sociales ?

Des régularités dont la réalisation n’est pas certaine à 100 %
Des relations valables avec certitude pour chaque cas observé
Des principes déduits sans recours aux comportements observables
Des événements imprévisibles qui excluent toute régularité sociale

Des régularités dont la réalisation n’est pas certaine à 100 %

Explication

Les lois probabilistes décrivent des régularités qui comportent une part d’incertitude et ne se réalisent pas avec une certitude absolue. Elles ne suppriment donc pas toute régularité, mais elles ne garantissent pas chaque résultat individuel.

15. En quelle année l’École libre des sciences politiques a-t-elle été créée ?

En 1895
Après 1950
En 1872
En 1880

En 1872

Explication

L’École libre des sciences politiques est créée en 1872, ce qui marque une étape dans l’autonomisation institutionnelle de la discipline. Les autres dates renvoient à d’autres établissements ou à une période de spécialisation disciplinaire.

16. Quelles branches se développent dans la science politique après 1950 ?

La philosophie morale, la linguistique, la psychologie clinique, l’économie domestique et la géographie physique
La diplomatie pratique, le journalisme politique, la statistique administrative, le droit pénal et la littérature comparée
La théorie politique, la sociologie politique, les politiques publiques, les relations internationales et la politique comparée
La sociologie juridique, la démographie médicale, l’histoire de l’art, la logique formelle et la biologie sociale

La théorie politique, la sociologie politique, les politiques publiques, les relations internationales et la politique comparée

Explication

Après 1950, la science politique se spécialise en plusieurs branches, dont la théorie politique, la sociologie politique, les politiques publiques, les relations internationales et la politique comparée. Cette diversification contraste avec une discipline antérieure moins différenciée.

17. Quelle distinction Émile Boutmy établit-il entre sociologie politique et sociologie juridique ?

La sociologie politique est expérimentale, tandis que la sociologie juridique est déductive
La sociologie politique décrit les textes, tandis que la sociologie juridique observe les comportements
La sociologie politique est déductive, tandis que la sociologie juridique est expérimentale
La sociologie politique étudie les normes, tandis que la sociologie juridique mesure les élections

La sociologie politique est expérimentale, tandis que la sociologie juridique est déductive

Explication

Selon Émile Boutmy, la sociologie politique procède de manière expérimentale, tandis que la sociologie juridique procède de manière déductive. La confusion inverse ces deux modes de raisonnement et ne respecte donc pas la distinction proposée.

18. Quelle différence oppose les démarches idiographique et nomothétique dans l’étude du politique ?

L’idiographie recherche des lois générales, tandis que la nomothétique décrit la singularité des événements
L’idiographie étudie la singularité des événements, tandis que la nomothétique recherche des lois tendancielles
L’idiographie compare des probabilités sociales, tandis que la nomothétique interprète les récits historiques
L’idiographie analyse les institutions présentes, tandis que la nomothétique reconstruit les intentions individuelles

L’idiographie étudie la singularité des événements, tandis que la nomothétique recherche des lois tendancielles

Explication

La démarche idiographique, associée à l’histoire, porte sur la spécificité des événements, tandis que la démarche nomothétique utilise les faits pour dégager des lois tendancielles ou générales. La confusion consiste à attribuer à chaque démarche l’objectif de l’autre.

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Qu'est-ce que la science politique ?

Une science sociale savante étudiant les faits politiques académiquement.

Que désigne le terme « politics » selon Remi Lefevre ?

La vie politique et ce qui la structure.

Que désigne le terme « polity » selon Remi Lefevre ?

Le domaine de régulation des conflits et des intérêts.

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