Fiche de révision : Glucides : classification et digestion

Plan du Cours

  1. Définition et classification des glucides
  2. Oses, osides et polyols
  3. Pentoses et hexoses
  4. Amidon, glycogène et inuline
  5. Cellulose, pectines et lignine
  6. Dosages et fractions glucidiques
  7. Digestion des glucides chez les ruminants
  8. Fermentation ruminale et AGV
  9. Rôles énergétiques et synthétiques
  10. Rôles physiques des fibres
  11. Sources alimentaires et extractible non azoté
  12. Exercices d’application

1. Définition et classification des glucides

Notions clés & Définitions

  • Glucides : Les glucides regroupent des molécules énergétiques appartenant à une grande famille biochimique, parfois appelées hydrates de carbone malgré leur composition majoritairement carbonée.
  • Oses : Les oses sont des glucides simples, non hydrolysables et réducteurs.
  • Osides : Les osides sont des glucides complexes, hydrolysables, dont la fonction carbonyle participe à une liaison avec un autre composé.
  • Polyols : Les polyols sont des glucides qui ne possèdent pas de groupe carbonyle et proviennent de l’hydrogénation des monoses.

Points essentiels

  • La formule de base souvent associée aux glucides est CnH2n0n (ou Cn(H2O)n) et le terme anglais utilisé est carbohydrates.
  • La classification biochimique repose notamment sur le degré de polymérisation et distingue oses, osides et formes dérivées.
  • Un ose correspond à un glucide simple non hydrolysable et réducteur.
  • Un oside est hydrolysable et sa fonction carbonyle (aldose ou cétose) est engagée dans une liaison avec un autre composé.

Astuce mémo

Oses=“simples” (non hydrolysables, réducteurs), Osides=“complexes” (hydrolysables), Polyols=sans carbonyle.

2. Oses, osides et polyols

Notions clés & Définitions

  • Oses (monosaccharides) : Les oses sont des glucides simples, non hydrolysables et réducteurs, regroupant notamment des pentoses et des hexoses.
  • Osides (diholosides et oligo/polysaccharides) : Les osides sont des glucides complexes hydrolysables dont la fonction carbonyle est impliquée dans une liaison avec d’autres molécules.
  • Diholosides : Les diholosides sont des osides composés de deux oses unis, dont le lactose et le saccharose font partie des plus courants.

Points essentiels

  • Les oses regroupent des glucides réducteurs non hydrolysables comme les pentoses et hexoses.
  • Les osides sont hydrolysables car leur carbonyle est engagé dans une liaison avec un autre composé.
  • L’arabinose présente une inhibition non compétitive de l’activité saccharase et donne un pic de glycémie plus faible.
  • Le saccharose est un sucre non réducteur, facilement hydrolysable en milieu acide, présent dans la canne à sucre et la betterave sucrière.
  • L’inuline est un polymère de fructose non ramifié digéré impossible chez les monogastriques car ils ne produisent pas l’inulinase.

Astuce mémo

Oses = Réduisent (réducteurs) et ne s’hydrolys ent pas; Osides = Carbonyle engagé et s’hydrolysent; Polyols = Pas de carbonyle (→ goût sans calories).

3. Pentoses et hexoses

Notions clés & Définitions

  • Glucose : Monosaccharide à 6 carbones, présent notamment dans le saccharose et le lactose.
  • Fructose : Monosaccharide à 6 carbones, principalement retrouvé à l’état libre dans les fruits.
  • Galactose : Monosaccharide à 6 carbones, entrant dans le lactose et dans des α-galactosides comme le raffinose.

Points essentiels

  • Les monosaccharides sont peu fréquents à l’état libre dans la nature, sauf le fructose dans les fruits.
  • Le lactose associe glucose et galactose, et le saccharose associe glucose et fructose.
  • Le raffinose associe glucose, galactose et fructose, formant un α-galactoside.

Astuce mémo

Glu+Fru = saccharose ; Glu+Gal = lactose ; Glu+Gal+Fru = raffinose.

4. Amidon, glycogène et inuline

Notions clés & Définitions

  • Glycogène : Le glycogène est la forme de stockage rapide du glucose chez les animaux, rapidement mobilisable grâce à de nombreuses ramifications.
  • Amidon : L’amidon est un polyoside végétal de réserve principalement présent dans graines et tubercules, dont la digestibilité varie selon amylose/amylopectine et l’agencement des chaînes.
  • Inuline : L’inuline est un fructane végétal, hydrolysable par les enzymes digestives selon la digestion des glucides mais non hydrolysable comme les autres polyosides cytoplasmiques dans le texte.
  • Fructanes : Les fructanes sont des polyosides végétaux à liaisons de type fructose, dont l’inuline fait partie, et ils diffèrent par leur digestion.

Points essentiels

  • Le glycogène est la première réserve mobilisée lors d’un effort aérobie intense pour fournir du glucose utilisé pour la synthèse d’ATP.
  • Le glycogène se trouve surtout dans le foie, mais il peut aussi être stocké dans les muscles où son hydrolyse fournit du glucose directement à la cellule.
  • Il n’existe pas un amidon unique : la proportion d’amylose et d’amylopectine et la manière dont les chaînes s’assemblent déterminent la digestibilité.
  • La source d’amidon est un déterminant majeur de sa digestibilité, et l’inuline fait partie des glucides cytoplasmiques globalement hydrolysables sauf l’inuline qui ne l’est pas.

5. Cellulose, pectines et lignine

Notions clés & Définitions

  • Cellulose : Polymère glucidique homogène présent dans les parois végétales, utilisé comme référence pour caractériser une partie des fibres.
  • Pectines : Polymères glucidiques hétérogènes des parois végétales, souvent regroupés avec d’autres glucides pariétaux dans les méthodes de dosage.
  • Lignine : Polymère des parois végétales qui n’est pas un glucide et résiste fortement aux dégradations microbiennes.
  • Cellulose de Weende : Fraction de fibres obtenue après hydrolyses acide puis basique et incinération, correspondant à une partie de la cellulose et d’autres constituants pariétaux non dissous.

Points essentiels

  • Les pectines sont presque toutes dégradées dans le rumen, alors que la lignine reste complètement indégradable par les microorganismes ruminaux.
  • La cellulose est dégradée dans le rumen à hauteur de 50 à 90%, tandis que les hémicelluloses ne sont dégradées qu’à 40 à 80% selon leurs liaisons à la lignine.
  • Lors de l’analyse de Weende, environ 20% de la cellulose, toutes les pectines, 2/3 des hémicelluloses et 50% de la lignine ne sont pas récupérés car éliminés pendant les hydrolyses.
  • Plus une plante vieillit et s’enrichit en cellulose et en lignine, moins sa digestibilité ruminale est bonne.
  • La lignine, en pratique, est séparée/déterminée dans les approches type Van Soest car elle n’est pas un glucide à proprement parler.

Astuce mémo

Rumen : Pectines 100% • Cellulose 50–90% • Lignine 0%.

6. Dosages et fractions glucidiques

Notions clés & Définitions

  • Amidon résistant : L’amidon résistant correspond à la fraction d’amidon qui n’est pas digérée dans l’intestin grêle, pour des raisons de structure ou d’organisation des granules.
  • Méthode Weende : La méthode de Weende segmente les glucides végétaux en fractions dont la cellulose brute et l’extractible non azoté, par différence sur la matière organique non azotée et non grasse.
  • Méthode de Van Soest : La méthode de Van Soest classe les glucides selon leur comportement aux détergents et distingue des fractions de fibres (NDF, ADF, ADL) et des NFC.
  • Méthode de Prosky : La méthode de Prosky isole des fibres selon leur solubilité, en redonnant un statut de fibre aux pectines et en séparant fibres solubles et insolubles.
  • Méthode SPIR : La méthode SPIR utilise le proche infra-rouge pour relier des spectres à des mesures chimiques et extrapoler des teneurs comme l’amidon ou les protéines.

Points essentiels

  • Pour le dosage de l’amidon résistant, la méthode décrite ne dose qu’une partie de l’amidon résistant et ne dose ni l’inuline ni le polydextrose.
  • Dans la méthode de Prosky, les fibres insolubles (précipitables) et les fibres solubles sont additionnées pour obtenir les fibres totales.
  • La méthode de référence règlementaire pour la cellulose est la détermination de la cellulose de Weende sur matières premières riches en cellulose et aliments composés.
  • Chez les herbivores, les fractions Van Soest (NDF, ADF, ADL) sont souvent plus informatives et sont utilisées dans de nombreux SUA en ruminants et équidés.
  • La SPIR est une méthode physique non destructrice et rapide, et son usage quantitatif exige un calibrage à partir de modèles liant spectres et mesures chimiques.

Astuce mémo

Weende = cellulose brute + ENA ; Van Soest = NDF/ADF/ADL + NFC ; Prosky = pectines en solubles/insolubles ; SPIR = proche-IR calibré.

7. Digestion des glucides chez les ruminants

Notions clés & Définitions

  • Rumen : Le rumen est le premier pré-estomac, très volumineux, où les aliments séjournent avant de poursuivre leur parcours digestif.
  • Rumination : La rumination est une seconde mastication du bol mérycique grâce au brassage des compartiments du rumen, qui le réimbibe de liquide.
  • Hydrogénocarbonate HCO3- : L’hydrogénocarbonate est le bicarbonate salivaire qui humidifie les aliments et tamponne le pH du rumen.
  • Voie rapide et propionate : La voie rapide du pyruvate produit surtout du propionate, associée à des régimes concentrés et à un pH ruminal plus acide.
  • Amidon by-pass : L’amidon by-pass est un amidon destiné à ne pas être dégradé dans le rumen puis digéré dans l’intestin grêle.

Points essentiels

  • Le rumen est maintenu autour de pH 6,56 mais peut descendre vers 5,5 après un repas riche en substrats fermentescibles, surtout des glucides.
  • Les pectines sont quasi totalement dégradées dans le rumen, les hémicelluloses dépendent des liaisons à la lignine (environ 40 à 80%), la cellulose atteint 50 à 90% tandis que la lignine est complètement indégradable.
  • La vitesse de dégradation ruminale des aliments est estimée entre 2 et 20 %/h, via des enzymes extracellulaires fixées sur les particules alimentaires.
  • À partir des glucides, la voie lente augmente la production de dihydrogène (H2) puis des archées méthanogènes transforment CO2 + 4 H2 en CH4 + 2 H2O, alors que la synthèse de propionate consomme les hydrogènes excédentaires.
  • Une partie des glucides est digérée après le rumen : l’amidon by-pass est digéré dans l’intestin grêle avec un rendement supérieur à la dégradation ruminale.
  • La fermentation ruminale entraîne des pertes d’énergie sous forme de méthane et de CO2 représentant environ 4 à 10% de l’énergie brute selon la ration.

Astuce mémo

Voie lente = H2 en trop → méthane, voie rapide = H2 consommé → propionate.

8. Fermentation ruminale et AGV

Notions clés & Définitions

  • Acides gras volatils : Les acides gras volatils sont des produits majeurs de la fermentation ruminale, dont l’absorption se fait au niveau de la paroi du rumen.
  • Voie rapide (pyruvate→propionate) : La voie rapide correspond à une conversion du pyruvate en propionate, généralement favorisée par un régime riche en concentrés et un pH ruminal plus acide.
  • Voie lente (pyruvate→acétate/butyrate) : La voie lente produit surtout de l’acétate et du butyrate à partir du pyruvate, avec une production associée de dihydrogène pour maintenir l’équilibre redox.
  • Méthanogenèse à partir de H2 : La méthanogenèse est une conversion du dihydrogène en méthane par les archées, selon la réaction CO2 + 4 H2 → CH4 + 2 H2O.
  • 3-NOP : Le 3-Nitro-Oxypropanol est un additif commercialisé qui limite la formation de méthane en inhibant une enzyme des archées impliquée à partir de CO2 et H2.

Points essentiels

  • Le pyruvate issu des transformations microbiennes est catabolisé en trois AGV principaux : propionate (voie rapide) et acétate puis butyrate (voie lente).
  • La synthèse de propionate via la voie succinique est majoritaire, consomme un CO2 lors du passage pyruvate→succinate puis restitue ce CO2 pour la transformation succinate→propionate, donc elle est dite neutre en carbone.
  • Quand la voie lente est favorisée, la production importante d’acétate entraîne une accumulation de NADH,H+ ; les microorganismes produisent alors du H2, pris en charge par les méthanogènes en CH4.
  • Lors d’une ration très riche en fourrages, l’acétate domine (≈70%) et le pH ruminal reste élevé, ce qui s’accompagne d’une perte carbonée en méthane pouvant atteindre environ 10% de l’énergie brute.
  • Quand la ration est riche en concentrés, le pH ruminal chute, favorise la production d’acide lactique et peut arrêter la voie acrylique à l’acide lactique, situation associée à une acidose aiguë (acidose lactique) du rumen.

Astuce mémo

Voie rapide = pH bas (concentrés) → propionate ; voie lente = pH haut (fourrages) → acétate/butyrate + H2 → méthane.

9. Rôles énergétiques et synthétiques

Notions clés & Définitions

  • Propionate : Chez les ruminants, l’acide gras volatil propionate peut être converti en glucose au niveau du foie avant sa répartition vers les voies métaboliques.
  • Acétate et butyrate : Chez les ruminants, ces acides gras volatils ne servent pas à la néoglucogenèse mais peuvent alimenter la production d’ATP via l’acétylCoA.
  • Pentoses : Ce sont des oses libérés par la digestion capables de fournir soit du ribose pour les acides nucléiques, soit des intermédiaires des pentoses phosphates.

Points essentiels

  • L’énergie potentielle attribuée au glucose est de 38 ATP par molécule, après son utilisation dans les voies menant à la production d’ATP.
  • Chez les ruminants, le C3 (lié notamment à l’orientation amidon) a un rendement énergétique de 17 ATP après ses transformations métaboliques.
  • Une molécule de C2 peut générer 10 ATP, tandis qu’une molécule de C4 est susceptible de générer 25 ATP via sa conversion en bêta-hydroxybutyrate (BHB).
  • Le glucose sert de carrefour métabolique pour la synthèse du lactose, du glycérol et des acides gras, notamment via le pyruvate puis l’acétylCoA.
  • Les pentoses peuvent contribuer à la synthèse d’acides nucléiques sous forme de ribose ou entrer dans la voie des pentoses phosphates pour fournir énergie et précurseurs cellulaires.

Astuce mémo

C3=17 ATP (amidon) ; C2=10 ATP (parois) ; C4=25 ATP car C4→BHB. Glucose=38 ATP et il alimente aussi lactose, glycérol et acides gras.

10. Rôles physiques des fibres

Notions clés & Définitions

  • Fibres : En alimentation, ce sont des glucides dont les propriétés physico-chimiques déterminent des effets mécaniques, hydriques et fermentaires dans le tube digestif.
  • Rétention hydrique : La rétention hydrique correspond à la quantité d’eau qu’un gramme de fibres peut retenir, ce qui augmente le gonflement du bol alimentaire et la satiété.
  • Pouvoir gélifiant : Le pouvoir gélifiant est la capacité de certaines fibres à former un gel, ce qui ralentit la vidange gastrique et favorise une lubrification digestive.
  • Stimulation mécanique : La stimulation mécanique désigne les effets d’irritation ou de “travail” sur la muqueuse qui modifient le transit, la sécrétion de mucus et le fonctionnement du tube digestif.
  • Fermentescibilité colique : La fermentescibilité colique est la faculté de fibres à être dégradées par la microflore du côlon, produisant des acides gras volatils et des gaz.

Points essentiels

  • Plus les fibres ont une rétention hydrique élevée, plus elles gonflent le bol et augmentent la satiété, avec cellulose pure à 7, son de blé à 5 et gomme de guar à 23.
  • Les fibres très gélifiantes retardent la vidange gastrique et aident contre la constipation par lubrification du tube digestif, et le psyllium est peu fermentescible au côlon.
  • Chez les jeunes ruminants, l’association de la stimulation physique et de la libération d’AGV contribue au développement des papilles ruminales, tandis que chez l’adulte les fibres stimulent la rumination.
  • Chez les monogastriques, les fibres insolubles accélèrent le transit et augmentent la sécrétion d’eau et de mucus, alors que les fibres solubles forment des gels et régulent plutôt le transit.
  • La fermentation colique des fibres libère des AGV utilisés par la muqueuse colique, mais un excès de fibres fermentescibles peut provoquer flatulences, gêne abdominale ou diarrhée chez les monogastriques.

Astuce mémo

Rétention = satiété (gonfle), Gel = frein digestif (ralentit), Insoluble = accélère, Fermentescible = gaz/risque si trop.

11. Sources alimentaires et extractible non azoté

Notions clés & Définitions

  • Extractible non azoté (ENA) : Attribut calculé qui regroupe la part des nutriments glucidiques non azotés déduite par soustraction des autres constituants analytiques.
  • Glucides cytoplasmiques : Part des glucides stockés dans les cellules, principalement représentée par l’amidon dans de nombreuses matières premières.
  • NDF : Fraction pariétale des aliments, principalement liée aux fibres (avec notamment la lignine pour la paille), et qui renseigne sur le contenu fibreux.
  • Mélasse : Source riche en glucides solubles non cristallisables, issue du procédé de fabrication du sucre.
  • Pulpe de betterave : Co-produit riche en pectines, globalement très dégradable et surtout constitué de glucides pariétaux.

Points essentiels

  • Les sous-produits animaux sont dépourvus de fibres et quasiment dépourvus de glucides au sens large (hors glycogène hépatique).
  • Les céréales et certaines graines protéagineuses sont très riches en amidon, tandis que les coproduits céréaliers et les fourrages sont surtout riches en fibres.
  • L’ensilage de maïs contient une proportion d’amidon assez élevée pour un fourrage, grâce au développement important des grains.
  • La paille est riche en glucides (notamment via la lignine) mais reste assez peu digestible.
  • La mélasse est majoritairement constituée de glucides solubles non cristallisables, et le lactosérum contient du lactose avec surtout des protéines solubles.
  • La fermentation des sucres et des pectines issus de la pulpe peut augmenter le bêta-hydroxybutyrate sanguin physiologique, ce qui doit être pris en compte lors de recherches d’acétonémie.

Astuce mémo

ENA (%) = 100 − humidité − MG − PB − CB − cendres.

12. Exercices d’application

Notions clés & Définitions

  • Sans céréales grain free : Alimentation de mode qui remplace les céréales par d’autres sources d’amidon, donc pas forcément dépourvue de glucides.
  • Fibre efficace : Fraction de fibres suffisamment grossière pour soutenir la rumination et donc le fonctionnement normal du rumen.
  • ENA : Extractible non azoté calculé par différence pour estimer la part glucidique non protéique non grasse d’un aliment.
  • Énergie métabolisable Atwater modifié : Estimation de l’énergie disponible à partir des protéines, des lipides et de l’ENA selon une formule Atwater modifié.
  • Prébiotiques : Substrats résistants à la digestion de l’hôte et valorisables par les microorganismes, capables d’apporter un bénéfice santé.

Points essentiels

  • Les paquets ne listent souvent pas tous les glucides car l’ENA se déduit par soustraction et afficher tous les postes obligerait à additionner des incertitudes analytiques.
  • ENA(%) = 100 − humidité − %MG − %PB − %CB − %cendres, en évitant de retirer deux fois des composés déjà inclus (ex. acides gras dans MG, minéraux dans cendres).
  • EM(kcal/kg) = 3,5×(gPB/kg + gENA/kg) + 8,5×(gMG/kg), avec conversion indispensable des % en g/kg en multipliant par 10.
  • Dans une ration très riche en amidon (beaucoup de concentrés), les fermentations ruminales orientent surtout vers la production de propionate.
  • Dans le cas de l’engraissement, une cellulose brute trop faible pour une vache laitière peut rester compatible, tandis que la NDF intègre mieux la lignine que la cellulose brute.

Astuce mémo

ENA = 100 − (H + MG + PB + CB + Cendres) ; puis EM = 3,5×(PB+ENA)+8,5×MG.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1960Développement de la méthode de Van Soest
2009Définition Codex Alimentarius des fibres (polymères non hydrolysés par les enzymes de l’intestin grêle humain)
1980Introduction de la méthode Prosky/Lee (fibres alimentaires)
2015SPIR : publication de l’ouvrage cité sur la méthode SPIR
2011Étude citée sur l’effet de l’arabinose sur l’activité saccharase

Tableaux de synthèse

Comparaison des méthodes de dosage (Weende, Van Soest, Prosky/Lee)

MéthodeFraction(s) fibreFraction(s) glucidesPrincipe clé
WeendeCellulose brute (Cellulose de Weende)Extractif Non Azoté (ENA)Hydrolyse acide puis basique et incinération (différence de masse avec les cendres)
Van SoestNDF, ADF, ADLNFC (via NDSC)Traitements par détergents neutre/acide et acidification, puis séparation lignine/cutines
Prosky/Lee (AOAC)Fibres solubles + insolubles (fibres totales)Amidon résistant (partiel)Incubation enzymatique (α-amylase/α-amyloglucosidase) puis fractionnement solubles/insolubles

Voies de fermentation ruminale et orientation des AGV

Ration / pHVoieProduits majeursConséquence
Fourrages / pH plus élevéVoie lenteAcétate et butyrateProduction de dihydrogène puis méthane (perte carbonée)
Concentrés / pH plus basVoie rapidePropionateConsomme les hydrogènes excédentaires ; pas de perte de carbone sous forme méthane
Concentrés très richesAcidose lactique possibleAcide lactiquePeut favoriser l’arrêt de l’étape voie acrylique → acidose aiguë

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre oses et osides : les oses sont non hydrolysables et réducteurs, alors que les osides sont hydrolysables car leur fonction carbonyle est engagée dans une liaison.
  2. Oublier que l’ENA n’est pas un dosage direct : c’est une déduction par soustraction, donc ses erreurs analytiques s’additionnent (contrairement à une “liste de glucides” sur l’étiquette).
  3. Dire que la cellulose est digestible comme l’amidon : chez les ruminants elle est dégradée par le microbiote, mais chez les monogastriques elle reste limitée car les liaisons β ne sont pas clivées par l’hôte.
  4. Croire que la lignine est un glucide “normal” : elle n’est pas un glucide à proprement parler, mais elle est traitée en parallèle dans les dosages de fibres (ADL, etc.).
  5. Se tromper sur l’inuline : c’est un fructane digéré impossible chez les monogastriques (inulinase non produite), et elle n’est pas dosée dans l’amidon résistant par la méthode Prosky/Lee décrite.
  6. Inverser voie rapide et voie lente : voie rapide = pH plus acide/propionate ; voie lente = pH plus élevé/acétate-butyrate + H2 → CH4.
  7. Interpréter une ration concentrée comme “plus de rumination” : plus de concentrés → rumination moins favorisée → pH chute → acide lactique et risques d’acidose.

Checklist Examen

  1. Définir “glucides” (formule de base CnH2nOn/Cn(H2O)n) et distinguer oses, osides et polyols selon hydrolysabilité et présence/absence de carbonyle.
  2. Classer les oses en pentoses et hexoses et citer au moins arabinose (inhibition non compétitive de saccharase) et glucose (ose de référence).
  3. Identifier les principaux disaccharides diholosides : lactose (glucose+galactose) et saccharose (glucose+fructose, non réducteur, hydrolysable en milieu acide).
  4. Décrire les α-galactosides (ex. raffinose) : présence dans graines de légumineuses et effets possibles chez les monogastriques (fermentation/flatulences).
  5. Expliquer amidon/amylase : amidon = amylose (α-1,4) et amylopectine (α-1,6) avec proportions variables et lien avec la digestibilité.
  6. Décrire l’inuline : polymère non ramifié de fructose, digérée impossible chez les monogastriques, et classée “fibre soluble” par solubilité (dans le cours).
  7. Décrire cellulose/pectines/lignine : liaisons de la cellulose (β-1,4), rôle des pectines et le fait que la lignine n’est pas un glucide à proprement parler mais suit les dosages de fibres.
  8. Savoir ce que donne Weende : cellulose brute (Cellulose de Weende) et ENA obtenu par soustraction, et rappeler que ~20% de cellulose + pectines + 2/3 hémicelluloses + 50% lignine ne sont pas récupérés pendant les hydrolyses.
  9. Savoir ce que donne Van Soest : NDF/ADF/ADL (NFC via NDSC), avec séparation lignine et cutines/subérines et biais possible (tannins → surestimation ADL).
  10. Savoir ce que donne Prosky/Lee : fibres totales (solubles + insolubles) après incubation enzymes (α-amylase/α-amyloglucosidase) et que la méthode ne dose qu’une partie de l’amidon résistant et ni l’inuline ni le polydextrose.
  11. Savoir ce que fait la SPIR/NIRS : méthode physique (spectre proche IR), non destructrice, besoin de calibrage, usage pour estimer quantitativement amidon/protéines/matières grasses.
  12. Décrire la fermentation ruminale : pH autour de 6,56 pouvant descendre ~5,5 ; dégradation (pectines quasi totales, hémicelluloses 40-80%, cellulose 50-90%, lignine indégradable) ;

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Oses — rôle ?

Glucides simples, réducteurs, non hydrolysables.

Osides — fonction ?

Glucides complexes, hydrolysables, liaison avec autres composés.

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