Fiche de révision : Histoire et pédagogie de l'EPS

Plan du Cours

  1. Confusion entre gym, sport et EPS
  2. Vertue éducative du corps à l’école
  3. Enfant-citoyen et rôle social de l’EPS
  4. Redresser les corps par la médecine scolaire
  5. Gymnastique orthopédique et bio-pouvoir
  6. Gymnastique naturelle et Hébertisme
  7. Appel du grand air et mouvements de jeunesse
  8. Méthode sportive et acteurs du sport éducatif
  9. Guerre des méthodes et éclectisme en EP
  10. Centration sur le sport sous Vichy
  11. Pédagogie sportive et encadrement du sport
  12. Dépasser l’éclectisme vers une systématique

1. Confusion entre gym, sport et EPS

Notions clés & Définitions

  • Gym : La gym désigne une forme historique d’éducation corporelle, souvent perçue comme un cours de « gymnastique ».
  • Sport : Le sport correspond à une modalité singulière de pratique, proche du sport scolaire par ses formes et ses logiques.
  • EPS : L’EPS est une pratique scolaire, organisée par l’institution, qui vise l’éducation par le corps à l’école.
  • Vertue éducative du corps : La « vertu éducative » du corps désigne la manière dont l’école transforme le corps en support d’apprentissage et de valeurs.
  • République de sport : La « république de sport » renvoie à une période (années 60-70) où l’école cherche à construire un sport éducatif compatible avec des valeurs républicaines.

Points essentiels

  • Les élèves confondent souvent « sport » et « EPS » en disant qu’ils vont faire du sport pendant un cours d’EPS avec un prof de gym.
  • Gym, sport et EPS ne désignent pas la même chose : la gym renvoie à une période d’éducation corporelle, le sport à une modalité de pratique, et l’EPS à une pratique scolaire.
  • Historiquement, l’EPS a été séparée du sport, tout en conservant une proximité avec le sport scolaire.
  • L’EPS a été pensée pour éduquer le corps à l’école, ce qui crée une analogie de formes entre pratiques scolaires et pratiques sportives.
  • L’école peut faire porter aux élèves des responsabilités citoyennes via des activités (ex : escalade).
  • Le sport scolaire heurte des valeurs républicaines (classements, notes, confrontation), donc l’école transforme le sport pour le rendre éducatif.

Astuce mémo

Gym = « période », Sport = « modalité », EPS = « scolaire » : trois mots, trois cadres.

2. Vertue éducative du corps à l’école

Notions clés & Définitions

  • Médecins et EPS : Pouvoir médical : les médecins cherchent à orienter l’EPS pour tester et diffuser des principes sanitaires à l’école.
  • IREPS : Institutions de santé : les IREPS sont créées en 1927 dans le cadre des facultés de médecine et participent à la structuration de cursus liés au STAPS.
  • Élève-sportif : Figure scolaire : dans les années 30, puis surtout dans les années 60-70, l’élève est davantage pensé à travers la pratique sportive.
  • Enfant-citoyen : Finalité civique : à partir des années 70-80, l’EPS est présentée comme un lieu d’apprentissage de valeurs sociales pour former de futurs citoyens.
  • Gazette de la santé : Support de diffusion : en 1773, la gazette de la santé promeut des produits d’hygiène et contribue à installer des habitudes corporelles.

Points essentiels

  • Les médecins prennent la main sur l’EPS pour appliquer des principes sanitaires, dans un contexte où certaines causes de mortalité infantile sont citées comme l’alcoolisme et la tuberculose.
  • L’éducation physique des poumons vise l’ouverture de la cage thoracique et s’appuie sur des aménagements comme des toilettes ouvertes en haut et en bas ou des salles avec fenêtres.
  • Le certificat médical pour pratiquer le sport s’inscrit dans une logique d’origine médicale, qui encadre l’accès à l’activité.
  • Le développement de l’« élève-sportif » s’appuie sur l’essor du mouvement olympique et sur des influences américaines et russes, avec un décalage de la France d’environ 30 ans.
  • Le passage à « l’enfant-citoyen » (années 70-80) répond à des préoccupations sociales (échecs, agressions, délinquance, chômage) et donne à l’EPS une fonction de socialisation.
  • La « vertue éducative » du corps varie selon le contexte politique et social, passant par des formats successifs d’éducation corporelle.

Astuce mémo

Médecins → hygiène; années 30/60-70 → élève-sportif; années 70-80 → enfant-citoyen; XVIIIe-XIXe → corps redressé puis pédagogies corporelles.

3. Enfant-citoyen et rôle social de l’EPS

Notions clés & Définitions

  • Éducation chez Rousseau : Approche éducative visant à faire sortir l’enfant de l’état de nature vers la culture, sans contrainte, en l’accompagnant.
  • Gymnastique amorosienne : Courant de gymnastique qui organise des pratiques corporelles lentes et rationalisées, d’inspiration militaire, pour former et diffuser la gym.
  • Gymnase normal de Paris : Salle parisienne créée par Francisco Amoros en 1817 pour développer une EPS orientée par Pestalozzi et Jahn.
  • École du bataillon de Joinville : École créée en 1852 pour former des garçons militaires à devenir moniteurs de gym, ancêtre de l’INSEP.
  • Ligue de l’enseignement : Association ouverte par Jean Macé en 1866 pour défendre une école laïque, gratuite et obligatoire, avec développement de l’éducation physique.

Points essentiels

  • Chez Rousseau, l’éducation vise la progression vers la culture et la sortie de l’état de nature, avec une place centrale au mouvement dans le jeu.
  • La gymnastique amorosienne cherche à former un homme sain et cultivé, et à faire de la pratique un levier de citoyenneté par le dévouement national.
  • Francisco Amoros (1770-1848) s’inspire de Pestalozzi et de Jahn et structure une gym morale et rationalisée, pensée pour pouvoir s’intégrer à l’école.
  • Le gymnase normal de Paris (1817) sert de base à la diffusion de la méthode et forme l’école de Joinville, liée à la préparation de sportifs et moniteurs.
  • L’école du bataillon de Joinville (1852) se déroule surtout en extérieur (murs, mâts, corde, portique) et entraîne à des techniques de combat et à des qualités physiques (course, souplesse, équilibre).
  • Le rapport Hilairet (1868) constate un déficit d’EPS à l’école en France, avec environ 150 professeurs d’EPS en moins à cette date.

Astuce mémo

Rousseau = jeu sans contrainte ; Amoros = gym pour le citoyen-soldat ; Joinville = gym dehors pour former moniteurs.

4. Redresser les corps par la médecine scolaire

Notions clés & Définitions

  • Obligation de la gym : Obligation scolaire fixant un temps minimal de pratique quotidienne de gymnastique pour les élèves.
  • Callisthénie : Approche de l’éducation du corps visant la beauté et l’entretien corporel par des exercices adaptés à la nature du corps.
  • Somascétique naturelle : Idée d’entraînement corporel fondé sur une pratique naturelle, sans recours à des moyens artificiels ou à une force extérieure.
  • Méthode suédoise : Courant d’éducation physique centré sur l’hygiène et la santé, avec une justification physiologique des exercices.
  • Gymnastique anatomique : Forme de gymnastique fondée sur la décomposition du mouvement en segments pour le répéter de façon précise.

Points essentiels

  • En 1971, l’obligation de gymnastique pour les écoles primaires fixe 30 minutes par jour.
  • L’éducation du corps est décrite comme plus difficile à imposer à l’école (manque d’installations, discipline peu intellectuelle, peu d’enseignants).
  • Chez les jeunes filles, l’éducation physique vise une efficacité motrice utile au quotidien, avec des exercices modérés et sans logique militaire.
  • La callisthénie repose sur l’idée qu’on peut s’entraîner sans force extérieure, en utilisant le poids du corps.
  • Les exercices proposés dans la logique naturelle privilégient des actions sans engins comme grimper, voltiger, lutter et nager.
  • Entre 1910 et 1930, la France connaît une concurrence de méthodes d’éducation physique qui cherchent toutes à former des enseignants pour l’école.

Astuce mémo

30 min/jour = gym scolaire imposée ; Callisthénie = poids du corps (pas d’outil).

5. Gymnastique orthopédique et bio-pouvoir

Notions clés & Définitions

  • Gymnastique suédoise : Méthode de gymnastique centrée sur des mouvements simples et segmentaires, diffusée en France via des institutions et une formation encadrée.
  • Gymnastique néo-suédoise : Version modernisée de la gymnastique suédoise, diffusée par des revues et des dispositifs de formation pour l’enseignement.
  • IREP de Bordeaux : Institution bordelaise à l’origine de la formation universitaire de moniteurs, ancêtre des UFR STAPS, orientée vers l’éducation physique et le médical.
  • CAPEPS : Concours et diplôme de recrutement des enseignants d’éducation physique, instauré en 1933 avec un programme incluant anatomie et physiologie.
  • Chronophotographie : Technique de rationalisation du mouvement fondée sur des photos prises sur des temps très courts puis superposées pour analyser la structure gestuelle.

Points essentiels

  • En 1898, Rope est missionné pour étudier la méthode suédoise et la ramener en France sous forme néo-suédoise.
  • La ligue girondine d’éducation physique (1888) et la Revue des jeux scolaires (1890) servent à promouvoir et diffuser la gymnastique suédoise néo-suédoise.
  • En 1927, l’IREP de Bordeaux forme des moniteurs avec des connaissances médicales et vise aussi la formation de médecins à l’éducation physique.
  • Le CAPEPS (1933) recrute les enseignants via concours/diplôme et s’appuie sur un programme d’anatomie et de physiologie, ancré médicalement.
  • Après la Seconde Guerre mondiale, la gymnastique suédoise s’oriente vers une approche rationnelle de l’hygiène et la rééducation fonctionnelle des pathologies.
  • Dans les années 60, la gymnastique suédoise se rapproche du sport, tout en conservant des traces médicales et morales dans l’enseignement.

Astuce mémo

Suède = École + Médecine : Rope (1898) → IREP (1927) → CAPEPS (1933).

6. Gymnastique naturelle et Hébertisme

Notions clés & Définitions

  • Gymnastique naturelle : Méthode d’éducation physique qui part des gestes que l’être humain sait faire naturellement et les entraîne en conditions réelles, notamment en plein air.
  • Hébertisme : Courant de gymnastique naturelle fondé par Georges Hébert, centré sur l’endurance, l’exécution en plein air et le travail en quantité des gestes naturels.
  • Georges Hébert : Officier de marine à l’origine de la méthode naturelle, qui cherche à adapter l’éducation physique aux conditions de vie et à l’environnement.
  • Collège d’athlète de Reims : Centre d’entraînement créé par Hébert en 1913 pour diffuser et pratiquer sa méthode naturelle.
  • Palestra : Centre régional (notamment pour les femmes) créé par Hébert pour apprendre la gymnastique naturelle, avec une exposition aux éléments.

Points essentiels

  • Hébert décide d’accentuer les mouvements naturellement maîtrisés par l’être humain et d’en faire la base de la méthode naturelle.
  • La méthode surprend lors de sa création vers 1910 et attire rapidement des spectateurs venus observer des séances.
  • Hébert fonde le collège d’athlète de Reims en 1913 afin d’avoir un centre d’entraînement dédié à sa méthode.
  • Les centres régionaux (palestra) sont pensés pour l’apprentissage de la méthode, avec torse nu et pieds nus pour favoriser l’exposition aux éléments.
  • L’endurance est recherchée via un endurcissement au chaud, au froid et à la pluie, car le corps serait capable de s’y adapter.
  • Le contexte des années 1910-1920 valorise le « grand air » après la Première Guerre mondiale, avec une inversion du rapport à la nature et un retour à l’authenticité en extérieur.

Astuce mémo

Hébert = « gestes naturels + plein air + endurcissement » (Reims 1913).

7. Appel du grand air et mouvements de jeunesse

Notions clés & Définitions

  • Méthode naturelle : Méthode d’éducation physique qui cherche à remettre, pendant la séance, l’organisme dans des conditions proches de la vie ordinaire et de l’extérieur.
  • Système vague-conte-vague : Organisation d’une séance où l’on alterne des allers-retours entre une base de départ et une base d’arrivée pour maximiser le temps moteur.
  • Portique : Structure d’équilibre utilisée dans la méthode naturelle, à l’origine en bois, portant des éléments comme échelles, cordes et barres.
  • Méthode sportive : Courant qui valorise l’idéal sportif et l’esthétique des corps, en s’appuyant sur la musculation, la puissance et la diffusion du sport.
  • Ligue nationale d’EP : Organisation fondée par Paschal Grousset en 1888 pour promouvoir la culture physique chez les hommes.

Points essentiels

  • La méthode naturelle vise l’endurcissement en travaillant des gestes variés en plein air (course, saut, mais aussi quadrupédie et portage).
  • Le travail en quantité prime sur la recherche d’une valeur technique précise, ce qui s’oppose à la logique de Demeny.
  • La séance doit contenir un temps moteur maximal, sans arrêts, grâce à l’alternance base de départ/base d’arrivée.
  • Le système vague-conte-vague consiste à revenir à la base de départ après chaque arrivée à la base d’arrivée, puis à repartir pour un autre exercice.
  • La méthode naturelle cherche à rétablir, pendant la séance, des conditions proches de la vie naturelle, y compris quand il n’y a pas d’installations.
  • En l’absence d’équipements, on utilise le milieu (parc, chemins, arbres, fontaine) et on peut créer des dispositifs spécifiques comme poutre, barres, murs ou portique.

Astuce mémo

Vague-conte-vague = Base départ → Base arrivée → retour, pour courir sans pause.

8. Méthode sportive et acteurs du sport éducatif

Notions clés & Définitions

  • USEP : Union sportive de l’enseignement du 1er degré, créée pour adapter le sport à l’école primaire et développer la pratique scolaire.
  • Lendit : Événement collectif né comme rencontre inter-établissement, puis transformé en regroupement d’établissements réalisant des activités ensemble.
  • Philippe Tissié : Acteur associé à l’apparition des lendits comme rencontres inter-établissement.
  • Charte des sports : Texte de 1940 qui marque une centration sur le sport dans l’action éducative sous le régime de Vichy.
  • Maurice Baquet : Auteur (1942) qui défend l’idée que le sport devient éducatif lorsqu’il est encadré et adapté.

Points essentiels

  • L’USEP (1939) vise à enseigner le sport à l’école primaire en l’adaptant aux élèves.
  • Les lendits naissent comme rencontres inter-établissement avec Philippe Tissié, puis deviennent des regroupements d’établissements qui font des activités ensemble.
  • Le but des lendits est d’appartenir à une classe d’âge et à un lieu, et les derniers sont organisés dans les années 90.
  • Le débat oppose une moralité possible des gymnastiques collectives et hygiéniques à la question de la moralité d’un sport fondé sur lutte et confrontation.
  • La « méthode française d’éducation physique » (1925) présente l’éclectisme et présente le sport comme couronnement après une formation physique générale de base.
  • La méthode sportive (1930, Traité d’EP) attribuée à Marc Bellin du Coteau (dit Marcel Labbé) s’appuie sur un éclectisme et organise une leçon-type en trois parties de 20 min chacune.

Astuce mémo

USEP + lendits = sport scolaire organisé par âge et lieu ; Baquet : sport éducatif seulement s’il est encadré et adapté.

9. Guerre des méthodes et éclectisme en EP

Notions clés & Définitions

  • Méthode naturelle : Méthode d’éducation physique qui s’appuie sur des pratiques jugées naturelles, mais qui ne s’impose pas de façon régulière dans les enseignements.
  • Héraclès : Doctrine d’éducation sportive et ouvrage de référence sur la genèse du sport chez l’enfant, associé à l’idée que le sport peut éduquer malgré ses risques.
  • Michel Herr : Historien du sport qui décrit l’enseignement de l’EP comme alternant entre séances “classiques” et pratiques sportives selon les contextes institutionnels.
  • Maurice Herzog : Porteur d’un projet de “sportivisation” de l’EP, visant à faire reconnaître le sport comme outil éducatif au-delà de la gymnastique.
  • Justin Teissié : Auteur d’une proposition de “systématique” en EPS qui cherche à dépasser l’éclectisme en didactisant le sport par catégories.

Points essentiels

  • Le sport est présenté comme éducatif même quand il comporte des dimensions dangereuses ou morales, à condition que l’éducateur transforme l’opposition en respect de l’autre.
  • L’exemple de l’escalade illustre l’idée que le risque peut former à la responsabilité plutôt qu’à la simple violence.
  • Les stages de Maurice Baquet (séjours de plusieurs jours) servent à diffuser la méthode et à la consolider jusque dans les années 60.
  • Entre 1945 et 1955, les instituteurs augmentent progressivement la part de sport, puis reviennent par moments à d’autres méthodes, car les élèves privilégient le plus souvent la pratique sportive.
  • Un modèle de leçon de fin des années 1940 combine mise en train, musculation/assouplissement, partie “cran” (naturelle) puis phase sportive, avant que la méthode sportive ne prenne davantage le dessus à la fin des années
  • La formation des professeurs à Paris via INS et ENSEP converge vers l’idée que le sport peut être éducatif, et cette structure se retrouve encore dans des leçons actuelles d’EPS.

Astuce mémo

Opposition → respect : “le danger devient responsabilité” (escalade).

10. Centration sur le sport sous Vichy

Notions clés & Définitions

  • Systématique de Justin Teissié : Approche de l’EPS qui vise à dépasser la seule performance en organisant le sport pour l’enseigner de façon pédagogique.
  • Catégories de la pratique sportive : Découpage du sport en domaines évaluables, permettant de travailler la pratique selon des objectifs éducatifs distincts.
  • Approche dialectique de Robert Mérand : Analyse des sports collectifs centrée sur l’organisation de l’équipe face à l’adversaire plutôt que sur le seul résultat.
  • Décret du 29 mai 1950 : Texte imposant un volume hebdomadaire de sport scolaire dans le service des enseignants d’EPS du second degré.
  • République des Sports : Expérimentation d’EPS où le sport éducatif s’étend au fonctionnement du collège/lycée via des clubs et une organisation démocratique.

Points essentiels

  • Teissié cherche une didactisation du sport scolaire : l’enjeu est d’enseigner, pas seulement de viser une performance finale.
  • Teissié propose des catégories évolutives pour traiter le sport pédagogiquement, par exemple déplacements, maîtrise du corps, maîtrise des engins et maîtrise de l’opposition.
  • En évaluation, un élève très rapide n’est pas automatiquement un bon technicien : des avantages physiques peuvent coexister avec une technique insuffisante.
  • Mérand affirme que, en sport collectif, ce qui compte pour l’éducateur est la manière dont l’équipe s’organise face à l’autre, avec prise en compte des adversaires.
  • Mérand privilégie l’observation de la place de l’élève dans le collectif et l’analyse des tactiques plutôt que la simple accumulation de techniques.
  • Décret du 29 mai 1950 : forfait de 3h dans le service des enseignants d’EPS du 2e degré, rendant l’organisation de 3h de sport scolaire par semaine obligatoire.

Astuce mémo

Teissié = « catégories pour enseigner » ; Mérand = « équipe contre équipe » ; 29/05/1950 = « 3h imposées ».

11. Pédagogie sportive et encadrement du sport

Notions clés & Définitions

  • Instruction officielle du 19 octobre 1967 : Instruction officielle qui redéfinit le sport à l’école comme un moyen au service de finalités éducatives plutôt que comme une finalité en soi.
  • Finalités éducatives de l’EPS : Ensemble des buts scolaires de l’EPS, distincts des finalités sportives, qui orientent l’enseignement vers l’éducation de l’élève.
  • Pédagogie de l’intérêt : Idée pédagogique associée à Roger Marchand selon laquelle l’enseignement doit partir de l’intérêt et de ce que l’enfant sait déjà faire.
  • Psycho-cinétique : Approche de l’éducation physique centrée sur le mouvement et les besoins de l’enfant, inspirée par la psychologie génétique et l’idée d’apprentissage par le corps.
  • Praxéologie motrice : Cadre d’analyse de la conduite motrice qui relie le comportement moteur aux significations sociales, pour détacher l’EPS du seul sport technique.

Points essentiels

  • Le sport est présenté comme un fait culturel, mais l’EPS n’a pas pour finalité le sport : il sert des finalités scolaires.
  • Un professeur d’EPS vise des finalités éducatives, différentes de celles d’un professeur de sport, car leurs objectifs ne sont pas les mêmes.
  • Trois finalités éducatives sont distinguées : développement organique et foncier, adaptation physiologique/psychologique de la conduite motrice, et éducation des dimensions psychologiques et sociologiques avec autrui.
  • Les sports sont classés selon les objectifs qu’ils permettent d’atteindre, avec trois niveaux : accessoire, importante, dominante.
  • Roger Marchand formule l’idée que pour enseigner l’EPS, il faut connaître l’enfant et l’adolescent plutôt que le sport comme pratique.
  • La psycho-cinétique place le mouvement et le besoin de l’enfant au centre (avec le centre de gravité comme noyau de la méthode).

Astuce mémo

Sport = moyen, EPS = éducation : « 3 finalités » (corps, conduite, social) ; Marchand = intérêt d’abord.

12. Dépasser l’éclectisme vers une systématique

Notions clés & Définitions

  • Éclectisme : Démarche où l’enseignement s’appuie sur des apports variés sans organisation unique, ce qui rend la progression moins lisible pour l’élève.
  • Systématique didactique : Approche qui organise l’enseignement de l’EPS autour de finalités, d’objectifs et de situations, pour relier apprentissages et contenus.
  • Didactique de l’EPS : Champ qui étudie les questions posées par l’enseignement et la façon dont les élèves acquièrent des connaissances dans les disciplines scolaires.
  • Finalités EPS : Orientations générales qui donnent du sens à l’EPS et structurent les choix de contenus, d’évaluation et de réussite.
  • Compétences générales EPS : Ensemble de compétences transversales mobilisées par les activités sportives, pour dépasser la seule logique de performance.

Points essentiels

  • Au-delà de la danse, l’éducation par le corps mobilise sensibilité, émotions, imaginaire et créativité, avec des pratiques comme musique, mime ou cirque au service de l’expression.
  • La loi du 6 janvier 1988 sur les enseignements artistiques (Jack Lang) inscrit la danse dans le développement scolaire.
  • Dans les années 80, l’EPS se réoriente vers une approche didactique centrée sur ce que l’enfant comprend et sur la finalité de l’apprentissage.
  • La volonté de rationaliser l’EPS introduit des notions comme objectifs, critères de réussite, situations d’apprentissage, tâches, remédiation, évaluation et complexification.
  • La didactique de l’EPS est structurée par 4 pôles : élèves, conditions des professeurs, finalités éducatives et APSA, chacun renvoyant à des connaissances et des savoir-faire.
  • Les programmes de collège du 18 juin 1996 fixent des finalités qui restent stables et visent l’autonomie de l’élève dans sa vie physique, avec 8 groupes d’activités.

Astuce mémo

Éclectisme = “mélange”, systématique = “plan” : finalités → élèves → profs → APSA → apprentissages.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1773La gazette de la santé diffuse des habitudes d’hygiène (produits comme savon, shampoing).
1817Création du gymnase normal de Paris par Francisco Amoros.
1927Création des IREPS (dans le cadre des facultés de médecine) et formation associée à l’éducation physique.
1933Création du CAPEPS (concours et diplôme de recrutement des enseignants d’EPS du second degré).
1940Charte des sports (20 décembre 1940) et centration sur le sport dans l’action éducative.
1950Décret du 29 mai 1950 imposant 3h de sport scolaire par semaine.
1967Instruction officielle du 19 octobre 1967 : le sport est un moyen au service de finalités éducatives.
1988Loi du 6 janvier 1988 sur les enseignements artistiques (Jack Lang) : la danse se développe à l’école.
1996Programmes de collège du 18 juin 1996 : finalités stables et 8 groupes d’activités.
2022Circulaire du 12 janvier 2022 : 30 minutes d’activité quotidienne à l’école.

Tableaux de synthèse

Quatre modèles d’enfants dans le sport (Pierre Arnaud)

ModèlePériodeFinalité dominante
Enfant-soldat1850- après la 1ère GMMarche au pas, défense de la patrie, république (pour les garçons)
Enfant-sainà partir de 1880 jusqu’en 1950Hygiène : médecins prennent la main sur l’EPS (système respiratoire, cage thoracique)
Élève-sportifannées 30 puis surtout années 60/70Mouvement olympique, influences américaines/russes, modèle sportif diffusé
Enfant-citoyenannées 70/80Valeurs sociales : EPS comme lieu de socialisation pour de futurs citoyens

Méthodes d’éducation physique en concurrence (1910-1930)

MéthodeLogiqueActeur/repère
Gymnastique suédoiseHygiène/santé, gestes segmentés à répéterLing puis Tissié (néo-suédoise) ; chronologie : 1910-1960
Méthode naturelleGestes naturels, plein air, endurcissement, travail en quantité/continuitéGeorges Hébert (collège d’athlète de Reims, 1913)
Méthode construiteScience/biomécanique et physiologie, rationalisation du mouvementGeorges Demeny (chronophotographie, 1902)
Méthode sportiveDépassement de soi, effort, esthétique et performance encadréeCoubertin et courant sportif ; sport à l’école comme moyen

Pièges & confusions fréquents

  1. Dire que « gym », « sport » et « EPS » sont synonymes : la gym renvoie à une période d’éducation corporelle, le sport à une modalité, l’EPS à une pratique scolaire institutionnalisée.
  2. Confondre l’origine médicale de l’accès au sport (certificat médical, médecins) avec une finalité éducative : ici, l’encadrement sanitaire structure l’EPS.
  3. Croire que l’EPS vise la performance sportive : le cours insiste que l’EPS a des finalités scolaires et que le sport n’est qu’un moyen (notamment après 1967).
  4. Penser que la méthode naturelle cherche la « bonne technique » : Hébert privilégie le travail en quantité, la continuité et le temps moteur maximal.
  5. Réduire la gymnastique orthopédique à de simples exercices : elle repose sur des normes, un projet moral et une logique de correction/passivité (bio-pouvoir).
  6. Oublier que la « sportivisation » ne supprime pas les débats : la moralité du sport (lutte/confrontation) est discutée et nécessite un encadrement éducatif.
  7. Assimiler « démocratisation » uniquement à l’augmentation des pratiques : le cours montre aussi des transformations de modèles d’enfants (sain → sportif → citoyen) et des dispositifs institutionnels.

Checklist Examen

  1. Savoir définir et distinguer gym, sport et EPS, et expliquer pourquoi l’EPS a gardé une proximité avec le sport scolaire.
  2. Expliquer la « vertue éducative du corps » : comment l’école transforme le corps en support d’apprentissage et de responsabilités citoyennes (ex : escalade).
  3. Retrouver les 4 modèles d’enfants dans le sport (enfant-soldat, enfant-sain, élève-sportif, enfant-citoyen) et associer chaque période à sa logique dominante.
  4. Décrire le rôle central du médecin dans le redressement des corps et relier l’hygiène à des dispositifs (gazette de la santé, gymnastique orthopédique, correction).
  5. Expliquer la rénovation naturaliste (Rousseau/jeu) et montrer comment elle prépare une place plus active du mouvement dans l’éducation.
  6. Présenter Francisco Amoros : gymnase normal (1817), école de Joinville (1852) et l’objectif moral/citoyen de la gymnastique amorosienne.
  7. Expliquer l’intégration de l’exercice physique à l’école : ligue de l’enseignement (1866), rapport Hilairet (1868), décrets/obligations (gym dans les écoles normales, obligation de la gym).
  8. Connaître l’éducation physique des jeunes filles : callisthénie/somascétique naturelle, exercices sans engins, efficacité utile au quotidien et logique non militaire.
  9. Savoir ce qui caractérise les 4 méthodes en concurrence (suédoise, naturelle, construite, sportive) et donner au moins un repère d’acteur pour chacune.
  10. Expliquer la gymnastique suédoise : segmenter le mouvement, rationaliser par la physiologie, et les institutions/concours (IREP, CAPEPS) qui ancrent l’approche médicale.
  11. Expliquer la méthode construite : chronophotographie, objectif de structure/technique et lien avec Demeny/Marey (et l’idée d’éclectisme).
  12. Expliquer la méthode naturelle et l’appel du grand air : endurcissement, plein air, système vague-conte-vague, portique, et logique de temps moteur maximal.
  13. Expliquer la pédagogie sportive et l’encadrement du sport : différence prof de sport vs prof d’EPS, idée que les vertus s’enseignent (Baquet) et nécessité d’adapter le sport.
  14. Maîtriser la « systématique » de Justin Teissié : didactiser le sport par catégories évolutives et distinguer performance physique et technique insuffisante en évaluation (selon le cours).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire et pédagogie de l'EPS avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel rôle joue le « grand air » dans l’hébertisme ?

2. Que marque la Charte des sports de 1940 ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire et pédagogie de l'EPS avec 24 flashcards interactives.

Gym — définition ?

Pratique historique d’éducation corporelle.

Sport — rôle ?

Modalité de pratique, proche du sport scolaire.

EPS — fonction ?

Organisation scolaire visant l’éducation par le corps.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches