📋 Plan du Cours
- Définition de la santé
- Comportements de santé
- Activité physique et alimentation
- Alcool, tabac et santé mentale
- Déterminants structurels et habitudes
- Théorie de l’autodétermination
- Modèle des croyances en santé
- Théorie de l’action planifiée
- Processus d’action et changement
- Entretien motivationnel et taxonomie
- Rôle du psychologue de santé
- Modèle des 5A
📖 1. Définition de la santé
🔑 Notions clés & Définitions
- Santé OMS 1946 : La santé est définie comme un bien-être complet, incluant les dimensions physique, mentale et sociale, qui ne se réduit pas à l’absence de maladie.
- Modèle bio-médical : Le modèle bio-médical explique la maladie surtout par des agents pathogènes et attribue aux médecins le rôle central d’expertise.
- Modèle bio-psycho-social : Le modèle bio-psycho-social considère que la maladie dépend de facteurs bio, psycho et sociaux et intègre l’expérience du malade, son entourage et la prévention.
- Maladie disease : La maladie, au sens de disease, renvoie au processus pathologique étudié et distinct de la façon dont elle est ressentie par la personne.
📝 Points essentiels
- La définition de l’OMS (1946) inclut le bien-être physique, mental et social et précise que la santé ne correspond pas seulement à l’absence d’infirmité.
- Dans le modèle bio-médical, la maladie provient d’agents pathogènes et le corps et l’esprit sont traités comme séparés.
- Dans le modèle bio-psycho-social, l’illness est aussi prise en compte, avec le malade comme acteur qui négocie les traitements.
- La psychologie de la santé étudie le rôle des facteurs psychosociaux dans la santé, tant pour le maintien que pour l’apparition et le vécu de la maladie.
💡 Astuce mémo
Bio-médecin = agents + experts, Bio-psycho-social = facteurs + malade acteur + corps-esprit liés.
📖 2. Comportements de santé
🔑 Notions clés & Définitions
- Comportements de santé : Les comportements de santé regroupent les actions et habitudes qui contribuent au maintien, au rétablissement et à l’amélioration de la santé.
- Comportement de santé : Un comportement de santé est un comportement qui influence la santé, soit de façon favorable, soit de façon défavorable.
- Conduites à risques : Les conduites à risques sont des actions ou omissions qui exposent à un risque immédiat ou à court terme pour sa santé ou sa sécurité, ou celles des autres.
- Activité physique : L’activité physique correspond à tout mouvement produit par les muscles squelettiques qui entraîne une dépense d’énergie.
- Équivalent métabolique : L’équivalent métabolique (MET) est une unité utilisée pour classer l’intensité d’une activité physique à partir de sa dépense énergétique.
📝 Points essentiels
- Un comportement de santé peut être bénéfique ou nocif selon ses effets sur la santé.
- Les adultes devraient viser au moins 150 min d’activité modérée par semaine ou au moins 75 min d’activité intense par semaine, ou un mix, et ajouter un renforcement musculaire au moins 2 fois par semaine.
- La sédentarité peut coexister avec un niveau élevé d’activité physique, donc les recommandations incluent aussi la lutte contre la sédentarité.
- Le MET sert à estimer l’intensité : modérée entre 3 et 6 MET par minute, intense au-delà de 6 MET par minute, avec des repères hebdomadaires entre 450 et 750 MET.
- Pour l’alcool, la recommandation est de ne pas dépasser 2 verres standards (10 g) par jour et de s’abstenir au moins 2 jours par semaine, avec un maximum de 10 verres standards par semaine.
- Le binge drinking correspond à une consommation excessive en une seule fois, définie ici comme plus de 4 verres d’un coup, à éviter à tout prix.
💡 Astuce mémo
MET : Modéré 3–6 ; Fort >6 (comme “plus le MET monte, plus c’est intense”).
📖 3. Activité physique et alimentation
🔑 Notions clés & Définitions
- Équivalent métabolique MET : Le MET est une unité qui permet d’exprimer l’intensité d’une activité physique afin de classer une activité modérée ou forte par rapport à sa dépense énergétique.
- MVPA : La MVPA correspond aux activités d’intensité modérée à vigoureuse, utiles pour la santé mentale sur des durées quotidiennes comprises dans une fenêtre de temps spécifique.
- Alimentation équilibrée anti-inflammatoire : Une alimentation équilibrée de type anti-inflammatoire associe des apports comme fruits, légumes et poisson, avec peu d’alcool et peu d’aliments gras, salés et sucrés.
📝 Points essentiels
- Pour la population adulte, viser au moins 150 min d’activité modérée par semaine ou 75 min d’activité intense, avec aussi un renforcement musculaire au moins 2 fois par semaine.
- L’intensité se code avec les MET : modérée entre 3 et 6 MET, forte au-delà de 6 MET, avec des recommandations hebdomadaires entre 450 et 750 MET.
- En cas de grossesse, les recommandations décrivent une activité faible à modérée de 20 à 30 minutes par jour, adaptée à la situation.
- APR et courbe dose-réponse : plus on part d’un faible niveau d’activité, plus les bénéfices augmentent avec de petites hausses, et l’intérêt pour la santé mentale atteint environ 20 à 50 minutes de MVPA par jour.
- Une alimentation équilibrée anti-inflammatoire est associée à environ 33% de moins de risque relatif de dépression, selon une méta-analyse.
📖 4. Alcool, tabac et santé mentale
🔑 Notions clés & Définitions
- Binge drinking : Terme désignant une consommation d’alcool excessive en une seule fois, classiquement définie ici comme plus de 4 verres d’un coup.
- Verre standard : Unité de mesure de l’alcool correspondant à environ 10 g d’alcool.
- Arrêt du tabac : Changement de comportement consistant à ne plus fumer, associé à des améliorations de symptômes de santé mentale dans les études citées.
- Dose-réponse alcool-cancer : Relation progressive entre la quantité moyenne d’alcool consommée et le risque de développer certains cancers, mise en évidence par les données rapportées.
📝 Points essentiels
- Les recommandations données sont de ne pas dépasser 2 verres standards (10 g) par jour et de ne pas boire tous les jours, avec au moins 2 jours d’abstinence par semaine, et de ne pas dépasser 10 verres standards par semaine.
- Il est demandé d’éviter à tout prix le binge drinking, défini ici comme plus de 4 verres d’un coup, et toute consommation excessive en une seule fois.
- Une méta-analyse citée (Taylor et al., 2021) rapporte que, par rapport à ceux qui continuent à fumer, l’arrêt du tabac diminue davantage l’anxiété et la dépression ainsi que le stress et améliore le bien-être mental, sans baisse du bien-être social.
- En 2017 en Suisse, 87% des hommes et 77% des femmes boivent de l’alcool, dont 15% des hommes et 7% des femmes quotidiennement.
- Pour le risque de cancer, une personne consommant 2,5 verres d’alcool par jour a un risque environ 2 fois plus élevé de cancer de la bouche et du pharynx que quelqu’un ne consommant pas d’alcool.
💡 Astuce mémo
Alcool : 2 verres/jour (10 g) et pas tous les jours, max 10 verres/semaine ; Tabac : zéro (et l’arrêt aide anxiété et dépression).
📖 5. Déterminants structurels et habitudes
🔑 Notions clés & Définitions
- Déterminants structurels de la santé : Facteurs liés au contexte de vie qui influencent la santé, comme la situation socio-économique et la classe sociale.
- Environnement global du patient : Cadre de vie dans lequel une personne vit et agit, qui peut rendre une intervention efficace ou au contraire contre-productive.
- Habitude : Schéma de comportements automatisés déclenchés par un contexte stable, répétés durablement dans le passé.
- Formation des habitudes : Processus qui transforme une intention en comportement répété puis automatisé, via des étapes d’action et de consolidation dans le temps.
- Implémentation d’intention : Planification précise sous forme de condition si… alors… qui relie un contexte à l’action à réaliser.
📝 Points essentiels
- Les déterminants structurels expliqueraient entre 2 et 4 fois plus la santé que les facteurs comportementaux.
- Une intervention efficace dans un environnement peut devenir contre-productive si elle est appliquée dans un contexte structurel différent.
- Plus une habitude est forte pour une situation donnée, moins l’intention de changer aboutit à un changement.
- La formation d’habitudes suit 4 étapes : intention, action auto-régulée, répétition pendant une période (ex. 2 mois), puis automatisation par répétition dans des contextes similaires.
- L’implémentation d’intention se formule en si… alors…, en précisant quoi, quand, et où, et pour chaque obstacle possible, on peut ajouter un plan B via le coping planifié.
💡 Astuce mémo
Habitude > intention : la répétition automatique gagne tant que le contexte n’est pas cassé.
📖 6. Théorie de l’autodétermination
🔑 Notions clés & Définitions
- Autonomie : Besoin motivationnel lié au fait de pouvoir choisir ses comportements plutôt que les subir de l’extérieur.
- Compétence : Besoin motivationnel fondé sur la sensation d’être efficace et de progresser dans ce qu’on fait.
- Liens sociaux : Besoin motivationnel qui pousse à se sentir appartenir à un groupe ou à une communauté.
- Motivation intrinsèque : Motivation qui vient du plaisir ou de l’intérêt personnel, favorisant la persistance d’un comportement dans le temps.
- Motivation auto-déterminée : Motivation plus autonome que la contrainte externe, qui augmente les chances de maintenir un comportement.
📝 Points essentiels
- D’après Deci et Ryan (2002), la motivation se soutient quand trois besoins fondamentaux sont satisfaits: autonomie, compétence et liens sociaux.
- Un comportement est moins bien entretenu quand il est imposé de l’extérieur, car cela diminue le besoin d’autonomie.
- Pour favoriser la pérennisation, cibler des activités où le patient se sent doué (compétence) ou proposer des formats en groupe (liens sociaux).
- Apprendre à connaître le patient aide à repérer quel besoin (autonomie, compétence ou liens sociaux) est le plus prioritaire pour lui.
- Cliniquement, l’objectif est de viser une motivation intrinsèque, sinon au minimum une motivation auto-déterminée qui répond à compétence et liens sociaux.
💡 Astuce mémo
Autonomie-Compétence-Liens sociaux = « choisir, réussir, appartenir ».
📖 7. Modèle des croyances en santé
🔑 Notions clés & Définitions
- Vulnérabilité perçue : Croyance subjective sur le fait de risque individuel de développer la maladie cardio-vasculaire.
- Gravité perçue : Évaluation personnelle de l’importance des conséquences possibles de la maladie cardio-vasculaire.
- Bénéfices perçus : Croyance que certains comportements de santé réduisent réellement le risque ou les problèmes liés aux maladies cardio-vasculaires.
- Barrières perçues : Représentation des obstacles qui rendent difficile l’adoption ou le maintien des comportements de santé liés aux maladies cardio-vasculaires.
- Normes de genre : Attentes liées à notre genre sur ce qui est attendu des femmes ou des hommes concernant les comportements de santé.
📝 Points essentiels
- Les variables du Health Belief Model mesurées incluent vulnérabilité perçue, gravité perçue, bénéfices, barrières et connaissances sur les maladies du cœur.
- L’auto-évaluation des comportements de santé (VD) utilise 8 items de ‘jamais’ à ‘toujours’ et un score total est calculé.
- Dans Mahalik et Burns (2011), les bénéfices perçus et les connaissances sur les MCV prédisent directement les comportements de santé liés aux MCV.
- Dans cette étude, la sévérité perçue et la vulnérabilité perçue n’ont pas d’effet direct sur les comportements de santé.
- Les barrières interagissent avec les normes de genre : l’effet des barrières sur les comportements de santé est plus fort chez les jeunes hommes fortement conformes à la norme de genre.
💡 Astuce mémo
HBM = V-G-Ba-K : Vulnérabilité, Gravité, Bénéfices, barrières, connaissances ; puis ajoute Normes de genre pour comprendre l’interaction.
📖 8. Théorie de l’action planifiée
🔑 Notions clés & Définitions
- Théorie de l’action planifiée : La théorie de l’action planifiée relie les croyances des personnes à leur intention, puis à la réalisation d’un comportement de santé.
- Intention : L’intention correspond à la volonté mentale de réaliser un comportement, qui sert de pont vers l’action.
- Attitude : L’attitude désigne l’évaluation favorable ou non du comportement, et elle contribue à l’explication de l’intention dans le modèle.
- Normes subjectives : Les normes subjectives représentent la perception des attentes des autres, considérée comme un déterminant de l’intention dans le modèle.
- Intention-behavior gap : L’intention-behavior gap désigne la zone d’ombre entre l’intention et le comportement réel dans les modèles centrés sur la motivation.
📝 Points essentiels
- Le comportement le plus fréquemment testé avec cette théorie en population générale est l’activité physique (AP), et elle prédit mieux l’AP chez les étudiants que chez les adolescents et les adultes, avec McEachan et al. (2011).
- L’historique du comportement passé a un effet particulièrement fort sur l’action planifiée, par exemple après un arrêt antérieur du tabac.
- Pour les comportements alimentaires en population générale, une méta-analyse (McDermott et al., 2015) regroupe 22 études et exclut notamment les maladies psychiatriques ou physiques, les traitements médicaux, la perte de poids et les études avec intervention.
- La théorie est plus efficace pour prédire l’AP et les conduites alimentaires que pour prédire des conduites à risques (comme vitesse, alcool, rapports non protégés), et la variable la moins prédictive est en général les normes subjectives.
- Les modèles centrés sur l’intention manquent la phase volontaire (volitional phase) menant au comportement effectif, et ils n’expliquent pas non plus la continuité du comportement dans le temps.
📖 9. Processus d’action et changement
🔑 Notions clés & Définitions
- Méthode des 4 R : Approche centrée sur le fait que la personne découvre elle-même les raisons de changer grâce à un cadre d’échanges structuré.
- Questions ouvertes : Type de question qui invite la personne à raconter et détailler son expérience, plutôt que de répondre par oui ou non.
- Reformulation : Technique qui renvoie avec ses propres mots ce que la personne a exprimé, afin de clarifier et d’aider à comprendre son discours.
- Plan de changement : Organisation concrète des objectifs et des moyens de les atteindre, en tenant compte de l’importance, du réalisme et des ressources de la personne.
📝 Points essentiels
- Le travail de changement vise à augmenter l’appropriation par la personne plutôt qu’un message technique plaqué, avec des questions ouvertes et des relances pour préciser ses réponses.
- En entretien, les reformulations simples sont à limiter car elles peuvent donner un effet de répétition, tandis que les reflets du sentiment et les reflets complexes servent à restituer les émotions et attitudes implicites.
- Les résumés réguliers doivent être vérifiés avec le patient, et ceux de fin de séance servent à ancrer les inconvénients perçus et les avantages attendus du changement.
- Face à la résistance « oui, mais », il faut changer d’état d’esprit, mettre son égo de côté et obtenir des « oui » consécutifs via des questions courtes fermées alignées sur les préoccupations du patient.
- Pour une mauvaise foi supposée, l’objectif est de ne pas entrer dans un bras de fer : poser des faits irréfutables sans jugement puis ouvrir une sortie rapide avec un malentendu ou une erreur involontaire avant de poursuivre.
💡 Astuce mémo
4 R : Raison trouvée par soi, puis Questions ouvertes, Reformulation, Renforcement, Résumé-vérifié.
📖 10. Entretien motivationnel et taxonomie
🔑 Notions clés & Définitions
- Taxonomie des techniques : En intervention, c’est une classification très détaillée des techniques disponibles pour cibler le changement de comportements et choisir quoi utiliser.
- Auto-contrôle du comportement : Technique d’auto-régulation qui consiste à surveiller et noter ses comportements au jour le jour pour comparer avec un objectif précis.
- Techniques d’auto-régulation : Ensemble de techniques visant à organiser le changement via planification, objectifs, auto-observation et ajustement selon l’écart observé.
- Recherche de soutien social : Technique d’auto-régulation qui mobilise l’aide des autres pour faciliter le maintien et la progression du comportement visé.
📝 Points essentiels
- La technique la plus efficace pour les interventions d’activité physique est l’auto-contrôle du comportement, expliquant 13% de l’efficacité des interventions.
- Combiner l’auto-contrôle du comportement avec l’une des trois autres techniques d’auto-régulation augmente l’efficacité, passant de 13% à 17%.
- Les techniques d’auto-régulation incluent former des intentions, se fixer des objectifs très précis, recevoir un retour de “performance” idéalement en face à face, puis réajuster les objectifs selon l’écart observé.
- Pour s’auto-contrôler, on surveille et on note les comportements au jour le jour (par cahier ou appli) afin de constater l’écart par rapport à l’objectif.
- Les interventions sont moins efficaces chez les personnes sédentaires, obèses ou à risque cardiovasculaire que chez les personnes sans ces profils, donc il vaut mieux intervenir tôt.
- Une taxonomie très fine existe avec 93 techniques répertoriées, ce qui motive à consulter les données disponibles pour la population suivie (par exemple en cas de BPCO).
💡 Astuce mémo
Cahier ou appli, je calcule l’écart, j’ajuste mes objectifs.
📖 11. Rôle du psychologue de santé
🔑 Notions clés & Définitions
- Évaluation psychologique : L’évaluation psychologique consiste à repérer les facteurs psychosociaux pertinents pour la maladie et à préparer une restitution utile aux patients et aux équipes.
- Soutien psychologique patients et proches : Le soutien psychologique vise à accompagner simultanément le patient et ses proches afin de faciliter l’adaptation et l’engagement dans la prise en charge.
- Soutien psychologique des soignants : Le soutien des soignants aide l’équipe à maintenir une implication clinique avec empathie plutôt que la distance émotionnelle.
- Travail de liaison et de réseau : Le travail de liaison et de réseau organise la coordination avec les autres professionnels et oriente vers les ressources adaptées à l’hôpital et en ville.
📝 Points essentiels
- En santé, la demande psychologique vient rarement des patients et des adressages peuvent être peu adaptés si le bon patient n’est pas identifié au départ.
- Les interventions pour le patient et le conjoint (ETP et TCC) sont plus efficaces que les interventions centrées uniquement sur le patient, avec des tailles d’effet dans l’ordre de 0,3 et au-delà.
- La méta-analyse de 56 essais montre que les interventions psycho-sociales ont une taille d’effet moyenne g=0,30, avec amélioration d’environ +14,7% et réduction d’environ −18% de mesures liées au système immunitaire.
- Une empathie maximale perçue comme telle (versus une empathie non maximale) peut influencer la sévérité des symptômes et la guérison du rhume, via des changements biologiques comme IL-8 et des neutrophiles.
- Une empathie trop forte des médecins est associée à des résultats néfastes pour l’arrêt du tabac, soulignant la nécessité d’un accompagnement combinant chaleur et cadre.
- Les psychologues doivent établir rapidement un bon rapport avec patients, proches et soignants, tout en développant une régulation face à la frustration et aux émotions difficiles.
💡 Astuce mémo
Empathie ≠ laxisme : trop “tendre” peut nuire (tabac) ; bon mix chaleur + cadre.
📖 12. Modèle des 5A
🔑 Notions clés & Définitions
- ASK : ASK correspond à l’étape où le professionnel demande et explore la situation pour savoir si la personne est concernée, gênée et prête à changer.
- ASSESS : ASSESS est l’étape d’évaluation qui utilise des outils validés pour estimer l’impact du problème sur la santé et la qualité de vie, ainsi que les facteurs psychosociaux et les ressources du patient.
- ADVISE : ADVISE consiste à conseiller en demandant la permission, en reliant symptômes et analyses aux comportements, puis en donnant des conseils concrets et non culpabilisants.
- AGREE : AGREE vise à construire avec le patient un accord sur un plan d’action réaliste, avec des buts spécifiques et mesurables à court et long terme, y compris l’implication des proches/équipes.
- ASSIST : ASSIST est l’étape d’aide pendant le changement, centrée sur le suivi, le renforcement et la résolution de problèmes face aux barrières identifiées.
📝 Points essentiels
- ASK privilégie des questions ouvertes, et si le patient n’est pas prêt, le professionnel se tient disponible sans forcer le moment du changement.
- ASSESS introduit l’idée de changement en évaluant aussi la dimension psychologique (ex. anxiété/dépression, soutien social, optimisme) avec des outils validés.
- ADVISE demande l’autorisation de donner des conseils et vise des explications concrètes sur comment les comportements influencent le problème, y compris via de la psycho-éducation ou ETP.
- AGREE formule un plan d’action où le patient fait le travail, en choisissant des objectifs SMART-F formulés positivement avec début et fin clairement précisés.
- ASSIST inclut un suivi dans le temps, un renforcement encourageant, une réévaluation des difficultés et une recherche de solutions avec une approche interdisciplinaire.
💡 Astuce mémo
ASK-ASSESS-ADVISE-AGREE-ASSIST : demander, évaluer, conseiller, s’accorder, aider.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1946 | Définition OMS de la santé (bien-être physique, mental et social, pas seulement absence de maladie ou d’infirmité). |
| 2016 | Prévalence standardisée de l’insuffisance d’activité physique (27,5% en 2016). |
| 2017 | Enquête en Suisse sur l’alcool : 87% des hommes et 77% des femmes boivent, dont 15% et 7% quotidiennement. |
| 1985 | Reconnaissance de la psychologie de la santé par l’APA. |
| 1986 | Création de l’EHPS (European Health Psychology Society). |
| 1994 | Premier ouvrage français : « Introduction à la psychologie de la santé ». |
📊 Tableaux de synthèse
Bio-médical vs bio-psycho-social
| Entrée | Bio-médical | Bio-psycho-social |
|---|
| Cause de la maladie | Agents pathogènes | Facteurs bio-psycho-sociaux |
| Place du malade | Objet, peu/pas de responsabilité | Acteur : négociation, expertise du vécu |
| Maladie vs vécu | Disease seule d’intérêt (maladie ≠ illness) | Disease et illness prises en compte |
| Corps et esprit | Séparés | Liés |
| Prévention/promotion | Peu mise en avant | Incluse (prévention/promotion) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre disease (maladie étudiée) et illness (vécu ressenti par la personne) : ce cours insiste sur leur distinction.
- Croire que l’OMS définit la santé comme simple absence de maladie : la formule précise « ne consiste pas seulement » en absence de maladie ou d’infirmité.
- Mélanger « comportements de santé » et « conduites à risques » : les premiers peuvent être favorables ou défavorables, les seconds exposent à un risque immédiat/court terme.
- Se tromper sur les repères d’AP : 150 min modérée OU 75 min intense + renforcement au moins 2x/semaine, et tenir compte de la lutte contre la sédentarité.
- Interpréter « plus de MET » comme « uniquement mieux » sans distinction modéré (3–6) vs fort (>6) et sans relier aux repères hebdomadaires 450–750 MET.
- Réduire HBM à vulnérabilité/gravité : dans le cours, ce sont surtout les barrières perçues (et l’interaction barrières × normes de genre) qui expliquent le mieux.
- Penser que TPB suffit à expliquer la continuité : l’intention ne couvre pas la phase volontaire (volitional) ni la persistance dans le temps (intention-behavior gap).
✅ Checklist Examen
- Définir la santé selon l’OMS (1946) et citer l’idée centrale (bien-être physique/mental/social, pas seulement absence de maladie/infirmité).
- Expliquer la différence entre modèle bio-médical et modèle bio-psycho-social à partir des dimensions : causes, rôle du malade, disease vs illness, prévention/promotion, lien corps-esprit.
- Définir un comportement de santé et donner la différence avec les conduites à risques (action/omission exposant à risque immédiat ou court terme).
- Donner la définition d’activité physique (mouvements des muscles squelettiques nécessitant une dépense d’énergie) et citer les recommandations adultes : 150 min modérée OU 75 min intense OU mix + renforcement 2x/semaine + lutte contre la sédentarité.
- Maîtriser la lecture MET : modéré 3–6 MET/min, fort >6 MET/min, et repères hebdomadaires 450–750 MET/semaine.
- Donner les repères alcool du cours : 2 verres standards (10 g) max/jour, pas tous les jours (≥2 jours d’abstinence/semaine) et 10 verres standards max/semaine, ainsi que la définition binge drinking (>4 verres d’un coup).
- Expliquer la formation des habitudes en 4 étapes (intention → action auto-régulée → répétition sur une période ex. 2 mois → automatisation) et rappeler HABITUDE > intention.
- Décrire l’implémentation d’intention sous forme si… alors… avec quoi/quand/où, et le coping planifié (plan B pour obstacles probables).
- Expliquer l’autodétermination (Deci & Ryan) : les 3 besoins (autonomie, compétence, liens sociaux) et le lien avec motivation intrinsèque/auto-déterminée.
- Présenter HBM : variables mesurées (vulnérabilité, gravité, bénéfices, barrières, connaissances) et le rôle de l’interaction barrières × normes de genre (Mahalik & Burns).
- Présenter TPB : lien croyances → intention → comportement, définir attitude, normes subjectives, contrôle perçu, rappeler la supériorité pour AP vs conduites à risques et la variable moins prédictive (normes subjectives).
- Décrire l’entretien motivationnel et la méthode 4R (raison trouvée par soi, questions ouvertes, reformulation, renforcement, résumé-vérifié) + savoir quoi faire face à « oui, mais » et à la mauvaise foi.
- Connaître la taxonomie/les techniques clés du changement : auto-contrôle du comportement (self-monitoring) comme technique la plus efficace, et les techniques d’auto-régulation (former intentions, objectifs précis, feedback, réajustement).
- Maîtriser le modèle des 5A dans l’ordre et la logique : ASK (demander/évaluer concerné et prêt), ASSESS (évaluer avec outils validés effets/résources), ADVISE (conseiller avec permission et non-culpabilisant), AGREE (plan d’action SMART-F), ASSIST (aider pendant le changement avec suivi/résolution de problèmes et…
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