Fiche de révision : Introduction à la psychologie sociale

Plan du Cours

  1. Définition de la psychologie sociale
  2. Influence du contexte sur les comportements
  3. Présentation de soi et stratégies sociales
  4. Biais de contraste et biais d’assimilation
  5. Catégorisation sociale et activation des catégories
  6. Stéréotypes, préjugés et discrimination
  7. Fonctions cognitives des stéréotypes
  8. Facilitation sociale et paresse sociale
  9. Attribution naïve et recherche de causes
  10. Modèles de l’attribution et dimensions causales
  11. Activation du stéréotype et menace du stéréotype
  12. Discriminations directes, indirectes et systémiques

1. Définition de la psychologie sociale

Notions clés & Définitions

  • Psychologie sociale : Branche universitaire qui étudie comment les pensées, sentiments et conduites des individus sont influencés par la présence d’autrui, réelle ou implicite.
  • Influence sociale : Mécanisme selon lequel le contexte social agit comme déterminant des comportements, même lorsque la personne ne s’en rend pas compte.
  • Présence réelle : Modalité de présence d’autrui où l’individu réagit aux comportements observés dans la situation au moment même.
  • Présence imaginaire : Modalité de présence d’autrui où la projection mentale d’autrui influence les comportements sans interaction directe.
  • Présence implicite : Modalité de présence d’autrui où l’on agit sous l’effet de normes ou attentes sociales intériorisées, sans que l’autre soit présent ou explicitement pris en compte.

Points essentiels

  • La psychologie sociale étudie les comportements, états et processus mentaux en lien avec le contexte social.
  • Allport (1954/1985) formule l’idée centrale : comprendre et expliquer l’effet de la présence d’autrui (réelle, imaginaire ou implicite) sur pensées, sentiments et conduites.
  • La psychologie sociale analyse les interactions, perceptions et influences sociales comme moteur explicatif des faits sociaux.
  • Bégue (2024) décrit la discipline comme située à la jonction entre psychologie et sociologie, avec un rôle pivot pour expliquer les faits sociaux.
  • La focalisation sur la situation (plutôt que sur la seule personne) sert à mieux expliquer les comportements et processus mentaux.
  • L’équation de Lewin (1936) exprime le lien personne–environnement : B = f(P, E).

Astuce mémo

Présence d’autrui = moteur : réelle (je vois), imaginaire (je projette), implicite (je suis guidé par les normes).

2. Influence du contexte sur les comportements

Notions clés & Définitions

  • Formation d’impression : La formation d’impression est le processus par lequel on construit rapidement une évaluation d’une personne à partir d’indices disponibles.
  • Confiance (trait central) : La confiance est un trait de personnalité qui reste particulièrement stable dans l’impression, même quand le temps d’observation change.
  • Théories implicites de la personnalité : Les théories implicites de la personnalité sont des croyances selon lesquelles certains traits de personnalité fonctionnent comme des catégories explicatives.
  • Biais de contraste : Le biais de contraste est une tendance à percevoir des groupes comme plus différents qu’ils ne le sont réellement.
  • Biais d’assimilation : Le biais d’assimilation est une tendance à percevoir les membres d’un même groupe comme plus semblables qu’ils ne le sont réellement.

Points essentiels

  • Des indices «secondaires» comme le prénom, le style vestimentaire, le port de lunettes, la pilosité facile ou l’écriture peuvent orienter la formation d’impression.
  • Willis & Todorov (2006) montrent que des impressions formées en 1/10 de seconde sont fortement corrélées avec celles formées en temps illimité.
  • Quand le temps de présentation augmente, le jugement peut se complexifier, mais certains traits comme la confiance restent très stables.
  • Ambady & Rosenthal (1993) trouvent que des impressions basées sur des vidéos muettes de 30 secondes prédisent peu de différence avec celles obtenues après un semestre d’enseignement.
  • La catégorisation sociale conduit à des effets primaires (attribution de traits) et secondaires (assimilation intragroupe, contraste intergroupe).
  • Tajfel & Wilkes (1963) mettent en évidence deux tendances : maximiser les différences entre catégories (contraste) et maximiser les ressemblances à l’intérieur d’une catégorie (assimilation).

Astuce mémo

Contraste = «ça sépare», Assimilation = «ça rapproche».

3. Présentation de soi et stratégies sociales

Notions clés & Définitions

  • Réponse dominante : La réponse dominante est un comportement qui a une forte probabilité d’apparaître dans une situation donnée.
  • Facilitation sociale : La facilitation sociale est le renforcement de la réponse prédominante (correcte ou incorrecte) quand d’autres personnes sont présentes.
  • Audience : L’audience désigne la présence d’autrui observant le participant, pouvant modifier ses performances.
  • Co-action : La co-action correspond au fait d’agir en même temps que d’autres personnes, ce qui peut influencer la performance.
  • Paresse sociale : La paresse sociale est la tendance à fournir moins d’efforts quand on travaille en groupe plutôt qu’en agissant seul.

Points essentiels

  • En apprentissage, l’augmentation de la tension (drive) s’accompagne d’une hausse de la probabilité d’émettre la réponse dominante.
  • Si la réponse dominante est correcte, la présence d’autrui améliore les performances; si elle est incorrecte, elle les détériore.
  • Zajonc et Sales (1966) : pour des mots fréquents, la présence d’autrui facilite la reconnaissance; pour des mots non fréquents, elle ne facilite pas.
  • Hypothèse de Zajonc : l’audience et la co-action facilitent la performance quand les réponses exactes sont maîtrisées, mais gênent l’acquisition.
  • Cottrell (1972) : l’autrui n’est pas perçu comme neutre; il est perçu comme une source potentielle d’évaluation, condition clé des effets de facilitation sociale.
  • Cottrell et al. (1968) : avec une tâche d’anagrammes puis reconnaissance, la présence d’autrui produit plus de reconnaissance que la condition yeux bandés, ce qui soutient l’importance de l’évaluation.

Astuce mémo

Drive + présence = réponse dominante amplifiée; si elle est juste → ça aide, si elle est fausse → ça nuit.

4. Biais de contraste et biais d’assimilation

Notions clés & Définitions

  • Biais de correspondance : Le biais de correspondance est une tendance à attribuer les comportements d’autrui à des dispositions personnelles même quand des contraintes de la situation expliquent mieux l’action.
  • Biais acteur-observateur : Le biais acteur-observateur est une tendance à expliquer ses propres comportements par la situation et ceux des autres par des causes internes.
  • Erreur fondamentale d’attribution : L’erreur fondamentale d’attribution est une surestimation de l’influence de l’acteur au détriment des circonstances lors de l’explication des conduites.
  • Humain avare cognitivement : L’humain avare cognitivement est l’idée que, par économie, on s’arrête à une cause jugée suffisante plutôt que de poursuivre l’enquête.
  • Biais d’assimilation : Le biais d’assimilation est une tendance à faire correspondre trop directement une information sur la personne à ce qu’on pense d’elle, en minimisant l’effet des contraintes situationnelles.

Points essentiels

  • Le biais de correspondance (Jones & Harris, 1967) conduit à juger l’attitude réelle des auteurs comme si elle reflétait leur position, même quand l’opinion a été assignée au hasard.
  • Dans l’expérience de Jones & Harris (1967), la concordance entre consigne et position déclarée produit des inférences modérées et une faible confiance, alors que la non-concordance augmente la confiance.
  • Le biais acteur-observateur (Jones & Nisbett, 1972) fait que l’acteur privilégie des causes externes et l’observateur privilégie des causes internes pour le même type de comportement.
  • Les résultats de Nisbett et al. (1973) montrent que les participants invoquent plus souvent “ça dépend des situations” pour expliquer leur propre comportement que pour expliquer celui des autres.
  • L’erreur fondamentale d’attribution (Ross et al., 1977) apparaît même quand les rôles sont tirés au sort, avec une surévaluation de la compétence de celui qui “jouait” le questionneur.
  • Dans l’expérience de Ross, Amabile et Steinmetz (1977), le questionneur est jugé plus cultivé que le questionné malgré l’absence de différence réelle liée au tirage au sort.

Astuce mémo

Avare cognitivement = on s’arrête à la première cause plausible; puis on “colle” l’explication à la personne (assimilation) plutôt qu’à la situation (contrainte).

5. Catégorisation sociale et activation des catégories

Notions clés & Définitions

  • Erreur fondamentale d’attribution : L’erreur fondamentale d’attribution est une surestimation du rôle causal de l’acteur au détriment de la situation lors de l’explication des conduites.
  • Modèle de Gilbert, Pelham et Krull : Le modèle de Gilbert, Pelham et Krull décrit comment la catégorisation déclenche d’abord des inférences dispositionnelles puis peut être corrigée par des inférences situationnelles.
  • Norme d’internalité : La norme d’internalité est une norme sociale qui valorise les explications internes des événements, surtout en contexte d’évaluation.
  • Normes prescriptives : Les normes prescriptives sont des normes qui indiquent quels comportements adopter dans une situation donnée.
  • Normes descriptives : Les normes descriptives sont des normes qui indiquent ce qu’il est « bon » de penser ou de juger.

Points essentiels

  • Dans le quiz, même avec un tirage au sort, le rôle de questionneur est jugé plus cultivé que celui de questionné, ce qui illustre une attribution biaisée vers l’acteur.
  • Le modèle de Gilbert, Pelham et Krull propose la séquence catégorisation → inférences dispositionnelles → correction par inférences situationnelles.
  • Dubois et Beauvois présentent l’internalité non comme une erreur de traitement, mais comme une conformité à une norme sociale d’internalité.
  • La norme d’internalité vise des réponses socialement acceptables en situation d’évaluation, pour préserver une bonne image de soi.
  • Dubois distingue deux types de normes : prescriptives (comportements à adopter) et descriptives (jugements à avoir).
  • Les paradigmes de Jellison et Green (juges, identification, auto-présentation) convergent vers l’idée que les explications internes sont préférées car elles portent une valeur sociale, notamment pour expliquer succès eté

Astuce mémo

Erreur fondamentale = « acteur trop causal » ; Internalité = « je me valorise en expliquant par moi ».

6. Stéréotypes, préjugés et discrimination

Notions clés & Définitions

  • Sexisme hostile : Le sexisme hostile est une attitude négative envers les femmes, vues comme manipulatrices et agressives, utilisant la séduction pour contrôler les hommes.
  • Sexisme bienveillant : Le sexisme bienveillant est une attitude positive en apparence, décrivant les femmes comme pures et devant être protégées, adorées et nécessaires au bien-être des hommes.
  • Sexisme implicite : Le sexisme implicite est une forme de sexisme plus subtile, présentée comme anodine et chaleureuse, qui suppose malgré tout une infériorité des femmes via une logique de protection.
  • Désirabilité sociale : La désirabilité sociale est le biais qui pousse à répondre de façon à être perçu favorablement, même si cela ne reflète pas ses véritables attitudes.
  • Clairvoyance normative : La clairvoyance normative est la capacité à deviner la norme attendue et à choisir des réponses socialement valorisées pour être bien vu.

Points essentiels

  • Les questionnaires explicites sont systématiquement influencés par la désirabilité sociale, ce qui modifie les réponses sur les attitudes sensibles.
  • Les réponses explicites reflètent des normes sociétales : dire avoir des préjugés ou des stéréotypes est mal vu, et discriminer est mal vu voire illégal.
  • La discrimination peut être mesurée indirectement par des mesures physiologiques, car une émotion déclenchée par un groupe stéréotypé produit des changements corporels.
  • Le GSR mesure la conductivité électrique de la peau, et une émotion peut augmenter la sueur donc la conductivité.
  • Dans l’étude de Rankin et Campbell (1955), le réajustement d’électrodes par un expérimentateur noir ou blanc produit une réponse plus élevée avec l’expérimentateur noir, sans lien clair avec les mesures « classiques ».
  • Les mesures physiologiques comme l’EMG et l’EEG sont difficiles à interpréter et à utiliser pour conclure directement sur l’attitude.

Astuce mémo

Questionnaire = masque social : tu réponds pour être bien vu (désirabilité sociale).

7. Fonctions cognitives des stéréotypes

Notions clés & Définitions

  • Connaissances de soi : Les connaissances de soi regroupent ce que les individus pensent savoir sur eux-mêmes et sur leurs caractéristiques.
  • Miroir social : Le miroir social désigne l’idée que les autres servent de référence pour construire et ajuster la perception de soi.
  • Schémas de soi : Les schémas de soi sont des structures cognitives qui organisent les informations relatives à soi et guident leur traitement.
  • Soi indépendant : Le soi indépendant correspond à une conception de soi séparée du contexte social, plutôt stable et centrée sur l’expression personnelle.
  • Soi interdépendant : Le soi interdépendant correspond à une conception de soi liée au contexte social, flexible, centrée sur l’intégration et les relations.

Points essentiels

  • La conception de soi inclut à la fois la façon dont on se perçoit et les perceptions de ce que l’on pense que les autres pensent de nous.
  • La reconnaissance de soi dans le miroir apparaît pendant la petite enfance, entre 18 et 24 mois, et sert d’indice de la construction du soi.
  • Le « looking-glass self » (Cooley) décrit une dimension sociale du soi où autrui agit comme miroir via des retours réels ou symboliques.
  • Les schémas de soi accélèrent le traitement des informations liées à soi et augmentent la confiance accordée à ces informations par rapport aux informations non liées au soi.
  • Les schémas de soi proviennent d’expériences passées et fonctionnent comme des croyances générales qui organisent l’interprétation et le rappel de soi.
  • La culture influence la construction du soi : les cultures occidentales tendent vers un soi indépendant, tandis que les cultures orientales tendent vers un soi interdépendant (Markus & Katayama).

Astuce mémo

Miroir social + schémas de soi : « ce que je pense de moi » se construit aussi via « ce que je crois que les autres pensent de moi », puis s’organise en filtres mentaux.

8. Facilitation sociale et paresse sociale

Notions clés & Définitions

  • Comparaison sociale stratégique : La comparaison sociale stratégique consiste à choisir comment et avec qui se comparer pour protéger ou améliorer son estime de soi.
  • Comparaisons sociales forcées : Les comparaisons sociales forcées désignent des comparaisons imposées avec des proches ou pairs, qui peuvent devenir défavorables car on ne les choisit pas.
  • Modèle SEM : Le modèle Self-Evaluation Maintenance (SEM) décrit comment les gens maintiennent une évaluation positive d’eux-mêmes quand ils interagissent avec quelqu’un qui réussit.
  • BIRG : Le BIRG (tirer bénéfice de la gloire de l’autre) est un processus où la réussite d’autrui, surtout d’un ami, renforce l’estime de soi.
  • Paresse sociale : La paresse sociale correspond à une baisse d’effort dans un travail collectif, quand la responsabilité individuelle semble moins visible.

Points essentiels

  • La comparaison sociale est centrale pour l’estime de soi et peut être utilisée de façon stratégique (ex. se comparer sur des domaines où l’on est confiant).
  • Les comparaisons sociales forcées ne sont pas toujours avantageuses car on ne choisit pas totalement la cible de comparaison (ex. observation d’enfants avec leurs pairs).
  • Dans le SEM, deux processus dynamiques coexistent : BIRG quand la réussite d’un proche rejaillit positivement sur soi, et comparaison sociale quand cette réussite menace l’estime de soi.
  • La menace dépend de l’importance de la dimension : si la dimension est pertinente pour soi, on réduit la proximité avec la cible pour diminuer la comparaison ; si elle ne l’est pas, on peut augmenter la proximité pour se
  • Dans l’expérience de Tesser et Smith (1980), les participants aident davantage leur ami quand la tâche est anodine, mais aident davantage un inconnu quand la tâche est importante pour eux.
  • Dans l’expérience de Steele et Aronson (1995), l’activation d’un stéréotype pendant une tâche de performance diminue la performance via des biais cognitifs et une anxiété, ce qui peut confirmer le stéréotype.

Astuce mémo

BIRG = « gloire à moi » (ami qui réussit) ; comparaison = « menace à moi » (si c’est important pour moi).

9. Attribution naïve et recherche de causes

Notions clés & Définitions

  • Gestion d’impression : La gestion d’impression désigne une présentation de soi visant à influencer les perceptions des autres.
  • Soi public : Le soi public correspond à une présentation de soi stratégique destinée à contrôler l’image sociale renvoyée aux autres.
  • Soi privé : Le soi privé correspond à une présentation authentique visant à permettre aux autres de connaître la personne telle qu’elle est réellement.
  • Vérification de soi : La vérification de soi est la tendance à chercher des informations qui confirment l’image que l’on a de soi, pour qu’elle reste cohérente et stable.
  • Effet Barnum : L’effet Barnum est la tendance à juger très exactes des descriptions de personnalité vagues présentées comme personnalisées.

Points essentiels

  • Le concept de soi organise les perceptions et connaissances sur soi et guide les décisions et comportements dans des domaines importants comme secondaires.
  • Les individus cherchent souvent une image de soi stable et cohérente dans le temps et les situations, ce qui favorise un biais de confirmation des hypothèses sur soi.
  • Dans l’étude sur le mariage, l’investissement est plus élevé quand le/la conjoint·e partage la vision (le concept de soi) de la personne, même si cette vision est partiellement défavorable.
  • Sur Facebook, les juges évaluent la personnalité « réelle » des utilisateurs de façon significative, alors que l’évaluation du « soi idéal » n’est pas significativement liée.
  • L’effet Barnum (Forer, 1949) montre qu’en moyenne environ 10,12 items sur 13 sont jugés vrais, malgré un résultat identique pour tous.
  • L’effet Barnum est robuste et s’explique notamment par la malléabilité du concept de soi et par des motivations de valorisation et de vérification de soi.

Astuce mémo

Soi public = je pilote l’image ; soi privé = je montre qui je suis ; Barnum = « trop vague mais ça colle ».

10. Modèles de l’attribution et dimensions causales

Notions clés & Définitions

  • Discrimination au travail : La discrimination au travail est une distinction ou un traitement défavorable fondé sur une caractéristique personnelle protégée par la loi.
  • Article 225-1 du code pénal : L’article 225-1 du code pénal définit la discrimination comme toute distinction fondée sur une liste de critères personnels protégés.
  • Modèle d’inadéquation : Le modèle d’inadéquation explique comment des stéréotypes créent un biais d’évaluation en reliant l’individu à un rôle jugé “incompatible”.
  • Misfit perçu par soi-même : Le misfit perçu par soi-même correspond à la façon dont les personnes jugent leur adéquation aux exigences d’un rôle à partir des stéréotypes de leur groupe.
  • Menace du stéréotype : La menace du stéréotype est une pression psychologique qui apparaît quand un stéréotype négatif sur les performances du groupe peut être confirmé.

Points essentiels

  • La discrimination est une distinction entre personnes physiques fondée sur des critères protégés, dont l’origine, le sexe, l’âge, le handicap, l’état de santé, l’orientation sexuelle, l’identité de genre et bien d’autres
  • Dans le travail, la définition juridique couvre aussi l’exclusion et le traitement défavorable, pas seulement le sexisme ou le racisme
  • Le modèle d’inadéquation postule que l’évaluation professionnelle est biaisée par l’écart perçu entre caractéristiques stéréotypées du groupe et exigences du rôle
  • L’écart perçu (misfit) réduit les attentes de performance et influence les décisions d’évaluation, de promotion et d’attribution des responsabilités
  • Le modèle d’inadéquation a été conçu pour expliquer des obstacles rencontrés par les femmes, mais il peut être étendu à d’autres groupes
  • La menace du stéréotype prédit que la performance baisse quand le stéréotype est rendu saillant, et reste comparable quand il ne l’est pas

Astuce mémo

Discrimination = critère protégé → traitement défavorable ; Inadéquation = “écart rôle vs stéréotype” ; Menace = “stéréotype saillant” → anxiété → baisse de performance.

11. Activation du stéréotype et menace du stéréotype

Notions clés & Définitions

  • Activation du stéréotype : Mécanisme par lequel des indices de contexte activent mentalement un stéréotype associé à une identité sociale.
  • Identité sociale saillante : Caractéristique d’une identité qui devient particulièrement visible dans une situation et oriente l’interprétation du contexte.
  • Menace du stéréotype : Risque psychologique de confirmer un stéréotype négatif quand la tâche rappelle ce stéréotype et qu’elle est évaluée.
  • Sexisme hostile : Forme de sexisme fondée sur des attitudes explicitement négatives et hostiles envers les femmes.
  • Sexisme bienveillant : Forme de sexisme qui paraît positive mais maintient une vision de moindre compétence et un statut subordonné des femmes.

Points essentiels

  • Les individus peuvent activer l’identité sociale la plus favorable au contexte et inhiber l’autre quand plusieurs identités sont possibles.
  • L’étude de Shih et al. (1999) montre que les stéréotypes peuvent améliorer ou détériorer la performance selon l’identité activée et la saillance de cette identité.
  • La menace du stéréotype apparaît quand la tâche est liée au stéréotype (ex. femmes et mathématiques).
  • La menace est plus probable quand la tâche est difficile, proche des limites de capacité des participants.
  • La menace dépend aussi de l’évaluation : la tâche doit se dérouler dans un contexte où la performance est jugée.
  • La menace est renforcée si l’individu s’identifie au domaine évalué, car la réussite y a une forte importance personnelle (Schmader et al., 2008).

Astuce mémo

Activation = indices → identité saillante; Menace = tâche liée + évaluation + difficulté + identification au domaine.

12. Discriminations directes, indirectes et systémiques

Notions clés & Définitions

  • Discrimination directe : La discrimination directe désigne un traitement défavorable appliqué explicitement à une personne en raison d’un critère protégé.
  • Discrimination indirecte : La discrimination indirecte correspond à une règle ou pratique apparemment neutre qui désavantage en pratique un groupe particulier.
  • Discrimination systémique : La discrimination systémique désigne des effets défavorables produits par l’organisation, ses normes et ses routines, même sans intention individuelle.
  • Biais implicites : Les biais implicites sont des attitudes ou associations automatiques, souvent inconscientes, qui influencent les jugements et comportements.
  • IAT : L’IAT est un test d’association implicite utilisé pour mesurer des biais implicites via des temps de réaction.

Points essentiels

  • Les formations aux biais implicites peuvent sensibiliser (souvent via IAT + débriefing ou ateliers interactifs) mais elles ne suppriment pas les biais implicites.
  • Les formations ont un effet mitigé : elles ne montrent pas d’impact sur les biais conscients/explicites ni sur les comportements.
  • Ces initiatives sont coûteuses (plus de 8 milliards dépensés annuellement par les entreprises dans le monde) et ne suffisent pas seules pour réduire les inégalités.
  • Les politiques EDI regroupent des actions pour reconnaître, valoriser et intégrer les différences afin d’assurer un traitement juste et un environnement inclusif.
  • Les politiques EDI se déclinent en trois logiques : legal case (conformité), moral case (éthique) et business case (performance/innovation).
  • La perception d’équité dans les actions positives influence l’adhésion : des procédures jugées démocratiques et équitables sont mieux acceptées que des procédures arbitraires ou injustes.

Astuce mémo

Direct = intention visible ; Indirect = règle neutre qui désavantage ; Systémique = effets via l’organisation.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1954/1985Formulation d’Allport sur l’effet de la présence d’autrui (présence réelle, imaginaire ou implicite)
1936Équation de Lewin : B = f(P, E)
1965Théorie du Drive de Zajonc : audience/co-action augmentent la tension et renforcent la réponse dominante

Tableaux de synthèse

Présence d’autrui (modalités)

ModalitéCe qui influenceType d’interaction
Présence réelleréactions aux comportements observésautrui présent dans la situation
Présence imaginaireprojection mentale d’autrui influence les comportementspas d’interaction directe
Présence impliciteeffet de normes/attentes intérioriséesautrui absent ou non explicitement pris en compte

Stéréotypes → préjugés → discrimination

ÉtapeContenuSortie
Stéréotypescognitif : croyances partagées simplifiéescatégoriser/situer autrui
Préjugésévaluatif/affectif : réaction positive ou négativeattitudes envers un groupe
Discriminationconatif : comportementtraitement inégal/défavorable

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre présence imaginaire et présence implicite : la première repose sur une projection mentale d’autrui, la seconde sur des normes intériorisées sans prise en compte explicite de l’autre.
  2. Croire que la facilitation sociale améliore toujours la performance : elle dépend de la réponse dominante (correcte vs incorrecte) et de la phase (acquisition vs maîtrise).
  3. Mélanger biais de contraste et biais d’assimilation : contraste = maximiser les différences entre catégories, assimilation = maximiser les ressemblances intragroupe.
  4. Interpréter l’erreur fondamentale d’attribution comme une simple “erreur” sans norme : dans le cours, l’explication peut aussi être normative (norme d’internalité) et liée à l’évaluation.
  5. Penser que les questionnaires mesurent directement les attitudes réelles : ils sont influencés par la désirabilité sociale et la clairvoyance normative.
  6. Croire que la menace du stéréotype est identique à la menace identitaire : la menace du stéréotype dépend d’une tâche liée au stéréotype + contexte d’évaluation + difficulté + identification.
  7. Confondre soi public et soi privé : le soi public vise à contrôler l’image sociale (gestion d’impression), le soi privé vise une présentation authentique (révélation).

Checklist Examen

  1. Définir la psychologie sociale et expliquer l’idée d’Allport sur l’influence de la présence d’autrui (réelle, imaginaire, implicite).
  2. Expliquer pourquoi la focalisation sur la situation (Fiske) est centrale et mobiliser l’équation de Lewin (B = f(P,E)).
  3. Décrire la formation d’impression : rôle des premiers traits (effet de primauté), intégration des indices secondaires, et stabilité de certains traits (confiance).
  4. Expliquer comment le temps et la rapidité de jugement influencent l’impression (Willis & Todorov ; Ambady & Rosenthal) et relier cela à la complexification du jugement.
  5. Présenter la présentation de soi : besoins psycho, deux types (stratégique vs authentique), et au moins deux stratégies (ex : auto-handicapante, monitorage de soi).
  6. Décrire la facilitation sociale : définition, réponse dominante, drive (Zajonc), et rôle de l’évaluation (Cottrell) avec l’idée “audience/co-action facilitent la perf mais gênent l’acquisition”.
  7. Comparer les explications de la facilitation sociale : drive vs évaluation vs distraction-conflit (Baron) et donner l’idée générale des conditions d’observation (ex : Stroop).
  8. Expliquer la paresse sociale : résultats (Ringelmann ; Latané), et au moins deux mécanismes (impact social ; dilution de responsabilité ; impossibilité d’auto-évaluer ; auto-éfficacité ; effort co).
  9. Décrire l’attribution causale : scientifique spontané (Heider), inférences correspondantes (Jones & Davis), covariation (Kelley) et schéma causal (Kelley).
  10. Identifier et distinguer les biais : biais de correspondance, biais acteur-observateur, erreur fondamentale d’attribution, et la correction normative via la norme d’internalité (Dubois & Beauvois).
  11. Expliquer la catégorisation sociale et les stéréotypes : activation (accessibilité/schéma/prototypie/contexte), effets primaires/secondaires (assimilation/contraste), et chaîne stéréotypes→préjugés→discrimination.
  12. Expliquer comment mesurer les préjugés/stéréotypes : mesures explicites (échelles, désirabilité sociale, Bogus Pipeline, fenêtre normative) et mesures implicites (IAT : logique des temps de réaction).
  13. Relier stéréotypes et performance : activation du stéréotype et menace du stéréotype (conditions d’apparition : tâche liée, difficulté, évaluation, identification) avec l’idée d’anxiété/biais cognitifs.
  14. Présenter le soi : dimensions (affective, comportementale, cognitive), concept de soi, schémas de soi, miroir social/auto-observation, et comparaison sociale (Festinger).

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Psychologie sociale : définition

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