QCM : Introduction à la science politique — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel objet la science politique étudie-t-elle comme savoir savant ?

Les seules institutions administratives d’un État
Les comportements économiques des groupes sociaux
Les normes juridiques indépendantes de la société
Le phénomène politique construit comme objet d’étude

Le phénomène politique construit comme objet d’étude

Explication

La science politique se définit comme un savoir savant qui prend le phénomène politique pour objet d’étude. L’analyse des seules institutions administratives serait trop restrictive pour caractériser cette discipline.

2. Quels sont les trois processus qui participent à la construction de la science politique ?

La construction par l’État, le droit et les élections nationales
La construction par l’objet, l’ambition scientifique et l’autonomisation
La construction par l’histoire, l’économie et la sociologie
La construction par les sondages, les partis et les administrations

La construction par l’objet, l’ambition scientifique et l’autonomisation

Explication

La discipline se construit par la définition de son objet, par sa prétention scientifique et par son autonomisation disciplinaire. Les autres réponses regroupent des domaines ou des instruments possibles, mais pas les trois processus constitutifs indiqués.

3. Quelle association entre les termes politics, polity et policies est correcte ?

Politics concerne la communauté, polity les programmes et policies la compétition
Politics concerne la régulation, polity la conquête et policies les institutions
Politics concerne les programmes, polity la compétition et policies la communauté
Politics concerne la compétition, polity la communauté et policies les programmes d’action

Politics concerne la compétition, polity la communauté et policies les programmes d’action

Explication

Politics désigne la compétition pour le pouvoir, polity la communauté politique et policies les programmes d’action publique. Confondre politics et polity revient notamment à prendre l’arène de compétition pour la communauté politique elle-même.

4. Qu’est-ce qu’une politique publique ?

Un programme d’action institutionnel visant des objectifs déterminés
Une compétition entre acteurs cherchant à conquérir le pouvoir
Une communauté politique organisée autour de règles communes
Une interaction entre gouvernants destinée à modifier la gouvernance

Un programme d’action institutionnel visant des objectifs déterminés

Explication

Une politique publique est un programme d’action établi par une institution afin d’atteindre des objectifs donnés, notamment au moyen de lois et de règlements. Une compétition pour le pouvoir relève de politics, et non de la définition d’une politique publique.

5. Quelle distinction oppose correctement le gouvernement et la gouvernance ?

Le gouvernement désigne les programmes publics, la gouvernance les règles de la communauté politique
Le gouvernement désigne la structure du pouvoir, la gouvernance les interactions et les modalités d’action
Le gouvernement désigne la compétition électorale, la gouvernance les institutions administratives
Le gouvernement désigne les interactions, la gouvernance la structure et les détenteurs du pouvoir

Le gouvernement désigne la structure du pouvoir, la gouvernance les interactions et les modalités d’action

Explication

Le gouvernement renvoie à la structure du pouvoir et à la question de savoir qui gouverne, tandis que la gouvernance met l’accent sur les interactions et les modalités de l’action. La réponse inverse ces deux notions en attribuant les interactions au gouvernement.

6. Comment le pouvoir est-il défini dans l’analyse de R. Dahl ?

La capacité d’obtenir d’autrui une action qu’il n’aurait pas accomplie autrement
La capacité de préserver une autorité sans interaction avec d’autres acteurs
La capacité d’imposer une règle juridique à toutes les institutions publiques
La capacité de détenir une fonction officielle dans une organisation politique

La capacité d’obtenir d’autrui une action qu’il n’aurait pas accomplie autrement

Explication

Pour Dahl, le pouvoir consiste à agir sur autrui en obtenant une action qui n’aurait pas été effectuée sans cette influence. Une fonction officielle ne suffit donc pas à définir le pouvoir, qui repose sur une relation d’action sur autrui.

7. Pourquoi la science politique a-t-elle élargi son étude de l’État au pouvoir politique ?

Parce que des enjeux politiques existent aussi en dehors des institutions étatiques
Parce que le pouvoir politique se limite désormais aux relations économiques
Parce que les institutions étatiques ne produisent plus aucune décision collective
Parce que l’État a cessé de jouer un rôle dans l’organisation politique

Parce que des enjeux politiques existent aussi en dehors des institutions étatiques

Explication

L’élargissement s’explique par l’existence d’enjeux politiques dans des espaces qui dépassent les institutions étatiques. Cela ne signifie pas que l’État a perdu tout rôle ni que l’analyse politique se réduit aux relations économiques.

8. Quels sont les trois enjeux associés au pouvoir politique ?

Sa spécificité, sa détention et son maintien
Sa représentation, sa popularité et son efficacité
Son origine, sa légalité et sa disparition
Son territoire, son administration et sa centralisation

Sa spécificité, sa détention et son maintien

Explication

L’étude du pouvoir politique porte sur sa spécificité, sur ceux qui le détiennent et sur les conditions de son maintien. Les autres propositions énumèrent des caractéristiques possibles du pouvoir, mais ne correspondent pas aux trois enjeux identifiés.

9. Quelle distinction oppose correctement la puissance à la domination chez Max Weber ?

La puissance transmet le pouvoir par héritage, tandis que la domination organise des élections régulières.
La puissance repose sur des règles impersonnelles, tandis que la domination dépend de qualités personnelles.
La puissance impose une volonté malgré la résistance, tandis que la domination implique une acceptation légitime.
La puissance prévient les conflits par la parole, tandis que la domination transforme les normes sociales.

La puissance impose une volonté malgré la résistance, tandis que la domination implique une acceptation légitime.

Explication

La puissance désigne la capacité d’imposer sa volonté contre la résistance d’autrui, alors que la domination suppose que le pouvoir soit accepté comme légitime. La confusion fréquente consiste à attribuer à la puissance une base réglementaire ou personnelle, alors que ces caractéristiques renvoient à des formes de domination.

10. Sur quel fondement une domination traditionnelle obtient-elle l’obéissance ?

Sur des preuves statistiques permettant de vérifier les décisions prises par les gouvernants.
Sur des coutumes tenues pour valides depuis toujours, avec une transmission parfois héréditaire du pouvoir.
Sur des règles impersonnelles organisées par un ordre juridique et des élections.
Sur la capacité d’un dirigeant à convaincre grâce à ses qualités personnelles exceptionnelles.

Sur des coutumes tenues pour valides depuis toujours, avec une transmission parfois héréditaire du pouvoir.

Explication

La domination traditionnelle tire sa légitimité de coutumes anciennes considérées comme valides et peut transmettre le pouvoir au sein d’une lignée. Les règles impersonnelles et les élections relèvent plutôt de la domination légal-rationnelle.

11. Quelle caractéristique définit principalement la domination légal-rationnelle ?

Elle obtient l’accord politique grâce à une fonction de médiation dépourvue de coercition.
Elle dépersonnalise le pouvoir en l’inscrivant dans des règles impersonnelles et un ordre juridique.
Elle légitime le pouvoir par des coutumes anciennes et une succession familiale.
Elle fonde l’obéissance sur l’admiration des qualités exceptionnelles d’un dirigeant.

Elle dépersonnalise le pouvoir en l’inscrivant dans des règles impersonnelles et un ordre juridique.

Explication

La domination légal-rationnelle repose sur des règles impersonnelles, un ordre juridique et une séparation entre le pouvoir et la personne qui l’exerce. La référence aux coutumes correspond à la domination traditionnelle, tandis que l’admiration personnelle renvoie à la domination charismatique.

12. Quelle thèse Pierre Clastres défend-il à propos de certaines sociétés amérindiennes comme les Guayaki ?

Elles dépendent d’un chef coercitif dont les décisions imposent l’obéissance collective.
Elles cherchent à centraliser progressivement le pouvoir afin de créer un appareil d’État.
Elles peuvent être organisées contre l’État plutôt que constituer une étape vers sa formation.
Elles abandonnent toute organisation politique parce qu’elles refusent les conflits sociaux.

Elles peuvent être organisées contre l’État plutôt que constituer une étape vers sa formation.

Explication

Pierre Clastres montre que certaines sociétés amérindiennes sont structurées contre l’État, et non orientées vers une évolution nécessaire en direction de celui-ci. Cette thèse ne signifie pas qu’elles seraient dépourvues d’organisation politique ou de mécanismes de régulation.

13. Quel rôle le chef guayaki exerce-t-il dans l’organisation politique de son groupe ?

Il administre un ordre juridique écrit qui détermine les droits et les devoirs de chacun.
Il commande une force armée et impose des sanctions aux membres qui refusent d’obéir.
Il assure une fonction technique et oratoire destinée notamment à prévenir les conflits, sans pouvoir coercitif.
Il transmet sa fonction à ses descendants selon une règle héréditaire reconnue par le groupe.

Il assure une fonction technique et oratoire destinée notamment à prévenir les conflits, sans pouvoir coercitif.

Explication

Le chef guayaki parle, conseille et contribue à prévenir les conflits, mais il ne dispose ni d’une autorité coercitive ni d’un devoir d’obéissance imposé au groupe. Le confondre avec un chef capable de sanctionner revient à lui attribuer un pouvoir de coercition absent de cette organisation.

14. Que désigne la politisation d’une activité ou d’un problème ?

Le processus par lequel cette activité ou ce problème acquiert une portée politique.
La suppression des débats publics afin de préserver une question dans la sphère privée.
La réduction d’une pratique collective à une décision prise par un dirigeant personnel.
La transformation d’un problème social en coutume familiale transmise entre générations.

Le processus par lequel cette activité ou ce problème acquiert une portée politique.

Explication

La politisation correspond au processus par lequel des activités, des discours ou des pratiques prennent une signification politique. Elle ne consiste pas à retirer une question du débat, mais à modifier la manière dont elle est définie et prise en charge collectivement.

15. Que demande la première règle de la méthode scientifique en sciences sociales ?

Rompre avec le sens commun et les prénotions pour examiner de manière critique les idées reçues.
Commencer par une théorie générale avant de recueillir des observations sur le phénomène étudié.
Remplacer les enquêtes empiriques par l’intuition du chercheur et son expérience personnelle.
Décrire les opinions courantes comme des vérités afin de rester proche de l’expérience quotidienne.

Rompre avec le sens commun et les prénotions pour examiner de manière critique les idées reçues.

Explication

La première règle, associée à Durkheim, impose de prendre distance avec le sens commun et les prénotions afin de soumettre les idées reçues à l’examen. Commencer par accepter les opinions courantes empêcherait précisément cette rupture critique.

16. Comment la deuxième règle de la méthode scientifique permet-elle d’étudier le politique ?

En le considérant comme une réalité intuitive dont l’interprétation personnelle suffit à établir la validité.
En privilégiant les coutumes anciennes comme critère principal pour déterminer la vérité des analyses.
En l’expliquant par des principes abstraits sans confronter les hypothèses aux comportements observables.
En le traitant comme une réalité observable à partir de preuves et de contre-preuves, notamment statistiques ou recueillies par enquête.

En le traitant comme une réalité observable à partir de preuves et de contre-preuves, notamment statistiques ou recueillies par enquête.

Explication

Cette règle consiste à prendre le politique comme une chose observable et à confronter les affirmations à des preuves et à des contre-preuves, issues par exemple de statistiques, de sondages ou d’entretiens. Une interprétation non confrontée aux données ne satisfait pas l’exigence empirique de la méthode.

17. Quelle séquence correspond à la démarche scientifique en sciences sociales ?

Formuler des hypothèses, les vérifier sur des régularités observables, puis construire des théories générales.
Construire une théorie générale, retenir les faits qui la confirment, puis formuler une hypothèse adaptée.
Décrire un cas particulier, le considérer comme représentatif, puis généraliser sans vérification empirique.
Recueillir des opinions, les transformer en certitudes, puis écarter les observations contradictoires.

Formuler des hypothèses, les vérifier sur des régularités observables, puis construire des théories générales.

Explication

La démarche scientifique articule la formulation d’hypothèses, leur vérification à partir de régularités observables et la construction de théories générales. Une généralisation fondée sur un cas isolé ou sur des données sélectionnées ne constitue pas une vérification scientifique.

18. Quelle opposition décrit correctement le holisme et l’individualisme méthodologique ?

Le holisme étudie les lois physiques générales, tandis que l’individualisme mesure les probabilités propres aux contextes sociaux.
Le holisme explique l’individu par son environnement social, tandis que l’individualisme explique la société par les actions individuelles.
Le holisme analyse les qualités d’un dirigeant, tandis que l’individualisme décrit les coutumes légitimant une succession.
Le holisme explique la société par les choix individuels, tandis que l’individualisme explique l’individu par les structures collectives.

Le holisme explique l’individu par son environnement social, tandis que l’individualisme explique la société par les actions individuelles.

Explication

Le holisme part de l’influence déterminante de l’environnement social sur les individus, alors que l’individualisme méthodologique reconstruit les phénomènes sociaux à partir des actions individuelles. Inverser ces deux relations constitue la confusion classique entre les deux approches.

19. À quelle période la science politique devient-elle une discipline académique autonome ?

Après les années 1980
À la fin du XIXe siècle
Dans les années 1950
Au début des années 1930

Dans les années 1950

Explication

La science politique devient une discipline académique autonome dans les années 1950, après son émergence à la fin du XIXe siècle. Confondre ces deux périodes revient à prendre l’apparition de la discipline pour son autonomisation institutionnelle.

20. Laquelle de ces propositions présente correctement des branches principales de la science politique ?

La sociologie politique, la théorie politique et la politique comparée
La linguistique, la psychologie clinique et la géologie politique
La philosophie morale, la biologie sociale et l’archéologie institutionnelle
La grammaire, l’économie domestique et la démographie historique

La sociologie politique, la théorie politique et la politique comparée

Explication

La sociologie politique, la théorie politique et la politique comparée figurent parmi les principales branches de la science politique, avec l’administration, les politiques publiques et les relations internationales. Les autres ensembles associent des disciplines ou des domaines qui ne constituent pas ses branches principales.

21. Quelle différence méthodologique distingue principalement les sciences juridiques de la science politique ?

Le droit privilégie les enquêtes, tandis que la science politique déduit les normes
Le droit étudie les tendances, tandis que la science politique reconstruit des événements singuliers
Le droit part des règles, tandis que la science politique observe davantage les faits
Le droit observe les comportements, tandis que la science politique applique des règles générales

Le droit part des règles, tandis que la science politique observe davantage les faits

Explication

Les sciences juridiques sont principalement déductives et partent des règles, tandis que les sciences politiques sont majoritairement expérimentales et inductives. L’idée selon laquelle la science politique appliquerait d’abord des règles inverse précisément cette distinction.

22. Quelle opposition décrit correctement les démarches de l’histoire et de la science politique ?

L’histoire déduit les règles, tandis que la science politique interprète les normes juridiques
L’histoire mesure les régularités, tandis que la science politique raconte les événements particuliers
L’histoire privilégie les événements singuliers, tandis que la science politique recherche des lois tendancielles
L’histoire recherche des lois générales, tandis que la science politique décrit des événements singuliers

L’histoire privilégie les événements singuliers, tandis que la science politique recherche des lois tendancielles

Explication

L’histoire adopte une démarche idiographique centrée sur des événements singuliers, alors que la science politique suit une démarche nomothétique orientée vers les lois tendancielles. La recherche de régularités générales caractérise donc davantage la science politique que l’histoire.

23. Que cherche principalement à accomplir la socio-histoire du politique ?

Relier le temps long, les rapports sociaux et la construction historique du politique
Réduire l’analyse politique aux institutions contemporaines et à leurs règles formelles
Remplacer l’étude des conflits sociaux par une chronologie des gouvernements
Expliquer les changements politiques par les décisions des dirigeants nationaux

Relier le temps long, les rapports sociaux et la construction historique du politique

Explication

La socio-histoire du politique renouvelle l’étude du temps long, déconstruit la naturalisation des processus victorieux et réinscrit le politique dans son ancrage social. Elle ne réduit donc pas l’analyse aux institutions contemporaines ni aux seuls dirigeants.

24. Pourquoi la socio-histoire du politique s’intéresse-t-elle à la période allant du XIXe au XXIe siècle ?

Pour replacer les transformations politiques dans une continuité historique et sociale longue
Pour privilégier les événements récents au détriment des évolutions antérieures
Pour établir que les institutions politiques restent identiques d’un siècle à l’autre
Pour analyser les victoires politiques comme des résultats naturels et incontestables

Pour replacer les transformations politiques dans une continuité historique et sociale longue

Explication

L’étude du XIXe au XXIe siècle permet de renouer avec le temps long et de comprendre les transformations politiques dans leur ancrage social. Elle vise aussi à déconstruire l’idée que les processus victorieux seraient naturels, contrairement à la dernière proposition.

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Qu'est-ce que la science politique étudie comme objet ?

Le phénomène politique.

Quels sont les trois processus de construction de la science politique ?

La construction par l’objet, l’ambition scientifique et l’autonomisation.

Comment se construit la science politique ?

Par son objet, sa prétention scientifique et son autonomisation disciplinaire.

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