La participation politique non-conventionnelle regroupe des actions collectives concertées et intentionnelles qui s’écartent des canaux institutionnels, jouant un rôle central dans la contestation et la revendication sociale, comme le montre l’étude des mouvements tels que les Gilets jaunes.
Dormagen & Mouchard (2019) : « Un mouvement social est une forme spécifique d’action collective de par sa finalité : il vise en effet à exprimer et défendre collectivement des demandes et des revendications face à une autorité considérée comme détentrice de la possibilité de faire aboutir ces revendications. »
Erik Neveu (2019) : « Il s’agit d’un agir-ensemble intentionnel, marqué par le projet explicite des protagonistes de se mobiliser de concert. Cet agir ensemble se développe dans une logique de revendication de défense d’un intérêt matériel ou d’une « cause ». »
Distinction mouvement social / autres formes d’action collective : Les mouvements sociaux se différencient des partis, entreprises ou compétitions sportives par leur finalité revendicative, leur action concertée et intentionnelle, visant à exprimer et défendre des demandes face à une autorité.
Un mouvement social est une action collective intentionnelle visant à défendre ou revendiquer des demandes face à une autorité, en se distinguant des autres formes d’action collective par sa finalité revendicative et sa logique concertée.
Les mouvements sociaux revendicatifs constituent une forme organisée d’action collective visant à exprimer et défendre des revendications face à une autorité, leur succès dépend de leur organisation, de leur contexte social et politique, ainsi que de leur capacité à mobiliser des ressources et à structurer leur action.
Les frustrations relatives, selon Gurr, sont des moteurs essentiels des mouvements sociaux, leur nature (déclinantes, montantes, progressives) influençant la forme, la intensité et le moment du déclenchement de l’action collective.
Rationalité économique des individus dans la mobilisation : Selon Olson (1965), les individus rationnels cherchent à maximiser leur utilité en participant ou non à une mobilisation, en évaluant si les bénéfices qu'ils en tirent surpassent les coûts. La participation dépend donc d’un calcul coût-bénéfice individuel.
Paradoxe olsinien de l’action collective : Formulé par Olson (1965), ce paradoxe indique que, dans une mobilisation, chaque individu a intérêt à profiter des bénéfices collectifs sans participer, ce qui peut conduire à l’inaction de masse (passager clandestin), malgré l’existence d’un intérêt commun.
Coût-bénéfice individuel dans la participation à la mobilisation : Concept selon lequel chaque participant compare les coûts (temps, risques, effort) à ses bénéfices personnels (matériels ou symboliques). La décision de participer dépend de cette balance, et la mobilisation ne se réalise que si le bénéfice perçu dépasse le coût.
Olson (1965) montre que, en théorie, chaque individu rationnel tend à ne pas participer à une mobilisation collective, car il peut bénéficier des gains sans en supporter le coût (paradoxe olsinien). La participation devient alors problématique, surtout dans les grands groupes où l’impact individuel est perçu comme faible.
La rationalité économique implique que les individus sont maximisateurs d’utilité, ce qui explique leur tendance au passager clandestin dans les actions collectives. Pour contrer cette tendance, les organisateurs doivent mettre en place des incitations sélectives (positives ou négatives) pour encourager la participation.
La théorie de Olson insiste aussi sur le rôle de l’organisation pour réduire les coûts de mobilisation, en accumulant des ressources matérielles, sociales, politiques, et symboliques, et en proposant des incitations pour motiver les individus.
La démobilisation peut survenir lorsque les coûts perçus sont trop élevés ou que l’organisation est insuffisante pour offrir des bénéfices suffisants, ce qui explique la nécessité de structures organisationnelles efficaces pour la mobilisation.
La dimension organisationnelle est essentielle : la mobilisation repose sur des entrepreneurs de mobilisation qui structurent et motivent les participants, en utilisant notamment des incitations sélectives pour éviter le phénomène du passager clandestin.
La participation à une mobilisation collective repose sur un calcul rationnel individuel où les bénéfices doivent surpasser les coûts, mais l’existence d’un paradoxe olsinien rend la mobilisation difficile sans organisation et incitations adaptées.
Olson (1965) : Paradoxe olsinien, selon lequel aucun individu n’a intérêt à se mobiliser seul dans une action collective, même s’il partage une insatisfaction, car il bénéficierait des gains collectifs sans participer (effet du passager clandestin).
Ressources matérielles, sociales, politiques, symboliques : Ensemble des moyens accumulés par une organisation ou un mouvement social pour soutenir la mobilisation, comprenant notamment des biens matériels, des réseaux sociaux, du capital politique, et des symboles ou valeurs mobilisatrices.
Entrepreneurs de mobilisation : Acteurs ou leaders qui structurent, organisent et pilotent la mobilisation en mobilisant des ressources, en élaborant des stratégies et en coordonnant les participants pour surmonter le paradoxe de l’action collective (Olson, 1965).
La théorie d’Olson insiste sur la nécessité d’une organisation pour accumuler et gérer efficacement les ressources matérielles, sociales, politiques et symboliques, afin de surmonter le paradoxe de l’action collective où l’individu rationnel préfère ne pas participer.
La mobilisation repose sur la capacité des entrepreneurs de mobilisation à structurer ces ressources, à créer des incitations sélectives (positives ou négatives) et à maintenir la cohésion du groupe.
La mise en place d’incitations sélectives (Olson, 1965) est essentielle pour motiver la participation, notamment par des avantages matériels ou symboliques, permettant de réduire le phénomène de passager clandestin.
La nécessité d’une organisation structurée est soulignée pour accumuler ces ressources, notamment dans le cadre de la dynamique interne des mouvements, qui peuvent être vus comme des entreprises menées par ces entrepreneurs.
La théorie prolonge le paradigme de la mobilisation des ressources en insistant sur le rôle stratégique des acteurs qui, en mobilisant et en structurant ces ressources, favorisent le succès ou l’échec des mobilisations.
La mobilisation efficace des ressources matérielles, sociales, politiques et symboliques, orchestrée par des entrepreneurs de mobilisation, est essentielle pour dépasser le paradoxe de l’individu rationnel et assurer la réussite d’un mouvement social.
La mobilisation rassemble à la fois des bénéficiaires directs, impactés concrètement par ses résultats, et des militants par conscience, engagés pour des valeurs ou causes, ce qui complexifie l’analyse de ses dynamiques et de ses enjeux.
Structuration interne du groupe (Oberschall, 1973) : Organisation interne du groupe mobilisé, qui peut être atomisée (individus isolés ou peu connectés) ou structurée (groupes organisés avec une hiérarchie ou un réseau cohérent). Une structure organisée facilite la mobilisation en permettant une coordination efficace.
Position du groupe dans la société (Oberschall, 1973) : Situation du groupe au sein de la société globale, qui peut être intégrée (en lien étroit avec les centres de pouvoir, peu audible) ou segmentée (éloignée des centres de pouvoir, peu reconnu). Cette position influence la capacité du groupe à se mobiliser et à attirer le soutien.
Facteur de mobilisation selon Oberschall (1973) : La combinaison de la structuration interne et de la position sociale du groupe détermine la probabilité et la forme de la mobilisation. Un groupe intégré et structuré a plus de chances de se mobiliser efficacement, souvent par la négociation, tandis qu’un groupe atomisé et segmenté aura plus de difficultés, pouvant mener à une mobilisation désorganisée ou violente.
La structuration interne du groupe (atomisé vs structuré) influence sa capacité à se coordonner et à agir collectivement. Un groupe structuré, comme les professions médicales ou juridiques, se mobilise facilement et privilégie souvent la négociation avec les autorités.
La position dans la société (intégré vs segmenté) détermine la visibilité et l’audibilité du groupe. Les groupes intégrés, proches des centres de pouvoir, ont plus d’opportunités de négociation, tandis que les groupes segmentés, éloignés, ont tendance à une mobilisation plus désorganisée ou violente.
La combinaison de ces deux facteurs (structure interne et position sociale) permet d’estimer la probabilité de déclenchement d’un mouvement social et ses formes possibles. Par exemple, un groupe intégré et structuré aura une mobilisation plus organisée et orientée vers la négociation, alors qu’un groupe atomisé et segmenté risque une mobilisation désordonnée ou violente.
La mobilisation dépend aussi de la capacité du groupe à former des liens avec les centres de pouvoir ou à se structurer pour accumuler ressources et légitimité, ce qui est essentiel pour la réussite.
Les facteurs de mobilisation selon Oberschall montrent que la réussite d’un mouvement social dépend de la structuration interne du groupe et de sa position dans la société, influençant la forme, la violence et le succès de la mobilisation.
L’engagement identitaire, motivé par la cohérence avec ses valeurs et renforcé par des rétributions symboliques, peut expliquer la persistance des mobilisations même en l’absence de bénéfices matériels immédiats, illustrant le rôle central de la dimension symbolique dans l’action collective.
Répertoire d’action collective (Tilly) : Ensemble des formes d’action utilisées par les mouvements sociaux, structurées et transmises au sein d’un groupe ou d’un mouvement pour coordonner leurs actions. Selon Charles Tilly, il s’agit d’un ensemble de stratégies et de tactiques qui évoluent en réponse aux opportunités et contraintes du contexte social et politique.
Variété des formes d’action collective : Diversité des modes d’action employés par les mouvements sociaux, allant des manifestations, blocages, occupations, à des actions plus directes ou symboliques. Cette variété permet aux mouvements d’adapter leur répertoire aux enjeux et à la situation spécifique.
Importance du répertoire dans la dynamique des mobilisations : Le répertoire constitue un cadre de référence pour les acteurs, facilitant la coordination, la mobilisation et la transmission des stratégies. La capacité à mobiliser un répertoire adapté influence directement la réussite ou l’échec d’un mouvement social, en permettant une adaptation aux opportunités politiques et sociales.
Charles Tilly (1984) a souligné que le répertoire d’action collective est un ensemble de tactiques et stratégies qui se transmettent et s’adaptent au fil du temps, constituant la mémoire collective des mouvements sociaux. Il évolue en fonction des opportunités politiques, des ressources disponibles et des contraintes sociales.
La variété des formes d’action permet aux mouvements sociaux de répondre aux défis spécifiques de leur environnement, en combinant différentes tactiques pour maximiser leur impact. La diversité du répertoire est essentielle pour maintenir la mobilisation face à la répression ou à l’usure.
La structure du répertoire influence la capacité des mouvements à se coordonner et à persévérer. Un répertoire flexible et riche favorise l’innovation stratégique, tandis qu’un répertoire figé peut limiter la réactivité et la créativité des acteurs.
La dynamique des mobilisations dépend largement de la capacité à mobiliser et à renouveler le répertoire d’action, en réponse aux changements du contexte politique ou social. La réactivité et l’innovation dans le répertoire sont des facteurs clés de succès.
Le répertoire d’action collective, selon Tilly, est un ensemble structuré et évolutif de formes d’action que les mouvements sociaux mobilisent pour atteindre leurs objectifs, jouant un rôle central dans la dynamique et la réussite des mobilisations.
Structure des opportunités politiques (SOP) selon Erik Neveu (2019) : cadre contextuel influençant le déclenchement et le déroulement des mobilisations, comprenant notamment l’ouverture ou la fermeture du système politique, les alliances, les relais dans la fonction publique, et le type de réponse politique. La SOP est perçue par les mouvements sociaux comme un ensemble de conditions favorables ou défavorables à leur action.
Degré d’ouverture ou de fermeture du système politique : composante de la SOP qui désigne la capacité du système à répondre favorablement ou répressivement aux demandes des mouvements sociaux, en fonction de la disponibilité des réponses symboliques ou effectives.
Composante des alliances politiques : aspect de la SOP qui concerne la présence ou l’absence d’accords, de coalitions ou de conflits entre acteurs politiques, influençant la capacité des mouvements à mobiliser ou à faire pression.
Rejets et relais dans la fonction publique : composante de la SOP qui analyse si des relais ou soutiens existent au sein de la fonction publique ou d’autres institutions, facilitant ou entravant la légitimité et la diffusion des revendications.
Perception des opportunités par les mouvements sociaux : notion qui insiste sur la manière dont ces acteurs interprètent leur environnement politique, en évaluant si les conditions sont propices à l’action ou non, ce qui influence leur stratégie et leur calendrier.
La SOP, selon Neveu (2019), détermine la possibilité de succès ou d’échec d’un mouvement social en fonction du contexte politique. Elle se compose de plusieurs éléments : l’ouverture ou la fermeture du système, la configuration des alliances, la présence ou l’absence de relais dans la fonction publique, et la nature des réponses apportées par le système (symboliques ou concrètes).
La perception des opportunités par les mouvements sociaux est cruciale : ils doivent interpréter leur environnement pour décider du moment et des formes d’action. La SOP n’est pas fixe, elle évolue avec le contexte et les stratégies des acteurs.
La gestion policière, la négociation ou le formatage des réponses publiques participent à la construction de cette structure, en modulant la possibilité d’action. Par exemple, la répression ou la négociation peuvent renforcer ou limiter les chances de mobilisation.
La dynamique des Gilets jaunes illustre ces composantes : un contexte d’ouverture relative (mobilisations dispersées, absence de réponse claire) a permis leur émergence, mais la faiblesse d’institutionnalisation a mené à leur démobilisation.
La structure des opportunités politiques, selon Neveu (2019), constitue le cadre contextuel déterminant la faisabilité et la forme des mobilisations, en intégrant l’ouverture du système, les alliances, les relais institutionnels, et la perception qu’en ont les acteurs.
Réponse publique aux mouvements sociaux : Ensemble des stratégies et actions adoptées par les autorités pour gérer, canaliser ou faire face aux mobilisations, incluant la négociation, la gestion policière, ou la mise en place de structures de concertation (Neveu, 2015).
Gestion policière et répression : Approche institutionnelle visant à contrôler ou limiter la violence lors des mouvements sociaux, en utilisant des stratégies d’intimidation, de maintien à distance, ou de contrainte physique (Bruneteaux, 1995). La répression tend à substituer la contrainte physique violente par des stratégies d’intimidation.
Contre-mouvements et leur soutien par les autorités : Réactions ou mobilisations opposées aux mouvements sociaux, souvent encouragées ou tolérées par les pouvoirs publics pour dévier ou affaiblir le mouvement principal (Neveu, 2015). Exemple : soutien officiel aux contre-mouvements lors des luttes politiques ou sociales.
Formatage et négociation par les autorités : Processus par lequel les pouvoirs publics façonnent l’espace d’action protestataire via des structures de concertation, monopoles juridiques, ou subventions, afin d’encadrer, canaliser ou limiter la contestation (Neveu, 2015). Cela inclut la mise en place de répertoires d’action contrôlés et la définition de parcours revendicatifs.
La gestion policière tend à minimiser l’usage de la contrainte physique violente en privilégiant des stratégies d’intimidation ou de maintien à distance, comme le souligne Bruneteaux (1995). La répression n’est pas uniquement physique, elle inclut aussi des formes de dissuasion et de contrôle.
La réponse publique aux mouvements sociaux ne se limite pas à la répression : elle implique aussi la négociation et le formatage de l’espace protestataire par les autorités, qui peuvent instaurer des structures de concertation, des monopoles juridiques ou des subventions pour encadrer ou canaliser la contestation (Neveu, 2015).
Les autorités peuvent soutenir ou encourager des contre-mouvements pour affaiblir ou détourner la mobilisation principale, comme le montre la dynamique des luttes entre pro-choice et pro-life ou le soutien à certains groupes lors des mobilisations (Neveu, 2015).
La structure des opportunités politiques (SOP) influence fortement la réponse publique : une ouverture du système facilite la négociation, tandis qu’une fermeture favorise la répression ou la canalisation (Neveu, 2015).
La mise en place de répertoires d’action contrôlés par l’État ou les acteurs institutionnels permet de limiter la portée des protestations et d’orienter leur développement, notamment via des dispositifs juridiques ou administratifs.
La réponse publique aux mouvements sociaux combine répression, intimidation, négociation et formatage institutionnel, permettant aux autorités de contrôler, canaliser ou limiter la contestation selon le contexte politique et social.
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| Thème | Définition / Notions clés | Auteur | Particularités |
|---|---|---|---|
| Participation politique non-conventionnelle | Actions hors canaux officiels visant revendications | Dormagen & Mouchard (2019) | Manifestations, occupations, blocages |
| Mouvement social | Action collective intentionnelle, revendicative, concertée | Dormagen & Mouchard (2019), Neveu (2019) | Finalité revendicative, agir-ensemble |
| Action collective revendicative | Mobilisation pour faire aboutir des demandes face à une autorité | Dormagen & Mouchard (2019), Neveu (2019) | Actions organisées, revendications |
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1. Comment un groupe mobilisé pour une action revendicative peut-il maximiser ses chances de succès en pratique ?
2. Selon Erik Neveu (2019), qu'est-ce qui définit principalement un mouvement social ?
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Participation politique non-conventionnelle — définition ?
Actions hors canaux officiels visant revendications.
Participation non-conventielle — définition?
Actions hors canaux officiels, revendicatives.
Mouvement social — définition ?
Action collective revendicative, concertée, visant une autorité.
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