Fiche de révision : Mécanismes d'influence sociale

Plan du Cours

  1. Obéissance et expériences de Milgram
  2. Persuasion et changement d’attitude
  3. Attitude et prédiction du comportement
  4. Conditions du changement d’attitude
  5. Dissonance cognitive et théories de l’engagement
  6. Communication sociale : positions et enjeux
  7. Statut et rôle dans la communication
  8. Représentations de soi et d’autrui
  9. Ancrage des représentations sociales
  10. Structure des représentations sociales
  11. Normalisation : définitions et conditions
  12. Influence des minorités et consistance

1. Obéissance et expériences de Milgram

Notions clés & Définitions

  • Obéissance : L’obéissance désigne le fait de suivre une consigne donnée par une autorité, même quand elle entre en tension avec ses propres convictions ou valeurs.
  • Expériences de Milgram : Les expériences de Milgram sont des recherches en psychologie sociale visant à étudier jusqu’où des participants acceptent d’obéir à une autorité dans une situation de conflit moral.
  • Rationalité et rationalisation : La rationalité et la rationalisation sont des perspectives théoriques utilisées pour expliquer comment les individus justifient leurs choix et leurs conduites face à des contraintes.

Points essentiels

  • Le chapitre 3 du cours cible les phénomènes d’obéissance et s’appuie sur les expériences de Milgram pour les décrire et les expliquer.
  • Les expériences de Milgram sont introduites dans la progression du cours après la discussion des perspectives de rationalité et de rationalisation.
  • Le cours relie l’étude de l’obéissance à une question générale : comprendre pourquoi et comment les individus changent d’attitudes et/ou de comportements dans des situations sociales.
  • La présentation des expériences de Milgram sert d’illustration expérimentale pour traiter la dynamique d’influence exercée par une autorité.
  • La seconde partie du cours organise plusieurs « voies » du changement (obéissance, persuasion, soumission librement consentie) et discute ensuite leurs implications éthiques et pour la conception du sujet.

Astuce mémo

Obéissance = Autorité qui pousse → Milgram mesure jusqu’où on suit la consigne.

2. Persuasion et changement d’attitude

Notions clés & Définitions

  • Bit : Le bit est une unité d’information qui correspond à une réduction de l’incertitude de moitié pour le récepteur.
  • Réduction de l’incertitude : L’information est définie comme tout ce qui diminue l’incertitude du récepteur face aux possibilités restantes.
  • Bruit : Le bruit désigne les obstacles à la transmission qui perturbent physiquement la circulation du message.
  • Fonction conative : La fonction conative vise le récepteur et cherche à provoquer une réaction ou un effet d’influence sur lui.
  • Double contrainte : La double contrainte est une situation où un message contient deux significations contradictoires, plaçant le destinataire dans une impossibilité d’obéir sans se contredire.

Points essentiels

  • La communication est conçue comme un transfert d’information de l’émetteur vers le récepteur, où l’information réduit l’incertitude.
  • Un message ne contenant que ce qui est déjà connu ne porte pas d’information, donc ne réduit pas l’incertitude.
  • La quantité d’information se relie au nombre d’événements possibles via une relation du type QI = Log N − Log n (ou équivalent selon la formulation du cours).
  • Dans l’exemple à 32 cartes, l’annonce « rouge » réduit l’incertitude de moitié car elle divise le nombre d’événements possibles par 2.
  • Dans l’approche technique, les obstacles (bruits) sont surtout physiques et portent sur le canal, les capacités de l’émetteur et du récepteur, et la qualité du message.
  • Un message trop nouveau submerge l’écoutant, tandis qu’un message trop redondant ne réduit pas assez l’incertitude, ce qui fait échouer la communication.

Astuce mémo

Information = Incertitude qui baisse : plus l’annonce élimine des possibilités, plus elle « vaut » des bits.

3. Attitude et prédiction du comportement

Notions clés & Définitions

  • Statut social : Le statut social désigne l’ensemble des attributs liés à la position d’un individu et aux comportements qu’autrui peut légitimement attendre de lui.
  • Rôle social : Le rôle est l’aspect dynamique du statut, c’est-à-dire l’ensemble des conduites normales attendues quand on occupe une position sociale.
  • Rôle prescrit : Le rôle prescrit correspond au système social d’attentes et de normes qui définit ce que la société attend d’un détenteur de statut.
  • Rôle subjectif : Le rôle subjectif renvoie à la manière dont le sujet interprète et se représente les conduites qu’il doit tenir dans sa position.
  • Rôle en acte : Le rôle en acte désigne les conduites effectivement observables que le sujet met en œuvre dans la situation.

Points essentiels

  • Le statut a une dimension institutionnelle prescriptive qui fixe droits, devoirs et obligations liés à la position.
  • Le rôle recouvre des normes de conduite attendues à la fois pour le détenteur du statut et pour les autres en interaction avec lui.
  • Le rôle peut être compris comme modèle organisé de conduites, orientant des comportements finalisés en fonction des autres rôles.
  • Le rôle prescrit se décrit par le consensus d’un groupe sur ce que la personne doit faire, y compris via des attentes dirigées vers elle.
  • Le rôle subjectif dépend des attitudes, croyances et valeurs du sujet, ainsi que des attentes spécifiques qu’il juge applicables à sa conduite.
  • Le rôle en acte correspond aux comportements manifestes réellement produits, et permet d’évaluer la part d’autonomie par rapport au modèle attendu.

Astuce mémo

Statut = cadre; Rôle = dynamique; Prescrit = ce que le groupe attend; Subjectif = ce que je crois devoir; En acte = ce que je fais.

4. Conditions du changement d’attitude

Notions clés & Définitions

  • Rumeur : Une rumeur est une information non vérifiée qui circule socialement et peut gagner en crédibilité par la propagation et l’interprétation des gens.
  • Démenti inefficace : Un démenti peut échouer à stopper une rumeur, voire renforcer l’adhésion, selon le moment où il intervient et la façon dont il est perçu.
  • Effet de halo : L’effet de halo désigne des associations symboliques ou imaginaires qui relient ce qu’on perçoit à des éléments personnels chargés affectivement.
  • Incertitude psychologique : L’incertitude psychologique est l’état d’alerte ressenti face à une personne ou une situation inconnue, qui rend la communication plus difficile.
  • Contrat de communication : Le contrat de communication est l’ensemble des savoirs partagés qui rendent les échanges acceptables en précisant enjeux et objectifs du dialogue.

Points essentiels

  • Une rumeur naît et se propage plus facilement dans un contexte propice (hostilité entre mondes sociaux, thèmes scolaires, théories du complot).
  • Arrêter une rumeur est difficile et un démenti précoce peut augmenter l’adhésion car il peut être interprété comme un signe de malaise ou de dissimulation.
  • Un démenti tardif est aussi inefficace car la rumeur a déjà eu le temps de se diffuser.
  • L’effet de halo fait que deux personnes n’interprètent pas forcément le même message de la même façon, car elles relient les signaux à leur expérience affective.
  • La communication peut être orientée par des représentations imaginaires de l’autre, qui structurent ce que chacun croit comprendre et comment il agit ensuite.
  • La perception d’autrui se construit en réduisant l’incertitude via la catégorisation et l’attribution, ce qui oriente l’action et peut ensuite être ajusté par les feedbacks.

Astuce mémo

Rumeur : Démenti tôt = soupçon, démenti tard = trop tard ; Halo = associations affectives ; Contrat = savoirs partagés pour parler.

5. Dissonance cognitive et théories de l’engagement

Notions clés & Définitions

  • Principe d’influence : Principe selon lequel tout acte de communication vise à agir sur l’autre, ce qui oblige l’émetteur à choisir une manière de parler adaptée à l’enjeu et à l’interlocuteur.
  • Principe de régulation : Principe selon lequel le locuteur doit organiser l’échange pour qu’il se poursuive malgré les refus, les contre-influences et les risques de rupture.
  • Co-construction de la référence : Idée selon laquelle communiquer consiste à négocier un monde commun de sens plutôt qu’à simplement refléter la réalité.
  • Coopération verbale : Notion selon laquelle les interlocuteurs s’engagent conjointement pour que les énoncés de chacun s’appuient sur ceux de l’autre.
  • Représentations sociales : Notion selon laquelle des savoirs de sens commun partagés par un groupe orientent les conduites, facilitent la communication et structurent l’identité collective.

Points essentiels

  • Le principe d’influence pousse le sujet à se demander comment il parle pour influencer l’autre (agir, orienter sa pensée ou l’émouvoir).
  • Les stratégies d’influence varient selon la connaissance de l’interlocuteur : séduction ou conviction.
  • Quand les enjeux sont ambigus, l’incertitude peut produire une réaction comme le rire gêné dans la scène de l’aéroport rapportée par Goffman.
  • Le principe de régulation pousse à se demander comment maintenir l’échange face aux refus et aux contre-influences.
  • Les stratégies de gestion de la parole assurent la continuité via le tour de parole, l’acceptation de la parole d’autrui et la valorisation du partenaire.
  • La coopération verbale suppose que l’autre reconnaisse l’intention de produire un effet, condition d’une interlocution effective.

Astuce mémo

Influence = viser l’autre ; Régulation = garder l’échange vivant.

6. Communication sociale : positions et enjeux

Notions clés & Définitions

  • Noyau central : Le noyau central est la partie la plus stable d’une représentation sociale, qui fixe sa signification et résiste aux changements.
  • Éléments périphériques : Les éléments périphériques sont des composantes liées au noyau central qui s’adaptent au contexte et assurent l’interface avec la réalité vécue.
  • Schèmes périphériques : Les schèmes périphériques sont des structures fonctionnelles qui permettent à la représentation de s’ancrer dans les pratiques et de s’ajuster aux contraintes de la situation.
  • Pensée sociale : La pensée sociale désigne les modalités collectives par lesquelles les membres d’un groupe relient les éléments de représentation dans leurs opérations de pensée.
  • Représentation sociale : La représentation sociale est un ensemble de savoirs et de significations partagés par un groupe, construit et transmis dans les interactions et les pratiques.

Points essentiels

  • Deux représentations ne diffèrent réellement que si leurs noyaux centraux sont différents, même si elles partagent les mêmes éléments.
  • Les éléments périphériques dépendent du noyau central et assurent une fonction d’interface avec la réalité immédiate.
  • Les éléments périphériques concrétisent la représentation par des prises de position ou des conduites et jouent un rôle de régulation et d’adaptation.
  • Les éléments périphériques décodent la réalité et rendent possible l’activité représentationnelle d’abord à la périphérie.
  • Les éléments périphériques portent les variations individuelles et l’appropriation de la représentation sans remettre en cause la signification centrale.
  • Une transformation réelle exige que le noyau central change, alors que la transformation des seuls éléments périphériques permet le maintien du noyau et l’intégration d’informations nouvelles.

Astuce mémo

Noyau = sens stable ; Périphérie = réglage contextuel (on ajuste sans changer le cœur).

7. Statut et rôle dans la communication

Notions clés & Définitions

  • Normalisation par convergence : La normalisation par convergence est un processus où un groupe fait émerger une norme commune en rapprochant progressivement les jugements individuels.
  • Conformité : La conformité est un changement d’attitude ou de comportement visant à aligner l’individu sur la norme portée par un groupe.
  • Influence majoritaire : L’influence majoritaire désigne l’effet d’une majorité sur un individu ou une minorité pour l’amener à se rallier à la norme dominante.
  • Influence minoritaire : L’influence minoritaire est un processus où une minorité influence une majorité en introduisant ou en modifiant des idées et attitudes.
  • Consistance de la source : La consistance de la source est la stabilité des réponses d’une minorité, qui augmente sa capacité à influencer la majorité.

Points essentiels

  • La normalisation suppose une pluralité de réponses initiales jugées équivalentes et une absence d’engagement fort à refuser des concessions, ce qui favorise une convergence pour diminuer le risque de conflit.
  • Dans le paradigme de Sherif, l’effet autocinétique amène des évaluations d’abord très différentes puis une stabilisation sur un standard personnel, avant une convergence en groupe vers une position centrale.
  • Après génération d’une norme en groupe, les sujets peuvent conserver cette norme lors de nouvelles évaluations en situation individuelle, montrant la persistance de l’effet.
  • La conformité vise la réduction du conflit interpersonnel en éliminant la déviance, tandis que la normalisation vise l’évitement du conflit.
  • Conditions de la conformité : existence d’une norme d’objectivité (une seule réponse correcte), groupe nomique (position fortement intériorisée et affirmation active), individu anomique (dépourvu de position intériorisée
  • Dans l’expérience d’Asch, une majorité de complices donne des réponses unanimement erronées à une tâche perceptive simple, et environ 1 sujet sur 4 se conforme au moins une fois sur 12 évaluations, avec 35% de réponses à

Astuce mémo

Convergence = norme qui se crée (Sherif) ; Conformité = on se rallie pour éviter la déviance (Asch) ; Minorité = influence latente si elle est consistante (Moscovici).

8. Représentations de soi et d’autrui

Notions clés & Définitions

  • Effet consécutif : Effet perceptif où, après fixation d’une couleur, une surface blanche fait apparaître la couleur complémentaire.
  • Influence manifeste : Changement observable dans le comportement verbal ou les réponses déclarées d’un individu ou d’un groupe.
  • Influence latente : Changement interne non immédiatement visible, portant sur la représentation ou le seuil perceptif.
  • Influence minoritaire : Influence exercée par une source minoritaire qui peut modifier les représentations même sans changer les réponses manifestes.
  • Conversion : Forme de changement où l’accord devient réel et où l’individu finit par adopter l’idée comme la sienne.

Points essentiels

  • Dans l’effet consécutif, le seuil perceptif peut se déplacer même si les sujets continuent à donner verbalement la même réponse initiale.
  • Des sujets peuvent déclarer voir une couleur sur une page blanche (changement latent) sans manifester ce changement par leur comportement verbal, par peur d’être assimilés à la minorité.
  • Les recherches distinguent explicitement changements manifestes de comportements et changements latents de représentation.
  • Dans l’exemple de Mugny et Pérez (1986), une minorité anti-avortement devient plus favorable à la contraception après latence, sans changement immédiat sur l’avortement.
  • Le transfert de l’avortement vers la contraception s’explique par l’inférence d’un principe organisateur (tolérance) derrière la position minoritaire.
  • Le tableau des formes d’influence oppose accord véritable, complaisance, désaccord et conversion selon la présence d’influence manifeste et latente (Oui/Non).

Astuce mémo

Manifeste = je le dis ; Latent = je le vois/je le pense : la couleur change avant les mots.

9. Ancrage des représentations sociales

Notions clés & Définitions

  • Obéissance à l’autorité : L’obéissance à l’autorité est un comportement où un individu suit des ordres donnés par une figure perçue comme légitime, même quand ils impliquent des actions néfastes.
  • Dynamique socioculturelle : La dynamique socioculturelle désigne l’apprentissage social de l’obéissance, renforcé par des expériences répétées et par des normes culturelles valorisant l’autorité.
  • Changement agentique : Le changement agentique est le passage psychologique qui fait passer l’individu d’une responsabilité personnelle à une position d’exécutant soumis à une autorité.
  • État d’autonomie : L’état d’autonomie est un mode psychologique où la personne se voit comme responsable de ses actes et utilise sa propre conscience comme guide.
  • État agentique : L’état agentique est un mode psychologique où la personne se perçoit comme un agent exécutant, attribuant la responsabilité à l’autorité hiérarchique.

Points essentiels

  • Les entretiens post-séance montrent que des sujets naïfs croyaient réellement avoir infligé des chocs à leur victime, jugée souvent affable et sympathique.
  • Mantell (1971) rapporte que 49% des sujets placés dans une situation d’obéissance comparable pensaient que l’élève était mort ou inanimé.
  • La souffrance visible des sujets de Milgram rend peu plausible l’explication par un plaisir sadique à faire souffrir la victime.
  • Dans une variante avec choix laissé aux moniteurs, les chocs sont évités ou très rares et à des intensités très faibles.
  • Dans une variante où la victime demande explicitement à recevoir des punitions tandis que l’expérimentateur ordonne d’arrêter, tous les sujets naïfs obéissent immédiatement à l’expérimentateur.
  • Milgram explique la soumission par une dynamique socioculturelle et par l’état agentique, c’est-à-dire par la responsabilité perçue et le contexte social.

Astuce mémo

Obéissance = Culture (on apprend à suivre) + Agentique (je deviens exécutant).

10. Structure des représentations sociales

Notions clés & Définitions

  • Comparaison intra-individuelle : Méthode où les mêmes personnes sont mesurées deux fois pour estimer l’évolution d’attitude après une communication persuasive.
  • Comparaison inter-individuelle : Méthode où des personnes différentes sont mesurées une seule fois, pour comparer un groupe exposé à un groupe contrôle.
  • Modèle séquentiel de persuasion : Modèle en étapes qui décrit comment un message persuasive conduit (ou non) à un changement d’attitude puis à un comportement cohérent.
  • Effet d’assoupissement : Phénomène où l’influence de la source diminue avec le temps plus vite que celle du message, ce qui modifie l’impact observé.
  • Réactance psychologique : État émotionnel de colère qui apparaît quand une liberté comportementale est retirée ou menacée, poussant à recouvrer cette liberté.

Points essentiels

  • Dans une comparaison intra-individuelle, le changement d’attitude est estimé en comparant deux mesures chez les mêmes sujets, alors que dans une comparaison inter-individuelle on compare des groupes différents exposés ou
  • Le modèle séquentiel de McGuire (1985) comporte 6 étapes : exposition, attention, compréhension, acceptation/rejet, persistance du changement, puis comportement consistant avec la nouvelle attitude.
  • Les trois premières étapes du modèle de McGuire relèvent du processus de réception, et les trois suivantes du processus d’acceptation ou de rejet.
  • Dans l’expérience de Hovland & Weiss (1951), la source crédible produit 36% de changement d’attitude immédiatement après lecture, contre 0% pour la source non crédible, puis 16% contre 13,9% après 4 semaines.
  • L’effet d’assoupissement correspond à l’idée que l’oubli de la source est plus rapide que l’oubli du message, ce qui peut inverser l’avantage initial de la crédibilité.
  • Dans l’expérience de Mills & Aronson (1965), l’attractivité de la source augmente le changement d’attitude dans le sens du message quand la source est présentée comme attirante plutôt que non attirante.

Astuce mémo

Intra = même personne deux fois ; Inter = deux groupes une seule fois ; McGuire = Exposition→Attention→Compréhension→Acceptation→Persistance→Comportement ; Assoupissement = Source s’éteint avant Message ; Réactance = Liberté menacée = colère puis riposte.

11. Normalisation : définitions et conditions

Notions clés & Définitions

  • Truisme : Croyance admise unanimement, tellement évidente qu’elle est rarement remise en question.
  • Défense par soutien : Stratégie de persuasion où l’on renforce le truisme avec des arguments pour aider l’individu à résister aux attaques.
  • Défense par inoculation : Stratégie où l’on prépare l’individu en lui présentant, sous forme atténuée, des arguments contre-attitudinaux qu’il risque de rencontrer.
  • Inoculation des arguments : Préparation qui rend la croyance plus résistante en faisant prendre conscience de sa vulnérabilité avant l’attaque persuasive.
  • Implication : Niveau d’importance que l’objet attitudinal a pour l’individu, influençant la motivation à traiter l’information.

Points essentiels

  • McGuire (1962) explique la vulnérabilité des truismes par leur caractère de croyances admises sans remise en cause.
  • Analogie médicale : on renforce la résistance soit par soutien (maintenir un état sain), soit par inoculation (exposer à une faible dose pour créer des défenses).
  • Paradigme en deux temps : phase préparatoire (VI inter) avec soutien, réfutation ou absence de défense, puis phase d’attaque visant à remettre en cause le truisme.
  • Dans l’expérience de McGuire (1962), le truisme porte sur le fait de se laver les dents après chaque repas si possible.
  • Résultat clé : inoculation > soutien > absence de défense pour la résistance au changement d’attitude.
  • L’inoculation fonctionne car elle provoque un « choc » cognitif : le sujet perçoit la vulnérabilité de sa croyance et construit des défenses.

Astuce mémo

Truisme = évidence ; Inoculation = mini-attaque qui fabrique des défenses avant la vraie attaque.

12. Influence des minorités et consistance

Notions clés & Définitions

  • Dissonance cognitive : La dissonance cognitive est un état de tension ressenti quand un individu adopte un comportement incompatible avec ses cognitions ou attitudes.
  • Rationalisation : La rationalisation est un processus par lequel l’individu réduit la dissonance en ajoutant ou modifiant des cognitions qui rendent le comportement plus cohérent.
  • Rationalisation en acte : La rationalisation en acte est une réduction de la dissonance obtenue en modifiant ses conduites, pas seulement ses pensées.
  • Engagement : L’engagement est le lien entre un individu et son acte, tel que la réalisation ne peut être attribuée qu’à lui dans la situation donnée.
  • Soumission librement consentie : La soumission librement consentie regroupe des situations où un individu adopte un comportement contre-attitudinal tout en conservant un sentiment de liberté.

Points essentiels

  • L’adoption d’un comportement contre-attitudinal peut déclencher une dissonance, puis une modification des cognitions pour la réduire.
  • La rationalisation consiste à ajouter des cognitions qui rendent le comportement compatible avec soi (ex. justifier un choix par des caractéristiques perçues).
  • La rationalisation en acte illustre une réduction de dissonance via des comportements supplémentaires, comme dans l’échec d’une prophétie avec prosélytisme et recrutement.
  • La version radicale de la dissonance cognitive insiste sur les conditions qui déclenchent l’éveil de l’état de dissonance chez l’individu.
  • Pour que la dissonance s’éveille, l’individu doit être engagé par rapport à son comportement, notamment via le sentiment de libre choix.
  • Quatre conditions d’engagement sont requises : acte public, irrévocable, grave, et décidé librement, la liberté étant la plus déterminante pour attribuer le comportement à soi.

Astuce mémo

Dissonance = Incohérence → (1) pensées changent (rationalisation) ou (2) actions changent (rationalisation en acte) ; Engagement = Public + Irrévocable + Grave + Libre.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1960Milgram mène une série d’expériences sur l’obéissance (entre 1960 et 1963)
1963Fin de la série d’expériences de Milgram (entre 1960 et 1963)
21 décembreProphétie de Madame Keech (déluge)
1957Festinger élabore la théorie de la dissonance cognitive
1959Expérience de Festinger et Carlsmith « 20 $ pour un mensonge »
1964Expérience de Rosenthal et Jacobson (test d’intelligence présenté aux enseignants)
1966Expérience de Hofling et al. sur l’obéissance infirmière
1971Kiesler définit l’engagement (conditions d’engagement)
1981Beauvois et Joule proposent la version radicale de la dissonance cognitive (soumission librement consentie)
1985McGuire propose le modèle séquentiel de persuasion en 6 étapes

Tableaux de synthèse

Influence manifeste vs influence latente (majoritaire vs minoritaire)

Type d’influenceChangement manifesteChangement latent
Influence majoritaireOuiNon
Influence minoritaireNonOui
Effet consécutif (after-effect)Réponse verbale maintenueSeuil perceptif déplacé

Formes de changement sous influence minoritaire (table du cours)

Influence manifesteInfluence latenteForme de changement
OuiOuiAccord véritable
OuiNonComplaisance
NonOuiConversion
NonNonDésaccord

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre obéissance et conformité : l’obéissance suit un ordre d’une autorité, la conformité aligne attitudes/comportements sur une norme de groupe.
  2. Croire que l’information = nouveauté uniquement : dans le modèle technique, l’information réduit l’incertitude, mais la communication humaine dépend aussi de l’appropriation et des enjeux relationnels.
  3. Mélanger rôle prescrit et rôle subjectif : le prescrit vient du consensus social, le subjectif dépend des attitudes/croyances/valeurs du sujet.
  4. Oublier la distinction manifeste/latent : l’influence minoritaire peut modifier la représentation sans changer immédiatement les réponses verbales.
  5. Interpréter l’effet d’assoupissement comme un oubli du message : c’est la crédibilité de la source qui s’éteint plus vite que l’impact du message.
  6. Penser que la dissonance cognitive = simple désaccord : c’est une tension motivationnelle liée à des cognitions inconsistantes, et sa réduction passe par rationalisation.
  7. Confondre rationalisation et changement d’attitude « par persuasion » : la rationalisation réduit la dissonance après un comportement contre-attitudinal (modification des cognitions et/ou des conduites).

Checklist Examen

  1. Définir l’obéissance et la distinguer du conformisme, puis expliquer comment Milgram mesure l’obéissance et quels résultats clés sont rapportés.
  2. Citer et décrire les facteurs modulant l’obéissance dans les variantes de Milgram (contact visuel/physique, absence de l’autorité, légitimité, présence d’une source opposante).
  3. Expliquer les deux explications rejetées (sadisme/biais) et présenter l’explication retenue par Milgram : dynamique socioculturelle et état agentique.
  4. Définir l’état d’autonomie vs l’état agentique et relier la responsabilité perçue à la baisse/hausse de l’obéissance.
  5. Définir l’attitude (Allport) et préciser sa structure (modèle A-B-C : affect, cognitions, conation/intention).
  6. Expliquer pourquoi l’attitude prédit parfois mal le comportement (résultats de méta-analyses) et citer au moins deux facteurs modulateurs (généralité, expérience directe vs indirecte, normes/contrôle perçu).
  7. Présenter le modèle séquentiel de persuasion de McGuire en 6 étapes et distinguer processus de réception vs acceptation/rejet.
  8. Expliquer l’effet d’assoupissement (crédibilité de la source vs oubli du message) et relier-le à l’expérience Hovland & Weiss.
  9. Décrire l’appel à la peur : résultats (peur forte vs modérée) et logique du modèle des réponses étendues (gravité, vulnérabilité, efficacité des recommandations, auto-efficacité).
  10. Présenter la dissonance cognitive (Festinger) : postulats, formule du taux de dissonance (conceptuellement) et illustration « 20 pourunmensonge»(1pour un mensonge » (1 vs 20 $).
  11. Expliquer la version radicale (Beauvois & Joule) : cognition génératrice, rationalisation, conditions d’éveil via engagement (public, irrévocable, grave, libre).
  12. Décrire la soumission librement consentie et distinguer soumission forcée vs sans pression, puis relier à des exemples (sauterelles, rédaction d’essai, jouet interdit) et aux effets attendus sur attitudes vs comportement
  13. Expliquer comment l’engagement et la liberté modulent la dissonance (et donc la rationalisation) et conclure sur la posture éthique/déontologique du psychologue social dans ces recherches.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Mécanismes d'influence sociale avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans l’étude de l’obéissance de Milgram, quel phénomène est principalement observé chez des participants placés face à une autorité légitime ?

2. Quelle interprétation Milgram retient-il pour expliquer la soumission des participants ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Mécanismes d'influence sociale avec 24 flashcards interactives.

Obéissance — définition ?

Suivre une consigne d'une autorité.

Expériences de Milgram — objectif ?

Étudier jusqu’où l’obéissance est acceptée.

Rationalité — rôle ?

Expliquer et justifier comportements.

Voir les flashcards →

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