📋 Plan du Cours
- Mémoire à long terme et représentations mentales
- Mythes de la mémoire et styles d’apprentissage
- Champions de mémoire et techniques de mémorisation
- Modèles à systèmes multiples de Tulving
- Profondeur de traitement et principe du traitement approprié
- Imagerie mentale et rotations mentales
- Mémoire implicite et mémoire explicite
- Amorçage sémantique et diffusion d’activation
- Effet Testing et bénéfices de la récupération active
- Affects et mémoire
- Préférences, affect et émotions anticipatrices
- Prise de décision et utilité espérée
📖 1. Mémoire à long terme et représentations mentales
🔑 Notions clés & Définitions
- Mémoire à long terme : La mémoire à long terme est un système de stockage durable qui conserve des informations et permet leur réactivation lors de la récupération.
- Représentation mentale : Une représentation mentale est un format interne qui encode l’information et sert de base à son traitement, son stockage et sa réactivation.
- Encodage : L’encodage est le processus qui transforme l’information perçue en un format interne exploitable par le système cognitif.
- Récupération : La récupération est le processus qui réactive des représentations stockées pour produire un rappel ou une utilisation de l’information.
📝 Points essentiels
- Les modèles de la mémoire décrivent souvent la mémoire comme un enchaînement encodage, stockage, puis récupération.
- L’encodage traduit les informations de l’environnement (sons, images, etc.) en un format représentationnel pour permettre leur traitement et leur stockage.
- Les représentations stockées sont plus ou moins stables et plus ou moins associées à d’autres représentations.
- La récupération consiste à réactiver des représentations pour permettre l’accès à l’information stockée.
- La notion de représentation mentale relie directement le stockage à la manière dont l’information pourra être réutilisée ensuite.
💡 Astuce mémo
Encodage→Stockage→Récupération : “je code, je garde, je ressors”.
📖 2. Mythes de la mémoire et styles d’apprentissage
🔑 Notions clés & Définitions
- Synesthésie : La synesthésie est un phénomène d’associations involontaires entre modalités sensorielles, comme relier des nombres à des formes ou des couleurs.
- Styles d’apprentissage VAK : Les styles d’apprentissage VAK regroupent des profils supposés visuels, auditifs et kinesthésiques pour expliquer les différences d’apprentissage.
- Champions de mémoire : Les champions de mémoire sont des personnes capables de performances très élevées grâce à des techniques entraînées et affinées sur la durée.
- Méthode des lieux : La méthode des lieux (ou loci) est une technique de mémorisation qui associe des informations à des emplacements spatiaux dans un parcours mental.
- Palais mental : Le palais mental est un parcours de lieux mémorisés dans un ordre fixe, utilisé comme support pour y déposer des informations.
📝 Points essentiels
- Les performances des champions de mémoire peuvent être spectaculaires, mais elles reposent surtout sur un entraînement intensif et régulier plutôt que sur une capacité « magique » innée.
- Les champions de mémoire ne présentent pas nécessairement de synesthésies ou de pathologies : leurs résultats s’expliquent principalement par des techniques apprises et pratiquées.
- La méthode des lieux associe des images mentales à des représentations spatiales, avec un parcours parcouru mentalement dans le même ordre.
- La méthode des lieux se déroule en trois étapes : créer le palais mental, déposer les informations en images à chaque lieu, puis restituer en réactivant les images lieu par lieu.
- Dans l’étude de Ross et Lawrence (1968), des étudiants mémorisent 40 mots via 40 lieux et rappellent en moyenne 38 mots dans le bon ordre immédiatement, puis 34 mots dans le bon ordre après 24h.
- La méthode des lieux surpasse des performances classiques obtenues avec une simple écoute de listes sur un court laps de temps, car elle s’appuie sur l’imagerie mentale et la navigation dans le parcours.
💡 Astuce mémo
Synesthésie = « couleurs des nombres » ; Méthode des lieux = « Lieux fixes + images bizarres + marche mentale ».
📖 3. Champions de mémoire et techniques de mémorisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Effet de récence : L’effet de récence désigne le meilleur rappel des informations présentées en dernier, car elles sont encore relativement disponibles après l’encodage.
- Effet de primauté : L’effet de primauté désigne le meilleur rappel des informations présentées en premier, car elles ont davantage de temps pour être consolidées en mémoire à long terme.
- Modèle de Baddeley : Le modèle de Baddeley décrit la mémoire de travail comme un système modulaire gérant le traitement à court terme via plusieurs sous-composants.
- Boucle phonologique : La boucle phonologique est un sous-système de la mémoire de travail qui traite le matériel verbal temporairement.
- Calepin visuospatial : Le calepin visuospatial est un sous-système de la mémoire de travail qui traite les informations visuelles et spatiales à court terme.
📝 Points essentiels
- Le contraste récence vs primauté s’explique par le fait que les informations récentes restent disponibles, tandis que les premières ont plus de temps pour passer en mémoire à long terme.
- Le modèle de Baddeley (1986, 2003) comprend une boucle phonologique, un calepin visuospatial, un administrateur central et un buffer épisodique.
- L’administrateur central gère l’allocation de l’attention et la coordination entre les sous-systèmes de la mémoire de travail.
- Le buffer épisodique sert d’interface pour intégrer des éléments provenant de différents contenus traités à court terme.
- Dans la logique multi-systèmes, le rappel dépend de la disponibilité et du type de traitement, ce qui rend les performances sensibles à l’ordre de présentation.
- Comparaison : effet de primauté vs effet de récence | Primauté : meilleur rappel des premiers items (consolidation en mémoire à long terme) | Récence : meilleur rappel des derniers items (disponibilité à court terme).
💡 Astuce mémo
Primauté = Premier = Consolidé ; Récence = Dernier = Encore en tête.
📖 4. Modèles à systèmes multiples de Tulving
🔑 Notions clés & Définitions
- Profondeur de traitement : Approche mnésique où la qualité de la trace dépend du niveau de traitement réalisé à l’encodage, pas du temps de répétition.
- Traces mnésiques : Ensemble des traces conservées en mémoire, issues des traitements effectués pendant l’encodage.
- Mémorisation incidente : Mémorisation réalisée sans avertissement préalable que la mémoire sera testée ultérieurement.
- Traitement approprié au transfert : Principe selon lequel la performance dépend de la correspondance entre processus sollicités au test et ceux engagés à l’encodage.
- Connexionnisme : Courant qui explique la cognition à partir de réseaux de neurones, avec un fonctionnement distribué et une plasticité cérébrale.
📝 Points essentiels
- Plus le traitement d’encodage est profond (sémantique), plus la reconnaissance ultérieure est élevée que pour un traitement structural ou phonologique.
- Dans l’expérience de Craik et Tulving (1975), la reconnaissance passe d’environ 0.15 (apparence) à 0.48 (phonologie) puis 0.81 (sens).
- La théorie de la profondeur de traitement explique l’apprentissage par la nature des traitements à l’encodage, pas par la durée de maintien en mémoire à court terme.
- Effet de complexité : des phrases plus élaborées donnent un meilleur rappel que des phrases moins complexes, malgré un encodage sémantique commun.
- Effet de génération : produire soi-même les phrases ou les items améliore le rappel (ex. 29% lecture vs 58% génération).
- Effet d’autoréférence : juger si un mot s’applique à soi améliore fortement le rappel, environ le double du traitement sémantique seul.
💡 Astuce mémo
Profondeur = Sens mieux retenu : Apparence 0.15 → Son 0.48 → Sens 0.81.
📖 5. Profondeur de traitement et principe du traitement approprié
🔑 Notions clés & Définitions
- Profondeur de traitement : La profondeur de traitement désigne le niveau d’analyse engagé lors de l’encodage, allant d’un traitement superficiel à un traitement plus élaboré et durable.
- Traitement approprié : Le traitement approprié correspond à l’idée que la qualité du rappel dépend de l’adéquation entre la façon dont l’information est encodée et la façon dont elle sera testée.
- Encodage précis : L’encodage précis est un encodage détaillé qui augmente la probabilité de réussir au test, surtout quand le test correspond aux caractéristiques encodées.
- Cues faibles et cues forts : Les indices de récupération sont des informations servant à retrouver un souvenir, et ils peuvent être faibles ou forts selon leur capacité à déclencher le bon rappel.
📝 Points essentiels
- Le modèle de la profondeur de traitement prédit que plus l’encodage est élaboré, plus la mémorisation ultérieure est favorisée.
- Le principe du traitement approprié relie la performance de mémoire à la correspondance entre les opérations d’encodage et les exigences du test.
- Des résultats montrent que la précision de l’encodage influence le rappel, en particulier quand le test est adapté à ce qui a été encodé.
- Des indices de récupération faibles facilitent moins la récupération que des indices forts, ce qui modifie la réussite au rappel.
- La performance dépend à la fois du niveau d’encodage et de l’adéquation entre encodage et test, plutôt que du seul temps passé à étudier.
💡 Astuce mémo
Profondeur = “plus je pense finement, mieux je me souviens” ; Approprié = “je réussis si le test ressemble à ce que j’ai encodé”.
📖 6. Imagerie mentale et rotations mentales
🔑 Notions clés & Définitions
- Imagerie mentale : L’imagerie mentale est une simulation interne d’une expérience perceptive ou motrice sans stimulation externe correspondante.
- Rotation mentale : La rotation mentale est une opération cognitive où l’on fait tourner mentalement un objet 3D pour juger sa relation spatiale.
- Amorçage sémantique : L’amorçage sémantique est une facilitation du traitement d’une cible par l’activation préalable d’un concept lié sémantiquement.
- Perception subliminale : La perception subliminale est un traitement d’un stimulus sous le seuil de conscience qui influence la performance sans souvenir conscient.
- Mémoire procédurale : La mémoire procédurale est un système qui stocke des habilités automatisées issues de la pratique répétée.
📝 Points essentiels
- La mémoire explicite se manifeste par un rappel conscient et volontaire, tandis que la mémoire implicite se manifeste par une facilitation sans souvenir conscient de l’influence antérieure.
- Dans les tâches d’amorçage, la performance à la phase test est influencée par une présentation préalable même si le sujet n’a pas l’intention de récupérer l’épisode étudié.
- L’amorçage sémantique produit des réponses plus rapides quand l’amorce et la cible sont sémantiquement liées, car le traitement du second item est facilité par l’activation du premier.
- La diffusion d’activation décrit la mémoire sémantique comme un réseau : l’activation d’un concept préactive des concepts proches, qui sont alors traités plus vite.
- Dans un amorçage standard, chaque essai présente successivement une amorce à ne pas traiter puis une cible à identifier ou classifier, avec des liens possibles orthographiques, phonologiques ou sémantiques.
- Un amorçage est congruent quand amorce et cible partagent un lien, et incongruent quand ce lien n’existe pas, ce qui modifie la vitesse de réponse dans les tâches.
💡 Astuce mémo
Imagerie/rotation = « je simule dans ma tête » ; amorçage = « je préactive avant de juger » ; subliminal = « je traite sans m’en rendre compte » ; procédural = « je deviens automatique par répétition ».
📖 7. Mémoire implicite et mémoire explicite
🔑 Notions clés & Définitions
- Mémoire explicite : La mémoire explicite correspond aux informations que l’on peut consciemment rappeler et verbaliser, comme des connaissances déclaratives.
- Mémoire implicite : La mémoire implicite regroupe des connaissances difficiles à verbaliser, mobilisées automatiquement lors de l’exécution d’habiletés.
- Mémoire procédurale : La mémoire procédurale est un type de mémoire non déclarative qui stocke des savoir-faire exécutables, souvent peu verbalisables.
- Mémoire déclarative : La mémoire déclarative correspond aux connaissances conscientes, récupérables et verbalisables, comme des faits ou événements.
- Connaissance semi-procéduralisée : La connaissance semi-procéduralisée décrit un statut intermédiaire où l’habileté devient plus rapide et précise mais reste parfois imparfaite et encore partiellement dépendante de ressources attentionnelles.
📝 Points essentiels
- Dans la phase associative, les connaissances sous-jacentes deviennent moins verbalisables et l’attention/ mémoire de travail sont de moins en moins sollicitées.
- Dans la phase associative, l’habileté s’améliore (plus rapide, précise, fluide) mais n’est pas encore automatisée et peut échouer sous stress car des ressources attentionnelles restent nécessaires.
- Dans la phase autonome, l’habileté est réalisée sans erreur, rapidement et avec un coût cognitif faible grâce à l’activation de connaissances procédurales en mémoire procédurale.
- La conduite automobile illustre l’apprentissage procédural : au début l’attention est distribuée à chaque action, puis des automatismes réduisent progressivement la charge attentionnelle et rendent la verbalisation plus难
- Le dessin en miroir teste l’apprentissage perceptivo-moteur : avec essais, le temps de tracé diminue et le nombre d’erreurs baisse malgré des discordances visuelles et proprioceptives.
- La tour de Hanoï teste un apprentissage procédural cognitif : la diminution des mouvements au fil des tentatives reflète l’amélioration de la séquence d’actions.
💡 Astuce mémo
Explicite = je peux le dire ; Implicite = je peux le faire (souvent sans pouvoir l’expliquer).
📖 8. Amorçage sémantique et diffusion d’activation
🔑 Notions clés & Définitions
- Amorçage sémantique : L’amorçage sémantique est un effet où l’activation d’un concept facilite le traitement d’un autre concept lié par des relations de sens.
- Diffusion d’activation : La diffusion d’activation est le mécanisme par lequel l’activation mentale se propage entre représentations stockées, jusqu’à influencer des réponses ultérieures.
- Transfert proche : Le transfert proche est l’amélioration des performances quand des connaissances apprises sont réutilisées dans des questions très similaires à celles rencontrées pendant l’apprentissage.
- Transfert lointain : Le transfert lointain est l’application de connaissances apprises dans un domaine à un autre domaine, même lorsque les contextes sont différents.
- Connaissances flexibles : Les connaissances flexibles sont des connaissances récupérables et réutilisables dans de nouveaux contextes, contrairement aux connaissances inertes.
📝 Points essentiels
- Dans l’étude de Butler (2010), la pratique du testing améliore les performances sur des anciennes questions et aussi sur de nouvelles questions, ce qui correspond à un transfert proche.
- La même étude montre un transfert lointain : le testing améliore aussi des réponses dans un autre domaine lié (ex. écholocalisation), pas seulement dans le texte initial.
- Le testing est présenté comme produisant des connaissances flexibles, capables d’être transférées, plutôt que des connaissances inertes peu réutilisables.
- La récupération répétée (testing) est décrite comme favorisant un meilleur apprentissage à long terme que la relecture.
- Le lien avec l’amorçage sémantique et la diffusion d’activation est que récupérer une information active des représentations associées, ce qui rend la réutilisation ultérieure plus probable.
💡 Astuce mémo
Testing = récupération → activation des liens sémantiques → transfert (proche puis lointain).
📖 9. Effet Testing et bénéfices de la récupération active
🔑 Notions clés & Définitions
- Faux souvenirs sémantiques : Phénomène où des items non présentés sont néanmoins reconnus ou rappelés comme s’ils avaient été vus, car ils partagent des liens sémantiques avec les items présentés.
- Effet de congruence affective : Phénomène où la récupération en mémoire est meilleure quand l’état affectif au moment du rappel correspond à celui présent lors de l’encodage.
- Rappel dépendant de l’état : Idée selon laquelle la qualité du rappel dépend de la proximité entre l’état psychique lors de l’apprentissage et celui lors de la récupération.
- Spécificité de l’encodage : Principe selon lequel la similarité entre le contexte d’encodage et celui de récupération favorise la récupération mnésique.
- Procédure Velten : Technique d’induction d’humeur basée sur des formulations ou phrases destinées à faire ressentir une humeur particulière.
📝 Points essentiels
- En reconnaissance, des mots absents mais appartenant au même champ sémantique que des listes sont reconnus à tort à un taux proche de celui des mots réellement présentés.
- Les taux de fausses reconnaissances dépendent du degré d’association mémoire entre événements vécus et non vécus.
- Dans l’étude de Brainerd et al. (2008), les fausses reconnaissances sont plus élevées pour valence négative que pour valence neutre (74% vs 53%).
- Dans la même étude, les fausses reconnaissances sont aussi plus élevées pour valence neutre que pour valence positive (53% vs 36%).
- Le pattern s’inverse entre reconnaissances correctes et fausses reconnaissances selon la valence : neutre/positive favorisent les correctes, négative favorise les fausses.
- Les reconnaissances correctes suivent un gradient : valence négative > valence neutre > valence positive pour les mots cibles de liste.
💡 Astuce mémo
Valence négative = faux souvenirs plus faciles (N→Faux), congruence affective = même humeur = meilleur rappel (Humeur identique → Rappel ↑).
📖 10. Affects et mémoire
🔑 Notions clés & Définitions
- Effet de simple exposition : L’effet de simple exposition est un mécanisme où l’exposition répétée à un stimulus suffit à créer une attitude ou une préférence positive envers lui.
- Simple exposition perceptive : La simple exposition perceptive désigne l’effet de préférence produit par des expositions qui peuvent être subliminales ou supraliminales selon la durée de présentation.
- Renversement de préférences : Le renversement de préférences est un phénomène où l’ordre des préférences change quand la même option est présentée sous une formulation différente.
- Heuristique d’affect : L’heuristique d’affect est un processus où les individus utilisent la confiance dans leurs sensations de bon ou mauvais pour guider jugements et choix.
- Marqueurs somatiques : Les marqueurs somatiques sont des signaux affectifs qui aident à guider des choix adaptatifs, notamment quand les informations sont incomplètes ou ambiguës.
📝 Points essentiels
- Les préférences peuvent avoir une origine biologique (sélection évolutive) ou se construire via l’expérience tout au long de la vie.
- La préférence pour le sucré apparaît très tôt (bébés de 1 à 3 jours) tandis que la préférence pour le salé émerge vers 4 mois.
- La préférence pour des visages symétriques, de grands yeux et des traits enfantins est observée dans plusieurs travaux sur le choix des partenaires.
- L’effet de simple exposition prédit que plus un stimulus est présenté, plus il est jugé agréable, même quand il n’a pas de signification.
- Bornstein (1989) rapporte que des expositions < 1 seconde produisent plus d’effet que des expositions plus longues.
- Kunst-Wilson et Zajonc (1980) montrent qu’en condition infraliminaire la reconnaissance reste au hasard mais les jugements affectifs favorisent les stimuli déjà vus (60% des sujets).
💡 Astuce mémo
Exposition → affect positif : « je l’ai déjà vu » = « je l’aime ».
📖 11. Préférences, affect et émotions anticipatrices
🔑 Notions clés & Définitions
- Pré-punition : Phase expérimentale où les participants sains montrent une préférence avant toute intuition explicite, tandis que les sujets cérébrolésés ne la manifestent pas.
- Pré-intuitive : Phase où seuls les sujets sains présentent des réponses électrodermales anticipatrices avant de choisir un tas perdant, sans conscience rapportée.
- Intuitive : Phase où les sujets sains signalent qu’il y a un problème avec certains paquets sans pouvoir expliquer pourquoi.
- Conceptuelle : Phase où les participants peuvent justifier explicitement pourquoi certains paquets sont mauvais à long terme et d’autres bons.
- Électrodermales anticipatrices : Réponses physiologiques mesurées juste avant une action, interprétées comme un trouble émotionnel anticipé.
📝 Points essentiels
- En phase de pré-punition, les sujets sains préfèrent majoritairement les paquets A et B car leurs cartes valent a priori 100contre50 pour C et D.
- Chez les sujets cérébrolésés, cette préférence en pré-punition n’apparaît pas malgré la structure chiffrée du jeu.
- En phase de pré-intuitive, des réponses électrodermales anticipatrices surviennent chez les seuls sujets sains juste avant de piocher dans un tas perdant (A ou B).
- Les sujets cérébrolésés ne montrent pas ces réactions émotionnelles anticipatrices en pré-intuitive.
- En phase intuitive, les sujets sains expriment qu’il y a un problème avec A et B sans savoir l’expliquer, alors que cette phase n’est pas observée chez les cérébrolésés.
- En phase conceptuelle, 100% des sujets sains et 75% des sujets cérébrolésés savent expliquer pourquoi A et B sont mauvais et C et D bons sur le long terme, ce qui relie l’affect à l’émergence d’intuitions et de nouvelles
💡 Astuce mémo
Affect→préférence: sans affect, pas de préférence (pré-punition), pas d’alarme (pré-intuitive), pas d’intuition (intuitive), seulement justification partielle (conceptuelle).
📖 12. Prise de décision et utilité espérée
🔑 Notions clés & Définitions
- Théorie de l’utilité espérée : Théorie normative de la décision sous incertitude qui recommande de choisir en maximisant l’utilité moyenne pondérée par les probabilités.
- Renversement de préférence : Incohérence observée quand les choix et les offres (ou évaluations) ne suivent pas le même ordre de préférence selon la forme de la tâche.
- Affect pré décisionnel : Ensemble des états affectifs ressentis avant la décision, qui orientent la préparation et l’anticipation de ce qui va être choisi.
- Affect post décisionnel : Ensemble des états affectifs ressentis après la décision, une fois que les conséquences sont connues et évaluées.
- Affect comme information : Mécanisme selon lequel les gens utilisent leur humeur comme signal pour juger et décider, surtout quand ils traitent peu l’information.
📝 Points essentiels
- L’utilité espérée peut être négative même si le jeu a une valeur moyenne calculée à partir des gains et pertes, ce qui correspond à une perte moyenne.
- Lichtenstein et Slovic utilisent l’utilité espérée comme norme pour tester la rationalité humaine et concluent à des biais systématiques et à une faible plausibilité psychologique du modèle.
- Slovic et Lichtenstein montrent que les choix de paris dépendent davantage des probabilités, tandis que les offres d’achat dépendent davantage des montants gagnés ou perdus.
- Dans les paires de paris, une incohérence typique est de choisir majoritairement le pari à forte probabilité de gain mais de proposer une offre plus élevée pour l’autre pari, ce qui viole la cohérence attendue par l’UE.
- Le paradigme de Lichtenstein et Slovic consiste à faire choisir un pari dans chaque paire, puis à demander des offres d’achat pour chaque pari présenté séparément, afin de détecter des renversements de préférence.
- Les émotions anticipatrices sont liées aux projections dans le futur, tandis que les émotions anticipées sont des attentes cognitives sur les émotions futures (non ressenties comme telles au présent).
💡 Astuce mémo
UE = Probabilités × Utilité : si choix suit les probabilités mais offres suivent les montants, tu obtiens un renversement de préférence.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1789 | Bentham : utilité associée aux conséquences (référence à l’ouvrage, original publié en 1789) |
| 1879 | Wundt crée le premier laboratoire de psychologie expérimentale à l’Université de Leipzig |
| 1968 | Atkinson & Shiffrin : modèle des registres de mémoire (1968) |
| 1975 | Craik & Tulving : profondeur de traitement et reconnaissance (1975) |
| 1978 | Kunst-Wilson & Zajonc : discrimination affective de stimuli non reconnus (1980 dans le texte, mais l’expérience d’imagerie/rotation citée est 1978 pour Kosslyn et al. dans le chapitre 3) |
| 1980 | Kunst-Wilson & Zajonc : effet de simple exposition perceptive infraliminaire/supraliminaire (1980) |
| 1981 | Bower : Mood and Memory (1981) |
| 1983 | Schwarz & Clore : affect as information (1983) |
| 1985 | Graf & Schacter : mémoire implicite/explicite (1985) |
| 1986 | Baddeley : modèle de la mémoire de travail (1986) |
📊 Tableaux de synthèse
Primauté vs récence
| Effet | Items mieux rappelés | Mécanisme |
|---|
| Primauté | Les premiers items | Plus de temps pour consolider en mémoire à long terme |
| Récence | Les derniers items | Encore disponibles à court terme après encodage |
Mémoire explicite vs implicite
| Type | Accès | Indice au test |
|---|
| Explicite | Conscient et volontaire | Rappel indicé / rappel libre / reconnaissance avec intention de récupérer |
| Implicite | Non conscient, automatique | Performance facilitée sans souvenir conscient (amorçage de répétition) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre encodage et récupération : l’encodage transforme l’info en format interne, la récupération réactive des représentations stockées.
- Croire que les styles VAK expliquent les différences d’apprentissage : le cours insiste sur l’absence de fondement scientifique et sur l’idée que le format de présentation compte davantage.
- Mélanger primauté et récence : primauté = premiers items (consolidation), récence = derniers items (disponibilité à court terme).
- Penser que la profondeur de traitement dépend du temps de répétition : le cours dit que c’est la nature du traitement (structural/phonologique/sémantique) qui change la trace.
- Interpréter l’amorçage subliminal comme une perception consciente : le cours décrit des seuils et masques, avec influence sans souvenir conscient.
- Assimiler mémoire implicite à “moins importante” : elle peut produire des facilités de performance sans intention de récupérer.
- Croire que l’UE (utilité espérée) décrit fidèlement les choix humains : le cours montre des renversements de préférence et des biais systématiques.
✅ Checklist Examen
- Définir mémoire à long terme, représentation mentale, encodage et récupération, puis expliquer l’enchaînement encodage→stockage→récupération.
- Expliquer pourquoi les “styles d’apprentissage” VAK sont présentés comme un neuromythe et relier l’apprentissage au format de présentation (texte+image vs texte+texte).
- Décrire la méthode des lieux en 3 étapes (palais mental, dépose, restitution) et interpréter les résultats de Ross & Lawrence (1968) sur rappel immédiat et après 24h.
- Expliquer les effets de primauté et de récence et relier ces effets à l’ordre de présentation et aux systèmes impliqués.
- Décrire le modèle de Baddeley (boucle phonologique, calepin visuospatial, administrateur central, buffer épisodique) et le rôle de l’administrateur central.
- Expliquer la profondeur de traitement (Craik & Lockhart/Craik & Tulving) et donner les valeurs de reconnaissance (apparence 0.15, phonologie 0.48, sens 0.81).
- Expliquer le principe du traitement approprié au transfert (TAP) et interpréter l’idée “cues encodées vs cues testées” (indices faibles vs forts).
- Décrire imagerie mentale et rotation mentale, puis relier les résultats (balayage proportionnel aux distances, rotation mentale temps de réaction vs angle).
- Distinguer mémoire explicite et implicite (intentionnalité) et décrire le protocole typique (rappel indicé vs “premier mot qui vient à l’esprit”).
- Décrire l’amorçage sémantique et la diffusion d’activation, puis distinguer amorçage congruent vs incongruent et expliquer la facilitation.
- Expliquer l’effet testing : bénéfice direct (rétention) et bénéfices indirects (organisation, transfert, métacognition, feedback), et citer au moins une comparaison (testing vs relecture / cartes conceptuelles).
- Expliquer les effets de valence et la congruence affective (Bower) sur la récupération, en reliant valence négative/neutralité/positive aux taux de fausses reconnaissances et de rappels corrects.
- Expliquer comment l’affect contribue à la formation des préférences (origines biologiques vs construites, simple exposition) et relier affect heuristic / affect as information à la décision.
- Décrire la théorie de l’utilité espérée (UE) et le renversement de préférence (choix vs offres), puis relier les affects pré/post décisionnels et les émotions anticipatrices/anticipées à la décision.
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