📋 Plan du Cours
- Compétences visées et objectifs de l’enseignement
- Observation directe en psychologie selon Ciccone
- Techniques de recueil et finalités de l’étude
- Validité écologique et revalorisation qualitative
- Technologies et micro-analyses en observation
- Observer, regarder et voir : distinction
- Observation pilote et validation des grilles
- Répertoire comportemental et référentiel de description
- Qualité de la description et critères d’objectivité
- Modalités codées : exclusivité et homogénéité
- Relevé des occurrences, durée et échantillonnage
- Accord inter-observateurs et coefficient de Kappa
📖 1. Compétences visées et objectifs de l’enseignement
🔑 Notions clés & Définitions
- Observation directe : L’observation directe est une technique où l’observateur recueille des données à partir du comportement externe, sans passer par des réponses des participants ni par des mesures indirectes.
- Observation indirecte : L’observation indirecte évalue le comportement via un intermédiaire, par exemple un questionnaire/entretien sur le comportement ou une mesure d’une activité non visible.
- Répertoire comportemental : Un répertoire comportemental est une liste structurée des comportements observables qu’un étudiant sait repérer et décrire de façon systématique.
- Concordance entre observateurs : La concordance entre observateurs désigne le degré d’accord entre observateurs sur leurs observations, utilisé pour juger l’objectivité des données.
- Observation objective au sens faible : Une observation objective au sens faible correspond à une objectivité fondée sur l’accord entre observateurs, même si l’observation reste partiellement dépendante du contexte perceptif.
📝 Points essentiels
- Le cours vise à initier à la méthodologie de l’observation scientifique du comportement, en particulier verbal et non verbal, en situation directe.
- L’objectif est double : questionner l’objectivité des observations produites et construire un répertoire comportemental pour produire des données systématiques.
- À l’issue du cours, l’étudiant doit savoir construire un répertoire comportemental et pratiquer une observation scientifique.
- L’étudiant doit distinguer et justifier le choix d’une méthode d’observation scientifique plutôt qu’une autre.
- L’étudiant doit étudier la concordance entre observateurs et interpréter ce résultat.
- L’étudiant doit distinguer observation objective au sens faible et observation subjective, juger la fiabilité des données, puis analyser et interpréter les données d’observation.
💡 Astuce mémo
Direct = comportement vu ; Indirect = comportement inféré via questions ou instruments.
📖 2. Observation directe en psychologie selon Ciccone
🔑 Notions clés & Définitions
- Observation : Technique scientifique de recueil de données visant à décrire un phénomène observé de manière contrôlée.
- Comportement externe : En observation directe, ensemble des conduites visibles qui renseignent sur l’action d’une personne dans son environnement physique et social.
- Consensus inter-observateurs : Accord entre plusieurs observateurs sur la description d’une même situation, utilisé pour fonder la valeur scientifique de l’observation.
- Objectivité au sens faible : Objectivité obtenue quand un groupe d’observateurs entraînés produit des descriptions concordantes de la situation.
- Objectivité au sens fort : Objectivité atteinte quand un instrument de mesure impose des lectures identiques entre observateurs, sous réserve de la précision de l’outil.
📝 Points essentiels
- La valeur scientifique de l’observation dépend de la capacité de plusieurs observateurs à converger vers une description commune du phénomène.
- En observation directe, l’objet observé est le comportement externe, ce qui permet d’étudier comment les personnes agissent et interagissent avec leur environnement.
- L’observation directe aide à distinguer ce que le sujet fait de ce qu’il dit, ou de ce qu’il dit ne pas faire.
- L’observation du comportement est jugée indispensable pour approcher le sujet dans sa globalité, car le discours peut être décalé.
- En psychologie sociale, la désirabilité sociale peut expliquer l’écart entre ce que les gens déclarent faire et leurs conduites réelles.
- En psychanalyse, l’inconscient est présenté comme une cause possible de nombreuses conduites, ce qui renforce l’intérêt d’observer plutôt que d’écouter uniquement le discours.
💡 Astuce mémo
Consensus = même “lecture” entre observateurs : si plusieurs voient pareil, l’observation devient scientifique.
📖 3. Techniques de recueil et finalités de l’étude
🔑 Notions clés & Définitions
- Distance interpersonnelle : Notion de psychologie sociale décrivant l’espace personnel que les individus jugent acceptable avant de se sentir gênés.
- Observation participante : Démarche d’observation où le chercheur s’intègre au groupe et participe aux activités pendant une période donnée.
- Observation non participante : Démarche d’observation où le chercheur cherche à ne pas intervenir et à limiter l’influence de sa présence.
- Observation sans support : Type d’observation où aucune trace matérielle n’est enregistrée pendant la séance, les données reposant sur la mémoire.
- Observation vidéo : Type d’observation où les comportements sont filmés pour permettre des analyses ultérieures, y compris au ralenti.
📝 Points essentiels
- Dans une tâche de rapprochement, un participant indique à partir de quelle distance la situation devient gênante, ce qui permet d’étudier l’espace personnel.
- L’observation peut aussi se faire en milieu naturel, par exemple via des tâches de coopération ou des dispositifs en forêt pour observer des comportements d’agressivité.
- En observation participante, l’intégration facilite des échanges plus spontanés et une compréhension du fonctionnement interne, mais impose de garder une posture impartiale.
- En observation non participante, l’effet de présence ne disparaît pas : on peut habituer les participants pendant une phase exploratoire ou pilote.
- L’observateur non interventionniste peut être visible ou invisible, par exemple selon la présence ou non d’un dispositif de type miroir/caméra.
- Observation sans support : pas de relevé pendant la séance, ce qui réduit l’impression d’être observé mais diminue la fiabilité et empêche de revenir sur les détails oubliés.
💡 Astuce mémo
Espace→Gêne (distance), Chercheur→Avec ou Sans (participante/non), Trace→Zéro/Papier/Numérique/Audio/Vidéo (du moins au plus exploitable).
📖 4. Validité écologique et revalorisation qualitative
🔑 Notions clés & Définitions
- Validité écologique : La validité écologique désigne le degré auquel les résultats d’une observation restent pertinents pour la situation réelle étudiée.
- Revalorisation qualitative : La revalorisation qualitative consiste à donner plus de valeur aux données riches et contextualisées quand elles complètent ou dépassent les limites du codage quantitatif.
- Observation en milieu naturel : L’observation en milieu naturel est une collecte de données réalisée dans le contexte ordinaire où les comportements se produisent réellement.
- Données irrécupérables : Des données irrécupérables sont des informations qui, une fois perdues ou non enregistrées, ne peuvent plus être récupérées pour l’analyse.
📝 Points essentiels
- En milieu naturel, des essais d’observation sont indispensables car la faisabilité du codage peut varier avec les conditions réelles.
- Le choix du champ caméra (ce qui est inclus ou non) est décisif : certains comportements peuvent être difficiles à discerner s’ils sont trop petits.
- Après chaque essai vidéo, il faut visionner pour vérifier qu’aucun élément important n’a été manqué au regard de la méthode d’enregistrement.
- La méthodologie (notamment le répertoire comportemental) ne doit pas changer pendant l’observation systématique, sauf découverte d’un défaut majeur.
- En cas de modification après collecte vidéo, certaines informations peuvent devenir irrécupérables, d’où l’intérêt de tester avant.
- La description structurelle, fonctionnelle et interprétative n’ont pas le même niveau d’objectivité et de reproductibilité entre observateurs, ce qui influence la qualité des données.
💡 Astuce mémo
Milieu naturel = tester avant : si tu rates le champ caméra, tu perds l’info (irrécupérable) ; et si tu changes la méthode en cours, tu casses la comparabilité.
📖 5. Technologies et micro-analyses en observation
🔑 Notions clés & Définitions
- Référentiel de description RD2 : Un référentiel de description binaire qui classe un comportement en deux catégories opposées, par exemple baille versus ne baille pas.
- Description D1 : Une description opérationnelle qui précise davantage les manifestations d’un comportement pour réduire les désaccords entre observateurs.
- Description D2 : Une description plus économique qui regroupe un comportement dans une catégorie binaire, au risque d’erreurs de comptage.
- Répertoire comportemental : Un ensemble de comportements observables sélectionnés pour un contexte précis, construit pour répondre à une question de recherche.
- Grille comportementale : Une appellation alternative du répertoire comportemental, utilisée pour désigner la liste structurée des comportements à coder.
📝 Points essentiels
- RD2 {D2, non-D2} peut créer des divergences de comptage si les observateurs ne distinguent pas des bâillements étouffés, courts ou bouche fermée.
- D1 est préférable à D2 quand la description binaire seule ne suffit pas à garantir une décision identique entre observateurs.
- L’éthogramme désigne l’ensemble théorique des comportements d’une espèce, tandis que le répertoire comportemental est une sous-partie construite pour un contexte d’étude.
- La taille du répertoire dépend de la diversité des comportements produits, pas de leur fréquence observée.
- Un comportement observé chez un seul individu est dit idiosyncratique, et des différences entre groupes peuvent révéler des micro-cultures.
- Le répertoire comportemental n’est pas exhaustif : il est généralement réduit à quelques catégories soigneusement sélectionnées pour l’étude.
💡 Astuce mémo
D1 = détails pour compter juste ; D2 = binaire pour aller vite mais risque de “bâillements invisibles”.
📖 6. Observer, regarder et voir : distinction
🔑 Notions clés & Définitions
- Observation : L’observation est une démarche structurée qui consiste à relever des comportements de façon planifiée pour répondre à une question de recherche.
- Regard : Le regard désigne l’orientation visuelle d’une personne, souvent codée en modalités (par exemple vers un objet, vers une autre personne, ailleurs).
- Vision : La vision correspond au fait de percevoir un stimulus, mais elle n’est pas en soi une donnée scientifique tant qu’elle n’est pas encodée selon des critères.
- Validité des données : La validité des données vérifie que les comportements choisis et codés correspondent réellement aux questions posées par l’étude.
📝 Points essentiels
- La validité des données dépend du choix des comportements observés, qui doit être approprié pour répondre aux questions de recherche.
- Le choix des comportements doit être réfléchi en fonction du but de l’étude, avant de figer l’encodage final.
- Avant l’encodage, on doit décider la nature des données quantifiées (par exemple occurrence, durée, séquence).
- Un même comportement peut être quantifié de plusieurs façons selon la question (par exemple compter les occurrences ou mesurer la durée).
- Pour un comportement long, l’enregistrement se fait au début de l’apparition de l’état afin de ne pas perdre l’événement de départ.
- L’intensité est délicate et souvent subjective sans instrument, donc elle est à proscrire comme mesure directe.
💡 Astuce mémo
Observation = méthode; Regard = variable codable; Vision = perception brute; Validité = bon choix de comportements pour la question.
📖 7. Observation pilote et validation des grilles
🔑 Notions clés & Définitions
- Contexte physique : Le contexte physique désigne les caractéristiques matérielles de la situation d’observation qui peuvent influencer les comportements observés.
- Contexte social : Le contexte social regroupe les caractéristiques des partenaires et de leurs interactions (présence, identité, distance, familiarité, attention) autour de l’individu observé.
- Variables indépendantes : Les variables indépendantes sont les facteurs définis à l’avance dont les valeurs peuvent être fixes ou varier selon les sessions d’observation.
- Échantillonnage ad libitum : L’échantillonnage ad libitum est une méthode où l’observateur n’impose pas de contraintes sur les sujets, l’ordre ou les moments d’observation.
- Échantillonnage par focalisation : L’échantillonnage par focalisation est une méthode où l’observateur concentre l’observation sur un individu ou sur un comportement cible pendant une période donnée.
📝 Points essentiels
- Les descriptions contextuelles doivent préciser le cadre physique (météo, altitude, lieu, salle, laboratoire) et le cadre social (nombre de partenaires, identité et distance du plus proche, familiarité, état d’attention)
- Ces descriptions servent soit à définir des conditions initiales, soit à définir des variables indépendantes selon qu’elles sont identiques pour toutes les sessions (fixes) ou différentes (variables)
- Les choix d’échantillonnage se résument à quatre questions : qui, quoi, où, quand, en commençant par les individus puis les comportements, le contexte et enfin le temps
- Les choix d’enregistrement déterminent le format de sortie (fréquence, durée, présence/absence) et sont liés à une notation préétablie (occurrence, temps, présence/absence)
- Un enregistrement continu permet de compter occurrences, fréquences, latences et séquences, mais exige une focalisation attentionnelle continue de l’observateur
- Un enregistrement discontinu ré-échantillonne le temps en intervalles et allège l’effort, donnant des approximations sur présence/absence ou sur le pourcentage de temps dans un état donné
💡 Astuce mémo
Contexte = Physique + Social ; Méthode = Qui/Quoi/Où/Quand ; Enregistrement = Continu (détails) vs Discontinu (intervalles).
📖 8. Répertoire comportemental et référentiel de description
🔑 Notions clés & Définitions
- Répertoire comportemental : Ensemble des comportements observables définis et codés pour guider l’observation et l’encodage.
- Référentiel de description : Cadre de catégories et de modalités utilisé pour décrire un comportement à un moment donné ou sur une période.
- Feuille d’encodage : Support de collecte qui associe des variables codées à des moments (ou intervalles) pour enregistrer les comportements.
- Échantillonnage complet et continu : Méthode où l’on enregistre tous les changements de nature des comportements au fil du temps pour chaque variable.
- Échantillonnage discontinu : Méthode où l’observation est limitée à des moments ou intervalles choisis, sans couvrir toute la durée des comportements.
📝 Points essentiels
- L’échantillonnage complet et continu permet d’analyser les séquences entre individus et la synchronisation de leurs comportements.
- Dans un codage continu, on note à chaque changement de nature et les flèches indiquent que l’état précédent se poursuit jusqu’au nouvel état dans la même variable.
- Le codage continu fournit des informations détaillées sur l’occurrence exacte et la durée, mais il est difficile sans enregistrement vidéo.
- L’échantillonnage par présence/absence (one-zero sampling) enregistre, pour chaque intervalle, 1 si le comportement apparaît au moins une fois et 0 sinon.
- Le one-zero sampling ne donne pas la durée ni la fréquence, et ne permet pas de savoir si des occurrences contiguës forment un seul événement ou plusieurs.
- L’intervalle de temps doit être choisi pour rester pertinent (si les occurrences sont rares, une unité trop fine comme la seconde ou la minute devient inutile).
💡 Astuce mémo
Continu = changements notés tout le temps (séquences + durée) ; Discontinu = photos/intervalle (présence/absence ou pointage) sans durée fine.
📖 9. Qualité de la description et critères d’objectivité
🔑 Notions clés & Définitions
- Concordance inter-observateurs : La concordance inter-observateurs désigne le degré d’accord entre deux observateurs qui décrivent indépendamment la même situation.
- Concordance intra-observateur : La concordance intra-observateur désigne le degré d’accord d’un même observateur lorsqu’il refait deux fois la description d’une situation avec la même méthode.
- Double-codage : Le double-codage est une procédure où plusieurs codeurs codent le même échantillon pour vérifier la fiabilité et la concordance des données.
- Coefficient de kappa de Cohen : Le coefficient de kappa de Cohen est un indicateur statistique qui mesure l’accord entre observateurs en tenant compte de l’accord attendu par hasard.
- Taux d’accord : Le taux d’accord est la proportion de décisions ou catégories identiques entre deux descriptions comparées terme à terme.
📝 Points essentiels
- La vision comporte une part perceptive et une part cognitive, ce qui rend la description d’un seul observateur non objective en soi.
- Une description parfaitement fidèle au réel n’est accessible à aucun observateur, donc la divergence n’implique pas automatiquement tort et raison.
- L’objectivité d’une observation scientifique repose sur la reproductibilité, assurée par la concordance entre observateurs.
- Le langage peut introduire des écarts car le codage verbal utilise des catégories linguistiques perçues différemment selon les observateurs.
- Les données sont fiables quand la collecte est répétable, sans choix ad hoc unilatéraux de l’observateur.
- Le double-codage est souvent réalisé sur environ 20% du jeu de données, mais peut être étendu à tout le jeu si la description est très fine ou jugée subjective.
💡 Astuce mémo
Accord = Objectif : même scène, mêmes règles, mêmes codes; on teste d’abord l’accord (taux), puis le kappa.
📖 10. Modalités codées : exclusivité et homogénéité
🔑 Notions clés & Définitions
- Accord inter-observateurs : L’accord inter-observateurs mesure la concordance entre deux observateurs qui codent la même situation avec la même grille et selon les mêmes règles.
- Répertoire comportemental : Le répertoire comportemental regroupe l’ensemble des modalités comportementales autorisées pour coder une situation d’observation.
- Homogénéité des modalités : L’homogénéité des modalités exige que chaque modalité soit définie de façon comparable et non ambiguë pour limiter les interprétations divergentes.
- Exclusivité des modalités : L’exclusivité des modalités impose que chaque occurrence observée corresponde à une modalité sans chevauchement avec les autres modalités.
📝 Points essentiels
- Deux observateurs doivent utiliser le même répertoire comportemental et la même méthode de codage pour que la comparaison soit valide.
- Les observateurs doivent avoir un niveau d’expertise comparable et ne pas communiquer ni voir le codage de l’autre pendant l’observation.
- La comparaison se fait séquentiellement terme à terme, en repérant les divergences et en vérifiant les définitions des comportements non concordants.
- On corrige la liste des comportements et on ajuste la méthode (définitions, échantillonnage ou enregistrement) puis on recommence jusqu’à atteindre au moins 90% d’accord.
- Un comportement codé par un seul observateur signale souvent une modalité trop vague ou trop subtile à quantifier objectivement.
- Le taux d’accord Po est calculé comme Po = (nombre d’accords) / (nombre d’accords + nombre de désaccords), puis converti en pourcentage si besoin.
💡 Astuce mémo
Accord = même grille + même regard (sans échange) ; si ça diverge, c’est que les modalités se chevauchent ou sont trop floues.
📖 11. Relevé des occurrences, durée et échantillonnage
🔑 Notions clés & Définitions
- Échantillonnage focal : Méthode d’observation ciblant un type de comportement précis pour en relever les informations (début et fin) sur une période donnée.
- Enregistrement continu : Procédé d’observation qui suit un comportement tout au long de son déroulement afin de pouvoir déterminer ses bornes temporelles.
- Occurrence : Nombre de fois où une modalité comportementale est observée pendant une session d’observation.
- Fréquence : Mesure du comportement rapportée au temps, obtenue en divisant le total des occurrences par le nombre d’unités de temps.
- Durée d’un comportement : Temps écoulé entre le début et la fin d’un comportement (ou d’un état) observé.
📝 Points essentiels
- Les relevés d’observation ne donnent pas directement la durée ou la fréquence : ces grandeurs doivent être calculées à partir des bornes temporelles et du temps total.
- Un échantillonnage focal avec enregistrement continu permet de relever le temps de début et de fin de chaque comportement alimentaire, puis d’en déduire la durée.
- La quantification par occurrences consiste à additionner toutes les occurrences d’une modalité sur une ou plusieurs sessions.
- La quantification par occurrences n’est utilisable que si la durée d’observation est standardisée entre sessions et entre individus.
- La fréquence correspond à la somme des occurrences divisée par le nombre d’unités de temps (par exemple par minute ou par seconde).
- La fréquence relative est la proportion des occurrences d’une modalité par rapport à toutes les modalités observées.
💡 Astuce mémo
Occurrences = compter, Fréquence = compter par temps, Durée = compter le temps entre début et fin.
📖 12. Accord inter-observateurs et coefficient de Kappa
🔑 Notions clés & Définitions
- Concordance inter-observateurs : La concordance inter-observateurs désigne le fait que deux observateurs codent la même scène avec la même méthode et décrivent de façon similaire les comportements.
- Kappa de Cohen : Le Kappa de Cohen est un outil statistique qui mesure de manière synthétique et standardisée la concordance entre deux observateurs.
- Grille de notation : La grille de notation est une grille préétablie qui fixe le moment, le format et le niveau de détail pour enregistrer les comportements.
- Modalité : Une modalité est une catégorie de comportement (par exemple une posture) utilisée pour classer les observations.
- Référentiel de description : Le référentiel de description regroupe l’ensemble des modalités possibles d’un comportement observé pour cadrer le codage.
📝 Points essentiels
- La concordance inter-observateurs suppose deux observateurs et une même méthode d’observation appliquée à une même scène.
- La concordance inter-observateurs vise une description similaire des comportements, pas seulement une impression générale.
- Le Kappa de Cohen sert à exprimer la concordance entre deux observateurs de façon standardisée et synthétique.
- Une grille de notation structure le codage en imposant quand enregistrer, sous quel format et avec quel niveau de détail.
- Le référentiel de description délimite les modalités autorisées, ce qui rend le codage comparable entre observateurs.
- Une modalité correspond à une catégorie de comportement et ne doit pas être confondue avec une modalité sensorielle (visuelle, tactile, audible).
💡 Astuce mémo
Kappa = Accord “corrigé” entre observateurs : même scène + même grille → même modalités.
📊 Tableaux de synthèse
Objectivité : sens faible vs sens fort
| Notion | Principe | Limite/condition |
|---|
| Objectivité au sens faible | Plusieurs observateurs entraînés concordent sur la description de la même situation | Concerne un groupe d’observateurs (objectivité restreinte) |
| Objectivité au sens fort | Un instrument impose des lectures identiques entre observateurs (ex. thermomètre) | Non possible avec l’observation directe du comportement ; nécessite l’étude de la concordance inter-observateurs |
Types de description du comportement (structurelle, fonctionnelle, interprétative)
| Type | Ce que décrit | Niveau d’objectivité/reproductibilité |
|---|
| Structurelle (D1) | Manifestations observables (postures/actions) | Catégories descriptives indiscutables et relativement indépendantes de la culture |
| Fonctionnelle (D2) | Effets immédiats produits dans l’environnement | Plus économique mais peut créer des divergences si la catégorie est trop vague |
| Interprétative (D3) | Interprétation du sens du comportement | Plus subjective, rend difficile la concordance entre observateurs |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre observation directe et observation indirecte : poser des questions sur le comportement relève de l’indirect, pas du direct.
- Croire qu’une divergence entre observateurs signifie automatiquement “tort/raison” : en vision, la divergence n’implique pas forcément une erreur.
- Mélanger description structurelle/fonctionnelle/interprétative dans une même variable : cela dégrade la reproductibilité et la concordance.
- Choisir une description binaire (D2/RD2) trop économique : les bâillements étouffés/courts/bouche fermée peuvent être comptés différemment.
- Oublier les critères d’exclusion et de terminaison : sans eux, on ne sait pas clairement quand une occurrence commence/finie (ex. enchaînement de sourires).
- Prendre un intervalle de temps inadapté en one-zero sampling : une unité trop fine ou trop grossière rend les résultats non pertinents.
- Changer la méthode pendant l’observation systématique : les données deviennent non comparables (sauf défaut majeur).
✅ Checklist Examen
- Définir observation directe vs observation indirecte et justifier le choix de la méthode selon la question de recherche.
- Construire un répertoire comportemental : question d’étude, observations exploratoires, liste, définitions avec critères d’exclusion, variables/modalités, anticipation des calculs.
- Distinguer observation objective au sens faible (consensus inter-observateurs) et au sens fort (instrument) et expliquer pourquoi l’observation directe nécessite la concordance.
- Expliquer les quatre niveaux d’exigence : spontanée, exploratoire, pilote, systématique, et ce qui doit être figé à l’étape systématique.
- Choisir un type de support (sans support, papier-crayon, numérique, audio, vidéo) en citant au moins une limite et une conséquence sur la fiabilité.
- Choisir une méthode d’échantillonnage et d’enregistrement en répondant à qui/quoi/où/quand et en reliant cela au format de sortie (occurrence, durée, présence/absence).
- Distinguer focalisation sur un individu, focalisation sur un comportement, échantillonnage complet et continu, et one-zero sampling ; préciser ce que chaque méthode permet de calculer.
- Définir et utiliser correctement les notions de variable, modalité, référentiel de description, critères d’exclusion et critères de terminaison.
- Calculer et interpréter la concordance : étapes (observations indépendantes, comparaison, taux d’accord, kappa), et le seuil d’au moins 90% avant de poursuivre.
- Quantifier correctement : occurrence, fréquence, durée, latence, séquence, simultanéité/cooccurrence, et rappeler que la durée/fréquence se déduisent des bornes temporelles.
- Choisir une analyse/figure adaptée à la nature des données (ex. fréquence relative, médiane/dispersion, types de graphiques) et relier statistiques descriptives à indices de tendance centrale et dispersion.
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