📋 Plan du Cours
- Mondialisation néolibérale et globalisation
- Principes du modèle néolibéral
- Privatisations et marchandisation du monde
- Révolution des transports et mondialisation des flux
- Transition énergétique des transports
- Capitalisme managérial vers capitalisme actionnarial
- Downsizing, recentrage et recherche de rentabilité
- Délocalisation productive et maquiladoras
- Externalisation et firme creuse
- DIPP et chaîne de valeur mondiale
- Firme-réseau et coordination numérique
- Retour de la triadisation dans les années 2020
📖 1. Mondialisation néolibérale et globalisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Mondialisation néolibérale : Période de mondialisation (1979-2019) portée par la diffusion du modèle néo-libéral, qui transforme durablement l’économie mondiale et les rapports de puissance.
- Globalisation : Terme utilisé quand la mondialisation devient réellement planétaire, touchant l’ensemble des régions et des dimensions (échanges, finances, technologies, cultures, populations).
- Modèle néo-libéral : Ensemble de principes économiques fondés sur la concurrence et le marché, qui réduit le rôle de l’État et ouvre les économies à la compétition internationale.
- Chicago Boys : Groupe d’économistes influencés par Milton Friedman et l’école de Chicago, dont les idées inspirent des politiques néo-libérales diffusées à l’échelle mondiale.
- Plans d’ajustement structurel : Dispositifs imposés par des institutions financières internationales pour restructurer des économies en difficulté via l’ouverture et la réduction du rôle public.
📝 Points essentiels
- La mondialisation néo-libérale se découpe en trois phases : mise en place (1979-1991), apogée (1991-2008), puis remise en cause après 2008 jusqu’à 2020.
- La globalisation correspond à l’extension mondiale des échanges économiques, financiers, technologiques, culturels et humains.
- Le modèle néo-libéral repose sur : libéralisation des échanges, dérégulation, réduction du rôle économique de l’État, privatisations, libre circulation des capitaux et ouverture à la concurrence internationale.
- Après la fin de la Guerre froide (1989-1991), l’effondrement du bloc soviétique fait disparaître l’alternative au capitalisme libéral et renforce la domination idéologique néo-libérale.
- Le FMI et la Banque mondiale utilisent des plans d’ajustement structurel : ouverture au libre-échange, baisse des dépenses publiques, privatisations et intégration aux marchés mondiaux.
- La mondialisation néo-libérale favorise une forte croissance et l’intégration de centaines de millions de personnes, notamment en Asie, mais s’accompagne d’inégalités, de précarisation et de fragilisation des États face.
💡 Astuce mémo
Chronologie en 3 temps : 79-91 mise en place, 91-08 apogée, 08-20 contestation limitée.
📖 2. Principes du modèle néolibéral
🔑 Notions clés & Définitions
- Politique monétaire restrictive : Politique monétaire qui réduit fortement la liquidité pour faire baisser l’inflation, même si l’activité économique ralentit fortement.
- Reaganomics : Ensemble de politiques économiques associées à Ronald Reagan, combinant dérégulation, baisse d’impôts et réduction du rôle économique de l’État.
- Parenthèse keynésienne : Période où les États-Unis appliquent un modèle inspiré du keynésianisme, présenté comme une parenthèse entre 1933 et 1981.
- Consensus de Washington : Cadre de réformes des années 1990 qui regroupe des prescriptions pour les pays en difficulté, centrées sur l’ouverture et la réduction du rôle de l’État.
- Thérapies de choc : Ensemble de mesures appliquées brutalement dans les années 1990 pour passer d’une économie planifiée à une économie de marché.
📝 Points essentiels
- En 1979, Paul Volcker (FED) mène une politique monétaire très restrictive pour casser l’inflation, au prix d’une forte récession.
- Après l’inflation maîtrisée, l’économie américaine est relancée sur de nouvelles bases, puis l’élection de Reagan en 1981 accélère la bascule.
- Le néo-libéralisme vise à démanteler progressivement le modèle keynésien issu du New Deal, en revenant à une logique de marché plus « pure ».
- Reagan cherche à restaurer une logique de marché fondée sur la dérégulation, la baisse des impôts et la réduction du rôle économique de l’État.
- Certains économistes qualifient la période 2021-2025 de « Bidenomics » comme un retour partiel au néo-keynésianisme via des investissements publics massifs, mais l’interprétation est discutée.
- À partir de 2025, Trump impose des « Trumponomics » combinant ultra-libéralisme intérieur, baisse massive des impôts, néo-protectionnisme et droits de douane, avec une dimension mercantiliste.
💡 Astuce mémo
Volcker→Inflation cassée, Reagan→Marché pur, Washington→Privé+Ouvert, Choc→Plan→Marché brutal.
📖 3. Privatisations et marchandisation du monde
🔑 Notions clés & Définitions
- Privatisation des services publics : La privatisation des services publics consiste à transférer tout ou partie de leur gestion du secteur public vers des acteurs privés.
- État-providence : L’État-providence désigne l’ensemble des politiques publiques qui protègent les individus contre les risques sociaux (santé, éducation, retraite, chômage).
- Baisse des cotisations et des impôts : La baisse des cotisations sociales et des impôts vise à réduire le coût du travail et la fiscalité des revenus et des entreprises.
- Libre-échange : Le libre-échange correspond à la réduction des barrières commerciales (notamment les droits de douane) pour intensifier les échanges entre pays.
- Marchandisation du monde : La marchandisation du monde est le processus par lequel des activités et ressources auparavant non marchandes deviennent organisées comme des biens ou services achetables.
📝 Points essentiels
- Le néo-libéralisme réduit progressivement le rôle économique et social de l’État.
- Les entreprises publiques sont privatisées totalement ou partiellement dans l’énergie, les transports, les télécommunications et l’information.
- L’État-providence est remis en cause via la santé, l’éducation, les retraites, la petite enfance et le chômage.
- La logique fiscale vise à faire en sorte que « le travail paye » et à augmenter profits et investissement privé pour stimuler la croissance.
- La baisse des droits de douane renforce l’ouverture économique et le libre-échange, accélérée par unions régionales et accords commerciaux.
- La marchandisation touche aussi la sécurité via des armées privées, la nature (eau, plages, forêts, montagnes) et des biens via des plateformes comme Airbnb, eBay et les réseaux sociaux.
💡 Astuce mémo
Privatisation = « services + protections » ; Marchandisation = « tout devient achetable » (nature, mobilité, loisirs, même sécurité).
📖 4. Révolution des transports et mondialisation des flux
🔑 Notions clés & Définitions
- Maritimisation du monde : La maritimisation du monde désigne l’importance croissante des mers et des océans dans les échanges économiques internationaux.
- Gigantisme naval : Le gigantisme naval correspond à l’augmentation de la taille des navires, notamment des porte-conteneurs, pour réduire les coûts de transport.
- Conteneurisation : La conteneurisation est la standardisation du transport des marchandises en conteneurs, qui accélère les opérations et réduit les coûts logistiques.
- Multimodalité : La multimodalité est la capacité à enchaîner rapidement plusieurs modes de transport (navire, train, camion, avion) grâce à des plateformes logistiques.
- Compagnies low cost : Les compagnies low cost sont des acteurs du transport aérien qui proposent des tarifs réduits, ce qui élargit fortement l’accès à l’avion.
📝 Points essentiels
- La révolution des transports accélère les échanges de marchandises, de personnes et d’informations à l’échelle mondiale.
- La baisse des coûts de transport favorise l’explosion des flux mondiaux et l’intégration croissante des territoires à l’économie mondiale.
- Plus de 80 % du commerce mondial en volume passe par voie maritime.
- Les porte-conteneurs actuels peuvent dépasser 20 000 EVP, ce qui permet de transporter plus de conteneurs standardisés simultanément.
- La conteneurisation rend le chargement et le déchargement plus rapides, réduit les pertes et abaisse les coûts logistiques.
- La multimodalité améliore la flexibilité, la rapidité et l’adaptation des transports aux chaînes de production mondiales grâce aux plateformes intégrées.
💡 Astuce mémo
Maritime = 80% ; Conteneur = standard ; Multimodal = navire→train→camion→avion.
📖 5. Transition énergétique des transports
🔑 Notions clés & Définitions
- Transition énergétique des transports : Transition des transports visant à sortir du modèle fondé sur le pétrole et les énergies fossiles en changeant les technologies et les modes de déplacement.
- Électrification des véhicules : Transformation du parc automobile vers des véhicules fonctionnant à l’électricité plutôt qu’aux carburants fossiles.
- Transports collectifs : Ensemble des modes de transport partagés (par exemple train, bus, métro) qui déplacent plusieurs personnes à la fois.
- Mobilités douces : Déplacements à faible impact reposant sur des modes non motorisés comme la marche et le vélo.
- Dépendance au pétrole : Niveau de recours aux produits pétroliers pour faire fonctionner les transports, qui diminue dans la transition.
📝 Points essentiels
- Les transports reposent principalement sur le pétrole et les énergies fossiles, ce qui en fait une source majeure de pollution et d’émissions de gaz à effet de serre.
- La transition énergétique cherche à rompre avec le modèle hérité de la révolution industrielle appliqué aux transports.
- La transition repose sur l’électrification des véhicules pour réduire l’usage des carburants fossiles.
- Elle s’appuie aussi sur le développement des transports collectifs pour organiser des déplacements partagés.
- Les mobilités douces (vélo, marche) complètent la transition en proposant des alternatives locales.
- La transition inclut de nouvelles infrastructures ferroviaires et une réduction partielle de la dépendance au pétrole.
💡 Astuce mémo
Fossiles → (Électrifier) + (Collectif) + (Doux) + (Rail) ; objectif : moins de pétrole, moins d’émissions.
📖 6. Capitalisme managérial vers capitalisme actionnarial
🔑 Notions clés & Définitions
- Capitalisme actionnarial : Modèle dominant de la mondialisation néo-libérale où la performance de l’entreprise est jugée surtout à partir des attentes des actionnaires.
- Capitalisme managérial : Système antérieur où les managers privilégient la croissance et la puissance de l’entreprise plutôt que la rentabilité financière immédiate.
- Shareholder value : Principe de maximisation de la valeur pour les actionnaires qui oriente les décisions des dirigeants vers la rentabilité et la performance boursière.
- Financiarisation de l’économie : Processus par lequel les marchés financiers deviennent centraux dans le financement et l’orientation des stratégies des entreprises.
- Downsizing : Logique de réduction et d’allègement des structures d’une entreprise pour gagner en flexibilité et en rentabilité.
📝 Points essentiels
- Le capitalisme actionnarial s’impose comme caractéristique de la mondialisation néo-libérale à partir des années 1970-1980.
- Les firmes multinationales modernes développent des structures rationnelles comme les divisions par branches, les divisions géographiques et l’organisation matricielle.
- Galbraith critique le gigantisme en montrant que la taille accroît les lourdeurs administratives, la bureaucratisation, les coûts et la faible réactivité aux crises.
- Dans ce modèle, le pouvoir passe des propriétaires aux managers professionnels, évalués surtout sur la croissance (CA, taille, salariés, filiales, expansion).
- À partir des années 1980, la financiarisation renforce l’exigence de shareholder value : rentabilité, hausse des profits, cours des actions et dividendes.
- Le capitalisme actionnarial conduit à remettre en cause le gigantisme via des restructurations et une recherche de rentabilité par des entreprises plus légères et flexibles.
💡 Astuce mémo
Managérial = « grandir » ; Actionnarial = « plaire aux actionnaires » (shareholder value) via marchés financiers.
📖 7. Downsizing, recentrage et recherche de rentabilité
🔑 Notions clés & Définitions
- Capitalisme actionnarial : Modèle où les décisions des entreprises sont fortement orientées par les attentes des actionnaires et des marchés financiers.
- Financiarisation de l’économie : Processus par lequel les marchés financiers deviennent centraux dans le financement et l’orientation des stratégies des entreprises.
- Downsizing : Réduction volontaire de la taille d’une entreprise pour améliorer sa rentabilité financière.
- Recentrage sur le cœur de métier : Stratégie consistant à abandonner les activités jugées peu rentables pour se concentrer sur les secteurs les plus profitables.
- Hollow companies : Entreprises dites « creuses » dont l’activité productive est fortement allégée au profit d’organisations plus externalisées.
📝 Points essentiels
- La transformation est liée à la financiarisation : investisseurs, fonds de pension et grands actionnaires influencent fortement les stratégies des multinationales.
- Dans ce cadre, les dirigeants doivent prioriser les attentes des marchés financiers pour être jugés sur leurs performances financières et boursières.
- Le downsizing vise à rendre les multinationales plus légères, flexibles et rentables, en remettant en cause le gigantisme des années 1950-1970.
- La logique de rentabilité entraîne des restructurations, des licenciements massifs, des fermetures d’usines, ainsi que des externalisations et délocalisations.
- Le recentrage s’accompagne d’une sortie progressive d’activités jugées insuffisamment rentables, au profit des secteurs les plus profitables.
- Cette évolution favorise la sous-traitance, l’externalisation, la fragmentation mondiale de la production et l’émergence des hollow companies ; les cas de forte rentabilité par gestion très rationalisée restent rares (ex
💡 Astuce mémo
Downsizing = « couper pour gagner » : on réduit la taille pour augmenter la rentabilité financière.
📖 8. Délocalisation productive et maquiladoras
🔑 Notions clés & Définitions
- Toyotisme : Modèle productif japonais visant l’efficacité industrielle, qui sert de référence à des entreprises occidentales cherchant à s’en inspirer.
- Délocalisation productive : Déplacement de la production vers d’autres lieux pour réduire les coûts, d’abord à l’intérieur d’un pays puis à l’étranger.
- Maquiladoras : Système d’usines d’assemblage à la frontière mexicaine, alimentées par des composants importés et réexportant les produits finis vers les États-Unis.
- RCA : Entreprise américaine (Radio Corporation of America) qui met en place une délocalisation progressive, du territoire national jusqu’au Mexique via les maquiladoras.
- Nike : Entreprise de chaussures de sport qui organise la production par sous-traitance mondiale sans posséder d’usines.
📝 Points essentiels
- Le Japon et la RFA accumulent des excédents commerciaux tandis que les déficits américains, britanniques et français se creusent continuellement.
- En quelques décennies, le Japon dépasse les États-Unis dans plusieurs secteurs industriels stratégiques malgré la conviction américaine de supériorité dans les années 1950.
- Les élites américaines identifient qu’une économie ouverte peut mener à la désindustrialisation, aux rachats d’entreprises, à la perte de compétitivité et à l’aggravation des déficits commerciaux.
- RCA commence par déplacer la production à l’intérieur des États-Unis (Bloomington, Indiana) pour profiter de coûts plus faibles, puis transfère une partie à Memphis (Tennessee) quand les salaires augmentent à Bloomington
- En 1965, RCA passe à une production au Mexique grâce aux maquiladoras : assemblage près de la frontière, composants produits aux États-Unis, main-d’œuvre mexicaine peu coûteuse, capitaux et technologies américaines, réex
- RCA installe la première grande maquiladora près de Ciudad Juárez face à El Paso, ce qui structure des « twin cities » transfrontalières autour de la production américaine.
💡 Astuce mémo
RCA = « du dedans au dehors » : États-Unis (Bloomington→Memphis) puis Mexique (maquiladoras) ; Nike = « sans usine » : on change de fournisseur.
📖 9. Externalisation et firme creuse
🔑 Notions clés & Définitions
- Sous-traitance mondialisée : Organisation de la production où l’entreprise confie la fabrication à des fournisseurs répartis dans plusieurs pays, en changeant selon les coûts et les conditions.
- Firme creuse : Entreprise dont l’activité interne est réduite à l’essentiel (marque, innovation, stratégie) tandis que la production est confiée à des sous-traitants.
- Capitalisme actionnarial : Modèle où la logique de performance financière pousse les firmes à se recentrer sur ce qu’elles jugent être leur cœur de métier.
- Firme légère : Forme d’entreprise fondée sur une organisation très externalisée, résumée par l’idée que « Small is beautiful ».
- Domination de la marque : Situation où la valeur perçue du produit dépend surtout de l’image et du marketing, plus que de la fabrication elle-même.
📝 Points essentiels
- Nike ne fabrique pas directement ses produits et sous-traite d’abord au Japon, puis à la Corée, aux « dragons », aux « tigres », puis à la Chine et à l’Asie du Sud-Est.
- Nike garde en interne design, innovation, marketing, publicité et gestion de la marque pour piloter la valeur sans dépendre d’une usine unique.
- Le modèle Nike permet de changer de fournisseur selon l’évolution des coûts salariaux, contrairement à des firmes qui doivent déplacer leurs usines.
- Les enquêtes de 1999 révèlent des violences physiques, une exploitation extrême et des agressions sexuelles dans certaines usines sous-traitantes d’Asie du Sud-Est.
- Nike tente de rompre avec certains sous-traitants pour limiter les scandales, mais le modèle se diffuse ensuite (Adidas adopte une logique similaire).
- Dans le modèle Nike, le coût de fabrication pèse peu dans le prix final tandis que marketing et marque deviennent centraux pour capter la valeur.
💡 Astuce mémo
Marque d’abord, usine après : « Nike vend l’image, pas la matière ».
📖 10. DIPP et chaîne de valeur mondiale
🔑 Notions clés & Définitions
- DIPP : La DIPP est une division internationale des étapes de production entre plusieurs pays et entreprises, qui fragmente la chaîne de valeur à l’échelle mondiale.
- Chaîne de valeur mondiale : La chaîne de valeur mondiale désigne la répartition internationale des activités qui créent la valeur d’un produit, de la conception jusqu’à la vente.
- Capitalisme actionnarial : Le capitalisme actionnarial est un mode de gestion où la priorité est donnée à la rentabilité pour les actionnaires et aux retours financiers.
- Externalisation : L’externalisation consiste à confier à d’autres entreprises des activités auparavant réalisées en interne pour se concentrer sur le cœur de métier.
- Délocalisation : La délocalisation est le transfert d’activités productives vers d’autres pays, souvent pour réduire les coûts et contraintes.
📝 Points essentiels
- Le système productif mondialisé combine plusieurs logiques : néo-libéralisme, libre-échange, externalisation, délocalisation, downsizing des FTN et recherche de rentabilité maximale.
- La mondialisation néo-libérale vise aussi la domination par le marketing et la marque, la financiarisation et la concentration des entreprises en oligopoles capables de devenir « price makers ».
- Les FTN cherchent à se spécialiser sur leur cœur de métier, externaliser le reste, innover, contrôler les marchés mondiaux et parfois racheter des concurrents pour gagner des parts de marché.
- Le nouveau paradigme productif (années 1980-1990) repose sur la fragmentation mondiale de la production, l’externalisation, la sous-traitance et l’organisation en réseaux planétaires.
- La DIPP est présentée comme un fondement majeur de la mondialisation contemporaine, car elle découpe la production en étapes confiées à des lieux et entreprises différents.
- Le modèle de Robert Reich (1991/1993) illustre la « voiture mondiale » : une voiture vendue comme américaine a une production et des profits répartis dans plusieurs pays et secteurs d’activité.
💡 Astuce mémo
DIPP = Découper, confier, produire partout (chaîne de valeur éclatée).
📖 11. Firme-réseau et coordination numérique
🔑 Notions clés & Définitions
- Firme-réseau : Une firme-réseau est une FTN qui organise sa production et ses activités via des réseaux de partenaires, d’informations et de flux logistiques à l’échelle mondiale.
- Division Internationale des Processus Productifs : La DIPP est une fragmentation mondiale de la chaîne de production où un même produit est fabriqué en plusieurs pays avec de nombreux fournisseurs et partenaires.
- Division Internationale du Travail : La DIT traditionnelle est une division où chaque pays se spécialise dans une production précise pour un produit donné.
- Chaîne de valeur : La chaîne de valeur est une logique où chaque étape doit contribuer à augmenter la valeur ajoutée et les profits.
- Systèmes numériques de coordination : Les systèmes numériques de coordination sont des outils qui permettent aux FTN de coordonner à distance partenaires, sous-traitants et flux de production.
📝 Points essentiels
- La DIPP correspond à une production en réseau mondial mobilisant plusieurs dizaines de pays, des centaines de fournisseurs et des milliers de partenaires.
- Dans la DIT classique, un produit est associé à une usine, un pays et une entreprise, avec une spécialisation par pays.
- Dans la DIPP, un produit est fabriqué dans plusieurs pays et chaque étape est fragmentée entre plusieurs entreprises partenaires.
- La logique centrale de la DIPP devient la chaîne de valeur, où chaque étape vise à accroître valeur ajoutée et profits.
- Les FTN organisent des réseaux de fournisseurs, d’informations, des flux financiers et des chaînes logistiques mondiales.
- Le transport (maritime, aérien, routier, ferroviaire) et Internet sont indispensables au fonctionnement de la production mondialisée, avec supervision des partenaires et sous-traitants.
💡 Astuce mémo
DIPP = « produit en morceaux » + réseau mondial ; Firme-réseau = « FTN pilote » via fournisseurs + infos + logistique.
📖 12. Retour de la triadisation dans les années 2020
🔑 Notions clés & Définitions
- Triadisation régionale : Logique de production et de vente organisée par grands ensembles continentaux, plutôt que par une centralisation mondiale unique.
- Régionalisation des chaînes de valeur : Organisation des étapes de production et d’assemblage à l’échelle d’une région, pour réduire dépendances et risques.
- Globalisation productive : Organisation de la production à grande échelle, souvent centralisée en Asie, avec des flux mondiaux de biens et de capitaux.
- Relocalisations partielles : Retour partiel d’activités de production vers des zones proches des marchés de consommation, sans revenir à une production totalement locale.
- Archipel métropolitain mondial : Réseau de grandes métropoles interconnectées par les infrastructures et les flux, qui soutient la mondialisation des activités.
📝 Points essentiels
- Depuis les années 2020, on observe un retour progressif d’une logique plus continentale de production et de vente.
- Produire aux États-Unis pour le marché américain et produire en Europe pour le marché européen deviennent des objectifs plus fréquents.
- Les relocalisations sont souvent partielles : certaines activités reviennent, tandis que d’autres restent externalisées.
- La régionalisation des chaînes de valeur vise à limiter les dépendances aux routes maritimes mondiales et aux aléas externes.
- Les crises géopolitiques, les tensions commerciales et les risques sur les routes maritimes accélèrent ce mouvement.
- La mondialisation productive évolue d’une globalisation totale vers une nouvelle phase de triadisation régionale.
💡 Astuce mémo
Triadisation 2020 = « proche du client » : USA→USA, Europe→Europe, pour sécuriser les flux.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1979-2019 | Période de mondialisation néo-libérale extrêmement profonde |
| 1979 | Margaret Thatcher arrive au pouvoir au Royaume-Uni et Paul Volcker mène une politique monétaire restrictive aux États-Unis |
| 1991-2008 | Phase d’apogée de la mondialisation néo-libérale |
| 1989-1991 | Effondrement du bloc soviétique et disparition du principal modèle alternatif |
| 1990 | Théorisation du Consensus de Washington |
| 1991 | Publication de L’Économie mondialisée (Robert Reich) aux États-Unis |
| 1993 | Publication de L’Économie mondialisée (Robert Reich) en France |
| 1999 | Enquêtes révélant des violences et une exploitation extrême dans certaines usines sous-traitantes d’Asie du Sud-Est |
| 1964 | Invention du Shinkansen (premier TGV moderne) au Japon |
| 1981 | Ouverture de la ligne TGV Paris-Lyon en France |
📊 Tableaux de synthèse
Phases de la mondialisation néo-libérale
| Période | Caractéristique |
|---|
| 1979-1991 | Mise en place progressive |
| 1991-2008 | Apogée |
| Après 2008 | Remise en cause après la crise financière de 2008 (contestation limitée jusqu’en 2020) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre globalisation et mondialisation néo-libérale : la globalisation correspond à l’extension planétaire de la mondialisation néo-libérale.
- Croire que le néo-libéralisme naît avec Thatcher/Reagan : il est d’abord une construction intellectuelle des années 1930-1940 (Hayek, Friedman).
- Mélanger parenthèse keynésienne et néo-libéralisme : la parenthèse keynésienne correspond à une période inspirée du keynésianisme entre 1933 et 1981 aux États-Unis.
- Penser que les PAS sont uniquement des mesures économiques : elles incluent aussi privatisations, réduction des dépenses publiques et intégration au libre-échange.
- Inverser maritimisation et conteneurisation : la maritimisation désigne l’importance des mers (80% du commerce en volume), la conteneurisation standardise le transport en conteneurs.
- Croire que Nike fabrique ses produits : Nike sous-traite et garde design/innovation/marketing pour capter la valeur via la marque.
- Confondre DIT et DIPP : la DIT associe un produit à une usine/pays, la DIPP fragmente un même produit entre plusieurs pays et partenaires.
✅ Checklist Examen
- Expliquer ce qu’est la mondialisation néo-libérale et ses principes (libéralisation, dérégulation, réduction du rôle de l’État, privatisations, libre circulation des capitaux, concurrence internationale).
- Restituer les trois phases 1979-1991 / 1991-2008 / après 2008 et préciser que la contestation reste limitée jusqu’en 2020.
- Décrire comment la fin de la Guerre froide (1989-1991) accélère la diffusion idéologique du néo-libéralisme et le rôle des Chicago Boys.
- Présenter le rôle du FMI et de la Banque mondiale : PAS et leurs prescriptions, puis le Consensus de Washington (1990) et ses mesures.
- Expliquer la crise de la stagflation (chocs pétroliers 1973 et 1979-1980) et pourquoi elle affaiblit les politiques keynésiennes.
- Citer les étapes de la mise en place politique : Thatcher (1979), Volcker (FED) et Reagan (1981) avec l’idée de « plus de marché, moins d’État ».
- Expliquer la construction intellectuelle : Hayek (La Route de la servitude, 1944) contre l’étatisme, puis Friedman et l’École de Chicago.
- Décrire privatisations et marchandisation : services publics, État-providence (santé, éducation, retraites, petite enfance, chômage), baisse des cotisations/impôts et logique « le travail paye ».
- Donner les conséquences du modèle : hausse du PIB/profits et mondialisation, mais aussi hausse des inégalités, précarisation, fragilisation des États et hausse des déficits (décalage impôts/dépenses).
- Expliquer la révolution des transports : maritimisation (plus de 80% du commerce en volume), gigantisme naval (20 000 EVP), conteneurisation et multimodalité.
- Présenter la révolution ferroviaire et l’exemple du TGV : Shinkansen (1964) et TGV Paris-Lyon (1981), puis la diffusion du modèle.
- Expliquer la transition énergétique des transports : électrification, transports collectifs, mobilités douces, nouvelles infrastructures ferroviaires et réduction partielle de la dépendance au pétrole.
- Expliquer la révolution numérique : NTIC, Internet, satellites et rôle stratégique des constellations (exemple Starlink).
- Décrire le capitalisme actionnarial : shareholder value, financiarisation, pouvoir accru des investisseurs et remplacement progressif du capitalisme managérial (années 1950-1970).
Crée tes propres fiches de révision
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches