Fiche de révision : Mondialisation néolibérale et ses enjeux

Plan du Cours

  1. Mondialisation néolibérale et globalisation
  2. Principes du modèle néolibéral
  3. Privatisations et marchandisation du monde
  4. Révolution des transports et mondialisation des flux
  5. Transition énergétique des transports
  6. Capitalisme managérial vers capitalisme actionnarial
  7. Downsizing, recentrage et recherche de rentabilité
  8. Délocalisation productive et maquiladoras
  9. Externalisation et firme creuse
  10. DIPP et chaîne de valeur mondiale
  11. Firme-réseau et coordination numérique
  12. Retour de la triadisation dans les années 2020

1. Mondialisation néolibérale et globalisation

Notions clés & Définitions

  • Mondialisation néolibérale : Période de mondialisation (1979-2019) portée par la diffusion du modèle néo-libéral, qui transforme durablement l’économie mondiale et les rapports de puissance.
  • Globalisation : Terme utilisé quand la mondialisation devient réellement planétaire, touchant l’ensemble des régions et des dimensions (échanges, finances, technologies, cultures, populations).
  • Modèle néo-libéral : Ensemble de principes économiques fondés sur la concurrence et le marché, qui réduit le rôle de l’État et ouvre les économies à la compétition internationale.
  • Chicago Boys : Groupe d’économistes influencés par Milton Friedman et l’école de Chicago, dont les idées inspirent des politiques néo-libérales diffusées à l’échelle mondiale.
  • Plans d’ajustement structurel : Dispositifs imposés par des institutions financières internationales pour restructurer des économies en difficulté via l’ouverture et la réduction du rôle public.

Points essentiels

  • La mondialisation néo-libérale se découpe en trois phases : mise en place (1979-1991), apogée (1991-2008), puis remise en cause après 2008 jusqu’à 2020.
  • La globalisation correspond à l’extension mondiale des échanges économiques, financiers, technologiques, culturels et humains.
  • Le modèle néo-libéral repose sur : libéralisation des échanges, dérégulation, réduction du rôle économique de l’État, privatisations, libre circulation des capitaux et ouverture à la concurrence internationale.
  • Après la fin de la Guerre froide (1989-1991), l’effondrement du bloc soviétique fait disparaître l’alternative au capitalisme libéral et renforce la domination idéologique néo-libérale.
  • Le FMI et la Banque mondiale utilisent des plans d’ajustement structurel : ouverture au libre-échange, baisse des dépenses publiques, privatisations et intégration aux marchés mondiaux.
  • La mondialisation néo-libérale favorise une forte croissance et l’intégration de centaines de millions de personnes, notamment en Asie, mais s’accompagne d’inégalités, de précarisation et de fragilisation des États face.

Astuce mémo

Chronologie en 3 temps : 79-91 mise en place, 91-08 apogée, 08-20 contestation limitée.

2. Principes du modèle néolibéral

Notions clés & Définitions

  • Politique monétaire restrictive : Politique monétaire qui réduit fortement la liquidité pour faire baisser l’inflation, même si l’activité économique ralentit fortement.
  • Reaganomics : Ensemble de politiques économiques associées à Ronald Reagan, combinant dérégulation, baisse d’impôts et réduction du rôle économique de l’État.
  • Parenthèse keynésienne : Période où les États-Unis appliquent un modèle inspiré du keynésianisme, présenté comme une parenthèse entre 1933 et 1981.
  • Consensus de Washington : Cadre de réformes des années 1990 qui regroupe des prescriptions pour les pays en difficulté, centrées sur l’ouverture et la réduction du rôle de l’État.
  • Thérapies de choc : Ensemble de mesures appliquées brutalement dans les années 1990 pour passer d’une économie planifiée à une économie de marché.

Points essentiels

  • En 1979, Paul Volcker (FED) mène une politique monétaire très restrictive pour casser l’inflation, au prix d’une forte récession.
  • Après l’inflation maîtrisée, l’économie américaine est relancée sur de nouvelles bases, puis l’élection de Reagan en 1981 accélère la bascule.
  • Le néo-libéralisme vise à démanteler progressivement le modèle keynésien issu du New Deal, en revenant à une logique de marché plus « pure ».
  • Reagan cherche à restaurer une logique de marché fondée sur la dérégulation, la baisse des impôts et la réduction du rôle économique de l’État.
  • Certains économistes qualifient la période 2021-2025 de « Bidenomics » comme un retour partiel au néo-keynésianisme via des investissements publics massifs, mais l’interprétation est discutée.
  • À partir de 2025, Trump impose des « Trumponomics » combinant ultra-libéralisme intérieur, baisse massive des impôts, néo-protectionnisme et droits de douane, avec une dimension mercantiliste.

Astuce mémo

Volcker→Inflation cassée, Reagan→Marché pur, Washington→Privé+Ouvert, Choc→Plan→Marché brutal.

3. Privatisations et marchandisation du monde

Notions clés & Définitions

  • Privatisation des services publics : La privatisation des services publics consiste à transférer tout ou partie de leur gestion du secteur public vers des acteurs privés.
  • État-providence : L’État-providence désigne l’ensemble des politiques publiques qui protègent les individus contre les risques sociaux (santé, éducation, retraite, chômage).
  • Baisse des cotisations et des impôts : La baisse des cotisations sociales et des impôts vise à réduire le coût du travail et la fiscalité des revenus et des entreprises.
  • Libre-échange : Le libre-échange correspond à la réduction des barrières commerciales (notamment les droits de douane) pour intensifier les échanges entre pays.
  • Marchandisation du monde : La marchandisation du monde est le processus par lequel des activités et ressources auparavant non marchandes deviennent organisées comme des biens ou services achetables.

Points essentiels

  • Le néo-libéralisme réduit progressivement le rôle économique et social de l’État.
  • Les entreprises publiques sont privatisées totalement ou partiellement dans l’énergie, les transports, les télécommunications et l’information.
  • L’État-providence est remis en cause via la santé, l’éducation, les retraites, la petite enfance et le chômage.
  • La logique fiscale vise à faire en sorte que « le travail paye » et à augmenter profits et investissement privé pour stimuler la croissance.
  • La baisse des droits de douane renforce l’ouverture économique et le libre-échange, accélérée par unions régionales et accords commerciaux.
  • La marchandisation touche aussi la sécurité via des armées privées, la nature (eau, plages, forêts, montagnes) et des biens via des plateformes comme Airbnb, eBay et les réseaux sociaux.

Astuce mémo

Privatisation = « services + protections » ; Marchandisation = « tout devient achetable » (nature, mobilité, loisirs, même sécurité).

4. Révolution des transports et mondialisation des flux

Notions clés & Définitions

  • Maritimisation du monde : La maritimisation du monde désigne l’importance croissante des mers et des océans dans les échanges économiques internationaux.
  • Gigantisme naval : Le gigantisme naval correspond à l’augmentation de la taille des navires, notamment des porte-conteneurs, pour réduire les coûts de transport.
  • Conteneurisation : La conteneurisation est la standardisation du transport des marchandises en conteneurs, qui accélère les opérations et réduit les coûts logistiques.
  • Multimodalité : La multimodalité est la capacité à enchaîner rapidement plusieurs modes de transport (navire, train, camion, avion) grâce à des plateformes logistiques.
  • Compagnies low cost : Les compagnies low cost sont des acteurs du transport aérien qui proposent des tarifs réduits, ce qui élargit fortement l’accès à l’avion.

Points essentiels

  • La révolution des transports accélère les échanges de marchandises, de personnes et d’informations à l’échelle mondiale.
  • La baisse des coûts de transport favorise l’explosion des flux mondiaux et l’intégration croissante des territoires à l’économie mondiale.
  • Plus de 80 % du commerce mondial en volume passe par voie maritime.
  • Les porte-conteneurs actuels peuvent dépasser 20 000 EVP, ce qui permet de transporter plus de conteneurs standardisés simultanément.
  • La conteneurisation rend le chargement et le déchargement plus rapides, réduit les pertes et abaisse les coûts logistiques.
  • La multimodalité améliore la flexibilité, la rapidité et l’adaptation des transports aux chaînes de production mondiales grâce aux plateformes intégrées.

Astuce mémo

Maritime = 80% ; Conteneur = standard ; Multimodal = navire→train→camion→avion.

5. Transition énergétique des transports

Notions clés & Définitions

  • Transition énergétique des transports : Transition des transports visant à sortir du modèle fondé sur le pétrole et les énergies fossiles en changeant les technologies et les modes de déplacement.
  • Électrification des véhicules : Transformation du parc automobile vers des véhicules fonctionnant à l’électricité plutôt qu’aux carburants fossiles.
  • Transports collectifs : Ensemble des modes de transport partagés (par exemple train, bus, métro) qui déplacent plusieurs personnes à la fois.
  • Mobilités douces : Déplacements à faible impact reposant sur des modes non motorisés comme la marche et le vélo.
  • Dépendance au pétrole : Niveau de recours aux produits pétroliers pour faire fonctionner les transports, qui diminue dans la transition.

Points essentiels

  • Les transports reposent principalement sur le pétrole et les énergies fossiles, ce qui en fait une source majeure de pollution et d’émissions de gaz à effet de serre.
  • La transition énergétique cherche à rompre avec le modèle hérité de la révolution industrielle appliqué aux transports.
  • La transition repose sur l’électrification des véhicules pour réduire l’usage des carburants fossiles.
  • Elle s’appuie aussi sur le développement des transports collectifs pour organiser des déplacements partagés.
  • Les mobilités douces (vélo, marche) complètent la transition en proposant des alternatives locales.
  • La transition inclut de nouvelles infrastructures ferroviaires et une réduction partielle de la dépendance au pétrole.

Astuce mémo

Fossiles → (Électrifier) + (Collectif) + (Doux) + (Rail) ; objectif : moins de pétrole, moins d’émissions.

6. Capitalisme managérial vers capitalisme actionnarial

Notions clés & Définitions

  • Capitalisme actionnarial : Modèle dominant de la mondialisation néo-libérale où la performance de l’entreprise est jugée surtout à partir des attentes des actionnaires.
  • Capitalisme managérial : Système antérieur où les managers privilégient la croissance et la puissance de l’entreprise plutôt que la rentabilité financière immédiate.
  • Shareholder value : Principe de maximisation de la valeur pour les actionnaires qui oriente les décisions des dirigeants vers la rentabilité et la performance boursière.
  • Financiarisation de l’économie : Processus par lequel les marchés financiers deviennent centraux dans le financement et l’orientation des stratégies des entreprises.
  • Downsizing : Logique de réduction et d’allègement des structures d’une entreprise pour gagner en flexibilité et en rentabilité.

Points essentiels

  • Le capitalisme actionnarial s’impose comme caractéristique de la mondialisation néo-libérale à partir des années 1970-1980.
  • Les firmes multinationales modernes développent des structures rationnelles comme les divisions par branches, les divisions géographiques et l’organisation matricielle.
  • Galbraith critique le gigantisme en montrant que la taille accroît les lourdeurs administratives, la bureaucratisation, les coûts et la faible réactivité aux crises.
  • Dans ce modèle, le pouvoir passe des propriétaires aux managers professionnels, évalués surtout sur la croissance (CA, taille, salariés, filiales, expansion).
  • À partir des années 1980, la financiarisation renforce l’exigence de shareholder value : rentabilité, hausse des profits, cours des actions et dividendes.
  • Le capitalisme actionnarial conduit à remettre en cause le gigantisme via des restructurations et une recherche de rentabilité par des entreprises plus légères et flexibles.

Astuce mémo

Managérial = « grandir » ; Actionnarial = « plaire aux actionnaires » (shareholder value) via marchés financiers.

7. Downsizing, recentrage et recherche de rentabilité

Notions clés & Définitions

  • Capitalisme actionnarial : Modèle où les décisions des entreprises sont fortement orientées par les attentes des actionnaires et des marchés financiers.
  • Financiarisation de l’économie : Processus par lequel les marchés financiers deviennent centraux dans le financement et l’orientation des stratégies des entreprises.
  • Downsizing : Réduction volontaire de la taille d’une entreprise pour améliorer sa rentabilité financière.
  • Recentrage sur le cœur de métier : Stratégie consistant à abandonner les activités jugées peu rentables pour se concentrer sur les secteurs les plus profitables.
  • Hollow companies : Entreprises dites « creuses » dont l’activité productive est fortement allégée au profit d’organisations plus externalisées.

Points essentiels

  • La transformation est liée à la financiarisation : investisseurs, fonds de pension et grands actionnaires influencent fortement les stratégies des multinationales.
  • Dans ce cadre, les dirigeants doivent prioriser les attentes des marchés financiers pour être jugés sur leurs performances financières et boursières.
  • Le downsizing vise à rendre les multinationales plus légères, flexibles et rentables, en remettant en cause le gigantisme des années 1950-1970.
  • La logique de rentabilité entraîne des restructurations, des licenciements massifs, des fermetures d’usines, ainsi que des externalisations et délocalisations.
  • Le recentrage s’accompagne d’une sortie progressive d’activités jugées insuffisamment rentables, au profit des secteurs les plus profitables.
  • Cette évolution favorise la sous-traitance, l’externalisation, la fragmentation mondiale de la production et l’émergence des hollow companies ; les cas de forte rentabilité par gestion très rationalisée restent rares (ex

Astuce mémo

Downsizing = « couper pour gagner » : on réduit la taille pour augmenter la rentabilité financière.

8. Délocalisation productive et maquiladoras

Notions clés & Définitions

  • Toyotisme : Modèle productif japonais visant l’efficacité industrielle, qui sert de référence à des entreprises occidentales cherchant à s’en inspirer.
  • Délocalisation productive : Déplacement de la production vers d’autres lieux pour réduire les coûts, d’abord à l’intérieur d’un pays puis à l’étranger.
  • Maquiladoras : Système d’usines d’assemblage à la frontière mexicaine, alimentées par des composants importés et réexportant les produits finis vers les États-Unis.
  • RCA : Entreprise américaine (Radio Corporation of America) qui met en place une délocalisation progressive, du territoire national jusqu’au Mexique via les maquiladoras.
  • Nike : Entreprise de chaussures de sport qui organise la production par sous-traitance mondiale sans posséder d’usines.

Points essentiels

  • Le Japon et la RFA accumulent des excédents commerciaux tandis que les déficits américains, britanniques et français se creusent continuellement.
  • En quelques décennies, le Japon dépasse les États-Unis dans plusieurs secteurs industriels stratégiques malgré la conviction américaine de supériorité dans les années 1950.
  • Les élites américaines identifient qu’une économie ouverte peut mener à la désindustrialisation, aux rachats d’entreprises, à la perte de compétitivité et à l’aggravation des déficits commerciaux.
  • RCA commence par déplacer la production à l’intérieur des États-Unis (Bloomington, Indiana) pour profiter de coûts plus faibles, puis transfère une partie à Memphis (Tennessee) quand les salaires augmentent à Bloomington
  • En 1965, RCA passe à une production au Mexique grâce aux maquiladoras : assemblage près de la frontière, composants produits aux États-Unis, main-d’œuvre mexicaine peu coûteuse, capitaux et technologies américaines, réex
  • RCA installe la première grande maquiladora près de Ciudad Juárez face à El Paso, ce qui structure des « twin cities » transfrontalières autour de la production américaine.

Astuce mémo

RCA = « du dedans au dehors » : États-Unis (Bloomington→Memphis) puis Mexique (maquiladoras) ; Nike = « sans usine » : on change de fournisseur.

9. Externalisation et firme creuse

Notions clés & Définitions

  • Sous-traitance mondialisée : Organisation de la production où l’entreprise confie la fabrication à des fournisseurs répartis dans plusieurs pays, en changeant selon les coûts et les conditions.
  • Firme creuse : Entreprise dont l’activité interne est réduite à l’essentiel (marque, innovation, stratégie) tandis que la production est confiée à des sous-traitants.
  • Capitalisme actionnarial : Modèle où la logique de performance financière pousse les firmes à se recentrer sur ce qu’elles jugent être leur cœur de métier.
  • Firme légère : Forme d’entreprise fondée sur une organisation très externalisée, résumée par l’idée que « Small is beautiful ».
  • Domination de la marque : Situation où la valeur perçue du produit dépend surtout de l’image et du marketing, plus que de la fabrication elle-même.

Points essentiels

  • Nike ne fabrique pas directement ses produits et sous-traite d’abord au Japon, puis à la Corée, aux « dragons », aux « tigres », puis à la Chine et à l’Asie du Sud-Est.
  • Nike garde en interne design, innovation, marketing, publicité et gestion de la marque pour piloter la valeur sans dépendre d’une usine unique.
  • Le modèle Nike permet de changer de fournisseur selon l’évolution des coûts salariaux, contrairement à des firmes qui doivent déplacer leurs usines.
  • Les enquêtes de 1999 révèlent des violences physiques, une exploitation extrême et des agressions sexuelles dans certaines usines sous-traitantes d’Asie du Sud-Est.
  • Nike tente de rompre avec certains sous-traitants pour limiter les scandales, mais le modèle se diffuse ensuite (Adidas adopte une logique similaire).
  • Dans le modèle Nike, le coût de fabrication pèse peu dans le prix final tandis que marketing et marque deviennent centraux pour capter la valeur.

Astuce mémo

Marque d’abord, usine après : « Nike vend l’image, pas la matière ».

10. DIPP et chaîne de valeur mondiale

Notions clés & Définitions

  • DIPP : La DIPP est une division internationale des étapes de production entre plusieurs pays et entreprises, qui fragmente la chaîne de valeur à l’échelle mondiale.
  • Chaîne de valeur mondiale : La chaîne de valeur mondiale désigne la répartition internationale des activités qui créent la valeur d’un produit, de la conception jusqu’à la vente.
  • Capitalisme actionnarial : Le capitalisme actionnarial est un mode de gestion où la priorité est donnée à la rentabilité pour les actionnaires et aux retours financiers.
  • Externalisation : L’externalisation consiste à confier à d’autres entreprises des activités auparavant réalisées en interne pour se concentrer sur le cœur de métier.
  • Délocalisation : La délocalisation est le transfert d’activités productives vers d’autres pays, souvent pour réduire les coûts et contraintes.

Points essentiels

  • Le système productif mondialisé combine plusieurs logiques : néo-libéralisme, libre-échange, externalisation, délocalisation, downsizing des FTN et recherche de rentabilité maximale.
  • La mondialisation néo-libérale vise aussi la domination par le marketing et la marque, la financiarisation et la concentration des entreprises en oligopoles capables de devenir « price makers ».
  • Les FTN cherchent à se spécialiser sur leur cœur de métier, externaliser le reste, innover, contrôler les marchés mondiaux et parfois racheter des concurrents pour gagner des parts de marché.
  • Le nouveau paradigme productif (années 1980-1990) repose sur la fragmentation mondiale de la production, l’externalisation, la sous-traitance et l’organisation en réseaux planétaires.
  • La DIPP est présentée comme un fondement majeur de la mondialisation contemporaine, car elle découpe la production en étapes confiées à des lieux et entreprises différents.
  • Le modèle de Robert Reich (1991/1993) illustre la « voiture mondiale » : une voiture vendue comme américaine a une production et des profits répartis dans plusieurs pays et secteurs d’activité.

Astuce mémo

DIPP = Découper, confier, produire partout (chaîne de valeur éclatée).

11. Firme-réseau et coordination numérique

Notions clés & Définitions

  • Firme-réseau : Une firme-réseau est une FTN qui organise sa production et ses activités via des réseaux de partenaires, d’informations et de flux logistiques à l’échelle mondiale.
  • Division Internationale des Processus Productifs : La DIPP est une fragmentation mondiale de la chaîne de production où un même produit est fabriqué en plusieurs pays avec de nombreux fournisseurs et partenaires.
  • Division Internationale du Travail : La DIT traditionnelle est une division où chaque pays se spécialise dans une production précise pour un produit donné.
  • Chaîne de valeur : La chaîne de valeur est une logique où chaque étape doit contribuer à augmenter la valeur ajoutée et les profits.
  • Systèmes numériques de coordination : Les systèmes numériques de coordination sont des outils qui permettent aux FTN de coordonner à distance partenaires, sous-traitants et flux de production.

Points essentiels

  • La DIPP correspond à une production en réseau mondial mobilisant plusieurs dizaines de pays, des centaines de fournisseurs et des milliers de partenaires.
  • Dans la DIT classique, un produit est associé à une usine, un pays et une entreprise, avec une spécialisation par pays.
  • Dans la DIPP, un produit est fabriqué dans plusieurs pays et chaque étape est fragmentée entre plusieurs entreprises partenaires.
  • La logique centrale de la DIPP devient la chaîne de valeur, où chaque étape vise à accroître valeur ajoutée et profits.
  • Les FTN organisent des réseaux de fournisseurs, d’informations, des flux financiers et des chaînes logistiques mondiales.
  • Le transport (maritime, aérien, routier, ferroviaire) et Internet sont indispensables au fonctionnement de la production mondialisée, avec supervision des partenaires et sous-traitants.

Astuce mémo

DIPP = « produit en morceaux » + réseau mondial ; Firme-réseau = « FTN pilote » via fournisseurs + infos + logistique.

12. Retour de la triadisation dans les années 2020

Notions clés & Définitions

  • Triadisation régionale : Logique de production et de vente organisée par grands ensembles continentaux, plutôt que par une centralisation mondiale unique.
  • Régionalisation des chaînes de valeur : Organisation des étapes de production et d’assemblage à l’échelle d’une région, pour réduire dépendances et risques.
  • Globalisation productive : Organisation de la production à grande échelle, souvent centralisée en Asie, avec des flux mondiaux de biens et de capitaux.
  • Relocalisations partielles : Retour partiel d’activités de production vers des zones proches des marchés de consommation, sans revenir à une production totalement locale.
  • Archipel métropolitain mondial : Réseau de grandes métropoles interconnectées par les infrastructures et les flux, qui soutient la mondialisation des activités.

Points essentiels

  • Depuis les années 2020, on observe un retour progressif d’une logique plus continentale de production et de vente.
  • Produire aux États-Unis pour le marché américain et produire en Europe pour le marché européen deviennent des objectifs plus fréquents.
  • Les relocalisations sont souvent partielles : certaines activités reviennent, tandis que d’autres restent externalisées.
  • La régionalisation des chaînes de valeur vise à limiter les dépendances aux routes maritimes mondiales et aux aléas externes.
  • Les crises géopolitiques, les tensions commerciales et les risques sur les routes maritimes accélèrent ce mouvement.
  • La mondialisation productive évolue d’une globalisation totale vers une nouvelle phase de triadisation régionale.

Astuce mémo

Triadisation 2020 = « proche du client » : USA→USA, Europe→Europe, pour sécuriser les flux.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1979-2019Période de mondialisation néo-libérale extrêmement profonde
1979Margaret Thatcher arrive au pouvoir au Royaume-Uni et Paul Volcker mène une politique monétaire restrictive aux États-Unis
1991-2008Phase d’apogée de la mondialisation néo-libérale
1989-1991Effondrement du bloc soviétique et disparition du principal modèle alternatif
1990Théorisation du Consensus de Washington
1991Publication de L’Économie mondialisée (Robert Reich) aux États-Unis
1993Publication de L’Économie mondialisée (Robert Reich) en France
1999Enquêtes révélant des violences et une exploitation extrême dans certaines usines sous-traitantes d’Asie du Sud-Est
1964Invention du Shinkansen (premier TGV moderne) au Japon
1981Ouverture de la ligne TGV Paris-Lyon en France

Tableaux de synthèse

Phases de la mondialisation néo-libérale

PériodeCaractéristique
1979-1991Mise en place progressive
1991-2008Apogée
Après 2008Remise en cause après la crise financière de 2008 (contestation limitée jusqu’en 2020)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre globalisation et mondialisation néo-libérale : la globalisation correspond à l’extension planétaire de la mondialisation néo-libérale.
  2. Croire que le néo-libéralisme naît avec Thatcher/Reagan : il est d’abord une construction intellectuelle des années 1930-1940 (Hayek, Friedman).
  3. Mélanger parenthèse keynésienne et néo-libéralisme : la parenthèse keynésienne correspond à une période inspirée du keynésianisme entre 1933 et 1981 aux États-Unis.
  4. Penser que les PAS sont uniquement des mesures économiques : elles incluent aussi privatisations, réduction des dépenses publiques et intégration au libre-échange.
  5. Inverser maritimisation et conteneurisation : la maritimisation désigne l’importance des mers (80% du commerce en volume), la conteneurisation standardise le transport en conteneurs.
  6. Croire que Nike fabrique ses produits : Nike sous-traite et garde design/innovation/marketing pour capter la valeur via la marque.
  7. Confondre DIT et DIPP : la DIT associe un produit à une usine/pays, la DIPP fragmente un même produit entre plusieurs pays et partenaires.

Checklist Examen

  1. Expliquer ce qu’est la mondialisation néo-libérale et ses principes (libéralisation, dérégulation, réduction du rôle de l’État, privatisations, libre circulation des capitaux, concurrence internationale).
  2. Restituer les trois phases 1979-1991 / 1991-2008 / après 2008 et préciser que la contestation reste limitée jusqu’en 2020.
  3. Décrire comment la fin de la Guerre froide (1989-1991) accélère la diffusion idéologique du néo-libéralisme et le rôle des Chicago Boys.
  4. Présenter le rôle du FMI et de la Banque mondiale : PAS et leurs prescriptions, puis le Consensus de Washington (1990) et ses mesures.
  5. Expliquer la crise de la stagflation (chocs pétroliers 1973 et 1979-1980) et pourquoi elle affaiblit les politiques keynésiennes.
  6. Citer les étapes de la mise en place politique : Thatcher (1979), Volcker (FED) et Reagan (1981) avec l’idée de « plus de marché, moins d’État ».
  7. Expliquer la construction intellectuelle : Hayek (La Route de la servitude, 1944) contre l’étatisme, puis Friedman et l’École de Chicago.
  8. Décrire privatisations et marchandisation : services publics, État-providence (santé, éducation, retraites, petite enfance, chômage), baisse des cotisations/impôts et logique « le travail paye ».
  9. Donner les conséquences du modèle : hausse du PIB/profits et mondialisation, mais aussi hausse des inégalités, précarisation, fragilisation des États et hausse des déficits (décalage impôts/dépenses).
  10. Expliquer la révolution des transports : maritimisation (plus de 80% du commerce en volume), gigantisme naval (20 000 EVP), conteneurisation et multimodalité.
  11. Présenter la révolution ferroviaire et l’exemple du TGV : Shinkansen (1964) et TGV Paris-Lyon (1981), puis la diffusion du modèle.
  12. Expliquer la transition énergétique des transports : électrification, transports collectifs, mobilités douces, nouvelles infrastructures ferroviaires et réduction partielle de la dépendance au pétrole.
  13. Expliquer la révolution numérique : NTIC, Internet, satellites et rôle stratégique des constellations (exemple Starlink).
  14. Décrire le capitalisme actionnarial : shareholder value, financiarisation, pouvoir accru des investisseurs et remplacement progressif du capitalisme managérial (années 1950-1970).

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Mondialisation néolibérale — définition ?

Période de mondialisation portée par le modèle néo-libéral, transformant l’économie mondiale.

Globalisation — rôle ?

Extension planétaire touchant échanges, finances, cultures et populations.

Modèle néo-libéral — principes ?

Libéralisation, dérégulation, réduction du rôle de l’État, privatisations, libre circulation.

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