QCM : Sociolinguistique et variation langagière (19 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne la variation langagière ?

La transformation d’une langue en système de communication international
La disparition progressive des langues minoritaires dans une société
La diversité entre les langues et l’hétérogénéité au sein de chacune d’elles
La coexistence de plusieurs alphabets dans une même région linguistique

La diversité entre les langues et l’hétérogénéité au sein de chacune d’elles

Explication

La variation langagière renvoie à la diversité entre les langues ainsi qu’à l’hétérogénéité interne de chaque langue. Elle ne désigne donc pas seulement les différences entre langues distinctes, contrairement à une confusion fréquente.

2. Pourquoi un même individu peut-il employer des styles de langage différents ?

Parce qu’il change nécessairement de langue à chaque interaction
Parce qu’il possède un vocabulaire différent pour chaque domaine social
Parce qu’il abandonne progressivement les règles de sa langue première
Parce que ses usages s’adaptent aux situations et aux interlocuteurs

Parce que ses usages s’adaptent aux situations et aux interlocuteurs

Explication

Les usages langagiers d’une personne varient selon la situation et les interlocuteurs, ce qui explique la diversité de ses styles. Cette variation ne signifie pas qu’elle change de langue à chaque échange.

3. Dans quelle situation une langue est-elle véhiculaire ?

Lorsqu’elle est partagée par les membres d’une même communauté locale
Lorsqu’elle correspond à la langue maternelle de la majorité des locuteurs
Lorsqu’elle est réservée aux échanges familiaux et informels
Lorsqu’elle permet de communiquer entre des personnes de langues différentes

Lorsqu’elle permet de communiquer entre des personnes de langues différentes

Explication

Une langue véhiculaire sert de langue commune entre des personnes qui ne parlent pas la même langue. Une langue vernaculaire, en revanche, est partagée au sein d’une communauté.

4. Quelle distinction Saussure établit-il entre la langue et la parole ?

La langue est individuelle, tandis que la parole forme un système collectif indépendant
La langue relève du psychique, tandis que la parole relève du psychophysique
La langue correspond aux sons produits, tandis que la parole constitue les règles abstraites
La langue relève du social, tandis que la parole relève exclusivement du biologique

La langue relève du psychique, tandis que la parole relève du psychophysique

Explication

Pour Saussure, la langue est un phénomène psychique et la parole un phénomène psychophysique, tout en étant interdépendantes. Les confondre revient à ignorer cette différence de statut.

5. Quel objet la linguistique interne étudie-t-elle ?

Les caractéristiques sociales des communautés de locuteurs
Les événements historiques entourant la diffusion d’une langue
Les détails biographiques des personnes qui parlent une langue
Les règles et le système organisant une langue

Les règles et le système organisant une langue

Explication

La linguistique interne analyse les règles et le système de la langue. L’accumulation de détails contextuels relève plutôt d’une approche externe et ne permet pas nécessairement de saisir l’organisation du système.

6. Quelle démarche caractérise une enquête sociolinguistique sur la variation langagière ?

Repérer un trait interne, formuler une hypothèse, puis la vérifier par questionnaire
Recenser des biographies individuelles avant de choisir un phénomène langagier
Décrire les opinions des participants sans examiner de caractéristique linguistique
Comparer des langues éloignées sans recueillir de données auprès des locuteurs

Repérer un trait interne, formuler une hypothèse, puis la vérifier par questionnaire

Explication

L’enquête sociolinguistique identifie d’abord un trait lexical, syntaxique ou phonétique, puis vérifie l’hypothèse à l’aide de questionnaires. Une simple collecte d’informations sociales ne constitue donc pas cette démarche.

7. Quelle conclusion l’enquête tire-t-elle concernant les abréviations et « MDR » ?

Les participants privilégient les abréviations formelles, alors que « MDR » est absent de leurs réponses
Toutes les personnes utilisent régulièrement des abréviations, tandis que « MDR » reste marginal
Les abréviations ne sont pas utilisées par tout le monde, mais « MDR » apparaît chez toutes les personnes interrogées
Les formes abrégées sont généralement informelles, et « MDR » n’est employé que par quelques participants

Les abréviations ne sont pas utilisées par tout le monde, mais « MDR » apparaît chez toutes les personnes interrogées

Explication

L’enquête montre que tout le monde n’emploie pas d’abréviations et que les formes utilisées sont plutôt formelles, mais « MDR » est attesté chez toutes les personnes interrogées. Il faut donc distinguer l’usage général des abréviations de l’usage particulier de cette forme.

8. Quelle définition correspond le mieux à un corpus en sociolinguistique ?

Une liste de règles grammaticales recueillies sur le terrain
Un ensemble organisé de productions langagières
Une archive isolée conservée par un chercheur
Un répertoire de locuteurs classés selon leur origine

Un ensemble organisé de productions langagières

Explication

Un corpus rassemble plusieurs productions langagières destinées à l’analyse. Le réduire à une archive isolée ne rend pas compte de cette dimension d’ensemble, soulignée par Gadet.

9. Quelle étape de la constitution d’un corpus oral transforme les enregistrements en forme graphique ?

L’anonymat
La captation
La révision
La transcription

La transcription

Explication

La transcription convertit les données orales enregistrées en une forme écrite ou graphique exploitable. L’anonymat répond plutôt à un objectif de protection des personnes et des données.

10. Une conversation enregistrée aurait-elle eu lieu même en l’absence du sociolinguiste : de quel type de données s’agit-il ?

De données expérimentales
De données écologiques
De données sollicitées
De données métalinguistiques

De données écologiques

Explication

Les données écologiques correspondent à des pratiques qui se seraient produites sans la présence de l’observateur. Les données sollicitées sont au contraire provoquées ou produites à la demande du sociolinguiste.

11. Quelle différence caractérise le linguiste de terrain par rapport à l’« armchair linguist » ?

Il décrit des textes anciens plutôt que d’étudier les échanges contemporains
Il observe des archives plutôt que de participer aux conversations enregistrées
Il applique des statistiques plutôt que de formuler des hypothèses grammaticales
Il recueille des données auprès de locuteurs plutôt que de s’appuyer sur l’introspection

Il recueille des données auprès de locuteurs plutôt que de s’appuyer sur l’introspection

Explication

Le linguiste de terrain construit ses données au contact de locuteurs, tandis que l’« armchair linguist » théorise à partir de l’introspection. La distinction porte donc sur le mode de fabrication des données, comme l’indique Fillmore.

12. Dans quelle situation l’observation d’un linguiste devient-elle participante ?

Lorsqu’il prend part aux échanges avec les locuteurs observés
Lorsqu’il enregistre des conversations sans y prendre part
Lorsqu’il consulte des archives produites par une communauté
Lorsqu’il analyse des textes sans intervenir dans leur production

Lorsqu’il prend part aux échanges avec les locuteurs observés

Explication

L’observation est participante lorsque le linguiste participe aux échanges avec les locuteurs qui l’intéressent. L’analyse de textes ou l’enregistrement sans intervention relèvent d’autres formes d’observation.

13. Quelle opposition distingue l’entretien semi-directif de l’entretien directif ?

Le semi-directif exclut les relances, tandis que le directif repose sur une conversation ouverte
Le semi-directif utilise des questions fermées, tandis que le directif privilégie les récits libres
Le semi-directif vise des réponses chiffrées, tandis que le directif favorise les échanges spontanés
Le semi-directif privilégie les questions ouvertes, tandis que le directif utilise des questions fermées

Le semi-directif privilégie les questions ouvertes, tandis que le directif utilise des questions fermées

Explication

L’entretien semi-directif favorise la parole grâce à des questions ouvertes, alors que l’entretien directif s’appuie sur des questions fermées adaptées au traitement quantitatif. Les réponses chiffrées et les échanges spontanés sont donc associés aux dispositifs inverses.

14. Pourquoi employer des questions indirectes dans une enquête sociolinguistique ?

Pour remplacer l’enregistrement des pratiques par une analyse introspective
Pour faire participer le chercheur aux échanges de la communauté étudiée
Pour obtenir des réponses fermées facilement convertibles en statistiques
Pour limiter les biais d’hypercorrection dans les réponses des locuteurs

Pour limiter les biais d’hypercorrection dans les réponses des locuteurs

Explication

Les questions indirectes réduisent la tendance des locuteurs à surveiller ou à corriger leur manière de parler lorsqu’ils se sentent évalués. Les questions directement évaluatives peuvent au contraire favoriser l’hypercorrection, comme l’a montré Labov.

15. Que désigne l’insécurité linguistique dans une situation de langage ?

Une difficulté technique à enregistrer la parole des participants
Une tension liée à ce qui est attendu des locuteurs dans cette situation
Une préférence stable pour une variété linguistique régionale
Une impossibilité pour le chercheur de comprendre les échanges observés

Une tension liée à ce qui est attendu des locuteurs dans cette situation

Explication

L’insécurité linguistique renvoie à la tension ressentie face aux attentes qui pèsent sur la manière de parler dans une situation donnée. Elle ne désigne donc ni un problème d’enregistrement ni une simple préférence dialectale, conformément à la définition de Labov.

16. Quelle conception de la langue Bourdieu défend-il ?

Un produit de conditions sociales, historiques et politiques
Un code naturel transmis de manière identique aux locuteurs
Un trésor collectif également accessible à tous
Un système autonome indépendant des rapports sociaux

Un produit de conditions sociales, historiques et politiques

Explication

Bourdieu analyse la langue comme le produit de conditions sociales, historiques et politiques qui en déterminent l’accès et la valeur. L’idée d’un trésor collectif également accessible à tous néglige les inégalités sociales liées aux usages linguistiques.

17. Un élève connaît les règles de la langue, puis les mobilise effectivement lors d’un exposé : quelle distinction décrit cette situation ?

La compétence désigne une disposition durable et la performance une règle consciente
La compétence est l’usage public et la performance en est la connaissance théorique
La compétence est la connaissance linguistique et la performance en est l’usage effectif
La compétence relève des rapports sociaux et la performance du pouvoir symbolique

La compétence est la connaissance linguistique et la performance en est l’usage effectif

Explication

La compétence correspond à la connaissance de la langue, tandis que la performance désigne son utilisation concrète dans une situation donnée. La confusion inverse ces deux notions en attribuant l’usage à la compétence et la connaissance à la performance.

18. Comment faut-il comprendre l’habitus chez Bourdieu ?

Comme un ensemble de dispositions qui orientent les manières d’agir et de réagir
Comme une capacité individuelle à modifier librement ses pratiques sociales
Comme une connaissance explicite des normes imposées par une institution
Comme une règle consciente que chacun applique mécaniquement dans chaque situation

Comme un ensemble de dispositions qui orientent les manières d’agir et de réagir

Explication

L’habitus désigne des dispositions qui incitent les personnes à agir et à réagir d’une certaine manière. Il ne s’agit pas d’une règle consciente appliquée mécaniquement, mais de dispositions incorporées qui orientent les pratiques.

19. Dans le cadre de l’école, pourquoi une variété linguistique peut-elle être qualifiée de langue légitime ?

Parce qu’elle est parlée à l’école et reconnue comme dotée d’un pouvoir symbolique
Parce qu’elle possède une valeur linguistique identique dans tous les marchés sociaux
Parce qu’elle est utilisée par tous les locuteurs dans leurs échanges quotidiens
Parce qu’elle est déterminée par des dispositions personnelles indépendantes des institutions

Parce qu’elle est parlée à l’école et reconnue comme dotée d’un pouvoir symbolique

Explication

La langue légitime est celle qui est parlée à l’école et qui bénéficie d’un pouvoir symbolique reconnu par les participants au marché linguistique. Son statut ne vient donc pas d’un usage universel ni d’une valeur identique dans tous les espaces sociaux.

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Qu'est-ce que la variation langagière désigne ?

La diversité entre les langues et l'hétérogénéité au sein de chaque langue.

Pourquoi un individu n'a-t-il pas un seul style de langage ?

Parce que ses usages varient selon les situations et les interlocuteurs.

Qu'est-ce qu'une langue vernaculaire ?

Une langue partagée au sein d'une communauté.

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