★ À maîtriser
Compléments
Dès la prime enfance, l’individu intériorise les manières d’agir, de penser et de sentir de son univers d’appartenance par familiarisation implicite et/ou inculcation explicite.
Les versions successives du DSM déplacent les frontières de ce qui est défini comme santé ou maladie mentale et influencent les comportements individuels, collectifs et institutionnels.
★ À maîtriser
La société façonne les habitudes, les comportements et les réactions corporelles, notamment par l’alimentation, le travail, l’hygiène et les contraintes physiques, ainsi que les émotions et les dispositions psychiques et morales.
Comprendre les maladies nécessite de comprendre les conditions d’existence dans lesquelles elles apparaissent, car la physiologie seule ne suffit pas.
📌 Disease désigne les anomalies objectives des structures et fonctions de l’organisme que le médecin diagnostique, tandis qu’illness désigne le vécu subjectif de la maladie et les symptômes perçus par le malade.
📌 Sickness désigne la manifestation extérieure et publique d’un problème de santé, sa reconnaissance sociale et les effets de la maladie sur les rapports sociaux et professionnels.
Compléments
Pour Claude Bernard, la médecine est une science de l’homme vivant, et non seulement une science des maladies.
Une disease peut être asymptomatique, tandis que l’illness appartient au malade et ne peut être niée par autrui, même par le médecin.
La considération sociale de la sickness varie notamment selon qu’il s’agit d’une maladie psychiatrique ou chirurgicale, ou d’une maladie chez un sujet jeune ou une personne âgée.
Disease : le corps observé ; illness : le vécu ressenti ; sickness : la reconnaissance sociale.
★ À maîtriser
La classification de Kindig distingue six catégories de déterminants : (Kinding, 2007) :
À âge et sexe identiques, les personnes aux revenus les plus bas ont 2,8 fois plus de risques de développer un diabète que celles aux revenus les plus élevés.
Les maladies chroniques limitent les possibilités d’études, d’emploi et de loisirs, affectent le bien-être et réduisent l’espérance de vie des personnes modestes par rapport aux plus favorisées.
Les déterminants structurels comprennent notamment la classe, le genre, l’âge, le territoire, l’origine et les politiques publiques, tandis que les déterminants intermédiaires comprennent l’emploi, le logement, les réseaux sociaux, les comportements et l’hygiène de vie.
L’effet cumulatif des conditions de vie, notamment la pauvreté, le logement, l’éducation, le travail et l’environnement, influence cumulativement l’état de santé et l’exposition aux maladies.
Compléments
Les déterminants biologiques peuvent agir comme médiateurs entre un déterminant et un événement de santé, comme les processus biologiques impliqués dans le stress.
Les déterminants sociaux comprennent notamment les revenus, l’éducation, la profession, la situation sociale et le soutien social.
Les déterminants liés au système de santé comprennent l’accès aux soins et la qualité des soins, tandis que les déterminants environnementaux comprennent notamment la qualité de l’air et de l’eau ainsi que l’urbanisme.
À âge et sexe identiques, les personnes aux revenus les plus bas ont 2,2 fois plus de risques de maladies du foie ou du pancréas et de maladies psychiatriques que les plus aisées.
À âge et sexe identiques, les personnes aux revenus les plus bas sont 1,6 fois plus exposées aux maladies respiratoires chroniques et 1,5 fois plus aux maladies neurologiques ou dégénératives que les plus aisées.
Les ouvriers ont deux fois plus de risques de diabète que les cadres supérieurs, les employés deux fois plus de risques de maladie psychiatrique, et les agriculteurs exploitants deux fois plus de risques de maladie neurologique ou dégénérative.
Selon les auteurs de l’étude citée par l’Observatoire des inégalités, sans ces maladies, l’écart d’espérance de vie à la naissance entre les plus modestes et les plus aisés serait réduit d’un tiers.
Les déterminants intermédiaires sont souvent les conséquences directes des déterminants structurels et ne relèvent pas des mêmes leviers d’action.
Agir sur les déterminants sociaux permet de réduire les inégalités de santé et de prévenir la survenue de maladies.
Le bien-être comporte une dimension interactionnelle et collective, et ne relève pas uniquement de phénomènes biologiques et individuels.
Conditions de vie cumulées → exposition accrue aux maladies → limitations de vie et baisse de l’espérance de vie.
★ À maîtriser
Les représentations sociales sont des systèmes d’interprétation qui régissent les relations au monde et aux autres, organisent la communication et orientent les conduites.
Dans le domaine de la santé, les représentations sociales modèlent les croyances et les pratiques relatives à la santé individuelle et collective, avec des répercussions sur la santé publique.
Compléments
Les représentations sociales ne sont pas de simples opinions, car elles construisent la réalité en donnant sens à ce qui pourrait demeurer arbitraire ou incompréhensible.
Claudine Herzlich montre que les représentations sociales encadrent la perception de la maladie, les façons d’y faire face et les attentes envers le système de soins. - Santé et maladie : Analyse d’une représentation sociale, 1969
La maladie catastrophique peut être vécue à travers :
La maladie libératrice peut être associée à :
La maladie comme profession peut comporter : (Herzlich, 2019) :
La maladie peut enfermer dans la rupture, libérer du temps ou devenir une activité de lutte.
★ À maîtriser
Jusqu’au XIXe siècle, les interprétations religieuses et moralistes associaient notamment la syphilis au péché et la tuberculose à la pauvreté, faisant de la santé une preuve de vertu et de la maladie un signe de dépravation.
La hiérarchie symbolique d’une maladie ou d’un handicap dépend du diagnostic et de sa réputation, du contexte d’apparition, ainsi que du cadre subjectif, social et culturel de la personne concernée.
Compléments
Au XXe siècle, les progrès scientifiques rendent plus difficile la moralisation des maladies, à l’exception des maladies sexuellement transmissibles, mais des traces de ces conceptions persistent. - Bénédicte Echard, 10. La question du sens de la maladie, 2006
L’entretien avec Francis montre que l’amputation peut lui donner une place symbolique particulière dans sa belle-famille, en évoquant le grand-père amputé et en suscitant des récits familiaux.
La maladie-punition stigmatise, tandis que la maladie peut aussi donner une place sociale.
★ À maîtriser
Le rôle social du soignant en fait un expert légitime qui doit exercer son savoir de manière neutre et universelle, dans l’intérêt du patient.
Pour Erving Goffman, la maladie relève aussi d’interactions où le patient gère son image et négocie son identité face aux attentes d’autrui, tandis que le stigmate peut modifier la manière dont il est perçu et traité. - Asiles, 1961
Compléments
Selon Talcott Parsons, le malade n’est pas tenu pour responsable de son état et doit considérer la maladie comme indésirable. - The Social System, 1951
Le soignant est aussi conçu comme un agent de contrôle social qui aide le malade à réintégrer son rôle normal dans la société.
Les soignants peuvent distinguer les « bons » et « mauvais » malades selon leur conformité aux attentes, leur coopération et le jugement porté sur leur responsabilité dans leur état, ce qui peut justifier une moindre attention envers certains patients. - Loriol, M., La « bonne distance » soignant/soigné Une norme individuelle et collective à construire et préserver, 2018
Parsons décrit des attentes codifiées ; Goffman, des interactions et des stigmates.
★ À maîtriser
Compléments
Les échanges entre malades, notamment dans la pair-aidance ou les groupes de parole, peuvent modifier ou enrichir leurs représentations de la maladie.
Un soignant qui traverse lui-même la maladie ou le handicap peut reconsidérer son approche du soin et sa posture professionnelle à partir de son vécu.
★ À maîtriser
Selon Ivan Illich, la médecine moderne tend à traduire des dimensions humaines, sociales ou existentielles en problèmes techniques, et cette réduction peut produire une iatrogénie sociale et culturelle en limitant l’autonomie et la liberté de l’individu. - Némésis médicale, 1975
Le décentrement consiste à comprendre le patient dans son contexte social afin d’adapter les consignes à ses contraintes et de comprendre ses résistances autrement que comme de la mauvaise volonté.
La posture réflexive amène le soignant à interroger ses représentations, les asymétries de savoir, de pouvoir et de statut, ainsi que sa participation possible à la reproduction des inégalités d’accès aux soins.
Compléments
L’ajustement consiste à adapter sa pratique à chaque patient dans une relation de soin négociée entre l’autorité scientifique et la singularité de l’expérience vécue.
Pour Didier Fassin, soigner un corps revient aussi à rencontrer une histoire, une identité et une condition sociale, car le soin s’inscrit dans un contexte de politiques, d’inégalités et de représentations. - L’espace politique de la santé, 1996
Décentrer le regard, réfléchir à ses normes, puis ajuster sa pratique.
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1. Quelle conception du fait social Émile Durkheim propose-t-il ?
2. Une équipe étudie comment les normes sociales influencent les comportements de prévention et l’accès aux soins dans plusieurs quartiers. Quelle approche adopte-t-elle ?
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Comment Émile Durkheim définit-il le fait social ?
Une manière d’agir, de penser et de sentir extérieure à l’individu, qui s’impose à lui par coercition.
Qui définit le fait social comme une contrainte extérieure à l’individu ?
Émile Durkheim.
Comment la sociologie de la santé considère-t-elle la santé ?
Comme un fait social.
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