Fiche de révision : Structure et fonctions thermodynamiques

Plan du Cours

  1. Origines et nécessité de la thermodynamique
  2. Phénoménologie et degrés de liberté
  3. Système, énergie et échanges
  4. Chaleur, travail et variables thermodynamiques
  5. Second principe et irréversibilité
  6. Équilibre thermodynamique et local
  7. Bilans d’énergie et d’entropie
  8. Réversibilité et conditions aux limites
  9. Lois de transport et rayonnement
  10. Extensivité et relations fondamentales
  11. Équilibre et potentiels thermodynamiques
  12. Gaz, chaleurs et relations d’état
  13. Courbure et stabilité thermodynamique
  14. Transformations et séparation de phases
  15. Équilibres et transitions de phase
  16. Équilibre et transitions de phase
  17. Nucléation et phases métastables
  18. Cycles et machines thermiques

Repères chronologiques

  1. premier siècle après J.-C.Héron d’Alexandrie construit l’éolipyle, première machine thermique connue, qui convertit la chaleur en travail mécanique.
  2. 1824Sadi Carnot établit des résultats sur l’efficacité maximale des machines thermiques et pose les bases du second principe de la thermodynamique. — Réflexions sur la puissance motrice du feu, 1824
  3. 1842Julius Robert Mayer formule le premier principe en affirmant que l’énergie mécanique et la chaleur sont deux formes d’une même grandeur qui se conserve et se transforme. — Bemerkungen über die Kräfte der unbelebten Natur, 1842
  4. 1865Clausius réinterprète et complète les travaux de Carnot en introduisant l’entropie, liée à l’évolution réversible ou irréversible d’un système thermodynamique.
  5. 1876Nikolaus August Otto met au point une machine à combustion interne fonctionnant selon un cycle à quatre temps.

1. Origines et nécessité de la thermodynamique

Points essentiels

  • Les expériences de James Joule établissent l’équivalence mécanique de la chaleur, avec 1calorie=4,185J1\,\mathrm{calorie}=4{,}185\,\mathrm{J}, et montrent que l’énergie se conserve en se transformant entre ses formes. — James Prescott Joule, 1840s

Astuce mémo

Machines à vapeur → limites de la mécanique → naissance de la thermodynamique

2. Phénoménologie et degrés de liberté

Notions clés & Définitions

  • Thermodynamique : Science de systèmes en interaction avec le reste du monde
  • Degré de liberté : Nombre minimum de coordonnées indépendantes nécessaires pour décrire complètement la configuration d’un système mécanique
  • Grandeur émergente : Grandeur qui n’a pas de sens à l’échelle d’une molécule individuelle mais apparaît à l’échelle macroscopique

★ À maîtriser

📌 La thermodynamique classique est une phénoménologie : elle décrit les phénomènes observables à partir de grandeurs macroscopiques et de lois empiriques, sans faire appel à la structure microscopique de la matière.

  • Les observables thermodynamiques sont de nature statistique et les fluctuations deviennent négligeables devant les valeurs moyennes lorsque le nombre de constituants est immense.

Compléments

  • Les principales grandeurs macroscopiques sont:
    • la température
    • la pression
    • le volume
    • l’énergie
    • l’entropie

Astuce mémo

Macroscopique pour décrire, microscopique pour expliquer

3. Système, énergie et échanges

Notions clés & Définitions

  • Système thermodynamique : Délimité par une enveloppe réelle ou virtuelle séparant un intérieur et un extérieur et permettant de définir son contenu matériel et énergétique

★ À maîtriser

  • L’énergie interne U est l’énergie inventoriée dans le système, qui échange avec l’extérieur sous forme de chaleur et de travail.

📐 Formule — Le premier principe relie la variation d’énergie interne aux échanges de chaleur et de travail selon dU=δQ+δWdU=\delta Q+\delta W.

📌 Un échange est appelé travail lorsqu’il implique un déplacement imposé de la frontière du système, tandis qu’il est appelé chaleur lorsqu’il se produit sans déplacement imposé de cette frontière.

Compléments

📌 Le premier principe ne suffit pas à interdire qu’un corps froid cède spontanément de la chaleur à un corps chaud ou que la chaleur se convertisse spontanément en travail.

Astuce mémo

Frontière déplacée : travail ; frontière immobile : chaleur

4. Chaleur, travail et variables thermodynamiques

★ À maîtriser

📐 Formule — Le premier principe s’écrit dU=δQ+δWdU=\delta Q+\delta W, où la variation d’énergie interne est égale aux échanges de chaleur et de travail.

📌 Le travail correspond à un échange associé à un déplacement imposé des frontières du système, tandis que la chaleur correspond à un échange sans déplacement imposé des frontières.

📌 Une variable extensive varie linéairement avec la taille du système, tandis qu’une variable intensive ne varie pas lorsque le système est partagé en sous-systèmes.

Compléments

  • Lors d’un échange de travail, les niveaux d’énergie se déplacent tandis que la répartition des particules est échangée ; lors d’un échange de chaleur, les niveaux restent fixes mais la répartition des particules change.

📐 Formule — Pour un gaz non chargé n’échangeant pas de matière avec l’extérieur, l’énergie interne s’écrit U=TSPVU=TS-PV.

Astuce mémo

Frontière déplacée : travail ; frontière immobile : chaleur

5. Second principe et irréversibilité

Notions clés & Définitions

  • Entropie : Clausius, 1845 — L’entropie est une grandeur scalaire qui formalise l’irréversibilité et dont la variation quantifie la dispersion de l’énergie ; elle a pour unité le joule par kelvin.

★ À maîtriser

📌 Le premier principe traite de la quantité d’énergie, tandis que le second principe traite de sa qualité et de la direction spontanée des transformations.

📌 Dans une transformation spontanée, la qualité de l’énergie diminue en général et la capacité du système à fournir du travail se dégrade.

📐 Formule — Le rendement maximal d’une machine thermique réversible fonctionnant entre une source chaude à température THT_H et une source froide à température TCT_C est η=1TCTH\eta=1-\frac{T_C}{T_H}.

Compléments

📌 Les énoncés de Clausius, de Kelvin-Planck et de Carnot expriment la même impossibilité de certaines transformations spontanées, notamment le transfert spontané de chaleur du froid vers le chaud et le rendement cyclique de 100 %.

Astuce mémo

Dispersion de l’énergie → entropie croissante → flèche du temps

6. Équilibre thermodynamique et local

Notions clés & Définitions

  • Principe zéro : Le principe zéro affirme que l’équilibre thermodynamique est transitif : si A est en équilibre avec B et B avec C, alors A est en équilibre avec C.

★ À maîtriser

📐 Formule — Un système est en équilibre thermique, mécanique et chimique lorsque les gradients associés sont nuls : T=0\nabla T=0, P=0\nabla P=0 et μ=0\nabla \mu=0.

📌 À l’équilibre thermodynamique, aucun flux net de chaleur, de matière ou de déformation ne persiste, mais l’équilibre ne signifie pas nécessairement une homogénéité spatiale de toutes les grandeurs.

Compléments

📌 Un état stationnaire peut présenter des gradients et des flux constants, tandis qu’un équilibre thermodynamique ne présente aucun flux net.

📐 Formule — L’équilibre local permet d’écrire les flux d’énergie sous la forme U˙=TS˙+μN˙\dot U=T\dot S+\mu\dot N lorsque les grandeurs intensives sont définies localement dans un état stationnaire.

Astuce mémo

Thermique, mécanique, chimique : T, P, μ

7. Bilans d’énergie et d’entropie

Points essentiels

📌 Le flux d’énergie se décompose en un flux de travail W˙\dot{W} et un flux de chaleur Q˙\dot{Q}, qui ne sont pas conservatifs séparément mais peuvent se convertir l’un dans l’autre.

📐 Formule — Le courant d’entropie associé au courant de chaleur vérifie S˙=Q˙T\dot{S}=\frac{\dot{Q}}{T}.

  • La production d’entropie provient d’un terme non isotherme et d’un terme dissipatif selon σ˙=(1T)Q˙+1TQ˙\dot{\sigma}=\nabla\left(\frac{1}{T}\right)\cdot\dot{Q}+\frac{1}{T}\nabla\cdot\dot{Q}.

📌 L’énergie est conservée avec U˙=0\nabla\cdot\dot{U}=0, tandis que l’entropie n’est généralement pas conservée car σ˙=S˙0\dot{\sigma}=\nabla\cdot\dot{S}\neq0.

📌 Une transformation isentropique vérifie σ˙=0\dot{\sigma}=0 et peut être adiabatique réversible, mais une transformation isentropique n’est pas nécessairement adiabatique réversible.

Astuce mémo

Énergie conservée, entropie produite

8. Réversibilité et conditions aux limites

Notions clés & Définitions

  • Condition de Dirichlet : Impose au système la valeur d’une grandeur intensive, comme la température d’un thermostat.
  • Condition de Neumann : Impose au système la valeur d’un flux, comme le flux solaire reçu par un panneau.
  • Réservoir thermique : Système de capacité considérée comme infinie, dont le couplage à un autre système ne modifie pas la grandeur intensive qui le caractérise.

★ À maîtriser

📌 Une transformation réversible est une succession idéalement infiniment dense d’états d’équilibre et nécessiterait une durée infinie, tandis qu’une transformation quasi-statique se déroule en durée finie avec une évolution macroscopique beaucoup plus lente que la relaxation microscopique.

Compléments

  • Dans un exemple électronique, une échelle de temps macroscopique d’environ 1010s10^{-10}\,\mathrm{s} est comparée à une échelle microscopique d’environ 1013s10^{-13}\,\mathrm{s} pour justifier le caractère quasi-statique.

Astuce mémo

Dirichlet impose le potentiel, Neumann impose le flux

9. Lois de transport et rayonnement

★ À maîtriser

📐 Formule — Les lois de transport linéaires relient un flux à un gradient de potentiel par une conductivité, notamment Je=σV\mathbf{J}_e=-\sigma\nabla V pour la loi d’Ohm et JQ=κT\mathbf{J}_Q=-\kappa\nabla T pour la loi de Fourier.

📌 La conduction transfère l’énergie thermique par diffusion sans milieu mobile, tandis que la convection transfère la chaleur avec le mouvement macroscopique d’un fluide.

📐 Formule — La loi de Stefan-Boltzmann donne la puissance rayonnée par un corps selon Q˙=σεAT4\dot{Q}=\sigma\varepsilon A T^4, avec σ=5.67×108Wm2K4\sigma=5.67\times10^{-8}\,\mathrm{W\,m^{-2}\,K^{-4}} et une émissivité ε\varepsilon comprise entre 0 et 1.

Compléments

📐 Formule — Le flux convectif vérifie qconv=h(TsT)q_{\mathrm{conv}}=h(T_s-T_\infty), où hh est le coefficient de convection, TsT_s la température de surface et TT_\infty celle du fluide éloigné.

  • La puissance solaire moyenne interceptée par la Terre est estimée à environ 1.74×1017W1.74\times10^{17}\,\mathrm{W} avant prise en compte de l’albédo et des effets atmosphériques.

  • L’albédo terrestre vaut environ 0,3, si bien qu’environ 30 % du rayonnement solaire incident est réfléchi vers l’espace.

Astuce mémo

Conduction, convection, puis rayonnement

10. Extensivité et relations fondamentales

Notions clés & Définitions

  • Grandeur intensive : Est obtenue par dérivation partielle d’une grandeur extensive par rapport à une autre grandeur extensive.

★ À maîtriser

📐 Formule — L’extensivité impose l’homogénéité du premier ordre : U(λS,λX1,,λXn)=λU(S,X1,,Xn).U(\lambda S,\lambda X_1,\ldots,\lambda X_n)=\lambda U(S,X_1,\ldots,X_n).

📐 Formule — Pour un système simple, la relation d’Euler s’écrit U=TSPV+μN.U=TS-PV+\mu N.

📐 Formule — La relation de Gibbs pour l’énergie est dU=TdSPdV+μdN.dU=T\,dS-P\,dV+\mu\,dN.

📐 Formule — La relation de Gibbs-Duhem pour l’énergie est SdTVdP+Ndμ=0.S\,dT-V\,dP+N\,d\mu=0.

Compléments

📐 Formule — Les relations de Maxwell résultent de l’égalité des dérivées croisées d’une différentielle totale exacte, par exemple (TV)S,N=(PS)V,N.\left(\frac{\partial T}{\partial V}\right)_{S,N}=-\left(\frac{\partial P}{\partial S}\right)_{V,N}.

Astuce mémo

Extensivité → dérivées intensives → relations de Gibbs

11. Équilibre et potentiels thermodynamiques

Notions clés & Définitions

  • Troisième principe : Affirme que l’entropie d’un système en équilibre thermodynamique interne tend vers une constante indépendante des autres paramètres lorsque la température tend vers le zéro absolu, cette constante étant conventionnellement nulle pour les corps purs cristallisés parfaits.
  • Potentiel chimique : Est la variation de l’énergie interne associée à l’échange d’une particule, et l’équilibre chimique correspond à un gradient de potentiel chimique nul.

Points essentiels

  • Dans un système isolé composé de deux sous-systèmes, l’équilibre s’obtient en imposant la nullité de la variation de l’entropie totale pour chaque échange extensif autorisé.

📌 Pour une paroi mobile, diathermane et perméable, l’équilibre impose l’égalité de la température, de la pression et du potentiel chimique ; pour une paroi fixe, l’égalité des pressions n’est pas nécessaire.

📐 Formule — La transformée de Legendre de l’énergie interne qui remplace S par T est l’énergie libre de Helmholtz : F(T,V,N)=UTS,F(T,V,N)=U-TS, avec dF=SdTPdV+μdN.dF=-S\,dT-P\,dV+\mu\,dN.

📐 Formule — Les principaux potentiels thermodynamiques vérifient H=U+PV,H=U+PV, G=HTS,G=H-TS, et leurs différentielles sont dH=TdS+VdP+μdNdH=T\,dS+V\,dP+\mu\,dN et dG=SdT+VdP+μdN.dG=-S\,dT+V\,dP+\mu\,dN.

📌 À température et pression constantes, une réaction est spontanée lorsque la variation d’enthalpie libre vérifie ΔG<0.\Delta G<0.

Astuce mémo

Paroi mobile : pression égale ; paroi fixe : pression possiblement différente

12. Gaz, chaleurs et relations d’état

★ À maîtriser

📐 Formule — Les chaleurs spécifiques sont définies par CV=T(ST)VC_V=T\left(\frac{\partial S}{\partial T}\right)_V et CP=T(ST)P.C_P=T\left(\frac{\partial S}{\partial T}\right)_P.

📐 Formule — La relation générale entre les chaleurs spécifiques est CPCV=T(PT)V(VT)P.C_P-C_V=T\left(\frac{\partial P}{\partial T}\right)_V\left(\frac{\partial V}{\partial T}\right)_P.

📐 Formule — Le coefficient adiabatique est γ=CPCV,\gamma=\frac{C_P}{C_V}, et une compression adiabatique réversible vérifie PVγ=cste.PV^\gamma=\mathrm{cste}.

📐 Formule — L’équation d’état du gaz parfait est PV=nRT.PV=nRT.

📐 Formule — Pour un gaz parfait, l’énergie interne ne dépend que de la température et sa variation est ΔU=CV(T2T1).\Delta U=C_V(T_2-T_1).

📐 Formule — L’équation d’état de Van der Waals est (P+an2V2)(Vnb)=nRT.\left(P+a\frac{n^2}{V^2}\right)(V-nb)=nRT.

Compléments

  • Pour un gaz parfait monoatomique, γ=5/3\gamma=5/3, tandis que pour un gaz parfait diatomique, γ=7/5.\gamma=7/5.

📐 Formule — Pour un gaz parfait, la variation d’entropie entre deux états de n moles est ΔS=CVln(T2T1)+Rln(V2V1).\Delta S=C_V\ln\left(\frac{T_2}{T_1}\right)+R\ln\left(\frac{V_2}{V_1}\right).

📐 Formule — Pour un gaz de Van der Waals, la variation d’énergie interne entre deux états est ΔU=CV(T2T1)an2(1V21V1).\Delta U=C_V(T_2-T_1)-an^2\left(\frac{1}{V_2}-\frac{1}{V_1}\right).

📐 Formule — Les coefficients thermoélastiques d’un gaz comprennent la dilatation thermique β=1V(VT)P\beta=\frac{1}{V}\left(\frac{\partial V}{\partial T}\right)_P et la compressibilité isotherme χT=1V(VP)T.\chi_T=-\frac{1}{V}\left(\frac{\partial V}{\partial P}\right)_T.

Astuce mémo

Gaz parfait → Van der Waals → coefficients thermoélastiques

13. Courbure et stabilité thermodynamique

Notions clés & Définitions

  • Surface des états d’équilibre : l’hypersurface définie par l’entropie S(U,X1,,Xn)S(U,X_1,\ldots,X_n) des variables extensives du système

★ À maîtriser

📌 À conditions finales fixées, un équilibre thermodynamique stable maximise l’entropie, tandis qu’en représentation par l’énergie interne il minimise l’énergie.

📐 Formule — La stabilité thermodynamique exige (2US2)0\left(\frac{\partial^2 U}{\partial S^2}\right)\geq 0 et (2SU2)0\left(\frac{\partial^2 S}{\partial U^2}\right)\leq 0.

📌 Une transformation réversible suit entièrement la surface des états d’équilibre, une transformation irréversible passe par des états hors équilibre et une transformation quasi-statique reste arbitrairement proche de cette surface.

Compléments

  • La stabilité impose que la matrice hessienne des dérivées secondes soit définie positive pour un minimum et définie négative pour un maximum.

📌 Une transformation adiabatique réversible conserve l’entropie et est donc isentropique.

Astuce mémo

Entropie concave = équilibre stable ; entropie convexe = instabilité

14. Transformations et séparation de phases

★ À maîtriser

📌 Un système thermodynamique est stable à l’équilibre si sa surface d’entropie est concave, c’est-à-dire située sous ses plans tangents.

  • En présence d’une portion convexe de la surface d’entropie, les fluctuations augmentent l’entropie globale et le système se sépare en plusieurs phases.

📐 Formule — La pente de la surface entropique vérifie (SU)V=1T\left(\frac{\partial S}{\partial U}\right)_V=\frac{1}{T}.

📐 Formule — La stabilité thermique impose CV>0C_V>0 et la stabilité mécanique impose χT>0\chi_T>0.

  • Le point critique est la limite au-delà de laquelle les phases liquide et gazeuse ne peuvent plus être distinguées et le fluide devient supercritique.

Compléments

📐 Formule — Les coefficients thermoélastiques stables vérifient CP>CV>0C_P>C_V>0 et χT>χS>0\chi_T>\chi_S>0.

  • Le point triple est l’intersection des trois séparatrices de phases et correspond à la coexistence des phases solide, liquide et gazeuse.

Astuce mémo

Convexité de S → instabilité → séparation en phases

15. Équilibres et transitions de phase

★ À maîtriser

📐 Formule — La règle générale des phases de Gibbs donne v=Cϕ+2v=C-\phi+2, où vv est la variance, CC le nombre de constituants et ϕ\phi le nombre de phases.

📌 Pour un corps pur en équilibre entre trois phases, la variance est nulle, ce qui définit le point triple et interdit la coexistence de plus de trois phases.

📐 Formule — La relation de Clapeyron donne le long d’une courbe de coexistence dPdT=ΔsΔv=LTΔv\frac{dP}{dT}=\frac{\Delta s}{\Delta v}=\frac{L}{T\Delta v}.

📐 Formule — Le modèle de Van der Waals est défini par (P+an2V2)(Vnb)=nRT\left(P+a\frac{n^2}{V^2}\right)(V-nb)=nRT, où aa représente la cohésion moléculaire et bb le covolume molaire.

📌 Dans le modèle de Van der Waals, la règle des paliers de Maxwell remplace la portion instable d’une isotherme par un segment horizontal dont les aires située au-dessus et au-dessous sont égales.

Compléments

📐 Formule — Pour la vaporisation aux conditions usuelles, la pression de vapeur saturante vérifie approximativement dPsatdTPΔhvapRT2\frac{dP_{sat}}{dT}\approx\frac{P\Delta h_{vap}}{RT^2}.

📐 Formule — Lorsque l’enthalpie de vaporisation est supposée constante, la loi intégrée de Rankine s’écrit ln(PsatP0)ΔhvapR(1T1T0)\ln\left(\frac{P_{sat}}{P_0}\right)\approx-\frac{\Delta h_{vap}}{R}\left(\frac{1}{T}-\frac{1}{T_0}\right).

📐 Formule — La règle des moments donne le titre massique en vapeur xv=uuluvul=AMABx_v=\frac{u-u_l}{u_v-u_l}=\frac{AM}{AB}.

Astuce mémo

Gibbs → Clapeyron → vapeur saturante → Maxwell

16. Équilibre et transitions de phase

★ À maîtriser

📌 L’équilibre entre deux phases A et B à température et pression fixes impose l’égalité de leurs potentiels chimiques, μA = μB.

📐 Formule — La fraction massique de vapeur vérifie xv=uuluvul=AMABx_v=\frac{u-u_l}{u_v-u_l}=\frac{AM}{AB}, où u est le volume massique du mélange et ul et uv ceux des phases liquide et vapeur.

📐 Formule — Pour un corps pur comportant C constituants, r réactions indépendantes, k contraintes expérimentales, n variables intensives indépendantes et Φ phases, la variance vaut V=Crk+nΦV=C-r-k+n-\Phi.

📐 Formule — La chaleur latente molaire de transition vérifie QAB=nLAB(T)=nT(sBsA)=n(hBhA)Q_{AB}=nL_{AB}(T)=nT(s_B-s_A)=n(h_B-h_A) à pression constante.

📐 Formule — La relation de Clapeyron donne dPABdT=sBsAvBvA=LAB(T)T(vBvA)\frac{dP_{AB}}{dT}=\frac{s_B-s_A}{v_B-v_A}=\frac{L_{AB}(T)}{T(v_B-v_A)} pour l’équilibre entre deux phases.

Compléments

  • La chaleur latente molaire de vaporisation de l’eau à 1 atm et 100 °C vaut 40 kJ/mol, tandis que celle de liquéfaction vaut −40 kJ/mol.

Astuce mémo

Liquide stable à forte pression, gaz stable à faible pression

17. Nucléation et phases métastables

★ À maîtriser

  • 🔄 La nucléation homogène suit trois étapes:
    1. Une fluctuation de densité forme un germe
    2. Le germe disparaît s’il reste sous le rayon critique
    3. Le germe croît si le rayon critique est dépassé

📌 La nucléation homogène se produit en l’absence d’impuretés, tandis que la nucléation hétérogène est favorisée par des impuretés ou des surfaces qui servent de sites de germination.

📐 Formule — Le rayon critique de nucléation est approximativement rC2γLGvL(μLμG)2γLGvLRTPeq(T)PGPeq(T)r_C\simeq\frac{2\gamma_{LG}}{v_L(\mu_L-\mu_G)}\simeq\frac{2\gamma_{LG}}{v_L}\frac{RTP_{eq}(T)}{P_G-P_{eq}(T)}.

Compléments

📐 Formule — Pour un germe sphérique, la variation d’enthalpie libre de surface vaut ΔGA=4πr2γLG\Delta G_A=4\pi r^2\gamma_{LG} et la variation d’enthalpie libre de germination vaut ΔGV=43πr3vL(μLμG)\Delta G_V=\frac{4}{3}\pi r^3v_L(\mu_L-\mu_G).

  • À 30 °C, pour l’eau avec PG = 0,0625 bar, le rayon critique vaut environ 22 Å et le germe contient environ 3000 molécules, tandis qu’avec PG = 0,2425 bar, il vaut environ 2,2 Å et contient environ 3 molécules.

Astuce mémo

Sursaturation → germe critique dépassé → croissance de la phase

18. Cycles et machines thermiques

Notions clés & Définitions

  • Cycle thermodynamique : Contour fermé dans un diagramme d’état, sur lequel la variation de toute fonction d’état est nulle et le travail produit correspond à l’aire du cycle dans le diagramme (P,V).

Points essentiels

  • 🔄 Le cycle de Carnot comprend quatre branches:
    1. Détente isotherme
    2. Détente adiabatique
    3. Compression isotherme
    4. Compression adiabatique

📐 Formule — Le rendement maximal d’une machine thermique ditherme réversible est η=1TfTc\eta=1-\frac{T_f}{T_c}, où Tc et Tf sont les températures absolues des sources chaude et froide.

📐 Formule — Les coefficients de performance maximaux valent COPC=TcTcTfCOP_C=\frac{T_c}{T_c-T_f} pour une pompe à chaleur et COPF=TfTcTfCOP_F=\frac{T_f}{T_c-T_f} pour un réfrigérateur.

📌 L’inégalité de Clausius impose, pour tout cycle, δQT0\oint\frac{\delta Q}{T}\leq0, avec égalité uniquement dans le cas réversible.

  • À la fin du XVIIIe siècle, la théorie dominante du calorique supposait que la chaleur était un fluide conservatif s’écoulant de la source chaude vers la source froide.

📐 Formule — Pour une machine thermique ditherme réversible, le rendement de Carnot vaut ηC=1T2T1\eta_C=1-\frac{T_2}{T_1}, où T1T_1 et T2T_2 sont les températures des sources chaude et froide.

📐 Formule — Pour une machine irréversible, le rendement vérifie η=ηCΔSQ1T2\eta=\eta_C-\frac{\Delta S}{Q_1}T_2, où ΔS0\Delta S\geq0 est l’entropie produite dans le système.

📌 Les énoncés de Carnot, Clausius et Kelvin sont équivalents : les machines dithermes réversibles ont le même rendement à températures données, la chaleur ne passe pas spontanément du froid vers le chaud sans compensation, et une machine monotherme ne peut pas produire de travail.

📐 Formule — Clausius introduit une fonction d’état entropie SS telle que dS=δQTdS=\frac{\delta Q}{T} pour une transformation réversible, tandis que tout cycle vérifie δQT0\oint\frac{\delta Q}{T}\leq0.

  • 🔄 Le cycle à quatre temps comprend:

    1. l’admission, de 0 à 1
    2. la compression, de 1 à 2
    3. la course de puissance, de 2 à 3 puis 4
    4. l’échappement, de 4 à 1 puis 0
  • 🔄 Les quatre transformations idéales sont:

    1. la compression adiabatique réversible de 1 à 2
    2. l’échauffement isochore de 2 à 3
    3. la détente adiabatique réversible de 3 à 4
    4. le refroidissement isochore de 4 à 1

📐 Formule — Pour une transformation adiabatique réversible d’un gaz parfait, PVγ=constantePV^\gamma=\mathrm{constante} et T2T1=(V1V2)γ1\frac{T_2}{T_1}=\left(\frac{V_1}{V_2}\right)^{\gamma-1}.

📐 Formule — Le rendement théorique du cycle d’Otto vaut ηOtto=11rγ1\eta_{Otto}=1-\frac{1}{r^{\gamma-1}}, avec r=V1V2=V4V3r=\frac{V_1}{V_2}=\frac{V_4}{V_3} le rapport volumétrique.

📌 Pour que la détente adiabatique fournisse un travail moteur dans le cycle d’Otto, le rapport volumétrique doit vérifier r>1r>1.

Astuce mémo

Carnot : isotherme, adiabatique, isotherme, adiabatique

Tableaux de synthèse

Travail et chaleur

ÉchangeCondition sur la frontièreExemple
TravailDéplacement imposéCompression d’un piston
ChaleurPas de déplacement imposéChauffage d’un gaz dans un récipient rigide

Variables intensives et extensives

TypePropriétésExemples
IntensiveNe varie pas lors du partage du systèmeTempérature, pression, potentiel chimique
ExtensiveVarie avec la taille du systèmeEntropie, volume, nombre de particules

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Structure et fonctions thermodynamiques avec 66 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle conclusion principale les expériences de James Joule ont-elles apportée à l’étude de la chaleur et de l’énergie ?

2. Quel résultat Sadi Carnot établit-il en 1824 dans ses travaux sur les machines thermiques ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Structure et fonctions thermodynamiques avec 90 flashcards interactives.

Quelle machine thermique Héron d’Alexandrie a-t-il construit au 1er siècle ?

L’éolipyle, première machine thermique connue.

Quelle équivalence mécanique de la chaleur James Joule a-t-il établi ?

1calorie=4,185J1\,\mathrm{calorie}=4{,}185\,\mathrm{J}.

Quelle loi fondamentale James Joule a-t-il montré concernant l’énergie ?

L’énergie se conserve en se transformant entre ses formes.

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