Fiche de révision : Violence et transition en Amérique Latine

Plan du Cours

  1. Définition de la violence en science politique
  2. Violence symbolique et domination éducative
  3. Diversité des sociétés latino-américaines
  4. Genèse des guerres civiles en Amérique centrale
  5. Coup d’État et terreur en Argentine
  6. Doctrine Monroe et retour sous Reagan
  7. Négociations de paix et rôle de la société civile
  8. Justice transitionnelle : circulation et modèles
  9. Préceptes de la justice transitionnelle
  10. Violence post-conflit et défaillances étatiques
  11. Gangs et politiques sécuritaires répressives
  12. Vague rose et cycles électoraux latino-américains

1. Définition de la violence en science politique

Notions clés & Définitions

  • Violence (définition étroite) : La violence, au sens étroit, désigne un comportement visant à blesser des personnes ou à dégrader des biens.
  • Violence symbolique : La violence symbolique est une forme de domination qui agit surtout sur la psychologie et s’intègre à des systèmes sociaux, donc moins visible.
  • Habitus : L’habitus est un concept qui explique comment des dispositions intériorisées peuvent rendre certaines violences sociales moins perceptibles.
  • Violence comme interaction : La violence, vue sociologiquement, se comprend comme une expérience vécue dans une situation d’interaction entre acteurs.
  • Violence politique : La violence politique est une violence qui devient un enjeu de l’agenda politique quand elle est interprétée et relayée par des acteurs publics et médiatiques.

Points essentiels

  • La définition étroite de la violence vise des atteintes physiques aux personnes et des dommages matériels aux biens.
  • La violence symbolique met l’accent sur l’effet psychologique et sur des mécanismes de domination intégrés aux institutions, notamment éducatives.
  • La violence symbolique est dite insidieuse car elle est moins spectaculaire et se reproduit via l’organisation sociale ordinaire.
  • La violence comme interaction suppose une perception: je subis un comportement que je reconnais comme violent, ce qui dépend du contexte et de la configuration d’acteurs.
  • La violence politique n’est pas seulement un fait: elle devient politique quand médias et acteurs politiques la traitent comme un objet du débat public.
  • Philippe Braud distingue notamment violence d’État, violence protestataire et violence intersociale, selon la nature des acteurs et du rapport à l’ordre social.

Astuce mémo

Étroit = corps et biens; Symbolique = domination invisible; Interaction = perception + contexte; Politique = médiatisation/agenda.

2. Violence symbolique et domination éducative

Notions clés & Définitions

  • Caudillo : Le caudillo est un chef militaire qui accède au pouvoir par un coup d’État et s’impose durablement grâce à son armée et sa notoriété locale puis nationale.
  • Domination éducative : La domination éducative désigne l’influence d’un groupe dominant sur la formation et les parcours scolaires, ce qui renforce des rapports de pouvoir au sein de la société.
  • Violence protestataire : La violence protestataire regroupe des actions violentes menées pour contester l’ordre politique et exprimer des revendications collectives.
  • Révolutions traditionnelles : Les révolutions traditionnelles sont des soulèvements où la violence prend surtout la forme de coups d’État et de rivalités entre caudillos.
  • Révolutions paysannes et nationalistes : Les révolutions paysannes et nationalistes sont des révoltes portées par des acteurs ruraux, souvent liées à des revendications agraires et à l’affirmation nationale.

Points essentiels

  • Le caudillo est généralement fortuné et dispose d’une armée à son nom, ce qui relie directement puissance militaire et exercice du pouvoir.
  • Les caudillos s’imposent d’abord à l’échelle locale puis gagnent une reconnaissance nationale, et peuvent rester au pouvoir pendant plusieurs décennies.
  • Dans les révolutions traditionnelles, la violence apparaît d’abord comme des guerres internes où un caudillo en chasse un autre, avec l’armée comme force dominante.
  • Les révolutions paysannes et nationalistes mobilisent surtout des indiens et des paysans, et peuvent s’accompagner de révoltes agraires et de contestations étudiantes et ouvrières.
  • La révolution cubaine marque une rupture : elle n’est pas menée uniquement par un leader, mais présentée comme une insurrection populaire visant un changement radical, devenant une référence des guerres révolutionnaires.

Astuce mémo

Caudillo = Coup d’État + Armée personnelle + Long règne ; Révolutions traditionnelles = rivalité de caudillos ; Révolutions paysannes = indiens/paysans + revendications agraires.

3. Diversité des sociétés latino-américaines

Notions clés & Définitions

  • Théorie du foyer révolutionnaire : Doctrine révolutionnaire qui mise sur des foyers armés en zone rurale pour déclencher une généralisation de la lutte contre l’État.
  • Guérillas urbaines : Forme de guérilla menée dans les villes, combinant actions spectaculaires et recours à des pratiques terroristes.
  • Troisième vague de violence : Période de montée de la violence armée à partir des années 1980, notamment en Amérique centrale, au Pérou et en Colombie.
  • Front Sandiniste de Libération Nationale : Coalition de guérillas au Nicaragua qui renverse le régime de Somoza en 1979.
  • Terrorisme d’État : Usage de la terreur par un pouvoir étatique à des fins idéologiques, politiques ou religieuses.

Points essentiels

  • La doctrine guévariste du foyer révolutionnaire s’appuie sur l’idée que ce qui a fonctionné à Cuba (1957-1959) peut fonctionner ailleurs en Amérique latine et dans le monde.
  • Les guérillas rurales agissent de façon sporadique contre l’armée officielle et cherchent à conduire à une confrontation généralisée avec l’État.
  • Les guérillas urbaines se concentrent surtout dans le Cône sud et dans les villes, avec des opérations spectaculaires et des pratiques terroristes.
  • Exemples de guérillas urbaines : ALN au Brésil fin 1960’, MIR au Chili, et Montoneros en Argentine (environ 10 000 membres).
  • Au Nicaragua, la révolution sandiniste (1979) s’appuie sur une coalition de guérillas menée par le Front Sandiniste de Libération Nationale contre le régime de Somoza Debayle.
  • Au Salvador, le FMLN s’oppose à une junte militaire et déclenche un conflit de plus de 10 ans dans les années 1980, avec une forte dimension sociale et une durée prolongée de la guerre armée.

Astuce mémo

Foyer rural → Cuba exporté ; Villes → spectacle + terreur ; 1980s → Amérique centrale + Pérou + Colombie.

4. Genèse des guerres civiles en Amérique centrale

Notions clés & Définitions

  • Blocages hérités du passé : Notion d’analyse qui désigne le poids des structures anciennes (pouvoir patriarcal, caudillisme, surreprésentation militaire) dans l’explosion des violences.
  • Alliance pour le Progrès : Programme des années 1960 qui stimule des progrès sociaux et contribue à ouvrir davantage les systèmes politiques en Amérique centrale.
  • Marché commun centraméricain (CEMCA) : Dispositif régional des années 1960 qui renforce l’intégration économique et accompagne l’ouverture politique, donc de nouvelles tensions.
  • FSLN : Front Sandiniste de Libération Nationale, acteur central de la guérilla nicaraguayenne dont le rapprochement avec l’Église et des secteurs modérés est mentionné.
  • FMLN : Front de Libération Nationale du Salvador, créé en octobre 1980 dans le contexte de la guerre déclenchée après l’assassinat de Romero.

Points essentiels

  • La genèse des guerres civiles est expliquée par la combinaison d’héritages du passé et d’événements déclencheurs plus ou moins contingents, selon Gilles Bataillon.
  • À la veille des années 1960, les pays sont décrits comme peu peuplés, avec des économies agro-exportatrices dépendantes et des territoires enclavés.
  • Les progrès sociaux des années 1960 sont attribués à l’Alliance pour le Progrès et au marché commun centraméricain (CEMCA), ce qui augmente l’ouverture politique.
  • L’ouverture du système favorise l’émergence de revendications égalitaires et de nouvelles tensions sociales et politiques.
  • Nicaragua : l’assassinat du principal opposant au dictateur Somoza en janvier 1978 joue un rôle déclencheur.
  • Nicaragua : le FSLN se rapproche de l’Église et de secteurs modérés, ce qui modifie l’alignement des forces en présence.

Astuce mémo

Héritage + ouverture (années 60) + déclencheurs (1978/1980) = guerres partout.

5. Coup d’État et terreur en Argentine

Notions clés & Définitions

  • Junte militaire argentine : Une dictature dirigée par des militaires qui prend le pouvoir en mars 1976 en Argentine après un coup d’État.
  • Henry Kissinger : Un responsable américain qui décide et encadre le soutien des États-Unis à la junte argentine dès le début du régime.
  • Amiral Massera : Un acteur militaire argentin qui, selon les propos rapportés, rassure les États-Unis sur la conduite du nouveau gouvernement.
  • Galtieri : Un général argentin qui prend le pouvoir en décembre 1981 et lance la guerre des Malouines.
  • Plan Condor : Un réseau transnational de répression coordonnée entre dictatures du Cône sud visant l’élimination d’opposants, y compris à l’étranger.

Points essentiels

  • Deux jours après le coup d’État de mars 1976, Kissinger informe ses collaborateurs qu’il veut soutenir la junte militaire argentine.
  • Les États-Unis n’auraient pas joué de rôle dans l’avènement de la dictature, mais auraient été informés de l’imminence du putsch.
  • Une semaine avant le coup d’État, l’ambassade américaine reçoit une assurance de l’amiral Massera sur le fait que le nouveau gouvernement ne reproduirait pas les atrocités du Chili.
  • Kissinger privilégie une logique anticommuniste au détriment de la considération humanitaire, d’après les paroles rapportées.
  • En décembre 1981, Galtieri arrive au pouvoir et lance la guerre des Malouines en pensant à un soutien américain inconditionnel.
  • La plupart des latino-américanistes du ministère souhaitent que l’Argentine reste neutre, et Reagan valorise surtout la coopération avec Thatcher pour l’OTAN plutôt que l’Argentine en Amérique latine.

Astuce mémo

Massera rassure → Kissinger soutient : anticommunisme d’abord, droits humains ensuite.

6. Doctrine Monroe et retour sous Reagan

Notions clés & Définitions

  • Doctrine Monroe : Doctrine politique américaine visant à empêcher toute influence étrangère dans l’hémisphère occidental et à restaurer la prééminence des États-Unis.
  • RECRUTER : Principe de la doctrine Monroe consistant à encourager des gouvernements à s’aligner sur les intérêts et principes américains.
  • S'ÉTENDRE : Principe de la doctrine Monroe visant à dissuader les États de coopérer avec des puissances rivales en Amérique.
  • Mercantilisme des ressources : Orientation de la doctrine Monroe qui traite l’accès aux ressources stratégiques comme un objectif prioritaire.
  • Dénie d’accès : Logique de la doctrine Monroe visant à empêcher une puissance rivale (notamment chinoise) d’obtenir des positions ou capacités menaçantes dans la région.

Points essentiels

  • Objectif central : restaurer la prééminence des États-Unis dans l’hémisphère occidental pour sécuriser intérêts et territoire via l’accès à des zones géographiques clés.
  • Deux mots-clés structurent l’action : RECRUTER pour aligner des gouvernements et S'ÉTENDRE pour dissuader toute coopération avec des adversaires.
  • Piliers stratégiques : domination hémisphérique incontestée et expulsion des rivaux non hémisphériques (principalement Chine, Russie, Iran) de la région.
  • Conditionnalité de l’aide : toute aide américaine est liée à la rupture des liens avec les adversaires.
  • Orientation économique : contrôle et accès aux ressources stratégiques (pétrole et minéraux critiques) comme priorité.
  • Mécanisme de légitimation : la puissance devient la source de la légitimité morale, sans recours aux normes juridiques internationales.

Astuce mémo

RECRUTER = rallier, S'ÉTENDRE = empêcher la coopération rivale.

7. Négociations de paix et rôle de la société civile

Notions clés & Définitions

  • Transition démocratique graduelle : La transition démocratique graduelle désigne un passage progressif du régime autoritaire vers la démocratie, en conservant une continuité institutionnelle et politique.
  • Justice pénale limitée : La justice pénale limitée est une approche qui limite les poursuites pour tenir compte des contraintes imposées par les détenteurs du pouvoir.
  • Politiques de mémoire : Les politiques de mémoire regroupent des mesures publiques visant à traiter le passé violent par la justice, la vérité et la réparation.
  • Ère des victimes : L’ère des victimes désigne une logique où la reconnaissance et la réparation des victimes deviennent centrales dans les politiques de sortie de violence.
  • Commission nationale sur la disparition des personnes : La CONADEP est une commission de vérité argentine chargée d’enquêter sur les disparitions et de remettre un rapport au président, sans mandat judiciaire.

Points essentiels

  • Les transitions démocratiques sont souvent décrites en trois phases : dégradation du régime, négociations et pactes, puis élections et consolidation.
  • Guy Hermet souligne que les ruptures radicales avec les institutions du régime précédent réussissent moins souvent que les transitions graduelles avec continuité du personnel et des institutions.
  • Les transitions reposent sur l’idée de restaurer des règles institutionnelles interrompues, ce qui peut conduire à maintenir des éléments du régime précédent (ex. constitution pinochetiste de 1980 au Chili).
  • La justice pénale limitée consiste à composer avec les contraintes perçues par les détenteurs du pouvoir, ce qui peut se traduire par des amnisties quasi généralisées.
  • Exception notable dans le Cône Sud : l’Argentine ne suit pas le modèle d’amnistie, car sa marge de manœuvre est plus grande et les pressions militaires sont moins fortes.
  • Les politiques de mémoire poursuivent trois fonctions principales : faire justice dans un contexte contraint, satisfaire une demande de vérité, et réparer les torts subis par les victimes.

Astuce mémo

Graduelle = continuité (institutions + personnes) ; limitée = justice “dosée” pour survivre aux contraintes du pouvoir.

8. Justice transitionnelle : circulation et modèles

Notions clés & Définitions

  • Justice transitionnelle : Ensemble de mécanismes juridiques et politiques visant à traiter les violences passées et à reconstruire un cadre de paix et de droits.
  • Circulation des modèles de paix : Diffusion d’approches de négociation d’un pays à d’autres, via l’imitation, l’influence diplomatique et les médiations régionales.
  • Fenêtre d’opportunité : Moment politique où les conditions rendent l’ouverture d’un processus de paix plus réaliste et politiquement acceptable.
  • Équilibre stratégique : Situation perçue où aucun camp ne peut gagner militairement, ce qui rend la négociation crédible.
  • Modèle élitiste de négociation : Processus de paix mené par des négociateurs restreints, avec une participation limitée des acteurs externes.

Points essentiels

  • Depuis 2024, les conflits de haute intensité s’aggravent et entraînent davantage de victimes civiles et de déplacements forcés, avec 122 millions de déplacés (UNHCR).
  • L’échec diplomatique se renforce : depuis 2012, plusieurs conflits au Moyen-Orient déclenchés par les soulèvements arabes ont propagé l’instabilité, notamment au Sahel.
  • La diplomatie en contexte de guerre vise souvent à gérer les conséquences plutôt qu’à signer des paix globales : accords militaires ponctuels, négociations de prisonniers et accords partiels.
  • Depuis les années 90, les accords de paix sont plus rares ; l’exception citée est la Colombie (accord en 2026) mettant fin à une guerre de plus de 40 ans.
  • Les négociations sont précédées de phases exploratoires (souvent secrètes) pour fixer le format : participants, lieux, méthodologie et agenda ; en Colombie, la phase exploratoire dure 1 an et demi.
  • Les négociations peuvent être facilitées par des acteurs tiers (société civile, organisations internationales, personnalités) et produire des accords globaux ou partiels, parfois combinés dans un même accord.

Astuce mémo

Opportunité + impasse militaire = table de négociation (fenêtre d’opportunité → équilibre stratégique).

9. Préceptes de la justice transitionnelle

Notions clés & Définitions

  • Justice et paix : La justice transitionnelle désigne un dispositif judiciaire qui cherche à combiner vérité, responsabilité et réparations après des violences de masse.
  • Démobilisation paramilitaire : La démobilisation paramilitaire est le processus par lequel des combattants cessent les hostilités et quittent les structures armées, avec des effets rapides sur la violence.
  • Priorisation des procès : La priorisation des procès est une méthode de sélection des dossiers qui vise à accélérer les audiences en concentrant les affaires sur certains responsables et faits.
  • Crimes contre l’humanité : Les crimes contre l’humanité sont des qualifications pénales utilisées pour juger des violences systématiques, permettant d’éclairer un système de répression.

Points essentiels

  • En Colombie, la sortie de violence passe par des négociations avec les paramilitaires puis par un volet judiciaire articulant vérité, justice et réparations.
  • La démobilisation des paramilitaires intervient après la victoire d’Álvaro Uribe Vélez en août 2002, avec 31 000 hommes démobilisés entre 2003 et fin 2005.
  • La loi de 2005 « Justice et paix » prévoit une peine alternative pour 2800 paramilitaires accusés de crimes contre l’humanité, tout en organisant un cadre de vérité et de réparation.
  • Le processus de procès pour la mémoire aboutit à plus de 60 000 crimes confessés, 40 000 homicides confessés, 2300 massacres, 6500 corps exhumés et 5000 fosses communes.
  • En 2012, une réorientation introduit des critères de priorisation pour obtenir des « macro-sentences », avec environ une cinquantaine de sentences au début 2022 et seulement ~10% des faits couverts.
  • Le chef paramilitaire Salvatore Mancuso est jugé avec la qualification de « crimes contre l’humanité », ce qui sert à reconstituer un système de répression et à montrer la participation de secteurs variés de la société.

Astuce mémo

Vérité–Justice–Réparation : démobiliser d’abord, puis juger en accélérant (priorisation) et en qualifiant en crimes contre l’humanité.

10. Violence post-conflit et défaillances étatiques

Notions clés & Définitions

  • Apathie de la paix : L’état social qui apparaît quand les accords ne produisent plus d’espoir concret, ce qui réduit l’adhésion et l’effort collectif pour leur mise en œuvre.
  • Recyclage de la violence : Le mécanisme par lequel la violence se reconfigure après un accord, avec continuité des logiques armées et apparition de nouveaux acteurs.
  • Bandes paramilitaires : Des groupes armés non étatiques qui contrôlent des territoires et des ressources, souvent liés aux économies illégales et aux rivalités locales.
  • Dissidences des FARC : Des fractions armées issues du refus ou de la rupture avec les accords de paix, qui poursuivent la lutte armée et les activités criminelles.
  • Paz total : La stratégie de paix du président Petro visant à négocier avec plusieurs acteurs armés en parallèle pour réduire durablement la violence.

Points essentiels

  • Dès 2016, la paix connaît une apathie et une polarisation très forte, rendant l’application des accords difficile.
  • La mise en œuvre exige une offre institutionnelle et la sécurité dans 26 zones où les FARC se sont démobilisées.
  • Le gouvernement utilise le « Fast track » pour approuver rapidement des réformes législatives nécessaires à l’application des accords.
  • Sous Duque (2018-2022), la volonté politique d’appliquer les accords est décrite comme faible, dans un contexte de récession économique.
  • Le recyclage de la violence s’accompagne de l’émergence de nouvelles bandes paramilitaires et du paramilitarisme post-accord.
  • Les dissidences des FARC incluent l’Estado Mayor Central (opposition aux accords, autour de 2000 membres) et Segunda Marquetalia (Ivan Marquez, créée en août 2019).

Astuce mémo

Paix qui s’éteint → violence qui se recycle (nouveaux groupes, mêmes logiques).

11. Gangs et politiques sécuritaires répressives

Notions clés & Définitions

  • Guerre de l’eau : Conflit social centré sur l’accès à l’eau, déclenché contre la privatisation et la marchandisation de la ressource.
  • Guerre du gaz : Soulèvement populaire en Bolivie contre la privatisation du gaz, où indigènes et paysans s’allient pour défendre le territoire et l’environnement.
  • Mouvement des piqueteros : Mouvement argentin de protestation urbaine qui bloque des routes pour contester licenciements et privatisations liées au néolibéralisme.
  • ZLEA : Projet de zone de libre échange entre l’Amérique du Nord et l’Amérique latine porté par les États-Unis, combattu par des mouvements altermondialistes.
  • El escraché : Méthode de mobilisation argentine utilisant musique et théâtre pour dénoncer publiquement des responsables liés aux centres de détention.

Points essentiels

  • En Bolivie (2004-2005), la contestation vise la privatisation du gaz et s’appuie sur une alliance indigènes-paysans autour de la défense du territoire et de l’environnement.
  • La guerre du gaz aboutit à la renationalisation du gaz, après une séquence où la guerre de l’eau précède la mobilisation contre le gaz.
  • En Argentine, les mouvements de classes moyennes dénoncent des privatisations et des licenciements, notamment via les piqueteros qui bloquent les routes.
  • Les mouvements altermondialistes naissent en Amérique latine et se structurent autour de la contestation de la ZLEA, avec un moment fondateur au Forum de Porto Alegre en 2001.
  • Les mouvements pour les droits humains prennent de l’ampleur en Argentine grâce à l’augmentation des procès après des lois d’amnistie, puis la réouverture des procès en 2005.
  • En Argentine, Hijos (créé par les fils de détenus des centres) popularise el escraché pour convaincre et mobiliser contre l’impunité.

Astuce mémo

Eau → Gaz (Bolivie) ; Routes bloquées (piqueteros) ; ZLEA contestée (Porto Alegre 2001) ; Impunité dénoncée (Hijos, el escraché).

12. Vague rose et cycles électoraux latino-américains

Notions clés & Définitions

  • Judiciarisation : La judiciarisation désigne le recours aux tribunaux pour traiter des crises politiques via des procédures judiciaires.
  • Affaire Mensalao : L’affaire Mensalao est un scandale de corruption lié à des versements à des dirigeants du PT, ayant conduit à des condamnations.
  • Affaire Lava Jato : L’affaire Lava Jato est un vaste scandale de corruption et de blanchiment impliquant Petrobras et de grandes entreprises du BTP.
  • Lulisme : Le lulisme est un courant politique associé à Lula, porté par son charisme et ses politiques économiques et sociales.
  • Néo-populisme conservateur : Le néo-populisme conservateur est un style politique qui oppose le peuple à l’élite, avec une vision binaire et un mépris des médiations.

Points essentiels

  • La judiciarisation transforme des conflits politiques en affaires judiciaires, comme dans les procès visant des dirigeants de gauche en Argentine et au Brésil.
  • En Argentine, des poursuites visent Néstor Kirchner et sa femme pour des malversations liées à des contrats publics et à des entreprises favorisées finançant des campagnes.
  • Au Brésil, le charisme et les politiques de Lula alimentent le lulisme, avec des taux de favorabilité élevés y compris durant son deuxième mandat.
  • Dilma Rousseff, élue le 31 octobre 2010, voit sa période marquée par une crise économique et des manifestations à grande ampleur à partir de l’été 2023.
  • L’affaire Mensalao (à partir d’août 2012) entraîne la condamnation de 25 personnes et un procès d’environ 6 mois, puis finit par toucher davantage Dilma Rousseff.
  • L’affaire Lava Jato est révélée en septembre 2014 et concerne des cartels présumés pour obtenir des marchés publics contre des pots-de-vin versés à des partis politiques, avec extension à d’autres pays d’Amérique latine;

Astuce mémo

Judiciarisation = “politique jugée” : quand la crise devient procès.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1492- 1810Période Conquête puis période coloniale (dans la périodisation du cours)
1810-1821Période des Indépendances (dans la périodisation du cours)
1959-1970Révolution cubaine et son impact (dans la périodisation du cours)

Tableaux de synthèse

Typologie des violences politiques (Philippe Braud)

CatégorieActeurs visésCaractéristique
Violence d’ÉtatPuissance publiqueRépression/usage de la force par l’État
Violence protestataireOrdre social/régime/représentants de la puissance publiqueActions armées clandestines, déprédations, agressions/menaces, entrave au fonctionnement régulier
Violence intersocialeGroupes sociauxAffrontements ou menaces entre groupes, mis à l’agenda par presse/politiques/RS

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre violence (atteintes au corps et aux biens) et violence politique : la violence ne devient politique que lorsqu’elle est interprétée et relayée dans l’agenda public.
  2. Croire que la violence symbolique est “moins réelle” : elle agit via des mécanismes de domination intégrés aux institutions, donc moins visible mais structurante.
  3. Mélanger violence protestataire et violence d’État : la première vise l’ordre social/régime/représentants, la seconde émane de la puissance publique et de ses dispositifs répressifs.
  4. Penser que les transitions démocratiques sont toujours des ruptures radicales : le cours insiste sur la réussite relative des transitions graduelles avec continuité du personnel et des institutions.
  5. Oublier que la justice pénale limitée n’est pas “absence de justice” : elle compose avec les contraintes des détenteurs du pouvoir, pouvant conduire à des amnisties quasi généralisées.
  6. Interpréter la justice transitionnelle comme un concept scientifique unique : c’est un ensemble de mesures (vérité, reconnaissance des victimes, justice limitée) dont les logiques varient selon les pays.
  7. Croire que la sortie de violence est linéaire : le cours montre le recyclage (nouveaux groupes, paramilitarisme post-accord) et l’apathie de la paix après les accords.

Checklist Examen

  1. Définir la violence au sens étroit (blessures aux personnes, dommages aux biens) et distinguer violence symbolique, violence comme interaction et violence politique.
  2. Expliquer pourquoi la violence symbolique en éducation est insidieuse (effet psychologique, intégration dans le système social) et relier à l’habitus.
  3. Connaître la typologie de Philippe Braud : violence d’État, violence protestataire, violence intersociale, et savoir donner l’idée générale de chaque catégorie.
  4. Présenter les révolutions traditionnelles (coups d’État, rivalités entre caudillos, armée dominante) et les révolutions paysannes/nationalistes (indiens/paysans, revendications agraires, dimension nationale).
  5. Expliquer la doctrine du foyer révolutionnaire (guévarisme) et le passage aux guérillas urbaines (spectacle + pratiques terroristes) puis à la “troisième vague” (années 1980).
  6. Relier la genèse des guerres civiles en Amérique centrale à la combinaison “blocages hérités du passé” + “ouverture des systèmes” (années 1960) + déclencheurs (janvier 1978, octobre 1980).
  7. Raconter le cas argentin : coup d’État de mars 1976, rôle de Kissinger (logique anticommuniste), arrivée de Galtieri (décembre 1981) et Plan Condor (coordination transnationale).
  8. Expliquer la Doctrine Monroe (RECRUTER, S’ÉTENDRE) et ses piliers : expulsion des rivaux, conditionnalité de l’aide, mercantilisme des ressources, légitimation par la puissance.
  9. Maîtriser les transitions démocratiques : phases (dégradation, négociations/pactes, élections/consolidation) et l’idée de continuité institutionnelle/personnel (Hermet).
  10. Décrire les politiques de mémoire (fonctions : justice contrainte, demande de vérité, réparation) et le cas argentin : CONADEP/rapport NUNCA MAS puis procès aux juntes (mars-octobre 1985).
  11. Expliquer la justice transitionnelle : circulation des modèles, préceptes (vérité, reconnaissance des victimes, justice pénale limitée) et logique de “pis-aller”/exportation via réseaux d’experts.
  12. Savoir articuler négociations de paix et conditions de réussite : fenêtre d’opportunité, équilibre stratégique, méthode, rythme, médiateurs, rôle (et coûts) de la société civile, puis appliquer au cas Colombie (démobilis
  13. justice et priorisation) et au recyclage post-accord (apathie, paramilitarisme, dissidences).

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1. Dans une définition étroite, que désigne la violence en science politique ?

2. Quand une violence devient-elle une violence politique ?

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Violence en science politique — définition ?

Atteinte physique ou symbolique ciblant personnes ou biens.

Violence symbolique — rôle ?

Maintenir la domination insidieuse via l’habitus.

Sociétés latino-américaines — diversité ?

Très variées, avec multiples cultures et structures sociales.

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