📋 Plan du Cours
- Environnement comme problème public et agenda politique
- Processus de mise à l’agenda par naming blaming claiming
- Acteurs de la publicisation entrepreneurs de cause
- Rôle des médias, experts et pouvoirs publics
- Action publique mondiale et biens communs universels
- Accords multilatéraux et COP pour le climat
- Externalités négatives et justification des politiques climatiques
- Réglementation normes d’émissions, procédés et produits
- Taxation et quotas d’émission droits à polluer
- Complémentarité des instruments réglementation taxation quotas
- Dysfonctionnements de l’action publique absence de gouvernance
- Tragédie des biens communs et passager clandestin
🔑 Notions clés & Définitions
- Loi Barnier : Loi française de 1995 qui définit l’environnement comme un patrimoine commun de la nation incluant milieux, ressources, qualité de l’air et diversité biologique.
- Patrimoine commun de la nation : Notion juridique selon laquelle l’environnement appartient collectivement à la nation, ce qui fonde sa prise en charge par l’action publique.
- Problème privé : Situation initiale où une nuisance ou un risque reste perçu comme relevant d’intérêts particuliers, sans débat public structuré.
- Problème public : Problème devenu visible dans l’opinion et discuté publiquement, ouvrant la voie à une réponse collective via l’action publique.
- Agenda politique : Liste des sujets traités par les décideurs publics à un moment donné, préalable à toute politique environnementale.
📝 Points essentiels
- L’environnement combine une dimension de patrimoine commun et une dimension de ressource mobilisée pour soutenir la croissance, ce qui crée des tensions d’intérêts.
- L’inscription d’un enjeu environnemental à l’agenda politique ne va pas de soi car les acteurs concernés n’ont pas les mêmes intérêts et stratégies.
- Un problème privé devient public seulement s’il gagne en visibilité et déclenche un débat dans l’opinion.
- La construction d’un problème public repose sur trois opérations : naming pour qualifier, blaming pour dénoncer et désigner des responsables, claiming pour exiger des solutions.
- Les défenseurs des océans ont utilisé le cas des sacs plastiques pour rendre le problème visible : ils ont relié l’usage des sacs à des effets sur tortues et micro-organismes.
- Une fois le problème suffisamment construit et débattu, il peut être transformé en objet d’action publique (ex. mesures d’interdiction ou de remplacement).
💡 Astuce mémo
Naming = nommer, Blaming = accuser, Claiming = réclamer : c’est le passage du privé au public puis à l’agenda.
🔑 Notions clés & Définitions
- Naming : Processus de mise en visibilité d’un problème en le définissant et en le rendant identifiable dans le débat public.
- Blaming : Étape de désignation de responsables d’un problème, afin de créer une lecture morale et politique qui mobilise l’opinion.
- Claiming : Étape où des acteurs formulent des demandes et des solutions pour transformer le problème en objet de négociation politique.
- Entrepreneurs de cause : Acteurs qui cherchent à transformer un problème en enjeu public en mobilisant des ressources et des moyens d’action variés.
- GIEC : Institution créée en 1988 pour cadrer et populariser scientifiquement le problème climatique, ce qui contribue à sa diffusion dans l’opinion.
📝 Points essentiels
- Le processus naming-blaming-claiming décrit le passage d’un problème environnemental à un problème public puis à son inscription sur l’agenda politique.
- Le naming s’appuie sur un cadrage qui rend le problème compréhensible et visible pour l’opinion, notamment via des récits et des explications.
- Le blaming consiste à dénoncer des acteurs (industrie, distributeurs, utilisateurs) pour sensibiliser et créer une pression sociale.
- Le claiming aboutit à des propositions négociables, qui peuvent entrer à l’agenda politique et conduire à des actions publiques.
- Exemple des sacs plastiques : dénonciation par images choc, puis réclamation du remplacement par papier ou sacs réutilisables, avant l’interdiction des sacs à usage unique en 2014.
- Tous les problèmes environnementaux n’atteignent pas le même niveau de succès dans l’opinion : certains restent peu présents (ex. bruit et dégradation des paysages).
💡 Astuce mémo
N-B-C : Nommer (rendre visible) → Blâmer (désigner des coupables) → Revendiquer (demander des solutions à l’État).
🔑 Notions clés & Définitions
- Médias : Acteurs qui enquêtent et diffusent des images ou interviews, contribuant à rendre un problème environnemental visible et compréhensible.
- Experts : Acteurs qui évaluent les risques et produisent des recommandations, donnant une base scientifique aux causes portées.
- GIEC : Institution d’expertise climatique dont les travaux servent à cadrer les risques et à orienter des décisions publiques.
- Greenwashing : Technique de communication qui utilise un argument écologique de façon trompeuse pour améliorer l’image d’une entreprise.
- Partis politiques écologistes : Acteurs qui animent le débat public sur l’environnement et intègrent ensuite ces thèmes dans leurs programmes.
📝 Points essentiels
- Les médias participent à la vulgarisation d’un problème en diffusant des contenus (enquêtes, images, interviews) qui sensibilisent l’opinion et les pouvoirs publics.
- Les médias peuvent jouer un rôle de « boîte de résonance » en amplifiant la parole d’un entrepreneur de cause, comme dans l’interview d’Allain Bougrain-Dubourg par France Info sur l’échouage des dauphins.
- Les experts (ex. membres du GIEC) donnent une épaisseur au problème en évaluant les risques et en formulant des recommandations réutilisables par les pouvoirs publics.
- Les accords de Paris fixent un objectif de réchauffement maximal à 2° d’ici 2100, en s’appuyant sur des évaluations scientifiques.
- Les entreprises peuvent agir pour l’environnement sous l’effet de l’opinion et des autorités, ou volontairement, mais certaines recourent au greenwashing.
- Le greenwashing consiste à présenter des engagements écologiques comme plus importants qu’ils ne le sont réellement, par exemple via une gamme « éco responsable » ne représentant qu’une faible part des collections (cas H
💡 Astuce mémo
Médias = caisse de résonance ; Experts = boussole scientifique ; Entreprises = choix ou vernis (greenwashing).
🔑 Notions clés & Définitions
- Entrepreneurs de cause : Acteurs qui cherchent à transformer un problème privé en problème public en faisant exister la cause dans l’espace médiatique et politique.
- Réseau relationnel étendu : Ensemble de contacts mobilisables qui fournit des ressources et des expertises utiles pour donner de la visibilité à une cause.
- Expertise scientifique : Savoir produit par des chercheurs utilisé pour renforcer la crédibilité d’une cause et influencer l’opinion et les gouvernants.
- Conflits d’intérêts : Oppositions entre groupes dont les objectifs divergent, qui structurent la construction des problèmes environnementaux et des solutions.
📝 Points essentiels
- Les entrepreneurs de cause réussissent d’autant mieux à publiciser un problème qu’ils disposent d’un réseau relationnel fournissant des ressources mobilisables.
- L’accès à des expertises via le réseau sert à donner un caractère plus sérieux à la cause et à sensibiliser l’opinion et les gouvernants.
- Exemple d’expertise mobilisée : Daniel Pauly est cité pour l’idée que 75% des poissons ont disparu, afin d’appuyer une cause sur les océans.
- Les problèmes environnementaux déclenchent souvent des conflits car les solutions peuvent heurter des intérêts économiques de court terme.
- Les débats opposent fréquemment des camps via des sorties médiatiques et des expertises contestées ou jugées « fumeuses ».
- Exemple de conflit d’intérêts : les lobbies agricoles et chimiques ont fait refuser l’interdiction du glyphosate par l’Assemblée nationale en 2018, alors que l’interdiction devait théoriquement intervenir au niveau UE en
💡 Astuce mémo
Cause→publicisation : Réseau + Expertise = Crédibilité → Opinion/Gouvernants.
🔑 Notions clés & Définitions
- Biens communs universels : Ressources environnementales nécessaires au développement de tous les êtres humains, partagées à l’échelle de l’humanité.
- Amazonie : Forêt amazonienne présentée comme un exemple de ressource environnementale majeure, notamment pour la production d’oxygène.
- Bien excluable et rival : Type de bien où l’accès peut être limité et où l’usage par un acteur réduit la disponibilité pour les autres.
- Bien non excluable et rival : Type de bien où personne ne peut être facilement exclu et où la consommation/usage affecte la disponibilité globale.
- Accords multilatéraux : Accords conclus entre plusieurs États pour coordonner des politiques face à des enjeux environnementaux communs.
📝 Points essentiels
- Les problèmes environnementaux opposent souvent intérêts économiques de court terme et objectifs de long terme.
- Le Brésil a un intérêt immédiat à déforester l’Amazonie pour exporter des produits agricoles, alors que cela aggrave le réchauffement à long terme.
- Un accord de libre-échange UE–MERCOSUR peut encourager indirectement les exportations agricoles sud-américaines et donc la déforestation.
- La construction des politiques environnementales résulte de conflits et de coopérations entre acteurs aux intérêts parfois divergents, parfois convergents.
- À long terme, les acteurs ont intérêt à coopérer car la trajectoire de croissance actuelle menace l’avenir commun de l’humanité.
- L’Amazonie est décrite comme produisant 20% de l’oxygène de la planète, ce qui en fait un enjeu global pour l’humanité.
💡 Astuce mémo
Court terme vs long terme : déforester rapporte maintenant, mais détruit le climat ensuite.
🔑 Notions clés & Définitions
- Conférence de Stockholm : Événement de 1972 qui place les enjeux environnementaux à l’agenda politique international.
- Rapport Meadows : Rapport du Club de Rome publié en 1972 qui alerte sur les conséquences de la croissance sur la population, les sols et les ressources vers 2100.
- Protocole de Montréal : Accord multilatéral qui interdit les CFC pour restaurer la couche d’ozone filtrant les UV.
- Conférence des parties COP : Cadre de négociation climat qui se tient depuis le sommet de Rio et réunit les États signataires pour préciser et faire évoluer les engagements.
- Accord de Paris : Accord signé en 2015 qui engage 195 pays à limiter l’augmentation des températures à 2°C.
📝 Points essentiels
- En 1972, l’environnement devient un problème public international grâce à Stockholm et au Rapport Meadows.
- Le Protocole de Montréal interdit les CFC afin de restaurer la couche d’ozone, décrite comme redevenue intègre en 2022.
- La COP 3 (Kyoto, 1997) vise une réduction de 5,2% des émissions de GES d’ici 2010 pour les pays signataires.
- La COP 21 (Paris, 2015) engage 195 pays à ne pas dépasser 2°C d’augmentation des températures.
- La COP 24 précise le contenu des accords issus des COP précédentes.
- Les accords ne sont pas contraignants pour les États, ce qui s’accompagne d’une hausse des émissions de CO2 de 1,5% par an alors qu’une baisse d’au moins 3,5% (jusqu’à 7,6%) serait nécessaire pour viser 1,5°C.
💡 Astuce mémo
Stockholm + Meadows (1972) = l’environnement devient public ; Montréal = succès ; COP = négocier mais sans contrainte forte, CO2 continue d’augmenter.
🔑 Notions clés & Définitions
- Externalités négatives : Effets négatifs d’une activité sur des tiers qui ne sont pas compensés par le prix payé par ceux qui produisent l’activité.
- Taxes sur les énergies fossiles : Taxes qui renchérissent les carburants les plus polluants afin de réduire leurs usages et donc les émissions associées.
- Bonus-malus automobile : Système qui modifie le coût d’achat des véhicules selon leurs émissions pour orienter les choix vers des modèles moins émetteurs.
- Marché des quotas de CO2 : Mécanisme qui fixe un cadre d’émissions et échange des droits afin de stabiliser ou réduire les émissions de CO2.
📝 Points essentiels
- L’action publique environnementale peut être jugée à partir d’indicateurs mesurés, par exemple -19% de pesticides dans les rivières (2008-2018), -48% de particules fines (2000-2017) et -18% de GES depuis 1990.
- Des mesures nationales combinent interdictions de produits chimiques, taxes sur les énergies fossiles les plus polluantes, subventions (isolation, panneaux solaires) et interdiction de certains feux, avec des résultats à
- La lutte climatique se décline aussi localement via des politiques municipales et régionales (transports en commun gratuits, réseaux RER/TER, réduction de la voiture).
- Les communes peuvent agir sur la pollution urbaine avec des outils comme vignettes Crit’Air, péages urbains et circulation alternée pour limiter les émissions de particules fines.
- Les politiques locales sur les bâtiments (neuf et rénovation) et sur l’énergie (solaire, pistes cyclables, cantines favorisant les produits locaux) contribuent aussi à réduire les GES liés au chauffage.
- Les dépenses de protection de l’environnement sont majoritairement portées par les administrations publiques locales : environ 2424 sur (2424+1272), et leur poids relatif augmente par rapport à l’État central (hausse d’1
💡 Astuce mémo
Externalités négatives → l’État corrige par des règles + des prix + des investissements, et l’échelle locale complète l’échelle nationale.
🔑 Notions clés & Définitions
- Normes d’émissions et de rejets : Normes environnementales qui plafonnent ou interdisent certaines émissions afin de réduire l’impact sur l’environnement.
- Normes de procédé ou de processus : Normes environnementales qui imposent des technologies ou méthodes précises pour produire ou limiter les émissions polluantes.
- Famille de normes ISO 1406X : Ensemble de normes ISO visant une gestion environnementale, dont des textes dédiés à l’écoconception et au bilan des émissions de GES.
- Normes de produits : Normes environnementales qui fixent des caractéristiques obligatoires que les produits doivent respecter pour limiter leur impact.
- Normes de qualité : Normes environnementales qui imposent des seuils de polluants à ne pas dépasser dans les milieux récepteurs.
📝 Points essentiels
- La réglementation vise à rapprocher la quantité produite de la quantité socialement optimale Q** en réduisant les externalités négatives.
- Les normes d’émissions et de rejets consistent à plafonner ou interdire des émissions (ex. NOx, HC, particules) pour réduire fortement les rejets sur la durée.
- Entre Euro 0 et Euro VI (sur 23 ans), les NOx sont divisés par 36, les HC par 18 et les particules par 35.
- Depuis le 1er juillet 2022, les nouvelles installations de chauffage fonctionnant exclusivement au fioul (ou au charbon) sont interdites.
- Les normes de procédé imposent des technologies spécifiques pour produire ou réduire les émissions polluantes.
- La famille ISO 1406X inclut notamment l’ISO 14062 (écoconception) et l’ISO 14064 (bilan d’émissions de gaz à effet de serre).
💡 Astuce mémo
Émissions = on coupe le “trop”, Procédés = on impose la “méthode”, Produits = on règle le “contenu”, Qualité = on fixe le “niveau dans l’air/eau/sol”.
🔑 Notions clés & Définitions
- Taxation des externalités : Mécanisme où l’État impose un prix aux émissions pour faire supporter aux pollueurs le coût social de la pollution.
- Quotas d’émission : Système où des droits à polluer sont distribués puis échangés sur un marché, afin d’inciter à réduire les émissions.
- Droits à polluer négociables : Droits échangeables sur le marché du CO2 qui donnent le droit d’émettre une quantité de pollution.
- Externalités positives : Situation où les effets d’une activité génèrent un bénéfice social supérieur au coût privé supporté par l’agent.
- Externalités négatives : Situation où l’activité impose un coût social supérieur au coût privé supporté par l’agent.
📝 Points essentiels
- Taxer les externalités vise à rapprocher le coût marginal privé du coût marginal social, noté O∗=O∗∗, pour atteindre l’équilibre P∗∗,Q∗∗.
- La taxe réduit la pollution en augmentant le prix, ce qui diminue la quantité produite via le recul de l’offre.
- Avec les quotas, le prix de la pollution est déterminé par le marché des droits, pas par l’administration.
- Taxe et quotas sont présentés comme incitatifs : les entreprises dépolluent tant que le coût marginal de dépollution reste inférieur au prix du signal (taxe ou droit).
- Pour un même niveau de dépollution, la taxe peut donner un meilleur résultat économique que la norme car elle permet d’ajuster les efforts selon les coûts des entreprises.
- Les subventions à l’innovation verte visent les externalités positives : elles réduisent le coût marginal privé pour rejoindre le bon équilibre quand le coût marginal social est inférieur au coût marginal privé.
💡 Astuce mémo
Taxe/quotas = prix du dommage ; innovation verte = subvention du bénéfice social.
🔑 Notions clés & Définitions
- Taxe incitative : Une taxe fixe un prix par unité polluante, ce qui pousse les agents à dépolluer jusqu’à ce que leur coût marginal de dépollution atteigne le niveau de la taxe.
- Quotas d’émission : Un système de quotas impose un plafond d’émissions, avec des droits échangeables permettant aux acteurs de réduire ou d’acheter des droits selon leur situation.
- Acceptabilité sociale : L’acceptabilité sociale désigne l’acceptation par les ménages et l’opinion publique d’une politique environnementale, notamment quand elle touche différemment les revenus.
- Fuite de carbone : Une fuite de carbone correspond au déplacement de la production vers des pays moins contraignants, réduisant l’effet environnemental global de la politique.
📝 Points essentiels
- La taxe est plus efficace économiquement que la norme quand les entreprises peuvent dépolluer au-delà de la norme tant que le coût marginal reste inférieur au prix de la taxe.
- Exemple chiffré : pour un objectif de 14 unités sur 28, la norme coûte 6,25€ pour dépolluer les deux dernières unités (entreprise 1 et 2), alors qu’avec une taxe à 3€ le coût total est de 6€.
- Avec une taxe à 3€, les entreprises s’arrêtent quand le coût marginal de dépollution atteint 3, ce qui donne 6 unités (entreprise 1) et 8 unités (entreprise 2) dépolluées.
- Une taxe peut devenir trop laxiste si son prix est trop bas ou trop sévère si son prix est trop élevé, ce qui affaiblit l’incitation ou rend la contrainte excessive.
- La taxe peut poser un problème d’acceptabilité car elle pèse autant sur les ménages modestes que sur les ménages aisés, illustré par le mouvement des gilets jaunes.
- La taxe peut créer des distorsions de concurrence avec les pays sans taxe, favorisant des fuites de carbone via des IDE vers des pays moins-disant.
💡 Astuce mémo
Taxe = coût marginal = prix ; si prix mal calibré → incitation fausse ; si concurrence inégale → fuite.
🔑 Notions clés & Définitions
- Absence de gouvernance mondiale : Situation où aucune organisation unique ne coordonne efficacement la gouvernance environnementale à l’échelle planétaire.
- PNUE : Programme des Nations Unies pour l’Environnement, institution internationale chargée de traiter des enjeux environnementaux mais aux moyens limités.
- Ineffectivité : Défaut où une loi est adoptée sans que les mesures d’application entrent réellement en vigueur.
- Inefficacité : Défaut où des mesures d’application existent mais ne produisent pas l’effet attendu sur le terrain.
- Inefficience : Défaut où l’application d’une politique entraîne des coûts trop élevés, rendant la mise en œuvre impossible ou abandonnée.
📝 Points essentiels
- Les enjeux environnementaux majeurs (réchauffement climatique et chute de la biodiversité) sont liés à des externalités négatives et à la tragédie des biens communs.
- Le PNUE ne dispose pas de ressources et de pouvoirs suffisants pour corriger efficacement les défaillances du marché.
- En l’absence d’une gouvernance environnementale mondiale structurée, on se retrouve avec un enchevêtrement d’environ 200 accords multilatéraux, ce qui réduit l’efficacité.
- Au niveau national, l’ineffectivité correspond à une loi votée mais sans entrée en vigueur des mesures d’application.
- Exemple d’ineffectivité : la France n’a pas respecté ses obligations d’adaptation de la directive européenne de 2008 sur la protection de l’air, ce qui conduit l’UE à la sanctionner.
- L’inefficacité correspond à des mesures d’application présentes mais sans résultats suffisants, comme pour l’usine Synthron malgré la réglementation (quarantaine de pollutions et deux incendies graves depuis 1963).
💡 Astuce mémo
Gouvernance mondiale absente → accords enchevêtrés ; au pays : ineffectivité (pas appliqué), inefficacité (appliqué mais inutile), inefficience (trop cher).
📖 12. Tragédie des biens communs et passager clandestin
🔑 Notions clés & Définitions
- Biens communs : Biens communs : ressources non excluables et rivales, dont l’usage par chacun accélère leur dégradation ou disparition.
- Passager clandestin : Passager clandestin : comportement consistant à profiter d’un bien collectif sans en supporter les coûts de production.
- Bien public mondial : Bien public mondial : bien accessible à tous les États, non rival et non excluable, dont la production dépend d’une coopération collective.
- Stratégies de passager clandestin : Stratégies de passager clandestin : en l’absence de régulation, les États comptent sur les autres pour dépolluer tout en évitant de contribuer.
- Écarts de développement : Écarts de développement : différences de niveau de développement entre pays qui compliquent la répartition des efforts climatiques et la signature d’accords.
📝 Points essentiels
- Un bien commun est non excluable et rival, donc chacun a intérêt à l’exploiter avant les autres, ce qui mène à sa destruction.
- La lutte contre le réchauffement climatique est un bien public mondial, mais sans régulation mondiale aucun État n’a intérêt à dépolluer seul.
- Les États espèrent bénéficier du bien public sans payer les coûts, en laissant les autres produire l’effort de dépollution.
- Les disparités de développement créent un désaccord sur les contraintes : le Sud demande à ne pas être soumis avant d’atteindre un niveau de développement jugé acceptable.
- Exemple chiffré : un PIB/hab en $ PPA 2011 d’un Ougandais est de 1807 contre 55681 pour un Nord-Américain, soit environ 30 fois plus.
- Les pays en développement invoquent une charge injuste : ils contestent que la dépollution pèse sur eux alors que les émissions passées viennent surtout des pays développés, ce qui nourrit des comportements de passager.
💡 Astuce mémo
Biens communs = rivalité (je prends vite) ; climat = bien public mondial (je profite sans payer) ; développement = conflit sur qui paie.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1995 | Loi Barnier : l’environnement est défini comme patrimoine commun de la nation |
| 2014 | Interdiction des sacs plastiques à usage unique par l’Assemblée nationale |
| 1972 | Conférence de Stockholm et publication du Rapport Meadows : l’environnement devient un problème public international |
📊 Tableaux de synthèse
Processus de construction d’un problème public
| Étape | But | Résultat attendu |
|---|
| Naming | Qualifier et rendre visible | Le problème devient identifiable dans le débat public |
| Blaming | Dénoncer et désigner des coupables | Le problème est jugé inacceptable et moralement/politiquement mobilisateur |
| Claiming | Réclamer des solutions | Des propositions négociables entrent à l’agenda politique et mènent à une action publique |
Instruments d’action publique climatique
| Instrument | Mécanisme | Logique |
|---|
| Réglementation | Normes d’émissions/rejets, de procédé, de produits, de qualité | Imposer des contraintes pour rapprocher la production de Q** |
| Taxation | Prix par unité polluante | Internaliser les externalités via un signal-prix pour atteindre l’équilibre P**,Q** |
| Quotas | Droits à polluer échangeables sur un marché | Fixer un cadre d’émissions et laisser le marché déterminer le prix de la pollution |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre problème privé et problème public : un problème devient public seulement s’il gagne en visibilité dans l’opinion et déclenche un débat.
- Inverser les étapes naming/blaming/claiming : naming qualifie, blaming désigne des responsables, claiming réclame des solutions.
- Croire que tous les problèmes environnementaux atteignent l’agenda politique au même rythme : bruit et dégradation des paysages restent moins présents que climat/pollution de l’air.
- Mélanger biens communs et biens communs universels au sens économique : l’Amazonie est décrite comme excluable et rivale (droits de propriété), contrairement à l’air pur/climat tempéré/biodiversité.
- Confondre ineffectivité, inefficacité et inefficience : ineffectivité = pas d’entrée en vigueur, inefficacité = mesures sans résultats, inefficience = coûts prohibitifs.
- Penser que réglementation, taxe et quotas ont le même rôle : la réglementation impose, la taxe/quotas internalisent via un signal (prix ou marché des droits).
- Oublier la logique externalités : sans prise en compte, on produit trop (Q*>Q**) car le coût marginal privé est inférieur au coût marginal social (O*<O**).
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi l’environnement (patrimoine commun) ne s’inscrit pas automatiquement à l’agenda politique malgré l’existence d’intérêts divergents.
- Décrire le passage privé → public → agenda à l’aide des trois opérations : naming, blaming, claiming, et donner l’exemple des sacs plastiques jusqu’à l’action publique.
- Citer les entrepreneurs de cause et préciser comment ils mobilisent un répertoire d’action (manifestations, expertises, procès, médiatisation, lobbying) pour cadrer le problème.
- Expliquer le rôle des médias comme « boîte de résonance » et celui des experts (notamment via le GIEC) pour évaluer les risques et fournir des recommandations réutilisables.
- Présenter comment les entreprises peuvent agir (volontairement ou sous pression) et définir le greenwashing avec l’exemple de la ligne « éco responsable ».
- Montrer comment le réseau relationnel étendu et l’expertise (ex. Daniel Pauly) renforcent la crédibilité et la capacité de publicisation d’une cause.
- Analyser coopération/conflit : donner au moins un exemple de conflit (glyphosate) et un exemple de coopération inattendue (Sea Shepherd et Pernod Ricard).
- Expliquer pourquoi les problèmes environnementaux créent des arbitrages court terme/long terme (ex. déforestation de l’Amazonie) et comment cela alimente conflits et coopérations.
- Justifier l’échelle mondiale : définir le bien commun universel et expliquer pourquoi l’air pur, la biodiversité et un climat tempéré appellent un traitement mondial.
- Relier les accords multilatéraux et les COP : rappeler le rôle de Stockholm/Meadows, puis COP 3, COP 21, COP 24, et conclure sur le caractère non contraignant et la hausse des émissions.
- Comparer approche descendante et approche ascendante : expliquer la logique Kyoto (traduction en objectifs européens puis nationaux) et la logique après Copenhague/Accord de Paris (contributions nationales puis objectif)
- Expliquer l’action nationale et locale : citer au moins deux indicateurs de résultats (pesticides/particules/GES) et au moins deux exemples d’actions locales (transports, Crit’Air/péages/circulation alternée, bâtiments).
- Décrire les trois instruments de lutte contre le changement climatique (réglementation, taxation, quotas) et relier chacun à l’objectif de réduction des externalités négatives (Q**).
- Distinguer normes d’émissions/rejets, normes de procédé, normes de produits et normes de qualité, avec au moins un exemple pour chaque type (ex. Euro, chauffage fioul/charbon, ISO 14062/14064, seuils de polluants).
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