Fiche de révision : Développement Cognitif de l'Enfant

Plan du Cours

  1. Approches bi-directionnelles du développement
  2. Psychologie de l’enfant et psychologie du développement
  3. Lois générales du développement et variabilité
  4. Habituation du nourrisson comme processus non associatif
  5. Modèle de Cohen et décision comparative
  6. Méthode de violation des attentes
  7. Conditionnement opérant et généralisation des comportements
  8. Conduites sensori-motrices et préhension en courbe en U
  9. Transfert intermodal toucher vision
  10. Catégorisation perceptive des animaux
  11. Intelligence perceptive et renouveau des méthodes
  12. Imitation différée et dissociation signifiant signifié

1. Approches bi-directionnelles du développement

Notions clés & Définitions

  • Recherche bi-directionnelle : Approche où l’on met en relation les connaissances construites chez l’enfant avec celles issues de populations spécifiques, puis on vérifie l’effet en sens inverse.
  • Psychologie de l’enfant : Domaine centré sur la description du comportement et sur l’analyse des processus observables pendant l’enfance, sans viser directement les mécanismes de changement.
  • Psychologie du développement : Domaine centré sur les processus qui font passer d’un état à un autre, en envisageant le développement à plusieurs niveaux.
  • Approche structurale : Vision du développement qui décrit une progression en étapes successives, comme une suite d’organisations à gravir.
  • Approche différentielle : Vision du développement qui insiste sur la variabilité, en tenant compte des différences entre enfants et des changements au sein d’un même enfant.

Points essentiels

  • La recherche bi-directionnelle relie les connaissances construites à partir de populations spécifiques, puis examine la relation en sens inverse.
  • Les études sur enfants avec difficultés et sur enfants sans difficultés peuvent s’enrichir mutuellement pour comprendre des aspects du développement atypique et du développement typique.
  • Le développement de l’enfant peut aider à éclairer certains aspects du développement de l’adulte, et inversement des études sur l’adulte peuvent éclairer le développement normal de l’enfant.
  • Exemple de double relation en lecture : l’étude des enfants dyslexiques aide à comprendre le fonctionnement de la lecture chez les enfants normaux, et l’étude des normaux aide à comprendre la lecture chez les dyslexiques
  • La psychologie de l’enfant peut être descriptive (construction d’échelles) ou analytique (analyse secteur par secteur), tandis que la psychologie du développement vise les processus de changement.
  • La psychologie du développement définit le développement comme un ensemble de processus conduisant à la maturité et comme une modification du comportement au cours de l’ontogénèse.

Astuce mémo

Double sens : enfant atypique ↔ enfant typique (et adulte ↔ enfant) pour comprendre le normal et l’atypique.

2. Psychologie de l’enfant et psychologie du développement

Notions clés & Définitions

  • Études transversales : Les études transversales comparent plusieurs groupes d’âges différents mesurés une seule fois au même moment pour décrire des différences liées à l’âge.
  • Études longitudinales : Les études longitudinales suivent les mêmes individus à plusieurs dates pour tracer l’évolution individuelle et obtenir des profils de développement.
  • Test-retest : Le test-retest désigne le risque que la répétition du même test influence les performances, car les participants deviennent familiers avec la tâche.
  • Échelle métrique de l’intelligence : L’échelle métrique de l’intelligence est un outil de mesure du développement cognitif utilisé dans les études de Binet et Simon.
  • Habituation : L’habituation est un processus psychologique non associatif où la réponse diminue quand un stimulus se répète, reflétant la connaissance du stimulus.

Points essentiels

  • Les études transversales sont rapides car elles reposent sur un seul passage, mais elles donnent surtout des moyennes de groupe et limitent l’accès aux spécificités individuelles.
  • Les études longitudinales permettent de construire des courbes de développement en suivant des individus précis, mais elles sont coûteuses en temps et exposent à une mortalité expérimentale.
  • La mortalité expérimentale correspond au fait que certains enfants quittent l’étude en cours, ce qui peut fausser les résultats (ex. déménagement).
  • Binet et Simon (1905, 1908, 1911) utilisent pour la première fois les études transversales avec une EMI pour des enfants de 3 à 15 ans.
  • La NEMI est une révision de l’EMI, présentée comme une nouvelle échelle encore utilisée aujourd’hui.
  • Pour choisir longitudinal vs transversal, on met en balance questionnement théorique et contraintes pratiques, notamment la durée disponible pour l’étude.

Astuce mémo

Transversal = une photo (une fois), Longitudinal = un film (plusieurs fois).

3. Lois générales du développement et variabilité

Notions clés & Définitions

  • Système moteur : Le système moteur correspond aux capacités du bébé à produire des actions et à ajuster ses mouvements au cours du développement.
  • Système sensoriel : Le système sensoriel regroupe les modalités de perception (vision, toucher, olfaction, etc.) qui permettent au bébé de traiter l’information du monde.
  • Conduites intentionnelles : Les conduites intentionnelles sont des actions orientées vers un but, qui apparaissent progressivement à partir de 4-5 mois.
  • Permanence de l’objet : La permanence de l’objet est la compréhension que l’objet continue d’exister même lorsqu’il n’est plus visible.
  • Schème : Le schème est une organisation stable d’actions qui se construit à partir de réflexes et s’adapte aux sollicitations du milieu.

Points essentiels

  • Le développement suit une progression où le bébé construit des liens entre perception et action à partir de la maturation des systèmes moteur et sensoriel.
  • Les premières conduites intentionnelles apparaissent vers 4-5 mois et visent le succès de l’action, notamment via la coordination vision→préhension.
  • Les conduites intentionnelles deviennent plus précises et s’enrichissent grâce au développement moteur, ce qui élargit le champ d’action.
  • La conception « innéiste » attribue aux compétences précoces une base perceptive, avec des précurseurs comme la permanence de l’objet et des capacités numériques/catégorielles rudimentaires.
  • Pour Piaget, l’intelligence sensori-motrice ne s’observe pas avant 4-5 mois car elle dépend de conduites motrices intentionnelles, pas de simples réflexes.
  • Les observations de compétences précoces reposent sur des mesures de variation (temps de fixation, rythme cardiaque, taux de succion) plutôt que sur l’action intentionnelle seule.

Astuce mémo

Moteur + Sens = Intention : vers 4-5 mois, vision guide la préhension, puis l’objet devient « toujours là ».

4. Habituation du nourrisson comme processus non associatif

Notions clés & Définitions

  • Imitation stéréotypée néonatale : L’imitation observée dès la naissance est très limitée et surtout centrée sur la forme orale, avec peu de flexibilité.
  • Courbe en U de la préhension : La préhension précoce suit une trajectoire en U, avec une baisse puis une réapparition sous une forme plus organisée.
  • Transfert intermodal toucher-vision : Le transfert intermodal est la capacité à utiliser une information acquise par le toucher pour guider une réponse visuelle.
  • Habituation tactile contrôlée par l’enfant : Dans certains paradigmes, l’habituation est déclenchée et terminée par les actions du bébé pendant l’exploration tactile.
  • Permanence de l’objet : La permanence de l’objet correspond à la capacité à considérer qu’un objet continue d’exister même lorsqu’il n’est pas visible.

Points essentiels

  • Les capacités d’imitation peuvent apparaître très tôt (en quelques heures), puis diminuer vers environ 3 mois avant de réapparaître.
  • L’imitation à la naissance est plus stéréotypée et limitée à l’oral, tandis que l’imitation de fin de première année devient plus large et moins automatique.
  • La préhension précoce peut apparaître dès 1–2 semaines, alors que Piaget la situait plutôt après plusieurs mois.
  • La préhension précoce dépend d’une posture particulière (motricité libérée) et reste peu flexible, ce qui rend l’attrapement peu probable.
  • La conduite en U implique une déclinaison jusqu’à environ 6–7 semaines puis une disparition, avant une réapparition plus organisée avec la coordination vision–préhension.
  • Le transfert intermodal toucher-vision est évalué via une habituation tactile suivie d’un test visuel basé sur la nouveauté (temps de fixation relatif).

Astuce mémo

Imitation tôt puis creux (3 mois) ; préhension en U ; sens qui se parlent via nouveauté (fixation).

5. Modèle de Cohen et décision comparative

Notions clés & Définitions

  • Décision comparative : La décision comparative est une logique où l’on infère la connaissance du bébé en comparant ses réactions entre deux situations (possible vs impossible).
  • Permanence de l’objet en mouvement : La permanence de l’objet en mouvement désigne l’idée que le bébé manifeste la permanence surtout quand les objets sont en déplacement plutôt que dans des situations statiques.
  • Attentes sur objets cachés : Les attentes sur objets cachés sont des prédictions que le bébé forme sur la continuité d’existence d’un objet lorsqu’il disparaît derrière un écran ou un mur.
  • Habituation-réaction à la nouveauté : L’habituation-réaction à la nouveauté est une méthode où, après familiarisation, le bébé regarde plus longtemps ce qui est nouveau ou inattendu.
  • Dénombrement perceptif : Le dénombrement perceptif correspond à la capacité à estimer le nombre d’objets à partir de la perception visuelle, sans compter explicitement.

Points essentiels

  • Dans les tâches de type possible vs impossible, une fixation plus longue sur l’évènement impossible indique que le bébé s’attend à ce que l’objet continue d’exister après disparition.
  • Dans l’étude de Baillargeon et DeVos (1991), à 4 mois, la grande carotte disparaît derrière un mur puis n’apparaît pas dans l’échancrure attendue, ce qui crée l’évènement impossible.
  • Si le bébé a la permanence de l’objet, il passe plus de temps sur la situation impossible que sur la situation possible, alors qu’en absence de permanence il fixe de façon similaire les deux situations.
  • Le dénombrement perceptif est évalué par habituation : si le bébé discrimine les quantités, une nouvelle quantité (ex. 12 après 8) déclenche une fixation plus longue.
  • Les résultats rapportés montrent une discrimination réussie 4 vs 8 et 8 vs 16, mais un échec avant 9 mois pour 4 vs 6 et 8 vs 12, suggérant une sensibilité au ratio plutôt qu’une discrimination fine absolue.
  • Dans Wynn (1992), l’addition et la soustraction sont testées via des séquences où un objet est progressivement caché puis révélé, et la surprise apparaît quand le résultat attendu ne correspond pas à ce qui est observé.

Astuce mémo

Comparaison = Possible vs Impossible : plus de temps sur l’impossible = connaissance attendue.

6. Méthode de violation des attentes

Notions clés & Définitions

  • Pédalage du nourrisson : Le pédalage du nourrisson est une conduite motrice spontanée qui varie selon les conséquences observées pendant une activité expérimentale.
  • Intelligence perceptive : L’intelligence perceptive désigne l’idée que le bébé apprend le monde à partir de ce qu’il perçoit, en s’appuyant sur des attentes et des erreurs.
  • Bébés astronomes : Les bébés astronomes sont décrits comme des observateurs dont l’activité ne contrôle pas directement l’événement, ce qui les pousse à exploiter les variations spontanées.
  • Bébés psychologues : Les bébés psychologues sont décrits comme capables de raisonner sur les événements en prédisant ce qui devrait arriver, puis en ajustant leurs connaissances si l’observation contredit l’attente.
  • Constructivisme perceptif : Le constructivisme perceptif propose que les connaissances se construisent via une boucle perception→prédiction, puis correction à partir des erreurs.

Points essentiels

  • Le bébé modifie ses conduites en fonction des conséquences, comme quand un bruit associé au pédalage augmente l’amplitude de l’action.
  • Les conduites réflexes et motrices présentent une variabilité qui sert de base à la compréhension de l’environnement.
  • La méthode repose sur l’idée d’attracteurs : des mouvements privilégiés émergent selon contraintes biomécaniques et éléments externes.
  • Le raisonnement s’applique aussi aux conduites ultérieures : les attentes guident l’exploration et l’ajustement des comportements.
  • Chez Lecuyer, le bébé est d’abord présenté comme observateur des variations, puis comme capable de solliciter l’adulte pour provoquer des changements pertinents.
  • La violation des attentes correspond à une contradiction entre prédiction et observation, qui déclenche l’apprentissage et l’affinement des représentations.

Astuce mémo

Attente → prédiction → observation : si ça “casse”, le bébé apprend.

7. Conditionnement opérant et généralisation des comportements

Notions clés & Définitions

  • Décentration : La décentration est un déplacement progressif de l’attention de l’action immédiate vers des aspects plus larges de la sensorialité, surtout sur le plan moteur.
  • Habituation : L’habituation est une méthode expérimentale où la diminution de la réponse à un stimulus permet d’inférer la perception de différences ou de nouveautés.
  • Intelligence perceptive : L’intelligence perceptive désigne des capacités précoces où le bébé traite des informations de son environnement avant l’action symbolique.
  • Permanence de l’objet : La permanence de l’objet est la capacité à représenter qu’un objet continue d’exister même lorsqu’il n’est plus visible.
  • Intelligence symbolique : L’intelligence symbolique correspond au passage, vers 1 an et demi à 2 ans, à des représentations capables d’utiliser des symboles et signes.

Points essentiels

  • La décentration est souvent située vers 3-4 mois et concerne surtout le domaine moteur de la sensorialité, mais de nombreuses études montrent des compétences perceptives plus précoces.
  • Les méthodes de renouveau basées sur l’habituation utilisent des indicateurs comme le temps de fixation et le taux de succion pour estimer ce que le bébé perçoit.
  • L’étude du nourrisson s’appuie de plus en plus sur l’habituation et la réaction à la nouveauté, mais les résultats peuvent varier selon les caractéristiques du test (ex : modalités oral/écrit).
  • Pour Piaget, la permanence de l’objet se manifeste dans des comportements orientés vers des buts, pas seulement dans une représentation abstraite.
  • Pour Baillargeon, la permanence de l’objet renvoie à une représentation perceptive, distincte de la compréhension moyens-buts.
  • Spelke propose des connaissances innées sur les propriétés des objets, tandis que Baillargeon met l’accent sur des capacités d’apprentissage innées contraintes par ces compétences précoces.

Astuce mémo

Habituation = « moins je regarde, plus je sais que c’est différent ».

8. Conduites sensori-motrices et préhension en courbe en U

Notions clés & Définitions

  • Jeu symbolique : Le jeu symbolique est une activité où l’enfant représente mentalement une situation et agit « comme si » elle était réelle.
  • Décentration cognitive : La décentration cognitive est la capacité à intégrer le point de vue d’autrui et à coordonner les significations pendant le jeu.
  • Représentation mentale : La représentation mentale est la capacité à dissocier la signification d’un objet de sa forme physique réelle grâce à des substituts.
  • Intentionnalité : L’intentionnalité correspond à des conduites orientées vers un but, où l’enfant ajuste ses actions pour respecter le rôle et l’objectif.
  • Réalismes du dessin : Les réalismes du dessin désignent les étapes de l’évolution de la représentation graphique, du dessin guidé par le sens vers un dessin plus visuel et proportionné.

Points essentiels

  • Le jeu passe d’une action centrée sur l’objet à une action centrée sur les rôles, les relations entre partenaires et les scénarios.
  • Vers 3/4 ans, l’enfant commence à utiliser le langage pour décrire et organiser des actions de faire semblant (ébauche de scénario).
  • Vers 4/5 ans, les rôles s’accompagnent de règles et l’enfant coordonne progressivement ses actions avec des partenaires.
  • Vers 5/6 ans, l’enfant planifie davantage (actions par rôle, accessoires) et le scénario peut évoluer pendant le jeu.
  • Vers 6/7 ans, l’enfant contrôle le jeu dans son ensemble, passe plus de temps à planifier et peut jouer sans accessoires (« on fait comme si… »).
  • Le jeu favorise la décentration : l’enfant négocie les significations et met de côté ses envies pour respecter le rôle attribué et coordonner les partenaires.

Astuce mémo

Jeu = Objet → Rôle → Scénario → Contrôle : ORSC-C.

9. Transfert intermodal toucher vision

Notions clés & Définitions

  • Conservation : La conservation est la capacité à juger qu’une quantité reste identique malgré une transformation perceptive (forme, disposition, apparence).
  • Niveau conservant : Le niveau conservant correspond à une période où l’enfant raisonne en disant qu’on n’a rien ajouté ni enlevé, même si l’aspect change.
  • Réversibilité : La réversibilité est la possibilité de revenir mentalement à l’état initial pour vérifier que le résultat est identique.
  • Opération : Une opération est une action intériorisée et réversible, utilisée pour raisonner sur des transformations.
  • Décentration : La décentration est la capacité à se détacher de sa perception immédiate pour prendre en compte d’autres points de vue ou perspectives.

Points essentiels

  • L’échec aux tâches de conservation dépend du type de transformation et du conflit entre raisonnement logique et données de l’expérience.
  • Vers 7-8 ans, l’enfant peut utiliser des justifications du type identité (rien enlevé, rien ajouté) et compensation (plus long mais plus mince).
  • Vers 7-8 ans, l’enfant peut aussi raisonner par inversion (si on refait la boule, on retrouve la même chose).
  • Le raisonnement devient basé sur les transformations, indépendamment de la transformation précise effectuée.
  • La pensée devient plus mobile vers 4-5 ans, ce qui permet de raisonner sur ses représentations plutôt que seulement sur ce qu’il voit.

Astuce mémo

Conservation = Identité + Compensation + Inversion (ICI).

10. Catégorisation perceptive des animaux

Notions clés & Définitions

  • Catégorisation perceptive : La catégorisation perceptive est une mise en catégories guidée d’abord par les indices visuels ou sensoriels plutôt que par des définitions logiques.
  • Indices perceptifs réduits : Les indices perceptifs réduits désignent des conditions où l’enfant ne peut plus s’appuyer sur la configuration visible pour résoudre la tâche de catégorisation.
  • Scripts : Les scripts sont des schémas situationnels ou évènementiels qui organisent les connaissances en référence à la structure du monde réel.
  • Slot-filler : Les slot-filler sont des emplacements dans un script qui précisent ce qui doit être présent dans une situation (ex. ce qu’on mange, ce qu’on boit).
  • Catégories taxonomiques : Les catégories taxonomiques sont des catégories organisées selon des relations de type classification (catégories et sous-catégories) plutôt que selon le contexte immédiat.

Points essentiels

  • À partir de 7-8 ans, la tâche « Y a-t-il plus de fleurs ou de roses ? » montre des variations selon les indices perceptifs, les facteurs linguistiques et la réduction des indices.
  • Les facteurs perceptifs (nombre, type d’objets, disposition) peuvent modifier les performances même quand la question porte sur l’inclusion.
  • Les facteurs linguistiques (termes comme « bouquet », « famille ») peuvent orienter la réponse sans que l’enfant traite nécessairement l’emboîtement.
  • Quand les indices perceptifs sont réduits (réponses contradictoires), les enfants échouent plus souvent à l’inclusion.
  • Markman utilise une épreuve de modification où l’enfant doit décider si on peut obtenir plus de roses que de fleurs en agissant sur le matériel.
  • Voelin utilise une épreuve écran où du matériel est caché après la réussite à l’épreuve classique, puis l’enfant doit répondre à une question d’inclusion avec « J’enlève quelques fleurs ».

Astuce mémo

Perception d’abord : si tu vois moins (écran) ou si on change (modification), la logique d’emboîtement vacille.

11. Intelligence perceptive et renouveau des méthodes

Notions clés & Définitions

  • Modèle de Piaget : Le modèle de Piaget décrit le développement cognitif comme une progression par étapes, avec des limites liées à la logique et à la compréhension des relations.
  • Modèle de K. Nelson : Le modèle de K. Nelson propose une approche écologique où la catégorisation sert l’adaptation et se construit à partir du contexte et de l’expérience.
  • Représentations catégorielles perceptives : Les représentations catégorielles perceptives sont des catégories fondées sur des indices sensoriels avant l’accès aux connaissances conceptuelles.
  • Catégorie schématique : La catégorie schématique regroupe des éléments hétérogènes parce qu’ils apparaissent ensemble dans un même contexte ou script.
  • Catégorie taxonomique : La catégorie taxonomique correspond à une organisation hiérarchique fondée sur une sorte de chose, plus indépendante du contexte.

Points essentiels

  • Les épreuves de logique peuvent échouer à mesurer exactement ce qu’elles prétendent évaluer, ce qui limite l’interprétation des résultats.
  • Le modèle de Piaget met en évidence des limites importantes : il considère peu le monde quotidien et peut sous-estimer les capacités dans des tâches de quantification.
  • Chez Nelson, la catégorisation est un mécanisme d’adaptation : les représentations se construisent avec le vécu et l’environnement.
  • Chez les jeunes enfants, les catégories reposent d’abord sur la forme, la couleur et des similarités perceptives (ex. un chat via moustaches, poils, queue, pattes).
  • Avec le développement, les catégories deviennent aussi conceptuelles grâce aux connaissances et au langage, et deviennent plus sémantiques.
  • Chez Nelson, les catégories sont organisées d’abord par schémas situationnels et scripts, où les éléments sont classés parce qu’ils ont été vus dans le même contexte (ex. petit déjeuner).

Astuce mémo

Piaget = logique qui coince ; Nelson = contexte + expérience qui construit des catégories.

12. Imitation différée et dissociation signifiant signifié

Notions clés & Définitions

  • Imitation différée : L’imitation différée est la capacité à reproduire plus tard un comportement observé, sans que le modèle soit présent au moment de l’exécution.
  • Dissociation signifiant signifié : La dissociation signifiant signifié désigne le fait que la forme d’un signe et ce qu’elle désigne peuvent être traités séparément dans l’interprétation.
  • Catégories mentales : Les catégories mentales sont des regroupements cognitifs d’objets ou d’événements, avec des frontières floues et des membres plus ou moins représentatifs.
  • Prototype : Le prototype est un représentant central d’une catégorie, autour duquel les membres sont jugés plus ou moins typiques.
  • Analogie : Une analogie met en relation une situation connue et une situation nouvelle pour comprendre l’inconnu à partir du connu.

Points essentiels

  • Les catégories ne fonctionnent pas comme des boîtes : leurs frontières sont floues et l’intérieur peut être hétérogène.
  • La typicalité d’un exemplaire dépend de sa proximité au noyau/prototype, et elle résulte de l’apprentissage plutôt que d’un point de départ.
  • Le développement des catégories dépend surtout de l’expérience accumulée : plus on rencontre d’exemplaires, plus la représentation devient riche et abstraite.
  • Le centre d’une catégorie peut varier entre enfant et adulte : certains traits peuvent être sur- ou sous-représentés selon le nombre et la diversité des contextes rencontrés.
  • Les analogies servent à ramener l’inconnu au connu, ce qui réduit le coût cognitif et facilite l’adaptation.
  • Une analogie relie toujours un élément source (connu) et un élément cible (nouveau), et elle peut relier des domaines différents ou le même domaine.

Astuce mémo

Analogie = Source → Cible : on comprend l’inconnu en le traduisant avec le connu.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1905Binet et Simon utilisent pour la première fois des études transversales avec une EMI (enfants de 3 à 15 ans)
1908Binet et Simon utilisent pour la première fois des études transversales avec une EMI (enfants de 3 à 15 ans)
1911Binet et Simon utilisent pour la première fois des études transversales avec une EMI (enfants de 3 à 15 ans)
1925-1946Gesell mène une étude longitudinale (mêmes enfants suivis de 0 à 10 ans)
1977Meltzoff et Moore montrent une imitation précoce dès quelques heures
1982Von Hofsten met en évidence une préhension précoce dès 1 ou 2 semaines
1991Baillargeon et DeVos (1991) : permanence de l’objet en situation possible vs impossible
1992Wynn (1992) : addition/soustraction via des séquences de révélation progressive
1994Thelen et Smith (1994) : re-description des activités avant 4-5 mois (systèmes dynamiques)
1995Simon, Hespos, Rochat (1995) : critique de Wynn (centrage sur « où » plutôt que « quoi »)

Tableaux de synthèse

Psychologie de l’enfant vs psychologie du développement

EntréeObjet d’étudeBut
Psychologie de l’enfantComportement et processus observablesDécrire (échelles) ou analyser secteur par secteur, sans viser directement les processus de changement
Psychologie du développementProcessus assurant le passage d’un état à un autreExpliquer les mécanismes de changement et envisager le développement à plusieurs niveaux

Études transversales vs longitudinales

TypePrincipeAtouts / limites
TransversalesPlusieurs groupes d’âges mesurés une seule fois au même momentRapides mais surtout moyennes de groupe (difficile d’accéder aux spécificités individuelles)
LongitudinalesMême individus suivis à plusieurs datesCourbes de développement individuelles mais coûteuses et exposées à la mortalité expérimentale (ex. déménagement)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre psychologie de l’enfant (descriptive/analytique, sans mécanismes de changement) et psychologie du développement (processus assurant le passage d’un état à un autre).
  2. Croire que les études transversales permettent de suivre l’évolution individuelle : elles comparent des groupes mesurés une seule fois.
  3. Interpréter l’habituation comme une incapacité à percevoir : l’habituation est un processus non associatif et la méthode suppose qu’elle est possible.
  4. Penser que la permanence de l’objet est identique chez Piaget et Baillargeon : Piaget l’ancre dans les conduites moyens-buts, Baillargeon dans une représentation perceptive.
  5. Croire que les résultats de Wynn (1992) prouvent directement un calcul numérique : des critiques montrent un possible centrage sur l’information « où » (Simon, Hespos, Rochat, 1995).
  6. Confondre conservation et décentration : la conservation dépend de la capacité à raisonner sur les transformations, ce qui requiert la décentration.
  7. Penser que la catégorisation suit une seule trajectoire linéaire : Nelson/Rosch/Sander insistent sur le rôle du contexte, des prototypes et de la variabilité des représentations.

Checklist Examen

  1. Définir la recherche bi-directionnelle et expliquer la double relation enfant atypique ↔ enfant typique (et adulte ↔ enfant) avec l’exemple dyslexie/lecture.
  2. Distinguer psychologie de l’enfant (descriptive/analytique) et psychologie du développement (processus de changement, plusieurs niveaux).
  3. Comparer études transversales et longitudinales : principe, atouts, limites, et citer le risque de mortalité expérimentale et le test-retest.
  4. Expliquer pourquoi Piaget situe l’intelligence sensori-motrice vers 4-5 mois (coordination vision→préhension et conduites intentionnelles), et rappeler les indicateurs de compétences précoces (temps de fixation, rythme,/
  5. Décrire l’habituation comme processus non associatif et la logique possible vs décideur comparatif (Cohen) : différence → maintien de fixation, identité → désengagement.
  6. Expliquer la méthode de violation des attentes : possible vs impossible, et relier une fixation plus longue à une attente de continuité d’existence (Baillargeon et DeVos, 1991).
  7. Présenter l’idée d’intelligence perceptive et les « bébés astronomes/psychologues » : boucle perception→prédiction et apprentissage par violation des attentes.
  8. Relier l’habituation-réaction à la nouveauté au dénombrement perceptif : discrimination 4 vs 8 et 8 vs 16, et échec avant 9 mois pour 4 vs 6 et 8 vs 12 (Xu et Spelke, 2000).
  9. Expliquer l’opposition Piaget vs approches perceptives : permanence moyens-buts vs permanence perceptive, et préciser le rôle des méthodes d’habituation dans la mise en évidence des compétences précoces.
  10. Décrire l’imitation différée et la dissociation signifiant/signifié : quand elle apparaît et ce que cela implique pour l’accès aux représentations symboliques.
  11. Résumer le jeu symbolique (faire semblant) : stades (2-3 à 6-7 ans) et fonctions développementales (décentration cognitive, représentation mentale, intentionnalité/contrôle exécutif).
  12. Expliquer la conservation (identité/compensation/inversion) et comment les performances varient avec l’âge (non conservant, intermédiaire, conservant) en lien avec la décentration et la mobilité de la pensée.

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1. Que désigne la recherche bi-directionnelle dans l’étude du développement ?

2. Quelle différence caractérise le mieux la psychologie de l’enfant par rapport à la psychologie du développement ?

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Recherche bi-directionnelle — définition ?

Relie connaissances enfant et population spécifique

Psychologie de l’enfant — rôle ?

Décrire comportements, sans mécanismes de changement

Psychologie du développement — rôle ?

Expliquer processus de passage d’un état à un autre

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