Fiche de révision : Histoire et stylistique du classicisme

Plan du Cours

  1. Terme classique et rupture baroque-classique
  2. Charles Rosen et dramatisme de la forme sonate
  3. Continuités baroque et classique selon Leonard Ratner
  4. École de Mannheim et style orchestral
  5. France musicale et Concert Spirituel
  6. Nouvelle sociabilité et autonomie des compositeurs
  7. Plaire et toucher : de l’imitation à l’effet
  8. Empfindsamkeit et style sensible de Carl Philipp Emanuel Bach
  9. Influence de l’Essai sur la vraie manière de jouer
  10. Sturm und Drang et expression en mode mineur
  11. Du clavecin au pianoforte : nouveaux timbres

1. Terme classique et rupture baroque-classique

Notions clés & Définitions

  • Terme « classique » : Le terme « classique » désigne d’abord une idée de perfection de la composition, puis en vient à qualifier une époque et un style.
  • Musique baroque : La musique baroque est associée à des procédés d’imitation (des affects, de la nature) qui structurent une partie de son langage.
  • Musique classique : La musique classique renvoie à un style développé au tournant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, notamment chez les « trois Viennois ».
  • Friedrich Blume : Friedrich Blume est un musicologue qui propose une périodisation où la rupture baroque-classique s’impose progressivement dans le discours du XXe siècle.
  • Charles Rosen : Charles Rosen est un musicologue qui relie le classicisme à l’exploitation du langage tonal chez Haydn, Mozart et Beethoven.

Points essentiels

  • Après la mort de Beethoven, le mot « classique » commence à être employé en musique, par référence à la perfection attribuée à Mozart.
  • Dans l’usage courant, « classique » désigne à la fois les musiques de l’époque et le style des trois grands Viennois de la seconde moitié du XVIIIe siècle.
  • Dans la seconde moitié du XXe siècle, l’idée d’une rupture stylistique au milieu du XVIIIe entre baroque et classique s’impose progressivement dans la musicologie.
  • Friedrich Blume distingue un style « classique romantique » (fin XVIIIe–XIXe) et des musiques de la Renaissance et du baroque, vues comme inscrites dans une continuité plus ancienne.
  • Pour Blume, la fin de l’ère baroque correspond à la fin d’un âge musical ancien, et le début de l’âge moderne passe par un renouveau lié à Domenico Scarlatti et aux fils de J.-S. Bach.
  • Blume affirme que la frontière baroque-classique est plus décisive que celle entre stile antico et stile moderno vers 1600, car le principe d’imitation s’éteint avec l’émergence du style classique.

Astuce mémo

Baroque→Imitation qui s’éteint ; Classique→Résolution et « art pour l’art ».

2. Charles Rosen et dramatisme de la forme sonate

Notions clés & Définitions

  • Charles Rosen : Théoricien de la musique associé à une lecture du style classique centrée sur la forme sonate et son dramatisme structurel.
  • Dramatisme de la forme sonate : Idée selon laquelle la forme sonate met en scène un conflit tonal majeur, organisé par la structure et résolu par le retour à la tonalité principale.
  • Résolution symétrique des forces opposées : Principe d’organisation du dramatisme en forme sonate où deux pôles harmoniques sont opposés puis réconciliés de façon structurée et symétrique.
  • Musique absolue : Esthétique attribuée au style classique où le sens dramatique provient de la structure musicale plutôt que d’un contenu extra-musical.
  • Formalisme structuraliste du XXe siècle : Orientation du XXe siècle qui prolonge l’idée que l’analyse des structures internes suffit à comprendre l’œuvre musicale.

Points essentiels

  • Rosen relie le dramatisme classique à la structure de la forme sonate, pensée comme conflit entre deux grandes zones tonales puis résolution par retour à la tonalité principale.
  • Le dramatisme est présenté comme une « résolution symétrique » des forces harmoniques opposées, notamment via l’opposition tonique/dominante.
  • Cette conception soutient l’idée d’une musique « absolue », dont l’esthétique découle de l’organisation interne plutôt que d’un récit extérieur.
  • Plusieurs musicologues contestent Rosen, notamment en reprochant d’exclure des créateurs contemporains de Haydn et Mozart.
  • Leonard Ratner défend une continuité baroque/classique en s’appuyant sur les écrits théoriques du XVIIIe siècle et en refusant une rupture radicale.
  • Ratner relie la musique de l’époque à l’art oratoire et affirme que baroque et classique partagent un langage commun, avec des différences relevant de sous-langages du même idiome XVIIIe.

Astuce mémo

Rosen = conflit tonal → résolution structurée (retour à la tonique) ; Ratner = continuité baroque/classique via rhétorique du XVIIIe.

3. Continuités baroque et classique selon Leonard Ratner

Notions clés & Définitions

  • Classicisme musical : Le classicisme musical désigne de nouvelles façons de concevoir la musique qui se stabilisent surtout dans le dernier tiers du XVIIIe siècle.
  • Première école viennoise : La Première école viennoise regroupe Haydn, Mozart et le jeune Beethoven autour d’axes communs de style et d’organisation musicale.
  • Seconde école viennoise : La Seconde école viennoise renvoie aux compositeurs du début du XXe siècle associés à Schoenberg, Berg et Webern.
  • École de Berlin : L’École de Berlin désigne un regroupement de musiciens autour de la cour de Frédéric II à Potsdam, souvent cité par des écrivains du XVIIIe siècle.
  • École de Mannheim : L’École de Mannheim désigne la tradition musicale de la cour palatine installée à Mannheim, réputée pour son orchestre et ses musiciens.

Points essentiels

  • Le classicisme se développe différemment selon les pays, avec une production italienne perceptible dès les années 1730.
  • Le style classique se cristallise au dernier tiers du XVIIIe siècle dans les œuvres de Haydn, Mozart et Beethoven.
  • Le terme « écoles » ne décrit pas une école au sens académique : il signale une concentration d’énergies autour d’axes communs (conception, style, formes, langage, effectifs instrumentaux).
  • Vienne concentre la vie musicale européenne : Haydn est au service des Esterhazy, Gluck sert la cour impériale de 1758 à 1764, et Mozart est à Vienne de 1781 jusqu’à sa mort.
  • Beethoven, né à Bonn, s’installe définitivement à Vienne en 1792 et y reçoit l’enseignement de Haydn.
  • En Allemagne, la division en nombreux États après 1648 explique des foyers distincts : la Prusse et Mannheim comptent particulièrement pour le classicisme musical.

Astuce mémo

Vienne = Haydn-Mozart-Beethoven ; Berlin = Frédéric II ; Mannheim = orchestre de ~90 musiciens (années 1770).

4. École de Mannheim et style orchestral

Notions clés & Définitions

  • École de Mannheim : École musicale associée à la cour de Mannheim, connue pour un style orchestral expressif au XVIIIe siècle.
  • Cour de Mannheim : Centre de la vie musicale où se développe et s’illustre le style orchestral lié à l’École de Mannheim.
  • Concert Spirituel : Institution parisienne fondée en 1725 qui organise des concerts lorsque l’opéra est interdit par le calendrier liturgique.
  • Opéra comique : Genre lyrique qui prend de l’importance dans la seconde moitié du XVIIIe siècle à Paris.
  • Musique pure : Idée qui émerge au début du XIXe siècle selon laquelle la musique peut renvoyer à elle-même plutôt qu’à l’imitation.

Points essentiels

  • La vie musicale parisienne est particulièrement dense de 1760 à la Révolution, avec plus de compositeurs, musiciens et éditeurs que dans toute autre ville d’Europe.
  • À Paris, l’opéra domine, et l’opéra comique gagne du terrain surtout dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.
  • Le Concert Spirituel, fondé en 1725, donne des concerts pendant les périodes où l’opéra est interdit, notamment pendant le Carême.
  • En France, les premières symphonies entendues sont celles de Johann Stamitz (1754), puis de François-Joseph Gossec, et plus tard de Joseph Haydn et de Wolfgang Amadeus Mozart (1778).
  • Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le public de la musique instrumentale s’élargit : aux cercles aristocratiques s’ajoute une bourgeoisie qui fréquente des concerts payants.
  • Le statut des musiciens change : la période marque une quête d’autonomie, passant d’un service à des princes ou institutions religieuses à une vie fondée sur le travail et les commandes (ex. Mozart à Vienne, Beethoven au

Astuce mémo

Mannheim = orchestre qui “fait effet” ; Paris = Concert Spirituel (1725) pour entendre des symphonies quand l’opéra est fermé.

5. France musicale et Concert Spirituel

Notions clés & Définitions

  • Imitation des passions : Notion musicale baroque où la musique cherche à reproduire les émotions humaines pour toucher l’auditeur.
  • Musique pure : Idée selon laquelle la musique peut renvoyer à elle-même, sans devoir imiter la nature, ouvrant vers une « musique pure ».
  • Musique instrumentale : Forme musicale centrée sur les instruments, dont l’essor s’accélère fortement à la fin du XVIIIe siècle.
  • Opéra musical : Vision où l’opéra est d’abord pensé comme un genre musical, l’auditoire venant surtout pour entendre la musique.
  • Style galant : Manière d’écrire apparue dès la fin des années 1730, visant grâce et simplicité plutôt que la complexité baroque.

Points essentiels

  • Le principe baroque repose sur l’imitation, soit des passions, soit de la nature.
  • À la fin du XVIIIe siècle, la musique est réinterrogée : elle plaît par ses effets et sensations plutôt que par l’imitation.
  • La musique est dite capable d’exprimer au-delà des mots, dans des domaines difficiles à formuler verbalement.
  • Cette conception favorise l’essor du répertoire instrumental et la multiplication des publications.
  • De nombreuses sociétés de concerts se créent et programment musique de chambre et musique d’orchestre.
  • Dans l’opéra, le poète produit des sentiments tandis que le musicien produit des sensations, ce qui renforce l’idée d’un opéra d’abord musical.

Astuce mémo

Imitation → passions/nature (baroque) ; Effets → sensations (fin XVIIIe).

6. Nouvelle sociabilité et autonomie des compositeurs

Notions clés & Définitions

  • Style galant : Le style galant désigne une écriture musicale plus légère et vive, où la clarté des lignes et l’agrément rythmique favorisent l’écoute immédiate.
  • Basses d’Alberti : Les basses d’Alberti sont un accompagnement en accords brisés qui fait entendre l’harmonie sans présenter les accords sous forme plaquée.
  • Basses de Murky : Les basses de Murky sont un type d’accompagnement associé aux trémolos en octaves, jouant un rôle rythmique proche des basses d’Alberti.
  • Empfindsamkeit : L’Empfindsamkeit est une esthétique du XVIIIe siècle centrée sur l’expression sensible des affects, avec des ruptures et des contrastes dans le discours musical.
  • Carl Philipp Emanuel Bach : Carl Philipp Emanuel Bach est un compositeur majeur de l’Empfindsamkeit, connu pour ses fantaisies et son traité sur la manière de jouer au clavier.

Points essentiels

  • En Italie, l’évolution vers le style nouveau se fait sans rupture nette vers le milieu du siècle, portée par l’opera buffa et par un jeu instrumental virtuose.
  • Les sonates pour clavier de Domenico Alberti (ca 1710-1740) illustrent un style homophone où la main droite expose un motif léger soutenu par une basse qui annonce l’harmonie.
  • Dans l’accompagnement de type basse continue chez Alberti, l’harmonie est suggérée avant l’apparition d’accords, puis des accords arpégés peuvent surgir (ex. à la mesure 4 dans l’exemple cité).
  • Les basses d’Alberti se diffusent avec une correspondance rythmique aux basses de Murky, caractérisées par des trémolos en octaves.
  • Baldassare Galuppi (1706-1785) combine une mélodie expressive avec une pseudo-polyphonie légère, en s’appuyant sur une ligne de basse continue.
  • L’Empfindsamkeit (milieu du XVIIIe siècle) valorise l’expression de sentiments personnels et s’associe à l’École de Berlin et à la cour de Frédéric le Grand en musique.

Astuce mémo

Galuppi = gai + basse continue; Alberti = harmonie sans accords plaqués (accords brisés).

7. Plaire et toucher : de l’imitation à l’effet

Notions clés & Définitions

  • Style sensible : Le style sensible, lié au Sturm und Drang, se reconnaît à des procédés mélodiques et harmoniques qui créent une forte expressivité.
  • Empfindsamer Stil : L’Empfindsamer Stil désigne le style sensible en allemand, caractérisé par des « soupirs » et des contrastes harmoniques.
  • Principe du discours : Le principe du discours décrit une écriture qui imite la parole, notamment par un récitatif au clavier dans certaines pièces.
  • Clavicorde : Le clavicorde est un instrument à clavier dont le son dépend du contact du doigt, permettant de contrôler intensité, timbre, justesse et vibratos.
  • Catalogue Wq : Le catalogue Wq classe les œuvres de Carl Philipp Emanuel Bach avec l’initiale Wq, établi par Alfred Wotquenne en 1905.

Points essentiels

  • Les œuvres de Carl Philipp Emanuel Bach peuvent porter deux numérotations de catalogue, notamment Wq et H, ce qui peut changer l’identification d’une même œuvre.
  • Le style sensible se manifeste par des « soupirs » mélodiques et par des allers et retours majeur–mineur ainsi que des modulations vers des tonalités éloignées.
  • Carl Philipp Emanuel Bach est présenté comme la figure majeure du style sensible, claveciniste à Berlin à partir de 1740 puis directeur de la musique à Hambourg à partir de 1768.
  • Les sonates de Bach sont souvent en trois mouvements, et le premier mouvement suit fréquemment une structure en exposition, partie centrale et réexposition.
  • Sur clavicorde, le son provient de petites tangentes de laiton qui frappent la corde, et le poids du doigt, la vitesse d’attaque et l’enfoncement modifient intensité, timbre et justesse.
  • Le clavicorde permet aussi d’effectuer des vibratos, mais son niveau sonore reste faible, ce qui le rend peu adapté au concert ou aux enregistrements.

Astuce mémo

Soupirs + majeur/minor + modulations loin = Empfindsamer Stil ; doigt sur clavicorde = intensité/timbre/justesse/vibrato.

8. Empfindsamkeit et style sensible de Carl Philipp Emanuel Bach

Notions clés & Définitions

  • Carl Philipp Emanuel Bach : Compositeur allemand du XVIIIe siècle, influent sur les musiciens des décennies suivantes et associé à un style de jeu expressif au clavier.
  • Essai sur la vraie manière de jouer du clavier : Traité de Carl Philipp Emanuel Bach qui décrit une pratique du clavier fondée sur l’expression et qui inspire des méthodes ultérieures.
  • Joseph Haydn : Compositeur admirateur de Carl Philipp Emanuel Bach, dont certaines symphonies illustrent des affects proches de la sensibilité dramatique.
  • Le Sturm und Drang : Mouvement pré-romantique allemand des années 1770, d’abord littéraire et politique, puis musical, lié à l’expression par le contraste et l’agitation.
  • Pianoforte ou fortepiano : Instrument à cordes frappées dont l’intensité dépend de la force des touches, remplaçant progressivement le clavecin à la fin du XVIIIe siècle.

Points essentiels

  • Carl Philipp Emanuel Bach est admiré par Joseph Haydn, Mozart (qui dirige en 1788 à Vienne l’oratorio Die Auferstehung und Himmelfahrt Jesu) et Beethoven (qui recommande sa méthode pour clavier à ses élèves).
  • Son Essai sur la vraie manière de jouer du clavier est réédité plusieurs fois au XVIIIe siècle et sert de base à des méthodes de piano de Muzio Clementi et Johann Baptist Cramer.
  • Le Sturm und Drang naît dans les années 1770 comme mouvement pré-romantique allemand, avec un nom tiré d’une pièce de Friedrich Maximilian Klinger.
  • En musique, le Sturm und Drang est associé au mode mineur, à des mélodies à grands intervalles, à des changements brusques de tempos/nuances et à l’usage de syncopes pour traduire tourment et agitation.
  • Des symphonies de Haydn (n° 39 Tempesta di mare, n° 44 Trauer, n° 45 Les Adieux, n° 49 La Passion) et de Mozart (n° 25 en sol mineur, 1773) peuvent être rattachées à cette esthétique.
  • Le pianoforte remplace progressivement le clavecin dans le dernier quart du XVIIIe siècle grâce à une mécanique permettant de moduler l’intensité selon la force des touches, avec un volume plus puissant que le clavicorde

Astuce mémo

Bach → « vrai jeu » : traité réédité → méthodes piano ; Sturm und Drang = Mineur + grands intervalles + syncopes + contrastes brusques ; Pianoforte = Fort/ Piano = intensité par la force des doigts.

9. Influence de l’Essai sur la vraie manière de jouer

Notions clés & Définitions

  • Piano-forte rectangulaire : Instrument à clavier à marteaux, dont la forme rectangulaire se développe au XVIIIe siècle et favorise de nouvelles possibilités sonores.
  • Christian Ernst Friederici : Facteur de piano-forte rectangulaire, auteur du premier modèle rectangulaire construit à Gera en 1758.
  • Pianoforte carré Broadwood : Variété de pianoforte carré associée à Broadwood and Son, représentée dans des collections universitaires.
  • Tangentenflügel : Piano à tangentes, instrument utilisé pour des interprétations de musique du XVIIIe siècle, notamment dans l’exemple cité.
  • Quatuor à cordes : Genre instrumental pour quatre musiciens à cordes (deux violons, alto, violoncelle) né dans les années 1760 et durable jusqu’au XXIe siècle.

Points essentiels

  • Le premier forte-piano rectangulaire est construit à Gera en 1758 par Christian Ernst Friederici, élève de Silbermann.
  • Le clavier s’étend à 6 octaves et les facteurs cherchent des contrastes sonores et dynamiques impossibles au clavecin.
  • L’évolution vers le piano moderne passe par des cordes filées sous forte tension, un échappement double et un cadre métallique.
  • Le clavecin et le piano coexistent longtemps : les titres de pièces pour clavier mentionnent souvent les deux instruments.
  • La technique de jeu au clavier évolue vers plus de vélocité et une meilleure égalité entre les doigts.
  • Dans la sonate de Mozart citée, l’accompagnement au piano est entièrement écrit par le compositeur, sans réalisation de basse continue.

Astuce mémo

Friederici 1758 = rectangulaire ; 6 octaves = plus de contrastes ; piano moderne = tension + échappement double + cadre métallique.

10. Sturm und Drang et expression en mode mineur

Notions clés & Définitions

  • École de Mannheim : École musicale centrée sur la cour de Mannheim, réputée pour la discipline des musiciens et l’excellence technique orchestrale.
  • Orchestre de Mannheim : Orchestre de la cour palatine autour de Karl-Theodor, célèbre pour ses contrastes dynamiques et ses effets orchestraux.
  • Johann Stamitz : Compositeur (1717-1757) associé à Mannheim, à l’origine d’innovations de contrastes et de nuances orchestrales.
  • Charles Burney : Musicographe anglais qui décrit l’orchestre de Mannheim et attribue à Stamitz des innovations de dynamique et de timbre.
  • Crescendi et diminuendi : Effets dynamiques d’orchestre consistant à augmenter puis diminuer progressivement l’intensité sonore.

Points essentiels

  • L’orchestre de Mannheim est dirigé par Johann Stamitz (1717-1757) et se distingue par une discipline stricte et une grande maîtrise technique.
  • Les instrumentistes à vent sont aussi réputés que les cordes, ce qui renforce la variété des timbres et des effets.
  • Sous l’impulsion de Stamitz, Mannheim développe des contrastes dynamiques, des soufflets et des nuances, avec une célébrité particulière pour les crescendi.
  • Burney (écrit en 1772) affirme que les innovations de Stamitz permettent de rechercher tous les effets orchestraux possibles, et qu’y naissent crescendo et diminuendo.
  • Burney décrit aussi l’usage du piano et du forte comme des couleurs musicales capables de nuances, comparées à des couleurs de peinture.
  • Après la mort de Johann Stamitz, une deuxième génération maintient l’activité à Mannheim avec Carl Stamitz (1745-1801), Anton Stamitz (1750-ca 1809) et des élèves comme Joseph Toeschi, Anton Fils et Christian Cannabich,

Astuce mémo

Mannheim = « crescendo » : la dynamique “monte puis redescend” comme une vague.

11. Du clavecin au pianoforte : nouveaux timbres

Notions clés & Définitions

  • Christian Cannabich : Compositeur allemand reconnu, associé à une symphonie en mi b majeur et à une carrière marquée par des rencontres et diffusions à Paris.
  • Concerto Köln : Ensemble d’interprétation cité comme source d’écoute pour une symphonie de Christian Cannabich.
  • Symphonie en mi b majeur : Œuvre symphonique de Christian Cannabich dont le mouvement I est indiqué comme Allegro.
  • Quatre manières de raconter l’histoire de la musique : Cadre de lecture qui organise l’histoire musicale par chronologie, par compositeurs, par genres et par thématiques.
  • Gender studies : Courant d’études qui analyse les rapports sociaux de sexe et influence la musicologie contemporaine sur la place des femmes.

Points essentiels

  • Le mouvement I de la Symphonie en mi b majeur est indiqué comme Allegro dans la ressource citée.
  • L’écoute recommandée vise les parties confiées aux instruments à vent, pour repérer le travail des timbres, les nuances et les articulations.
  • L’orchestration est présentée comme un moyen de souligner des articulations formelles dans l’interprétation.
  • Christian Cannabich est décrit comme voyageant et faisant jouer/éditer sa musique à Paris, avec plusieurs rencontres de la famille Mozart.
  • Wolfgang Amadeus Mozart est indiqué comme portant une grande estime à Christian Cannabich.
  • La chronologie « scolaire » découpe l’histoire en Baroque (1600–1750), Classique (1750–1800) et Romantique (1800–1900).

Astuce mémo

Écoute d’abord les VENTS (timbres, nuances, articulations), puis place l’œuvre dans la chronologie Baroque–Classique–Romantique.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1750-1830Période du cours « Histoire de la musique 1750-1830 »
1648Fin de la guerre de 30 ans : division de l’Allemagne en nombreux États
1758Premier forte-piano rectangulaire construit à Gera par Christian Ernst Friederici

Tableaux de synthèse

Baroque vs classique (césure vers 1750-1760)

ParamètreBaroqueClassique
Basse continueDisparaît progressivementDisparaît progressivement (césure)
PrimautéMoins centrée sur une phrase mémorisablePrimauté de la mélodie (souvent supérieure), phrase articulée et mémorisable
ÉcriturePrincipes séquentiels (marches harmoniques)Travail motivique à partir de motifs des thèmes principaux
ArticulationsCadences/modulations moins marquées par ponctuations fortesRenforcement des articulations : cadences, modulations marquées (pédales, silences, point d’orgue)
Rythme harmoniquePlus d’harmonies par mesureRalentissement du rythme harmonique
FormeMoins de « forme sonate » comme structure dominanteInvention/usage accru de la « forme sonate »
GenresConcerto, sonate (baroque)Nouveaux genres : symphonie, quatuor à cordes

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « forme sonate » (organisation d’un mouvement) et « sonate » (genre instrumental apparu au XVIIe siècle).
  2. Croire que la rupture baroque-classique est datée précisément : le cours insiste sur l’impossibilité de bornes fixes, variables selon les pays.
  3. Mélanger « musique absolue » (sens dramatique par structure, chez Rosen) et « musique pure » (idée que la musique renvoie à elle-même, vers le début du XIXe).
  4. Interpréter Empfindsamkeit comme un simple synonyme de Sturm und Drang : le cours les distingue (Empfindsamkeit : sensibilité, soupirs, ruptures ; Sturm und Drang : mode mineur, grands intervalles, syncopes, contrastes).
  5. Penser que les « écoles » (Vienne, Berlin, Mannheim) sont des institutions académiques : le cours précise que ce sont des concentrations d’énergies autour d’axes communs.
  6. Oublier que la basse continue disparaît progressivement : ne pas attribuer au classique une pratique baroque de réalisation continue systématique.
  7. Confondre les numérotations de Carl Philipp Emanuel Bach : une même œuvre peut être identifiée par Wq et par H (Helm).

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi, après la mort de Beethoven, le terme « classique » commence à être employé en musique (référence à la perfection de Mozart).
  2. Citer les « trois Viennois » associés au classicisme musical et situer leur place dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle.
  3. Résumer la thèse de Friedrich Blume : rupture baroque-classique plus décisive que stile antico/stile moderno, extinction progressive du principe d’imitation, et « art pour l’art » avec le style classique.
  4. Expliquer la lecture de Charles Rosen : dramatisme de la forme sonate comme conflit tonal résolu par retour à la tonalité principale, et lien avec une esthétique de musique « absolue ».
  5. Présenter l’objection à Rosen et la réponse de Leonard Ratner : continuité baroque/classique via les écrits théoriques du XVIIIe siècle et l’idée d’un idiome commun.
  6. Décrire la césure pratique autour des années 1750-1760 : disparition progressive de la basse continue, primauté de la mélodie, travail motivique, articulations/cadences plus marquées, ralentissement du rythme harmonique,
  7. Identifier les capitales et lieux : Vienne, Prusse (Potsdam/Sans-Souci), Mannheim, Paris, Naples, Milan, et ce que chacun apporte au classicisme.
  8. Expliquer la « nouvelle sociabilité » : élargissement du public bourgeois aux concerts payants et changement de statut vers l’autonomie des compositeurs (Mozart, Beethoven).
  9. Définir « plaire et toucher » : but de l’œuvre d’art au XVIIIe siècle et déplacement de l’imitation des passions vers les sensations/effets.
  10. Expliquer « de l’imitation à l’effet » : musique qui plaît sans imitation, développement de la musique instrumentale, et réévaluation du rôle du texte et de la musique dans l’opéra.
  11. Maîtriser les trois courants du début du style classique : style galant (dès années 1730), Empfindsamkeit (milieu XVIIIe), Sturm und Drang (1770-1780) avec leurs traits distinctifs.
  12. Savoir relier les nouveaux timbres aux évolutions : remplacement progressif du clavecin par le pianoforte (Cristofori, Friederici 1758, extension 6 octaves), et rôle de l’orchestre classique et du quatuor à cordes (ann.
  13. Citer les éléments clés de l’orchestre de Mannheim : discipline, excellence technique, crescendi/diminuendi, et témoignage de Burney (1772) sur les effets orchestraux.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire et stylistique du classicisme avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment Charles Rosen caractérise-t-il le dramatisme de la forme sonate ?

2. Quel trait est le plus caractéristique de l’École de Mannheim ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire et stylistique du classicisme avec 22 flashcards interactives.

Terme « classique » — définition ?

Idée de perfection puis style et époque.

Musique baroque — procédés principaux ?

Imitation d’affects et de la nature.

Musique classique — caractéristique ?

Style développé au XVIIIe siècle, chez les Viennois.

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