Fiche de révision : Les bases de l'apprentissage en psychologie et éthologie

Plan du Cours

  1. Définitions de l’apprentissage en psychologie
  2. Définitions de l’apprentissage en éthologie
  3. Causes et conditions de l’apprentissage
  4. Durée et critères de l’apprentissage
  5. Inné et acquis, périodes sensibles
  6. Analogie évolutionniste de l’apprentissage
  7. Niveaux d’analyse de l’apprentissage
  8. Définir et décrire le comportement
  9. Théories structurelles et fonctionnelles du comportement
  10. Apprentissage non associatif : habituation
  11. Déshabituation et sensibilisation
  12. Conditionnement classique : trace et intervalles

1. Définitions de l’apprentissage en psychologie

Notions clés & Définitions

  • Apprentissage (psychologie) : L’apprentissage est un changement relativement durable de la capacité à agir, produit par des expériences particulières.
  • Changement durable du comportement : Le changement d’apprentissage correspond à une modification qui persiste et ne se limite pas à une adaptation immédiate.
  • Intervention de l’environnement : Le changement observé est attribué à l’action de l’environnement sur le comportement de l’individu.
  • Processus d’apprentissage : L’apprentissage regroupe les processus qui expliquent les modifications de comportement après l’expérience ou le contact avec l’environnement.
  • Apprentissage (éthologie) : En éthologie, l’apprentissage est une modification durable du comportement liée à une expérience sensorielle passée.

Points essentiels

  • En psychologie, l’apprentissage se définit par ses conséquences, sa durée et ses causes : il modifie durablement la capacité d’action après des expériences spécifiques.
  • En psychologie, le changement est expliqué comme le résultat de l’intervention de l’environnement sur le comportement.
  • En psychologie, la définition combine processus, résultat et cause : elle vise les processus déclenchant les modifications de comportement suite à l’expérience.
  • En éthologie, l’apprentissage est une modification durable du comportement liée à une expérience sensorielle passée.
  • Le terme « expérience sensorielle » pose un problème chez l’humain : il ne couvre pas forcément tous les apprentissages.
  • Une définition éthologique trop large peut inclure des situations qui ne sont pas de l’apprentissage, comme l’augmentation de capacité due à l’entraînement musculaire (ex. soulever des poids).

Astuce mémo

Psychologie = « capacité durable » ; Éthologie = « sensoriel passé » (et attention aux faux apprentissages comme l’entraînement).

2. Définitions de l’apprentissage en éthologie

Notions clés & Définitions

  • Apprentissage : L’apprentissage est un changement rapide du comportement lié à des expériences antérieures, rendu possible par une mémoire conservée dans le système nerveux.
  • Mémoire dans le système nerveux : La mémoire dans le système nerveux correspond au stockage de l’expérience qui permet de réutiliser l’information pour modifier le comportement.
  • Apprentissage associatif : L’apprentissage associatif relie un stimulus à une réponse, de sorte que la réponse survient après l’association plutôt que seulement au stimulus initial.
  • Environnement stable : Un environnement stable est un contexte où des comportements préprogrammés suffisent souvent, ce qui réduit la nécessité d’apprendre.
  • Environnement instable : Un environnement instable est un contexte peu prévisible où l’apprentissage devient nécessaire pour ajuster le comportement.

Points essentiels

  • L’apprentissage implique une modification de l’état de l’individu pouvant se traduire par un changement de comportement après une expérience mémorisée dans le système nerveux.
  • La définition exclut les situations où il n’y a pas d’émission d’action ou de répétition, par exemple apprendre que le feu brûle sans avoir à répéter.
  • La définition exclut les animaux sans système nerveux et les IA.
  • L’apprentissage correspond à une mise à jour structurée des propriétés d’un système quand de nouvelles informations sont traitées.
  • En environnement stable ou cyclique, des comportements préprogrammés peuvent suffire et l’apprentissage est moins coûteux à mobiliser.
  • En environnement instable, l’apprentissage est requis car le milieu n’est pas complètement prévisible et impose une adaptation rapide.

Astuce mémo

Mémoire + comportement : « expérience mémorisée → comportement modifié » ; Stable = préprogrammé, Instable = apprentissage.

3. Causes et conditions de l’apprentissage

Notions clés & Définitions

  • Apprentissage associatif : L’apprentissage associatif relie un stimulus à une réponse par association, ce qui modifie le comportement observé.
  • Période critique : Une période critique est une fenêtre de développement où certains apprentissages sont possibles, puis deviennent difficiles ou impossibles.
  • Période sensible : Une période sensible désigne une fenêtre de développement où l’apprentissage est particulièrement efficace, même si la plasticité peut persister.
  • Modification du comportement : La modification du comportement correspond à un changement observable des actions, sans garantir l’acquisition de nouveaux comportements.
  • Causes proximales : Les causes proximales expliquent un comportement par ses déclencheurs immédiats et les mécanismes biologiques en jeu.

Points essentiels

  • Une modification du comportement n’est pas forcément l’acquisition de nouveaux comportements, car certains comportements peuvent être modulés sans être “appris” au sens strict.
  • Certains comportements génétiquement programmés peuvent être ajustés par l’apprentissage, ce qui permet une adaptation sans création totale de nouveaux comportements.
  • Toutes les modifications de l’environnement ne produisent pas un apprentissage, car certains apprentissages préprogrammés ne s’obtiennent que durant des périodes spécifiques.
  • La période critique ou sensible conditionne la possibilité d’apprendre certains comportements, comme le chant et l’empreinte chez les oiseaux.
  • Le langage chez l’humain dépend aussi de fenêtres développementales, ce qui illustre l’idée de période critique/sensible.
  • Nikolaas Tinbergen (1907-1988) propose 4 types d’explications des comportements : proximale, phylogénétique, fonctionnelle et ontogénétique.

Astuce mémo

Association = “stimulus → réponse” (Pavlov) ; Fenêtre = “période critique/sensible” ; Tinbergen = Proximal–Phylogénétique–Fonctionnel–Ontogénétique.

4. Durée et critères de l’apprentissage

Notions clés & Définitions

  • Cause ontogénétique : La cause ontogénétique désigne l’évolution d’un comportement au cours de la vie, depuis l’embryogenèse jusqu’à la mort, sous l’effet des gènes et du milieu.
  • Apprentissage : L’apprentissage est un changement durable de l’organisme lié à l’expérience, même si la réponse apprise peut ensuite s’éteindre ou être oubliée.
  • Maturation : La maturation correspond au développement interne progressif de l’organisme qui rend certains comportements possibles à un moment donné.
  • Motivation : La motivation est l’état qui augmente ou diminue l’engagement dans l’apprentissage et influence la vitesse d’acquisition.
  • Période sensible : Une période sensible est une fenêtre de temps où l’acquisition d’une habileté est particulièrement facilitée.

Points essentiels

  • Le sommeil varie avec l’âge : nouveau-né ~16 h/24, enfant 9–12 h/24, adulte 7–9 h/24, personne âgée par tranches de quelques heures.
  • Un critère central de l’apprentissage est un changement permanent de l’organisme, même si la réponse comportementale apprise peut s’éteindre ou être oubliée.
  • Savoir nager est un apprentissage plutôt définitif, tandis que savoir son cours est souvent temporaire et dépend de la réactivation.
  • Le temps nécessaire à l’apprentissage dépend du comportement : quelques secondes pour éviter le feu, plusieurs années pour apprendre à lire.
  • Tous les changements de comportement ne sont pas de l’apprentissage : fatigue, faim et soif sont des changements temporaires, alors que maturation et croissance sont durables.

Astuce mémo

Apprentissage = « changement durable de l’organisme » (même si la réponse s’éteint).

5. Inné et acquis, périodes sensibles

Notions clés & Définitions

  • Marche automatique : La marche automatique est un comportement présent chez le nouveau-né, déclenchant une activité motrice spontanée avant de s’estomper en quelques semaines.
  • Période sensible : Une période sensible est un intervalle propice à l’acquisition d’une habileté ou d’un comportement, laissant une empreinte durable.
  • Langage pré-programmé : Le langage pré-programmé désigne l’idée d’un apprentissage du langage guidé par des dispositions internes, particulièrement efficace pendant une période sensible.
  • Évolution phylogénétique : L’évolution phylogénétique correspond aux changements hérités au fil des générations, liés à la variation génétique et à la sélection par l’environnement.
  • Apprentissage par analogie évolutionniste : L’apprentissage par analogie évolutionniste décrit l’acquisition comme une succession de variation, sélection par l’environnement et rétention via des mécanismes neurobiologiques.

Points essentiels

  • La marche est automatique chez le nouveau-né puis l’apprentissage de la marche se consolide progressivement jusqu’à environ 12 mois.
  • Le langage est présenté comme un apprentissage pré-programmé, associé à une période sensible.
  • Une période sensible favorise l’acquisition d’un comportement ou d’une habileté et peut laisser une empreinte.
  • L’évolution phylogénétique suit trois étapes : variation du génome, sélection par l’environnement, rétention par transmission à la descendance.
  • L’analogie évolutionniste applique le même schéma à l’apprentissage : variation du comportement, sélection par l’environnement via renforcements/conditionnement opérant, puis rétention neurobiologique.
  • La vérification de l’apprentissage se fait par l’observation d’un changement comportemental, mais certains apprentissages restent non observables (ex. langage interne) ou ne s’expriment pas faute de contexte favorable.

Astuce mémo

Période sensible = fenêtre d’empreinte : ce qui s’apprend “pendant la fenêtre” s’ancre durablement.

6. Analogie évolutionniste de l’apprentissage

Notions clés & Définitions

  • Apprentissage : Processus qui peut modifier durablement les réseaux de neurones ou les neurones, même si le comportement observé disparaît.
  • Réseaux de neurones : Ensemble de circuits neuronaux dont l’activité et l’organisation peuvent être influencées par l’apprentissage via des médiateurs chimiques.
  • Neurones : Cellules nerveuses dont les aspects moléculaires et cellulaires peuvent changer sous l’effet de l’apprentissage.
  • Analyse à trois niveaux : Cadre d’explication qui relie apprentissage, mécanismes neuronaux et comportement pour rendre compte de la complexité.
  • Comportement : Ensemble d’actions observables étudiées en éthologie, décrites par ce qui se passe, où, quand, comment et pourquoi.

Points essentiels

  • L’apprentissage peut laisser des traces durables au niveau neuronal même si le comportement correspondant n’est plus visible.
  • Les circuits neuronaux et les neurotransmetteurs participent à l’explication des changements liés à l’apprentissage.
  • Les changements peuvent concerner les réseaux de neurones et aussi les neurones eux-mêmes.
  • Pour expliquer l’apprentissage, il faut intégrer les trois niveaux d’analyse afin de couvrir toute la complexité.
  • En pratique, on se limite souvent au premier niveau et aux changements observables du comportement.
  • Étudier le comportement revient à répondre à cinq dimensions: quoi, où, quand, comment, pourquoi.

Astuce mémo

Traces neuronales même sans comportement visible: « apprentissage = mémoire dans le cerveau, pas seulement dans l’action ».

7. Niveaux d’analyse de l’apprentissage

Notions clés & Définitions

  • Décomposition en unités : La décomposition en unités consiste à décrire un comportement en éléments observables (items) plutôt qu’en une action globale.
  • Répertoire comportemental : Le répertoire comportemental regroupe l’ensemble des unités décrites pour une espèce, formant une liste des comportements possibles.
  • Éthogramme : L’éthogramme est la description structurée des comportements d’une espèce à partir d’unités observables.
  • Théories structurelles : Les théories structurelles expliquent le comportement en se centrant sur les éléments internes et leurs mécanismes.
  • Théories fonctionnelles : Les théories fonctionnelles expliquent le comportement par ses relations avec les stimuli et par son utilité/adaptabilité.

Points essentiels

  • Un même comportement formel peut remplir des fonctions différentes selon le contexte et l’objectif poursuivi.
  • L’analyse formelle d’un comportement passe par une description en unités (items) pour rendre l’observation décomposable.
  • Le répertoire comportemental (ou éthogramme) correspond à l’ensemble des unités décrites pour une espèce.
  • Les théories structurelles cherchent les composants internes (biologie, génétique, structures cognitives et neuronales) à l’origine du comportement.
  • Les structures sous-jacentes sont inférées à partir des comportements observés, sans être directement mesurées.
  • Les théories fonctionnelles relient stimuli environnementaux et réponse de l’organisme pour expliquer pourquoi le comportement est adopté et comment il sert un besoin ou un objectif.

Astuce mémo

Structure = “briques internes” (biologie/neurones) ; Fonction = “but dans le monde” (stimulus → réponse utile).

8. Définir et décrire le comportement

Notions clés & Définitions

  • Comportement : Le comportement est une action observable visant à atteindre un objectif ou à satisfaire un besoin.
  • Utilité adaptative : L’utilité adaptative désigne la façon dont un comportement aide l’individu à s’ajuster à un contexte particulier.
  • Fonctions inférées : Les fonctions inférées sont des explications déduites à partir de ce qu’on observe dans les comportements.
  • Apprentissage non associatif : L’apprentissage non associatif regroupe des changements durables de la réponse à un stimulus sans lien avec un autre stimulus.
  • Conditionnement classique : Le conditionnement classique est un cadre d’apprentissage où un stimulus peut modifier une réponse via des associations.

Points essentiels

  • Un comportement peut être décrit par son utilité ou adaptabilité dans un contexte donné.
  • Les fonctions d’un comportement peuvent être inférées à partir de son rôle observé dans la situation.
  • La fuite est présentée comme une réponse adaptative face à une menace perçue.
  • La peur déclenche une réaction de lutte ou de fuite, permettant une réponse rapide au danger.
  • L’apprentissage non associatif correspond à un changement relativement permanent de l’intensité d’une réponse après des présentations répétées du même stimulus.
  • La réponse inconditionnelle ne dépend d’aucun apprentissage préalable et est déclenchée par un stimulus inconditionnel.

Astuce mémo

Adaptation = « survie face au danger » : menace perçue → peur → lutte ou fuite.

9. Théories structurelles et fonctionnelles du comportement

Notions clés & Définitions

  • Habituation : L’habituation est une diminution progressive de la réponse à un stimulus après des présentations répétées, sans que le stimulus change.
  • Stimulus : Un stimulus est tout événement observable et mesurable, provenant de l’environnement externe ou interne à l’organisme.
  • Déshabituation : La déshabituation est la réactivation de la réponse initiale à un stimulus déjà habitué après l’introduction d’un nouveau stimulus.
  • Réaction à la nouveauté : La réaction à la nouveauté correspond au fait qu’un stimulus nouveau relance la réponse, par exemple via un temps de fixation plus élevé.

Points essentiels

  • L’habituation suit une logique S → R : un stimulus S entraîne une réponse R, qui diminue avec la répétition du même stimulus.
  • Une baisse de réponse due à la fatigue ne doit pas être appelée habituation.
  • La baisse de réponse est adaptative car elle réduit le coût cognitif de traiter des informations non pertinentes.
  • L’habituation est observée chez de nombreux animaux et chez l’humain, par exemple face à un bruit continu devenu ignoré.
  • Expérience type : après un bruit violent, le rat réagit fortement au début (vigilance/interruption), puis la réaction disparaît vers la 5e présentation quand le bruit n’est pas associé à un danger.
  • Expérience habituation vs nouveauté : si le temps de fixation T2 du stimulus S2 est supérieur à T1 du stimulus S1, alors S2 est perçu comme nouveau et S1 comme déjà intégré.

Astuce mémo

Habituation = « je m’habitue » (réponse ↓), déshabituation = « nouveau = je réagis » (réponse rétablie).

10. Apprentissage non associatif : habituation

Notions clés & Définitions

  • Habituation : L’habituation est un apprentissage non associatif où la réponse diminue progressivement quand un stimulus identique est présenté de façon répétée.
  • Déshabituation : La déshabituation est la réactivation de la réponse à un stimulus après une habituation, typiquement quand un stimulus nouveau intervient.
  • Sensibilisation : La sensibilisation est un apprentissage non associatif qui abaisse le seuil de déclenchement d’une réponse, rendant l’organisme plus réactif.
  • Seuil absolu : Le seuil absolu est le niveau minimal d’intensité nécessaire pour qu’un stimulus déclenche une réponse.

Points essentiels

  • L’habituation correspond à une diminution progressive de la réponse jusqu’à l’absence de réponse lors de présentations répétées du même stimulus S1.
  • Après habituation, l’introduction d’un stimulus S2 peut entraîner une réponse forte à nouveau pour S1 lors de sa présentation suivante (déshabituation).
  • La déshabituation illustre que l’habituation n’est pas une disparition permanente de la réponse mais une baisse temporaire modulée par le contexte.
  • Dans la sensibilisation, un stimulus neutre peut finir par déclencher une réponse car la répétition abaisse le seuil absolu.
  • La sensibilisation peut aussi être provoquée par un autre stimulus (A) : l’organisme devient réactif à des stimuli B, C, D qui ne déclenchaient pas de réponse auparavant.
  • L’augmentation de la réponse est adaptative car elle favorise la vigilance quand la survie de l’organisme peut être en jeu.

Astuce mémo

Habituation = « je m’endors » (réponse ↓ avec S1 répété), Déshabituation = « je me réveille » (S2 relance S1), Sensibilisation = « seuil ↓ » (réponse plus facile à déclencher).

11. Déshabituation et sensibilisation

Notions clés & Définitions

  • Apprentissage : L’apprentissage est une modification durable du comportement provoquée par une expérience, permettant une adaptation à l’environnement.
  • Habituation : L’habituation est un apprentissage où la réponse diminue quand un stimulus répétitif et non menaçant est présenté.
  • Déshabituation : La déshabituation est la réactivation d’une réponse après que l’organisme s’est habitué à ignorer un stimulus.
  • Sensibilisation : La sensibilisation est un apprentissage où la réponse augmente après une exposition intense ou répétée à un stimulus.
  • Apprentissage non associatif : L’apprentissage non associatif regroupe des ajustements automatiques à l’environnement sans lien explicite entre deux événements.

Points essentiels

  • L’habituation correspond à l’ignorance apprise d’informations inutiles ou non dangereuses face à la répétition.
  • La déshabituation peut rendre l’organisme à nouveau attentif si quelque chose change dans l’environnement.
  • La sensibilisation produit une hypervigilance face à des stimuli potentiellement menaçants.
  • L’habituation, la déshabituation et la sensibilisation sont des formes de base d’apprentissage non associatif.
  • Le conditionnement classique et répondant relèvent de l’apprentissage associatif, contrairement aux formes non associatives.

Astuce mémo

Habituation = baisse, Déshabituation = retour, Sensibilisation = hausse (H-D-S).

12. Conditionnement classique : trace et intervalles

Notions clés & Définitions

  • Intervalle 1 : Intervalle 1 : délai trop court entre SC et SI, conduisant à un conditionnement simultané plutôt qu’associatif par trace.
  • Intervalle 2 : Intervalle 2 : délai optimal/plus efficace entre SC et SI pour établir l’association conditionnelle.
  • Intervalle 3 et 4 : Intervalle 3 et 4 : délais trop longs entre SC et SI, empêchant l’association entre stimuli et SI (pas d’association SC–SI).
  • Effet de blocage : Effet de blocage : absence de nouvel apprentissage au stimulus ajouté quand l’animal a déjà une prédiction suffisante du SI.
  • Kamin 1969 : Kamin 1969 : expérience montrant que le stimulus ajouté (son) n’acquiert pas de valeur prédictive si la lumière prédit déjà le choc.

Points essentiels

  • Intervalle 1 est trop court et favorise un conditionnement simultané plutôt qu’une association par délai.
  • Intervalle 2 est plus efficace pour produire un conditionnement classique robuste.
  • Intervalle 3 et 4 sont trop longs : l’animal n’associe pas correctement SC et SI (pas d’association SC–SI).
  • Le délai est réponse-spécifique : il faut un intervalle plus long pour la peur (≈1 min) que pour l’aversion gustative (≈plusieurs heures).
  • Dans l’effet de blocage (Kamin, 1969), la lumière (SC) associée au choc (SI) produit une réponse conditionnée (RC) de type freezing.
  • Phase test : quand la lumière a déjà prédit le SI, le son seul (SC2) ne déclenche pas de RC chez le groupe expérimental, alors qu’il déclenche une RC chez le groupe contrôle.

Astuce mémo

Intervalle = « trop court (simultané) / bon (efficace) / trop long (oubli SC–SI) » ; Blocage = « lumière déjà fiable → le son n’ajoute rien ».

Repères chronologiques

DateÉvénement
1907-1988Nikolaas Tinbergen (éthologue)
1996Novak, 1996 (définition par les causes du changement)
2000Domjan, 2000 (niveaux d’analyse complémentaires)
1969Kamin 1969 (effet de blocage)
1954Moeller (1954) (conditionnement de trace et intervalles)
1995Dawkins, 1995 (variation/selection/rétention en évolution)
1996Swerdlow et al., 1996 (inhibition latente déficitaire et schizophrénie)

Tableaux de synthèse

Période critique/sensible et exemples

NotionCaractéristiqueExemples
Période critiqueFenêtre où certains apprentissages sont possibles puis deviennent difficiles ou impossiblesChant et empreinte chez les oiseaux
Période sensibleFenêtre propice à l’acquisition d’un comportement ou habileté (empreinte)Langage chez l’humain

Habituation vs déshabituation vs sensibilisation

FormeEffet sur la réponseDéclencheur/condition
HabituationDiminution progressive puis absence de réponseStimulus répétitif et non menaçant
DéshabituationRéactivation de la réponse initialeIntroduction d’un stimulus nouveau (S2)
SensibilisationAugmentation de la réponse (seuil absolu ↓)Exposition intense/répétée ou autre stimulus (A)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre apprentissage (changement relativement permanent de la capacité) et simple adaptation temporaire comme fatigue, faim ou soif.
  2. Croire que toute modification de comportement après un changement d’environnement est un apprentissage, alors que certains comportements sont préprogrammés ou ne s’apprennent que dans des périodes spécifiques.
  3. Prendre une baisse de réponse due à la fatigue pour une habituation, alors que l’habituation exige un stimulus répété sans changement et non menaçant.
  4. Mélanger période critique et période sensible : la première renvoie à une fenêtre où l’apprentissage devient difficile/impossible, la seconde à une fenêtre propice à l’acquisition.
  5. Interpréter “expérience sensorielle” comme universelle chez l’humain : la définition éthologique peut inclure des faux apprentissages (ex. entraînement musculaire).
  6. Dire que la déshabituation correspond à une disparition définitive de l’habituation : en réalité, elle réactive temporairement la réponse quand un stimulus nouveau intervient.
  7. Se tromper sur l’effet de blocage : si la lumière prédit déjà le choc, le son ajouté n’acquiert pas de valeur prédictive et ne déclenche pas la réponse en phase test.

Checklist Examen

  1. Savoir définir l’apprentissage en psychologie : changement relativement permanent de la capacité à agir, dû à des expériences particulières, expliqué par l’intervention de l’environnement.
  2. Savoir définir l’apprentissage en éthologie : modification durable du comportement liée à une expérience sensorielle passée, et citer le problème de l’expression “expérience sensorielle” chez l’humain.
  3. Être capable d’identifier les exclusions de la définition éthologique : situations sans répétition/émission d’action, animaux sans système nerveux et IA.
  4. Expliquer l’apprentissage en éthologie via mémoire dans le système nerveux et mise à jour structurée des propriétés du système à partir de nouvelles informations.
  5. Distinguer environnement stable/cyclique (comportements pré-programmés suffisants) et environnement instable (apprentissage nécessaire), et relier cela à l’adaptation rapide.
  6. Savoir formuler l’idée clé : modification du comportement ≠ acquisition de nouveaux comportements, et que certains comportements génétiquement programmés peuvent être modulés par apprentissage.
  7. Maîtriser Tinbergen : les 4 types d’explications (proximale, phylogénétique, fonctionnelle, ontogénétique) et donner au moins un exemple pour chacun.
  8. Savoir distinguer apprentissage, maturation et motivation : l’apprentissage est durable, la maturation rend possible, et la motivation influence la vitesse d’acquisition.
  9. Savoir donner des exemples de durée : savoir nager (définitif) vs savoir son cours (temporaire) et relier le temps nécessaire à la nature du comportement.
  10. Savoir distinguer inné vs acquis avec les exemples : marche automatique puis apprentissage vers 12 mois, langage présenté comme apprentissage pré-programmé pendant une période sensible.
  11. Savoir décrire l’analogie évolutionniste de l’apprentissage : variation du comportement, sélection par l’environnement via renforcements/conditionnement opérant, puis rétention par mécanismes neurobiologiques.
  12. Savoir vérifier l’apprentissage par observation d’un changement comportemental tout en connaissant les cas d’apprentissage non observable (langage interne) et l’importance du contexte favorable.
  13. Savoir définir et distinguer les niveaux d’analyse (organisme/comportements, circuits neuronaux/neurotransmetteurs, neurones) et expliquer pourquoi il faut intégrer les trois niveaux.
  14. Savoir définir le comportement (quoi, où, quand, comment, pourquoi) et distinguer description formelle (décomposition en unités) et description fonctionnelle (fonctions inférées).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les bases de l'apprentissage en psychologie et éthologie avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Comment l’apprentissage est-il défini en éthologie ?

2. Quelle séquence résume l’analogie évolutionniste de l’apprentissage ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les bases de l'apprentissage en psychologie et éthologie avec 24 flashcards interactives.

Apprentissage en psychologie — définition ?

Changement durable de la capacité à agir, dû à l’expérience.

Apprentissage en éthologie — définition ?

Modification durable du comportement liée à une expérience sensorielle passée.

Cause de l’apprentissage — rôle ?

Expérience environnementale modifiant le comportement.

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