Fiche de révision : Tajwid : règles de récitation

Plan du Cours

  1. Transmission et lectures du Coran
  2. Imams et rapporteurs des lectures
  3. Définition et statut du tajwid
  4. Lecture correcte et niveaux de récitation
  5. Fautes de récitation
  6. Istiadha et basmala
  7. Liaisons et arrêts entre sourates
  8. Emphase et amincissement
  9. Noun sakina et tanwin
  10. Règles du mim sakina
  11. Catégories du lam sakina
  12. Prolongations et lettres de mad
  13. Prolongations causées par hamza
  14. Prolongations causées par soukoun

1. Transmission et lectures du Coran

Notions clés & Définitions

  • Coran : Le Coran est la parole d’Allah révélée au prophète Muhammad par l’intermédiaire de l’ange Djibril.
  • At-tawatour : At-tawatour est la succession des transmissions de la révélation jusqu’aux générations actuelles.

★ À maîtriser

  • 🔄 La transmission suit cette chaîne :
    1. Allah révèle le Coran à Djibril
    2. Djibril le transmet au Prophète
    3. Le Prophète le transmet à ses compagnons
    4. Les compagnons le transmettent aux générations suivantes

Compléments

📌 Le Coran a été transmis oralement, par la récitation du Prophète aux compagnons, et par écrit, notamment lorsque Zayd Ibn Thabit écrivait la récitation du Prophète puis la lui relisait pour correction.

  • Le Prophète a récité le Coran de différentes manières pour tenir compte des dialectes de plusieurs régions et tribus, sans que le sens change.

Astuce mémo

Révélation à Djibril → Prophète → compagnons → générations suivantes

2. Imams et rapporteurs des lectures

★ À maîtriser

  • ‘Asim ibn Bahdalah Abu Anajud Abu Bakri al-Asadi était le chef des récitants à Kufa et l’un des sept lecteurs du Coran.

  • Hafs ibn Sulayman a reçu la récitation directement de ‘Asim et par son enseignement ; ‘Asim était son beau-père.

  • Nafi‘ ibn Abdur Rahman était l’imam des récitants à Médine et un imam en sciences coraniques et en langue arabe.

Compléments

  • ‘Asim est décédé en l’an 127 de l’Hégire.

  • Shu‘bah ibn ‘Ayash a récité le Coran tout entier à ‘Asim trois fois.

  • Nafi‘ est né à Asfahan en l’an 70 et décédé en l’an 169 de l’Hégire.

  • Qalun, surnom d’Issa ibn Wardan donné par Nafi‘, signifie « bon » et renvoie à la qualité de sa récitation.

  • Warsh, de son nom Othman ibn Sa‘id, est allé réciter devant Nafi‘ à Médine en l’an 155 de l’Hégire et a accompli quatre récitations complètes du Coran auprès de lui.

3. Définition et statut du tajwid

Notions clés & Définitions

  • Tajwid : Le tajwid est la sortie de chaque lettre par son point d’articulation en lui donnant son droit et son dû.

★ À maîtriser

📌 Le droit d’une lettre correspond à ses caractéristiques constantes, qui ne la quittent jamais, tandis que son dû correspond à ses caractéristiques non constantes, qui peuvent être présentes ou absentes.

📌 En pratique, la récitation correcte est obligatoire pour tous, tandis que l’apprentissage théorique des règles incombe à quelques personnes afin qu’elles puissent les enseigner.

Compléments

  • Au niveau pratique, le fondateur du tajwid est le Prophète, qui l’a reçu de Djibril, lequel l’a reçu d’Allah.

Astuce mémo

Pratique obligatoire pour tous ; théorie à connaître par quelques personnes

4. Lecture correcte et niveaux de récitation

★ À maîtriser

  • Une lecture correcte repose sur trois piliers :

    • La conformité aux dialectes de la langue arabe
    • La conformité à l’écriture du mushaf d’Othman Ibn Affan
    • L’authenticité de la chaîne de transmission remontant au Prophète
  • At-tahqiq est une récitation lente et sereine qui donne à chaque lettre son droit et son dû.

  • Al-hadr est une récitation rapide qui respecte les règles du tajwid.

  • At-tartil est une lecture du Coran avec compréhension et méditation ; il englobe les trois types de récitation sans constituer un niveau particulier.

Compléments

📌 At-tadwir est une récitation à vitesse moyenne, entre la lecture sereine et la lecture dynamique.

Astuce mémo

Tahqiq lent, hadr rapide, tadwir intermédiaire ; tartil les englobe sans être un niveau

5. Fautes de récitation

Notions clés & Définitions

  • Faute de récitation : Une faute de récitation est une déviation de la bonne prononciation du Coran.

★ À maîtriser

  • La faute évidente, ou al-lahn al-jali, affecte les mots et contredit les règles de la langue ; elle peut modifier ou non le sens du verset et peut être reconnue par les spécialistes comme par les non-initiés.

  • Commettre délibérément une faute évidente est interdit par consensus, tandis que l’oubli ou l’ignorance non négligente n’entraîne pas de péché ; négliger d’apprendre une règle que l’on ignore entraîne un péché.

  • La faute subtile, ou al-lahn al-khafi, contredit les règles de récitation sans changer le sens et n’est reconnue que par les spécialistes du tajwid.

Compléments

  • Oublier la qalqala, raccourcir une prolongation ou affiner ou épaissir incorrectement un son sont des exemples de faute subtile.

Astuce mémo

Jali se remarque même aux non-initiés ; khafi est reconnu par les spécialistes

6. Istiadha et basmala

Notions clés & Définitions

  • Istiadha : L’istiadha est la demande de refuge et de protection auprès d’Allah contre Satan le maudit.
  • Basmala : La basmala désigne la formule « Bismillah ar-Rahman ar-Rahim », qui signifie « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ».

★ À maîtriser

📌 Les savants divergent sur le statut de l’istiadha: certains la jugent obligatoire, tandis que la majorité des savants et des récitants la recommandent, avis retenu.

📌 La basmala est récitée au début de chaque sourate sauf At-Tawba, tandis qu’au milieu d’une sourate elle est recommandée et le récitant peut choisir de la dire ou non.

Compléments

  • À voix haute, l’istiadha est prononcée lorsque quelqu’un écoute le récitant ou lorsque celui-ci commence la lecture dans un groupe.

  • À voix basse, l’istiadha est prononcée si le récitant lit seul sans auditeur, s’il ne commence pas la lecture du groupe, s’il lit à voix basse seul ou accompagné, ou s’il prie comme imam, derrière l’imam ou seul.

7. Liaisons et arrêts entre sourates

★ À maîtriser

  • Quatre méthodes sont permises au début des autres sourates :

    • S’arrêter après l’istiadha, puis après la basmala
    • S’arrêter après l’istiadha et lier la basmala au début de la sourate
    • Lier l’istiadha à la basmala, s’arrêter sur la basmala, puis commencer la sourate
    • Lier l’istiadha, la basmala et le début de la sourate
  • Au début d’At-Tawba, sans basmala, deux méthodes sont permises : s’arrêter après l’istiadha avant de commencer la sourate, ou lier l’istiadha au début de la sourate.

📌 Le waqf est un arrêt suffisamment long pour respirer avec l’intention de reprendre ; le sakt est un arrêt plus court sans respiration avec l’intention de reprendre ; le qat‘ est un arrêt avec l’intention de cesser la lecture.

  • Entre Al-Anfal et At-Tawba, sans basmala, trois méthodes sont permises : le waqf avec respiration, le sakt sans respiration, ou la liaison avec substitution (iqlab).

  • Hafs compte six silences dans le Coran : quatre obligatoires et deux permis.

  • Trois méthodes sont permises entre deux sourates :

    • S’arrêter après la première sourate et après la basmala
    • S’arrêter après la première sourate puis lier la basmala au début de la suivante
    • Lier la fin de la première sourate à la basmala et au début de la suivante

Compléments

  • Les quatre silences obligatoires de Hafs sont en :

    • Al-Kahf 18:1
    • Ya-Sin 36:52
    • Al-Qiyama 75:27
    • Al-Mutaffifin 83:14
  • Les deux silences permis sont celui entre Al-Anfal et At-Tawba, et celui sur le hā’ de « māliya halaka » en Al-Haqqah, où sont aussi possibles l’assimilation de lettres identiques ou le waqf.

📌 Il est interdit de lier la fin d’une sourate à la basmala puis de s’arrêter sur la basmala, car celle-ci est destinée au début de la sourate suivante et non à la fin de la précédente.

📌 Entre les sourates, Warsh dispose de cinq méthodes, soit les trois méthodes permises communes auxquelles s’ajoutent le sakt et la liaison sans basmala ; Qalun suit les méthodes de Hafs.

  • Les méthodes indiquées sont au nombre de douze au début d’Al-Imran et de neuf entre Al-Baqarah et Al-Imran ; pour Warsh, il y en a quinze entre Al-Baqarah et Al-Imran.

8. Emphase et amincissement

★ À maîtriser

📌 Tafkhim et tarqiq sont des caractéristiques non constantes : une lettre peut être emphatisée ou amincie selon les règles applicables.

  • Les sept lettres toujours emphatiques sont خ، ص، ض، غ، ط، ق، ظ, réunies dans la formule « خُصَّ ضَغْطٍ قِظْ ».

📌 Le lām est aminci sauf dans le nom d’Allah, où il est emphatique après une fatha ou une damma et aminci après une kasra.

Compléments

  • Le rā’ est toujours emphatique avec une fatha ou une damma, ou avec un sukūn précédé d’une fatha ou d’une damma, directement ou après une lettre sakin elle-même précédée de l’une de ces voyelles.

  • Le rā’ est toujours aminci avec une kasra, avec un sukūn précédé d’une kasra, ou avec un sukūn précédé d’un yā’ ou d’une lettre de mad lin.

  • L’alif prend l’emphase après une lettre emphatique et l’amincissement après une lettre amincie.

  • Les dix-neuf lettres toujours amincies sont ء، ي، و، ه، ن، م، ك، ف، ع، ش، س، ز، ذ، د، ح، ج، ث، ت et ب.

9. Noun sakina et tanwin

Notions clés & Définitions

  • Noun sakina : Le noun sakina est une lettre nūn dépourvue des trois voyelles, stable à l’écrit et à la prononciation, présente dans les noms, les verbes et les particules, au milieu ou à la fin d’un mot.
  • Tanwin : Le tanwin est un nūn sakina ajouté à la structure du mot, prononcé en fin de mot en liaison mais absent à l’écrit et à l’arrêt, et présent normalement dans les noms.
  • Idhar : L’idhar est la prononciation claire du nūn sakina ou du tanwin devant l’une des six lettres gutturales : hamza, hā’, ‘ayn, hā’, ghayn et khā’.
  • Idgham : L’idgham est l’insertion d’une lettre sakin dans une lettre vocalisée pour former une seule lettre accentuée du même genre que la seconde.
  • Iqlab : L’iqlab transforme le nūn sakina ou le tanwin en mīm dissimulé devant la lettre bā’, avec une nasalisation complète.
  • Ikhfa haqiqi : L’ikhfa haqiqi dissimule le nūn sakina ou le tanwin avec nasalisation, selon une articulation intermédiaire entre l’idhar et l’idgham, devant les quinze lettres restantes après exclusion des lettres de l’idhar, de l’idgham et de l’iqlab.

★ À maîtriser

  • Les six lettres de l’idgham sont réunies dans « Yarmalun » : ي، ر، م، ل، و، ن ; l’assimilation se fait avec nasalisation pour ي، ن، م، و et sans nasalisation pour ر، ل.

Compléments

  • Les exceptions mentionnées au tanwin sont :

    • Les deux verbes « wa-layakūnan » et « wa-lanasfa‘an »
    • La particule « idhan »
    • Le nom « ka’ayyin » écrit avec un nūn visible
  • 🔄 L’iqlab se réalise en trois étapes :

    1. Remplacer oralement le nūn sakina ou le tanwin par un mīm sans modifier l’écriture
    2. Dissimuler le mīm devant le bā’
    3. Prononcer avec une nasalisation complète de deux temps

10. Règles du mim sakina

★ À maîtriser

  • Les trois règles du mim sakina sont :
    • L’ikhfa shafawi
    • L’idgham shafawi
    • L’idhar shafawi

📌 L’ikhfa shafawi concerne le mīm sakina devant un bā’ et se prononce entre la clarification et l’assimilation, sans accentuation et avec nasalisation complète.

📌 L’idgham shafawi insère un mīm sakina dans un mīm vocalisé pour produire un seul mīm accentué.

Compléments

📌 L’idhar shafawi prononce clairement le mīm sakina sans nasalisation complète ni accentuation devant les vingt-six lettres autres que mīm et bā’.

11. Catégories du lam sakina

Notions clés & Définitions

  • Lam de définition : Le lām de définition est un lām sakin ajouté au début d’un nom indéfini pour le rendre défini, précédé à la prononciation d’une hamza de liaison portant une fatha.
  • Lam du verbe : Le lām du verbe est un lām sakin originel qui se trouve dans les verbes au passé, au présent ou à l’impératif, au milieu ou à la fin du verbe.
  • Lam de particule : Le lām de particule est un lām sakin originel présent dans les particules « hal » et « bal ».
  • Lam de l’impératif : Le lām de l’impératif est un lām sakin ajouté à un verbe au présent pour le transformer en impératif, à condition d’être précédé de fā’, thumma ou wāw.

Points essentiels

  • Le lām sakina se répartit en cinq catégories :
    • Lām de définition
    • Lām du verbe
    • Lām de particule
    • Lām du nom
    • Lām de l’impératif

12. Prolongations et lettres de mad

Notions clés & Définitions

  • Mad : Le mad est l’allongement du son d’une lettre de prolongation ou d’une lettre de lyn au-delà de deux temps, en raison d’une hamza ou d’un sukūn.
  • Qasr : Le qasr est la stabilisation de la lettre de prolongation sans augmentation ni diminution au-delà de deux temps, en l’absence de hamza et de sukūn.

★ À maîtriser

  • Les lettres de prolongation sont alif, wāw et yā’, chacune étant sakin et précédée de sa voyelle correspondante : alif après fatha, wāw après damma et yā’ après kasra.

📌 Le mad tabi‘i est une prolongation naturelle obligatoire de deux temps, intégrée au mot, sans hamza avant la lettre de mad ni hamza ou sukūn après elle.

📌 Le mad far‘i est une prolongation supplémentaire au mad naturel, causée par la présence d’une hamza ou d’un sukūn.

Compléments

  • Les lettres de lyn sont wāw et yā’ sakin précédés d’une fatha ; l’alif satisfait à la fois la condition d’une lettre de mad et celle d’une lettre de lyn.

Astuce mémo

Mad tabi‘i : 2 temps sans hamza ni soukoun ; mad far‘i : hamza ou soukoun

13. Prolongations causées par hamza

Notions clés & Définitions

  • Mad wajib muttasil : Le mad wajib muttasil se produit lorsqu’une lettre de prolongation est suivie d’une hamza dans le même mot et doit être allongée au-delà du mad tabi‘i.
  • Mad jaiz munfasil : Le mad jaiz munfasil se produit lorsque la lettre de prolongation est à la fin d’un mot et la hamza au début du mot suivant.
  • Mad badal : Le mad badal se produit lorsque la hamza précède la lettre de prolongation, et sa durée est de deux temps pour Hafs et Qalun.

Points essentiels

  • Pour Hafs, le mad wajib muttasil dure quatre ou cinq temps en liaison et à l’arrêt, et quatre, cinq ou six temps à l’arrêt lorsque la hamza est en fin de mot.

  • Pour Warsh, le mad wajib muttasil dure six temps, à l’arrêt comme en liaison, quelle que soit la position de la hamza dans le mot.

  • Pour Hafs, le mad jaiz munfasil dure quatre ou cinq temps selon la voie de Chatibiya et peut durer deux temps selon la voie de Tayib nachr.

  • Pour Qalun, le mad jaiz munfasil peut être raccourci à deux temps ou prolongé à quatre temps.

  • Pour Warsh, le mad jaiz munfasil est prolongé au maximum à six temps.

  • Pour Warsh, le mad badal peut être raccourci à deux temps, moyen à quatre temps ou maximal à six temps.

  • Qasr désigne deux temps, tawassut quatre ou cinq temps, et ishba‘ six temps.

14. Prolongations causées par soukoun

Notions clés & Définitions

  • Mad ‘arid li-sukun : Le mad ‘arid li-sukun se produit lorsqu’une lettre de prolongation est suivie d’un sukūn dû à l’arrêt ; il n’y a pas de prolongation supplémentaire en liaison et la durée à l’arrêt peut être de deux, quatre ou six temps.
  • Mad lazim : Le mad lazim se produit lorsqu’une prolongation est suivie d’un sukūn originel stable en liaison et à l’arrêt, dans un mot ou une lettre, et dure six temps pour tous les lecteurs.
  • Mad layn ‘arid li-sukun : Le mad layn ‘arid li-sukun se produit lorsqu’une lettre de lyn est suivie d’un sukūn apparaissant à l’arrêt ; deux écoles indiquent des durées de deux, quatre ou six temps, ou de un temps et demi, quatre ou six temps.

Points essentiels

📌 Le mad lazim kalimi se trouve dans un mot, tandis que le mad lazim harfi se trouve dans les lettres découpées et comporte une prolongation ou une lettre de lyn suivie d’un sukūn originel.

  • Les lettres du mad lazim harfi sont réunies dans la formule « نَقَصَ عَسَلُكُمْ ».

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Tajwid : règles de récitation avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel enchaînement décrit la transmission du Coran depuis sa révélation jusqu’aux générations suivantes ?

2. Comment la transmission écrite du Coran par Zayd Ibn Thabit était-elle vérifiée ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Tajwid : règles de récitation avec 10 flashcards interactives.

Qu’est-ce que le Coran selon sa définition ?

La parole d’Allah révélée au prophète Muhammad par l’intermédiaire de l’ange Djibril.

Qu’est-ce qu’at-tawatour dans la transmission du Coran ?

La succession des transmissions de la révélation jusqu’aux générations actuelles.

Qui était ‘Asim ibn Bahdalah Abu Anajud Abu Bakri al-Asadi à Kufa ?

Le chef des récitants à Kufa.

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