Fiche de révision : Règles de tajwid des lettres

Plan du Cours

  1. Transmission et traditions de récitation
  2. Lecteurs et chaînes de transmission
  3. Les sept modes de révélation
  4. Définition et statut du Tajwid
  5. Piliers et niveaux de lecture
  6. Les fautes de récitation
  7. Isti'adha et Basmala
  8. Lecture de la sourate At-Tawba
  9. Enchaînement entre sourates
  10. Lettres emphatiques et amincies
  11. Règles du ra
  12. Noun sakina et tanwin
  13. Assimilation du noun et tanwin
  14. Exceptions à l’assimilation
  15. Substitution et dissimulation réelle
  16. Règles de la mim sakina
  17. Ghounna et qalqalah
  18. Catégories du lâm sakina

1. Transmission et traditions de récitation

★ À maîtriser

  • La récitation du Coran est transmise oralement de maître en maître jusqu’au Prophète, qui l’a apprise de Gabriel, lequel l’a reçue du Seigneur.

  • Le Tajwid s’appuie sur la langue arabe et la récitation dans le dialecte jugé le plus éloquent, celui de Quraysh, associé à la langue du Prophète.

Compléments

  • Parmi les compagnons transmetteurs figurent :

    • Ubay ibn Ka'b
    • Abdallah ibn Mas'oud
    • Zayd ibn Thabit
  • Dix variantes de récitation du Coran ont été authentifiées.

  • Le Tajwid vise à faciliter et à embellir la récitation, conformément aux paroles rapportées : « Ornez le Coran de vos voix » (Ibn Hibban et Al-Hakim) et « Il n'est pas des nôtres celui qui ne psalmodie pas le Coran » (Al-Bukhari).

2. Lecteurs et chaînes de transmission

Notions clés & Définitions

  • Imam Assim : L’imam Assim ibn Abi Noujoud, imam de Koufa et l’un des sept lecteurs, était un successeur des compagnons réputé pour son éloquence et sa maîtrise de la récitation.
  • Imam Nafi' : L’imam Nafi' al-Madani est l’un des dix lecteurs du Coran et l’imam des lecteurs à Médine.

★ À maîtriser

  • Les deux rapporteurs célèbres de l’imam Assim sont Chou'bah et Hafs.

  • Les deux principaux rapporteurs de Nafi' sont Qalun et Warsh.

Compléments

  • Assim a appris oralement auprès d'Abu Abderrahman Assoulami et de Zirr ibn Hubaysh.

  • Assim est décédé à la fin de l'année 127 et a été enterré à Samâwa, en direction de la Syrie.

  • Chou'bah est né en 95 et est décédé en 193 ou 194 de l’Hégire.

  • Hafs est né en 90 de l’Hégire et est décédé en 180.

📌 Ash-Shatibi préférait Chou'bah pour son savoir en science des lectures, tandis qu'Abu 'Amr ad-Dani préférait Hafs pour sa précision dans la lecture de Assim.

  • La Châṭibiyya, composée par Muhammad Abu Qasim al-Châtibi sur la base d’Al-Taysir d’Abu ‘Amr al-Dani, compte 1173 vers rimant en « lam » et présente sept lecteurs avec deux narrateurs chacun, soit 14 voies. - Imam al-Châtibi, Al-Châtibiyya

  • Dans Ad-Dourra, Ibn Al-Jazari a ajouté les lectures de Khalaf, Ya'qub et Abu Ja'far, portant à dix le nombre de lectures reconnues.

  • Nafi' ibn Abd al-Rahman ibn Abi Nu'aym al-Laythi al-Kinani est né en 70 H à Ispahan et est mort en 169 H à Médine.

  • Parmi les élèves de Nafi' figurent :

    • Qalun
    • Warsh
    • Ibn Jammaz
    • Isma'il ibn Ja'far
    • Ibn Wardan
    • Ishaq ibn Muhammad al-Musayyabi
  • Qalun est né en 120 H, a appris la récitation de Nafi' en 150 H et est décédé avant 220 H.

  • Warsh est né en 110 H en Égypte, a étudié auprès de Nafi' en 155 H, a achevé quatre lectures complètes sous sa supervision et est mort en 197 H à 87 ans.

  • La lecture de Qalun est utilisée au nord du Tchad, à l’est de la Tunisie et en Libye, tandis que celle de Warsh est utilisée notamment en Algérie, au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc.

3. Les sept modes de révélation

★ À maîtriser

📌 Les sept modes de récitation (al-Ahruf al-Sab'ah) ne sont pas les sept lectures (al-Qira'at as-Sab') : les premières désignent, selon l’avis majoritaire rapporté, des modes de révélation destinés à faciliter la récitation, tandis que les secondes sont des variantes de la version unifiée sous Othman.

  • L’avis majoritaire présenté définit les sept modes comme des dialectes arabes permettant d’exprimer un même sens et de faciliter la lecture aux tribus arabes.

Compléments

  • Les sept tribus citées par Zarkashi sont :

    • Quraysh
    • Hudhayl
    • Tamim
    • Azd
    • Rabi'a
    • Hawazin
    • Sa'd ibn Bakr
  • Les différences des sept modes portent sur :

    • les noms
    • les formes verbales
    • l’analyse grammaticale
    • les omissions et les ajouts
    • l’ordre des mots
    • les substitutions
    • les dialectes ou prononciations
  • Othman a réuni la communauté sur une version du Coran fondée sur le dialecte de Quraysh, après que la récitation s’est répandue et que des non-Arabes ont rejoint l’islam.

  • Parmi les compagnons transmetteurs figurent :

    • Ubay
    • Ali
    • Zayd ibn Thabit
    • Ibn Mas'ud
    • Abu Musa al-Ash'ari

4. Définition et statut du Tajwid

Notions clés & Définitions

  • Tajwid : Le Tajwid signifie linguistiquement l’embellissement et, en terminologie, consiste à prononcer chaque lettre depuis son point d’articulation en lui donnant son droit et son dû.

★ À maîtriser

📌 Le droit de la lettre (haq al-harf) désigne ses caractéristiques constantes et inséparables, comme le jahr et l’isti'la, tandis que son dû (mustahaq al-harf) désigne ses caractéristiques non constantes, comme le tafkhim et le tarqiq.

  • La science du Tajwid est une obligation communautaire (fard kifaya), tandis que son application pratique est une obligation individuelle (fard 'ayn).

Compléments

  • Le Tajwid porte sur les mots du Coran, auxquels certains ajoutent les hadiths du Prophète, considérés par eux comme une forme de révélation.

  • La maîtrise pratique du Tajwid repose sur : la connaissance des points d’articulation des lettres, la connaissance des caractéristiques des lettres, la connaissance des règles dérivées de la composition, l’exercice de la langue et la répétition fréquente

  • Au niveau pratique, la transmission du Tajwid remonte au Prophète, qui l’a reçu par révélation de Gabriel, puis transmis aux compagnons et aux générations suivantes par une chaîne mutawatir.

  • Les règles du Tajwid comprennent notamment :

    • le madd
    • le qasr
    • les règles de la noun sakina
    • les règles du tanwin
  • Les attributions de la formalisation théorique mentionnent :

    • Al-Khalil ibn Ahmad al-Farahidi
    • Abu al-Aswad al-Du'ali
    • Abu Ubayd al-Qasim ibn Salam
    • les imams de la lecture et de la langue arabe

5. Piliers et niveaux de lecture

Notions clés & Définitions

  • Tartil : Le Tartil est une caractéristique de la récitation conforme aux règles, applicable aux niveaux Tahqiq, Hadr et Tadwir, et consiste à bien prononcer les lettres et à connaître les pauses appropriées.

★ À maîtriser

  • Les trois piliers d’une lecture correcte sont :
    • la conformité à un aspect de la langue arabe
    • la conformité à l’orthographe uthmanienne
    • l’authenticité de la chaîne de transmission

📌 Les trois niveaux de lecture sont le Tahqiq, lecture calme et précise adaptée à l’enseignement, le Hadr, lecture rapide respectant les règles, et le Tadwir, niveau intermédiaire entre les deux.

Compléments

  • Le mot « ضعف » peut se lire avec une fatha sur la lettre ḍād ou avec une damma sur cette lettre, ces deux formes étant citées comme conformes à la langue arabe.

  • Dans l’orthographe uthmanienne, « ملك يوم الدين » sans alif et « مالك يوم الدين » avec alif sont tous deux présentés comme possibles.

  • La chaîne de transmission authentique suppose que le lecteur ait appris auprès d’un maître qualifié, sans erreur de lecture, par une chaîne ininterrompue remontant au Prophète.

  • En Hadr, le lecteur doit éviter :

    • de couper les lettres de prolongation
    • de perdre le son de la nasalisation
    • d’omettre les voyelles des lettres

Astuce mémo

Tahqiq pose la lecture, Hadr l’accélère, Tadwir se place entre les deux.

6. Les fautes de récitation

Notions clés & Définitions

  • Faute de récitation : La faute de récitation est une déviation de la bonne prononciation du Coran.

★ À maîtriser

📌 La faute évidente (lahn jali) affecte les mots et enfreint les règles de la langue ; elle peut changer ou non le sens et peut être reconnue par les spécialistes comme par les non-initiés, tandis que la faute subtile (lahn khafi) enfreint les règles de récitation sans changer le sens et n’est reconnue que par les spécialistes du Tajwid.

📌 La faute évidente commise exprès est interdite par consensus ; commise par oubli ou ignorance, elle n’entraîne pas de péché, mais négliger d’apprendre une règle par ignorance est péché.

Compléments

  • La faute évidente peut porter sur :

    • les mots
    • les voyelles
    • les lettres
  • Des exemples de faute subtile sont :

    • oublier la qalqalah
    • raccourcir une prolongation
    • raccourcir des voyelles
    • amincir les sons
    • emphatiser les sons

📌 Pour la faute subtile, les avis divergent entre interdiction et caractère détestable ; la commettre exprès ou négliger son apprentissage par légèreté est interdit, tandis qu’une faute involontaire est détestable sans entraîner de péché.

Astuce mémo

Jali se voit aussi des non-initiés ; khafi se reconnaît par les spécialistes du Tajwid.

7. Isti'adha et Basmala

Notions clés & Définitions

  • Isti'adha : L’isti'adha consiste à chercher refuge et protection auprès d’Allah contre Satan le maudit ; linguistiquement, elle signifie demander protection et refuge.
  • Basmala : La basmala est le nom dérivé du verbe basmala, qui signifie dire « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ».

★ À maîtriser

📌 Les savants divergent sur le statut de l’isti'adha : certains la jugent obligatoire en s’appuyant sur le verset 16:98, tandis que la majorité la considère recommandée et estime que son omission n’entraîne pas de péché.

📌 Au début d’une sourate, la basmala est obligatoire pour tous les lecteurs sauf pour At-Tawbah, où elle est absente ; au milieu d’une sourate, elle est recommandée et le lecteur peut la dire ou l’omettre.

  • Au début d’une sourate autre qu’At-Tawbah, quatre enchaînements entre l’isti'adha, la basmala et la sourate sont permis.

Compléments

  • La formule d’isti'adha choisie par tous les lecteurs est « أعوذ بالله من الشيطان الرجيم » ; d’autres formulations ajoutent les attributs « al-samī‘ al-‘alīm ».

  • L’isti'adha se récite à voix haute lorsque le lecteur lit à voix haute devant un auditeur ou commence la lecture en premier dans un groupe.

  • L’isti'adha se récite à voix basse lorsque : le lecteur lit à voix haute sans auditeur, le lecteur n’est pas le premier à lire dans un groupe, le lecteur lit à voix basse seul ou en groupe, le lecteur prie comme imam, derrière un imam ou seul

  • Les raisons avancées pour réciter la basmala au début d’une sourate sont : suivre la graphie du Mushaf, suivre la Sunna, rechercher la bénédiction du Nom d’Allah, respecter la graphie du Mushaf telle qu’elle a été établie

  • Entre deux sourates, les lecteurs divergent sur la récitation de la basmala ; entre les parties d’une sourate, le lecteur peut la réciter ou l’omettre sans divergence entre les lecteurs.

  • Si le lecteur omet la basmala entre les parties d’une sourate, il peut séparer l’isti'adha du début du verset ou la relier directement au verset.

  • Lorsque le verset commence par le nom ou un attribut d’Allah ou du Prophète, ou par une description du Paradis ou des croyants, la récitation sans basmala doit soit s’arrêter après l’isti'adha, soit la relier au verset en modifiant légèrement la formule.

  • Il est interdit de relier l’isti'adha à la basmala et à un verset mentionnant Satan, les hypocrites ou les gens de l’Enfer, ainsi que de relier la basmala à un tel verset.

  • La basmala est unanimement reconnue comme une partie d’un verset de la sourate An-Naml et comme ne faisant pas partie des versets des autres sourates, tandis que son statut comme verset de la Fātiha fait l’objet d’une divergence.

  • Les Koufiens et les Mecquois comptent la basmala comme un verset de la Fātiha et ne divisent pas son dernier verset ; ceux qui ne la comptent pas comme verset divisent le dernier verset en deux parties.

  • Malgré leur divergence sur le statut de la basmala dans la Fātiha, les avis rapportés s’accordent à compter cette sourate en sept versets.

8. Lecture de la sourate At-Tawba

Notions clés & Définitions

  • Waqf : L’arrêt sur un mot coranique assez longtemps pour respirer, avec l’intention de reprendre la lecture et non de l’abandonner.
  • Sakt : Un arrêt plus bref que le waqf, sans respiration et avec l’intention de reprendre la lecture ; il est propre à l’enchaînement.
  • Qat‘ : L’arrêt à la fin d’un mot coranique avec l’intention de mettre fin à la lecture.

★ À maîtriser

  • La sourate At-Tawba se commence sans basmala, soit en s’arrêtant après l’isti‘adha, soit en reliant l’isti‘adha au début de la sourate.

  • Trois façons sans basmala sont permises :

    • waqf avec respiration
    • sakt sans respiration
    • wasl avec application de l’iqlāb

📌 Au milieu d’At-Tawba, les savants divergent : selon le premier avis, la basmala est permise et quatre façons sont possibles comme au début d’une sourate ; selon le second, la basmala est interdite et seules le waqf et le wasl de l’isti‘adha avec le verset sont permis.

📌 Entre une sourate située après At-Tawba dans l’ordre du muṣḥaf et At-Tawba, seul le waqf sans basmala est permis ; le wasl et le sakt sont interdits par consensus.

Compléments

📌 Il est recommandé de réciter la basmala au milieu d’At-Tawba si le lecteur la récite entre deux sourates, et de la délaisser s’il ne la récite pas entre deux sourates.

9. Enchaînement entre sourates

★ À maîtriser

  • Hafs compte six silences, quatre obligatoires et deux permis : silence obligatoire sur عِوَجَا dans Al-Kahf 18:1, silence obligatoire sur مﱠرْقَدِنَا dans Yā-Sīn 36:52, silence obligatoire sur من ۜراق dans Al-Qiyāma 75:27, silence obligatoire sur بَل ْۜرَان dans Al-Mutaffifīn 83:14, silence permis entre Al-Anfāl et At-Tawba, silence permis sur le هاء de مَالِيَهْ هَلَكَ dans Al-Ḥāqqa

  • Les manières entre deux sourates comprennent : séparer la fin de la première sourate, la basmala et le début de la seconde, arrêter à la fin de la première sourate puis relier la basmala au début de la seconde, relier la fin de la première sourate à la basmala et au début de la seconde, relier la fin de la première sourate à la basmala puis s’arrêter sur la basmala, ce qui est interdit

Compléments

  • Entre les sourates, Warsh dispose de cinq façons, soit les trois façons permises communes auxquelles s’ajoutent le sakt et la liaison sans basmala ; Qalun suit l’avis de Hafs.

📌 Dans le sens inverse, d’An-Nās vers Al-Fātiḥa, deux avis existent entre deux sourates autres qu’At-Tawba : trois façons comme dans le sens normal, ou deux façons imposant un arrêt après le dernier verset, puis soit un arrêt après la basmala, soit sa liaison au premier verset.

📌 Dans le sens inverse, lorsque la seconde sourate est At-Tawba, seul le waqf est permis : le lecteur s’arrête sur le verset de la sourate précédente puis commence At-Tawba.

10. Lettres emphatiques et amincies

Notions clés & Définitions

  • Tafkhīm : La prononciation grave d’une lettre, avec remontée du fond de la langue vers le palais et résonance qui remplit la bouche.
  • Tarqīq : La prononciation douce d’une lettre, avec abaissement de la langue et un son qui ne remplit pas la bouche de résonance.

★ À maîtriser

  • Les lettres se répartissent en quatre catégories :
    • lettres toujours emphatiques
    • lām et rā’ alternant selon les cas
    • alif suivant la lettre précédente
    • autres lettres toujours amincies

📌 L’alif ne possède pas de point d’articulation propre et suit l’emphase ou l’amincissement de la lettre qui le précède.

📌 Le lām du nom d’Allah est emphatique après une fatḥa ou une ḍamma, ainsi qu’au commencement ; il est aminci après une kasra ou un tanwīn provoquant la rencontre de deux sukūn.

Compléments

  • L’avis d’Ibn al-Jazarī distingue cinq degrés (l’Imam IBN AL DJAZARI) :

    • fatḥa suivie d’un alif
    • fatḥa sans alif
    • ḍamma
    • sukūn
    • kasra
  • Un autre avis distingue quatre degrés :

    • fatḥa suivie d’un alif
    • fatḥa sans alif ou sukūn précédé d’une fatḥa
    • ḍamma ou sukūn précédé d’une ḍamma
    • kasra ou sukūn précédé d’une kasra
  • L’emphase relative concerne ق، غ et خ dans les cas où ces lettres portent une kasra, sont sākin précédées d’une kasra, ou, pour غ et خ, sont sākin à l’arrêt après un yā’ de prolongation.

📌 Dans l’ikhfā’ réel, la ghunna prend l’emphase ou l’amincissement de la lettre dissimulée qui la suit ; les lettres خ et غ sont emphatiques mais appartiennent à l’iẓhār.

11. Règles du ra

★ À maîtriser

  • Le rā’ présente quatre catégories :

    • toujours emphatique
    • toujours aminci
    • alternant avec priorité à l’amincissement
    • alternant avec priorité à l’emphase
  • Le rā’ est toujours emphatique lorsqu’il porte une fatḥa ou une ḍamma, est sākin après une fatḥa ou une ḍamma, ou est sākin après une lettre sākin précédée d’une fatḥa ou d’une ḍamma.

  • Le rā’ est aminci lorsqu’il porte une kasra, est sākin après une kasra, ou est sākin après une lettre sākin précédée d’une kasra.

Compléments

📌 À l’arrêt, le rā’ de مِصْر est emphatique par priorité, tandis que celui de ٱلْقِطْر est aminci par priorité.

  • Le mot مِصْرًا conserve un rā’ emphatique à l’arrêt comme à la liaison, car le tanwīn y est remplacé à l’arrêt par un madd ‘iwaḍ et le rā’ reste maftūḥ.

  • Dans فِرْق, le rā’ alterne à la liaison entre emphase et amincissement avec priorité à l’amincissement, car il est sākin après une kasra et suivi d’une lettre emphatique portant une kasra.

12. Noun sakina et tanwin

Notions clés & Définitions

  • Noun sakina : Une lettre ن dépourvue de fatḥa, ḍamma et kasra, portant un sukūn ; elle est stable à l’arrêt et à la liaison, à l’écrit et à l’oral, apparaît dans les noms, verbes et particules, et peut être au milieu ou à la fin d’un mot.
  • Tanwin : Une noun ajoutée à la structure du mot, stable à l’oral et à la liaison mais non à l’écrit ni à l’arrêt ; il se trouve à la fin des noms.
  • Iẓhār ḥalqī : La prononciation claire de la noun sakina ou du tanwīn depuis son point d’articulation, sans ghunna supplémentaire, devant ء، ه، ع، ح، غ ou خ.

★ À maîtriser

  • Les quatre règles sont :

    • iẓhār
    • idghām
    • iqlāb
    • ikhfā’
  • Les six lettres de l’iẓhār guttural sont ء، ه، ع، ح، غ et خ ; elles sortent de la gorge, contrairement au point d’articulation de la noun situé à la pointe de la langue.

Compléments

  • À l’arrêt, le tanwīn en ḍamma ou en kasra est supprimé, tandis que le tanwīn en fatḥa est remplacé par un madd ‘iwaḍ ; sur la tā’ marbūṭa portant un tanwīn, celui-ci est supprimé et la tā’ devient un hā’ sākin.

📌 Les lettres de prolongation alif, wāw et yā’, ainsi que les deux lettres de līn, ne suivent pas la noun sakina ni le tanwīn, afin d’éviter la rencontre de deux sukūn.

  • Les trois niveaux de l’iẓhār sont :
    • maximal avec ء et ه
    • moyen avec ع et ح
    • minimal avec غ et خ

📌 Selon Warsh, lorsque la hamza suit une noun sakina, sa voyelle est déplacée sur la noun et la hamza est supprimée ; Qalun suit l’avis de Hafs.

13. Assimilation du noun et tanwin

Notions clés & Définitions

  • Idghâm kâmil : L’idghâm kâmil est la disparition du corps de la lettre et de la caractéristique du noun ; sa règle d’origine est l’assimilation complète.
  • Idghâm nâqis : L’idghâm nâqis est la disparition de la partie linguale du noun avec maintien de sa caractéristique nasale, la ghounna ; ses deux lettres sont و et ي.

★ À maîtriser

  • Les lettres de l’idgham sont regroupées dans le mot يرملون.

  • L’idgham bi ghounna concerne les lettres réunies dans ينمو, tandis que l’idgham sans ghounna concerne ل et ر.

  • L’idgham du noun sakina ou du tanwin se produit normalement uniquement entre deux mots.

  • L’idghâm kâmil avec ghounna concerne ن et م, tandis que l’idghâm kâmil sans ghounna concerne ل et ر.

Compléments

  • La première lettre d’une assimilation est la lettre assimilée (harf moudgham) et la seconde est la lettre assimilante (harf moudgham fih).

📌 L’idghâm nâqis exige que le point d’articulation de la lettre assimilante accepte la ghounna et qu’aucune confusion ne soit possible.

  • La lettre ط n’est pas assimilée à ت, bien que le point d’articulation de ت accepte la caractéristique d’élévation, afin d’éviter une confusion entre les deux lettres.

  • L’idgham se réalise en deux étapes : transformer la première lettre en une lettre de même nature que la seconde, puis l’insérer dans la seconde pour obtenir une lettre doublée (mouchaddadah).

  • La raison générale de l’idgham est la légèreté et la facilité ; sa raison spécifique est la similitude du noun avec noun et le rapprochement du noun avec les autres lettres.

Astuce mémo

Kâmil efface corps et caractéristique ; nâqis conserve la ghounna.

14. Exceptions à l’assimilation

Notions clés & Définitions

  • Idhar moutlaq : L’idhar moutlaq est la clarification d’un noun sakina suivi de و ou ي dans un seul mot.
  • Idgham riwaya : L’idgham riwaya est appliqué même si les lettres ne forment pas deux mots, parce qu’elles sont rattachées dans l’écriture du moushaf mais séparées phonétiquement.

★ À maîtriser

  • Les quatre exceptions à l’idgham sont :
    • l’idhar moutlaq
    • l’idhar riwaya
    • l’idhar as-sakt
    • l’idgham riwaya

Compléments

  • L’idhar moutlaq concerne quatre mots du Coran et s’applique parce que la condition de l’idgham entre deux mots n’est pas remplie.

  • Il ne relève d’aucun de ces types d’idhar :

    • l’idhar halqi
    • l’idhar chafawi
    • l’idhar qamari
  • L’idhar riwaya chez Hafs et Qaloun est un idhar harfi : certains lecteurs clarifient ces lettres parce qu’elles sont séparées dans l’écriture, tandis que d’autres les assimilent parce que la condition des deux mots est remplie.

  • Pour Warsh, l’assimilation s’applique sans exception dans le cas évoqué ; la récitation de Warsh admet aussi deux façons, la clarification la plus répandue et l’assimilation.

📌 Chez Hafs, le sakt obligatoire empêche l’assimilation dans l’idhar as-sakt, tandis que Warsh et Qaloun appliquent l’idgham dans le cas mentionné.

15. Substitution et dissimulation réelle

Notions clés & Définitions

  • Iqlab : L’iqlab, ou substitution, transforme un noun sakina ou un tanwin en mim dissimulée devant ب, avec une ghounna complète de deux temps.
  • Ikhfa haqiqi : L’ikhfa haqiqi est la prononciation du noun sakina ou du tanwin entre clarification et assimilation, sans accentuation, avec maintien de la ghounna.

★ À maîtriser

  • L’iqlab concerne une seule lettre, ب, et peut se produire dans un mot ou entre deux mots.

  • 🔄 La substitution se déroule en trois étapes :

    1. Remplacer oralement le noun sakina ou le tanwin par une mim, sans changement à l’écrit.
    2. Dissimuler la mim devant ب.
    3. Prononcer une ghounna complète de deux temps.
  • Les quinze lettres de l’ikhfa haqiqi sont les lettres arabes restantes après retrait des lettres de l’idhar, de l’idgham et de l’iqlab.

📌 La ghounna de l’ikhfa haqiqi est emphatique devant ق، ظ، ط، ض et ص, et amincie devant les autres lettres de dissimulation.

📌 L’idgham se produit dans la lettre, s’accompagne d’une chadda dans sa forme complète et se réalise entre deux mots, tandis que l’ikhfa se réalise devant la lettre, sans chadda, dans un mot ou entre deux mots.

Compléments

  • La mim remplace le noun lors de l’iqlab parce que mim et ب partagent le même point de sortie et que mim et noun partagent notamment la ghounna.

  • L’iqlab évite la difficulté de prononcer ب avec les lèvres tout en produisant par la cavité nasale la ghounna du noun ou du tanwin.

  • L’ikhfa haqiqi se produit dans un mot ou entre deux mots, car le point d’articulation du noun n’est ni aussi éloigné que pour l’idhar ni aussi rapproché que pour l’idgham.

  • La ghounna de l’ikhfa suit la lettre qui vient après parce que la langue s’adapte à cette lettre à l’endroit même de la dissimulation.

  • Chez Hafs, l’ikhfa haqiqi est suspendu par le sakt obligatoire dans le mot عِوَجًا قَيِّما de la sourate al-Kahf, verset 1.

  • L’ikhfa est maximal devant les lettres les plus proches du point d’articulation du noun, minimal devant les lettres les plus éloignées et moyen devant les dix autres lettres d’ikhfa.

16. Règles de la mim sakina

Notions clés & Définitions

  • Mim sakina : La mim sakina est une lettre م dépourvue de fatha, kasra et damma ; elle reste stable à l’arrêt et en liaison, à l’écrit et à l’oral, et apparaît dans les noms, les verbes et les prépositions, au milieu ou à la fin du mot.
  • Ikhfa chafawi : L’ikhfa chafawi est la prononciation de la mim sakina entre clarification et assimilation, sans chadda, avec une ghounna complète devant ب.
  • Idgham chafawi : L’idgham chafawi insère une mim sakina dans une mim vocalisée pour produire une seule mim doublée et accentuée ; il s’agit d’un idgham moutamathilayn saghir.
  • Idhar chafawi : L’idhar chafawi est la prononciation claire de la mim sakina depuis son point de sortie, sans ghounna complète, arrêt, sakt ni chadda.

★ À maîtriser

📌 L’ikhfa chafawi concerne une seule lettre, ب, et ne se produit qu’entre deux mots.

Compléments

📌 La mim sakina peut être originelle dans le mot ou non originelle, comme la mim du pluriel.

  • Les lettres de prolongation et les lettres de lyn ne suivent jamais la mim sakina afin d’éviter la rencontre de deux soukoun.

  • La vocalisation permettant d’éviter deux sakines peut se faire : par kasra, règle de base chez Hafs, par fatha dans le cas indiqué de sourate Al-Imran reliée au nom majestueux d’Allah, par damma dans la mim du pluriel

  • La mim et ب sont homogènes dans l’ikhfa chafawi parce qu’elles partagent le même point de sortie, les lèvres.

📌 Dans l’ikhfa chafawi, le son de la mim disparaît partiellement et la ghounna est toujours amincie ; les savants divergent sur son statut entre clarification et dissimulation.

📌 L’idgham chafawi se produit normalement entre deux mots, avec une exception dans un mot au début des sourates lorsque les lettres séparées sont écrites.

  • Les deux mims de l’idgham moutamathilayn saghir ont le même nom, la même écriture, les mêmes caractéristiques et le même point d’articulation ; la première est sakina et la seconde vocalisée.

  • L’idhar chafawi concerne les vingt-six lettres restantes après exclusion de م et ب.

  • L’idhar chafawi est particulièrement renforcé devant و et ف : la mim n’est assimilée ni dans ف, car elle perdrait sa ghounna, ni dans و, pour éviter que l’auditeur confonde mim et noun.

17. Ghounna et qalqalah

Notions clés & Définitions

  • Ghounna : La ghounna est un son harmonieux attaché au noun et à la mim, produit par le khayshūm sans mouvement de la langue, et d’une durée de deux temps.
  • Qalqalah : La qalqalah est une vibration audible dans le son d’une lettre, produite par une agitation de son articulation.

★ À maîtriser

  • Les cinq lettres de la qalqalah sont ق، ط، ب، ج et د, regroupées dans l’expression قُطْبٌ جَدّ.

  • Selon Ibn al-Jazari, les degrés de qalqalah vont du plus fort au plus faible : lettre sakina accentuée à l’arrêt, lettre sakina non accentuée à l’arrêt, lettre sakina au milieu d’un mot ou d’un verset, lettre vocalisée par fatha, kasra ou damma

Compléments

  • Le khayshūm est le point d’articulation de la ghounna et se situe au fond du nez, à l’intérieur.

  • La ghounna est la seule caractéristique qui possède un point d’articulation spécifique et elle suit la lettre suivante, qu’elle soit emphatique ou légère.

  • La qalqalah est causée par la réunion de l’intensité ou blocage du son (a-chidda) et du blocage de l’air (al-jahr), qui provoque une pression puis une ouverture brusque de l’articulation.

  • L’imam Ibn al-Jazari considère la qalqalah comme une caractéristique constante (lâzima) qui ne se détache jamais de la lettre.

  • La qalqalah se produit lorsque les deux parties de l’organe articulatoire se heurtent puis se séparent brusquement, sans ouverture de la bouche, abaissement de la mâchoire ni rapprochement des lèvres.

📌 La qalqalah doit rester neutre, sans être prononcée avec une voyelle ni se terminer par une hamzah.

  • L’assimilation peut empêcher la qalqalah : dans قَد تَبَيَّن, د est assimilée dans ت par idgham kâmil, et dans بَسَطت, ط est assimilée dans ت par idgham nâqis.

📌 Lorsqu’une lettre de qalqalah rencontre un autre soukoun, le dal de l’exemple وَلَقَدِ ٱسْتُهْزِئ reçoit une kasra et son degré de qalqalah passe du troisième au quatrième.

📌 À l’arrêt avec le rawm sur une lettre de qalqalah, la lettre conserve une fraction de voyelle, comme la damma dans l’exemple ٱلْحِسَاب, ce qui modifie son degré de qalqalah.

18. Catégories du lâm sakina

Notions clés & Définitions

  • Lâm de définition : La lâm de définition est une lâm sakina ajoutée à la structure d’un mot pour définir un nom indéfini ; elle apparaît au début du mot et est précédée d’une hamzat wasl portant une fatha.
  • Lâm du verbe : La lâm du verbe est une lâm sakina originelle de la structure verbale, présente dans les verbes au passé, au présent ou à l’impératif, au milieu ou à la fin du verbe.
  • Lâm de l’impératif : La lâm de l’impératif est une lâm sakina ajoutée au début d’un verbe au présent pour le mettre à l’impératif, à condition que le verbe soit précédé de و, ف ou ثم.

★ À maîtriser

  • Le lâm sakina se divise en cinq catégories :
    • lâm de définition
    • lâm du verbe
    • lâm de préposition
    • lâm du nom
    • lâm de l’impératif

📌 La lâm de définition détachable suit l’idhar qamari devant quatorze lettres ou l’idgham chamsi devant quatorze lettres ; les lettres concernées sont regroupées dans des expressions du cours.

📌 La lâm du verbe est toujours clarifiée au milieu du verbe ; à la fin, elle est assimilée devant ل ou ر et clarifiée devant les vingt-six autres lettres.

  • La lâm du nom est originelle, se trouve au milieu du mot et suit toujours l’idhar moutlaq ; elle est le plus souvent précédée d’une hamza de coupure, mais pas toujours.

Compléments

  • Pour Warsh, lorsque la lâm de définition est suivie d’une hamza de coupure, comme dans اﻷَْرْض, la voyelle de la hamza passe sur le lâm sakina et la hamza est supprimée.

  • Dans l’étymologie présentée du nom Allah, إله reçoit ال, la hamza de coupure est supprimée pour alléger la prononciation, puis les deux lâm s’assimilent par similitude.

📌 La lâm de définition insérée dans ٱلْيَسَع est clarifiée chez Hafs lorsque le nom est considéré comme issu de يَسَع, tandis qu’elle est assimilée lorsque le nom est considéré comme issu de لَيْسَع.

  • La lâm du nom ne se place pas au début parce qu’elle est sakina, et ne se place pas à la fin parce que le nom arabe ne se termine pas par un soukoun.

📌 La lâm de l’impératif suit l’idhar moutlaq ; elle est sakina dans le Coran lorsqu’elle est précédée de و, ف ou ثم, et se commence par une kasra comme une hamzat wasl.

📌 La lâm du nom est originelle, médiane et propre aux noms, tandis que la lâm de l’impératif est ajoutée, initiale et associée au présent après و, ف ou ثم.

Tableaux de synthèse

Comparaison des assimilations du noun

TypeLettresGhounnaEffet
Kâmil bi ghounnaن، مPrésenteCorps et caractéristique disparaissent
Kâmil sans ghounnaل، رAbsenteCorps et caractéristique disparaissent
Nâqisو، يMaintenuePartie linguale disparaît

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