Fiche de révision : Statut pénal de l’enfant à naître

Plan du Cours

  1. Acte d’enfant sans vie
  2. Homicide involontaire et enfant à naître
  3. Jurisprudence de la Cour de cassation
  4. Résistance des juges du fond
  5. Critique du raisonnement pénal
  6. Protection européenne et interruption de grossesse

Repères chronologiques

  1. 30 juin 1999La Cour de cassation a refusé de considérer que l’enfant à naître pouvait bénéficier de la protection invoquée dans une affaire où un médecin avait confondu deux femmes.
  2. 2 décembre 2003La Cour de cassation a retenu la solution excluant l’homicide involontaire pour la mort d’un enfant à naître.
  3. 4 mai 2004La Cour de cassation a refusé d’appliquer l’homicide involontaire à une sage-femme dont la faute avait causé la mort d’un enfant qui n’était pas né vivant.
  4. 8 juillet 2004La Cour européenne des droits de l’homme a estimé que la question de la protection de l’enfant à naître dépendait de chaque État, de ses cultures et de ses valeurs, et qu’elle ne pouvait pas décider à la place d’un État.
  5. 27 juin 2006La Cour de cassation a refusé que le conducteur poursuivi pour l’homicide de la femme enceinte soit également poursuivi pour l’homicide involontaire de l’enfant mort-né qu’elle portait à 22 semaines.
  6. 4 février 2014Le tribunal correctionnel de Tarbes a condamné à trois ans d’emprisonnement avec sursis un automobiliste ayant provoqué la perte d’un bébé après un accident impliquant une femme enceinte de six mois.

1. Acte d’enfant sans vie

★ À maîtriser

  • L’acte d’enfant sans vie permet de constater la situation d’un enfant qui n’est pas né vivant et viable et accompagne le deuil des parents.

Compléments

  • L’acte peut mentionner notamment:
    • le prénom
    • le nom
    • le sexe
    • le lieu de naissance
    • la mort de l’enfant

2. Homicide involontaire et enfant à naître

Points essentiels

  • Selon la Cour de cassation, l’enfant à naître ne peut pas être la victime d’un homicide involontaire car il n’est pas encore né vivant et viable et ne possède donc pas la personnalité juridique.

  • L’article 221-6 du code pénal réprime l’homicide involontaire commis sur autrui.

  • Lorsqu’une mère accouche d’un enfant vivant et viable qui décède ensuite des lésions causées par un accident, l’homicide involontaire peut être retenu car l’enfant a acquis la personnalité juridique et constitue autrui.

Astuce mémo

Enfant né vivant et viable = « autrui » ; enfant à naître = pas « autrui » selon la Cour de cassation

3. Jurisprudence de la Cour de cassation

Points essentiels

  • Depuis la jurisprudence du 2 décembre 2003, les solutions de la Cour de cassation s’imposent aux juges du fond, qui comprennent notamment le tribunal judiciaire et les juridictions de première instance.

Astuce mémo

2 décembre 2003 → 4 mai 2004 → 27 juin 2006

4. Résistance des juges du fond

★ À maîtriser

  • Certains juges du fond ont résisté à la jurisprudence de la Cour de cassation en appliquant malgré tout l’article 221-6 à l’auteur d’un accident ayant entraîné la mort d’un enfant à naître.

Compléments

📌 La cour d’appel a infirmé le jugement du tribunal correctionnel de Tarbes en appliquant la jurisprudence de la Cour de cassation.

Astuce mémo

Accident mortel → qualification retenue en première instance → infirmation par la cour d’appel

5. Critique du raisonnement pénal

★ À maîtriser

📌 La jurisprudence critiquée subordonne la notion pénale d’autrui à la personnalité juridique définie par le droit civil.

📌 La Cour de cassation justifie son refus par le principe d’interprétation stricte de la loi pénale et considère que le terme autrui ne vise qu’un enfant né vivant et viable.

Compléments

📌 Le cours critique le refus de protéger l’enfant à naître en soulignant que les animaux et les végétaux ne sont pas titulaires de la personnalité juridique sans que cela exclue toute protection juridique.

📌 En droit civil, le principe de l’infans conceptus permet d’attribuer rétroactivement la personnalité juridique avant la naissance chaque fois que cela sert l’intérêt de l’enfant.

Astuce mémo

Droit civil et droit pénal : personnalité juridique d’un côté, autonomie de l’incrimination de l’autre

6. Protection européenne et interruption de grossesse

★ À maîtriser

📌 Le cours soutient que la reconnaissance de l’enfant à naître comme autrui serait compatible avec le maintien de l’interruption volontaire de grossesse prévue par les articles L. 2211-1 et suivants du code de la santé publique.

Compléments

📌 La Cour européenne des droits de l’homme a refusé de constater que la jurisprudence française constituait un manquement à l’obligation de protéger le droit à la vie garanti par l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Tableaux de synthèse

Enfant à naître et enfant né viable

SituationPersonnalité juridiqueHomicide involontaire
Enfant à naître ou mort-néNon retenue par la jurisprudence étudiéeNon retenu au titre de l’article 221-6
Enfant né vivant et viableAcquisePossible s’il décède des lésions de l’accident

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Statut pénal de l’enfant à naître avec 10 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle est la fonction principale de l’acte d’enfant sans vie ?

2. Qu'est-ce que l'acte d'enfant sans vie permet de constater ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Statut pénal de l’enfant à naître avec 11 flashcards interactives.

Quel est l'objectif principal de l'acte d'enfant sans vie ?

Constater la situation d'un enfant non né vivant et viable.

Acte d’enfant sans vie

Constat d'un enfant non né, accompagnant le deuil.

Quelles informations l'acte d'enfant sans vie peut-il mentionner ?

Le prénom, nom, sexe, lieu de naissance et mort de l'enfant.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches