QCM : Droit, morale et religion — 18 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel aspect distingue principalement la morale du droit concernant leur domaine d’application ?

La morale concerne les obligations patrimoniales, tandis que le droit concerne les comportements vertueux
La morale concerne aussi le for interne, tandis que le droit règle les rapports avec autrui
La morale règle les rapports avec autrui, tandis que le droit vise le perfectionnement intérieur
La morale dépend de sanctions publiques, tandis que le droit repose sur la conscience personnelle

La morale concerne aussi le for interne, tandis que le droit règle les rapports avec autrui

Explication

La morale porte à la fois sur les relations avec autrui et sur la conduite intérieure de la personne, alors que le droit relève du for externe. La confusion fréquente consiste à attribuer au droit la fonction de perfectionner intérieurement l’individu.

2. Que signifie la formule latine « suum cuique tribuere » appliquée à la justice ?

Rendre à chacun ce qui lui est dû
Favoriser les personnes qui manifestent le plus de vertu
Accorder à chacun davantage que ce qui lui revient
Suivre ses convictions personnelles dans chaque décision

Rendre à chacun ce qui lui est dû

Explication

La justice consiste à attribuer à chacun ce qui lui revient légitimement. Accorder davantage que ce qui est dû relève plutôt d’une démarche de charité que de la stricte justice.

3. Pourquoi la conduite en état d’ivresse peut-elle être interdite alors que l’alcoolisme n’est pas sanctionné en soi ?

Parce que la conduite peut menacer la vie ou la santé d’autrui
Parce que l’alcoolisme entraîne automatiquement une incapacité juridique
Parce que la loi sanctionne les habitudes personnelles indépendamment de leurs effets
Parce que toute consommation d’alcool constitue une atteinte à la morale publique

Parce que la conduite peut menacer la vie ou la santé d’autrui

Explication

L’interdiction se justifie par le risque concret que la conduite en état d’ivresse fait peser sur autrui. L’usage personnel d’alcool n’est pas, en lui-même, le fondement de cette sanction juridique.

4. Quelle distinction René Demogue établit-il entre l’obligation morale et l’obligation juridique ?

La première relève du for intérieur et la seconde du for extérieur
La première est sanctionnée par l’État et la seconde dépend de la conscience
La première concerne autrui et la seconde vise le perfectionnement personnel
La première appartient au droit positif et la seconde relève de la religion

La première relève du for intérieur et la seconde du for extérieur

Explication

René Demogue distingue l’obligation morale, qui relève du for intérieur, de l’obligation juridique, qui relève du for extérieur. Inverser ces deux domaines constitue la confusion principale sur cette distinction.

5. Quelle obligation le droit naturel peut-il reconnaître même en l’absence de sanction par le législateur ?

L’obligation de suivre une vertu destinée à son propre perfectionnement
L’obligation d’adopter les pratiques religieuses de la majorité
L’obligation de donner juridiquement à autrui ce qui lui est dû
L’obligation de respecter une règle dépourvue de tout rapport avec autrui

L’obligation de donner juridiquement à autrui ce qui lui est dû

Explication

Le droit naturel comprend des obligations juridiques envers autrui, même lorsqu’elles ne sont pas consacrées par le droit positif. L’exigence de perfectionnement personnel appartient plutôt à la morale qu’à cette dimension juridique.

6. Quel ouvrage Georges Ripert a-t-il consacré aux rapports entre droit et morale ?

La séparation des Églises et de l’État
Le Traité de droit naturel contemporain
Les notions fondamentales de droit privé
La règle morale dans les obligations civiles

La règle morale dans les obligations civiles

Explication

Georges Ripert a étudié ces rapports dans *La règle morale dans les obligations civiles*, publiée en 1949. *Les notions fondamentales de droit privé* est l’ouvrage associé à René Demogue.

7. Quelle réforme française la loi du 9 décembre 1905 a-t-elle instaurée ?

La séparation des Églises et de l’État
La liberté de manifester une religion en toute circonstance
La reconnaissance d’une religion officielle par l’État
L’inscription de la laïcité dans la Constitution de 1958

La séparation des Églises et de l’État

Explication

La loi du 9 décembre 1905 a instauré la séparation des Églises et de l’État en France. La consécration constitutionnelle de la République laïqu'appartient à l’article 2 de la Constitution de 1958.

8. Quelle formulation figure à l’article 2 de la Constitution française du 4 octobre 1958 ?

La France est une République indivisible, chrétienne, démocratique et libérale
La France est un État unitaire, neutre, parlementaire et confessionnel
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale
La France est une République fédérale, religieuse, démocratique et sociale

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Explication

L’article 2 qualifie la France de République indivisible, laïque, démocratique et sociale. La laïcité constitutionnelle distingue l’État des religions, sans faire de la France un État confessionnel.

9. Que protège l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme ?

La reconnaissance d’un statut familial identique pour toutes les confessions
La liberté de pensée, de conscience et de religion, ainsi que leur manifestation
Le pouvoir de l’État de fonder ses lois sur la religion majoritaire
L’obligation pour les religions d’organiser leurs pratiques dans la sphère privée

La liberté de pensée, de conscience et de religion, ainsi que leur manifestation

Explication

L’article 9 protège la liberté de pensée, de conscience et de religion, y compris leur manifestation individuelle ou collective, publique ou privée. La laïcité limite le fondement religieux du droit de l’État, mais ne supprime pas la liberté de manifester ses convictions.

10. Quelle décision la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a-t-elle rendue le 18 mars 2011 dans l’arrêt Lautsi c/Italie concernant les crucifix dans les salles de classe des écoles publiques ?

Elle a admis que leur présence n’était pas contraire au principe de laïcité.
Elle a limité leur présence aux établissements privés sous contrat.
Elle a exigé leur retrait au nom de la neutralité des établissements publics.
Elle a renvoyé la question aux autorités religieuses italiennes compétentes.

Elle a admis que leur présence n’était pas contraire au principe de laïcité.

Explication

La Grande Chambre a jugé que la présence de crucifix dans les salles de classe des écoles publiques italiennes ne méconnaissait pas le principe de laïcité. L’arrêt du 3 novembre 2009 avait adopté l’approche inverse, mais il a été écarté par la décision du 18 mars 2011.

11. Quelle affirmation décrit correctement la position adoptée le 4 décembre 2008 concernant les signes religieux dans les établissements scolaires ?

Leur port est incompatible avec la laïcité dès qu’il est visible dans un établissement scolaire public.
Leur port relève d’un choix individuel que les établissements scolaires ne peuvent pas encadrer.
Leur port n’est pas en soi incompatible avec la laïcité, mais peut être limité selon ses conditions et ses conséquences.
Leur port est autorisé lorsque le signe est associé à une pratique religieuse minoritaire.

Leur port n’est pas en soi incompatible avec la laïcité, mais peut être limité selon ses conditions et ses conséquences.

Explication

La Cour a considéré que le port de signes religieux n’était pas, par lui-même, incompatible avec la laïcité. Une interdiction peut toutefois être justifiée par les conditions concrètes du port et par ses conséquences.

12. Que précise l’arrêt Baby-Loup du 25 juin 2014 au sujet des convictions religieuses dans une association privée ?

Les associations privées sont soumises aux mêmes obligations de neutralité que les administrations.
Certaines manifestations religieuses peuvent être restreintes si les conditions applicables sont réunies.
Toute manifestation religieuse doit être admise dès lors que l’association est une personne privée.
Le licenciement fondé sur une conviction religieuse est valable sans justification particulière.

Certaines manifestations religieuses peuvent être restreintes si les conditions applicables sont réunies.

Explication

Dans l’affaire Baby-Loup, l’Assemblée plénière a admis qu’une association privée puisse restreindre certaines manifestations religieuses dans des conditions précises. La liberté religieuse reste le principe général et ne disparaît pas du seul fait de l’existence d’un règlement intérieur.

13. Comment les juges ont-ils traité le refus d’un salarié musulman de manipuler de la viande de porc dans l’exercice de son emploi ?

Ils ont imposé à l’employeur de réorganiser le service pour respecter sa conviction religieuse.
Ils ont donné raison à l’employeur qui refusait de le réaffecter à un autre poste.
Ils ont reconnu que toute tâche contraire à une croyance devait être retirée du contrat.
Ils ont considéré que la conviction religieuse rendait le licenciement automatiquement abusif.

Ils ont donné raison à l’employeur qui refusait de le réaffecter à un autre poste.

Explication

Les juges ont estimé que la conviction religieuse du salarié ne lui conférait pas un droit automatique à la réaffectation. L’employeur pouvait maintenir les exigences liées à l’emploi, notamment la manipulation de viande de porc.

14. Quelle distinction caractérise le pluralisme juridique et le pluralisme normatif chez Jean Carbonnier ?

Le pluralisme juridique diversifie les solutions de droit, tandis que le pluralisme normatif transfère le pouvoir d’interdire vers d’autres normes.
Le pluralisme juridique transfère l’interdiction vers les mœurs, tandis que le pluralisme normatif multiplie les procédures judiciaires.
Le pluralisme juridique concerne les croyances religieuses, tandis que le pluralisme normatif organise la neutralité des entreprises.
Le pluralisme juridique supprime les règles légales, tandis que le pluralisme normatif impose une solution juridique commune.

Le pluralisme juridique diversifie les solutions de droit, tandis que le pluralisme normatif transfère le pouvoir d’interdire vers d’autres normes.

Explication

Pour Jean Carbonnier, le pluralisme juridique renvoie à la diversité des solutions offertes par le droit, tandis que le pluralisme normatif déplace le pouvoir d’interdire vers les mœurs, l’éthique ou la religion. Ces deux notions décrivent donc des formes distinctes de désengagement du droit.

15. Pourquoi la loi du 11 juillet 1975 relative au divorce illustre-t-elle le pluralisme juridique ?

Elle a confié aux époux le pouvoir de définir librement les règles applicables à leur séparation.
Elle a retiré au droit la compétence de régler le divorce au profit des normes religieuses.
Elle a remplacé le divorce unique pour faute par six formes de divorce offrant plusieurs solutions juridiques.
Elle a supprimé la possibilité de divorcer par décision judiciaire dans toutes les situations.

Elle a remplacé le divorce unique pour faute par six formes de divorce offrant plusieurs solutions juridiques.

Explication

La loi de 1975 a multiplié les formes juridiquement reconnues du divorce, ce qui illustre la diversité des solutions proposées par le droit. Elle ne transférait pas le pouvoir d’interdire vers les mœurs, l’éthique ou la religion.

16. Que signifie le pluralisme normatif dans la conception de Jean Carbonnier ?

Il correspond au transfert du pouvoir d’interdire du droit vers les mœurs, l’éthique ou la religion.
Il décrit la multiplication des formes de divorce reconnues par la législation civile.
Il désigne la coexistence de plusieurs procédures judiciaires pour résoudre un même litige.
Il consiste à permettre aux tribunaux de choisir entre plusieurs interprétations d’une même loi.

Il correspond au transfert du pouvoir d’interdire du droit vers les mœurs, l’éthique ou la religion.

Explication

Le pluralisme normatif désigne le déplacement du pouvoir d’interdire hors du droit, vers les mœurs, l’éthique ou la religion. La multiplication des solutions juridiques, comme les différentes formes de divorce, relève plutôt du pluralisme juridique.

17. Quelle association entre la finalité et la tendance de chaque norme sociale est correcte ?

La religion vise Dieu et la vérité, la morale le bonheur et le bien, le droit la justice et l’équitable.
La religion vise Dieu et le bonheur, la morale la justice et le bien, le droit la vérité et l’équitable.
La religion vise le bonheur et le bien, la morale Dieu et la vérité, le droit la justice et l’équitable.
La religion vise la justice et l’équitable, la morale le bonheur et la vérité, le droit Dieu et le bien.

La religion vise Dieu et la vérité, la morale le bonheur et le bien, le droit la justice et l’équitable.

Explication

La religion se rapporte à Dieu et à la vérité, la morale au bonheur de la personne et au bien, tandis que le droit poursuit la justice et l’équité. La deuxième proposition permute notamment la finalité religieuse et la finalité morale.

18. Comment faut-il comprendre les rapports entre la religion, la morale et le droit dans la régulation sociale ?

Ce sont des normes concurrentes dont les recoupements empêchent toute distinction conceptuelle.
Ce sont des normes identiques dont les formulations varient selon les institutions sociales.
Ce sont des normes complémentaires dont les recoupements ne suppriment pas les différences.
Ce sont des normes indépendantes dont les recoupements n’ont aucune portée dans la vie collective.

Ce sont des normes complémentaires dont les recoupements ne suppriment pas les différences.

Explication

La religion, la morale et le droit contribuent de manière complémentaire à la régulation sociale, tout en conservant des finalités distinctes. La deuxième proposition confond le fait qu’elles puissent se recouper avec une absence de différences entre elles.

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Qu'est-ce que la morale selon la définition donnée ?

La morale est la science des comportements vertueux.

Sur quels rapports porte la morale ?

Sur les rapports avec autrui et avec soi-même.

Quelle est la vertu de justice ?

Rendre à chacun ce qui lui est dû.

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