QCM : Droit pénal général (22 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle succession décrit l’évolution historique du droit pénal ?

Vengeance privée, justice publique étatique, puis justice privée contrôlée
Vengeance privée, justice privée contrôlée, puis justice publique étatique
Justice privée contrôlée, justice publique étatique, puis vengeance privée
Justice publique étatique, vengeance privée, puis justice privée contrôlée

Vengeance privée, justice privée contrôlée, puis justice publique étatique

Explication

L’évolution historique passe de la vengeance privée à une justice privée progressivement contrôlée par un pouvoir central, puis à une justice publique dirigée par l’État. La justice publique n’intervient donc qu’à la dernière étape de cette évolution.

2. Dans la justice publique, quelle distinction faut-il établir entre la peine et l’indemnité ?

La peine et l’indemnité sont toutes deux prononcées au nom de la société
La peine et l’indemnité sont toutes deux versées à la victime après le jugement
La peine revient à la victime, tandis que l’indemnité est prononcée au nom de la société
La peine est infligée au nom de la société, tandis que l’indemnité revient à la victime

La peine est infligée au nom de la société, tandis que l’indemnité revient à la victime

Explication

La peine sanctionne l’auteur au nom de la société, alors que l’indemnité vise à réparer le préjudice subi par la victime. Confondre ces deux mesures revient à attribuer à la victime une fonction qui relève de la sanction publique.

3. Quel domaine relève principalement du droit pénal général ?

La définition détaillée de chaque infraction prévue dans les Livres II à V
L’organisation matérielle des enquêtes et le jugement des auteurs d’infractions
Les opinions des juristes concernant l’interprétation des règles pénales
Les règles communes relatives aux comportements punissables, aux sanctions et à la tentative

Les règles communes relatives aux comportements punissables, aux sanctions et à la tentative

Explication

Le droit pénal général étudie les règles communes applicables aux infractions, notamment la tentative, la complicité et les causes d’irresponsabilité pénale. La définition de chaque infraction relève du droit pénal spécial, et non du droit pénal général.

4. Quelle est la fonction du droit pénal spécial ?

Établir les règles communes applicables à la tentative et à la complicité
Décrire les opinions doctrinales relatives aux sanctions pénales
Définir chacune des infractions pénales dans les Livres II à V du Code pénal
Organiser la recherche des infractions et le jugement de leurs auteurs

Définir chacune des infractions pénales dans les Livres II à V du Code pénal

Explication

Le droit pénal spécial définit les infractions pénales une par une dans les Livres II à V du Code pénal. Les règles communes concernant la tentative ou la complicité appartiennent au droit pénal général.

5. Quelle caractéristique correspond au droit pénal en tant que branche du droit positif ?

Il est international, dépourvu de sanction étatique, et relève clairement du droit privé
Il est national, sanctionné par l’État, et son caractère public ou privé reste discuté
Il est national, appliqué par les particuliers, et relève clairement du droit public
Il est coutumier, sanctionné par les juridictions, et exclu du droit positif

Il est national, sanctionné par l’État, et son caractère public ou privé reste discuté

Explication

Le droit pénal est une branche du droit positif qui possède un caractère national et une sanction étatique, tandis que sa qualification comme droit public ou privé demeure débattue. Il est donc inexact d’affirmer que cette dernière qualification est définitivement tranchée.

6. Quelle proposition présente les sources normatives nationales du droit pénal ?

La Constitution, la jurisprudence, la doctrine, les traités et les décisions judiciaires
La Constitution, la loi, l’ordonnance, le règlement, la circulaire et la coutume
Les règlements, les décisions juridictionnelles, les principes moraux et les conventions privées
La loi, les contrats, les usages professionnels, les actes administratifs et la doctrine

La Constitution, la loi, l’ordonnance, le règlement, la circulaire et la coutume

Explication

Les sources normatives nationales comprennent la Constitution, la loi, l’ordonnance, le règlement, la circulaire et la coutume. La jurisprudence et la doctrine correspondent à d’autres catégories de références juridiques et ne remplacent pas cette liste.

7. À quelle condition un traité ou un accord régulièrement ratifié ou approuvé bénéficie-t-il d’une autorité supérieure à celle des lois ?

Lorsqu’il est publié et que l’autre partie l’applique également
Lorsqu’il est adopté par le Parlement sans publication officielle
Lorsqu’il est publié, même si l’autre partie refuse de l’appliquer
Lorsqu’il est signé par une autorité publique sans ratification ni approbation

Lorsqu’il est publié et que l’autre partie l’applique également

Explication

L’article 55 de la Constitution subordonne la supériorité du traité à sa ratification ou approbation, sa publication et l’application réciproque par l’autre partie. La publication seule ne suffit donc pas lorsque cette condition de réciprocité fait défaut.

8. Que permet une question prioritaire de constitutionnalité au cours d’une instance ?

Discuter la validité d’un traité au regard d’une décision rendue par une juridiction
Demander l’annulation d’un règlement pour contrariété avec une circulaire administrative
Contester la conformité d’une disposition législative aux droits et libertés constitutionnels
Faire contrôler une opinion doctrinale par le juge chargé de l’instance

Contester la conformité d’une disposition législative aux droits et libertés constitutionnels

Explication

La question prioritaire de constitutionnalité permet à un justiciable de contester, pendant une instance, une disposition législative au regard des droits et libertés garantis par la Constitution. Elle ne constitue donc pas une procédure générale de contrôle des règlements, des traités ou de la doctrine.

9. Que signifie le principe de légalité pénale ?

Toute peine doit être fixée librement par le juge selon les circonstances
Toute infraction doit être confirmée par une décision judiciaire préalable
Tout comportement nuisible peut être sanctionné même sans incrimination précise
Aucune infraction ni aucune peine ne peut exister sans texte normatif préalable

Aucune infraction ni aucune peine ne peut exister sans texte normatif préalable

Explication

Le principe de légalité exige qu’une infraction et la peine correspondante soient prévues par un texte normatif, conformément à l’article 111-3 du Code pénal. La décision judiciaire ne peut donc pas remplacer l’existence préalable d’un texte incriminant le comportement.

10. Quelle distinction décrit correctement la légalité de l’incrimination et la légalité de la peine ?

La première concerne la preuve, la seconde les conditions de détention
La première concerne le comportement interdit, la seconde la sanction applicable
La première concerne la procédure, la seconde la compétence de la juridiction
La première concerne la récidive, la seconde la prescription de l’action

La première concerne le comportement interdit, la seconde la sanction applicable

Explication

La légalité de l’incrimination détermine si le comportement est interdit, tandis que la légalité de la peine encadre la nature et le quantum de la sanction. La procédure, la preuve et la compétence relèvent d’autres règles du droit pénal.

11. Quelle conséquence l’interprétation stricte de la loi pénale produit-elle pour le juge ?

Elle lui permet d’assimiler un comportement proche à celui prévu par la loi
Elle l’autorise à aggraver la peine lorsque le comportement semble dangereux
Elle lui interdit de créer une nouvelle infraction par interprétation extensive
Elle lui impose d’écarter tout texte pénal dont le sens paraît difficile

Elle lui interdit de créer une nouvelle infraction par interprétation extensive

Explication

L’article 111-4 du Code pénal impose une interprétation stricte et interdit au juge de créer une incrimination nouvelle par extension. La difficulté d’un texte peut conduire à rechercher son sens, mais elle ne permet pas d’ajouter une infraction à la loi.

12. Dans quelle situation le raisonnement par analogie est-il admis en matière pénale ?

Lorsqu’il remplace une disposition pénale absente par une règle jurisprudentielle
Lorsqu’il est favorable à la personne poursuivie et n’étend pas une incrimination défavorable
Lorsqu’il augmente la peine afin de tenir compte de la gravité concrète des faits
Lorsqu’il permet de sanctionner un comportement proche d’une infraction existante

Lorsqu’il est favorable à la personne poursuivie et n’étend pas une incrimination défavorable

Explication

L’analogie in favorem est admise lorsqu’elle bénéficie à la personne poursuivie, tandis que l’analogie défavorable qui étend une incrimination est interdite. La proximité entre deux comportements ne suffit donc pas à justifier une nouvelle sanction.

13. Quelle distinction permet de différencier une loi pénale de fond d’une loi pénale de forme ?

La loi de fond concerne la preuve, tandis que la loi de forme fixe le quantum de la sanction
La loi de fond règle la compétence, tandis que la loi de forme détermine les circonstances aggravantes
La loi de fond organise la procédure, tandis que la loi de forme définit l’infraction et la peine
La loi de fond définit l’infraction et la peine, tandis que la loi de forme organise la procédure pénale

La loi de fond définit l’infraction et la peine, tandis que la loi de forme organise la procédure pénale

Explication

Les lois pénales de fond fixent les conditions d’incrimination et les peines, alors que les lois de forme concernent notamment la constatation, la poursuite, la compétence et la procédure. La procédure pénale relève donc de la loi de forme, non de la loi de fond.

14. Une loi pénale nouvelle alourdit la peine applicable à une infraction commise avant son entrée en vigueur, alors que le jugement n’est pas définitif : quelle règle s’applique ?

La peine nouvelle s’applique si le tribunal estime l’ancienne sanction insuffisante
La peine nouvelle plus sévère s’applique dès son entrée en vigueur aux procès en cours
La peine nouvelle s’applique lorsque la victime demande une répression accrue
La peine nouvelle plus sévère ne peut pas s’appliquer aux faits antérieurs

La peine nouvelle plus sévère ne peut pas s’appliquer aux faits antérieurs

Explication

Selon l’article 112-1 du Code pénal, une loi pénale de fond plus sévère ne s’applique pas aux faits commis avant son entrée en vigueur. Le fait que la procédure soit encore en cours ne permet pas d’écarter cette règle de non-rétroactivité.

15. Quel effet produit une loi pénale nouvelle plus douce sur des faits antérieurs qui ne sont pas définitivement jugés ?

Elle s’applique après une nouvelle poursuite engagée par le ministère public
Elle concerne les faits antérieurs lorsque la victime accepte cette modification
Elle produit ses effets après l’expiration du délai ordinaire de recours
Elle s’applique immédiatement en vertu de la rétroactivité in mitius

Elle s’applique immédiatement en vertu de la rétroactivité in mitius

Explication

La loi pénale nouvelle plus douce s’applique immédiatement aux faits antérieurs non définitivement jugés : c’est le principe de rétroactivité in mitius. Cette règle peut notamment supprimer une infraction, réduire une peine ou retirer une circonstance aggravante.

16. Comment les lois pénales de forme s’appliquent-elles en principe dans le temps ?

Elles s’appliquent immédiatement, sous réserve des droits acquis et des actes déjà régulièrement accomplis
Elles s’appliquent aux faits futurs après expiration de toutes les procédures antérieures
Elles s’appliquent rétroactivement même lorsqu’elles annulent les actes régulièrement accomplis
Elles ne concernent que les infractions commises après leur entrée en vigueur

Elles s’appliquent immédiatement, sous réserve des droits acquis et des actes déjà régulièrement accomplis

Explication

Les lois pénales de forme sont en principe d’application immédiate, y compris pour des faits antérieurs. Cette application connaît toutefois des limites lorsque sont atteints un droit acquis ou la validité d’un acte régulièrement accompli sous l’ancienne loi.

17. Une infraction comporte trois faits constitutifs, dont l’un est réalisé en France par un auteur étranger au préjudice d’une victime étrangère. Quel droit pénal peut s’appliquer ?

Le droit pénal de l’État de la victime, car elle a subi le préjudice
Le droit pénal de l’État de l’auteur, car il est de nationalité étrangère
Le droit pénal français, car un fait constitutif a eu lieu en France
Le droit pénal français, car l’auteur réside habituellement en France

Le droit pénal français, car un fait constitutif a eu lieu en France

Explication

La compétence territoriale française existe dès qu’un fait constitutif de l’infraction est localisé en France. La nationalité étrangère de l’auteur ou de la victime ne fait pas obstacle à cette compétence.

18. Quelle limite géographique caractérise l’espace maritime compris dans le territoire national français ?

Il comprend les eaux internationales au-delà des côtes françaises
Il correspond aux eaux situées au-dessus du territoire terrestre français
Il s’étend jusqu’à 24 milles marins des côtes françaises
Il s’étend jusqu’à 12 milles marins des côtes françaises

Il s’étend jusqu’à 12 milles marins des côtes françaises

Explication

Le territoire national comprend l’espace maritime jusqu’à 12 milles marins, ainsi que le territoire terrestre et l’espace aérien correspondant. L’espace aérien se situe au-dessus des espaces terrestre et maritime et ne définit pas la limite maritime.

19. Dans quelle situation la loi française peut-elle s’appliquer à une infraction commise à l’étranger ?

Lorsqu’un dommage économique y a été subi par une société étrangère liée à la France
Lorsqu’une contravention y a été commise par toute personne ayant visité la France
Lorsqu’un crime ou délit y a été commis par un Français ou contre un Français dans les conditions légales
Lorsqu’un témoin français demande l’ouverture d’une procédure sans autre condition

Lorsqu’un crime ou délit y a été commis par un Français ou contre un Français dans les conditions légales

Explication

La loi française peut viser un crime ou un délit commis à l’étranger par un Français, ainsi qu’un crime ou un délit puni d’emprisonnement commis contre un Français, sous les conditions du Code pénal. La simple présence d’un témoin, d’un visiteur ou d’une société liée à la France ne suffit pas.

20. Quel fondement permet à la France de poursuivre certaines infractions internationales comme la torture ou le détournement d’aéronef ?

La compétence administrative fondée sur une décision d’une autorité étrangère
La compétence personnelle fondée sur la résidence française de la victime
La compétence universelle fondée sur une convention internationale
La compétence territoriale fondée sur la présence d’un témoin en France

La compétence universelle fondée sur une convention internationale

Explication

La compétence universelle permet de poursuivre certaines infractions prévues par une convention internationale, notamment la torture et le détournement d’aéronef. Elle se distingue de la compétence territoriale, qui repose sur la localisation d’un fait en France.

21. Quel est l’objet principal de l’extradition ?

Transférer un dossier pénal à une juridiction internationale sans déplacer la personne
Livrer une personne à un État requérant pour la juger ou lui faire exécuter une peine
Permettre à un État de recueillir un témoignage auprès d’une personne détenue à l’étranger
Autoriser la France à juger elle-même une personne étrangère présente sur son territoire

Livrer une personne à un État requérant pour la juger ou lui faire exécuter une peine

Explication

L’extradition est une procédure d’entraide par laquelle l’État requis remet une personne à l’État requérant afin qu’elle y soit jugée ou qu’elle y exécute une peine. Elle se distingue de la compétence universelle, qui permet à la France de poursuivre elle-même certaines infractions.

22. Dans laquelle de ces situations la France n’accorde-t-elle notamment pas l’extradition ?

Lorsque la personne se trouve sur le territoire français au moment de la demande
Lorsque l’infraction est punie d’une peine d’emprisonnement dans l’État requérant
Lorsque la personne réclamée est française ou que les faits ont déjà été définitivement jugés
Lorsque l’État requérant sollicite la remise pour faire exécuter une peine prononcée

Lorsque la personne réclamée est française ou que les faits ont déjà été définitivement jugés

Explication

La France refuse notamment l’extradition d’une personne française et celle qui concerne des faits déjà définitivement jugés, parmi d’autres limites liées aux infractions politiques et aux droits de la défense. Le fait que l’infraction soit punie d’emprisonnement ou qu’une peine doive être exécutée peut au contraire fonder une demande d’extradition.

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Quelles sont les trois étapes de l'évolution historique du droit pénal ?

Vengeance privée, justice privée contrôlée, justice publique dirigée par l'État.

Quelle étape du droit pénal implique un pouvoir central contrôlant la justice privée ?

La deuxième étape.

Quelle étape du droit pénal est dirigée par l'État ?

La justice publique.

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