Fiche de révision : Droits et protection du corps humain

Plan du Cours

  1. Les droits de la personnalité chez la personne physique
  2. Le droit au respect de l’intégrité physique et la protection du corps humain vivant
  3. Le principe d’inviolabilité et d’intégrité du corps humain selon le Code civil
  4. La distinction juridique entre non-patrimonialité et indisponibilité du corps humain
  5. Les règles de protection pénale et civile contre les atteintes au corps humain
  6. Les pratiques médicales autorisées en fin de vie et leurs conditions juridiques
  7. Le statut juridique et la protection du corps de la personne décédée

1. Les droits de la personnalité chez la personne physique

Notions clés & Définitions

  • Personnalité juridique : Aptitude à avoir des droits et à les exercer, sous réserve des incapacités, constituant un attribut fondamental de la personne.
  • Droits de la personnalité : Attributs spécifiques reconnus aux personnes physiques du seul fait de leur naissance, distincts de ceux des personnes morales, qui leur permettent de jouir de leurs attributs fondamentaux.
  • Qualité de sujet de droit : Premier attribut de la personnalité qui confère à une personne la capacité d'être titulaire de droits et d'obligations juridiques.

Points essentiels

  • La qualité de sujet de droit est le premier attribut de la personnalité.
  • Le patrimoine est un autre attribut de la personne juridique, commun aux personnes physiques et morales.

À retenir

Les droits de la personnalité sont des attributs fondamentaux et spécifiques des personnes physiques, essentiels pour leur protection juridique.

2. Le droit au respect de l’intégrité physique et la protection du corps humain vivant

Notions clés & Définitions

  • Les majeurs protégés : Il ressort également de l’article L.
  • Intégrité physique : Droit que possède toute personne à ne pas subir de mutilation ou d’atteinte à son corps, sauf dans les cas prévus par la loi, notamment pour des nécessités médicales.

Points essentiels

  • Le corps humain est le support de la personne et sa protection juridique protège la dignité de la personne.
  • L’article 16-1 du Code civil affirme que le corps humain est inviolable.
  • Le principe d’inviolabilité et d’intégrité du corps humain ne sont pas absolus mais soumis à des exceptions médicales.

À retenir

La protection du corps vivant est encadrée par le principe d’inviolabilité, qui repose sur la dignité de la personne et la nécessité médicale, avec des exceptions limitées.

3. Le principe d’inviolabilité et d’intégrité du corps humain selon le Code civil

Notions clés & Définitions

  • Le mineur : Une personne n'ayant pas atteint la majorité légale, soumise à des règles spécifiques pour le consentement aux actes médicaux, notamment l'obligation d'obtenir l'autorisation des titulaires de l'autorité parentale tout en associant le mineur à la décision lorsque possible.
  • Principe d’inviolabilité : Un principe selon lequel aucune atteinte à l'intégrité physique d'une personne ne peut être portée sans son consentement préalable, garantissant ainsi la protection du corps contre toute intervention non consentie.
  • Intégrité du corps humain : L'état du corps humain qui ne peut être modifié ou soumis à des actes médicaux sans le consentement de la personne concernée, sauf dans des cas strictement encadrés par la loi pour des raisons médicales ou d'intérêt thérapeutique.
  • Code civil : L'ensemble des règles juridiques françaises qui régissent les droits civils, incluant des dispositions précisant que l'atteinte à l’intégrité corporelle est interdite sauf nécessité médicale ou intérêt thérapeutique exceptionnel, conformément à l’article 16-3.

Points essentiels

  • La personne dispose d’un droit quasi-absolu de s’opposer à tout acte matériel sur son corps, même un simple prélèvement.
  • C’est le principe d’inviolabilité qui signifie qu’il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique de la personne sans son consentement.
  • De ce point de vue, la personne a un droit quasi-absolu de s’opposer à tout acte matériel pratiqué sur son corps, ne serait-ce qu’un simple prélèvement de salive ou de sang1.
  • 4 Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé.

À retenir

La personne dispose d’un droit quasi-absolu de s’opposer à tout acte matériel sur son corps, même un simple prélèvement.

4. La distinction juridique entre non-patrimonialité et indisponibilité du corps humain

Notions clés & Définitions

  • Article 16-5 du Code civil : Une disposition légale qui déclare nulles les conventions ayant pour effet de conférer une valeur patrimoniale au corps humain, à ses éléments ou à ses produits, interdisant ainsi les actes juridiques à titre onéreux portant sur ceux-ci.
  • Gestation pour autrui : Une pratique juridique et médicale consistant en une convention par laquelle une femme porte un enfant pour le compte d'autrui, convention qui est nulle selon l'article 16-7 du Code civil, indépendamment de son caractère onéreux ou gratuit.

Points essentiels

  • La non-patrimonialité signifie que le corps humain ne peut faire l’objet d’une valeur patrimoniale ni être vendu.
  • L’article 16-5 du Code civil interdit les conventions conférant une valeur patrimoniale au corps humain ou à ses éléments.
  • Toutes les conventions portant sur le corps humain ne sont pas prohibées, seules celles à titre onéreux sont nulles.
  • Ce texte interdit les conventions conclues à titre onéreux (càd celles qui ont pour effet de conférer une valeur patrimoniale au corps humain).
  • Toutes les conventions portant sur le corps humain ne sont donc pas prohibées, ce qui résulterait de la reconnaissance d’un principe général d’indisponibilité du corps humain.

À retenir

La non-patrimonialité signifie que le corps humain ne peut faire l’objet d’une valeur patrimoniale ni être vendu.

5. Les règles de protection pénale et civile contre les atteintes au corps humain

Notions clés & Définitions

  • Réparation des dommages : Les règles de droit civil qui tendent à indemniser la victime pour les préjudices corporels subis, en réparant le dommage causé à autrui.
  • Corps humain : Le droit protège le corps humain contre les atteintes des tiers, en assurant la non-imposition d'expertises sanguines ou autres prélèvements sans consentement, sauf exceptions légales ou en cas d'urgence vitale.
  • Règles de droit pénal : Les règles qui sanctionnent les infractions contre les personnes, telles que l'homicide ou les coups et blessures, en prévoyant des sanctions pénales pour ces atteintes.

Points essentiels

  • Le droit pénal sanctionne les infractions contre les personnes telles que l’homicide et les coups et blessures.
  • La responsabilité civile vise à réparer les dommages corporels causés à autrui.
  • Le principe d’inviolabilité implique que toute atteinte au corps nécessite le consentement de la personne, sauf exceptions légales ou en cas d’urgence vitale.
  • Une expertise sanguine ne peut être imposée sans consentement, même dans un cadre judiciaire, sauf en cas de nécessité absolue ou de situation d’urgence vitale.

À retenir

Le droit pénal sanctionne les infractions contre les personnes telles que l’homicide et les coups et blessures.

6. Les pratiques médicales autorisées en fin de vie et leurs conditions juridiques

Notions clés & Définitions

  • Obstination déraisonnable : Une situation où la poursuite des traitements devient inutile ou disproportionnée, justifiant leur arrêt ou limitation conformément à la loi du 22 avril 2005.
  • Traitement à double effet : Une pratique médicale consistant à administrer des soins pour soulager la douleur, même si cela peut avoir pour effet secondaire d’abréger la vie, à condition que le but principal soit le soulagement de la souffrance.
  • Conseil d'État : Cette solution a été confirmée par le Conseil d’État sur ces points dans une très récente décision (CE, 5e-6e ch.

Points essentiels

  • Le traitement à double effet permet d’administrer des soins pour soulager la douleur, même si cela peut entraîner un décès, à condition que le but principal soit le soulagement.
  • La sédation profonde et continue est permise lorsque le patient demande à éviter la souffrance et l’obstination déraisonnable, dans le respect des conditions légales et procédurales.
  • La décision d’arrêt ou de limitation des traitements hors de l’expression de la volonté du patient doit suivre une procédure collégiale stricte, impliquant le médecin en charge, la personne de confiance ou la famille, et un avis médical consultatif.
  • ➤ Lorsque le patient est hors d'état d'exprimer sa volonté, la décision de limiter ou d'arrêter les traitements dispensés, au titre du refus d'une obstination déraisonnable, ne peut être prise qu'à l'issue de la procédure collégiale prévue à l'article L.
  • Lorsqu'ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu'ils n'ont d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, ils peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d'état d'exprimer sa volonté, à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire ».

À retenir

Le traitement à double effet permet d’administrer des soins pour soulager la douleur, même si cela peut entraîner un décès, à condition que le but principal soit le soulagement.

7. Le statut juridique et la protection du corps de la personne décédée

Notions clés & Définitions

  • Article 16-1-1 du Code civil : Disposition légale qui établit que le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort et que les restes des personnes décédées, y compris les cendres, doivent être traités avec respect, dignité et décence.
  • Intégrité du cadavre : Principe selon lequel le corps de la personne décédée doit être protégé contre toute atteinte illicite, conformément au devoir de respect lié à la personne qu’il a été.
  • Mesure de protection juridique : Décision judiciaire que le juge peut prescrire pour empêcher ou faire cesser une atteinte illicite au corps humain après le décès.

Points essentiels

  • Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort selon l’article 16-1-1 du Code civil.
  • Le cadavre est juridiquement une chose mais bénéficie d’un devoir de respect lié à la personne qu’il a été.
  • Le droit pénal incrimine toute atteinte à l’intégrité du cadavre et la profanation de sépultures.
  • La loi incrimine toute atteinte à l’intégrité du cadavre ainsi que la violation ou la profanation de tombeaux, de sépultures, d'urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts (article 225-17 du Code pénal).
  • L’article 16-1-1 du Code civil énonce ainsi que « le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort » et que « les restes des personnes décédées, y compris les cendres de celles dont le corps a donné lieu à crémation, doivent être traités avec respect, dignité et décence ».

À retenir

Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort selon l’article 16-1-1 du Code civil.

Tableaux de Synthèse

Comparaison des principes liés au corps humain

AspectNon-patrimonialitéIndisponibilité
Valeur patrimonialeInterditeInterdite sauf exceptions
Vente ou commercialisationInterditeInterdite
Conventions à titre onéreuxNullesNulles
Possibilité de disposer du corpsNon possibleNon possible sauf exceptions

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre non-patrimonialité et indisponibilité du corps humain.
  2. Supposer que toutes conventions portant sur le corps sont interdites.
  3. Oublier que le corps peut être utilisé dans des pratiques médicales autorisées.
  4. Confondre le droit de disposer du corps après la mort et le respect du corps en vie.
  5. Ignorer les exceptions légales à l'inviolabilité du corps.
  6. Confondre le consentement préalable et la nécessité médicale.
  7. Ne pas distinguer entre protection pénale et civile contre les atteintes au corps.

Checklist Examen

  1. Maîtriser la notion de droits de la personnalité.
  2. Comprendre le principe d’inviolabilité du corps humain.
  3. Savoir distinguer non-patrimonialité et indisponibilité.
  4. Connaître les règles de protection contre les atteintes au corps.
  5. Maîtriser les pratiques médicales en fin de vie.
  6. Connaître le statut juridique du corps après la mort.
  7. Se rappeler de l’article 16-1 du Code civil.
  8. Identifier les exceptions à l’inviolabilité.
  9. Différencier les règles civiles et pénales.
  10. Comprendre la protection du corps du mineur.
  11. Savoir ce que dit la loi sur la gestation pour autrui.
  12. Connaître la procédure pour arrêter ou limiter un traitement en fin de vie.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Droits et protection du corps humain avec 7 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle affirmation correspond au sujet « Les droits de la personnalité chez la personne physique » ?

2. Quelle affirmation correspond au sujet « Le droit au respect de l’intégrité physique et la protection du corps humain vivant » ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Droits et protection du corps humain avec 14 flashcards interactives.

Personnalité juridique — définition ?

Capacité à avoir et exercer des droits.

Droits de la personnalité — rôle ?

Protègent attributs fondamentaux des personnes.

Intégrité physique — droit ?

Droit de ne pas subir d’atteinte à son corps.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches