QCM : Évolution des sources du droit romain — 50 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue principalement la loi de la coutume ?

Elle est édictée par une autorité publique compétente
Elle résulte d’un usage répété et accepté
Elle provient des analyses rédigées par les juristes
Elle rassemble les décisions rendues par les tribunaux

Elle est édictée par une autorité publique compétente

Explication

La loi est formulée par une autorité publique compétente, souvent l’État. La répétition et l’acceptation d’un usage caractérisent plutôt la coutume.

2. Comment une pratique sociale devient-elle une coutume juridique ?

Par sa rédaction dans un ouvrage consacré à la théorie du droit
Par sa proclamation officielle par une autorité publique compétente
Par son adoption formelle par un tribunal dans une décision individuelle
Par sa répétition dans le temps et son acceptation comme règle obligatoire

Par sa répétition dans le temps et son acceptation comme règle obligatoire

Explication

Une coutume repose sur un usage répété et reconnu comme obligatoire par la collectivité. Une proclamation officielle correspond davantage à la création d’une loi.

3. Quel texte juridique ancien est le plus ancien texte juridique conservé à ce jour ?

Le recueil royal romain attribué à Sextus Papirius
Les lois grecques élaborées à partir du VIIIe siècle av. J.-C.
Le Code d’Hammourabi, élaboré vers 1750 av. J.-C.
Le Code d’Urukagina, élaboré vers 1750 av. J.-C.

Le Code d’Hammourabi, élaboré vers 1750 av. J.-C.

Explication

Le Code d’Hammourabi, élaboré à Babylone vers 1750 av. J.-C., est le plus ancien texte juridique conservé. Le recueil attribué à Sextus Papirius n’a pas une existence prouvée.

4. Quelle évolution caractérise le droit grec à partir du VIIIe siècle av. J.-C. ?

Il reste principalement une interprétation des volontés divines par les prêtres
Il se limite aux règles applicables aux citoyens d’une seule cité
Il s’organise autour de groupes familiaux dirigés par des chefs religieux
Il devient progressivement une construction humaine, rationnelle et politique

Il devient progressivement une construction humaine, rationnelle et politique

Explication

Le droit grec se détache progressivement de la religion et devient une construction humaine, rationnelle et politique. Le maintien d’un lien religieux fort caractérise davantage le droit archaïque romain.

5. À qui le jus civile s’applique-t-il principalement ?

Aux peuples soumis aux décisions des magistrats grecs
Aux citoyens romains qui forment le corps civique de la cité
Aux étrangers engagés dans des relations commerciales avec Rome
Aux familles romaines dirigées par un pater religieux et politique

Aux citoyens romains qui forment le corps civique de la cité

Explication

Le jus civile est le droit civil propre à la cité romaine et commun à ses citoyens. Les relations impliquant des étrangers relèvent notamment du ius gentium.

6. Autour de quelles structures Rome est-elle organisée à l’époque royale ?

Autour de provinces administrées par des gouverneurs nommés par le Sénat
Autour de tribunaux présidés par des magistrats élus par le peuple
Autour des gentes dirigées par des patres dotés d’autorités multiples
Autour de collèges religieux chargés de rédiger les lois civiles

Autour des gentes dirigées par des patres dotés d’autorités multiples

Explication

À l’époque royale, Rome est organisée autour des gentes, des groupes familiaux élargis dirigés par un pater. Celui-ci exerce une autorité religieuse, politique et familiale.

7. Quelles sont les trois institutions de la Rome royale ?

Les prêtres, les juges civils et les assemblées provinciales
Les consuls, les tribuns de la plèbe et les comices tributes
Le roi, le Sénat aristocratique et les comices curiates
Le prince, les gouverneurs militaires et les conseils municipaux

Le roi, le Sénat aristocratique et les comices curiates

Explication

Les institutions royales sont le roi, le Sénat aristocratique et les comices curiates, dont le rôle est principalement symbolique. Les consuls et les tribuns appartiennent à des organisations politiques postérieures à la royauté.

8. Quelle distinction exprime correctement les notions de fas, de ius et de nefas ?

Le fas concerne ce que les dieux autorisent, le ius les règles humaines et le nefas ce qui est interdit
Le fas désigne les règles humaines, le ius ce que les dieux autorisent et le nefas les pratiques familiales
Le fas correspond aux décisions royales, le ius aux coutumes familiales et le nefas aux décisions sénatoriales
Le fas indique ce qui est interdit par les hommes, le ius les rites religieux et le nefas les lois civiles

Le fas concerne ce que les dieux autorisent, le ius les règles humaines et le nefas ce qui est interdit

Explication

Le fas désigne ce que les dieux autorisent, le ius les règles que les hommes se donnent et le nefas ce qu’ils interdisent. Confondre le fas avec les règles humaines inverse la distinction entre domaine divin et domaine juridique humain.

9. Quel événement marque le passage de Rome de la royauté à la République ?

La promulgation des XII Tables en 450 av. J.-C.
Le renversement de Tarquin le Superbe en 509 av. J.-C.
La fondation du Principat par Octave en 27 av. J.-C.
La création de la préture en 367 av. J.-C.

Le renversement de Tarquin le Superbe en 509 av. J.-C.

Explication

La royauté est abolie en 509 av. J.-C. après le renversement de Tarquin le Superbe, ce qui établit la République. La fondation du Principat intervient bien plus tard, en 27 av. J.-C., et ne correspond pas au remplacement de la royauté.

10. Quel changement la Loi des XII Tables apporte-t-elle principalement à la connaissance du droit romain ?

Elle réserve les règles juridiques aux relations avec les étrangers.
Elle confie l’interprétation du droit aux magistrats militaires.
Elle rend certaines règles juridiques publiques et accessibles.
Elle remplace les juges privés par des prêtres désignés.

Elle rend certaines règles juridiques publiques et accessibles.

Explication

Promulguée en 451 et 450 av. J.-C., la Loi des XII Tables met par écrit des règles auparavant largement orales et contrôlées par les pontifes. Elle ne concerne donc pas principalement l’organisation des litiges avec les étrangers.

11. Dans un procès régi par la procédure des XII Tables, quelle succession de phases est correcte ?

Une phase apud iudicem devant le préteur, puis une phase in iure devant un juge privé.
Une phase devant les pontifes, puis une phase devant le Sénat.
Une phase in iure devant le préteur, puis une phase apud iudicem devant un juge privé.
Une phase devant un juge privé, puis une phase devant l’assemblée populaire.

Une phase in iure devant le préteur, puis une phase apud iudicem devant un juge privé.

Explication

La procédure comporte d’abord la phase in iure, conduite devant le préteur, puis la phase apud iudicem, confiée à un juge privé. Le juge privé n’intervient donc pas lors de la première phase.

12. Pourquoi la nomination de César comme dictateur à vie en 44 av. J.-C. est-elle contraire à la logique républicaine ?

Parce que les magistratures républicaines étaient attribuées par les pontifes plutôt que par le Sénat.
Parce que la dictature républicaine devait être exercée par plusieurs consuls pendant un an.
Parce que la dictature républicaine était conçue comme une magistrature temporaire de six mois.
Parce que César avait reçu une fonction réservée aux préteurs chargés des étrangers.

Parce que la dictature républicaine était conçue comme une magistrature temporaire de six mois.

Explication

La dictature républicaine était limitée à six mois, alors que César reçoit en 44 av. J.-C. une dictature à vie. La durée illimitée de cette fonction explique donc sa rupture avec la légalité républicaine.

13. Quelle caractéristique décrit le mieux la fondation du Principat par Octave en 27 av. J.-C. ?

Le maintien apparent des institutions républicaines avec une concentration du pouvoir impérial.
La suppression officielle des institutions républicaines au profit d’une monarchie déclarée.
Le retour de Rome à une royauté héréditaire dirigée par les anciens patriciens.
La limitation du pouvoir du princeps aux affaires judiciaires et religieuses.

Le maintien apparent des institutions républicaines avec une concentration du pouvoir impérial.

Explication

Le Principat conserve en apparence les institutions républicaines, mais Octave concentre dans les faits le pouvoir impérial. Il ne s’agit donc pas encore d’une monarchie assumée comme celle associée au Dominat.

14. Quels pouvoirs sont concentrés par le princeps sous le Principat ?

La préture urbaine, la dictature temporaire et le contrôle des pontifes.
L’imperium proconsulaire, l’auctoritas et la puissance tribunicienne.
Le pouvoir judiciaire privé, le consulat annuel et le commandement des décemvirs.
La royauté, la censure et la présidence permanente des comices.

L’imperium proconsulaire, l’auctoritas et la puissance tribunicienne.

Explication

Le princeps fonde son autorité sur la réunion de l’imperium proconsulaire, de l’auctoritas et de la puissance tribunicienne. Ces pouvoirs lui permettent de dominer l’État tout en maintenant les apparences institutionnelles républicaines.

15. Quel magistrat est principalement compétent pour les litiges impliquant des étrangers ?

Le préteur urbain, créé en 367 av. J.-C.
Le préteur pérégrin, institué en 242 av. J.-C.
Le consul chargé des relations avec les peuples alliés.
Le censeur responsable de l’application du droit des citoyens.

Le préteur pérégrin, institué en 242 av. J.-C.

Explication

Le préteur pérégrin est institué en 242 av. J.-C. pour traiter les litiges impliquant des étrangers. Le préteur urbain s’occupe principalement des affaires entre citoyens romains.

16. Quelle distinction oppose principalement le préteur urbain au préteur pérégrin ?

Le préteur urbain traite surtout les litiges entre citoyens, tandis que le préteur pérégrin s’occupe des affaires impliquant des étrangers.
Le préteur urbain applique des règles religieuses, tandis que le préteur pérégrin exerce une fonction exclusivement militaire.
Le préteur urbain traite surtout les affaires étrangères, tandis que le préteur pérégrin juge les litiges entre citoyens romains.
Le préteur urbain recherche la bonne foi, tandis que le préteur pérégrin applique les formalités du droit de la cité.

Le préteur urbain traite surtout les litiges entre citoyens, tandis que le préteur pérégrin s’occupe des affaires impliquant des étrangers.

Explication

La compétence du préteur urbain concerne principalement les citoyens romains, tandis que celle du préteur pérégrin s’étend aux litiges impliquant des étrangers. La distinction repose donc sur les personnes concernées et le cadre juridique du litige.

17. Comment les Romains définissent-ils le ius gentium ?

Comme une procédure religieuse réservée aux pontifes pour interpréter les XII Tables.
Comme un recueil de lois votées par les assemblées pour organiser les magistratures.
Comme un ensemble de règles considérées comme communes à différents peuples dans les relations avec les étrangers.
Comme le droit propre aux citoyens romains appliqué dans les litiges internes de la cité.

Comme un ensemble de règles considérées comme communes à différents peuples dans les relations avec les étrangers.

Explication

Le ius gentium regroupe des règles que les Romains estiment communes à différents peuples, notamment dans les relations impliquant des étrangers. Il se distingue ainsi du ius civile, propre au droit de la cité romaine.

18. Quelle fonction caractérise le droit prétorien dans le système juridique romain ?

Il complète et corrige le droit civil sans le remplacer
Il impose des sanctions pénales indépendantes du droit civil
Il supprime les règles civiles devenues difficiles à appliquer
Il rassemble les décisions rendues par les juges privés

Il complète et corrige le droit civil sans le remplacer

Explication

Le droit prétorien émane du préteur et intervient pour compléter ou corriger les effets du droit civil. Il ne se substitue donc pas intégralement à celui-ci, contrairement à ce que suggère la suppression des règles civiles.

19. Dans un procès romain, quelle répartition des fonctions entre le préteur et le judex est correcte ?

Le préteur représente le demandeur, tandis que le judex défend l’accusé
Le préteur organise le procès, tandis que le judex rend la décision définitive
Le préteur rend la décision définitive, tandis que le judex rédige la formule
Le préteur recueille les preuves, tandis que le judex accorde ou refuse l’action

Le préteur organise le procès, tandis que le judex rend la décision définitive

Explication

Le préteur organise la procédure et délivre la formule qui encadre le litige, alors que le judex tranche finalement l’affaire. Le préteur n’exerce donc pas la fonction juridictionnelle finale attribuée au juge.

20. Qu’est-ce qui définit la procédure formulaire ?

Une procédure où une formule écrite encadre la décision du juge
Une procédure où le préteur tranche lui-même le litige entre les parties
Une procédure où des paroles rituelles déterminent chaque étape du procès
Une procédure où le juge statue sans cadre fixé par une autorité préalable

Une procédure où une formule écrite encadre la décision du juge

Explication

Dans la procédure formulaire, le préteur délivre une formule écrite qui détermine le cadre dans lequel le juge doit statuer. Les gestes et paroles rigoureusement imposés correspondent plutôt aux actions de la loi.

21. Pourquoi le préteur pérégrin a-t-il été créé en 242 av. J.-C. ?

Pour connaître des litiges impliquant des étrangers
Pour contrôler la rédaction des lois civiles
Pour remplacer les juges chargés des affaires privées
Pour juger les conflits entre citoyens romains

Pour connaître des litiges impliquant des étrangers

Explication

Le préteur pérégrin a été institué pour traiter les litiges impliquant des étrangers, auxquels le jus civile n’était pas directement accessible. Les affaires opposant principalement des citoyens relevaient plutôt du préteur urbain.

22. Que permet au préteur la lex Aebutia à partir du IIe siècle av. J.-C. ?

Rendre une décision sans examiner les arguments des parties
Ouvrir un procès lorsque la loi est silencieuse ou inadaptée
Écarter toute règle civile dès qu’une partie conteste son application
Réserver les procès aux citoyens protégés par le jus civile

Ouvrir un procès lorsque la loi est silencieuse ou inadaptée

Explication

La lex Aebutia permet au préteur d’ouvrir des procès lorsque la loi ne prévoit pas de solution adaptée, afin de rechercher une issue juste et équitable. Elle ne lui donne pas le pouvoir général d’écarter toute règle civile contestée.

23. Quelle différence oppose principalement les lois des XII Tables à l’édit du préteur ?

Les XII Tables organisent les preuves, tandis que l’édit désigne les juges privés
Les XII Tables évaluent les motivations, tandis que l’édit applique des formes rigides
Les XII Tables créent des exceptions, tandis que l’édit reprend des sanctions pénales
Les XII Tables privilégient les faits bruts, tandis que l’édit considère le contexte

Les XII Tables privilégient les faits bruts, tandis que l’édit considère le contexte

Explication

Les XII Tables s’attachent à des faits comme les dettes, la violence ou les vols, alors que l’édit du préteur prend aussi en compte les circonstances et les motivations. Cette approche plus contextualisée permet de rechercher une solution conforme à l’équité.

24. Quelle caractéristique distingue les actions de la loi de la procédure formulaire ?

Les actions de la loi exigent des gestes et paroles exacts, tandis que la procédure formulaire repose sur une formule écrite
Les actions de la loi reposent sur une formule écrite, tandis que la procédure formulaire exige des paroles rituelles
Les actions de la loi laissent le juge libre, tandis que la procédure formulaire exclut toute intervention du préteur
Les actions de la loi concernent les étrangers, tandis que la procédure formulaire concerne les citoyens

Les actions de la loi exigent des gestes et paroles exacts, tandis que la procédure formulaire repose sur une formule écrite

Explication

Les actions de la loi imposent une action reconnue ainsi que des gestes et paroles déterminés, dont l’erreur peut compromettre le procès. La procédure formulaire organise plutôt le litige au moyen d’un cadre écrit délivré par le préteur.

25. Comment s’enchaînent les deux phases d’un procès formulaire ?

In jure, le juge apprécie les preuves et décide ; in judicio, le préteur autorise l’action et rédige la formule
In jure, les parties exécutent la sentence ; in judicio, le préteur recherche une règle applicable
In jure, le demandeur présente sa défense ; in judicio, le défendeur choisit la formule du procès
In jure, le préteur règle l’accès au procès et rédige la formule ; in judicio, le juge examine l’affaire et décide

In jure, le préteur règle l’accès au procès et rédige la formule ; in judicio, le juge examine l’affaire et décide

Explication

Lors de la phase in jure, le préteur examine l’affaire, accorde ou refuse l’action et rédige la formule. Pendant la phase in judicio, le juge étudie les arguments et les preuves avant de rendre sa décision dans le cadre fixé.

26. Quelle distinction oppose correctement l’action à l’exception en droit prétorien ?

L’action reprend l’édit précédent, tandis que l’exception introduit les innovations du magistrat
L’action neutralise une règle civile, tandis que l’exception fait reconnaître une situation juridique nouvelle
L’action tranche une affaire impériale, tandis que l’exception annonce les protections du préteur
L’action fait protéger une situation nouvelle, tandis que l’exception neutralise les effets injustes d’une règle civile

L’action fait protéger une situation nouvelle, tandis que l’exception neutralise les effets injustes d’une règle civile

Explication

L’action permet au demandeur d’obtenir la protection du juge pour une prétention nouvelle, alors que l’exception corrige dans un cas particulier les effets injustes du droit civil. Confondre ces mécanismes revient à attribuer à l’exception la fonction créatrice propre à l’action.

27. Quel est le rôle de l’édit publié par chaque préteur au début de sa magistrature ?

Il fait voter par les assemblées les règles applicables aux procès de la magistrature
Il transforme les solutions du préteur précédent en lois civiles générales
Il recueille les décisions impériales rendues dans les provinces de l’Empire
Il annonce les actions et les exceptions que le préteur accordera pendant sa magistrature

Il annonce les actions et les exceptions que le préteur accordera pendant sa magistrature

Explication

L’édit présente les protections procédurales que le préteur entend accorder, notamment les actions et les exceptions. Il ne s’agit pas d’une loi votée par les assemblées, même s’il produit des effets importants sur le droit.

28. Un préteur reprend les solutions efficaces de son prédécesseur et ajoute quelques innovations : quelle partie de son édit correspond à ces innovations ?

Le droit civil
L’édit perpétuel
La pars translaticia
La pars nova

La pars nova

Explication

La pars nova désigne les éléments nouveaux introduits par le préteur en fonction des besoins de sa magistrature. La pars translaticia correspond, au contraire, aux solutions reprises de l’édit précédent.

29. Comment Papinien définit-il le droit prétorien ?

Un droit introduit par les préteurs pour aider, compléter et corriger le droit civil selon l’utilité publique
Un ensemble de décisions impériales destiné à organiser les agents administratifs de l’Empire
Une compilation des coutumes grecques adoptées par les magistrats romains après la conquête
Un droit religieux conservé par les pontifes pour interpréter les règles anciennes du droit civil

Un droit introduit par les préteurs pour aider, compléter et corriger le droit civil selon l’utilité publique

Explication

Pour Papinien, le droit prétorien intervient afin d’aider, de compléter et de corriger le droit civil lorsque l’utilité publique le justifie. Il ne se confond donc ni avec le droit sacerdotal ni avec les constitutions impériales.

30. Quelle caractéristique définit le mieux la jurisprudence romaine ?

Une science juridique laïqu'et rationnelle qui interprète le droit et l’applique à des cas concrets
Une pratique administrative qui transforme les instructions impériales en décisions judiciaires
Une tradition sacerdotale qui réserve l’interprétation juridique aux pontifes de la cité
Une activité politique qui élabore les édits des préteurs au nom des assemblées

Une science juridique laïqu'et rationnelle qui interprète le droit et l’applique à des cas concrets

Explication

La jurisprudence romaine devient une science juridique laïqu'et rationnelle fondée sur l’interprétation et l’application du droit aux situations concrètes. La tradition des pontifes appartient à une phase sacerdotale antérieure et ne caractérise pas cette définition.

31. Quelle association entre les fonctions des jurisconsultes et leur contenu est correcte ?

Agere concerne le procès, cavere la rédaction des actes, et respondere les avis juridiques
Agere concerne les édits, cavere les exceptions, et respondere les sanctions pénales
Agere concerne les contrats, cavere les procès, et respondere les instructions administratives
Agere concerne les avis, cavere les décisions impériales, et respondere les règles générales

Agere concerne le procès, cavere la rédaction des actes, et respondere les avis juridiques

Explication

Les jurisconsultes exercent l’agere en assistant ou représentant les parties, le cavere en rédigeant les actes et contrats, et le respondere en donnant des avis juridiques. Les autres associations déplacent ces fonctions vers des activités qui ne leur correspondent pas.

32. Quelle mesure Auguste prend-il pour donner à certains avis de juristes une autorité reconnue ?

Il transforme les édits des préteurs en lois votées par les assemblées
Il attribue aux jurisconsultes le pouvoir de commander les agents impériaux
Il confie l’interprétation du droit aux pontifes par une autorisation sénatoriale
Il crée le jus publice respondendi ex auctoritate principis

Il crée le jus publice respondendi ex auctoritate principis

Explication

Auguste institue le jus publice respondendi ex auctoritate principis, qui permet à certains juristes de rendre des avis dotés d’une reconnaissance autorisée et normative. Cette mesure ne rétablit pas l’ancienne compétence sacerdotale et ne concerne pas le commandement administratif.

33. Pourquoi le Sénat conserve-t-il une apparence de pouvoir normatif sous le Principat malgré l’influence décisive de l’empereur ?

Parce que les préteurs rédigent les sénatus-consultes sans intervention du prince
Parce que les assemblées populaires valident chaque proposition sénatoriale avant son adoption
Parce que l’empereur contrôle son recrutement, préside ses séances et lui soumet ses propositions
Parce que les gouverneurs provinciaux imposent au Sénat les règles applicables dans l’Empire

Parce que l’empereur contrôle son recrutement, préside ses séances et lui soumet ses propositions

Explication

Le Sénat semble conserver une fonction normative, mais l’empereur maîtrise son fonctionnement et présente ses initiatives par l’oratio principis. L’apparence républicaine du sénatus-consulte masque ainsi une initiative principalement impériale.

34. Quelles sont les quatre catégories principales de constitutions impériales ?

Les lois, les plébiscites, les coutumes et les réponses impériales
Les édits, les décrets, les rescrits et les mandats
Les oraisons, les contrats, les avis et les décisions provinciales
Les actions, les exceptions, les édits et les sénatus-consultes

Les édits, les décrets, les rescrits et les mandats

Explication

Les constitutions impériales se répartissent en édits, décrets, rescrits et mandats. Les actions et exceptions relèvent de la protection prétorienne, tandis que les autres listes mélangent différentes catégories de sources ou d’actes juridiques.

35. Un empereur adopte une règle générale applicable à tous les habitants d’une province : de quel type de constitution impériale s’agit-il ?

D’un édit
D’un décret
D’un rescrit
D’un mandat

D’un édit

Explication

L’édit contient une disposition générale pouvant s’appliquer à l’ensemble de l’Empire, à une province ou à une catégorie de personnes. Le décret correspond plutôt à une décision juridictionnelle rendue dans une affaire particulière.

36. Selon la théorie de la lex regia rapportée par Ulpien, pourquoi la volonté du prince possède-t-elle force de loi ?

Parce que le peuple aurait transféré au prince son imperium et son pouvoir normatif
Parce que les préteurs auraient délégué au prince leur compétence de publier les édits
Parce que le Sénat aurait conservé pour lui le pouvoir législatif des assemblées populaires
Parce que les gouverneurs provinciaux auraient reconnu au prince une autorité administrative supérieure

Parce que le peuple aurait transféré au prince son imperium et son pouvoir normatif

Explication

La lex regia repose sur l’idée que le peuple aurait transféré au prince son imperium et son pouvoir de produire des normes. Le fondement invoqué est donc un transfert de pouvoir populaire, non une délégation des préteurs ou des gouverneurs.

37. Quel régime, instauré par Dioclétien en 284, assume ouvertement le pouvoir de l’empereur comme dominus ?

Le Dominat
La Tétrarchie sénatoriale
La République impériale
Le Principat

Le Dominat

Explication

Le Dominat est instauré par Dioclétien en 284 et présente ouvertement l’empereur comme le dominus. Le Principat conserve au contraire les apparences des institutions républicaines.

38. Quelle évolution contribue à la crise économique et militaire de l’Empire lorsque les conquêtes prennent fin ?

La diminution des richesses, des troupes et des recettes fiscales
La réduction des incursions et des dépenses liées à la défense
Le renforcement des frontières grâce à une expansion territoriale continue
L’augmentation des territoires, des soldats et des revenus fiscaux

La diminution des richesses, des troupes et des recettes fiscales

Explication

La fin des conquêtes réduit les ressources matérielles, militaires et fiscales de l’Empire, tandis que les pressions barbares aggravent les difficultés défensives. L’expansion continue aurait au contraire fourni de nouvelles ressources territoriales.

39. Quelle caractéristique distingue l’administration impériale du Dominat des anciennes magistratures républicaines ?

Les sénateurs contrôlent la nomination et la révocation des agents
Les anciennes magistratures deviennent des contre-pouvoirs institutionnels
Les magistrats sont élus et disposent d’un pouvoir indépendant
Les fonctionnaires sont nommés et révocables par l’empereur

Les fonctionnaires sont nommés et révocables par l’empereur

Explication

Dans le Dominat, les fonctionnaires dépendent directement de l’empereur, qui les nomme et peut les révoquer. Les anciennes magistratures républicaines ne forment plus de véritables contre-pouvoirs.

40. Dans la cognitio extra ordinem, qui conduit l’affaire du début à la fin et rend la décision ?

Les jurisconsultes réunis en collège judiciaire
Le demandeur assisté par un magistrat élu
Un agent impérial chargé de toute la procédure
Un jury populaire désigné par le Sénat

Un agent impérial chargé de toute la procédure

Explication

La cognitio extra ordinem confie progressivement toute l’affaire à un agent impérial, qui l’examine et rend lui-même la décision. Cette procédure se distingue de la procédure formulaire, organisée en étapes différentes.

41. Quelle est la fonction principale du Code Théodosien, promulgué en 439 ?

Compiler les lois nouvelles de Justinien postérieures à 534
Réunir les avis privés des jurisconsultes républicains
Rassembler et classer les constitutions impériales générales
Recenser les rescrits privés publiés depuis le règne d’Hadrien

Rassembler et classer les constitutions impériales générales

Explication

Le Code Théodosien rassemble les constitutions impériales générales, classées par matière puis chronologiquement. Les rescrits privés correspondent plutôt au Code Grégorien, tandis que les lois postérieures à 534 relèvent des Novelles de Justinien.

42. Quels ouvrages composent le Corpus Juris Civilis de Justinien ?

Le Digeste, le Code Hermogénien, les Sénatus-consultes et les Novelles
Le Code Théodosien, le Code Grégorien, le Digeste et les Institutes
Les Rescrits, les Novelles, les Édits et les Institutes
Le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles

Le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles

Explication

Le Corpus Juris Civilis comprend quatre ensembles : le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles. Les Codes Théodosien, Grégorien et Hermogénien appartiennent à d’autres entreprises de compilation.

43. Quelle chronologie correspond à la compilation du droit de Justinien ?

Le Code en 529 puis 534, le Digeste et les Institutes en 533, puis les Novelles
Les Novelles en 529, le Digeste en 530, puis le Code et les Institutes en 534
Les Institutes en 529, les Novelles en 533, puis le Digeste et le Code en 534
Le Digeste en 529, le Code en 533, puis les Institutes et les Novelles en 535

Le Code en 529 puis 534, le Digeste et les Institutes en 533, puis les Novelles

Explication

Le Code paraît d’abord en 529, fait l’objet d’une seconde édition en 534, tandis que le Digeste et les Institutes sont publiés en 533. Les Novelles regroupent ensuite les lois nouvelles adoptées après 534.

44. Que doivent faire les juges lorsque les opinions de jurisconsultes dotés de l’autorité impériale concordent ?

Demander au Sénat de confirmer chaque interprétation
S’y conformer dans leur décision
Écarter ces opinions au profit d’une coutume locale
Choisir librement l’opinion qui leur paraît la plus juste

S’y conformer dans leur décision

Explication

Selon Gaïus, la concordance des opinions autorisées impose aux juges de s’y conformer. En cas de divergence, leur marge de choix devient plus importante, ce qui écarte l’idée d’une liberté identique dans les deux situations.

45. Pourquoi les jurisconsultes ne constituent-ils pas un véritable contre-pouvoir institutionnel face à l’empereur ?

Ils remplacent les magistrats dans toutes les procédures judiciaires
Ils disposent d’un veto légal sur les constitutions impériales
Ils ne peuvent pas juridiquement empêcher l’empereur d’adopter une norme
Ils contrôlent directement la nomination des fonctionnaires impériaux

Ils ne peuvent pas juridiquement empêcher l’empereur d’adopter une norme

Explication

Les jurisconsultes peuvent exercer une influence intellectuelle importante, mais ils ne disposent d’aucun moyen juridique pour bloquer une norme impériale. Leur influence doctrinale ne leur confère donc pas un pouvoir institutionnel de veto.

46. Comment les jurisconsultes cherchent-ils à préserver l’équilibre du droit romain face aux interventions impériales ?

En laissant chaque intervention impériale rompre avec le système antérieur
En substituant aux principes anciens des décisions impériales isolées
En réservant l’interprétation du droit aux fonctionnaires de l’empereur
En rattachant les règles nouvelles aux principes existants

En rattachant les règles nouvelles aux principes existants

Explication

Les jurisconsultes cherchent à maintenir la cohérence du système en reliant les règles nouvelles aux principes déjà établis et en évitant les ruptures brutales. Une règle isolée et détachée des principes existants produirait au contraire un déséquilibre juridique.

47. Quel effet l’intégration progressive des jurisconsultes au conseil impérial produit-elle sur l’exercice du pouvoir impérial ?

Elle transfère aux jurisconsultes la compétence générale de promulguer les lois impériales
Elle remplace les raisonnements juridiques par des décisions fondées sur les usages provinciaux
Elle réduit le rôle de l’empereur à l’homologation des interprétations produites par les juristes
Elle fournit à l’empereur une expertise technique pour élaborer ses décisions normatives

Elle fournit à l’empereur une expertise technique pour élaborer ses décisions normatives

Explication

La présence des jurisconsultes apporte à l’empereur des connaissances techniques qui l’aident à élaborer ses décisions et à renforcer son pouvoir normatif. Elle ne signifie pas que les juristes deviennent les détenteurs de la compétence impériale de promulgation.

48. Comment faut-il caractériser la proximité croissante entre l’empereur et les jurisconsultes à l’époque classique ?

Comme un contrôle progressif de la jurisprudence sans soumission totale des juristes
Comme une soumission complète de la jurisprudence aux ordres personnels de l’empereur
Comme une autonomie croissante des juristes qui écarte toute influence du pouvoir impérial
Comme une séparation accrue entre l’activité impériale et la réflexion des jurisconsultes

Comme un contrôle progressif de la jurisprudence sans soumission totale des juristes

Explication

La relation plus étroite avec l’empereur permet un contrôle progressif de la jurisprudence, mais elle ne supprime pas l’autonomie intellectuelle des jurisconsultes. Assimiler ce contrôle à une soumission complète constitue précisément la confusion à éviter.

49. Quel principe caractérise le droit romain classique en matière de production juridique ?

Une priorité accordée aux usages locaux qui écarte les catégories de la science juridique
Un pluralisme des sources complété par l’interprétation et l’adaptation de règles nouvelles
Une centralisation des sources autour de décisions impériales progressivement uniformisées
Une conservation des anciennes règles sans transformation par les pratiques juridiques

Un pluralisme des sources complété par l’interprétation et l’adaptation de règles nouvelles

Explication

Le droit romain classique repose sur plusieurs sources, tandis que les anciennes règles sont complétées, interprétées et adaptées par de nouvelles pratiques. Il ne se réduit donc ni à une conservation immobile des règles anciennes ni à une centralisation impériale complète.

50. Quel ensemble d’évolutions illustre le début de la captation impériale du droit romain ?

La création des comices, la rédaction de la loi des Douze Tables et l’abandon des avis de jurisconsultes
La fixation de l’édit du préteur sous Hadrien, le ius publice respondendi d’Auguste et l’intégration des jurisconsultes au conseil impérial
La reconnaissance des coutumes provinciales, l’élection des préteurs et la délégation du pouvoir normatif aux sénateurs
La codification de Justinien, la suppression de la jurisprudence et la centralisation tardive des constitutions impériales

La fixation de l’édit du préteur sous Hadrien, le ius publice respondendi d’Auguste et l’intégration des jurisconsultes au conseil impérial

Explication

La captation impériale commence notamment par la fixation de l’édit du préteur sous Hadrien, l’octroi par Auguste du ius publice respondendi ex auctoritate principis et l’intégration des jurisconsultes au conseil impérial. Cette évolution reste toutefois incomplète à l’époque classique, contrairement à la période post-classique où l’empereur tend à devenir la principale source productive du droit.

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Mémorisez les réponses avec 87 flashcards sur Évolution des sources du droit romain.

Qu'est-ce que la loi en droit ?

Une règle édictée par une autorité publique compétente.

Qu'est-ce que la coutume en droit ?

Un usage répété dans le temps et accepté comme règle obligatoire.

Qu'est-ce que la jurisprudence ?

L'ensemble des décisions rendues par les tribunaux qui orientent l'interprétation des règles.

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Consultez la fiche de révision complète sur Évolution des sources du droit romain.

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