📋 Plan du Cours
- Ancien droit romain
- Droit classique romain
- Droit romain tardif et compilations
- Droit ethnique des Francs
- Droit territorial et capitulaires
- Genèse des coutumes territoriales
- Essor de la loi royale
- Droit romain et droit canonique
- Impact des droits savants
- Assujettissement de la coutume
- Domestication de la doctrine et de la jurisprudence
- Supériorité de la loi nationale
📖 1. Ancien droit romain
🔑 Notions clés & Définitions
- Fas et nefas : Notions religieuses romaines qui distinguent ce que les dieux autorisent (fas) de ce qu’ils interdisent (nefas).
- Fas : Fas désigne ce qui est autorisé par les dieux et sert de base à certaines règles avant la séparation entre sacré et droit humain.
- Coutume : Règle non écrite fondée sur des usages répétés dans le temps, considérée comme source majeure du droit à l’époque royale.
- Lois royales : En tradition, lois attribuées aux rois légendaires, présentées comme une forme de règles plutôt qu’un droit véritablement écrit et conservé.
- Loi des XII Tables : Législation romaine majeure écrite, issue d’une crise sociale, qui fixe des règles destinées à être connues et appliquées par tous les citoyens.
📝 Points essentiels
- Entre 753 et 509 av. JC, la coutume joue un rôle central et se présente comme source essentielle du droit, tandis que le droit n’est pas élaboré par un code écrit.
- À l’époque royale, le droit est fortement religieux : le fas (autorisé par les dieux) et le nefas (interdit) se distinguent du ius, droit humain.
- Les “lois royales” sont associées à des rois légendaires et à une dimension plus légendaire que réelle, avec peu ou pas de traces d’un véritable droit écrit.
- La loi des XII Tables (451 av. JC puis 450 av. JC) naît de la revendication des plébéiens d’obtenir une connaissance publique du droit face aux patriciens.
- Les XII Tables ne constituent pas un code complet : elles fixent surtout des anciennes coutumes majeures, avec des dispositions de droit privé, un cadre de paix sociale et une procédure civile.
💡 Astuce mémo
Pense à la séparation romaine : Fas = “dieux OK”, Nefas = “dieux NON”, et le Ius arrive pour l’humain.
📖 2. Droit classique romain
🔑 Notions clés & Définitions
- Jurisprudence classique : La jurisprudence classique regroupe l’activité des jurisconsultes qui transforment le droit en doctrine structurée et en science autonome.
- Ius publice respondendi : L’ius publice respondendi est un privilège accordé par le prince à certains jurisconsultes, leur donnant des consultations bénéficiant d’une autorité proche de l’officiel.
- Droit prétorien : Le droit prétorien est l’ensemble des règles créées par l’action du prêteur lors du procès, afin d’adapter le droit aux situations non prévues par le ius civil.
- Édit perpétuel : L’édit du prêteur devient perpétuel lorsque son contenu se stabilise, ce qui limite la création continue de nouvelles actions.
- Constitutions impériales : Les constitutions impériales sont les décisions législatives de l’empereur qui deviennent, avec le temps, une source du droit à part entière.
📝 Points essentiels
- Au iie siècle av. J.-C., l’activité doctrinale passe d’un traitement de cas à une construction plus logique, avec une méthode en opérations, analyse, catégories et règles générales.
- Les consultations fondées sur l’ius publice respondendi conservent la nature d’œuvre du jurisconsulte, mais influencent fortement juges et décisions par l’autorité du prince.
- Le prêteur crée une action nouvelle quand le cas n’est pas prévu par la loi, puis formule un cadre appelé formule pour que le litige soit tranché.
- Le droit prétorien reste distinct du ius civile, est utilisable sans être réservé aux seuls citoyens et évolue tant que l’édit n’est pas figé.
- À partir du ive siècle, la législation impériale devient dominante, et l’empereur impose sa volonté par plusieurs types d’actes comme l’édit, le décret, le rescrit et le mandat.
💡 Astuce mémo
Doctrine = « cas → méthode → catégories → règles » ; Prêteur = « formule pour créer l’action ».
📖 3. Droit romain tardif et compilations
🔑 Notions clés & Définitions
- Coutume supplétive : La coutume supplée la loi en comblant une lacune et est alors traitée comme source obligatoire de règle de droit.
- Coutume concurrente : La coutume peut entrer en concurrence directe avec la loi, être considérée comme équivalente en fondement et parfois remplacer la loi.
- Code Théodosien : Le Code Théodosien, promulgué en 438, rassemble les constitutions impériales et constitue un recueil majeur de droit romain tardif.
- Corpus iuris civilis : Le Corpus iuris civilis est l’ensemble des compilations de Justinien, produit pour remettre en ordre et diffuser le droit romain.
📝 Points essentiels
- Au IVe siècle, l’empire est partagé entre Occident et Orient en 395, ce qui marque une crise politique et religieuse avec effets sur les institutions et le droit.
- Le Code Théodosien est promulgué en 438 et rassemble toutes les constitutions depuis 310, en vigueur jusqu’en 476 dans l’Empire d’Orient puis durablement à l’échelle historique.
- Justinien lance, de 527 à 565, une compilation en 10 ans confiée à une commission dirigée par Tribonien, avec rejet des règles dépassées et arbitrages entre textes contradictoires.
- Les compilations de Justinien se structurent en 4 recueils, dont le Code (529), le Digeste (533) et les Institutes (533), puis les Novelles (à partir de 565) complétant le dispositif.
- Dans la codification officielle, les solutions théodosiennes et justiniennes servent à remettre en ordre un droit jugé trop vaste, ancien ou insuffisant pour la pratique et la diffusion.
💡 Astuce mémo
Codex-Théodo = 438 (depuis 310) ; Justinien compile en 4 blocs : Code 529, Digeste 533, Institutes 533, Novelles 565.
📖 4. Droit ethnique des Francs
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit ethnique des Francs : Droit appliqué selon l’appartenance du individu au peuple, où chaque groupe conserve ses traditions juridiques après l’installation en Gaule.
- Système de personnalité des lois : Principe selon lequel la loi applicable à une personne dépend de son origine, donc de sa « loi nationale » de naissance, maintenue toute la vie.
- Lois nationales barbares : Rédactions écrites des coutumes propres à chaque peuple barbare, promulguées pour fixer et rendre opposable leur droit.
- Lois romaines des barbares : Recueils de droit romain ordonnés par les rois pour les sujets romains, progressivement adaptés et de plus en plus éloignés de l’Empire.
📝 Points essentiels
- Chaque individu a une loi d’origine liée à sa naissance, de sorte qu’une société mêlée applique plusieurs droits selon les groupes ethniques.
- En cas de conflit entre personnes de peuples différents, la détermination de la loi applicable devient complexe et peut conduire à des refus ou à des ajustements.
- Pour des mariages mixtes, la loi du mari peut guider le traitement des questions patrimoniales et de propriété.
- Les Francs rédigent leurs coutumes en lois écrites au début VIe siècle, avec deux ensembles : loi salique pour saliens et francs rhénans et loi ripuaire.
- La loi ripuaire (Dagobert Ier) prévoit des tarifs, par exemple 600 deniers pour une blessure avec effusions de sang et 24000 deniers pour une castration d’un compagnon du roi.
💡 Astuce mémo
Personnalité des lois = Naissance → Loi nationale, donc on applique le droit du peuple où l’on est né.
📖 5. Droit territorial et capitulaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Capitulaire carolingien : Prescription du prince carolingien composée de plusieurs chapitres, discutée puis promulguée pour exprimer une législation à vocation territoriale.
- Plaids généraux : Assemblée réunissant des participants ecclésiastiques et laïques où la décision du prince est discutée avant sa promulgation.
- Missi dominici : Agents du pouvoir royal chargés de diffuser l’application de la législation décidée par le prince dans l’ensemble du territoire.
- Personnalité des lois : Principe selon lequel la loi applicable dépend de l’origine ethnique de l’individu, ce qui rend la cohabitation de lois multiples plus complexe.
- Territorialité du droit : Principe où la loi applicable s’attache d’abord au territoire et aux usages locaux, rendant le droit moins dépendant des appartenances ethniques.
📝 Points essentiels
- Les capitulaires prennent forme chez les Carolingiens et visent l’instauration d’un droit commun à l’échelle du royaume ou de l’empire, notamment sous Charlemagne avec environ 200 lois.
- La promulgation des capitulaires repose sur une discussion en plaids généraux, puis sur la diffusion assurée par les missi dominici au nom de l’autorité du roi.
- Vers 884, la fin des derniers capitulaires carolingiens entraîne la disparition durable d’une forme écrite de lois pendant environ trois siècles.
- La territorialité progresse au milieu du IXe siècle notamment parce que les lois personnelles tombent en désuétude avec le mélange des populations et la montée d’une identité politique territoriale.
- La territorialité est renforcée par la dislocation du pouvoir après le partage de l’empire entre les trois fils de Louis le Pieux (traité de Verdun), qui affaiblit l’unité politique et favorise des pouvoirs locaux.
💡 Astuce mémo
Capitulaire = Chapitres du roi, validés en Plaids, diffusés par les Missi : quand le pouvoir recule, la loi devient territoriale et coutumière.
📖 6. Genèse des coutumes territoriales
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit coutumier local : Le droit coutumier local correspond à des règles applicables à l’intérieur d’un ressort, construites par la pratique et soutenues par le sentiment de nécessité juridique.
- Ressort coutumier : Le ressort coutumier est la zone dans laquelle une coutume s’impose aux habitants et aux biens, et sert de critère pour déterminer la règle applicable en cas de litige.
- Statut réel : Le statut réel relie la règle coutumière au bien immobilier, de sorte que la coutume du lieu de situation du bien s’applique au litige.
- Statut personnel : Le statut personnel rattache la règle coutumière à la personne, de sorte que la coutume du lieu du domicile de l’individu s’applique.
📝 Points essentiels
- La coutume se forme quand des usages se perpétuent, s’accompagnent d’une conviction de nécessité juridique et deviennent des règles appliquées par le ressort local.
- Chaque coutume n’est applicable que dans son ressort, et elle s’impose aux personnes qui y résident ainsi qu’aux biens qui s’y trouvent.
- En cas de litige, la coutume retenue est celle du lieu où siège le tribunal saisi.
- Pour résoudre les conflits de coutumes, la distinction entre statut réel et statut personnel rattache l’application soit au lieu du bien soit au domicile de l’individu.
- La coutume orale est difficile à prouver car son existence repose sur l’ancienneté et des précédents, et le juge exige de savoir si la règle est établie.
- La transition vers l’écrit débute par des rédactions locales, avec d’abord une logique de validation publique dans le sud, puis des recueils privés au nord à partir de la fin du XIIe siècle.
💡 Astuce mémo
Statut réel = bien immobilier (lieu du bien) ; statut personnel = personne (lieu du domicile).
📖 7. Essor de la loi royale
🔑 Notions clés & Définitions
- Pouvoir de ban : Le pouvoir de ban est la capacité du roi à commander localement, surtout au temps où la monarchie reste trop affaiblie pour produire des lois générales.
- Lettres royaux : Les lettres royaux sont des actes normatifs de valeur spéciale, destinés à un groupe restreint ou à une seule personne.
- Mandement : Le mandement est une forme d’acte royal à destination ciblée, qui s’inscrit dans la pratique de la législation du roi avant l’unification progressive du droit.
- Ministerium regis : Le ministerium regis désigne la fonction du roi qui justifie son pouvoir d’ordonner, car sa mission l’engage dans le gouvernement de l’ensemble du royaume.
- Ce qui plaît au prince : La formule « ce qui plaît au prince a force de loi » exprime l’idée juridique reprise pour soutenir l’autonomie législative du roi de France.
📝 Points essentiels
- Entre le milieu du XIIe siècle et la fin du XIIe siècle, Louis VII commence à prendre des actes à portée législative surtout dans le domaine royal avant les résistances féodales.
- En 1223, les ordonnances de Louis VIII tendent à s’imposer à tous les seigneurs, y compris ceux qui n’ont pas juré, ce qui renforce la portée de la législation royale.
- À partir de la fin du XIIIe siècle avec Philippe le Bel, le roi acquiert le monopole de la loi et peut édicter des textes obligatoires pour l’ensemble du royaume.
- Sous Philippe Auguste (début XIIIe), les actes royaux se répartissent surtout en décisions à valeur spéciale (lettres royaux, privilèges, mandements) et en portée générale (établissements, ordonnances).
- Pour être adoptée, une loi suit un circuit précis : rédaction par le chancelier avec le sceau, signature par le roi, enregistrement au Parlement, puis envoi aux représentants du roi pour publication.
- Le pouvoir de légiférer est limité par l’exigence d’un objet d’intérêt général et d’une intervention motivée par une cause raisonnable conforme à la raison (liée à l’ordre divin).
💡 Astuce mémo
Ban = commande limitée, Louis VII = début timide, 1223 = extension, Philippe le Bel = monopole de la loi.
📖 8. Droit romain et droit canonique
🔑 Notions clés & Définitions
- Droits savants : Ensemble des droits écrits, précis et enseignés à l’université, qui deviennent des références communes pour résoudre les questions juridiques.
- Renaissance du droit romain : Redécouverte et réélaboration du droit de Justinien par des juristes qui l’étudient, l’enseignent et le diffusent, avec des méthodes d’analyse de plus en plus élaborées.
- Décret de Gratien : Recueil canonique du XIIe siècle qui met en ordre les décisions ecclésiastiques et cherche à résoudre les contradictions entre textes du droit de l’Église.
- Corpus iuris canonici : Ensemble des recueils du droit canonique qui se forme quand la papauté renforce sa législation et fait rassembler les décrétales pour en assurer la conservation.
📝 Points essentiels
- Entre la fin du XIe siècle et le XIIe siècle, le droit romain est redécouvert et enseigné notamment à partir de Bologne, avec l’étude/commentaire du droit de Justinien.
- Au XIIe siècle, l’enseignement du droit romain suit d’abord une méthode de gloses (explication très centrée sur le texte), puis évolue vers une approche plus critique et structurante des post-glossateurs.
- La réforme grégorienne (fin XIe siècle) pousse à lier plus étroitement la connaissance du droit à l’organisation de l’Église, favorisant l’élaboration du droit canonique.
- Vers 1140, le Décret de Gratien à Bologne rassemble environ 4000 textes et vise à ordonner les canons en conciliant les passages discordants.
- À partir du XIIe siècle, la multiplication des décrétales pontificales conduit à constituer un Corpus iuris canonici, avec des recueils comme l’Extra Decretum et d’autres compilations à suivre.
💡 Astuce mémo
Rome = juristes et gloses; Église = Gratien puis corpus des décrétales.
📖 9. Impact des droits savants
🔑 Notions clés & Définitions
- Systématisation du droit : Démarche savante consistant à organiser les règles en ensembles cohérents pour mieux les comprendre, les comparer et les appliquer.
- Distinction public-privé : Grille d’analyse qui sépare ce qui relève du droit public de ce qui relève du droit privé pour adapter les solutions juridiques.
- Procédure romano-canonique : Procédure pénale issue de la rencontre des techniques romaines et canoniques, qui transforme la pratique du traitement des affaires pénales.
📝 Points essentiels
- Les droits savants changent la manière de réfléchir le droit en imposant une séparation entre droit privé et droit public.
- La systématisation du droit correspond à une mise en ordre des règles pour structurer l’analyse juridique.
- La pratique quotidienne du droit se modifie notamment en droit privé, avec des transformations concrètes des règles utilisées.
- L’évolution du droit pénal est illustrée par la procédure romano-canonique, qui marque un tournant de la pratique pénale.
- Les droits savants conduisent à repenser le pénal en l’ouvrant aux apports combinés du monde romain et de la pratique canonique.
💡 Astuce mémo
Public privé = 2 tiroirs; pénal romano-canonique = recette mixte Rome + Église.
📖 10. Assujettissement de la coutume
🔑 Notions clés & Définitions
- Rédaction officielle des coutumes : La rédaction royale fait passer les coutumes du statut de pratique locale à un texte soumis à validation du pouvoir central.
- Rôle conservateur du roi : Au Moyen Âge tardif, le roi est présenté comme gardien des bonnes coutumes, chargé d’écarter les mauvaises.
- Réformation des coutumes : La réformation, surtout au XVIe siècle, vise à corriger les défauts de la première rédaction en modernisant le fond et la forme.
- Droit coutumier consolidé : La mise par écrit rend les coutumes plus stables et diminue leur fragmentation par la réduction du nombre de coutumes.
📝 Points essentiels
- Sous Charles VII, la rédaction officielle des coutumes (ordonnance de 1454) sert à placer la coutume sous l’autorité du roi gardien.
- La logique monarchique évolue : le roi devient, au XVe, garant des bonnes coutumes et doit distinguer bonnes et mauvaises coutumes avant validation.
- La réformation du XVIe siècle corrige des rédactions jugées trop rapides, lacunaires ou discordantes, et vise à supprimer des contradictions de coutumes.
- La rédaction puis la réformation réduisent le morcellement : les coutumes générales dominent et font disparaître beaucoup de coutumes locales au XVIIIe siècle.
- À travers l’approbation royale, les coutumes deviennent des normes d’application conditionnées par l’aval du roi, ce qui renforce le pouvoir monarchique.
💡 Astuce mémo
Roi = filtre : on écrit la coutume, on la répare, puis on l’applique seulement quand elle est validée.
📖 11. Domestication de la doctrine et de la jurisprudence
🔑 Notions clés & Définitions
- Doctrine coutumière : Doctrine fondée sur le commentaire des coutumes et la recherche de leur esprit, afin de rapprocher des coutumes différentes vers un droit commun coutumier.
- Droit français enseigné : Mesure visant à diffuser un enseignement universitaire centré sur le droit français plutôt que sur le droit romain et canonique, afin de mieux contrôler les sources.
- Jurisprudence générale : Rôle de la jurisprudence du Parlement de Paris comme modèle pour l’ensemble du royaume, surtout par ses arrêts qui orientent l’évolution du droit.
- Arrêt en équité : Décision par laquelle un parlement peut modérer la loi ou la coutume pour rester dans le raisonnable, à l’occasion d’un procès.
- Arrêt de règlement : Arrêt du parlement doté d’une autorité propre qui pose une règle générale et s’impose à tous pour l’avenir.
📝 Points essentiels
- Le juge royal intervient pour écarter les mauvaises coutumes en reformulant la coutume, et pour interpréter la loi quand son sens est obscur.
- La doctrine coutumière du XVIe siècle vise une unité à partir de la diversité des coutumes en comparant leurs règles et en recherchant leurs caractères communs.
- L’édit de Saint-Germain-en-Laye d’avril 1679 (art. 14) remplace l’enseignement du droit romain et canonique par celui du droit français dans les universités.
- L’ordonnance civile de 1667 retire aux magistrats le pouvoir de juger en équité, critiqué comme source d’arbitraire et d’erreurs.
- Les arrêts de règlement créent une règle générale pour tous, distincte des seules décisions rendues pour un procès particulier.
- Le Parlement de Paris est considéré comme un modèle, mais ses arrêts sont critiqués pour le défaut de motivations et pour l’interdiction de publication sans autorisation.
💡 Astuce mémo
Trois repères : 1679 pour enseigner le droit français, 1667 pour stopper l’équité, et « règlement » = règle générale pour tous.
📖 12. Supériorité de la loi nationale
🔑 Notions clés & Définitions
- Vision nationale du droit : Vision selon laquelle le droit romain ne peut pas s’imposer tel quel comme droit positif dans un autre peuple et une autre époque.
- Loi de la nation : Principe selon lequel la loi issue de la volonté générale, portée par des représentants, devient la source centrale du droit.
- Culte de la loi : Idée selon laquelle la loi occupe le sommet de l’ordre juridique et est censée suffire, rendant les sources concurrentes moins nécessaires.
- Rôle déclaratif du juge : Attribution au juge d’un travail principalement d’application de la loi, avec un pouvoir d’interprétation dans la pratique.
📝 Points essentiels
- La conception nationale du droit affirme que le droit romain ne peut pas relever du droit positif quand il ne correspond pas à la société concernée.
- La loi de la nation est présentée comme parfaite et comme source du droit, car elle exprime collectivement une volonté générale à laquelle les citoyens consentent en y participant.
- À la suite de cette hiérarchie, les coutumes sont censées perdre de l’importance et le juge n’a plus vocation à créer le droit.
- Le plan codificateur vise une suprématie de la loi : le Code pénal de 1791 est adopté, mais le code civil ne réussit pas avant celui de 1804.
- En 1804, le silence du code conduit à recourir à une activité interprétative et au rôle reconnu à la doctrine, notamment pour combler une absence de loi.
💡 Astuce mémo
Nation = VOLONTÉ GÉNÉRALE → LOI SOMMET : si le code est silencieux, on comble (d’abord par interprétation, puis doctrine).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 753 av JC | Début de la royauté romaine (753-509) et place centrale de la religion et de la coutume |
| 509 av JC | Fin de la royauté romaine (début de la République) ; la coutume reste déterminante |
| 451 av JC | Obtention par les plébéiens de la rédaction des XII Tables (décemvirs) |
| 450 av JC | Rédaction et affichage des XII Tables sur le forum |
| 287 av JC | Lex Hortensias : rapprochement des lois de la cité et des plébiscites |
| 395 | Partage de l’Empire romain en Occident/Orient |
| 438 | Promulgation du Code Théodosien (rassemble les constitutions depuis 310) |
| 476 | Chute de l’Empire d’Occident ; basculement vers des royaumes barbares en Gaule |
| 502 | Loi Gombette (Burgondes) : rédaction des coutumes barbares |
| 1454 | Ordonnance de Charles VII : rédaction officielle des coutumes |
📊 Tableaux de synthèse
Régimes de Rome et cadres (résumé)
| Période | Bornes | Cadre juridique dominant |
|---|
| Royauté | 753 av JC-509 av JC | Religion (fas/nefas) et droit non écrit fondé sur la coutume |
| République | 509-27 av JC | Coutume concurrente des lois écrites (XII Tables, législation) |
| Haut Empire | 27 av JC-284 av JC | Montée de la législation impériale via constitutions (droit en transformation) |
| Bas Empire (Occident) | 284-476 | Crises et codifications ; triomphe de la législation impériale |
Blocs de codification de Justinien (recueils)
| Recueil | Date (début) | Fonction |
|---|
| Code | 529 | Constitutions impériales (recensement/ordre) |
| Digeste | 533 | Extraits de la jurisprudence classique avec valeur de loi |
| Institutes | 533 | Manuel d’enseignement bref du droit |
| Novelles | 565 | Compléments par constitutions postérieures (à partir de 534) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre fas/nefas (religieux) avec ius : le fas/nefas relèvent des dieux, tandis que le ius est le droit humain.
- Croire que les XII Tables sont un “code complet” : elles fixent surtout des anciennes coutumes majeures et la procédure civile, sans couvrir tout le droit.
- Mélanger droit prétorien et ius civile : le prêteur crée/adapter des actions (formule) sans effacer immédiatement le ius civile.
- Oublier que la doctrine (ius publice respondendi) conserve, en théorie, le caractère d’œuvre du jurisconsulte : la “valeur” vient de l’autorité du prince.
- Se tromper sur la différence coutume orale/écrite : la coutume est d’abord difficile à prouver et le passage à l’écrit vise la stabilité et la preuve.
- Prendre “personnalité des lois” pour “territorialité” : la loi suit la personne (origine) sous les royaumes, alors que la coutume territoriale s’impose au ressort et aux biens.
- Croire que la loi nationale rend les juges totalement inactifs : même avec la suprématie de la loi, il reste un rôle d’interprétation lorsque le code est silencieux.
✅ Checklist Examen
- Situer les régimes de Rome (royauté puis république puis empire) et expliquer ce qui domine en royauté : fas/nefas et coutume non écrite.
- Définir fas et nefas, puis articuler leur rapport avec le ius (droit humain) dans la Rome primitive.
- Exposer le rôle de la coutume (753-509) et présenter pourquoi “lois royales” = dimension plus légendaire que réelle, proche de la coutume.
- Décrire la crise plébéienne et rappeler l’origine/les dates 451-450 av JC de la loi des XII Tables, puis ses limites (pas un code complet).
- Comparer l’évolution républicaine : lois de la cité (leges rogatae) vs plébiscites, puis donner l’effet de la lex Hortensias (287 av JC).
- Présenter la doctrine comme source en expansion au IIe siècle : méthode en opérations, analyse, catégories, règles générales ; distinguer consultation doctrinale et ius publice respondendi.
- Expliquer la création du droit prétorien : procès en deux temps, action créée et formule ; préciser l’idée d’édit perpétuel (figer après stabilisation).
- Décrire l’accès à la législation impériale : constitutions impériales (édit/décret/rescrit/mandat) et leur montée au IIIe-IVe siècle, avec la notion de “triomphe”.
- Rappeler la crise et le partage (395), puis exposer la codification officielle : Code Théodosien (438) et la logique de codifier pour rendre praticable/diffusable le droit.
- Présenter la contribution germanique : personnalité des lois (loi nationale de naissance), conflits (dont mariage mixte) et passage à des lois écrites barbares (lois salique/ripuaire, etc.).
- Expliquer la transition à la territorialité : causes (mélange des populations + dislocation politique/partage) et mécanismes (ressort/siège du tribunal, statut réel vs statut personnel).
- Suivre l’assujettissement de la coutume sous tutelle royale : rédaction officielle (1454), réformation, effets (consolidation et baisse du morcellement), puis domestication du juge et des sources savantes (1679, 1667, arrêts de règlement/équité).
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