Fiche de révision : Introduction à la législation et à l'inclusion du handicap

Plan du Cours

  1. Évolution législative handicap
  2. Concepts de handicap
  3. Droits individuels
  4. Structures d'accompagnement
  5. Scolarisation inclusive
  6. Accessibilité et ressources
  7. Inclusion sociale
  8. Autonomie et autodétermination
  9. Réformes et lois clés
  10. Dispositifs pour enfants
  11. Dispositifs pour adultes

1. Évolution législative handicap

Notions clés & Définitions

  • Principes fondamentaux de la loi 2005-102 : La loi vise à garantir l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, en s’appuyant sur la solidarité nationale, le droit à l’autonomie, et la reconnaissance de leur place dans la société.

  • Définition du handicap selon la loi 2005-102 : La loi définit le handicap comme « toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant » (art. L114 du CASF).

  • Les 6 grands types de handicap reconnus par la loi :

    1. Maladies invalidantes
    2. Handicaps physiques
    3. Handicaps visuels
    4. Handicaps auditifs
    5. Maladies mentales
    6. Handicaps mentaux et troubles d’origine neurologique (TND)
  • Les domaines d'évolution du handicap : Éducation, emploi, accessibilité, accompagnement, ressources, scolarisation, et citoyenneté.

Points essentiels

  • La législation a évolué depuis 1909, en passant par la reconnaissance progressive des droits fondamentaux (loi de 1975, 1990, 1996, 2002, 2005, et plus récemment 2023).
  • La loi de 2005-102 marque une rupture en introduisant une définition du handicap centrée sur la situation de la personne, non plus uniquement sur la déficience médicale.
  • La loi établit la reconnaissance de 7 types de handicap, intégrant aussi bien les maladies invalidantes que les troubles neurologiques.
  • La mise en place de structures comme la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) et la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) facilite l’accès aux droits et prestations.
  • La loi favorise une approche inclusive, passant d’une logique d’intégration à une logique d’inclusion, respectant la diversité et le plein droit de participation de tous.

À retenir

La loi 2005-102 constitue une avancée majeure en redéfinissant le cadre législatif du handicap, en insistant sur l’autonomie, la citoyenneté, et l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap, tout en reconnaissant la diversité des types de handicap.

2. Concepts de handicap

Notions clés & Définitions

Concept de handicap : La loi du 11 février 2005 (art. L114 du CASF) définit le handicap comme « toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

Modèle médical du handicap : Approche qui considère le handicap comme une conséquence d’une maladie ou d’une déficience. Selon Ph. Wood (1980), il s’agit d’une altération d’une fonction ou structure psychologique, physiologique ou anatomique, qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle considéré comme normal, en lien direct avec la maladie ou la déficience. Ce modèle voit le handicap comme un problème individuel, principalement créé par la maladie.

Modèle social du handicap : Approche qui perçoit le handicap comme une construction sociale, créée par l’environnement et les barrières sociales. Le handicap résulte des obstacles que la société met en place, plutôt que de la déficience elle-même. Il insiste sur la nécessité d’éliminer ces barrières pour favoriser l’inclusion.

Classification internationale du fonctionnement (CIF) : Adoptée par l’OMS en 2001, cette classification ne porte pas sur la personne, mais sur son fonctionnement. Elle décrit les situations liées au handicap, en mettant l’accent sur la participation à la vie sociale et la levée des barrières ou restrictions, permettant une approche plus inclusive et globale du handicap.

Points essentiels

  • La loi de 2005-102 introduit une définition du handicap qui inclut la limitation d’activité ou la restriction de participation, en lien avec une altération durable ou définitive de fonctions ou troubles.
  • Le modèle médical voit le handicap comme une conséquence directe de la déficience ou maladie, avec une focalisation sur la personne.
  • Le modèle social considère le handicap comme le résultat d’obstacles sociaux, environnementaux ou institutionnels.
  • La CIF (2001) change la perspective en se concentrant sur le fonctionnement et la participation, plutôt que sur la déficience seule.
  • La reconnaissance du handicap évolue d’une approche centrée sur la déficience vers une approche inclusive, intégrant environnement et société.

À retenir

Le concept de handicap a évolué d’une vision médicale centrée sur la déficience vers une conception plus sociale et inclusive, notamment avec la CIF, qui met l’accent sur le fonctionnement et la participation sociale.

3. Droits individuels

Notions clés & Définitions

Droits fondamentaux des personnes handicapées : Ensemble des droits reconnus à toute personne en situation de handicap pour garantir leur dignité, leur participation et leur citoyenneté, notamment le droit à l’éducation, à la citoyenneté, et à la compensation (source : loi 2005-102).

Droit à la compensation : Droit permettant aux personnes handicapées de bénéficier de ressources et d’aides financières ou techniques pour pallier leur perte d’autonomie, afin de favoriser leur participation à la vie sociale (source : loi 2005-102).

Droit à l’autonomie : Droit de toute personne en situation de handicap à vivre de manière indépendante, à exercer ses choix et à bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour réaliser ses projets de vie (source : loi 2005-102).

Droit à l’éducation et à la citoyenneté : Droit pour les personnes handicapées d’accéder à une formation adaptée et de participer pleinement à la vie civique et sociale, dans le cadre d’un environnement inclusif (source : loi 2005-102).

Points essentiels

  • La loi 2005-102 inscrit dans le CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) la reconnaissance du handicap comme un problème de société, avec une évolution vers la conception inclusive.
  • La définition du handicap dans cette loi : « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions » (art. L114 du CASF).
  • La loi établit le droit à la compensation via la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), qui couvre divers types d’aides (humaine, technique, aménagement du logement, etc.).
  • La reconnaissance des droits individuels s’appuie sur la création de dispositifs comme la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) et la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées), qui évaluent et attribuent ces droits.
  • La loi favorise la désinstitutionalisation et l’autonomie, en permettant un accompagnement personnalisé et en promouvant la participation pleine et entière à la société.
  • La reconnaissance du droit à l’éducation et à la citoyenneté implique la mise en place de dispositifs éducatifs adaptés (ex : PPS, ULIS, IME) et la participation à la vie civique (ex : carte d’invalidité, droits à la vote).
  • La loi insiste sur la solidarité nationale, l’égalité de traitement, et la nécessité d’un environnement accessible pour garantir ces droits.

À retenir

La loi 2005-102 marque une avancée majeure en inscrivant dans le droit la reconnaissance des droits fondamentaux, à la compensation, à l’autonomie, à l’éducation et à la citoyenneté des personnes en situation de handicap, dans une logique inclusive et respectueuse de leur pleine participation à la société.

4. Structures d'accompagnement

Notions clés & Définitions

MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) : Organisme départemental chargé d'offrir un accès unique aux droits et prestations pour les personnes handicapées, en facilitant leurs démarches, leur accompagnement et leur orientation (CASF, art. L146-3).

CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) : Instance créée en même temps que la MDPH, qui prend les décisions relatives aux droits, prestations, orientation professionnelle et scolaire des personnes handicapées, sur la base des évaluations et des souhaits de la personne (CASF, art. L146-9).

Dispositifs d’aide et de soutien : Ensemble des services, aides financières, techniques, humaines ou matérielles destinés à compenser le handicap, favoriser l’autonomie et l’inclusion, tels que la PCH, l’aide humaine, l’aménagement du logement ou du véhicule, et les aides spécifiques ou exceptionnelles.

Ressources pour l’inclusion : Moyens et structures permettant d’intégrer pleinement les personnes en situation de handicap dans la société, notamment par des dispositifs comme les ULIS, IME, FAM, FAS, MAS, SAMSAH, SAVS, qui offrent accompagnement éducatif, médical, social ou professionnel.

Points essentiels

  • La MDPH assure un rôle d’accueil, d’information, d’accompagnement et de conseil pour les personnes handicapées et leur famille, en leur proposant un projet de vie et en facilitant la mise en œuvre des droits (CASF, art. L146-3).

  • La CDAPH intervient dans l’attribution des droits et prestations, en se basant sur les évaluations pluridisciplinaires et les souhaits exprimés par la personne ou son représentant légal (CASF, art. L146-9).

  • Les dispositifs d’aide et de soutien comprennent notamment la PCH, qui rembourse les dépenses liées à la perte d’autonomie, et diverses aides techniques, humaines, ou exceptionnelles, permettant de favoriser l’autonomie et la participation sociale.

  • Les ressources pour l’inclusion regroupent des structures spécialisées pour l’accompagnement des enfants (IME, SESSAD, CAMSP) et des adultes (FAM, FAS, MAS, SAMSAH, SAVS), visant à intégrer la personne dans la vie ordinaire tout en lui apportant un soutien adapté.

À retenir

Les structures d’accompagnement, telles que la MDPH et la CDAPH, ainsi que les dispositifs d’aide et de soutien, jouent un rôle central dans la reconnaissance, l’autonomie et l’inclusion des personnes handicapées en leur offrant un parcours personnalisé et adapté à leurs besoins.

5. Scolarisation inclusive

Notions clés & Définitions

Scolarisation inclusive : Approche éducative visant à permettre à tous les élèves, y compris ceux en situation de handicap, de suivre une scolarité dans un environnement ordinaire, avec des adaptations et des dispositifs spécifiques pour répondre à leurs besoins (source : loi 2005-102).

Dispositifs pour l’éducation des enfants en situation de handicap : Structures et services spécialisés qui accompagnent la scolarisation des enfants handicapés, tels que l’IME, le SESSAD, l’ULIS, etc., permettant leur intégration ou inclusion dans le système scolaire (source : loi 2005-102).

Accessibilité dans le milieu scolaire : Ensemble des aménagements, adaptations matérielles, pédagogiques et organisationnelles permettant aux élèves en situation de handicap d’accéder aux locaux, aux activités et aux ressources éducatives dans des conditions équitables (source : loi 2005-102).

Points essentiels

  • La loi 2005-102 inscrit le principe que l’école doit être accessible à tous, avec un droit à l’éducation pour tous les enfants, en adaptant le système éducatif à leurs besoins spécifiques.
  • La scolarisation inclusive repose sur la mise en place de dispositifs tels que les ULIS, IME, SESSAD, FAM, FAS, MAS, etc., pour accompagner les enfants et adultes en situation de handicap.
  • La création du projet personnalisé de scolarisation (PPS) et des équipes de suivi de la scolarisation (ESS) permet de définir et d’organiser les adaptations nécessaires.
  • La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) et la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) jouent un rôle central dans l’attribution des aides et l’orientation vers les dispositifs adaptés.
  • L’accessibilité dans le milieu scolaire concerne aussi bien les locaux que les ressources pédagogiques, avec des aménagements spécifiques pour garantir la participation de tous.
  • La loi insiste sur la nécessité d’un parcours de vie cohérent, intégrant la scolarisation, la formation et l’emploi, pour favoriser l’autonomie et la citoyenneté des personnes en situation de handicap.

À retenir

La scolarisation inclusive vise à garantir à chaque élève, quel que soit son handicap, un accès équitable à l’éducation dans un environnement adapté, grâce à des dispositifs spécifiques et à une organisation flexible.

6. Accessibilité et ressources

Notions clés & Définitions

Accessibilité universelle : Concept visant à rendre tous les environnements, produits et services utilisables par tous, sans exception ni besoin d’adaptation spécifique, afin de garantir la participation pleine et entière des personnes en situation de handicap (source implicite dans la loi 2005-102).

Ressources : Moyens ou dispositifs mobilisés pour favoriser l’autonomie et la participation des personnes handicapées, notamment financières, matérielles ou humaines, permettant de compenser ou d’atténuer les effets du handicap (ex : PCH, aides techniques, aides humaines).

Aides techniques : Équipements ou dispositifs permettant d’améliorer l’autonomie ou la participation des personnes handicapées dans leur vie quotidienne ou professionnelle. Pris en charge par la sécurité sociale pour certains produits (ex : fauteuil roulant).

Dispositifs de compensation : Ensemble de mesures visant à réduire l’impact du handicap sur la vie quotidienne, notamment par des aides financières ou matérielles. Incluent la PCH, aides humaines, aides techniques, aménagements du logement ou du véhicule, etc. (source : loi 2005-102).

PCH (Prestation de Compensation du Handicap) : Aide financière versée par le département pour rembourser les dépenses liées à la perte d’autonomie, permettant d’accéder ou de maintenir l’autonomie dans la vie quotidienne (source : loi 2005-102).

Aides humaines : Assistance apportée par une personne pour aider la personne handicapée dans ses activités quotidiennes ou professionnelles. Reconnues par le décret 2020-1826, avec un montant spécifique selon l’âge de l’enfant (ex : aide à la parentalité).

Points essentiels

  • L’accessibilité universelle vise à supprimer les barrières pour garantir la participation de tous, sans distinction.
  • Les ressources et aides techniques sont essentielles pour compenser le handicap, favoriser l’autonomie et l’intégration sociale.
  • La PCH constitue un dispositif clé de compensation, permettant de couvrir diverses dépenses liées au handicap.
  • Les aides humaines incluent notamment l’aide à la parentalité, reconnue par la loi 2020-1826, avec un montant de 900 €/mois pour les enfants de moins de 3 ans.
  • La prise en charge des aides techniques et aides humaines est souvent assurée par la sécurité sociale ou le département, selon le type d’aide.
  • L’aménagement du logement et du véhicule sont aussi des ressources pour améliorer l’autonomie.
  • La loi 2005-102 insiste sur la nécessité d’une accessibilité universelle pour favoriser l’inclusion sociale et la participation citoyenne.

À retenir

L’accessibilité universelle, combinée aux ressources et dispositifs de compensation, constitue le socle pour garantir l’autonomie, l’inclusion et la participation pleine et entière des personnes en situation de handicap dans la société.

7. Inclusion sociale

Notions clés & Définitions

Inclusion sociale : Participation pleine et entière à la vie économique, sociale et civique, permettant à chaque individu de bénéficier d’un niveau de vie acceptable et de profiter de ses droits fondamentaux, même en présence de difficultés ou de handicaps (source : loi 2005-102). Elle implique que la personne puisse rester dans son environnement, avec un accompagnement adapté si nécessaire, et que ses différences soient reconnues comme une norme.

Participation à la vie civique et sociale : Engagement actif des individus dans la société, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la vie culturelle, et dans l’exercice de leurs droits civiques, favorisant leur intégration et leur reconnaissance en tant que citoyens à part entière (source : loi 2005-102).

Égalité des chances et non-discrimination : Principe selon lequel chaque personne doit avoir un accès équitable aux droits, aux services et aux opportunités, sans distinction liée à ses caractéristiques ou à sa situation, notamment en matière de handicap, de genre, d’origine ou de statut social (source : loi 2005-102).

Points essentiels

  • La loi 2005-102 vise à dépasser la simple intégration pour instaurer une véritable inclusion, où la diversité est considérée comme une norme.
  • L’inclusion sociale ne se limite pas à l’accès aux services, mais concerne aussi la reconnaissance du droit de chaque personne à participer activement à la société.
  • La participation à la vie civique et sociale inclut la scolarisation, l’emploi, la vie culturelle, et la citoyenneté.
  • La non-discrimination repose sur la reconnaissance que les différences ne doivent pas limiter l’accès aux droits et aux libertés fondamentales.
  • La loi insiste sur l’importance d’un accompagnement personnalisé pour favoriser l’autonomie et la participation effective des personnes en situation de vulnérabilité ou de handicap.
  • La reconnaissance de plusieurs types de handicaps et la mise en place de dispositifs (MDPH, CDAPH, PCH) facilitent cette inclusion en adaptant les ressources et les parcours de vie.

À retenir

L’inclusion sociale consiste à garantir à chaque individu, quelles que soient ses caractéristiques, la participation pleine et équitable à la société, en valorisant la diversité et en luttant contre toute forme de discrimination.

8. Autonomie et autodétermination

Notions clés & Définitions

Autonomie : Droit individuel qui permet à une personne de prendre des décisions et de gérer sa vie de manière indépendante, sans dépendance excessive à l’égard d’autrui. Elle implique la capacité de faire des choix personnels et de réaliser ses projets de vie.

Autodétermination : Processus par lequel une personne exerce sa liberté de choisir et de décider par elle-même, en étant maître de ses décisions. Elle concerne la capacité de définir ses propres objectifs et de contrôler sa vie, en respectant ses valeurs et préférences.

Accompagnement personnalisé : Dispositif visant à soutenir la personne dans la réalisation de ses projets de vie, en respectant son rythme, ses besoins et ses souhaits. Il favorise le maintien ou le développement de l’autonomie en proposant un soutien adapté à chaque individu.

Droits individuels et liberté de choix : Concepts fondamentaux qui garantissent à chaque personne la possibilité de faire ses propres choix en matière de vie personnelle, sociale, professionnelle, et de disposer des libertés fondamentales, notamment dans le cadre de leur participation à la société.

Points essentiels

  • La loi 2005-102 inscrit dans le CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) met en avant la reconnaissance du droit à l’autonomie et à l’autodétermination des personnes en situation de handicap.
  • L’autonomie se construit par un processus de déploiement de capacités, souvent soutenu par un accompagnement personnalisé, pour permettre à la personne de participer pleinement à la vie sociale.
  • L’autodétermination implique que la personne puisse exercer ses droits et faire ses choix en toute liberté, en étant informée et accompagnée si nécessaire.
  • L’accompagnement personnalisé doit respecter la volonté de la personne et favoriser son pouvoir d’agir, en cohérence avec ses besoins et ses désirs.
  • La reconnaissance des droits individuels et la liberté de choix sont essentielles pour garantir la citoyenneté et l’inclusion sociale.

À retenir

L’autonomie et l’autodétermination sont des principes fondamentaux qui visent à permettre à chaque individu, notamment en situation de handicap, de prendre en main sa vie en toute liberté, avec un accompagnement adapté pour soutenir leur capacité à faire des choix.

9. Réformes et lois clés

Notions clés & Définitions

Loi 2005-102 (11 février 2005) : Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Elle inscrit dans le CASF une définition du handicap, reconnaît 7 grands types de handicap, et met en place des dispositifs comme la MDPH, la CDAPH, et la PCH. Elle vise à promouvoir une société inclusive, en dépassant la simple intégration pour favoriser la participation pleine et entière des personnes en situation de handicap.

Principes de la législation en faveur des personnes handicapées : Incluent la solidarité nationale, l’accès aux droits fondamentaux, le plein exercice de la citoyenneté, l’égalité de traitement, et la reconnaissance du droit à l’autonomie et à la compensation.

Évolutions législatives récentes : Incluent la loi du 6 mars 2020 qui assouplit l’accès à la PCH, la loi du 8 juillet 2013 sur la refondation de l’école inclusive, la loi du 19 juillet 2023 protégeant les familles d’enfants gravement malades ou en situation de handicap, et la loi du 20 novembre 2020 sur l’accueil inclusif en EAJE. Ces lois renforcent la reconnaissance des droits individuels, l’autonomie, et la participation sociale.

Réformes majeures : La loi 1909, la loi d’orientation de 1975, la loi de 1990 contre les discriminations, la loi de 1996 modifiant la loi de 1975, la loi 2002 sur la rénovation de l’action sociale, et la loi 2005 qui marque un tournant vers une approche plus inclusive et centrée sur les droits individuels.

Points essentiels

  • La loi 2005-102 constitue une avancée majeure en définissant officiellement le handicap comme une limitation d’activité ou restriction de participation liée à une altération durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions.
  • Elle reconnaît 7 types de handicap : maladies invalidantes, handicaps physiques, visuels, auditifs, mentaux, troubles neurologiques, et maladies mentales.
  • La loi établit la création de la MDPH, la CDAPH, et la PCH pour faciliter l’accès aux droits, à l’accompagnement, et à la compensation.
  • Elle promeut une société inclusive, où la participation sociale, l’accessibilité, et la reconnaissance des droits sont prioritaires.
  • Les lois successives ont permis d’étendre et de renforcer ces principes, notamment en matière d’éducation, d’emploi, et de soutien aux familles.
  • La réforme SERAFIN PH (2015) vise à aligner les financements des services et établissements avec les parcours des personnes handicapées, favorisant une approche cohérente et personnalisée.

À retenir

La loi 2005-102 marque une transition fondamentale vers une société plus inclusive, en centrant la législation sur les droits, l’autonomie et la participation des personnes en situation de handicap, tout en intégrant les évolutions récentes pour renforcer cette dynamique.

10. Dispositifs pour enfants

Notions clés & Définitions

  • Dispositifs pour enfants : Ensemble des structures, aides et services spécifiques destinés à accompagner, soutenir et favoriser la scolarisation et le développement des enfants en situation de handicap ou ayant des besoins éducatifs particuliers.
  • AEEH (Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé) : Prestation financière versée aux familles pour couvrir les dépenses liées à la prise en charge d’un enfant en situation de handicap, lorsque le taux d’incapacité est d’au moins 80%.
  • AESH (Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap) : Personne recrutée pour accompagner les enfants en situation de handicap dans leur parcours scolaire, notamment en classe.
  • Structures d'accueil et d'éducation spécialisée : Établissements ou services dédiés à l'accompagnement éducatif, médical ou social des enfants en situation de handicap, tels que IME, IEM, SESSAD, CAMSP, etc.
  • Aides spécifiques pour la scolarisation : Dispositifs ou mesures permettant d’adapter l’environnement scolaire (aménagements, matériel pédagogique, accompagnement) pour garantir l’accès et la réussite des enfants en situation de handicap.

Points essentiels

  • La loi du 11 février 2005 établit le principe du droit à l’éducation pour tous, en créant notamment le projet personnalisé de scolarisation (PPS) et les équipes de suivi de la scolarisation (ESS).
  • La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) joue un rôle central dans l’évaluation des besoins et l’attribution des aides, notamment via la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées).
  • Plusieurs dispositifs pour les enfants existent :
    • IME (Institut Médico-Éducatif) : Établissement pour l’éducation et le soin des enfants avec handicap mental ou troubles du développement.
    • SESSAD (Service d’Éducation et de Soins Spécialisés à Domicile) : Service intervenant à domicile pour accompagner l’enfant dans son environnement familial.
    • CAMSP (Centre d’Action Médico-Sociale Précoce) : Structure de dépistage et d’orientation pour enfants de 0 à 6 ans.
    • IEM (Institut d’Éducation Motrice) : Établissement pour l’éducation et la rééducation des enfants avec troubles moteurs ou cognitifs.
  • Pour les adultes, dispositifs comme FAM, MAS, FAS, SAMSAH, SAVS assurent un accompagnement adapté à leur situation.
  • La scolarisation inclusive implique l’adaptation des établissements, la mise en place d’ULIS (Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire), et la présence d’AESH pour accompagner l’élève.

À retenir

Les dispositifs pour enfants, encadrés par la loi de 2005, visent à garantir leur droit à une scolarisation adaptée, en proposant des structures spécialisées, des aides financières et un accompagnement personnalisé pour favoriser leur inclusion et leur autonomie.

11. Dispositifs pour adultes

Notions clés & Définitions

Dispositifs pour adultes : Ensemble des structures, aides et mesures destinées à favoriser l’autonomie, l’insertion professionnelle, le logement et la participation sociale des personnes en situation de handicap à l’âge adulte.

Aides à l’emploi : Dispositifs et obligations visant à encourager l’embauche et l’intégration des personnes handicapées dans le monde du travail, notamment par des mesures législatives et financières (ex : obligation d’emploi de 6 % pour les entreprises d’au moins 20 salariés).

Soutien à l’autonomie et à la vie quotidienne : Ensemble des aides, services et aménagements permettant aux adultes handicapés de vivre de manière indépendante, notamment par l’aide humaine, l’aménagement du logement, le transport adapté, et les aides techniques.

Points essentiels

  • La loi 2005-102 inscrit dans le CASF (Code de l’Action Sociale et des Familles) établit un cadre pour les dispositifs destinés aux adultes, notamment via la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui facilite l’accès aux droits et prestations.
  • La CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) attribue des prestations telles que la PCH (Prestation de Compensation du Handicap), l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés), et oriente vers des dispositifs d’accompagnement.
  • La PCH couvre plusieurs types de soutien : aide humaine, aides techniques, aménagement du logement, transport adapté, aides spécifiques ou exceptionnelles, et aides à la parentalité.
  • Les dispositifs d’aide à l’emploi incluent le respect de l’obligation d’emploi (6 % pour les entreprises d’au moins 20 salariés), avec des aides financières et des accompagnements pour favoriser l’intégration dans le milieu professionnel.
  • Pour le logement, des aménagements spécifiques sont réalisés pour maintenir ou améliorer l’autonomie, notamment dans le domicile ou le véhicule.
  • La réforme SERAFIN PH (Services et Établissements) vise à aligner financement et parcours individualisés, favorisant une approche cohérente et personnalisée.

À retenir

Les dispositifs pour adultes regroupent l’ensemble des mesures législatives, financières et organisationnelles destinées à garantir l’autonomie, l’inclusion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap, en s’appuyant sur une approche globale et individualisée.

Repères chronologiques

DateÉvénement
2005Adoption de la loi 2005-102 sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées

Tableaux de Synthèse

CritèreModèle médicalModèle socialCIF (Classification internationale du fonctionnement)
ApprocheConsidère le handicap comme une conséquence d’une déficience ou maladieVoit le handicap comme une construction sociale, obstacle environnementalSe concentre sur le fonctionnement et la participation, levée des barrières sociales
FocalisationSur la déficience ou la maladieSur l’environnement et les barrières socialesSur la participation et les activités
Auteur cléPh. Wood (1980)-OMS (2001)

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la définition du handicap selon la loi 2005-102 avec une vision uniquement médicale.
  2. Assimiler le modèle médical à une vision dépassée, alors qu’il reste une référence dans certains contextes.
  3. Oublier que la CIF ne se limite pas à la déficience, mais inclut la participation et l’environnement.
  4. Confondre la reconnaissance des droits avec la simple fourniture d’aides techniques.
  5. Penser que la loi 2005-102 ne concerne que les personnes en situation de handicap physique, alors qu’elle couvre tous les types reconnus.
  6. Confondre la notion de compensation avec la seule aide financière, alors qu’elle inclut aussi l’aide humaine et technique.
  7. Négliger l’importance des dispositifs comme la MDPH et la CDAPH dans l’évaluation et l’attribution des droits.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition du handicap selon la loi 2005-102 (art. L114 du CASF).
  2. Identifier les 6 grands types de handicap reconnus par la loi.
  3. Expliquer la différence entre le modèle médical et le modèle social du handicap.
  4. Décrire la classification CIF adoptée par l’OMS en 2001.
  5. Connaître les principes fondamentaux de la loi 2005-102 : égalité, participation, citoyenneté.
  6. Maîtriser le rôle de la MDPH et de la CDAPH dans l’évaluation des droits.
  7. Comprendre le droit à la compensation et ses modalités (PCH).
  8. Savoir que la loi favorise l’autonomie et la participation sociale.
  9. Connaître les principaux dispositifs pour l’éducation adaptée (PPS, ULIS, IME).
  10. Identifier les enjeux de l’inclusion sociale et de l’accessibilité.
  11. Connaître les principes de la réforme législative depuis 1909 jusqu’à 2005.
  12. Savoir que la loi 2005-102 marque une rupture en insistant sur la situation de la personne et non uniquement sur la déficience.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la législation et à l'inclusion du handicap avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle est la principale contribution de la loi 2005-102 dans l'évolution législative du handicap en France ?

2. Comment la conception du handicap introduite par la loi 2005-102 influence-t-elle l'organisation des dispositifs d'accompagnement et de ressources pour les personnes en situation de handicap ?

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Mémorisez les concepts clés de Introduction à la législation et à l'inclusion du handicap avec 19 flashcards interactives.

Loi 2005-102 — principe ?

Égalité, participation, citoyenneté des handicapés

Définition du handicap — loi 2005-102 ?

Limitation d'activité ou participation liée à une altération durable

Types de handicap — reconnus par la loi

Maladies invalidantes, physiques, visuels, auditifs, mentaux, troubles neurologiques

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