Fiche de révision : Introduction aux fondamentaux du droit

📋 Plan du Cours

  1. Droit commun et droit symbolique
  2. Personnalité juridique et naissance
  3. Actes juridiques
  4. Faits juridiques et prescription
  5. Qualification, syllogisme et interprétation
  6. Sources du droit et hiérarchie des normes
  7. Domaine de la loi et QPC
  8. Droit de l’Union européenne
  9. Application de la loi dans le temps
  10. Usage, coutume et doctrine
  11. Droits patrimoniaux et propriété

📖 1. Droit commun et droit symbolique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit commun : Le droit commun regroupe les règles générales appliquées à une matière quand aucun régime spécial n’est prévu.
  • Droit civil : Le droit civil sert de matrice de base, fournissant des règles générales qui irriguent de nombreux domaines.
  • Droit symbolique : Le droit symbolique désigne une norme surtout destinée à afficher une valeur plutôt qu’à produire des effets juridiques vraiment utiles.
  • Notion et régime : En droit, une notion n’existe pas seule : elle s’accompagne d’un régime juridique de règles qui lui est rattaché.

📝 Points essentiels

  • En présence d’un cas non spécialement réglementé, on applique la règle générale de la branche, autrement dit le droit commun du contrat ou du droit civil quand il n’existe pas de droit spécial.
  • Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité et ne sont pas des personnes : ils relèvent du régime des biens en droit civil, même s’ils ne sont pas traités comme de simples choses au plan moral.
  • Un régime juridique peut être présenté comme une limite ou un encadrement pour éviter une assimilation complète à une personne, alors que la notion seule ne suffit pas à produire ces effets.
  • Le cours illustre une critique du « droit symbolique » : certaines règles sont vues comme de bons sentiments sans utilité juridique pratique réelle pour trancher le droit.

💡 Astuce mémo

Droit commun = « pas spécial » → on applique le général; Droit symbolique = « affiche plus que ça tranche ».

📖 2. Personnalité juridique et naissance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Personnalité juridique : La personnalité juridique est l’aptitude d’une personne (sujet de droit) à être titulaire de droits et à supporter des obligations.
  • Personne physique : La personne physique est un être humain auquel le droit attache une existence juridique et donc une capacité de droits et d’obligations.
  • Infans conceptus : L’infanς conceptus correspond à l’idée que certains droits peuvent être reconnus rétroactivement si l’enfant naît ensuite vivant après sa conception.
  • Présomption de conception : La présomption de conception fixe, pour déterminer les droits de l’enfant, une période de 300 jours avant la naissance à partir de la date de celle-ci.
  • Naissance viable : La naissance viable exige la réunion de conditions (naître vivant et viable, avec les organes nécessaires à la vie) pour que l’enfant soit une personne en droit.

📝 Points essentiels

  • En droit français, la nature n’est pas une personne : les animaux sont soumis au régime des biens et ne peuvent pas être propriétaires.
  • La personnalité juridique de l’enfant peut être reconnue rétroactivement par la logique infans conceptus si les conditions liées à la naissance sont ensuite remplies.
  • La période retenue par la présomption de conception est de 300 jours avant la naissance, ce qui permet de relier un fait connu à un fait juridique présumé.
  • Pour qu’un enfant soit juridiquement une personne, il doit naître vivant et viable, avec des organes nécessaires à la vie, et ces conditions sont cumulatives.
  • L’acte de naissance (et ses mentions comme reconnaissance ou adoption selon le cas) est délivré par l’état civil pour constater l’existence juridique de l’enfant né vivant.

💡 Astuce mémo

Infans conceptus = “conçu maintenant, droits après la naissance” : 300 jours pour faire le lien avec la conception.

📖 3. Actes juridiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Acte juridique : Manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit, soit dans un cadre de droit privé, soit dans un cadre de droit public.
  • Droit personnel : Droit patrimonial qui met en relation un créancier avec un débiteur et ne porte pas directement sur un bien déterminé.
  • Contrat : Type de convention, fondé sur des échanges de volontés, qui crée des obligations entre les parties.
  • Acte consensuel : Acte dont la formation ne dépend pas d’une forme spéciale, la volonté des parties suffit (ex. vente).

📝 Points essentiels

  • Un acte juridique est en principe relatif : il produit ses effets entre les personnes concernées, contrairement aux effets absolus du fait juridique.
  • Les actes juridiques peuvent produire des droits subjectifs, transférer des droits, ou éteindre des droits par leurs effets.
  • Le contrat légalement formé tient lieu de loi entre les parties, car il fixe la règle applicable à l’égard de chacun.
  • L’acte consensuel est formé par la seule volonté, tandis que l’acte formel solennel exige une forme précise à peine de nullité (ex. mariage devant le maire, vente de maison devant le notaire).
  • Un acte unilatéral n’engage qu’une seule personne, tandis qu’un acte bilatéral résulte de l’échange des volontés de deux personnes.
  • Un acte à titre gratuit vise une intention libérale (donation, legs), alors qu’un acte à titre onéreux implique une contrepartie (argent ou chose de valeur patrimoniale).

💡 Astuce mémo

Consensuel = “volonté suffit”, Solennel = “forme à nullité”.

📖 4. Faits juridiques et prescription

🔑 Notions clés & Définitions

  • Fait juridique : Fait juridique : événement dont les effets sont produits par la loi, sans que l’individu puisse toujours les modeler librement.
  • Fait naturel : Fait naturel : événement provenant de la nature (naissance, vieillissement, mort) auquel on n’a pas de prise volontaire.
  • Prescription extinctive : Prescription extinctive : mécanisme qui fait perdre un droit au fil du temps lorsque la loi attache cet effet à l’écoulement du temps.
  • Usucapion : Usucapion : prescription acquisitive qui permet d’acquérir un droit par une possession sans contestation, paisible et non équivoque.

📝 Points essentiels

  • La prescription peut produire des effets grâce au passage du temps, notamment pour l’extinction ou l’acquisition de droits.
  • Certains droits sont imprescriptibles : le temps n’y produit aucun effet.
  • La force majeure empêche l’exécution d’un contrat lorsqu’un événement extérieur, imprévisible et irrésistible rend l’exécution impossible.
  • La fraude est sanctionnée par la logique “corromps tout” : celui qui a usé d’une démarche illégitime ne peut en tirer avantage pour revendiquer son utilisation.
  • Les faits juridiques se distinguent selon qu’ils attribuent ou éteignent des droits, notamment en matière patrimoniale.
  • En responsabilité civile, la faute commise cause un dommage et fonde l’obligation de réparation sur l’article 1240 du code civil.

💡 Astuce mémo

Temps agis comme un sablier : extinctive efface, acquisitive (usucapion) transforme en droit.

📖 5. Qualification, syllogisme et interprétation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Qualification juridique : La qualification juridique est l’opération qui rattache un fait à une notion afin de lui donner un régime de droit approprié.
  • Syllogisme déductif : Le syllogisme déductif est un raisonnement où l’on applique une règle générale à un cas particulier pour en tirer une conséquence.
  • Interprétation du droit : L’interprétation du droit est l’activité qui permet de passer d’un texte à une situation concrète en choisissant le sens pertinent des règles.
  • Exégèse : L’exégèse est une école d’interprétation qui cherche à faire parler le texte grâce à des méthodes tirées du texte lui-même.

📝 Points essentiels

  • Le droit passe du texte au fait par la qualification pour nommer juridiquement la situation et mobiliser la catégorie de régime la plus adaptée.
  • En logique syllogistique, le raisonnement relie une notion (catégorie) à son régime pour produire une solution déductive.
  • En droit pénal, l’interprétation se fait de manière stricte à partir du texte relatif au délit et aux peines.
  • L’école d’exégèse vise une lecture centrée sur le texte pour en dégager le sens applicable à la situation.
  • Les méthodes d’interprétation incluent l’argument analogique, l’argument a contrario et l’argument a fortiori.
  • Le but téléologique de l’interprétation cherche l’orientation de la règle plutôt que son seul libellé pour résoudre le cas.

💡 Astuce mémo

Qualification = Catégorie → Régime : on classe le fait, puis on applique la conséquence.

📖 6. Sources du droit et hiérarchie des normes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hiérarchie des normes : La hiérarchie des normes organise les normes en niveaux, de sorte que chaque norme inférieure doive respecter la norme supérieure.
  • État de droit : L’état de droit désigne un système où la conformité des normes entre elles est vérifiée et peut être contestée par les juridictions.
  • Bloc de constitutionnalité : Le bloc de constitutionnalité regroupe la Constitution de 1958 et des textes de valeur constitutionnelle qui servent de référence aux autres normes.
  • Contrôle de conformité : Le contrôle de conformité permet d’écarter ou d’annuler une norme inférieure lorsqu’elle n’est pas compatible avec une norme supérieure.
  • Conseil constitutionnel : Le Conseil constitutionnel est la juridiction chargée de contrôler la constitutionnalité des normes et d’assurer la cohérence avec le bloc supérieur.

📝 Points essentiels

  • Toute norme inférieure doit être conforme à la norme supérieure, ce qui fonde un contrôle possible par les juges.
  • Le contrôle de conformité peut conduire à l’annulation ou à l’écartement d’une norme inférieure jugée non conforme à la norme supérieure.
  • Le bloc de constitutionnalité inclut la Constitution de 1958, le préambule de 1946, la DDHC et la Charte de l’environnement.
  • Les traités doivent être conformes à la Constitution grâce à l’article 55 de la Constitution.
  • Le contrôle de légalité des normes inférieures est exercé par les juges administratifs et judiciaires, notamment par voie d’action ou d’exception.
  • Le Conseil constitutionnel comprend 9 membres nommés pour 9 ans, désignés à raison de 3 par le président de la République, 3 par le président de l’Assemblée nationale et 3 par le président du Sénat.

💡 Astuce mémo

55 : Traités sous Constitution (les traités doivent rester compatibles avec la norme constitutionnelle).

📖 7. Domaine de la loi et QPC

🔑 Notions clés & Définitions

  • Domaine de la loi : Le domaine de la loi désigne les matières que la Constitution réserve au législateur, notamment via l’article 34, tandis que le reste relève du pouvoir réglementaire.
  • Loi impérative : La loi impérative impose des règles obligatoires aux particuliers, sans laisser aux parties le choix de les écarter par leur seule volonté.
  • Question prioritaire de constitutionnalité : La QPC est une procédure permettant, pendant un procès, de contester la constitutionnalité d’une disposition déjà applicable au regard du bloc de constitutionnalité.
  • Contrôle a posteriori par QPC : Le contrôle a posteriori vise la conformité constitutionnelle d’une loi une fois entrée en vigueur, à la demande d’un justiciable, sans saisine directe du Conseil constitutionnel par le Gouvernement.

📝 Points essentiels

  • En France, la Constitution fixe le champ matériel de la loi (notamment à l’article 34), et ce qui n’y figure pas relève du domaine réglementaire (article 37).
  • La loi est en principe obligatoire pour tous : une norme impérative s’applique indépendamment de la volonté des parties, contrairement à une règle supplétive.
  • Le contrôle de constitutionnalité « a priori » est historiquement associé à la décision de 1971 (liberté d’association) et vise la validité avant promulgation des lois.
  • La QPC, entrée en vigueur en 2010 (réforme de 2008), permet de contester après promulgation la constitutionnalité d’une disposition applicable au litige.
  • Le justiciable soulève la QPC au cours du procès, qui est transmise via un filtre au Conseil d’État ou à la Cour de cassation puis au Conseil constitutionnel, avec un délai de 3 mois pour se prononcer sur la transmission.
  • Le Conseil constitutionnel rend une décision d’inconstitutionnalité totale ou partielle après cette saisine, et ne peut pas s’auto-saisir.

💡 Astuce mémo

Loi = “Art 34” (parlementaire), QPC = “procès + constitutionnel” (contestation après promulgation).

📖 8. Droit de l’Union européenne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Traité sur l’Union européenne : Traité fondateur qui pose les principes et le cadre du droit de l’Union européenne au niveau du droit primaire.
  • Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne : Traité qui précise le « mode d’emploi » du droit primaire et organise les compétences et procédures de l’Union.
  • Primauté du droit de l’Union : Principe selon lequel le droit de l’Union prime sur les normes nationales contraires, ce qui impose une interprétation et une application uniformes.
  • Effet direct : Effet permettant à certaines dispositions du droit de l’Union d’être invoquées directement devant le juge par les particuliers ou les États.
  • Renvoi préjudiciel : Procédure par laquelle le juge national saisi d’une affaire interroge la Cour de justice sur l’interprétation d’un règlement ou d’une directive.

📝 Points essentiels

  • Le droit de l’Union n’a qu’une compétence d’attribution et respecte le principe de subsidiarité, dont la portée générale est articulée avec l’effet obligatoire des règles de l’Union, notamment en vertu de l’arrêt de 2003.
  • Les directives imposent un résultat aux États membres tout en laissant le choix des moyens, avec un schéma de destinataire centrée sur l’État membre et non sur les particuliers.
  • Une directive peut produire un effet direct vertical lorsque ses conditions sont réunies, comme illustré par l’arrêt Van Duyn.
  • Une directive peut aussi produire un effet direct plus limité (notamment partiel), comme l’illustre l’arrêt relatant une directive à effet partiel (arrêt « Al Italia »).
  • Le renvoi préjudiciel suspend la procédure devant le juge national et permet à la Cour de justice de répondre avant la suite du litige, ce qui garantit l’uniformité d’interprétation.
  • En cas de mauvaise exécution d’une directive, la responsabilité de l’État peut être engagée selon les conditions précisées dans l’arrêt Francovich, et la qualité de la transposition peut être contrôlée par le Conseil d’État, notamment avec l’arrêt Arcelor Atlantique.

💡 Astuce mémo

Renvoi = pause devant le juge national, réponse à Luxembourg : c’est la voie rapide vers l’uniformité.

📖 9. Application de la loi dans le temps

🔑 Notions clés & Définitions

  • Non-rétroactivité : Principe selon lequel une loi nouvelle ne s’applique pas aux situations passées sauf exceptions prévues par le droit.
  • Loi d’interprétation : Loi nouvelle qui précise le sens d’une règle ancienne sans la remplacer, permettant en pratique d’en étendre l’application au passé.
  • In mitius : Exception au principe de non-rétroactivité en matière pénale qui permet d’appliquer rétroactivement la peine la plus favorable au condamné.
  • Loi de validation : Technique législative destinée à rendre valable un acte antérieurement vicié, sous conditions encadrées par le droit.
  • Survie de la loi ancienne : Règle transitoire qui maintient l’application de l’ancienne loi pour les situations contractuelles en cours lorsque la loi nouvelle ne doit pas les modifier rétroactivement.

📝 Points essentiels

  • Une loi est d’abord adoptée, puis le président procède à sa promulgation et elle est publiée avec un délai de 15 jours après adoption pour entrer en vigueur selon la procédure indiquée.
  • Le principe « nul n’est censé ignorer la loi » s’appuie sur la publicité de la loi : sans publication, la loi n’est pas opposable.
  • Le principe de l’article 2 du Code civil impose que la loi nouvelle ne règle que l’avenir, sauf exceptions expressément admises.
  • En matière pénale, la loi plus douce peut s’appliquer rétroactivement aux « procès en cours » grâce à l’exception in mitius.
  • Pour les contrats en cours, l’ancienne loi peut continuer à s’appliquer grâce à une logique de survie de la loi ancienne prévue par le droit transitoire.
  • Depuis 2008, la QPC permet de contester la constitutionnalité d’une disposition déjà applicable et, si elle est transmise, la juridiction de filtre doit statuer dans un délai de 3 mois avant que le Conseil constitutionnel se prononce.

💡 Astuce mémo

Passé = non (sauf pénal plus doux), Contrats = survie : passé figé, présent encadré, avenir régi par la loi nouvelle.

📖 10. Usage, coutume et doctrine

🔑 Notions clés & Définitions

  • Usage : Fait social répété qui sert d’élément d’interprétation ou de complément, lorsqu’il est constant et reconnu dans un milieu.
  • Coutume : Source de droit née d’un usage généralisé et reconnu sur une zone, qui s’applique comme règle obligatoire entre les personnes concernées.
  • Coutume secundum legem : Coutume qui fonctionne en harmonie avec la loi en tenant compte d’usages prévus ou admis par le texte.
  • Coutume praeter legem : Coutume qui comble une lacune en complétant la loi sans la contredire.
  • Doctrine : Production d’auteurs juridiques qui peut influencer l’argumentation, notamment par les avocats, et produire des effets juridiques indirects.

📝 Points essentiels

  • L’usage est d’abord un élément de fait utilisé pour interpréter le droit, et il devient pertinent surtout quand il est constant et localement reconnu.
  • La coutume suppose un usage général et une reconnaissance dans une zone géographique déterminée, et elle produit du droit.
  • La coutume peut être secundum legem, praeter legem ou contra legem, selon qu’elle confirme, complète ou contredit la loi.
  • Le règlement intérieur peut former des règles à la manière d’actes unilatéraux, mais sa portée dépend de sa transformation en pratique devenue usage.
  • La pratique ne vaut source de droit que si elle se stabilise et acquiert le caractère d’usage reconnu.
  • La doctrine n’est pas une source écrite au sens strict, mais elle est fréquemment mobilisée pour argumenter devant le juge.

💡 Astuce mémo

Secundum = suit la loi, Praeter = comble le vide, Contra = s’oppose à la loi.

📖 11. Droits patrimoniaux et propriété

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droits patrimoniaux : Ce sont des droits évaluables en argent, liés à l’exploitation ou la maîtrise d’un bien, avec un intérêt économique mesurable.
  • Propriété : C’est un droit réel permettant à son titulaire de jouir et disposer d’une chose dans les limites fixées par la loi.
  • Droit réel accessoire : C’est un droit qui sert de garantie au paiement d’une créance, sans conférer la pleine propriété du bien.
  • Usus abusus fructus : Ce sont les trois composantes de la propriété : utiliser la chose, en disposer, puis en percevoir les fruits.

📝 Points essentiels

  • Le droit de propriété correspond au droit de jouir d’une chose de manière la plus absolue, tel que posé par l’article 544 du Code civil.
  • Une sûreté personnelle garantit le paiement d’une dette sans donner de droit sur le bien, tandis qu’une sûreté réelle porte sur le bien garant.
  • La sûreté réelle sur un immeuble prend typiquement la forme d’une hypothèque, alors que sur une somme d’argent on parle plutôt de nantissement.
  • Le gage est la garantie associée à la remise ou à la mise en sûreté d’un bien, utilisée pour assurer le paiement d’une dette.
  • La propriété peut être démembrée : l’usufruit porte sur le droit d’usage et de perception des fruits, et un droit d’usage peut ne garder que l’usus.

💡 Astuce mémo

USF : Usus (utiliser) • Abusus (disposer) • Fructus (fruits).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
article 515-4Base de droit commun : les animaux ne peuvent pas être propriétaires et relèvent du régime des biens
300 joursPrésomption de conception : période retenue avant la naissance
2010Entrée en vigueur de la QPC
2008Réforme liée à la QPC et élargissement de procédures
1971Décision associée au contrôle a priori (liberté d’association)
2003Arrêt relatif à la portée/systématisation du principe (subsidiarité/effets de l’Union mentionnés)
55Article 55 : conformité des traités à la Constitution
15 juin 2000Référence de loi relative à la réouverture/réexamen mentionnée

📊 Tableaux de synthèse

Acte juridique vs fait juridique

CatégorieDéfinitionEffetsExemples
Acte juridiqueManifestation de volonté destinée à produire des effets de droitEn principe relatifs (entre les personnes concernées)Contrat ; vente (acte consensuel) ; acte formel solennel (mariage devant le maire ; vente de maison devant le notaire)
Fait juridiqueÉvénement dont les effets sont produits par la loi sans que l’individu puisse toujours les modelerAttribution/ extinction de droits par le jeu de la loiNaissance ; vieillissement ; mort (faits naturels) ; faute/dommage (responsabilité civile) ; gestion d’affaire ; paiement de l’indu

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre notion et régime : en droit, une notion ne suffit pas ; un régime juridique l’accompagne et produit les effets.
  2. Croire que les animaux sont des personnes : le cours indique qu’ils relèvent du régime des biens et ne peuvent pas être propriétaires.
  3. Se tromper sur l’infans conceptus : la personnalité n’est pas automatique, elle dépend d’une naissance vivante et viable (conditions cumulatives).
  4. Mélanger acte consensuel et acte solennel : consensuel = volonté suffit ; solennel = forme précise à peine de nullité.
  5. Distinguer prescription extinctive et acquisitive : l’extinctive efface un droit, l’acquisitive (usucapion) transforme par possession sans contestation.
  6. Penser que la QPC est un contrôle “a priori” : le cours la présente comme un contrôle a posteriori pendant un procès (litige en cours).
  7. Oublier l’opposition loi impérative vs supplétive : en cas de règle impérative, les parties ne peuvent pas y déroger par leur seule volonté.

✅ Checklist Examen

  1. Identifier le droit commun : si la matière n’est pas spécialement réglementée, appliquer la règle générale de la branche (droit commun du contrat/droit civil si pas de droit spécial).
  2. Expliquer le régime des animaux via la base du cours : êtres vivants doués de sensibilité mais non-personnes et soumis au régime des biens (non-propriétaires).
  3. Définir personnalité juridique, distinguer personne physique/personne morale, et rappeler que la nature n’est pas une personne en droit français.
  4. Exposer les conditions de naissance viable et cumulatives (naître vivant et viable, avec organes nécessaires) et l’articulation avec l’acte d’état civil (constat : acte de naissance).
  5. Maîtriser infans conceptus et la présomption de conception : rétroactivité sous réserve que l’enfant naisse vivant et viable, avec la période de 300 jours.
  6. Qualifier un acte juridique : manifestation de volonté produisant des effets de droit, et savoir l’opposition acte relatif (effet entre concernés) vs fait absolu/effet “par la loi”.
  7. Distinguer les catégories d’actes du cours : unilatéral/bilatéral (ou multilatéral), à titre gratuit/à titre onéreux, consensuel/formel solennel, et préciser exécution instantanée/successive et entre vifs/à cause de mort.
  8. Distinguer fait naturel vs fait de l’homme et les mécanismes de responsabilité (art. 1240), quasi-contrats (gestion d’affaire, paiement de l’indu, enrichissement sans cause) et prescription (extinctive/acquisitive).
  9. Expliquer la logique de qualification et le syllogisme déductif : rattacher un fait à une notion pour mobiliser le régime, puis déduire la solution.
  10. Présenter hiérarchie des normes et contrôle de conformité : annulation/écartement d’une norme inférieure non conforme, bloc de constitutionnalité, et contrôle par les juges (contrôle de légalité) et par le Conseil constitutionnel.
  11. Connaître le domaine de la loi (art. 34) et le champ réglementaire (art. 37), puis décrire la QPC (a posteriori, procès en cours, filtre, délai de 3 mois, décision totale/partielle sans auto-saisine).
  12. Expliquer l’articulation Union européenne : primauté, effet direct, renvoi préjudiciel (suspension), directive (résultat/moyens) et responsabilité de l’État en cas de mauvaise exécution (Francovich), plus les contrôles de transposition (Arcelor Atlantique).
  13. Rappeler l’application dans le temps : non-rétroactivité (art. 2), exceptions (loi d’interprétation, in mitius, lois de validation, survie de la loi ancienne pour contrats en cours).
  14. Distinguer usage/coutume/doctrine : usage = élément d’interprétation, coutume = usage généralisé et reconnu (secundum legem/praeter legem/contra legem) ; doctrine = pas une source écrite stricte mais argumentation.

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Droit commun — définition ?

Règles générales applicables en l'absence de régime spécial

Droit commun

Règles générales, sans régime spécial.

Personnalité juridique — naissance ?

Naissance vivante et viable, conditions cumulatives

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