QCM : Les fondamentaux du droit et ses sources — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. En quelle année une tentative réunissant 47 contributions a-t-elle été menée sans aboutir à une définition unique, homogène et universelle du droit ?

En 737 après J.-C.
En 1989
En 1958
En 450 av. J.-C.

En 1989

Explication

En 1989, une tentative de synthèse avec 47 contributions n’a pas permis de dégager une définition unique du droit. Les autres dates renvoient à d’autres repères du cours, comme la loi des XII Tables ou le code des Tang.

2. Quelle caractéristique correspond le mieux au droit subjectif ?

Un ensemble de règles générales assorties d’une sanction par la puissance publique
Une norme valable partout et en tout temps, indépendamment des sociétés
Une règle uniquement issue d’une loi écrite et appliquée par l’État
Une prérogative reconnue à une personne pour jouir d’un bien ou exiger une prestation

Une prérogative reconnue à une personne pour jouir d’un bien ou exiger une prestation

Explication

Le droit subjectif désigne une prérogative attribuée à une personne, liée à sa personnalité juridique, qui lui permet de jouir d’un bien ou d’exiger quelque chose d’autrui. Les autres propositions décrivent plutôt le droit objectif, le droit naturel ou une définition trop restrictive du droit.

3. Quelle différence principale distingue l’image du « bandeau » de celle de la « balance » dans la représentation du droit ?

Le bandeau fixe les équilibres, tandis que la balance les ajuste selon les besoins du moment
Le bandeau renvoie à la honte sociale, tandis que la balance renvoie au jugement divin
Le bandeau désigne la transmission coutumière, tandis que la balance désigne la création des textes
Le bandeau impose la sanction, tandis que la balance décide la loi applicable

Le bandeau fixe les équilibres, tandis que la balance les ajuste selon les besoins du moment

Explication

Le bandeau sert à fixer les équilibres d’intérêts sociaux, alors que la balance traduit l’idée d’un ajustement de ces équilibres selon les besoins du moment. Le glaive, lui, correspond à l’imposition concrète des équilibres retenus.

4. Quelle est la fonction principale de la confession publique dans l’organisation sociale décrite ?

Obtenir l’aveu du fautif pour restaurer l’ordre collectif
Déterminer la filiation et l’héritage entre les clans
Établir une peine fondée sur le jugement d’un tribunal
Remplacer définitivement toute autorité politique du groupe

Obtenir l’aveu du fautif pour restaurer l’ordre collectif

Explication

La confession publique sert à pousser le fautif à avouer afin d’obtenir pardon ou sanction, dans le but de rétablir l’ordre du groupe. Elle vise donc la restauration de l’harmonie plutôt qu’un jugement judiciaire classique.

5. Quel est l’ordre d’apparition des formes de traitement du conflit, du moins coercitif au plus ultime, dans la logique présentée ?

Ordalies, sanctions socio-psychologiques, compétition de chants, liquidation physique communautaire
Liquidation physique communautaire, ordalies, compétition de chants, sanctions socio-psychologiques
Compétition de chants, sanctions socio-psychologiques, liquidation physique communautaire, ordalies
Sanctions socio-psychologiques, compétition de chants, ordalies, liquidation physique communautaire

Sanctions socio-psychologiques, compétition de chants, ordalies, liquidation physique communautaire

Explication

L’enchaînement proposé va des sanctions qui jouent sur la honte et l’opinion publique vers des formes plus rituelles, puis vers les épreuves de jugement divin, et enfin vers le dernier recours qu’est la liquidation physique communautaire. Les autres propositions inversent ou mélangent cette gradation.

6. Quel effet recherchent principalement les sanctions socio-psychologiques sur le fautif ?

Établir sa culpabilité par une épreuve de jugement divin
Le séparer définitivement du groupe sans possibilité de retour
Le pousser à changer de conduite et apaiser le conflit
Le punir par une peine corporelle décidée par un juge

Le pousser à changer de conduite et apaiser le conflit

Explication

Les sanctions socio-psychologiques visent surtout l’honneur, la honte ou l’opinion publique afin d’amener le fautif à modifier son comportement et de calmer le conflit. La séparation définitive correspond plutôt à une forme dure d’ostracisme, pas à l’objectif général de ces sanctions.

7. Quel mythe du droit contemporain repose sur l’idée que des documents juridiques portent en eux-mêmes la valeur centrale du droit, indépendamment de la culture qui les interprète ?

Le totémisme libéral
Le mythe de l’individu
Le mythe du texte
Le mythe de l’État

Le mythe du texte

Explication

Le mythe du texte consiste à croire que le droit serait contenu et garanti par les codes ou les lois eux-mêmes. Le mythe de l’État renvoie plutôt à l’idée que le droit viendrait uniquement de l’État.

8. Un étudiant affirme que seule la loi votée par l’État mérite d’être considérée comme du droit, en ignorant les règles issues d’autres groupes ou pratiques sociales. Quel mythe du droit contemporain applique-t-il à sa réflexion ?

Le mythe de l’État
Le mythe de l’individu
Le mythe du texte
Le totémisme libéral

Le mythe de l’État

Explication

Le mythe de l’État consiste à croire que le droit se réduit à ce qui vient uniquement de l’État, alors qu’il existe aussi d’autres formes de production normative. Le mythe du texte renvoie plutôt à l’idée que le droit serait contenu dans les documents juridiques eux-mêmes.

9. Que désigne le « giri » dans l’ordre juridique japonais ?

Une loi écrite imposée par l’État pour punir les infractions
Un principe d’harmonie entre l’homme et le monde
Un droit égal reconnu à tous indépendamment du rang social
Un devoir relationnel hiérarchisé lié aux relations sociales

Un devoir relationnel hiérarchisé lié aux relations sociales

Explication

Le giri désigne des normes de conduite fondées sur les relations sociales hiérarchisées, où la honte et le regard d’autrui jouent un rôle central. Il ne s’agit ni d’un principe d’harmonie générale ni d’un droit égal pour tous.

10. Combien de systèmes juridiques différents sont comptés en Afrique ?

Moins de 1000
Autour de 2000
Plus de 4000
Environ 400

Plus de 4000

Explication

Le cours indique qu’on compte plus de 4000 systèmes juridiques en Afrique. Les autres propositions sont trop éloignées de ce chiffre et ne correspondent pas à cette pluralité.

11. Quelle caractéristique décrit le mieux le fonctionnement des droits africains pluralistes ?

Les règles juridiques sont figées et identiques dans toutes les sociétés africaines
Les règles anciennes s’ajoutent aux nouvelles sans être effacées, formant une stratification
L’individu constitue l’unique base des droits et obligations dans le groupe
Une seule source étatique remplace progressivement toutes les autres normes

Les règles anciennes s’ajoutent aux nouvelles sans être effacées, formant une stratification

Explication

Les droits africains se caractérisent par l’accumulation des sources : les règles nouvelles ne suppriment pas les anciennes, elles s’y ajoutent. Cela produit une stratification normative, contrairement à une logique d’unification par une seule source étatique.

12. Quelle conséquence l’exemple du common law a-t-il sur l’idée d’une définition universelle du droit fondée sur la sanction de l’État ?

Il établit que la justice et l’ordre ont partout le même contenu.
Il confirme que le droit disparaît dès qu’une société n’a pas d’État centralisé.
Il montre que cette définition reste trop étroite, car la sanction n’est pas toujours étatique.
Il prouve que toute norme juridique doit nécessairement être écrite dans un code.

Il montre que cette définition reste trop étroite, car la sanction n’est pas toujours étatique.

Explication

Le common law montre que le droit peut exister avec des sanctions qui ne sont pas forcément étatiques, ce qui fragilise une définition universelle fondée sur l’État. Il ne prouve ni l’obligation d’un code, ni la disparition du droit sans État.

13. Quel auteur est crédité d’avoir développé l’hypothèse « etiam si » afin de détacher le droit naturel de Dieu ?

Platon
Jean Carbonnier
Aristote
Grotius

Grotius

Explication

Grotius est présenté comme celui qui formule l’hypothèse « etiam si » pour séparer le droit naturel de la référence directe à Dieu. Platon et Aristote sont seulement associés plus largement à l’idée de droit naturel, sans cette formulation précise.

14. Une personne respecte une règle parce qu’elle l’a apprise par l’éducation, l’imite autour d’elle, puis finit par l’intégrer comme une habitude psychologique : à quelles causes d’obéissance au droit cela correspond-il ?

À un conflit de normes de même valeur
Aux causes externes puis internes décrites par Jean Carbonnier
À une logique de droit naturel valable en tout temps
À une sanction étatique automatique et immédiate

Aux causes externes puis internes décrites par Jean Carbonnier

Explication

Jean Carbonnier distingue des causes externes, comme l’éducation et l’imitation, et des causes internes, comme la répétition psychologique et la convention. Les autres propositions renvoient à d’autres notions du cours, mais ne décrivent pas ce mécanisme d’obéissance.

15. Que désigne le terme « sages » dans l’organisation sociale décrite ?

Des juges officiels qui créent les lois et rendent des décisions écrites
Des chefs religieux qui imposent des sanctions par la peur des peines
Des spécialistes chargés de relier le monde visible et le monde invisible
Des personnes reconnues pour leur expérience et chargées de transmettre la coutume

Des personnes reconnues pour leur expérience et chargées de transmettre la coutume

Explication

Les sages sont des membres expérimentés du groupe dont le rôle est de transmettre la coutume, sans en être les auteurs. Ils ne correspondent pas au chaman, qui est le spécialiste du lien entre les deux mondes.

16. Dans la compétition de chants, quel est le critère qui permet de désigner le vaincu ?

Celui dont les témoins sont les plus nombreux
Celui qui ne parvient plus à tenir le chant
Celui qui reçoit une condamnation écrite du chef
Celui qui refuse d’être entendu par la communauté

Celui qui ne parvient plus à tenir le chant

Explication

La compétition de chants se termine lorsque l’un des adversaires ne tient plus le chant, ce qui le désigne comme vaincu. Ce mode de règlement n’est pas ordalique et ne repose pas sur une condamnation écrite ni sur le nombre de témoins.

17. Quels sont les principaux éléments qui composent le Corpus iuris civilis de Justinien ?

Le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles
Les décrets, les commentaires, les avis des prudents et les constitutions locales
Les coutumes, le fas, la jurisprudence et le droit prétorien
Les XII Tables, les édits, les rescrits et les mandats

Le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles

Explication

Le Corpus iuris civilis réunit bien quatre ensembles : le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles. Les autres propositions mélangent d’autres sources du droit romain, notamment républicaines ou impériales, mais ne désignent pas cette compilation justinienne.

18. Quelle différence oppose le mieux le mythe de l’État et le mythe du texte ?

Le premier valorise les coutumes locales, tandis que le second affirme que le droit vient surtout des décisions des juges
Le premier réduit le droit à l’origine étatique, tandis que le second attribue au support écrit une valeur centrale indépendante de la culture qui l’interprète
Le premier concerne la différenciation des individus par des objets, tandis que le second décrit la saturation des normes
Le premier insiste sur la pluralité des sources, tandis que le second soutient que le droit naît uniquement des pratiques sociales

Le premier réduit le droit à l’origine étatique, tandis que le second attribue au support écrit une valeur centrale indépendante de la culture qui l’interprète

Explication

Le mythe de l’État fait croire que le droit se réduit à ce qui vient de l’État, alors que le mythe du texte suppose que le droit serait garanti par les seuls codes et lois écrits. Les autres propositions mélangent ces mythes avec d’autres notions du cours.

19. Quel est le rôle du « point critique de pression normative » dans l’analyse du débordement du droit ?

Désigner le seuil à partir duquel une règle acquiert automatiquement une valeur constitutionnelle
Servir de garantie que toute nouvelle norme sera plus simple à comprendre que les précédentes
Indiquer le moment où les conflits de normes disparaissent grâce à la multiplication des textes
Montrer le moment où l’accumulation des normes devient contreproductive et fait baisser l’attention et l’obéissance

Montrer le moment où l’accumulation des normes devient contreproductive et fait baisser l’attention et l’obéissance

Explication

Le point critique de pression normative correspond à une saturation du système : trop de normes finit par nuire à leur efficacité, car l’attention et l’obéissance diminuent. Il ne s’agit pas d’un mécanisme de clarification ni de garantie de qualité des textes.

20. En quelle année l’interdiction municipale de décéder sur la commune sans emplacement au cimetière à Sarpourenx a-t-elle été prise ?

2012
1989
2008
1973

2008

Explication

Cet exemple illustre une dérive municipale où l’approche normative déborde le besoin social. Le texte précise que cette interdiction a été prise en 2008.

21. Pourquoi le droit indien est-il présenté comme relativisé dans l’organisation des normes ?

Parce qu’il confond entièrement les règles religieuses avec les contrats commerciaux
Parce qu’il fait primer l’égalité individuelle sur toute hiérarchie sociale
Parce qu’il repose surtout sur une sanction pénale unique imposée par l’État central
Parce qu’il s’inscrit dans l’équilibre entre dharma, kama et artha, avec des devoirs hiérarchisés selon les castes

Parce qu’il s’inscrit dans l’équilibre entre dharma, kama et artha, avec des devoirs hiérarchisés selon les castes

Explication

En Inde, le droit est relativisé par le cadre dharma-kama-artha : le dharma impose des devoirs hiérarchisés selon la position sociale. L’artha se rapproche davantage d’une logique juridique pour les affaires d’État, ce qui montre que le droit n’est pas pensé comme une égalité uniforme.

22. Qui rappelle les règles lors du règlement des conflits en s’appuyant sur l’accumulation des sources ?

Les notables et les anciens
Les juges étatiques
Les marchands du groupe
Les chefs religieux seuls

Les notables et les anciens

Explication

Dans les droits africains pluralistes décrits, ce sont les notables et les anciens qui réactivent les règles en invoquant la stratification des sources. Les juges étatiques ne constituent pas ici le principal relais du rappel coutumier.

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Impossible définition du droit

Trouver une définition universelle est impossible.

Droit objectif — définition ?

Règles régissant la vie collective, sanctions étatiques.

Droit subjectif — définition ?

Prérogative d’une personne sur un bien ou prestation.

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