QCM : Obligations administratives et service public (66 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle distinction décrit correctement les deux sens du terme « administration » ?

Le sens organique désigne les lois, tandis que le sens fonctionnel désigne les décisions des tribunaux.
Le sens organique désigne l’activité d’administrer, tandis que le sens fonctionnel désigne les personnes et institutions.
Le sens organique désigne l’intérêt général, tandis que le sens fonctionnel désigne la politique de l’État.
Le sens organique désigne les personnes et institutions, tandis que le sens fonctionnel désigne l’activité d’administrer.

Le sens organique désigne les personnes et institutions, tandis que le sens fonctionnel désigne l’activité d’administrer.

Explication

Le sens organique renvoie à l’ensemble des personnes et institutions administratives, alors que le sens fonctionnel concerne l’activité d’administrer. La confusion inverse ces deux perspectives en attribuant l’activité au sens organique.

2. Quelle différence caractérise les personnes publiques générales et les personnes publiques spéciales ?

Les personnes publiques générales sont des agences, tandis que les personnes publiques spéciales regroupent l’État et les collectivités territoriales.
Les personnes publiques générales exercent une mission déterminée, tandis que les personnes publiques spéciales reposent sur un territoire et une population.
Les personnes publiques générales reposent sur un territoire et une population, tandis que les personnes publiques spéciales exercent une mission déterminée.
Les personnes publiques générales agissent dans un secteur défini, tandis que les personnes publiques spéciales représentent l’ensemble de la population.

Les personnes publiques générales reposent sur un territoire et une population, tandis que les personnes publiques spéciales exercent une mission déterminée.

Explication

L’État et les collectivités territoriales sont des personnes publiques générales fondées sur un territoire et une population, tandis que les établissements publics et agences ont une mission spécialisée. Assimiler les personnes générales à des organismes spécialisés inverse cette distinction.

3. Quel rôle caractérise une autorité administrative ?

Elle exprime la volonté d’une personne morale et peut agir en son nom dans la vie juridique.
Elle adopte les lois au nom du peuple et contrôle leur conformité à la Constitution.
Elle tranche les litiges au nom des juridictions et impose leurs décisions aux parties.
Elle conduit la politique de l’État et détermine les orientations gouvernementales.

Elle exprime la volonté d’une personne morale et peut agir en son nom dans la vie juridique.

Explication

Une autorité administrative est l’organe par lequel une personne morale exprime sa volonté et intervient juridiquement. Trancher les litiges relève de la fonction juridictionnelle, et adopter les lois relève de la fonction législative.

4. Quelle activité correspond à la fonction administrative plutôt qu’aux fonctions législative, juridictionnelle ou gouvernementale ?

Adopter les lois qui fixent les règles générales applicables aux personnes et aux institutions.
Trancher les litiges en appliquant le droit aux prétentions opposées des parties.
Préparer et mettre en œuvre des choix politiques par des actes juridiques et des activités matérielles.
Conduire la politique de l’État en définissant ses grandes orientations nationales.

Préparer et mettre en œuvre des choix politiques par des actes juridiques et des activités matérielles.

Explication

L’activité administrative prépare et met en œuvre les choix politiques au moyen d’actes juridiques et d’activités matérielles. L’adoption des lois, le jugement des litiges et la conduite politique de l’État correspondent à d’autres fonctions.

5. Pourquoi le droit administratif constitue-t-il un droit spécial et exorbitant du droit commun ?

Il s’applique à l’activité administrative en raison de sa finalité d’intérêt général.
Il s’applique aux personnes privées parce qu’elles exercent leurs activités dans un cadre contractuel.
Il régit les relations entre particuliers lorsque leurs intérêts économiques présentent une utilité collective.
Il concerne les juridictions judiciaires lorsqu’elles contrôlent la conformité des lois aux principes généraux.

Il s’applique à l’activité administrative en raison de sa finalité d’intérêt général.

Explication

Le droit administratif s’applique spécialement à l’activité administrative parce qu’elle poursuit l’intérêt général et peut nécessiter des règles particulières. Le droit commun régit par défaut les relations privées, ce qui rend la deuxième proposition inadaptée.

6. Que permet le privilège du préalable à l’administration ?

Obtenir l’expulsion d’un locataire en demandant au juge de rendre une décision avant toute mesure administrative.
Prendre une décision exécutoire sans saisir préalablement le juge, le recours n’étant en principe pas suspensif.
Faire exécuter une décision par la force sans qu’un texte ou une situation d’urgence ne le justifie.
Suspendre automatiquement l’exécution d’une décision dès qu’un administré forme un recours contentieux.

Prendre une décision exécutoire sans saisir préalablement le juge, le recours n’étant en principe pas suspensif.

Explication

Le privilège du préalable permet à l’administration d’imposer sa décision avant l’intervention du juge, tandis que le recours n’en suspend en principe pas l’exécution. Il ne correspond pas au mécanisme par lequel un particulier obtient judiciairement l’expulsion d’un locataire.

7. Dans quelle situation le privilège de l’action d’office peut-il être exercé ?

Lorsque l’administration exécute une décision privée après avoir recueilli l’accord préalable de son bénéficiaire.
Lorsque l’administration souhaite remplacer toute décision juridique par une simple mesure matérielle sans fondement particulier.
Lorsque l’administré conteste une décision et obtient automatiquement l’intervention matérielle de l’administration.
Lorsque l’administration impose elle-même l’exécution d’une décision en vertu d’un texte ou d’une situation d’urgence.

Lorsque l’administration impose elle-même l’exécution d’une décision en vertu d’un texte ou d’une situation d’urgence.

Explication

L’action d’office autorise l’administration à assurer elle-même l’exécution de ses décisions lorsque la loi le prévoit ou qu’une urgence le justifie. Une simple volonté administrative ou une contestation de l’administré ne suffit pas à établir ce pouvoir.

8. Quelle règle l’arrêt Blanco du 8 février 1873 a-t-il affirmée ?

La responsabilité de l’État relève des principes du Code civil dès qu’un dommage est causé par un agent public.
La responsabilité de l’État obéit à des règles spéciales adaptées aux besoins du service plutôt qu’aux principes du Code civil.
La responsabilité de l’État est examinée par le juge judiciaire selon les règles applicables aux contrats privés.
La responsabilité de l’État dépend exclusivement de la qualification pénale du comportement de l’agent concerné.

La responsabilité de l’État obéit à des règles spéciales adaptées aux besoins du service plutôt qu’aux principes du Code civil.

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de l’État ne se règle pas selon les principes ordinaires du Code civil, mais selon des règles spéciales liées au service. La référence générale au Code civil constitue précisément la conception écartée par cette décision.

9. Quel effet la loi des 16 et 24 août 1790 a-t-elle produit sur les rapports entre juges judiciaires et administration ?

Elle a confié aux juges judiciaires le contrôle direct des actes administratifs pris par les corps administratifs.
Elle a séparé les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges judiciaires de contrôler les opérations administratives.
Elle a créé les tribunaux administratifs chargés de juger les recours administratifs en premier ressort.
Elle a donné au Conseil d’État le pouvoir de statuer souverainement sur les recours administratifs contentieux.

Elle a séparé les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges judiciaires de contrôler les opérations administratives.

Explication

La loi de 1790 établit la séparation des fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges judiciaires d’intervenir dans les opérations administratives. Le pouvoir contentieux souverain du Conseil d’État date de 1872, tandis que les tribunaux administratifs apparaissent en 1953.

10. Quelle compétence la loi du 24 mai 1872 a-t-elle reconnue au Conseil d’État ?

Le pouvoir de statuer souverainement sur les recours en matière contentieuse administrative.
Le pouvoir de contrôler les opérations administratives à la place des juridictions judiciaires.
Le pouvoir de connaître directement des recours sans décision ministérielle préalable.
Le pouvoir de juger en appel les décisions rendues par les cours administratives d’appel.

Le pouvoir de statuer souverainement sur les recours en matière contentieuse administrative.

Explication

La loi du 24 mai 1872 reconnaît au Conseil d’État le pouvoir de statuer souverainement sur les recours administratifs contentieux. La compétence directe sans décision ministérielle préalable résulte de l’arrêt Cadot de 1889, et les cours administratives d’appel sont créées bien plus tard.

11. Quelle évolution l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 a-t-il consacrée ?

Le Conseil d’État a renoncé à juger les recours administratifs au profit des tribunaux judiciaires compétents en premier ressort.
Le ministre a conservé une compétence préalable obligatoire avant toute saisine du Conseil d’État par un administré.
Le Conseil d’État a transféré aux cours administratives d’appel l’examen initial des litiges administratifs.
Le Conseil d’État s’est reconnu compétent en premier ressort pour connaître directement d’un recours sans décision préalable du ministre.

Le Conseil d’État s’est reconnu compétent en premier ressort pour connaître directement d’un recours sans décision préalable du ministre.

Explication

Par l’arrêt Cadot, le Conseil d’État rompt avec la compétence préalable du ministre et accepte de connaître directement d’un recours en premier ressort. La proposition maintenant l’intervention préalable du ministre décrit le système antérieur, que l’arrêt écarte.

12. Que signifie le principe de légalité pour l’administration ?

Elle applique les normes selon leur utilité administrative et leur date d’adoption.
Elle dispose d’un pouvoir étatique sans limitation juridique en période ordinaire.
Elle doit respecter les normes supérieures à ses actes, notamment la Constitution et la loi.
Elle peut écarter une norme supérieure lorsqu’elle poursuit un objectif d’intérêt général.

Elle doit respecter les normes supérieures à ses actes, notamment la Constitution et la loi.

Explication

Le principe de légalité oblige l’administration à respecter l’ensemble des normes supérieures à ses actes, dont la Constitution et la loi. Le pouvoir étatique sans limitation juridique correspond à l’état de police, qui ne décrit pas le principe de légalité.

13. Une autorité administrative constate que toutes les conditions légales d’octroi d’une autorisation sont réunies et qu’une seule décision est prévue : de quel pouvoir dispose-t-elle ?

D’une compétence liée qui l’oblige à prendre la décision prévue.
D’un pouvoir discrétionnaire qui lui permet de choisir entre plusieurs décisions.
D’un pouvoir de police qui l’autorise à écarter les conditions légales.
D’une compétence consultative qui lui permet de proposer une décision au juge.

D’une compétence liée qui l’oblige à prendre la décision prévue.

Explication

La compétence liée impose à l’administration de prendre la décision déterminée lorsque les conditions légales sont réunies. Le pouvoir discrétionnaire lui laisserait un choix entre plusieurs décisions légalement possibles.

14. Lorsqu’elle exerce un pouvoir discrétionnaire, quelle limite le juge administratif peut-il contrôler ?

Une différence d’opportunité entre deux décisions également légales.
Une modification du texte constitutionnel applicable à la décision.
Une erreur manifeste d’appréciation dans le choix effectué.
Une préférence politique exprimée par l’autorité avant la décision.

Une erreur manifeste d’appréciation dans le choix effectué.

Explication

Même dans le cadre d’un pouvoir discrétionnaire, l’administration ne peut commettre d’erreur manifeste d’appréciation, laquelle peut être contrôlée par le juge administratif. Le juge ne transforme pas pour autant tout choix d’opportunité en compétence liée.

15. Dans quelle situation la théorie des circonstances exceptionnelles peut-elle assouplir temporairement les règles applicables à l’administration ?

Lorsque les autorités veulent éviter tout contrôle juridique pendant une période électorale.
Lorsque le juge administratif préfère remplacer une règle de fond par une règle plus souple.
Lorsque l’administration souhaite accélérer une procédure malgré l’absence de difficulté particulière.
Lorsque des événements entravent les pouvoirs publics ou compromettent la santé ou l’accès aux services publics.

Lorsque des événements entravent les pouvoirs publics ou compromettent la santé ou l’accès aux services publics.

Explication

La théorie des circonstances exceptionnelles peut assouplir temporairement les règles lorsque des événements entravent le fonctionnement des pouvoirs publics, la santé de la population ou l’accès aux services publics. Une simple volonté d’accélérer l’action administrative ne suffit pas à caractériser de telles circonstances.

16. Quel est le principe central de la hiérarchie des normes ?

Les normes situées au sommet doivent respecter les actes administratifs les plus récents.
Chaque norme possède une valeur identique dès lors qu’elle est régulièrement adoptée.
Les normes inférieures doivent respecter les normes qui leur sont supérieures.
Les normes inférieures peuvent écarter une norme supérieure pour des raisons pratiques.

Les normes inférieures doivent respecter les normes qui leur sont supérieures.

Explication

La hiérarchie des normes classe les règles juridiques selon leur valeur et impose aux normes inférieures de respecter les normes supérieures. Cette conception est notamment associée à Hans Kelsen dans la Théorie pure du droit.

17. Quel ensemble correspond au bloc de constitutionnalité français ?

La Constitution de 1958, les lois ordinaires, les règlements et les circulaires administratives.
La Déclaration de 1789, les traités européens, les directives et les décisions administratives.
La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de 2004.
Le Préambule de 1946, les lois organiques, les décrets et les conventions collectives.

La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de 2004.

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend notamment la Constitution de 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004. Il ne se réduit donc pas à la seule Constitution de 1958.

18. Quel apport majeur est associé à la décision Liberté d’association du 16 juillet 1971 ?

Elle transforme les directives européennes en règles directement applicables dans chaque État membre.
Elle affirme la supériorité générale des règlements européens sur toutes les normes constitutionnelles françaises.
Elle reconnaît une valeur constitutionnelle aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.
Elle autorise le Conseil constitutionnel à contrôler les décisions administratives individuelles.

Elle reconnaît une valeur constitutionnelle aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

Explication

La décision Liberté d’association reconnaît une valeur constitutionnelle aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et permet le contrôle de la loi au regard du Préambule. Elle concerne donc l’élargissement du bloc de constitutionnalité, non le régime des directives européennes.

19. À quelles conditions un traité peut-il avoir une autorité supérieure à celle des lois françaises selon l’article 55 de la Constitution ?

Il doit être intégré dans une directive européenne avant toute ratification nationale.
Il doit être signé par une autorité administrative et approuvé par chaque commune.
Il doit être adopté par une juridiction française et appliqué sans publication officielle.
Il doit être régulièrement ratifié ou approuvé, publié et appliqué réciproquement.

Il doit être régulièrement ratifié ou approuvé, publié et appliqué réciproquement.

Explication

L’article 55 exige une ratification ou une approbation régulière, une publication et une application réciproque pour qu’un traité ait une autorité supérieure à celle des lois. Une simple signature ou l’intervention d’une juridiction française ne remplit pas ces conditions.

20. Quelle caractéristique distingue principalement le règlement européen de la directive ?

Le règlement formule une orientation dépourvue de caractère obligatoire pour ses destinataires.
Le règlement est directement applicable et obligatoire dans tous ses éléments dans chaque État membre.
Le règlement s’adresse à des États déterminés sans produire d’effet dans les autres États membres.
Le règlement fixe un résultat à atteindre et laisse aux autorités nationales le choix des moyens.

Le règlement est directement applicable et obligatoire dans tous ses éléments dans chaque État membre.

Explication

Le règlement a une portée générale, est obligatoire dans tous ses éléments et s’applique directement dans tout État membre. La fixation d’un résultat avec un choix national des moyens caractérise plutôt la directive.

21. Comment la décision européenne se distingue-t-elle du règlement européen ?

Elle est obligatoire dans tous ses éléments, mais elle ne possède pas de portée générale et vise les États concernés.
Elle exprime un avis dépourvu d’effet obligatoire pour les destinataires désignés.
Elle fixe un résultat à atteindre en laissant aux États le choix de la forme et des moyens.
Elle a une portée générale et s’applique directement à toute personne dans chaque État membre.

Elle est obligatoire dans tous ses éléments, mais elle ne possède pas de portée générale et vise les États concernés.

Explication

La décision européenne est obligatoire dans tous ses éléments, mais elle ne présente pas de portée générale et ne s’impose qu’aux États concernés. Le caractère général et l’application à tout État membre correspondent au règlement.

22. Que laisse aux autorités nationales une directive européenne tout en les liant juridiquement ?

Le pouvoir de remplacer la directive par une recommandation sans justification.
Le choix du résultat à atteindre ainsi que la possibilité de ne pas le mettre en œuvre.
Le choix de la forme et des moyens permettant d’atteindre le résultat imposé.
La possibilité de modifier les obligations selon la portée générale du règlement.

Le choix de la forme et des moyens permettant d’atteindre le résultat imposé.

Explication

La directive lie les États destinataires quant au résultat à atteindre, tout en leur laissant la compétence concernant la forme et les moyens. Les États ne choisissent donc pas librement le résultat fixé par la directive.

23. Quelle mesure permet à une directive européenne de produire ses effets ordinaires dans l’ordre interne français ?

Sa publication seule au Journal officiel de l’Union européenne.
Sa transposition par une loi française ou un acte administratif.
Son remplacement par une décision européenne adressée aux États concernés.
Son adoption directe par une juridiction administrative française.

Sa transposition par une loi française ou un acte administratif.

Explication

Les directives doivent être transposées en droit interne par des lois françaises ou des actes administratifs avant de produire leurs effets ordinaires dans l’ordre interne. Leur publication ne remplace donc pas, à elle seule, la transposition nationale.

24. Quelle distinction caractérise les définitions organique et matérielle de la loi ?

La définition organique renvoie au contrôle, tandis que la définition matérielle renvoie à la procédure
La définition organique renvoie à la sanction, tandis que la définition matérielle renvoie à l’application
La définition organique renvoie au domaine, tandis que la définition matérielle renvoie à l’auteur
La définition organique renvoie à l’auteur, tandis que la définition matérielle renvoie au domaine

La définition organique renvoie à l’auteur, tandis que la définition matérielle renvoie au domaine

Explication

La définition organique identifie la loi par son auteur, le Parlement, tandis que la définition matérielle l’identifie par son domaine, notamment celui de l’article 34. Confondre ces critères revient à attribuer le domaine à la définition organique et l’auteur à la définition matérielle.

25. Une matière qui ne figure pas dans le domaine défini par l’article 34 de la Constitution relève-t-elle, en principe, de quel domaine ?

Du domaine législatif défini par l’article 34
Du domaine juridictionnel défini par le juge administratif
Du domaine référendaire défini par l’article 11
Du domaine réglementaire défini par l’article 37

Du domaine réglementaire défini par l’article 37

Explication

L’article 37 attribue au pouvoir réglementaire les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi. L’article 34 délimite, quant à lui, le domaine législatif et ne définit pas le domaine réglementaire.

26. Dans quelles conditions une ordonnance de l’article 38 peut-elle être adoptée ?

Le Président agit sans habilitation dans une matière réservée au juge administratif
Le gouvernement agit après référendum dans une matière exclue du domaine législatif
Le gouvernement agit sur habilitation parlementaire dans une matière relevant normalement de la loi
Le Parlement agit sur habilitation gouvernementale dans une matière relevant normalement du règlement

Le gouvernement agit sur habilitation parlementaire dans une matière relevant normalement de la loi

Explication

L’ordonnance est adoptée par le gouvernement, après habilitation du Parlement, dans un domaine qui relève normalement de la loi, puis elle est destinée à être ratifiée. Une habilitation gouvernementale ou une matière réglementaire ne correspond pas au régime de l’article 38.

27. Quelle est la situation juridique d’une ordonnance pendant le délai d’habilitation, puis après sa ratification ?

Elle est immédiatement applicable comme acte administratif, puis acquiert rétroactivement une valeur législative
Elle reste dépourvue d’effet, puis devient applicable comme acte administratif après ratification
Elle est immédiatement applicable comme loi, puis acquiert une valeur réglementaire après ratification
Elle est immédiatement applicable comme règlement, puis devient constitutionnelle après ratification

Elle est immédiatement applicable comme acte administratif, puis acquiert rétroactivement une valeur législative

Explication

Pendant l’habilitation, l’ordonnance est applicable mais conserve la valeur d’un acte administratif ; sa ratification lui confère ensuite une valeur législative rétroactive. Elle n’a donc pas la valeur d’une loi dès son adoption.

28. Comment définir un principe général du droit ?

Une norme dégagée par le juge pour interpréter les textes ou combler une lacune juridique
Une mesure individuelle prise par l’administration pour régler une situation particulière
Un règlement gouvernemental adopté pour organiser le fonctionnement des juridictions
Une règle votée par le Parlement pour préciser chaque décision administrative

Une norme dégagée par le juge pour interpréter les textes ou combler une lacune juridique

Explication

Le principe général du droit est une norme dégagée par le juge, notamment administratif, lorsqu’il interprète les textes ou comble une lacune de l’ordre juridique. Une règle parlementaire ou une décision administrative ne relève pas de cette définition.

29. Quelle est la valeur juridique des principes généraux du droit dans leurs rapports avec l’administration et la loi ?

Ils s’imposent à la loi, mais l’administration peut les écarter par règlement
Ils s’imposent au juge, mais une circulaire administrative peut les supprimer
Ils ont une valeur réglementaire, mais une décision individuelle peut les modifier
Ils s’imposent à l’administration, mais une loi peut les modifier

Ils s’imposent à l’administration, mais une loi peut les modifier

Explication

Les principes généraux du droit ont une valeur législative : l’administration doit les respecter, tandis que le législateur peut les modifier. Leur valeur n’est donc ni supérieure à la loi ni comparable à celle d’une simple circulaire.

30. Quelle différence distingue un acte réglementaire d’une décision individuelle ?

L’acte réglementaire concerne un dossier particulier, tandis que la décision individuelle organise une matière entière
L’acte réglementaire est général et impersonnel, tandis que la décision individuelle vise une personne déterminée
L’acte réglementaire est nominatif, tandis que la décision individuelle s’applique à un ensemble indéterminé
L’acte réglementaire tranche un litige, tandis que la décision individuelle édicte une règle générale

L’acte réglementaire est général et impersonnel, tandis que la décision individuelle vise une personne déterminée

Explication

L’acte réglementaire édicte une règle générale et impersonnelle, tandis que la décision individuelle applique une règle à une personne déterminée. Le caractère nominatif appartient donc à la décision individuelle et non à l’acte réglementaire.

31. Une décision individuelle peut-elle légalement contredire un acte réglementaire qui lui est supérieur dans la hiérarchie administrative ?

Non, car toute décision individuelle doit être validée par le juge administratif
Oui, car une décision individuelle prime lorsqu’elle concerne une personne déterminée
Non, car elle doit respecter l’acte réglementaire qui lui est supérieur
Oui, si elle est prise par une autorité administrative différente

Non, car elle doit respecter l’acte réglementaire qui lui est supérieur

Explication

Dans la hiérarchie administrative, une décision individuelle doit respecter les actes réglementaires qui lui sont supérieurs. Le fait qu’elle vise une personne déterminée ne lui permet pas de déroger à une norme réglementaire supérieure.

32. Quelle combinaison décrit le contrôle de légalité administratif français ?

Il est diffus, a priori et abstrait, avant toute application de l’acte
Il est diffus, a posteriori et abstrait, après une saisine parlementaire
Il est concentré, a priori et abstrait, indépendamment de tout litige
Il est concentré, a posteriori et concret, à l’occasion d’un litige

Il est concentré, a posteriori et concret, à l’occasion d’un litige

Explication

Le juge administratif exerce un contrôle concentré, après l’application de l’acte et dans le cadre concret d’un litige. Le contrôle constitutionnel peut, dans certaines hypothèses, être préalable et abstrait, ce qui explique la distinction.

33. Quel est l’objet du recours pour excès de pouvoir ?

Faire modifier par le Parlement une règle administrative devenue contestable
Obtenir du juge judiciaire la réparation d’un dommage causé par un service public
Obtenir du juge administratif l’annulation d’un acte administratif illégal
Demander à l’administration de retirer elle-même un acte qu’elle estime inopportun

Obtenir du juge administratif l’annulation d’un acte administratif illégal

Explication

Le recours pour excès de pouvoir est une demande d’annulation d’un acte administratif illégal présentée devant le juge administratif. Le recours gracieux, lui, est adressé directement à l’administration et ne constitue pas une demande juridictionnelle d’annulation.

34. Que permet respectivement le contrôle par voie d’action et le contrôle par voie d’exception ?

La voie d’action suspend une procédure, tandis que l’exception transfère le litige à l’administration
La voie d’action permet de demander l’annulation directe, tandis que l’exception permet d’écarter la règle dans un litige
La voie d’action permet d’écarter une règle dans un litige, tandis que l’exception entraîne son annulation directe
La voie d’action impose une réparation financière, tandis que l’exception provoque une modification réglementaire

La voie d’action permet de demander l’annulation directe, tandis que l’exception permet d’écarter la règle dans un litige

Explication

La voie d’action vise directement l’annulation de l’acte, tandis que la voie d’exception permet d’écarter l’application d’une règle dans le litige examiné. L’exception ne produit donc pas, par elle-même, une annulation directe de l’acte.

35. Quels effets produit l’annulation d’un acte administratif prononcée dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir ?

Elle produit un effet rétroactif, mais sa portée reste limitée aux parties présentes
Elle produit un effet rétroactif et bénéficie de l’autorité absolue de chose jugée
Elle suspend l’acte pendant le procès, sans remettre en cause sa validité passée
Elle produit un effet uniquement futur et ne lie que les parties au litige

Elle produit un effet rétroactif et bénéficie de l’autorité absolue de chose jugée

Explication

L’annulation prononcée dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir est rétroactive et possède l’autorité absolue de chose jugée. Elle ne se limite donc pas à une suspension future ni aux seules parties au procès.

36. Quelle distinction décrit correctement la répartition du contrôle entre le juge administratif et le Conseil constitutionnel ?

Le juge administratif contrôle l’acte administratif, tandis que le Conseil constitutionnel contrôle la loi au regard de la Constitution.
Le juge administratif contrôle la loi, tandis que le Conseil constitutionnel contrôle la légalité de l’acte administratif.
Le Conseil constitutionnel contrôle l’acte administratif, tandis que le juge administratif contrôle les traités internationaux.
Le juge administratif et le Conseil constitutionnel contrôlent conjointement chaque acte administratif.

Le juge administratif contrôle l’acte administratif, tandis que le Conseil constitutionnel contrôle la loi au regard de la Constitution.

Explication

Le juge administratif vérifie la conformité des actes administratifs aux normes supérieures, mais il ne contrôle pas directement la constitutionnalité des lois. Le Conseil constitutionnel est compétent pour examiner la conformité des lois à la Constitution.

37. Dans quelle situation la loi constitue-t-elle un écran législatif ?

Lorsque le règlement d’application empêche le juge de vérifier la compétence de l’administration.
Lorsque le traité international écarte l’application d’une loi contraire à la Constitution.
Lorsque la loi s’interpose entre l’acte administratif et la norme supérieure invoquée.
Lorsque le Conseil constitutionnel suspend l’examen d’un acte administratif individuel.

Lorsque la loi s’interpose entre l’acte administratif et la norme supérieure invoquée.

Explication

L’écran législatif existe lorsque la loi fait obstacle au contrôle par le juge administratif de la conformité d’un acte administratif à la Constitution ou au droit international. Le mécanisme concerne donc l’interposition de la loi entre l’acte et la norme supérieure.

38. Quel apport l’arrêt Nicolo de 1989 a-t-il consacré en droit administratif ?

Le Conseil constitutionnel peut contrôler tout acte administratif individuel après son entrée en vigueur.
Le Premier ministre peut écarter un traité international lorsqu’une loi postérieure lui est contraire.
Le Conseil d’État peut contrôler, par voie d’exception, la compatibilité d’une loi avec un traité international.
Le Conseil d’État peut annuler directement une disposition constitutionnelle contraire à une loi adoptée.

Le Conseil d’État peut contrôler, par voie d’exception, la compatibilité d’une loi avec un traité international.

Explication

Depuis l’arrêt Nicolo de 1989, le Conseil d’État accepte d’examiner par voie d’exception la compatibilité d’une loi avec les traités internationaux. Cette solution concerne le contrôle de conventionnalité de la loi, et non son contrôle de constitutionnalité.

39. À quelle condition un justiciable peut-il invoquer une directive non transposée contre une décision administrative individuelle ?

La directive doit avoir été transposée partiellement et comporter des objectifs laissés à l’appréciation administrative.
La directive doit contenir des dispositions précises et inconditionnelles, et son délai de transposition doit être expiré.
La directive doit être dépourvue de délai de transposition et avoir été approuvée par le Conseil constitutionnel.
La directive doit concerner une relation entre personnes privées et avoir été publiée avant son adoption.

La directive doit contenir des dispositions précises et inconditionnelles, et son délai de transposition doit être expiré.

Explication

L’arrêt Mme Perreux de 2009 permet l’invocation d’une directive non transposée contre une décision administrative individuelle lorsque ses dispositions sont précises et inconditionnelles et que le délai de transposition est expiré. Cette solution abandonne l’ancienne approche associée à l’arrêt Cohn-Bendit.

40. Quelle conséquence peut découler du refus de prendre les mesures nécessaires à l’application d’une loi ?

Le refus devient une décision politique insusceptible de recours devant le juge administratif.
Le juge peut contrôler la constitutionnalité de la loi mais ne peut examiner l’inaction administrative.
Le juge peut remplacer la loi par un règlement et exonérer l’État de toute responsabilité.
Le juge peut annuler ce refus et la responsabilité de l’État peut être engagée.

Le juge peut annuler ce refus et la responsabilité de l’État peut être engagée.

Explication

Lorsque l’administration refuse de prendre les mesures juridiquement nécessaires à l’application d’une loi, ce refus peut être annulé et causer l’engagement de la responsabilité de l’État. Il ne s’agit donc pas d’une simple absence de mesure dépourvue de portée juridique.

41. Quelle solution le Conseil d’État a-t-il retenue dans l’arrêt Kevers Pascalis de 1962 ?

Le refus du Premier ministre de prendre un règlement d’exécution d’une loi est illégal.
Le juge administratif peut imposer une nouvelle loi lorsque le pouvoir réglementaire reste inactif.
Le refus du Premier ministre d’appliquer une loi relève d’un choix politique sans portée contentieuse.
Le Premier ministre peut différer l’exécution d’une loi tant qu’aucun recours individuel n’est formé.

Le refus du Premier ministre de prendre un règlement d’exécution d’une loi est illégal.

Explication

Dans l’arrêt Kevers Pascalis de 1962, le Conseil d’État reconnaît l’illégalité du refus du Premier ministre de prendre le règlement nécessaire à l’exécution d’une loi. La décision montre que cette abstention peut faire l’objet d’un contrôle juridique.

42. Que comprend l’obligation d’exécution des lois prévue par l’article 21 de la Constitution ?

Le Parlement doit adopter un règlement pour préciser chaque loi avant sa promulgation.
Les juridictions administratives doivent appliquer directement toute loi sans intervention réglementaire.
Le Conseil constitutionnel doit rédiger les mesures administratives nécessaires à chaque loi.
Le Premier ministre doit prendre les règlements nécessaires à la mise en œuvre des lois.

Le Premier ministre doit prendre les règlements nécessaires à la mise en œuvre des lois.

Explication

L’article 21 de la Constitution impose au Premier ministre de prendre les règlements nécessaires à la mise en œuvre des lois. Cette exigence constitue une obligation juridique d’exécution et non une simple orientation politique.

43. Quelle affirmation correspond à l’arrêt France Nature Environnement de 2000 ?

Le pouvoir réglementaire permet de modifier la loi lorsque son application entraîne des difficultés pratiques.
Le pouvoir réglementaire constitue une faculté que le Premier ministre peut exercer selon l’opportunité politique.
Le pouvoir réglementaire comprend le droit et l’obligation de prendre les mesures nécessaires à l’application de la loi.
Le pouvoir réglementaire appartient au Parlement lorsque la loi nécessite des mesures d’application détaillées.

Le pouvoir réglementaire comprend le droit et l’obligation de prendre les mesures nécessaires à l’application de la loi.

Explication

Dans l’arrêt France Nature Environnement de 2000, le Conseil d’État affirme que le pouvoir réglementaire comporte à la fois le droit et l’obligation de prendre les mesures qu’implique l’application de la loi. Il ne s’agit donc pas d’une simple faculté laissée à l’appréciation politique.

44. Quel délai le Premier ministre dispose-t-il généralement pour prendre les mesures d’application d’une loi lorsque celle-ci ne fixe aucun délai ?

Un délai raisonnable de six mois.
Un délai fixe de deux années civiles.
Un délai limité à la session parlementaire suivante.
Un délai automatique de quinze jours.

Un délai raisonnable de six mois.

Explication

Lorsque la loi ne prévoit aucun délai, le Premier ministre dispose d’un délai raisonnable de six mois pour prendre les mesures nécessaires à son application. Les autres durées proposées ne correspondent pas à la règle énoncée.

45. Quelles mesures le juge administratif peut-il prendre face au refus fautif de prendre un règlement d’application ?

Il peut engager la responsabilité de l’État, mais l’injonction et l’astreinte relèvent du Conseil constitutionnel.
Il peut adopter lui-même le règlement et transférer sa responsabilité financière à l’administration concernée.
Il peut constater le refus, mais il ne peut ni indemniser la victime ni imposer l’adoption du règlement.
Il peut contrôler le refus, engager la responsabilité de l’État en cas de dommage et ordonner l’édiction du règlement sous astreinte.

Il peut contrôler le refus, engager la responsabilité de l’État en cas de dommage et ordonner l’édiction du règlement sous astreinte.

Explication

Le juge administratif peut contrôler le refus, indemniser les dommages imputables à ce refus, puis ordonner l’édiction du règlement en assortissant cette injonction d’une astreinte. Il dispose ainsi de pouvoirs de contrôle, de réparation et de contrainte.

46. Qui prononce une sanction administrative contre un administré ayant méconnu une loi ou un règlement ?

Le pouvoir législatif
L’administration compétente
Le juge judiciaire
Le juge administratif

L’administration compétente

Explication

La sanction administrative est prononcée par l’administration contre l’administré fautif. Le juge judiciaire prononce, quant à lui, les peines pénales.

47. Quelle exigence s’applique à une sanction administrative ?

Elle doit reprendre automatiquement le montant d’une peine pénale
Elle peut être choisie librement selon l’appréciation de l’administration
Elle peut être prononcée sans que l’intéressé présente sa défense
Elle doit être prévue par un texte et proportionnée aux faits

Elle doit être prévue par un texte et proportionnée aux faits

Explication

Une sanction administrative doit respecter la légalité, la nécessité, la proportionnalité et les droits de la défense. Elle ne relève donc pas d’un choix entièrement libre de l’administration.

48. Que signifie l’abrogation d’un acte administratif ?

La modification partielle de l’acte pour les usagers
La suspension temporaire de l’acte par le juge
L’annulation rétroactive de l’acte depuis son adoption
La disparition juridique de l’acte pour l’avenir

La disparition juridique de l’acte pour l’avenir

Explication

L’abrogation fait disparaître juridiquement un acte administratif pour l’avenir. Elle se distingue de l’annulation, qui peut remettre en cause l’acte rétroactivement.

49. Dans quelle situation l’administration doit-elle abroger un acte en vertu de l’article L.243-2 du CRPA ?

Lorsqu’un acte légal produit des effets moins avantageux que prévu
Lorsqu’un acte créateur de droits est devenu défavorable à l’administration
Lorsque l’acte réglementaire est illégal ou qu’un acte non réglementaire non créateur de droits le devient
Lorsqu’un acte réglementaire est ancien ou qu’un administré conteste son opportunité

Lorsque l’acte réglementaire est illégal ou qu’un acte non réglementaire non créateur de droits le devient

Explication

L’article L.243-2 du CRPA impose l’abrogation des actes réglementaires illégaux et des actes non réglementaires non créateurs de droits devenus illégaux. L’ancienneté ou le caractère défavorable d’un acte ne suffit pas à établir cette obligation.

50. Dans quel cas l’administration peut-elle refuser de prêter le concours de la force publique pour exécuter une décision de justice rendue contre un administré ?

Lorsque la décision concerne une personne privée
Lorsque l’administré demande un délai supplémentaire d’exécution
En présence de circonstances de nature à troubler l’ordre public
Lorsque l’exécution paraît matériellement coûteuse pour l’administration

En présence de circonstances de nature à troubler l’ordre public

Explication

L’administration doit normalement apporter le concours de la force publique à l’exécution d’une décision de justice, sauf risque de trouble à l’ordre public. Le coût ou la demande de délai ne constitue pas, en soi, l’exception prévue.

51. Quelles mesures l’administration doit-elle prendre après l’annulation de la révocation illégale d’un fonctionnaire ?

L’indemniser forfaitairement sans procéder à sa réintégration
Le réaffecter dans un emploi différent sans reconstituer sa carrière
Supprimer la révocation du dossier sans modifier sa situation professionnelle
Le réintégrer et reconstituer sa carrière en lui versant les salaires dus

Le réintégrer et reconstituer sa carrière en lui versant les salaires dus

Explication

L’annulation de la révocation oblige l’administration à réintégrer le fonctionnaire et à reconstituer sa carrière, notamment par le versement des salaires dus. La seule disparition formelle de l’acte ne suffit donc pas.

52. Comment le juge administratif peut-il contraindre l’administration à exécuter une décision de justice ?

En prononçant une injonction assortie d’une astreinte par jour de retard
En transformant automatiquement la décision en sanction pénale
En remplaçant directement l’administration dans l’accomplissement de sa mission
En annulant toute décision administrative antérieure liée au litige

En prononçant une injonction assortie d’une astreinte par jour de retard

Explication

Le juge administratif peut ordonner à l’administration d’exécuter la décision et assortir cette injonction d’une astreinte financière quotidienne. Il ne se substitue pas de manière générale à l’administration pour accomplir sa mission.

53. Quelle définition du service public correspond à celle proposée par René Chapus ?

Une activité commerciale menée par une personne privée pour satisfaire ses clients
Une activité d’intérêt général assurée ou assumée par une personne publique
Une activité administrative exercée par un juge dans l’intérêt collectif
Une activité d’intérêt général reconnue dès qu’elle répond à un besoin social

Une activité d’intérêt général assurée ou assumée par une personne publique

Explication

Pour René Chapus, le service public associe l’intérêt général à l’intervention d’une personne publique qui assure ou assume l’activité. L’intérêt général pris isolément ne suffit donc pas à établir cette qualification.

54. Quelle différence distingue une personne publique qui assure directement un service public d’une personne publique qui l’assume indirectement ?

Elle agit avec des fonds privés dans le premier cas et avec des fonds publics dans le second
Elle mobilise elle-même ses moyens dans le premier cas et confie l’exécution à une autre personne sous son contrôle dans le second
Elle exerce une activité lucrative dans le premier cas et une activité gratuite dans le second
Elle exerce un pouvoir de contrôle dans le premier cas et abandonne toute direction dans le second

Elle mobilise elle-même ses moyens dans le premier cas et confie l’exécution à une autre personne sous son contrôle dans le second

Explication

L’assurance directe repose sur l’emploi des moyens humains, matériels et financiers de la personne publique. L’assomption indirecte consiste à confier l’exécution à une autre personne tout en fixant les missions et en contrôlant leur réalisation.

55. Quels éléments le juge examine-t-il pour qualifier l’activité d’une personne privée de service public en l’absence de disposition légale ?

L’intérêt général, les prérogatives de puissance publique, puis un faisceau d’indices
La durée de l’activité, son coût, puis l’accord des usagers concernés
La personnalité morale, le financement privé, puis le caractère lucratif de l’activité
La nature commerciale, le statut des salariés, puis l’autorisation municipale

L’intérêt général, les prérogatives de puissance publique, puis un faisceau d’indices

Explication

Selon la démarche issue de l’arrêt APREI, le juge recherche successivement l’intérêt général, les prérogatives de puissance publique et, le cas échéant, un faisceau d’indices. Le financement privé ou le caractère lucratif ne constituent pas cette méthode de qualification.

56. Quelle affirmation décrit correctement la répartition des compétences entre les services publics nationaux et locaux ?

Les collectivités peuvent créer tout service public dès lors qu’elles invoquent un intérêt local suffisant.
Les services nationaux et locaux relèvent conjointement de l’État dès qu’ils répondent à un besoin collectif.
Les services nationaux relèvent des collectivités, tandis que les services locaux relèvent des compétences générales de l’État.
Les services nationaux relèvent de l’État, tandis que les services locaux relèvent des compétences attribuées aux collectivités par la loi.

Les services nationaux relèvent de l’État, tandis que les services locaux relèvent des compétences attribuées aux collectivités par la loi.

Explication

Les services publics nationaux relèvent de l’État, alors que les collectivités territoriales n’interviennent que dans les compétences que la loi leur attribue. Elles ne disposent donc pas d’une compétence générale autonome en matière de services publics.

57. Comment l’administration doit-elle appliquer le principe de continuité lorsqu’une grève affecte un service public ?

Elle doit saisir le juge judiciaire avant de prendre toute mesure destinée à assurer la continuité du service.
Elle doit maintenir un fonctionnement régulier en réorganisant le service ou, si nécessaire, en procédant à une réquisition.
Elle doit suspendre le service pendant toute la durée de la grève afin de respecter pleinement le droit de grève.
Elle doit remplacer les agents grévistes par des usagers volontaires pour garantir le fonctionnement habituel.

Elle doit maintenir un fonctionnement régulier en réorganisant le service ou, si nécessaire, en procédant à une réquisition.

Explication

La continuité exige un fonctionnement régulier du service public, mais elle doit être conciliée avec le droit de grève par des mesures comme la réorganisation ou la réquisition. La suspension complète du service ne constitue donc pas la réponse de principe.

58. Dans quelle situation une différence de traitement entre usagers d’un service public peut-elle respecter le principe d’égalité ?

Lorsqu’elle résulte d’une préférence politique de l’autorité gestionnaire sans lien avec le fonctionnement du service.
Lorsqu’elle est décidée librement par l’administration pour harmoniser les résultats entre territoires.
Lorsqu’elle permet de réserver l’accès aux usagers qui contribuent le plus au financement du service.
Lorsqu’elle repose sur une différence objective de situation en rapport avec le service ou sur un motif d’intérêt général.

Lorsqu’elle repose sur une différence objective de situation en rapport avec le service ou sur un motif d’intérêt général.

Explication

Le principe d’égalité autorise une différence de traitement lorsqu’elle repose sur une situation objectivement différente ou sur l’intérêt général, à condition qu’elle soit liée au service. Il n’impose donc pas une uniformité indépendante des situations.

59. Selon quels éléments un service public peut-il être qualifié de service public industriel et commercial plutôt que de service public administratif ?

La présence d’usagers privés, même lorsque l’activité et les ressources du service restent administratives.
La nature de l’activité, le mode de financement et les modalités d’organisation et de fonctionnement du service.
Le caractère national ou local du service, indépendamment de son financement et de son fonctionnement.
La seule décision de la personne publique qui exerce la compétence, sans examen de l’activité concernée.

La nature de l’activité, le mode de financement et les modalités d’organisation et de fonctionnement du service.

Explication

Un service public est présumé administratif, mais les critères liés à son activité, à son financement et à son fonctionnement peuvent conduire à le qualifier de SPIC. La seule présence d’usagers privés ne suffit pas à établir cette qualification.

60. Quelle différence distingue le financement par l’impôt ou la taxe du financement par redevance ?

L’impôt ou la taxe rémunère une prestation déterminée, tandis que la redevance est fixée sans rapport avec le service rendu.
L’impôt ou la taxe est versé par les seuls usagers, tandis que la redevance est prélevée auprès de l’ensemble des contribuables.
L’impôt ou la taxe est calculé selon la consommation individuelle, tandis que la redevance finance l’ensemble des dépenses publiques.
L’impôt ou la taxe finance le service sans correspondre à son coût réel, tandis que la redevance est liée au service utilisé.

L’impôt ou la taxe finance le service sans correspondre à son coût réel, tandis que la redevance est liée au service utilisé.

Explication

L’impôt ou la taxe relève d’un financement général déconnecté du coût réel du service, alors que la redevance est payée par l’usager et proportionnelle au coût du service rendu. La redevance correspond donc au prix du service utilisé.

61. Quelle caractéristique permet de distinguer une concession de service public d’un marché public ?

Dans le marché public, l’exploitant se rémunère principalement auprès des usagers et assume le risque de fréquentation.
Dans la concession, l’exploitant se rémunère par le service et assume un risque financier d’exploitation.
Dans la concession, la personne publique verse un prix contractuel sans que l’exploitant supporte un risque financier.
Dans le marché public, l’exploitant reçoit une personne morale publique distincte pour gérer librement le service.

Dans la concession, l’exploitant se rémunère par le service et assume un risque financier d’exploitation.

Explication

La concession transfère à l’exploitant une rémunération liée à l’exploitation du service ainsi qu’un risque financier, tandis que le marché public repose sur une rémunération versée par la personne publique. Le critère déterminant est donc le risque d’exploitation.

62. Qu’est-ce qui caractérise un établissement public chargé de gérer un service public ?

C’est une structure pouvant intervenir dans tous les domaines d’action publique sans limitation liée à son objet.
C’est un service directement exercé par la personne publique sans personnalité morale ni autonomie juridique propre.
C’est une personne privée choisie par contrat pour exploiter le service en assumant le risque financier.
C’est une personne morale de droit public distincte de sa personne publique de rattachement et soumise au principe de spécialité.

C’est une personne morale de droit public distincte de sa personne publique de rattachement et soumise au principe de spécialité.

Explication

L’établissement public possède une personnalité morale de droit public distincte de celle de sa personne de rattachement et intervient dans le cadre du principe de spécialité. Il se distingue ainsi de la régie, qui ne dispose pas d’une personne morale distincte.

63. Quelle est la finalité exclusive du pouvoir de police administrative ?

Préserver l’ordre public en justifiant, lorsque cela est nécessaire, des restrictions aux droits et libertés.
Promouvoir toute politique d’intérêt général, même lorsqu’elle ne concerne pas la préservation de l’ordre public.
Organiser la répartition des ressources publiques entre les différents groupes sociaux d’un territoire.
Sanctionner les infractions déjà commises au moyen de mesures relevant principalement de la police judiciaire.

Préserver l’ordre public en justifiant, lorsque cela est nécessaire, des restrictions aux droits et libertés.

Explication

La police administrative vise la préservation de l’ordre public et peut, à cette fin, restreindre certains droits et libertés. Elle ne peut pas poursuivre tout objectif d’intérêt général détaché de cette finalité.

64. Quels éléments composent l’ordre public matériel au sens du Code général des collectivités territoriales ?

La moralité publique, la dignité humaine et la protection des considérations esthétiques.
La sécurité publique, la tranquillité publique et la salubrité publique.
La liberté économique, l’égalité fiscale et la continuité des activités commerciales.
La sécurité nationale, la défense extérieure et la protection du patrimoine culturel.

La sécurité publique, la tranquillité publique et la salubrité publique.

Explication

L’ordre public matériel comprend la sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques, conformément à l’article L.2212-2 du Code général des collectivités territoriales. La moralité et la dignité relèvent plutôt de l’ordre public immatériel.

65. Quelle affirmation correspond à la composition de l’ordre public immatériel ?

Il repose principalement sur l’apparence des lieux et permet de limiter une activité pour des motifs esthétiques.
Il comprend la sécurité et la salubrité publiques, tandis que la dignité humaine relève d’un domaine étranger à la police.
Il comprend notamment la moralité publique et la dignité humaine, mais les considérations purement esthétiques ne suffisent pas.
Il se limite à la moralité publique et exclut toute considération liée à la personne humaine.

Il comprend notamment la moralité publique et la dignité humaine, mais les considérations purement esthétiques ne suffisent pas.

Explication

L’ordre public immatériel peut inclure la moralité publique et la dignité de la personne humaine. En revanche, des considérations purement esthétiques ne peuvent pas, à elles seules, justifier une mesure de police.

66. Quelle solution le Conseil d’État a-t-il retenue dans l’arrêt Commune de Morsang-sur-Orge du 27 octobre 1995 ?

La liberté du spectacle imposait l’autorisation de toute représentation dès lors qu’aucun trouble matériel n’était établi.
La moralité publique permettait de sanctionner les spectateurs, mais ne pouvait pas fonder l’interdiction du spectacle.
La dignité de la personne humaine pouvait justifier l’interdiction d’un spectacle de lancer de nains.
La protection de la dignité humaine ne pouvait être invoquée qu’après la réalisation effective d’un dommage individuel.

La dignité de la personne humaine pouvait justifier l’interdiction d’un spectacle de lancer de nains.

Explication

Dans l’arrêt Commune de Morsang-sur-Orge, le Conseil d’État a reconnu que la dignité de la personne humaine pouvait fonder l’interdiction du spectacle de lancer de nains. Cette décision illustre la prise en compte de l’ordre public immatériel par la police administrative.

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Qu'est-ce que le sens organique de l'administration ?

Un ensemble de personnes et d'institutions.

Que désigne le sens fonctionnel de l'administration ?

L'activité d'administrer.

Quelles personnes publiques générales comprend-on ?

L'État et les collectivités territoriales.

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