★ À maîtriser
📌 L’administration possède un sens organique, qui désigne un ensemble de personnes et d’institutions, et un sens fonctionnel, qui désigne l’activité d’administrer.
📌 Les personnes publiques générales comprennent l’État et les collectivités territoriales, tandis que les personnes publiques spéciales comprennent notamment les établissements publics, les agences et les autorités indépendantes.
Compléments
📌 Une personne publique spéciale ne peut agir que dans le cadre de sa spécialité prédéfinie et reste rattachée à une personne publique générale.
Organique = personnes et institutions ; fonctionnelle = activité d’intérêt général
★ À maîtriser
📌 Le privilège de l’action d’office permet à l’administration d’imposer elle-même l’exécution de ses décisions lorsque les conditions prévues par un texte ou par l’urgence sont réunies.
📌 Le domaine public est inaliénable lorsque ses biens sont affectés à un service public, car leur cession empêcherait l’administration d’accomplir ses missions.
Compléments
📌 L’administration peut modifier ou résilier unilatéralement certains contrats administratifs afin de garantir l’intérêt général.
Intérêt général → pouvoirs exorbitants et contraintes spécifiques
Séparation → administration juge → Conseil d’État juridictionnel
★ À maîtriser
📌 La compétence liée oblige l’administration à prendre une décision déterminée lorsque les conditions légales sont réunies, tandis que le pouvoir discrétionnaire lui laisse un choix entre plusieurs décisions légales.
📌 Même dans l’exercice de son pouvoir discrétionnaire, l’administration ne peut pas commettre d’erreur manifeste d’appréciation, que le juge administratif peut contrôler.
Compléments
L’article 16 de la Constitution permet au Président de la République de prendre les mesures exigées par les circonstances en cas de menace grave et immédiate et d’interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels.
L’état d’urgence peut être déclaré en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public ou d’événements présentant le caractère de calamité publique.
Compétence liée = obligation ; pouvoir discrétionnaire = choix contrôlé
★ À maîtriser
📌 Selon l’article 55 de la Constitution, les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés, publiés et appliqués réciproquement ont une autorité supérieure à celle des lois.
📌 Le règlement européen est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable, tandis que la directive lie les États quant au résultat à atteindre en leur laissant le choix de la forme et des moyens.
Compléments
Une pyramide où Constitution, traités, lois et actes administratifs s’emboîtent
★ À maîtriser
La décision européenne est obligatoire dans tous ses éléments, mais elle n’a pas de portée générale et ne s’impose qu’aux États concernés.
Les directives européennes doivent être transposées dans le droit interne par des lois françaises ou des actes administratifs avant de produire leurs effets ordinaires dans l’ordre interne.
Selon l’arrêt Nicolo de 1989, le droit européen est supérieur aux lois françaises, tandis que sa primauté et son effet direct sont affirmés du point de vue de l’Union européenne.
Compléments
📌 Les recommandations et les avis du droit de l’Union européenne ne lient pas leurs destinataires et n’ont aucune valeur obligatoire.
Règlement directement applicable, directive transposée
★ À maîtriser
La loi est définie organiquement comme l’acte voté par le Parlement et matériellement comme l’acte intervenant dans les domaines énumérés à l’article 34 de la Constitution.
Selon l’article 37 de la Constitution, les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi sont de nature réglementaire.
Pendant le délai d’habilitation, l’ordonnance est immédiatement applicable mais possède la valeur d’un acte administratif ; après ratification, elle acquiert une valeur législative rétroactive.
Compléments
Article 34 : loi ; article 37 : règlement
Les principes généraux du droit ont une valeur législative : ils s’imposent à l’administration mais peuvent être modifiés par la loi.
Les actes réglementaires sont impersonnels et généraux, tandis que les décisions individuelles visent une personne déterminée et appliquent une règle générale à sa situation.
Dans la hiérarchie administrative, les décisions individuelles doivent respecter les actes réglementaires qui leur sont supérieurs.
Interprétation du juge → principes généraux du droit
★ À maîtriser
Le contrôle de légalité français est concentré, a posteriori et concret : le juge administratif contrôle les actes administratifs après leur application, à l’occasion d’un litige.
Le contrôle par voie d’action permet de demander directement l’annulation d’un acte, tandis que le contrôle par voie d’exception permet seulement d’écarter une règle lors d’un litige.
L’annulation prononcée par le juge administratif dans le cadre d’un recours pour excès de pouvoir est rétroactive et possède l’autorité absolue de chose jugée.
Compléments
📌 Le recours pour excès de pouvoir est en principe exercé dans un délai de deux mois afin de garantir la sécurité juridique.
Voie d’action : annuler ; voie d’exception : écarter
★ À maîtriser
Le juge administratif contrôle les actes administratifs par rapport aux normes supérieures, mais il ne peut pas contrôler directement la constitutionnalité des lois.
Depuis l’arrêt Nicolo de 1989, le Conseil d’État accepte de contrôler par voie d’exception la compatibilité d’une loi avec les traités internationaux.
La question prioritaire de constitutionnalité, issue de la révision constitutionnelle de 2008 et entrée en vigueur le 1er mars 2010, permet de contrôler une loi après sa promulgation lorsqu’elle porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.
Pendant le délai de transposition, une directive n’a pas d’effet direct pour les personnes privées, mais l’administration ne doit pas prendre de mesures susceptibles de compromettre sérieusement ses objectifs.
Depuis l’arrêt Mme Perreux de 2009, un justiciable peut invoquer contre une décision administrative individuelle les dispositions précises et inconditionnelles d’une directive non transposée dont le délai est expiré.
Compléments
📌 Selon l’arrêt Alitalia de 1989, l’administration doit abroger les actes réglementaires illégaux parce qu’ils sont contraires à une directive non transposée.
Directive, ordonnance, ratification : trois régimes de contrôle
★ À maîtriser
📌 Le refus de prendre les mesures nécessaires à l’application d’une loi peut entraîner l’annulation de ce refus par le juge et engager la responsabilité de l’État.
Compléments
📌 Le Conseil d’État a reconnu dans l’arrêt Kevers Pascalis de 1962 que le refus du Premier ministre de prendre un règlement d’exécution d’une loi est illégal.
Loi ou règlement → mesures d’exécution obligatoires
📌 Le Premier ministre dispose d’un délai raisonnable de six mois pour prendre les mesures d’application lorsqu’aucun délai n’est fixé par la loi.
Refus d’exécuter → illégalité, responsabilité et contrainte du juge
★ À maîtriser
📌 Les sanctions administratives sont soumises au principe de légalité des délits et des peines, au principe de nécessité et de proportionnalité, ainsi qu’au respect des droits de la défense.
📌 L’administration doit abroger les actes réglementaires illégaux ainsi que les actes non réglementaires non créateurs de droits devenus illégaux, conformément à l’article L.243-2 du CRPA.
Compléments
La procédure contradictoire impose la communication du dossier à la personne poursuivie, puis lui permet de présenter des observations écrites ou orales.
L’arrêt Alitalia de 1989 a consacré comme principe général du droit l’obligation d’abroger les règlements illégaux dès leur origine ou devenus illégaux. - CE
Illégalité de l’administré : sanctionner ; illégalité administrative : abroger
★ À maîtriser
📌 Pour exécuter une décision de justice rendue contre un administré, l’administration doit prêter le concours de la force publique, sauf circonstances de trouble à l’ordre public.
📌 Le juge administratif peut contraindre l’administration à exécuter une décision de justice par une injonction et une astreinte financière par jour de retard.
Compléments
Les arrêts Couitéas de 1923 et Société cartonnerie et imprimerie Saint-Charles de 1938 reconnaissent une responsabilité sans faute de l’État lorsque la force publique n’est pas prêtée pour préserver l’ordre public. - CE
En 2020, le Conseil d’État a prononcé une astreinte de 10 millions d’euros par semestre de retard, puis a liquidé une astreinte en 2023 parce que les mesures prises restaient insuffisantes. - CE
Décision contre l’administré : force publique ; contre l’administration : mesures, injonction, astreinte
★ À maîtriser
📌 Une personne publique assure directement un service public lorsqu’elle mobilise elle-même ses moyens humains, matériels et financiers, tandis qu’elle l’assume indirectement lorsqu’elle en confie l’exécution à une autre personne tout en définissant ses missions et en contrôlant leur réalisation.
Compléments
Le Conseil d’État a refusé de reconnaître un service public culturel dans l’arrêt Astruc de 1916, puis a admis qu’une commune puisse exploiter un théâtre dans l’arrêt Leoni de 1944. - CE
Dans l’arrêt UGC Ciné-Cité de 2007, le Conseil d’État a refusé de qualifier de service public l’activité d’un cinéma municipal géré par une personne privée parce que la commune n’imposait aucune obligation au gestionnaire. - CE
Intérêt général seul ≠ service public : il faut aussi un lien maîtrisé avec la personne publique
★ À maîtriser
📌 Le principe de continuité impose un fonctionnement régulier du service public et doit être concilié avec le droit de grève, notamment par la réorganisation du service ou la réquisition.
📌 Le principe d’égalité devant le service public impose l’égalité d’accès et de fonctionnement, mais autorise des différences de traitement fondées sur l’intérêt général ou sur une différence objective de situation en rapport avec le service.
Compléments
📌 Le principe d’adaptation constante, qui est un principe général du droit, oblige l’administration à faire évoluer le service public lorsque l’intérêt général change et peut conduire à sa suppression.
📌 Le principe de neutralité des services publics, rattaché à la laïcité, s’impose aux agents dans leurs relations avec les usagers et aux bâtiments publics.
CIEAN : continuité, égalité, adaptation, neutralité
Un service public est présumé administratif, mais il peut être qualifié de service public industriel et commercial selon la nature de l’activité, son mode de financement et ses modalités d’organisation et de fonctionnement. - CE, Union syndicale des industries aéronautiques, 1956
Le financement par l’impôt ou la taxe est déconnecté du coût réel du service, tandis que la redevance est payée par l’usager et proportionnelle au coût du service rendu.
Dans une concession de service public, la personne privée se rémunère grâce à l’exploitation du service et supporte un risque financier, tandis que dans un marché public la personne publique la rémunère selon le contrat sans risque équivalent d’exploitation.
Dans un SPIC, les relations individuelles avec les usagers et le personnel relèvent en principe du droit privé et du juge judiciaire, tandis que les agents d’un SPA géré par une personne publique sont en principe des fonctionnaires ou agents publics.
Concession : risque supporté par le gestionnaire ; marché public : rémunération garantie par la personne publique
La sauvegarde de l’ordre public est un objectif à valeur constitutionnelle reconnu par le Conseil constitutionnel, au même titre que le respect de la liberté d’autrui.
L’ordre public immatériel comprend notamment la moralité publique et la dignité de la personne humaine, mais les considérations purement esthétiques ne peuvent pas être prises en compte.
Dans l’arrêt CE, Commune de Morsang-sur-Orge du 27 octobre 1995, le Conseil d’État a admis que la dignité de la personne humaine pouvait justifier l’interdiction d’un spectacle de lancer de nains.
📌 La police administrative intervient en principe préventivement pour éviter les atteintes à l’ordre public, tandis que la police judiciaire intervient répressivement après ou en lien avec une infraction déterminée.
📌 Selon les arrêts CE Baud et Tribunal des conflits Noualek de 1951, une opération relève de la police judiciaire lorsqu’elle est liée à une infraction déterminée et de la police administrative dans le cas contraire.
À l’échelle nationale, le Premier ministre est l’autorité de police administrative générale et dispose d’un pouvoir propre de police reconnu notamment par les arrêts CE Labonne de 1919 et Bouvet de la Maisonneuve de 1975.
Le maire est chargé du maintien de l’ordre public dans la commune, sous le contrôle du préfet, qui peut se substituer à lui après l’avoir mis en demeure d’agir en cas de carence.
Le préfet exerce la police administrative générale lorsque la mesure concerne un territoire dépassant celui d’une commune, conformément à l’article L.2215-1 du Code général des collectivités territoriales.
Le titulaire d’un pouvoir de police ne peut pas le déléguer à une autre personne ou autorité, selon l’arrêt CE Castelnaudary de 1932, sauf intervention limitée d’une sécurité privée autorisée par la loi sous l’autorité expresse de la police.
Selon l’arrêt CE Commune de Néris-les-Bains de 1902, une autorité locale peut adopter une mesure plus rigoureuse que celle d’une autorité supérieure lorsque des circonstances particulières le justifient.
Une mesure de police ne peut pas soumettre l’exercice d’une activité à une autorisation préalable lorsque la loi n’a pas expressément prévu ce régime.
Une mesure de police ne peut pas prévoir une interdiction générale et absolue, c’est-à-dire dépourvue de limitation dans le temps ou dans l’espace.
STSD : sécurité, tranquillité, salubrité, dignité
| Notion | Liberté de décision | Contrôle |
|---|---|---|
| Compétence liée | Aucune liberté lorsque les conditions légales sont réunies | Vérification du respect de la décision imposée |
| Pouvoir discrétionnaire | Choix entre plusieurs décisions légales | Contrôle notamment de l’erreur manifeste d’appréciation |
| Acte | Effet principal | Application |
|---|---|---|
| Règlement | Obligatoire dans tous ses éléments | Directement applicable |
| Directive | Objectif obligatoire | Transposition par les États |
| Décision | Obligatoire dans tous ses éléments | Obligatoire pour ses destinataires |
| Recommandation ou avis | Valeur non contraignante | Pas d’obligation juridique |
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1. Quelle distinction décrit correctement les deux sens du terme « administration » ?
2. Quelle différence caractérise les personnes publiques générales et les personnes publiques spéciales ?
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Qu'est-ce que le sens organique de l'administration ?
Un ensemble de personnes et d'institutions.
Que désigne le sens fonctionnel de l'administration ?
L'activité d'administrer.
Quelles personnes publiques générales comprend-on ?
L'État et les collectivités territoriales.
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