QCM : Organisations juridictionnelles françaises (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle juridiction tranche les conflits entre les ordres judiciaire et administratif en France ?

Le Tribunal des conflits
Le Conseil d’État
Le Conseil constitutionnel
La Cour de cassation

Le Tribunal des conflits

Explication

Le Tribunal des conflits règle les conflits entre les deux ordres juridictionnels français. La Cour de cassation, elle, appartient à l’ordre judiciaire et ne tranche pas ces conflits entre ordres.

2. Comment l’article 66 de la Constitution qualifie-t-il la justice ?

Comme une autorité judiciaire
Comme une institution législative
Comme un pouvoir juridictionnel
Comme une administration indépendante

Comme une autorité judiciaire

Explication

L’article 66 désigne la justice comme une autorité judiciaire, et non comme un pouvoir. La qualifier de pouvoir juridictionnel reprend précisément la distinction que cet article ne fait pas.

3. Lorsqu’une loi nationale est contraire à un traité européen applicable, quelle démarche le juge français doit-il adopter ?

Écarter la loi contraire au droit européen
Appliquer la loi nationale en raison de son adoption parlementaire
Demander au Parlement d’abroger la loi avant de statuer
Suspendre l’examen jusqu’à une révision constitutionnelle

Écarter la loi contraire au droit européen

Explication

L’article 55 établit la primauté des traités sur les lois nationales, ce qui conduit le juge à écarter la loi contraire au droit européen. L’adoption parlementaire d’une loi ne lui donne pas priorité sur un traité applicable.

4. Face à une question de droit européen sur le port de signes religieux au travail, quelle démarche un juge national peut-il entreprendre ?

Transmettre automatiquement le dossier à la Cour européenne des droits de l’homme
Saisir le Parlement européen pour qu’il tranche le litige
Demander l’avis d’un juge européen sur cette question
Solliciter une modification du droit national avant de poursuivre

Demander l’avis d’un juge européen sur cette question

Explication

Un juge national peut demander l’avis d’un juge européen sur une question de droit européen, notamment celle du port de signes religieux par un salarié. La transmission automatique du dossier à la Cour européenne des droits de l’homme ne correspond pas à cette démarche consultative.

5. Quelle distinction l’arrêt Blanco de 1873 a-t-il établie quant aux règles applicables à l’administration ?

L’administration relève des mêmes règles que les particuliers, avec des recours distincts.
L’administration relève de règles spéciales plutôt que des règles du droit privé.
L’administration relève des règles civiles, sauf décision contraire du Conseil d’État.
L’administration relève de règles fixées par le gouvernement et contrôlées par le juge judiciaire.

L’administration relève de règles spéciales plutôt que des règles du droit privé.

Explication

L’arrêt Blanco a affirmé que l’administration est soumise à des règles spéciales, contribuant ainsi à la naissance du droit administratif. L’idée d’appliquer les règles civiles avec quelques exceptions ne rend pas compte de cette distinction fondatrice.

6. Quelle loi présente la justice comme un service public fondé notamment sur la neutralité, la non-discrimination et la continuité ?

La loi du 23 mars 2019 relative à la mise à disposition des décisions
La loi du 16 et 24 août 1790 sur les affaires de l’administration
La loi n° 77-1468 du 30 décembre 1977
La loi n° 2026-1547 du 18 novembre 2016

La loi n° 2026-1547 du 18 novembre 2016

Explication

La loi n° 2026-1547, datée du 18 novembre 2016, présente la justice comme un service public fondé notamment sur ces trois principes. La loi du 30 décembre 1977 concerne plutôt la gratuité des actes de justice devant les juridictions civiles et administratives.

7. Quelle est la fonction de la contribution pour l’aide juridique de 50 € prévue pour certaines procédures devant les tribunaux judiciaires et les conseils de prud’hommes ?

Rembourser les frais d’avocat engagés par la partie qui obtient gain de cause
Remplacer les dépens dus par la partie perdante à l’issue du procès
Financer les actes de justice dans toutes les procédures civiles et administratives
Contribuer au financement de la justice dans certaines procédures, avec une dispense pour les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle

Contribuer au financement de la justice dans certaines procédures, avec une dispense pour les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle

Explication

Cette contribution participe au financement de la justice pour certaines procédures, tandis que les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle en sont dispensés. Elle ne remplace pas les dépens, qui peuvent être mis à la charge de la partie perdante.

8. Depuis quelle date un justiciable peut-il soulever une question prioritaire de constitutionnalité devant une juridiction ?

Depuis la décision Dame Lamotte de 1950
Depuis l’arrêt Domenjoud du 11 décembre 2015
Depuis l’entrée en vigueur de la Convention européenne des droits de l’homme en 1950
Depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008

Depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008

Explication

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a instauré la possibilité pour un justiciable de soulever une QPC devant une juridiction. La décision Dame Lamotte de 1950 concerne, elle, l’ouverture du recours pour excès de pouvoir contre les actes administratifs.

9. Quelle différence distingue l’intérêt à agir devant le juge administratif de la qualité de victime exigée pour saisir la CEDH ?

Le premier suppose un intérêt suffisamment direct et certain lié à l’acte attaqué, tandis que la seconde permet d’invoquer une violation de la Convention comme victime directe, indirecte ou potentielle.
Le premier permet à toute personne de contester un acte administratif, tandis que la seconde est réservée aux particuliers et exclut les associations.
Le premier exige une violation préalable de la Convention, tandis que la seconde repose sur l’avantage que procurerait le succès de la prétention.
Le premier suppose d’avoir subi un préjudice matériel personnel, tandis que la seconde exige un intérêt statutaire à défendre des intérêts collectifs.

Le premier suppose un intérêt suffisamment direct et certain lié à l’acte attaqué, tandis que la seconde permet d’invoquer une violation de la Convention comme victime directe, indirecte ou potentielle.

Explication

L’intérêt à agir devant le juge administratif s’apprécie au regard d’un lien suffisamment direct et certain avec l’acte contesté, alors que la CEDH peut être saisie par une personne, une ONG ou un groupe se prétendant victime, y compris potentielle. L’intérêt statutaire concerne le cas particulier d’une association devant le tribunal administratif et ne définit pas la qualité de victime devant la CEDH.

10. Pourquoi le décret du 7 janvier 2009 a-t-il remplacé l’appellation « commissaire du gouvernement » par « rapporteur public » ?

Pour supprimer l’obligation de présenter publiquement une analyse juridique de l’affaire.
Pour transférer au Gouvernement la responsabilité de proposer une solution au juge.
Pour réserver cette fonction aux magistrats chargés de rendre la décision collégiale.
Pour éviter de confondre cette fonction juridictionnelle avec celle du Gouvernement.

Pour éviter de confondre cette fonction juridictionnelle avec celle du Gouvernement.

Explication

Le changement d’appellation visait à mieux distinguer le rapporteur public du Gouvernement, dont il ne représente pas les intérêts. Contrairement à une confusion possible, cette modification n’a pas supprimé sa mission d’exposer publiquement une analyse indépendante et de proposer une solution.

11. Un tribunal administratif examine un litige portant sur un permis de conduire relevant des matières prévues par le Code de justice administrative. Quelle formation peut statuer sur cette affaire ?

Une formation collégiale, car toute affaire administrative requiert plusieurs magistrats
Une Grande Chambre, composée de dix-sept juges, comme à la CEDH
Un juge unique, car certaines matières sont prévues pour ce mode de jugement
Un comité de trois juges, conformément aux formations de la CEDH

Un juge unique, car certaines matières sont prévues pour ce mode de jugement

Explication

Le Code de justice administrative prévoit que certaines matières, notamment des litiges relatifs au permis de conduire, peuvent être jugées par un juge unique. La règle générale est la collégialité, mais elle ne s’applique pas lorsqu’une disposition prévoit une exception.

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Quels sont les deux ordres juridictionnels français ?

L’ordre judiciaire et l’ordre administratif.

Que prévoit l’article 55 de la Constitution concernant les traités internationaux et les lois nationales ?

Les traités internationaux priment sur les lois nationales.

Comment l’article 66 de la Constitution qualifie-t-il la justice ?

D’autorité judiciaire.

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