Fiche de révision : Personnes et identification juridique

Plan du Cours

  1. Sources et fonctions du droit des personnes
  2. Personne et personnalité juridique
  3. Naissance et personnalité juridique
  4. Personnes et choses en droit
  5. Mort et fin de vie
  6. Absence et disparition
  7. Personnes morales et personnalité
  8. Création et fonctionnement des personnes morales
  9. Personnification des animaux
  10. Personnification de la nature
  11. Personnification de l’intelligence artificielle
  12. État civil et identification
  13. Actes de l’état civil
  14. Attribution et changement du nom
  15. Attribution et modification du prénom
  16. Mention du sexe à l’état civil
  17. Domicile des personnes
  18. Attribution et acquisition de la nationalité

Repères chronologiques

  1. 1539Le pouvoir rend obligatoire la tenue des registres paroissiaux des baptêmes.
  2. 1579L’obligation de tenir les registres est étendue aux mariages et aux décès.
  3. 1792L’État crée l’état civil et confie les actes aux municipalités.
  4. 16 décembre 1975La Cour de cassation refuse le changement de sexe dans les registres de l’état civil.
  5. 25 mars 1992La Cour européenne des droits de l’homme condamne la France pour atteinte au droit au respect de la vie privée en raison de son refus du changement de sexe.
  6. 8 janvier 1993La loi instaure une liberté contrôlée a posteriori dans le choix du prénom.
  7. 7 juin 2012La Cour de cassation assouplit les conditions du changement de la mention du sexe à l’état civil.
  8. 15 juillet 2026Une loi permettant l’aide à mourir en France a été adoptée.

1. Sources et fonctions du droit des personnes

★ À maîtriser

  • Le droit des personnes s’est constitué comme matière à partir de 1804 avec le Code civil, en traitant principalement de l’état des personnes et de la protection des incapables.

  • Les fonctions traditionnelles du droit des personnes sont :

    • l’organisation de la société
    • l’identification des personnes
    • la protection des personnes incapables
  • Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les fonctions du droit des personnes se renouvellent sous l’effet de la métamorphose des valeurs sociales et de la mutation des techniques.

Compléments

📌 Le droit des personnes est une subdivision du droit civil et relève de la tradition romano-germanique, dite de droit continental, contrairement aux pays anglo-saxons où il ne constitue pas une matière autonome.

  • Les règles du droit des personnes se trouvent notamment dans :

    • le Code civil
    • le Code de la santé publique
    • le Code de l’action sociale et des familles
    • des lois non codifiées
  • Le renouvellement lié aux valeurs comprend l’émergence de l’autonomie personnelle et la prise en compte de la protection de la nature.

  • La numérisation et la société de l’immatériel s’accompagnent d’une identité numérique, d’un droit à la protection des données personnelles issu notamment du droit de l’Union européenne et d’un droit à l’oubli numérique.

  • La mutation des techniques et les progrès scientifiques concernent aussi le corps humain et contribuent à sa valorisation, certains éléments du corps pouvant être vendus.

2. Personne et personnalité juridique

★ À maîtriser

📌 La personnalité juridique est une construction abstraite qui permet à une entité d’agir juridiquement, de détenir des droits subjectifs et d’engager sa responsabilité, tandis que l’être humain est une réalité biologique.

📌 L’enfant à naître est reconnu comme un être humain, mais n’est pas considéré comme une personne juridique avant sa naissance.

Compléments

  • L’appartenance au genre humain n’a pas toujours suffi à conférer des droits ou une reconnaissance juridique, comme l’illustrent l’esclavage, la soumission historique des femmes et des enfants et le statut de l’enfant à naître.

  • En droit romain, les esclaves ne disposaient d’aucune prérogative et pouvaient être vendus, traités ou volés, tandis que la maisonnée était soumise au pouvoir du pater familias, qui avait un droit de vie et de mort sur ses enfants.

Astuce mémo

L’être humain est une réalité biologique ; la personne est une construction juridique.

3. Naissance et personnalité juridique

★ À maîtriser

  • En droit français, la personnalité juridique est attribuée à l’être humain qui naît vivant et viable.

  • Naître vivant signifie que l’enfant n’est pas mort-né, tandis que la viabilité correspond à une capacité de survie dont l’appréciation évolue avec les avancées médicales.

  • Selon la règle infans conceptus, l’enfant est réputé né chaque fois que cela sert son intérêt, notamment pour hériter d’un parent décédé avant sa naissance.

Compléments

  • L’acte d’enfant sans vie manifeste juridiquement l’existence d’un enfant mort-né ou non viable et permet de lui donner un nom et un prénom afin d’accompagner le deuil familial.

  • La règle infans conceptus a permis la reconnaissance de dommages-intérêts au profit d’un enfant conçu au moment de l’assassinat de son grand-père.

4. Personnes et choses en droit

Notions clés & Définitions

  • Chose : Ce qui peut en principe faire l’objet d’une appropriation.
  • Animal : Êtres vivants doués de sensibilité.

★ À maîtriser

📌 La summa divisio distingue les personnes, qui peuvent agir juridiquement, des choses, qui peuvent en principe faire l’objet d’une appropriation.

📌 La conséquence majeure de la summa divisio est qu’une personne ne peut pas disposer d’une autre personne.

  • Dans l’arrêt d’Assemblée plénière de la Cour de cassation du 29 juin 2001, relatif à l’affaire Pierre Palmade, la Cour a jugé que l’article 221-6 sur l’homicide involontaire ne s’applique pas à l’enfant à naître, car « autrui » désigne une autre personne.

📌 L’article 16 du Code civil affirme que la loi assure la primauté de la personne et interdit toute atteinte à sa dignité.

Compléments

  • Le Code civil de 1804 distingue les personnes, les biens et les différentes manières d’acquérir la propriété dans ses trois livres.

  • L’article 544 du Code civil définit la propriété comme le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue.

  • L’article 686 du Code civil prévoit qu’on ne peut pas imposer de servitudes à la personne.

  • L’enfant à naître est présenté comme une partie du corps de la mère, ce qui justifie juridiquement les interruptions volontaires et médicales de grossesse.

Astuce mémo

La personne agit juridiquement ; la chose peut faire l’objet d’une appropriation.

5. Mort et fin de vie

★ À maîtriser

📌 En droit français, la mort entraîne la disparition de la personnalité juridique, mais il faut déterminer le moment où elle survient.

  • L’article R. 1232-1 exige quatre critères cumulatifs pour constater la mort en vue d’un prélèvement d’organes :
    • un arrêt cardiaque et respiratoire persistant
    • l’absence totale de conscience et d’activité motrice spontanée
    • l’abolition de tous les réflexes du tronc cérébral
    • l’absence totale de ventilation spontanée

📌 L’euthanasie active consiste à provoquer la mort à la demande de la personne, tandis que l’euthanasie passive, ou orthothanasie, consiste à recourir à des techniques de soin ou à interrompre des soins face à une maladie grave et incurable.

📌 La loi de juin 2026 permet à une personne de s’administrer elle-même un produit létal ou, si elle en est physiquement incapable, de se le faire administrer par un médecin ou un infirmier.

  • La loi de juin 2026 fixe cinq conditions à l’aide à mourir :
    • être majeur
    • être français ou résident régulier et stable en France
    • avoir une affection grave et incurable engageant le pronostic vital en phase avancée ou terminale
    • éprouver une souffrance réfractaire au traitement ou une douleur insupportable
    • être apte à manifester une volonté libre et éclairée

📌 La conception objective de la dignité interdit de contribuer à la mort d’autrui, tandis que la conception subjective voit dans le choix du moment de sa mort l’exercice d’une fin de vie digne.

📌 Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort : l’article 16-1-1 du Code civil impose que les restes des personnes décédées soient traités avec respect, dignité et décence.

Compléments

  • La circulaire du 24 avril 1978 a retenu la mort cérébrale comme moment de la mort, une analyse adoptée par la Cour de cassation et le Conseil d’État dans les années 1990.

  • La loi de 2005 sur les traitements à double effet permet de soulager la douleur en acceptant l’abrègement de la vie, sans autoriser l’injection d’un produit létal.

  • La loi de 2016 a ouvert la voie à une sédation profonde et continue jusqu’au décès, associée à des traitements très forts et à l’arrêt des traitements qui maintenaient la personne en vie.

  • 🔄 Pour décider lorsque le patient ne peut plus s’exprimer, il faut : rechercher les directives anticipées, rechercher une personne de confiance désignée si ces directives sont absentes, saisir un collège de médecins chargé d’enquêter si aucune personne de confiance n’a été désignée

📌 Avant 2026, la sédation profonde et continue était soumise à des règles strictes et exigeait une affection grave et incurable ainsi qu’une souffrance insupportable.

📌 Dans le suicide assisté, un tiers fournit le produit létal que la personne s’administre elle-même.

  • Le Conseil constitutionnel a validé la loi sur l’aide à mourir sous trois réserves d’interprétation.

  • La loi sur l’aide à mourir a été présentée comme mettant en œuvre le droit de toute personne à une fin de vie digne, alors que la conception objective de la dignité prévalait auparavant lors des conflits entre les deux conceptions.

6. Absence et disparition

★ À maîtriser

📌 L’absence concerne une personne dont on n’a plus de nouvelles, tandis que la disparition suppose des circonstances de nature à mettre sa vie en danger et que son corps reste introuvable.

  • Le régime de l’absence comporte une présomption d’absence, puis une déclaration d’absence.

  • La présomption d’absence suppose que la personne ait cessé de paraître à son domicile ou à sa résidence et qu’on soit sans nouvelles d’elle.

  • Pendant la présomption d’absence, la personne est présumée vivante, conserve sa personnalité juridique et ses droits, et son mariage demeure en vigueur.

  • La déclaration d’absence présume le décès, est inscrite sur les registres des décès et produit les effets d’un décès, notamment l’ouverture de la succession et la dissolution automatique du mariage.

  • En cas de disparition dans des circonstances mettant la vie en danger, un jugement déclaratif de décès peut être demandé et tient lieu d’acte de décès.

Compléments

  • La présomption d’absence n’a pas de durée minimale et, après plus de 20 ans d’absence, une déclaration d’absence peut être demandée directement.

  • Pendant la présomption d’absence, le juge des tutelles nomme un représentant de la personne absente.

  • La période de présomption d’absence dure au minimum 10 ans à compter du jour où elle a été constatée.

  • La présomption d’absence prend fin dans trois hypothèses :

    • la personne réapparaît
    • son décès est établi
    • l’absence persiste sans certitude sur sa mort et une déclaration d’absence est engagée
  • Avant la déclaration d’absence, une publicité est réalisée dans deux journaux locaux du lieu où la personne vivait avant de disparaître, et le tribunal peut ordonner des mesures d’enquête.

📌 Si la personne déclarée absente réapparaît, elle peut demander l’annulation du jugement, récupérer ses biens, mais ne recouvre pas le lien matrimonial dissous.

  • Le jugement déclaratif de décès fixe l’heure du décès, généralement en fonction de l’heure de l’événement, et peut être annulé si la personne réapparaît.

Astuce mémo

Absence : présomption, puis déclaration ; disparition : circonstances périlleuses, puis jugement déclaratif de décès.

7. Personnes morales et personnalité

Notions clés & Définitions

  • Personne morale : Un groupement de biens ou de personnes auquel le droit reconnaît la capacité d’agir juridiquement.

★ À maîtriser

📌 La théorie de la fiction considère que seules les personnes humaines sont véritablement des personnes et que la personnalité morale est une fiction utile créée par le législateur.

📌 La théorie de la réalité technique considère que la personnalité juridique est une construction juridique permettant à un groupement d’agir et d’engager sa responsabilité, sans faire de la personne morale une réalité naturelle.

  • Selon l’arrêt Comité d’établissement de Saint-Chamond du 28 janvier 1954, la personnalité civile n’est pas une création de la loi et peut être reconnue à tout groupement doté d’une possibilité d’expression collective pour défendre des intérêts licites. - Cour de cassation

📌 La jurisprudence peut reconnaître la personnalité juridique à un groupement si le législateur ne s’est pas explicitement prononcé, mais le législateur peut refuser cette personnalité dans un but de haute police.

Compléments

  • Les personnes morales comprennent : les sociétés commerciales, groupements de biens et de personnes constitués en vue de réaliser un bénéfice, les fondations, groupements de biens tournés vers l’intérêt général, les associations, groupements de personnes et de biens à but non lucratif

  • En droit romain, des groupements tels que les cités conquises par l’Empire romain ont constitué les prémices des personnes morales, et leur capacité d’agir juridiquement nécessitait l’autorisation du pouvoir impérial ou du Sénat.

  • Dans l’ancien droit, le pouvoir royal se méfiait des groupements de biens et de personnes, notamment parce que leurs richesses pouvaient s’accumuler sans être soumises à la mortalité des personnes physiques.

  • La Révolution française a conduit à la nationalisation des biens du clergé et à l’interdiction des corporations, et le Code civil de 1804 ne mentionne expressément que les compagnies de commerce et d’industrie.

📌 La théorie de la réalité sociologique voit les groupements comme des organismes comparables à des individus, dont les volontés individuelles produiraient une volonté collective.

Astuce mémo

La fiction réserve la reconnaissance au législateur ; la réalité technique admet aussi la jurisprudence.

8. Création et fonctionnement des personnes morales

Notions clés & Définitions

  • Patrimoine : Le contenant qui réunit tous les biens et toutes les dettes d’une personne.

★ À maîtriser

  • Les personnes morales volontaires résultent de la volonté de plusieurs individus de se grouper, tandis que les personnes morales imposées sont créées par la loi dans certaines situations.

  • Le principe de spécialité limite les pouvoirs juridiques d’une personne morale à la réalisation de la finalité pour laquelle elle a été créée.

  • Le patrimoine d’une personne morale est distinct des patrimoines de chacun de ses membres, selon le principe d’autonomie du patrimoine.

Compléments

  • Une personne morale est identifiée par un nom et localisée par un siège social, même si elle peut disposer de plusieurs sites.

📌 La durée de vie maximale d’une personne morale est de 99 ans, mais elle peut être renouvelée.

  • Une personne morale peut être dissoute par décision volontaire de ses membres ou par décision de justice, notamment en cas de faillite ou d’activité illicite.

9. Personnification des animaux

Notions clés & Définitions

  • Pathocentrisme : Considère que tous ceux qui ressentent la douleur appartiennent à une même communauté, réunissant notamment les hommes et les animaux.

★ À maîtriser

  • En droit français, l’animal est reconnu comme un être sensible depuis la loi du 10 juillet 1976, qui impose à son propriétaire des conditions compatibles avec les besoins de son espèce.

  • L’article 515-14 du Code civil, introduit par la loi du 16 février 2015, reconnaît les animaux comme des êtres doués de sensibilité tout en les maintenant soumis au régime des biens.

Compléments

  • Trois candidats possibles à la personnalité juridique sont :

    • les animaux
    • la nature
    • les systèmes d’intelligence artificielle
  • Un courant militant en faveur de l’attribution de la personnalité juridique aux animaux existe depuis le début du XXe siècle.

  • René de Mogue militait dès le début du XXe siècle pour que les animaux soient des personnes juridiques, au motif que le droit doit protéger tous ceux qui ressentent plaisir et douleur.

📌 La personnification des seuls animaux de compagnie permettrait de restreindre le cercle des animaux concernés, mais le fondement pathocentriste risque d’exclure les personnes humaines qui ne ressentent plus la douleur.

Astuce mémo

Pathocentrisme contre conception cartésienne

10. Personnification de la nature

Notions clés & Définitions

  • Principe d’habitabilité : Impose de préserver la possibilité de vivre sur Terre pour la génération actuelle et les suivantes.

★ À maîtriser

  • Les défenseurs de la personnification de la nature proposent de rompre avec le rapport sujet-objet en faisant entrer la nature dans la catégorie des sujets de droit.

  • En droit français, la nature ne dispose pas de la personnalité juridique et peut néanmoins être protégée par des règles et des moyens juridiques.

Compléments

  • En Équateur, la Constitution de 2008 reconnaît à la Pachamama le droit au respect intégral de son existence.

  • En Colombie, l’Amazonie est reconnue comme une entité sujet de droit.

Astuce mémo

Sujet humain face à la nature-objet

11. Personnification de l’intelligence artificielle

Notions clés & Définitions

  • Système d’intelligence artificielle : Système automatisé qui, pour un ensemble d’objectifs définis par l’homme, peut établir des prévisions, formuler des recommandations ou prendre des décisions.

Points essentiels

  • Un système d’intelligence artificielle a principalement besoin de :
    • algorithmes
    • données
    • puissance de calcul

📌 La personnification de l’intelligence artificielle en fonction de ses capacités cognitives risque de faire dépendre la personnalité juridique de l’intelligence, alors que cette personnification ne serait pas utile pour déterminer qui répond des dommages causés.

  • Le transhumanisme désigne la volonté de dépasser les limites humaines, notamment en augmentant les capacités de l’homme.

📌 Les augmentations humaines payantes posent la question de leur articulation avec le principe d’égale dignité des personnes.

12. État civil et identification

Notions clés & Définitions

  • État des personnes : Ensemble des qualités auxquelles le droit attache des effets juridiques, notamment le nom, le prénom, le sexe et le domicile.
  • Indisponibilité de l’état : Interdit à une personne de céder, donner ou vendre un élément de son identité civile.
  • Imprescriptibilité de l’état : Signifie que les éléments de l’état civil ne se perdent pas par le non-usage et que le temps n’a en principe aucune influence sur cet état.

Points essentiels

📌 L’identité civile individualise la personne par ses qualités personnelles, tandis que l’identité politique relève d’un autre registre d’identification.

📌 L’indisponibilité de l’état des personnes n’empêche pas un changement effectué conformément aux règles de la loi.

Astuce mémo

Indisponibilité n’est pas immutabilité

13. Actes de l’état civil

★ À maîtriser

  • Les actes de l’état civil comprennent :

    • les actes de naissance
    • les actes de mariage
    • les actes de décès
    • la reconnaissance d’un enfant
    • la déclaration de choix de nom de famille
  • Les actes de l’état civil servent :

    • à identifier de façon stable et fiable
    • à apporter une preuve
    • à assurer la sécurité des tiers

Compléments

  • 🔄 L’officier de l’état civil traite la déclaration en trois étapes :

    1. il enregistre la déclaration
    2. il fait lire l’acte aux parties
    3. il fait signer l’acte
  • Les actes de l’état civil sont des actes authentiques qui ne peuvent être remis en cause que difficilement, notamment par la démonstration d’un faux commis par l’officier de l’état civil.

Astuce mémo

Déclarer, lire, signer

14. Attribution et changement du nom

Notions clés & Définitions

  • Nom d’usage : Nom supplémentaire que la personne peut utiliser en plus de son nom de famille, notamment le nom du conjoint en cas de mariage.

★ À maîtriser

  • Lorsque la filiation est établie simultanément à l’égard des deux parents, ceux-ci peuvent choisir conjointement le nom de l’un d’eux ou leurs deux noms dans l’ordre qu’ils déterminent.

  • En cas de désaccord signalé à l’officier de l’état civil sur le nom de l’enfant dont la filiation est établie simultanément, l’enfant reçoit les noms des deux parents dans l’ordre alphabétique.

  • Lorsque la filiation n’est établie qu’à l’égard d’un parent, l’enfant reçoit le nom de ce parent ; si l’autre parent établit ensuite sa filiation, le nom peut être modifié avec l’accord du premier parent.

  • Le nom de famille est hors commerce et ne peut être cédé à titre onéreux ou gratuit.

  • L’article 61 du Code civil permet de changer de nom pour intérêt légitime, notamment en cas de consonance ridicule ou injurieuse, pour éviter l’extinction d’un nom ou pour un motif affectif.

  • Depuis la loi du 2 mars 2022, entrée en vigueur le 1er juillet 2022, une personne majeure peut demander une seule fois à porter l’un des noms qu’elle aurait pu recevoir à la naissance, notamment le nom de sa mère en plus ou à la place de celui de son père.

Compléments

  • La loi du 4 mars 2002 sur la dévolution du nom de famille est entrée en vigueur le 1er janvier 2005.

📌 Avant la réforme de 2002, l’enfant issu d’une filiation légitime recevait le nom de son père, tandis que l’enfant en filiation naturelle recevait le nom du parent ayant établi sa filiation en premier, sauf établissement simultané où le nom du père prévalait.

  • L’arrêt Mazurek de 2000 a condamné la France pour inégalité successorale entre enfants.

📌 Lorsque les parents ne déclarent pas leur choix pour un enfant dont la filiation est établie simultanément, l’enfant reçoit le nom de son père.

📌 Les enfants d’une même fratrie portent en principe le nom attribué au premier enfant.

  • L’usurpation du nom de famille est punie de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.

  • Depuis l’arrêt Bordas du 12 mars 1985, une personne physique peut autoriser une société à utiliser son nom de famille comme dénomination sociale ou commerciale.

📌 Le nom de famille ne se perd en principe pas par non-usage et ne s’acquiert pas en principe par un usage prolongé, mais la jurisprudence admet qu’un usage centenaire puisse conduire à son acquisition.

📌 Une modification de la filiation entraîne automatiquement un changement de nom, mais le consentement de l’enfant majeur est nécessaire.

Astuce mémo

Choix conjoint, puis ordre alphabétique en cas de désaccord

15. Attribution et modification du prénom

★ À maîtriser

📌 Le prénom est choisi par les parents et n’est pas transmis par la filiation, contrairement au nom de famille qui est lié à la filiation.

  • 🔄 Le contrôle d’un prénom jugé contraire à l’intérêt de l’enfant suit ces étapes : l’officier de l’état civil saisit le procureur de la République, le procureur peut saisir le juge aux affaires familiales, le juge peut ordonner la suppression du prénom litigieux

📌 Selon l’article 60 du Code civil, toute personne justifiant d’un intérêt légitime peut demander à changer de prénom.

Compléments

  • Depuis la loi d’août 1794, toute personne doit avoir un prénom.

  • La personne qui déclare la naissance indique le ou les prénoms, que l’officier de l’état civil inscrit immédiatement sur l’acte de naissance ; l’autre parent peut saisir le juge s’il conteste ce choix.

  • La loi du 18 novembre 2016 a déjudiciarisé une partie de la procédure de changement de prénom et impose de présenter la demande à un officier de l’état civil.

16. Mention du sexe à l’état civil

Notions clés & Définitions

  • Transsexualisme : Sentiment irrésistible et inéluctable éprouvé par certaines personnes d’appartenir au sexe opposé.
  • Intersexualité : Situation où le sexe d’une personne est indéterminable ou difficile à déterminer à la naissance, notamment en raison de caractéristiques génétiques, anatomiques ou hormonales.

★ À maîtriser

  • L’article 61-5 du Code civil permet à une personne majeure ou mineure émancipée de demander la modification de la mention du sexe en établissant par une réunion suffisante de faits que cette mention ne correspond pas au sexe auquel elle s’identifie et sous lequel elle est connue.

  • Les faits pouvant notamment justifier la demande sont : la présentation publique sous le sexe revendiqué, la reconnaissance sous ce sexe par l’entourage familial, amical ou professionnel, le changement du prénom pour le faire correspondre au sexe revendiqué

📌 L’article 61-6 du Code civil prévoit que l’absence de traitement médical, d’opération chirurgicale ou de stérilisation ne peut justifier le refus de modifier la mention du sexe à l’état civil.

  • La Cour de cassation a refusé de créer une mention de sexe neutre dans les actes de l’état civil par un arrêt du 4 mai 2017, considérant que le droit français ne permet que les mentions masculin ou féminin.

Compléments

  • La position de la Cour de cassation du 11 décembre 1992 exigeait un traitement médico-chirurgical et l’adoption du comportement social de l’autre sexe.

📌 La modification de la mention du sexe dans les actes de l’état civil est sans effet sur les obligations contractées envers les tiers et sur les filiations établies avant la modification.

  • Le 31 janvier 2023, la Cour européenne des droits de l’homme n’a pas condamné la France pour son refus de la mention de sexe neutre, au regard notamment de la préservation de l’organisation sociale et juridique, de l’indisponibilité de l’état des personnes et de la sécurité de l’état civil.

Astuce mémo

Changement de mention sans opération médicale

17. Domicile des personnes

Notions clés & Définitions

  • Domicile : Principal établissement d’une personne et permet de la rattacher à un espace déterminé.

★ À maîtriser

  • L’article 102 du Code civil définit le domicile comme le principal établissement de la personne.

  • La détermination du domicile repose sur un critère matériel, la localisation effective des activités de la personne, et un critère volontaire, sa volonté d’y concentrer son activité et de s’y établir.

📌 Le domicile est le principal établissement juridique, tandis que la résidence désigne un lieu concret où une personne peut séjourner, éventuellement parmi plusieurs lieux.

Compléments

📌 Les mineurs non émancipés sont domiciliés chez leurs parents et les majeurs en tutelle chez leurs tuteurs.

  • Le principe d’unicité du domicile prévoit en principe un seul domicile par personne, mais le droit admet des domiciles spéciaux.

📌 Les personnes sans domicile stable peuvent élire domicile auprès d’un centre communal ou intercommunal d’action sociale.

Astuce mémo

Domicile juridique, résidence concrète

18. Attribution et acquisition de la nationalité

Notions clés & Définitions

  • Nationalité : Lien juridique et politique d’appartenance d’une personne à la population constitutive d’un État.
  • Naturalisation : Octroi discrétionnaire par un État de sa nationalité à un étranger qui la demande et implique notamment l’assimilation, la connaissance des droits et devoirs, l’adhésion aux principes et valeurs de la République et une enquête de moralité.

★ À maîtriser

  • Le droit français de la nationalité combine le droit du sang, le droit du sol et une approche fondée sur l’intensité des liens objectifs entre l’individu et l’État.

📌 L’attribution de la nationalité française dès l’origine ne dépend pas d’un choix, tandis que l’acquisition résulte d’une démarche ou d’une volonté ultérieure.

Compléments

  • La nationalité relie verticalement l’individu à l’État et l’intègre horizontalement à une communauté.

  • Un enfant dont les deux parents sont français est français, et un enfant adopté en adoption plénière devient français.

  • Un enfant né en France de parents inconnus, de parents apatrides ou de parents dont la nationalité ne se transmet pas devient français.

  • Un enfant né en France d’un parent étranger lui-même né en France peut obtenir la nationalité française au titre de la naissance en France.

  • Un enfant né en France et y résidant peut acquérir la nationalité française lorsqu’un de ses parents mineurs acquiert la nationalité française.

  • L’acquisition de la nationalité peut être empêchée par une mesure d’expulsion, une situation irrégulière sur le territoire français ou certaines condamnations, notamment pour terrorisme ou à plus de six mois d’emprisonnement.

Astuce mémo

Attribution sans choix, acquisition par démarche

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Personnes et identification juridique avec 59 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. À partir de quel événement le droit des personnes s’est-il constitué comme matière, et quels sujets traitait-il principalement ?

2. Quelles fonctions traditionnelles le droit des personnes remplit-il dans la société ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Personnes et identification juridique avec 89 flashcards interactives.

À partir de quelle année le droit des personnes s’est-il constitué comme matière avec le Code civil ?

1804.

Quelles sont les fonctions traditionnelles du droit des personnes ?

Organiser la société, identifier les personnes et protéger les personnes incapables.

Depuis quand les fonctions du droit des personnes se renouvellent-elles ?

Depuis la seconde moitié du XXe siècle.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches