QCM : Pouvoir politique et État — 25 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond au pouvoir chez Max Weber ?

La réunion des citoyens au sein d’une communauté organisée par des institutions
La capacité d’orienter le comportement d’autrui dans une relation sociale, même face à des résistances
L’obtention d’une action qu’une personne n’aurait pas accomplie dans d’autres circonstances
La production d’effets voulus au moyen de ressources matérielles disponibles

La capacité d’orienter le comportement d’autrui dans une relation sociale, même face à des résistances

Explication

Pour Max Weber, le pouvoir désigne la capacité d’obtenir ou d’orienter le comportement d’autrui dans une relation sociale, y compris malgré ses résistances. La production d’effets voulus correspond à la formulation de Bertrand Russell, et non à cette définition wébérienne.

2. Selon Robert Dahl, dans quelle situation A exerce-t-il un pouvoir sur B ?

A obtient de B une action que B n’aurait pas effectuée autrement
A persuade B sans que celui-ci modifie effectivement son comportement
A possède des ressources qui pourraient éventuellement influencer les décisions de B
A appartient à une organisation où B accepte les règles communes

A obtient de B une action que B n’aurait pas effectuée autrement

Explication

Pour Dahl, le pouvoir se manifeste lorsqu’une action est effectivement obtenue de B alors qu’il ne l’aurait pas accomplie autrement. La simple possession de ressources décrit une capacité potentielle, tandis que l’absence de changement comportemental ne permet pas d’établir ce pouvoir.

3. Quelle caractéristique Bertrand de Jouvenel attribue-t-il au pouvoir ?

Il constitue un phénomène social universel et multiforme, présent dans toutes les sociétés humaines
Il concerne principalement les institutions politiques dotées d’une autorité juridiquement reconnue
Il résulte de la production d’effets voulus par des individus disposant de ressources particulières
Il apparaît dans les sociétés lorsque la contrainte remplace les formes ordinaires d’organisation sociale

Il constitue un phénomène social universel et multiforme, présent dans toutes les sociétés humaines

Explication

Bertrand de Jouvenel présente le pouvoir comme un phénomène social universel et multiforme, présent dans toutes les sociétés humaines. Cette caractérisation ne le réduit ni aux institutions politiques ni à la contrainte organisée.

4. Quelle distinction Pierre Clastres établit-il entre organisation sociale et pouvoir de contrainte ?

L’organisation sociale concerne les gouvernants, tandis que le pouvoir de contrainte concerne les gouvernés
L’organisation sociale dépend de la contrainte, tandis que le pouvoir de contrainte est présent dans toute société
L’organisation sociale est universelle, tandis que le pouvoir de contrainte ne l’est pas
L’organisation sociale produit des effets voulus, tandis que le pouvoir de contrainte décrit une capacité potentielle

L’organisation sociale est universelle, tandis que le pouvoir de contrainte ne l’est pas

Explication

Pierre Clastres distingue l’organisation sociale, présente dans toute société, du pouvoir de contrainte, qui n’a pas ce caractère universel. Confondre ces deux notions revient à supposer que toute organisation sociale repose nécessairement sur la contrainte.

5. Quelle différence distingue le pouvoir de la puissance ?

Le pouvoir est une capacité effectivement mise en œuvre, tandis que la puissance reste une réserve de ressources potentielle
Le pouvoir désigne une force matérielle, tandis que la puissance désigne une influence limitée aux relations personnelles
Le pouvoir relève de la violence évaluée qualitativement, tandis que la puissance désigne une autorité reconnue légalement
Le pouvoir est une réserve de ressources potentielle, tandis que la puissance correspond à une contrainte effectivement exercée

Le pouvoir est une capacité effectivement mise en œuvre, tandis que la puissance reste une réserve de ressources potentielle

Explication

Le pouvoir correspond à une capacité actualisée qui oriente effectivement le comportement d’autrui, alors que la puissance demeure une capacité potentielle. La puissance ne se définit donc pas par une contrainte déjà exercée.

6. Pourquoi le mot anglais « power » peut-il traduire à la fois « pouvoir » et « puissance » ?

Parce qu’il désigne en français une forme de violence ainsi qu’une autorité reconnue par les institutions
Parce qu’il s’applique en français aux relations sociales particulières et aux communautés politiques organisées
Parce qu’il recouvre en français une capacité effectivement exercée comme une capacité potentielle de ressources
Parce qu’il renvoie en français à la politique publique et à la politique politicienne selon le contexte

Parce qu’il recouvre en français une capacité effectivement exercée comme une capacité potentielle de ressources

Explication

Le terme anglais « power » couvre les deux notions françaises de pouvoir et de puissance, qui distinguent respectivement l’exercice effectif et la capacité potentielle. Il ne se limite donc pas à l’une de ces deux notions.

7. Que désigne le pouvoir politique dans une communauté humaine donnée ?

La capacité par laquelle un individu obtient une action particulière d’un autre dans une relation sociale
La production d’effets voulus par une personne au moyen de ressources dont elle dispose
Le phénomène par lequel certains commandent tandis que les autres doivent leur obéir dans la collectivité
La réserve de ressources qui permet à une armée d’influencer les normes internationales

Le phénomène par lequel certains commandent tandis que les autres doivent leur obéir dans la collectivité

Explication

Le pouvoir politique concerne le commandement et l’obéissance au sein d’une communauté humaine entière. Une relation sociale particulière peut relever du pouvoir au sens général, mais elle ne suffit pas à définir le pouvoir politique.

8. Pourquoi Aristote affirme-t-il que l’homme est un animal politique ?

Parce qu’il possède une capacité militaire supérieure à celle des autres êtres vivants
Parce qu’il exerce une autorité sur les étrangers exclus de la Cité grecque
Parce qu’il est naturellement porté à vivre regroupé au sein d’une communauté
Parce qu’il participe nécessairement à toutes les formes de gouvernement de la Cité

Parce qu’il est naturellement porté à vivre regroupé au sein d’une communauté

Explication

Pour Aristote, l’homme est un animal politique parce que la vie en communauté correspond à sa nature. L’opposition avec le barbare porte sur son appartenance à la Cité et non sur une supériorité militaire ou une participation à tout gouvernement.

9. Que recouvre le terme grec « polis » dans la pensée politique antique ?

Le pouvoir personnel d’un dirigeant et l’obéissance des populations soumises à son autorité
La politique publique menée par les gouvernants et les débats entre partis concurrents
La ville et son territoire, les citoyens réunis et les structures de gouvernement de la Cité
La force militaire d’une cité et les ressources économiques nécessaires à ses campagnes

La ville et son territoire, les citoyens réunis et les structures de gouvernement de la Cité

Explication

Le terme « polis » désigne simultanément la ville et son territoire, la communauté des citoyens et les institutions de gouvernement. Il ne correspond donc pas à la seule puissance militaire ni à la politique publique au sens contemporain.

10. Comment l’existence du pouvoir politique confère-t-elle une unité politique à une communauté humaine ?

Elle rassemble les individus autour d’une même origine magique, divine ou populaire du pouvoir
Elle remplace les relations sociales particulières par des échanges entre citoyens juridiquement égaux
Elle établit une relation commune de commandement des gouvernants et d’obéissance des gouvernés
Elle transforme les ressources potentielles d’une communauté en influence exercée sur les normes internationales

Elle établit une relation commune de commandement des gouvernants et d’obéissance des gouvernés

Explication

Le pouvoir politique unifie la communauté en instituant une relation commune entre gouvernants qui commandent et gouvernés qui obéissent. Les différentes origines possibles du pouvoir expliquent sa légitimation selon les sociétés, mais elles ne constituent pas le mécanisme de cette unité.

11. Laquelle de ces propositions présente correctement les principales formes historiques de communauté politique ?

Le clan, la tribu, la Cité, l’Empire, la féodalité et l’État
Le clan, la nation, le royaume, la démocratie, la féodalité et l’État
La famille, la commune, la monarchie, la république, l’Empire et l’État
La tribu, la province, la Cité, la colonie, la monarchie et l’État

Le clan, la tribu, la Cité, l’Empire, la féodalité et l’État

Explication

Le clan, la tribu, la Cité, l’Empire, la féodalité et l’État constituent les principales formes politiques citées. L’État n’est donc pas la seule forme historique de communauté politique.

12. Quelle caractéristique distingue principalement un empire d’un État moderne ?

L’empire répartit souverainement les pouvoirs entre des collectivités juridiquement autonomes
L’empire organise hiérarchiquement des populations hétérogènes depuis un pouvoir central
L’empire garantit juridiquement une égalité complète entre toutes ses composantes territoriales
L’empire repose sur une communauté culturelle homogène dirigée par des autorités locales

L’empire organise hiérarchiquement des populations hétérogènes depuis un pouvoir central

Explication

Un empire domine des territoires et des populations hétérogènes selon une relation hiérarchique entre le centre et les périphéries. L’égalité juridique des composantes correspond davantage à l’État moderne qu’à l’organisation impériale.

13. Une puissance exerce une influence décisive sur plusieurs pays par ses moyens économiques, normatifs et militaires sans administrer directement leurs territoires : comment cette situation peut-elle être qualifiée depuis le XXe siècle ?

Une féodalité fondée sur des liens de vassalité
Une colonisation fondée sur l’administration directe
Une Cité fondée sur l’autonomie municipale
Un impérialisme fondé sur une zone d’influence

Un impérialisme fondé sur une zone d’influence

Explication

Depuis le XXe siècle, l’impérialisme peut désigner une domination non territoriale exercée grâce à une puissance économique, normative ou militaire. L’administration directe des territoires renvoie plutôt à une forme classique de domination coloniale.

14. Selon Norbert Elias, à quelle période l’État apparaît-il sous sa forme moderne ?

À la Renaissance, entre les XIIIe et XVIe siècles
Dans l’Antiquité, entre le Ve et le Ier siècle avant notre ère
Au Moyen Âge, entre les Ve et IXe siècles
À l’époque industrielle, entre les XVIIIe et XIXe siècles

À la Renaissance, entre les XIIIe et XVIe siècles

Explication

Norbert Elias situe l’apparition de l’État moderne à la Renaissance, entre les XIIIe et XVIe siècles. Les organisations politiques de l’Antiquité et du Moyen Âge correspondent à d’autres formes historiques du pouvoir.

15. Quel mécanisme explique principalement la construction de l’État moderne ?

La privatisation des fonctions de justice, de police et de défense
La concentration des pouvoirs régaliens entre les mains d’autorités communes
La dispersion des pouvoirs régaliens entre une multitude de seigneurs locaux
La séparation des territoires en communautés indépendantes sans pouvoir central

La concentration des pouvoirs régaliens entre les mains d’autorités communes

Explication

L’État moderne se construit par la concentration d’un même pouvoir entre les mains d’autorités exerçant les pouvoirs régaliens. La dispersion de ces pouvoirs caractérise plutôt l’organisation féodale.

16. Quelle différence distingue le mieux l’État libéral du XIXe siècle et l’État providence du XXe siècle ?

L’État libéral intervient dans la santé et l’éducation, tandis que l’État providence se limite à la défense nationale
L’État libéral et l’État providence limitent leur action aux fonctions de police, de justice et de défense
L’État libéral délègue les fonctions régaliennes, tandis que l’État providence supprime les interventions économiques
L’État libéral privilégie les fonctions régaliennes, tandis que l’État providence élargit son intervention sociale et économique

L’État libéral privilégie les fonctions régaliennes, tandis que l’État providence élargit son intervention sociale et économique

Explication

L’État libéral du XIXe siècle se concentre principalement sur les pouvoirs régaliens, alors que l’État providence intervient aussi dans l’économie, la santé, le travail, l’éducation et la culture. Les autres réponses inversent ou réduisent cette distinction.

17. Quelle association décrit correctement les deux formes de désagrégation contemporaine de l’État ?

Par le haut : entreprises privées ; par le bas : collectivités supra-étatiques intégrées à l’État
Par le haut : collectivités supra-étatiques ; par le bas : collectivités infra-étatiques dotées de la personnalité morale publique
Par le haut : collectivités infra-étatiques ; par le bas : administrations centrales dépourvues d’autonomie
Par le haut : collectivités communales ; par le bas : organisations internationales sans compétence territoriale

Par le haut : collectivités supra-étatiques ; par le bas : collectivités infra-étatiques dotées de la personnalité morale publique

Explication

La désagrégation par le haut provient de collectivités supra-étatiques, tandis que celle par le bas provient de collectivités infra-étatiques dotées de la personnalité morale de droit public. Les autres associations inversent les niveaux ou remplacent les collectivités publiques par des acteurs inappropriés.

18. Quelle définition de l’État correspond à la conception de Max Weber ?

Une association politique partageant l’exercice de la contrainte entre plusieurs collectivités concurrentes
Une organisation économique contrôlant les échanges grâce à une autorité privée reconnue par la population
Une communauté humaine revendiquant avec succès le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire déterminé
Une communauté culturelle administrant un territoire par la seule adhésion volontaire de ses habitants

Une communauté humaine revendiquant avec succès le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire déterminé

Explication

Pour Max Weber, l’État revendique avec succès, sur un territoire déterminé, le monopole de la contrainte physique légitime. La coexistence d’autorités disposant d’un monopole concurrent contredit cette définition.

19. Dans l’État moderne, par quels instruments la contrainte publique s’exerce-t-elle principalement ?

Par les milices privées et les tribunaux familiaux
Par les entreprises de sécurité et les arbitrages commerciaux
Par les autorités religieuses et les corporations professionnelles
Par la police et la justice

Par la police et la justice

Explication

Dans l’État moderne, la police et la justice constituent les principaux moyens d’exercice de la contrainte publique. Les formes de justice privée ne remplacent pas les institutions étatiques et sont interdites.

20. Quelle conséquence découle du monopole étatique de la contrainte ?

Les collectivités privées peuvent exercer la force dès qu’elles disposent d’un soutien local
Les victimes doivent régler leurs litiges par des représailles proportionnées
Les particuliers ne peuvent pas se faire justice eux-mêmes
Les particuliers peuvent appliquer une peine lorsqu’ils estiment avoir subi un dommage

Les particuliers ne peuvent pas se faire justice eux-mêmes

Explication

Le monopole étatique de la contrainte interdit aux particuliers de se faire justice eux-mêmes. La sanction et le règlement coercitif des conflits relèvent des institutions publiques compétentes.

21. Quel type de légitimité caractérise les États contemporains qui exercent leur pouvoir au moyen de lois rationnellement conçues ?

La légitimité traditionnelle fondée sur l’ancienneté des coutumes
La légitimité charismatique fondée sur les qualités d’un dirigeant
La légitimité patrimoniale fondée sur la transmission familiale du pouvoir
La légitimité rationnelle-légale

La légitimité rationnelle-légale

Explication

La légitimité rationnelle-légale repose sur l’exercice du pouvoir au moyen de lois conçues rationnellement par les hommes. La légitimité traditionnelle s’appuie sur le caractère sacré des coutumes, tandis que la légitimité charismatique dépend des qualités attribuées à une personne.

22. Quelle distinction caractérise le pouvoir individualisé par rapport au pouvoir institutionnalisé ?

Le premier repose sur des règles juridiques, tandis que le second dépend de la personnalité du gouvernant
Le premier appartient à une institution permanente, tandis que le second relève d’un mandat personnel
Le premier appartient au gouvernant et cesse avec lui, tandis que le second se rattache à une institution durable
Le premier survit au titulaire, tandis que le second disparaît lors de chaque succession politique

Le premier appartient au gouvernant et cesse avec lui, tandis que le second se rattache à une institution durable

Explication

Le pouvoir individualisé est attaché personnellement au gouvernant et disparaît avec lui, alors que le pouvoir institutionnalisé est fixé sur une institution qui lui survit. Confondre les deux notions revient à attribuer au pouvoir institutionnalisé le caractère personnel propre au pouvoir individualisé.

23. Dans l’État moderne, à qui le pouvoir appartient-il juridiquement ?

Aux dirigeants physiques qui l’exercent pendant leur mandat
Aux groupes sociaux qui soutiennent les autorités en place
Aux citoyens qui occupent temporairement les fonctions publiques
Aux institutions qui préexistent aux gouvernants et leur survivent

Aux institutions qui préexistent aux gouvernants et leur survivent

Explication

Dans l’État moderne, le pouvoir est rattaché aux institutions, qui existent avant leurs titulaires et continuent après leur départ. Le détenteur physique exerce donc une fonction sans devenir propriétaire personnel du pouvoir.

24. Quelle conséquence découle de l’articulation entre l’État, ses institutions et le droit ?

L’État se maintient par la volonté personnelle des gouvernants qui interprètent le droit
L’État existe à travers les institutions qui le composent et le droit qu’il édicte
L’État peut fonctionner sans institutions dès lors que ses règles sont reconnues
L’État se définit par un territoire politique indépendant des institutions qui l’organisent

L’État existe à travers les institutions qui le composent et le droit qu’il édicte

Explication

L’État n’existe pas en dehors des institutions qui le composent ni du droit qu’il édicte. La présence de règles reconnues ne suffit donc pas à faire fonctionner un État dépourvu d’organisation institutionnelle.

25. Que signifie l’expression « l’État de droit » dans la relation entre l’État et le droit ?

Le pouvoir étatique s’exerce par des institutions qui produisent des règles juridiques
Le pouvoir étatique appartient aux tribunaux qui contrôlent les institutions administratives
Le pouvoir étatique repose sur l’autorité personnelle d’un dirigeant qui respecte certaines coutumes
Le pouvoir étatique dépend d’un ensemble de règles extérieures adopté par des acteurs privés

Le pouvoir étatique s’exerce par des institutions qui produisent des règles juridiques

Explication

L’État de droit exprime une circularité : l’État agit par des institutions, et ces institutions adoptent des règles juridiques qui encadrent l’exercice du pouvoir. L’autorité personnelle d’un dirigeant ne rend donc pas compte de cette relation institutionnelle entre l’État et le droit.

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Qu'est-ce que le pouvoir selon Max Weber ?

La capacité d’orienter le comportement d’autrui malgré ses résistances.

Selon Robert Dahl, quand A exerce-t-il un pouvoir sur B ?

Quand A obtient de B une action que B n’aurait pas faite autrement.

Comment Bertrand Russell définit-il le pouvoir ?

Le pouvoir est la production d’effets voulus.

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