QCM : Principes de l’éthique et bioéthique — 38 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel critère l’approche déontologique utilise-t-elle pour évaluer la moralité d’une action ?

La maximisation des résultats favorables pour la collectivité
L’adaptation de la conduite aux circonstances particulières
La conformité aux préférences morales de la majorité
Le respect universel du devoir et de principes rationnels

Le respect universel du devoir et de principes rationnels

Explication

L’approche déontologique fonde la moralité sur le devoir et des principes rationnels valables universellement, indépendamment des conséquences. L’évaluation par les résultats relève plutôt de l’approche conséquentialiste.

2. Quelle distinction oppose correctement la déontologie philosophique au code de déontologie professionnelle ?

La première évalue les résultats, le second détermine les intentions individuelles
La première concerne les sanctions professionnelles, le second les principes moraux universels
La première dépend des circonstances, le second repose sur une loi morale abstraite
La première concerne la moralité universelle, le second les règles d’une profession

La première concerne la moralité universelle, le second les règles d’une profession

Explication

La déontologie philosophique cherche les principes universels de la moralité, tandis qu’un code de déontologie fixe des règles pour les membres d’une profession. Confondre ces deux notions revient à réduire une théorie éthique générale à une réglementation professionnelle.

3. Que demande l’impératif catégorique lorsqu’il évalue une maxime ?

Mesurer l’utilité de cette maxime pour la société
Adapter cette maxime à l’objectif personnel poursuivi
Pouvoir vouloir que cette maxime devienne une loi universelle
Vérifier que cette maxime produise le meilleur résultat concret

Pouvoir vouloir que cette maxime devienne une loi universelle

Explication

L’impératif catégorique teste une maxime en demandant si chacun pourrait vouloir sa transformation en loi universelle. La recherche du meilleur résultat correspond à une logique conséquentialiste plutôt qu’au principe kantien.

4. Une personne révise afin d’obtenir une bonne note, tandis qu’une autre respecte une obligation morale sans viser de résultat particulier : quelle distinction s’applique ?

Les deux suivent un impératif catégorique indépendant de tout objectif
La première suit un impératif hypothétique, la seconde un impératif catégorique
La première suit un impératif catégorique, la seconde un impératif hypothétique
Les deux suivent un impératif hypothétique fondé sur une récompense

La première suit un impératif hypothétique, la seconde un impératif catégorique

Explication

L’impératif hypothétique dépend d’un objectif, comme obtenir une bonne note, tandis que l’impératif catégorique commande l’action indépendamment d’un résultat recherché. Le respect d’une obligation morale sans objectif particulier illustre donc le second cas.

5. Selon le test d’universalité, dans quel cas une maxime peut-elle être considérée comme morale ?

Lorsqu’elle atteint efficacement le résultat recherché par l’agent
Lorsqu’on peut vouloir sans contradiction qu’elle devienne une loi universelle de la nature
Lorsqu’elle procure un avantage important à la personne qui l’adopte
Lorsqu’elle correspond aux habitudes morales de son groupe social

Lorsqu’on peut vouloir sans contradiction qu’elle devienne une loi universelle de la nature

Explication

Le test d’universalité exige que la maxime puisse être voulue sans contradiction comme loi universelle de la nature. Son efficacité ou son acceptation sociale ne suffit pas à établir sa moralité dans la perspective kantienne.

6. Quelle différence caractérise le mieux agir conformément au devoir et agir par devoir ?

Le premier suit une loi morale intérieure, le second recherche une récompense extérieure
Le premier dépend d’un résultat utile, le second dépend des circonstances particulières
Le premier exprime une intention morale, le second se limite à une conduite visible
Le premier accomplit extérieurement l’obligation, le second la veut au nom de la loi morale

Le premier accomplit extérieurement l’obligation, le second la veut au nom de la loi morale

Explication

Agir conformément au devoir signifie que l’acte extérieur respecte une obligation, tandis qu’agir par devoir suppose que la volonté adhère véritablement à la loi morale. Une conduite extérieurement correcte ne révèle donc pas nécessairement le mobile moral de l’agent.

7. Pourquoi la personne doit-elle être considérée comme une fin en soi dans la philosophie kantienne ?

Parce qu’elle peut choisir librement les conséquences avantageuses de ses actions
Parce qu’elle appartient à une communauté dont les règles déterminent sa valeur
Parce qu’elle est un être rationnel et raisonnable qui ne doit pas être traité comme un simple moyen
Parce qu’elle possède une valeur économique qui limite son utilisation par autrui

Parce qu’elle est un être rationnel et raisonnable qui ne doit pas être traité comme un simple moyen

Explication

Pour Kant, la personne possède une valeur propre parce qu’elle est un être rationnel et raisonnable, ce qui interdit de la réduire à un instrument. Sa dignité ne repose donc ni sur sa valeur économique ni sur son utilité collective.

8. Quelle conception correspond à l’autonomie kantienne ?

Suivre ses désirs personnels en considérant toute préférence comme une loi valable
Obéir aux règles imposées par une autorité afin d’éviter toute responsabilité
Se donner une loi morale par une volonté libre et rationnelle orientée par le devoir
Choisir l’action qui procure le plaisir le plus intense dans une situation donnée

Se donner une loi morale par une volonté libre et rationnelle orientée par le devoir

Explication

L’autonomie kantienne consiste à se donner rationnellement une loi morale et à orienter sa volonté par le devoir. Suivre spontanément ses désirs relève de l’arbitraire plutôt que de l’autonomie morale.

9. Quelle conduite respecte le principe kantien selon lequel l’humanité doit être traitée comme une fin ?

Protéger la dignité d’une personne en limitant sa liberté pour orienter ses choix
Obtenir le consentement formel d’une personne avant de l’utiliser pour un avantage collectif
Respecter la capacité de chaque personne à décider et éviter de l’instrumentaliser
Privilégier l’intérêt général en acceptant qu’une personne serve de moyen temporaire

Respecter la capacité de chaque personne à décider et éviter de l’instrumentaliser

Explication

Traiter l’humanité comme une fin implique de respecter l’autonomie et la dignité de chaque personne sans la réduire à un instrument. Le consentement formel ne suffit pas si la personne reste instrumentalisée dans l’action.

10. Quelle différence oppose principalement la morale kantienne à l’éthique du soin face à un patient vulnérable ?

La morale kantienne privilégie l’universalité rationnelle, tandis que l’éthique du soin considère aussi la singularité du patient.
La morale kantienne fonde le jugement sur les conséquences, tandis que l’éthique du soin écarte les circonstances particulières.
La morale kantienne recommande la délibération collective, tandis que l’éthique du soin s’appuie sur une règle morale abstraite.
La morale kantienne privilégie les préférences individuelles, tandis que l’éthique du soin applique des règles identiques à chaque patient.

La morale kantienne privilégie l’universalité rationnelle, tandis que l’éthique du soin considère aussi la singularité du patient.

Explication

La morale kantienne recherche une validité universelle, alors que l’éthique du soin intègre la vulnérabilité, la souffrance et la situation concrète du patient. La troisième proposition inverse les deux approches en attribuant au kantisme un raisonnement fondé sur les conséquences.

11. Lors de l’annonce d’une maladie grave, pourquoi une application rigide de l’interdiction kantienne du mensonge peut-elle poser problème ?

Elle peut conduire le médecin à privilégier les préférences de la famille au détriment de toute information médicale.
Elle peut imposer une délibération collective avant chaque annonce, même lorsque le patient souhaite parler seul.
Elle peut empêcher le médecin de respecter une demande explicite du patient concernant le choix de son traitement.
Elle peut entrer en tension avec le droit du patient à ne pas savoir et avec la nécessité d’une transmission adaptée.

Elle peut entrer en tension avec le droit du patient à ne pas savoir et avec la nécessité d’une transmission adaptée.

Explication

Dans cette situation, la vérité doit être communiquée avec réserve, tact et discernement, car le patient peut exercer un droit à ne pas savoir. La deuxième proposition est moins précise, car la difficulté concerne d’abord les modalités de l’annonce et non le choix thérapeutique.

12. Comment le conséquentialisme détermine-t-il la valeur morale d’une action ?

Il l’évalue selon les conséquences probables qu’elle produit et recommande les meilleurs résultats attendus.
Il l’évalue selon son respect des traditions morales, même lorsque la situation présente des circonstances nouvelles.
Il l’évalue selon sa conformité à un devoir, même lorsque ses conséquences prévisibles sont défavorables.
Il l’évalue selon l’intention personnelle de l’agent, indépendamment des effets produits sur les autres.

Il l’évalue selon les conséquences probables qu’elle produit et recommande les meilleurs résultats attendus.

Explication

Le conséquentialisme est une théorie téléologique qui juge une action à partir de ses résultats probables. La deuxième proposition décrit plutôt une approche déontologique fondée sur la conformité au devoir.

13. Quel objectif caractérise le mieux l’utilitarisme ?

Respecter une obligation morale même lorsque le bien-être collectif diminue.
Protéger les intérêts du groupe le plus proche sans comparer les effets globaux.
Préserver les préférences personnelles de l’agent qui prend la décision.
Maximiser le bien-être, le plaisir ou le bonheur du plus grand nombre.

Maximiser le bien-être, le plaisir ou le bonheur du plus grand nombre.

Explication

L’utilitarisme évalue l’utilité des conséquences et cherche à accroître le bien-être global du plus grand nombre. La deuxième proposition correspond à l’égoïsme, qui privilégie les préférences personnelles plutôt que le bien-être collectif.

14. Quelle relation conceptuelle décrit correctement le rapport entre conséquentialisme et utilitarisme ?

Le conséquentialisme est une forme d’utilitarisme qui impose le bonheur comme critère moral unique.
Le conséquentialisme repose sur un devoir préalable, tandis que l’utilitarisme écarte toute règle d’évaluation.
L’utilitarisme est une forme de conséquentialisme qui évalue les résultats selon le bien-être produit.
L’utilitarisme et le conséquentialisme refusent tous deux d’évaluer les conséquences probables des actions.

L’utilitarisme est une forme de conséquentialisme qui évalue les résultats selon le bien-être produit.

Explication

Le conséquentialisme constitue le cadre général qui juge les actions par leurs résultats, tandis que l’utilitarisme en précise le critère en prenant le bien-être comme référence. La deuxième proposition inverse le rapport d’inclusion entre les deux notions.

15. Selon le principe utilitariste du plus grand bonheur, quand une action est-elle moralement bonne ?

Lorsqu’elle satisfait le bonheur de la personne qui possède le plus d’autorité.
Lorsqu’elle respecte une règle fixe sans examiner les effets sur les personnes concernées.
Lorsqu’elle contribue au bonheur de chacune des personnes qu’elle affecte.
Lorsqu’elle protège la majorité même si les personnes affectées ne retirent aucun bénéfice.

Lorsqu’elle contribue au bonheur de chacune des personnes qu’elle affecte.

Explication

Le principe du plus grand bonheur relie la valeur de l’action à sa contribution au bonheur de toutes les personnes affectées. La troisième proposition réduit abusivement l’évaluation à la majorité et néglige les personnes concernées individuellement.

16. Quelle différence distingue l’approche de Bentham de celle de Mill dans l’évaluation de l’utilité ?

Bentham évalue les conséquences collectives, tandis que Mill juge les plaisirs selon les préférences de l’agent.
Bentham privilégie le calcul quantitatif, tandis que Mill ajoute une évaluation qualitative des plaisirs et reconnaît l’autonomie.
Bentham privilégie la qualité des plaisirs, tandis que Mill réduit l’utilité à la somme numérique des conséquences.
Bentham fonde l’utilité sur l’autonomie, tandis que Mill refuse de distinguer les différents types de plaisirs.

Bentham privilégie le calcul quantitatif, tandis que Mill ajoute une évaluation qualitative des plaisirs et reconnaît l’autonomie.

Explication

Bentham développe un calcul quantitatif de l’utilité, alors que Mill distingue aussi la qualité des biens et des plaisirs et associe l’autonomie au bien-être. La deuxième proposition attribue à Bentham et à Mill les caractéristiques opposées à celles de leurs approches respectives.

17. Comment l’Organisation mondiale de la santé définit-elle la santé en 1948 ?

Comme un équilibre mental et social principalement déterminé par l’autonomie de la personne.
Comme une capacité physique stable permettant de résister aux maladies et aux infirmités courantes.
Comme un état de complet bien-être physique, mental et social, et non comme la seule absence de maladie.
Comme une absence durable de symptômes médicaux accompagnée d’un fonctionnement organique normal.

Comme un état de complet bien-être physique, mental et social, et non comme la seule absence de maladie.

Explication

La définition de 1948 présente la santé de manière positive en y incluant les dimensions physique, mentale et sociale du bien-être. La quatrième proposition reprend une conception négative limitée à l’absence de symptômes ou de maladie.

18. Dans une décision de santé publique, comment un raisonnement utilitariste cherche-t-il à arbitrer les intérêts en présence ?

Il donne priorité aux intérêts particuliers dès qu’une mesure comporte un risque, sans comparer ses bénéfices attendus.
Il compare les risques et les bénéfices probables afin de mettre en balance les intérêts particuliers et le bien-être collectif.
Il applique une règle identique à chaque personne sans tenir compte des effets collectifs prévisibles.
Il retient la mesure la plus avantageuse pour les professionnels lorsque les ressources disponibles sont limitées.

Il compare les risques et les bénéfices probables afin de mettre en balance les intérêts particuliers et le bien-être collectif.

Explication

Le raisonnement utilitariste met en balance les risques et les bénéfices probables d’une mesure pour rechercher le meilleur résultat collectif. La deuxième proposition écarte précisément la comparaison des conséquences qui caractérise cette méthode.

19. Quelle tension éthique peut apparaître lorsque l’utilitarisme maximise l’utilité globale dans l’accès aux soins ?

Le calcul global peut favoriser chaque patient de façon égale, tandis qu’un principe de justice cherche à réduire la qualité des soins.
Le calcul global peut défavoriser certains patients, tandis qu’un principe de justice cherche à corriger les inégalités d’accès.
Le calcul global peut supprimer toute comparaison entre patients, tandis qu’un principe de justice privilégie les résultats les plus nombreux.
Le calcul global peut protéger les patients les plus vulnérables, tandis qu’un principe de justice réserve les soins aux personnes autonomes.

Le calcul global peut défavoriser certains patients, tandis qu’un principe de justice cherche à corriger les inégalités d’accès.

Explication

La maximisation de l’utilité peut améliorer le résultat collectif tout en laissant certains patients désavantagés, ce qui appelle une correction au nom de la justice. La deuxième proposition est erronée, car le calcul utilitariste peut justement produire des différences d’accès entre les patients.

20. Quelle différence distingue la prise en charge de la douleur de la rationalisation des soins ?

La première privilégie l’utilité collective, tandis que la seconde protège le bien-être individuel.
La première concerne les ressources hospitalières, tandis que la seconde mesure les sensations douloureuses.
La première impose une information identique, tandis que la seconde adapte l’empathie à chaque patient.
La première vise le bien-être du patient, tandis que la seconde peut privilégier l’utilité collective.

La première vise le bien-être du patient, tandis que la seconde peut privilégier l’utilité collective.

Explication

Le soulagement et l’évaluation de la douleur cherchent à réduire les effets négatifs de la maladie sur le bien-être du patient. La rationalisation des soins peut, quant à elle, orienter les décisions vers l’utilité collective plutôt que vers l’intérêt individuel.

21. Quelle attitude l’utilitarisme peut-il admettre dans l’annonce d’une information médicale difficile ?

Une vérité partielle si elle améliore l’état psychique du patient.
Une abstention d’information afin de préserver la relation thérapeutique.
Un mensonge systématique lorsque la maladie présente un risque grave.
Une information complète formulée de manière identique pour chaque patient.

Une vérité partielle si elle améliore l’état psychique du patient.

Explication

L’approche utilitariste juge l’annonce selon ses conséquences et peut donc admettre une vérité partielle si celle-ci améliore l’état psychique du patient. L’approche déontologique se distingue en interdisant formellement le mensonge.

22. Quelle situation illustre un sacrifice individuel susceptible d’être justifié par la recherche du bien-être collectif ?

Une mesure de la douleur destinée à améliorer le confort d’une personne.
Une adaptation du discours médical au niveau de compréhension du malade.
Une consultation permettant au patient de choisir entre plusieurs traitements.
Un confinement limitant la liberté de circulation pour ralentir une épidémie.

Un confinement limitant la liberté de circulation pour ralentir une épidémie.

Explication

Un confinement peut restreindre la liberté individuelle afin de réduire la propagation d’une épidémie et de protéger la collectivité. Les autres situations concernent l’autonomie, l’adaptation de la communication ou le bien-être particulier du patient.

23. Comment John Stuart Mill définit-il la liberté individuelle dans De la liberté ?

La capacité de vendre ses organes dès qu’un besoin financier apparaît.
La recherche du plus grand bonheur collectif par la limitation des choix personnels.
L’obéissance à une loi morale que la raison reconnaît comme universelle.
La possibilité de disposer de soi tant que la liberté d’autrui n’est pas entravée.

La possibilité de disposer de soi tant que la liberté d’autrui n’est pas entravée.

Explication

Pour Mill, chacun peut disposer de lui-même tant qu’il ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui. L’obéissance à une loi morale universelle renvoie plutôt à l’autonomie kantienne.

24. Quel argument soutient la rémunération du don d’organes selon la position défendue par Valérie Gateau ?

La valeur morale du don dépend principalement de l’absence de toute compensation matérielle.
Le corps peut être considéré comme un bien disponible sans supprimer la dignité du sujet rationnel.
Le corps appartient à la collectivité dès lors qu’un organe peut sauver une autre personne.
La dignité interdit toute décision individuelle portant sur le corps du donneur potentiel.

Le corps peut être considéré comme un bien disponible sans supprimer la dignité du sujet rationnel.

Explication

Cette position distingue le corps de la personne et considère que la dignité repose sur la capacité du sujet à prendre des décisions rationnelles. Elle ne fait donc pas dépendre la dignité de l’interdiction de toute compensation.

25. Sur quel fondement l’approche conséquentialiste évalue-t-elle la rémunération du don d’organes ?

Sur la distinction juridique entre le corps humain et la personne morale.
Sur le respect de principes valables indépendamment des résultats obtenus.
Sur la conformité de la décision à la volonté exprimée par le donneur.
Sur les conséquences des choix et leurs effets sur les résultats sociaux.

Sur les conséquences des choix et leurs effets sur les résultats sociaux.

Explication

L’approche conséquentialiste apprécie la rémunération à partir des conséquences des décisions et de leurs résultats sociaux. L’évaluation fondée sur des principes indépendants des conséquences relève de l’approche déontologique.

26. Quelle différence oppose principalement l’utilitarisme de Bentham à celui de Mill dans le débat sur la liberté ?

Bentham fonde la décision sur des principes fixes, tandis que Mill refuse toute évaluation des conséquences.
Bentham défend l’autonomie personnelle, tandis que Mill privilégie la maximisation du bien collectif.
Bentham met l’accent sur le bien collectif, tandis que Mill valorise davantage la liberté individuelle.
Bentham protège la dignité du corps, tandis que Mill réduit la personne à ses organes disponibles.

Bentham met l’accent sur le bien collectif, tandis que Mill valorise davantage la liberté individuelle.

Explication

L’utilitarisme de Bentham vise la maximisation du bien collectif, alors que celui de Mill accorde une place plus importante à l’expression de la liberté individuelle. Les autres propositions inversent cette distinction ou attribuent à ces auteurs des thèses étrangères à l’unité étudiée.

27. Quels principes le Rapport Belmont énonce-t-il en 1978 pour la recherche impliquant des sujets humains ?

La dignité, la solidarité, la prudence et la proportionnalité.
L’autonomie, la bienfaisance, la non-malfaisance et la justice.
La liberté, la confidentialité et la responsabilité professionnelle.
Le respect de la personne, la bienfaisance et la justice.

Le respect de la personne, la bienfaisance et la justice.

Explication

Le Rapport Belmont énonce en 1978 trois principes : respect de la personne, bienfaisance et justice. Le principisme biomédical de Beauchamp et Childress en retient quatre, notamment la non-malfaisance.

28. Quels sont les quatre principes du principisme de Beauchamp et Childress ?

Respect de la personne, bienfaisance, dignité et solidarité.
Autonomie, bienfaisance, non-malfaisance et justice.
Justice, liberté, responsabilité médicale et proportionnalité.
Autonomie, prudence, confidentialité et égalité sociale.

Autonomie, bienfaisance, non-malfaisance et justice.

Explication

Beauchamp et Childress fondent la décision médicale sur l’autonomie, la bienfaisance, la non-malfaisance et la justice. Le Rapport Belmont, qui lui est antérieur, formule trois principes pour la recherche impliquant des sujets humains.

29. Quelle exigence découle du principe de justice dans l’allocation des soins ?

Réserver les organes disponibles aux patients présentant le meilleur pronostic individuel.
Donner la priorité aux patients capables de financer eux-mêmes leur traitement.
Garantir un accès égal aux soins et organiser équitablement des ressources limitées.
Adapter l’accès aux soins à la préférence personnelle du professionnel de santé.

Garantir un accès égal aux soins et organiser équitablement des ressources limitées.

Explication

Le principe de justice demande l’égalité d’accès aux soins et encadre la répartition de ressources limitées, comme les organes ou les budgets de santé. Il ne justifie pas une allocation fondée sur la richesse ou sur la préférence personnelle du soignant.

30. Que signifie la non-malfaisance lorsque le consentement du patient est impossible ?

Ne pas lui imposer un mal qui ne serait pas compensé par un bénéfice pour sa santé.
Respecter toute préférence présumée du patient même si elle augmente le risque médical.
Renoncer à toute intervention puisque l’absence de consentement interdit tout soin.
Choisir le traitement le moins coûteux afin de préserver les ressources du système.

Ne pas lui imposer un mal qui ne serait pas compensé par un bénéfice pour sa santé.

Explication

La non-malfaisance interdit d’exposer le malade à un mal qui ne serait pas compensé par le rétablissement ou le maintien de sa santé. Elle ne signifie ni l’abandon de tout soin ni la simple réduction des dépenses médicales.

31. Quel est l’objectif central du principe de responsabilité formulé par Hans Jonas ?

Réserver les décisions scientifiques aux experts chargés d’évaluer leur efficacité
Préserver toutes les dimensions du vivant menacées par les interventions humaines
Accélérer les innovations capables d’améliorer les conditions de vie actuelles
Évaluer les progrès techniques selon leur contribution à la croissance économique

Préserver toutes les dimensions du vivant menacées par les interventions humaines

Explication

Le principe de responsabilité cherche à protéger les dimensions du vivant que les interventions humaines et un progrès scientifique non raisonné peuvent menacer. L’accélération de l’innovation ne constitue pas le critère central de cette approche.

32. Quelle conduite correspond à l’impératif de Jonas lorsqu’une innovation risque d’affecter durablement la vie humaine sur Terre ?

Reporter toute décision jusqu’à disposer d’une certitude complète sur ses conséquences
Privilégier les bénéfices immédiats lorsque les dommages futurs restent incertains
Appliquer une règle morale valable pour chaque individu indépendamment du temps
Agir de façon compatible avec la permanence d’une vie authentiquement humaine

Agir de façon compatible avec la permanence d’une vie authentiquement humaine

Explication

L’impératif de Jonas demande de rendre les effets de l’action compatibles avec la permanence future d’une vie authentiquement humaine. Reporter la décision jusqu’à une certitude complète ne correspond pas à cette exigence de prudence face aux conséquences lointaines.

33. Une technologie présente un danger très improbable, mais ses conséquences pourraient être graves pour les générations futures. Que commande l’heuristique de la peur ?

Retenir la technologie si ses avantages immédiats dépassent ses inconvénients connus
Écarter ce danger puisque sa probabilité reste inférieure aux risques courants
Attendre qu’un dommage concret confirme la réalité du danger envisagé
Anticiper ce danger possible et éviter les actions susceptibles d’y conduire

Anticiper ce danger possible et éviter les actions susceptibles d’y conduire

Explication

L’heuristique de la peur conduit à prendre en compte les dangers possibles, y compris improbables, et à éviter ce qui pourrait y conduire. Écarter le risque en raison de sa faible probabilité néglige précisément la fonction d’anticipation de cette heuristique.

34. En quoi la responsabilité envers les générations futures se distingue-t-elle d’une responsabilité individuelle classique ?

Elle engage collectivement l’humanité actuelle envers des êtres qui ne peuvent pas lui répondre
Elle repose sur un échange réciproque entre les générations présentes et les générations à venir
Elle attribue personnellement chaque conséquence future à l’auteur direct d’une action
Elle concerne principalement la réparation d’un dommage déjà subi par une personne identifiée

Elle engage collectivement l’humanité actuelle envers des êtres qui ne peuvent pas lui répondre

Explication

Chez Jonas, l’humanité actuelle a un engagement collectif, inconditionnel et non réciproque envers les générations futures. La responsabilité individuelle classique repose plutôt sur l’imputation d’un acte à une personne déterminée.

35. Dans l’éthique du numérique en santé, quelle association décrit correctement l’autonomie, la bienfaisance et la non-malfaisance ?

L’autonomie concerne le contrôle et la responsabilité, tandis que les deux autres portent sur les bénéfices et les risques
L’autonomie concerne l’information médicale, tandis que les deux autres portent sur la performance technique
L’autonomie concerne la réduction des risques, tandis que les deux autres portent sur la responsabilité des utilisateurs
L’autonomie concerne les bénéfices du patient, tandis que les deux autres portent sur le contrôle des outils

L’autonomie concerne le contrôle et la responsabilité, tandis que les deux autres portent sur les bénéfices et les risques

Explication

L’autonomie numérique renvoie au contrôle des outils et à la responsabilité des utilisateurs, alors que la bienfaisance et la non-malfaisance placent au centre les bénéfices et les risques pour l’utilisateur. Les autres associations inversent ces domaines éthiques.

36. Lorsqu’un outil numérique de santé produit des résultats moins favorables pour certains groupes de patients, quel principe doit guider son évaluation ?

Le principe de garantie humaine, afin de réserver son usage aux professionnels expérimentés
Le principe d’autonomie, afin de confier le réglage de l’outil à chaque patient
Le principe de justice, afin de limiter les discriminations et de préserver l’équité
Le principe d’explicabilité, afin de décrire les étapes du calcul réalisé par l’outil

Le principe de justice, afin de limiter les discriminations et de préserver l’équité

Explication

Le principe de justice vise à éviter les discriminations et à maintenir l’équité entre les patients. L’explicabilité peut aider à comprendre un résultat, mais elle ne constitue pas directement le principe chargé de corriger une inégalité de traitement.

37. Pourquoi l’explicabilité est-elle importante pour un dispositif numérique utilisé dans le soin ?

Elle garantit que ses résultats sont exacts même lorsque ses mécanismes restent inconnus
Elle permet de comprendre son fonctionnement et ses interprétations, ce qui soutient le consentement éclairé
Elle transfère aux patients la responsabilité de valider techniquement chaque résultat produit
Elle remplace l’évaluation des risques par une présentation simplifiée de l’interface numérique

Elle permet de comprendre son fonctionnement et ses interprétations, ce qui soutient le consentement éclairé

Explication

L’explicabilité aide à comprendre le fonctionnement d’un dispositif et les interprétations qu’il délivre, ce qui renforce l’information et le consentement éclairés. Un outil opaque peut rester utilisé, mais cette utilisation ne garantit pas à elle seule une information compréhensible.

38. Que vise le principe de garantie humaine dans l’usage des outils numériques en santé ?

Encadrer leur usage dans le soin en appliquant les principes éthiques, notamment pour le diagnostic
Remplacer l’intervention des professionnels par des décisions automatisées plus rapides
Autoriser les dispositifs après vérification de leur performance technique par les patients
Réserver les outils numériques aux activités administratives sans lien avec les soins

Encadrer leur usage dans le soin en appliquant les principes éthiques, notamment pour le diagnostic

Explication

La garantie humaine rassemble l’application des principes éthiques au numérique et encadre l’usage des outils dans le soin, notamment pour le diagnostic. Elle ne consiste donc pas à remplacer les professionnels par des décisions automatisées.

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Qu'est-ce que l'approche déontologique en éthique ?

Une théorie fondant la moralité sur le respect universel du devoir et des principes rationnels.

Quelle différence y a-t-il entre l'approche déontologique et un code de déontologie professionnelle ?

L'approche déontologique est philosophique, le code rassemble les règles d'une profession.

Qui a profondément inspiré l'approche déontologique moderne ?

Emmanuel Kant, philosophe allemand des Lumières.

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