Fiche de révision : Comprendre le Chômage et ses Politiques

Plan du Cours

  1. Contexte économique et chômage de masse
  2. Définition et mesure du chômage
  3. Causes du chômage conjoncturel
  4. Causes du chômage structurel
  5. Politiques de relance de la demande
  6. Baisse du coût du travail
  7. Flexibilité et flexisécurité
  8. Politiques actives et passives

1. Contexte économique et chômage de masse

Notions clés & Définitions

  • Trente Glorieuses : Période de forte croissance après la guerre où le plein emploi domine et où le chômage de masse n’apparaît pas.
  • Chômage de masse : Situation où le chômage devient durable et important, contrairement au plein emploi observé lors des phases de forte croissance.
  • Stagflation : Situation macroéconomique combinant chômage élevé et inflation forte, observée lors de la crise des années 1970.
  • Plan Marshall : Programme de dépenses publiques utilisé pour la reconstruction après la guerre, soutenant l’activité.

Points essentiels

  • La demande de travail égale l’offre de travail donne le plein emploi, tandis qu’un déséquilibre inverse fait apparaître du chômage.
  • Après la guerre, la forte croissance et la société de consommation soutiennent l’activité et limitent l’apparition d’un chômage massif.
  • Le choc pétrolier de 1973 provoque une hausse des prix, une inflation forte et une baisse de la productivité.
  • Les réponses des années 1970 incluent contrôle de la monnaie et réduction des dépenses publiques et des allocations chômage.
  • Le problème majeur des années 1970 est la stagflation, c’est-à-dire chômage et inflation simultanément.

Astuce mémo

Demande=Offre → plein emploi ; déséquilibre → chômage ; choc de 1973 → stagflation.

2. Définition et mesure du chômage

Notions clés & Définitions

  • Chômage BIT : Statut BIT d’une personne sans emploi qui est en âge de travailler, cherche activement un emploi et est disponible dans les 15 jours.
  • Taux de chômage : Indicateur mesurant la part des chômeurs dans la population active.
  • Taux d’emploi : Indicateur mesurant la part des personnes en emploi dans la population en âge de travailler.
  • Sous-emploi : Situation incluant le travail à temps partiel subi et les personnes qui souhaitent travailler plus.

Points essentiels

  • Le chômage est mesuré par l’INSEE via le taux de chômage, calculé comme nombre de chômeurs sur population active.
  • Le taux d’emploi sert d’indicateur complémentaire et renseigne sur l’utilisation réelle de la main-d’œuvre.
  • 2013 : le taux de chômage calculé à partir de 654000 chômeurs sur 2733000 population active vaut 23,9%.
  • 2021 : le taux de chômage calculé à partir de 574300 chômeurs sur 3038600 population active vaut 18,9%.
  • Une baisse du taux de chômage peut venir d’une hausse de l’emploi, mais aussi d’une baisse du taux d’activité, notamment des moins de 25 ans.

Astuce mémo

Chômage BIT = sans emploi + recherche active + dispo en 15 jours.

3. Causes du chômage conjoncturel

Notions clés & Définitions

  • Chômage conjoncturel : Composante du chômage qui varie avec la détérioration ou l’amélioration de l’activité économique.
  • Choc de demande : Baisse de la demande globale qui entraîne une baisse de production et des suppressions d’emploi.
  • Demande effective keynésienne : Demande anticipée par les entrepreneurs qui détermine les décisions de production et donc l’emploi.
  • Climat des affaires : Indicateur reflétant le pessimisme ou l’optimisme des entrepreneurs quant à la conjoncture.

Points essentiels

  • La covid-19 et les confinements réduisent la consommation, ce qui entraîne une baisse de la production et une hausse du chômage conjoncturel.
  • Quand l’activité économique se dégrade, les employeurs réduisent leurs activités et mobilisent moins de facteurs travail.
  • Le chômage conjoncturel augmente quand la conjoncture se détériore et diminue quand elle s’améliore, avec des mécanismes liés aux fluctuations de la croissance.
  • Doc 3 : en France en 2020, environ 7% des personnes en âge de travailler sont au chômage.
  • Le doc 3 met en évidence une corrélation négative entre l’ICA et le taux de chômage : quand le climat des affaires baisse, le chômage augmente.

Astuce mémo

Covid → moins consommer → moins produire → moins d’emplois → chômage conjoncturel.

4. Causes du chômage structurel

Notions clés & Définitions

  • Marché du travail néoclassique : Vision où l’emploi dépend du salaire issu de la rencontre de l’offre et de la demande de travail, conduisant à un plein emploi si le marché fonctionne parfaitement.
  • Chômage d’inadéquation : Chômage lié à un problème d’appariement entre offre et demande de travail, notamment spatial, temporel ou de qualification.
  • Asymétrie d’information : Situation où un agent économique détient plus ou de meilleure information que l’autre sur le marché du travail.
  • Théorie du salaire d’efficience : Idée selon laquelle les entreprises fixent un salaire au-dessus du salaire d’équilibre pour inciter à produire plus et limiter les problèmes liés à l’information.

Points essentiels

  • Selon les néoclassiques, si les hypothèses de la CPP sont respectées, le chômage ne peut être que volontaire et un chômage involontaire viendrait d’imperfections externes.
  • Chômage frictionnel, inadéquation des qualifications et inadéquation spatiale correspondent respectivement à des problèmes de transparence, de mobilité et d’homogénéité du travail.
  • L’asymétrie d’information côté employeur crée une sélection adverse et un aléa moral, ce qui peut pousser au choix d’un salaire plus élevé que l’équilibre.
  • Les entreprises peuvent utiliser le salaire d’efficience : salaire plus élevé pour attirer les meilleurs et inciter à l’effort, ce qui peut réduire l’embauche.
  • Quand de nombreuses entreprises adoptent ce principe, le salaire moyen se situe au-dessus du salaire d’équilibre, avec moins d’embauches et davantage d’offresurs, donc plus de chômage structurel.
  • Le chômage structurel peut aussi venir de coûts du travail élevés liés à des institutions et de difficultés d’appariement.

Astuce mémo

Info imparfaite → sélection adverse + aléa moral → salaire d’efficience ↑ → embauches ↓ → chômage structurel ↑.

5. Politiques de relance de la demande

Notions clés & Définitions

  • Politique budgétaire : Politique conjoncturelle qui utilise les recettes et dépenses de l’État pour influencer l’activité et le chômage.
  • Politique monétaire de relance : Politique conjoncturelle qui baisse les taux d’intérêt directeurs pour faciliter financement, investissement et consommation à crédit.
  • Demande globale : Agrégat reliant consommation, investissement, dépenses publiques et demande extérieure, utilisé pour relier activité et emploi.
  • Quantitative easing : Nouvel outil de politique monétaire évoqué comme complément pour relancer sans nuire trop fortement à l’équilibre inflation-chômage.

Points essentiels

  • Dans une perspective keynésienne, l’État mène une relance expansive de la demande globale pour lutter contre le chômage conjoncturel.
  • La politique budgétaire passe par une hausse des dépenses publiques (ex : grands travaux) et/ou des mesures sur impôts, subventions, investissements et revenus sociaux.
  • 2008 : la France consacre 1,3% de son PIB à la relance via l’investissement public et le soutien aux entreprises.
  • Les politiques budgétaires peuvent être limitées car agents économiques peuvent épargner et les achats peuvent se reporter vers l’importation, augmentant le déficit commercial.
  • La politique monétaire de relance baisse le taux directeur, ce qui réduit les taux des banques et augmente investissement et consommation à crédit.
  • Une relance monétaire trop expansive peut provoquer de l’inflation et réduire l’efficacité de la relance budgétaire.

Astuce mémo

Budget = dépenses/recettes ; Monnaie = taux directeurs : les deux visent demande effective et emploi.

6. Baisse du coût du travail

Notions clés & Définitions

  • Coût du travail : Somme reliant salaire brut et cotisations, comprenant des composantes salariales et patronales.
  • Salaire minimum : Niveau plancher de rémunération évoqué comme paramètre que certaines politiques proposent de supprimer ou baisser pour faciliter l’emploi.
  • Exonérations de cotisations sociales : Allègements de cotisations qui réduisent le coût du travail pour les employeurs.
  • Trappe à bas salaires : Effet d’aubaine où les emplois créés restent concentrés sur le bas salaire plutôt que de monter en qualification.

Points essentiels

  • Le coût du travail inclut salaire brut + cotisations sociales, ce qui sert de base au raisonnement sur l’employabilité des salariés peu qualifiés.
  • L’idée libérale est que baisser le coût du travail restaure la rentabilité et encourage la demande de travail.
  • Depuis 1993, la France met en place des exonérations qui se poursuivent, avec des allègements représentant au moins 40 milliards d’euros par an.
  • Une limite budgétaire existe : l’État peut payer à la place des entreprises, ce qui accroît le déficit public non entièrement compensé.
  • La trappe à bas salaires apparaît car l’effet d’aubaine favorise surtout la création d’emplois bas salaires.
  • Depuis 2016, le chômage a baissé.

Astuce mémo

Coût du travail ↓ pour rendre la productivité > coût ; mais déficit public + trappe à bas salaires peuvent limiter les effets.

7. Flexibilité et flexisécurité

Notions clés & Définitions

  • Flexibilité quantitative : Type de flexibilité portant sur le volume de travail, via modulation du temps de travail ou recours à des formes externes comme CDD et intérim.
  • Flexibilité qualitative : Type de flexibilité visant la polyvalence et l’accumulation de compétences via la formation continue.
  • Flexisécurité : Modèle combinant flexibilité pour les entreprises et sécurité pour les travailleurs afin de limiter la précarité liée aux ajustements.
  • Chômage actif (activation) : Approche où l’accompagnement vise à réduire la durée de chômage via contrôle, formation et reprise d’emploi.

Points essentiels

  • La flexibilité permet aux entreprises de s’adapter (ralentissement, progrès technique, concurrence internationale) et peut réduire les destructions d’emploi.
  • Trois formes sont distinguées : quantitative (interne via annualisation/temps partiel, externe via licenciement/CDD/intérim), qualitative (polyvalence/formation), et salariale (primes).
  • La flexibilité remet en cause le statut protecteur en rendant le contrat plus précaire et instable, avec dégradations possibles de la qualité d’emploi.
  • En Allemagne, les réformes ont réduit le chômage tout en augmentant le sous-emploi et les formes particulières d’emploi, avec plus d’1/5 des travailleurs à bas salaire.
  • La flexisécurité repose sur trois principes : faible protection de l’emploi pour inciter à recruter, indemnisation du chômage généreuse, et encadrement fort de la recherche d’emploi.
  • En France, la mise en place de la flexisécurité est jugée difficile à cause du dialogue social, du budget d’accompagnement jugé faible et de la qualité de la formation continue.

Astuce mémo

Flexisécurité = Flexibilité + Sécurité (indemniser généreusement + accompagner/contrôler fort).

8. Politiques actives et passives

Notions clés & Définitions

  • Politiques actives : Ensemble de mesures orientant l’action vers la recherche et la remise à l’emploi plutôt que vers la simple indemnisation du chômage.
  • Politiques passives : Mesures qui visent principalement à indemniser le chômage.
  • Activation des politiques d’emplois : Orientation des réformes de l’assurance chômage vers davantage de contrôle et d’accompagnement pour réduire l’indemnisation.
  • Indemnisation du chômage : Logique de soutien financier du chômeur, associée aux politiques passives.

Points essentiels

  • Les politiques actives visent à limiter l’indemnisation en orientant davantage l’action vers la recherche d’emploi que vers le soutien au chômage.
  • Exemples de politiques actives : formation des chômeurs, aides pour les transports pour réduire les inadéquations spatiales, financement du permis, et contrôle plus strict.
  • Les politiques passives consistent à indemniser le chômage.
  • Le but explicite des réformes récentes évoquées est de porter surtout sur l’activation des politiques d’emplois.
  • Les politiques actives sont cohérentes avec la réduction des problèmes d’appariement via accompagnement et incitations à reprendre un emploi ou à se former.

Astuce mémo

Actives = retour au travail (formation + mobilité + contrôle) ; Passives = indemniser.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1973choc pétrolier entraînant hausse des prix, inflation forte et baisse de la productivité
1993début des exonérations de cotisations sociales en France qui se poursuivent ensuite
2008relance française consacrant 1,3% du PIB via investissement public et soutien aux entreprises
2013taux de chômage calculé à 23,9% avec 654000 chômeurs sur 2733000 population active
2016baisse du chômage
2020environ 7% des personnes en âge de travailler sont au chômage
2021taux de chômage calculé à 18,9% avec 574300 chômeurs sur 3038600 population active

Tableaux de synthèse

Chômage conjoncturel vs structurel

TypeDéclencheurEffet
Conjoncturelfluctuations de l’activité économiquevariation du chômage quand la conjoncture se dégrade ou s’améliore
Structureldéséquilibres liés au marché du travaildurée liée à coûts, appariements et asymétries d’information

Politiques actives vs passives

TypeCibleMoyen dominant
Activesretour à l’emploiformation, aides de mobilité, contrôle
Passiveschômeursindemnisation du chômage

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre le chômage BIT avec n’importe quel arrêt de travail : il faut aussi recherche active et disponibilité en 15 jours.
  2. Croire que la baisse du taux de chômage prouve automatiquement une hausse de l’emploi : elle peut aussi venir d’une baisse du taux d’activité, surtout chez les moins de 25 ans.
  3. Penser que chômage conjoncturel = problème de qualification : c’est surtout lié aux fluctuations de la demande et de la production.
  4. Mélanger chômage structurel et chômage frictionnel : le premier renvoie à des causes comme appariement/coûts/asymétries, le second à des problèmes de transparence et de transitions.
  5. Retenir seulement « salaire d’efficience = payer plus » : le mécanisme est lié à sélection adverse et aléa moral qui réduit l’embauche.
  6. Croire que flexibilité et flexisécurité sont la même chose : la flexisécurité ajoute une sécurité (indemnisation et encadrement) aux ajustements.
  7. Confondre politique budgétaire et monétaire : la première joue sur recettes/dépenses publiques, la seconde sur les conditions de financement via taux d’intérêt.

Checklist Examen

  1. Relier les conditions d’apparition du chômage à l’équilibre demande de travail et offre de travail (déséquilibre inverse).
  2. Citer les 3 critères BIT du chômage : sans emploi, recherche active, disponibilité en 15 jours.
  3. Savoir calculer et interpréter le taux de chômage comme ratio chômeurs sur population active à partir des chiffres fournis.
  4. Utiliser le taux d’emploi comme indicateur complémentaire et expliquer qu’une baisse de chômage peut venir d’une baisse d’activité.
  5. Définir le chômage conjoncturel comme variation avec les fluctuations de l’activité et donner un mécanisme (baisse consommation → baisse production → suppressions).
  6. Expliquer l’idée keynésienne centrale : la demande effective anticipée par les entrepreneurs détermine production et emploi.
  7. Nommer au moins 3 causes de chômage structurel vues : coûts du travail via institutions, problèmes d’appariement, et asymétries d’information.
  8. Distinguer inadéquation spatiale, délais et inadéquation des qualifications dans l’appariement offre-demande.
  9. Décrire sélection adverse et aléa moral et le lien avec le salaire d’efficience au-dessus du salaire d’équilibre.
  10. Connaître les instruments de relance de la demande : budgétaire (dépenses/impôts/revenus sociaux/subventions/investissements) et monétaire (taux directeur).
  11. Savoir donner au moins une limite des politiques de relance budgétaire (épargne possible et achats à l’importation).
  12. Expliquer pourquoi une relance monétaire trop extensive peut être inflationniste et limiter l’efficacité de la relance budgétaire.
  13. Définir le coût du travail et rappeler la logique de baisse du coût pour rendre certains emplois rentables malgré le salaire minimum.
  14. Identifier au moins deux limites des baisses de coût du travail : coût budgétaire et trappe à bas salaires liée à l’effet d’aubaine.

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Chômage de masse — définition ?

Chômage durable et élevé, hors plein emploi.

Taux de chômage — mesure ?

Part des chômeurs dans la population active.

Chômage conjoncturel — cause principale ?

Fluctuations de la demande globale.

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