📋 Plan du Cours
- Politiques agricoles et enjeux géopolitiques
- Histoire des politiques et syndicats agricoles
- Contestation des institutions environnementales
- Lois agricoles controversées
- Affaiblissement de l’agroécologie
- Assouplissement environnemental de la PAC
- Eau et conflits d’usage agricoles
- Nouveaux modèles agricoles entrepreneuriaux
- Lois Pisani et modernisation agricole
- Exode rural et effets environnementaux
- Valorisation par l’agroalimentaire et la grande distribution
- Émergence d’une opposition syndicale
📖 1. Politiques agricoles et enjeux géopolitiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Enjeux agricoles alimentaires environnementaux : Enjeux imbriqués où agriculture, alimentation, écologie, climat, économie et santé publique se répondent et pèsent sur les politiques publiques.
- Approche diachronique : Méthode d’analyse qui relie les politiques agricoles à leur histoire, pour comprendre comment les débats actuels se construisent dans le temps.
- Lois Egalim : Dispositifs français pensés pour associer les agriculteurs à la négociation des prix alimentaires via le cadre d’action publique.
- Cogestion à la française : Mode de gouvernance où l’État travaille avec le syndicat majoritaire pour co-construire la politique agricole et organiser sa mise en œuvre.
📝 Points essentiels
- Les crises sanitaires et alimentaires, l’augmentation de l’usage des pesticides et les tensions sur l’eau et la qualité des milieux ont rendu les enjeux agricoles et environnementaux plus saillants que par le passé.
- L’analyse diachronique aide à relier les politiques agricoles aux discours et aux rapports de force syndicaux actuels, plutôt que de les considérer isolément.
- Les lois Egalim servent d’instrument d’action publique pour impliquer les agriculteurs dans la négociation des prix alimentaires.
- La contestation récente vise des institutions environnementales ou sanitaires, et s’accompagne aussi de débats sur des lois agricoles controversées pour leurs effets environnementaux.
- L’agroécologie est décrite comme ayant été réduite ou effacée des discours et dispositifs officiels récents.
- Depuis le printemps 2024, la PAC connaît un assouplissement des conditions environnementales peu discuté.
📖 2. Histoire des politiques et syndicats agricoles
🔑 Notions clés & Définitions
- Agrarisme : Doctrine et mouvement politique apparus à la Révolution, qui idéalisent le paysan comme garant d’un ordre social stable et défendent un conservatisme rural.
- FNSEA : Syndicat agricole majoritaire français jouant un rôle central dans la représentation et la négociation des politiques agricoles via la cogestion.
- CNJA : Organisation de jeunes agriculteurs associée au tandem majoritaire avec la FNSEA dans la cogestion engagée depuis les années 1960.
- Confédération Paysanne : Syndicat créé en 1987 pour porter un syndicalisme de gauche et remettre en cause le productivisme issu de la modernisation.
📝 Points essentiels
- Le syndicalisme agricole français a oscillé entre unité affichée et pluralité concurrentielle, notamment à cause de divergences d’intérêts et de rapports à l’État.
- Depuis les années 1960, la cogestion relie État et syndicat majoritaire (FNSEA et CNJA) pour co-construire la modernisation agricole et instaurer un dialogue privilégié avec le ministère.
- Les lois Pisani de 1960 et 1962 lancent le programme officiel de modernisation, avec un bloc syndical majoritaire pourtant fissuré par des dissidences dès les années 1950-60.
- En 1981, le pluralisme syndical se structure après de longues luttes, et un syndicalisme de gauche se consolide avec la création de la Confédération Paysanne en 1987.
- En 1990, la Coordination rurale concurrence à droite la FNSEA et conquiert rapidement des voix et des postes au sein des Chambres d’agriculture.
- Malgré la démocratisation syndicale, les rapports de force restent encore aujourd’hui largement favorables au tandem FNSEA-JA.
💡 Astuce mémo
Cogestion = “FNSEA-JA + État” : 1960-1970 modernisation; 1981 pluralisme; 1987 Confédération Paysanne; 1990 Coordination rurale.
📖 3. Contestation des institutions environnementales
🔑 Notions clés & Définitions
- Office français de la biodiversité : L’Office français de la biodiversité est un organisme public chargé des questions liées à la biodiversité dont l’action est critiquée lors des débats agricoles et environnementaux.
- INRAE : INRAE est l’institut national de recherche qui produit des connaissances pour l’agriculture et l’environnement, et qui fait l’objet de critiques dans le cadre de discussions parlementaires récentes.
- ANSES : L’ANSES est une agence de sécurité sanitaire qui évalue les risques et dont la légitimité est contestée par certains acteurs agricoles et parlementaires.
- Agence bio : L’Agence bio est une instance de soutien et de communication pour la filière biologique, dont la suppression est demandée par plusieurs élus malgré des objectifs chiffrés.
📝 Points essentiels
- Lors des débats d’adoption de la LOA de février 2025, des syndicats et parlementaires critiquent notamment l’OFB, l’INRAE et l’ANSES.
- Plusieurs élus demandent la suppression de l’Agence bio, alors que l’agriculture biologique représenterait seulement 10 % des surfaces agricoles pour un objectif de 21 % en 2030.
- En avril 2025, une autorisation d’épandage de pesticides par drones est mise en place, ce qui alimente les critiques environnementales.
- La loi Duplomb de juillet 2025 réautorise des néonicotinoïdes, disposition retirée après censure du Conseil constitutionnel, puis redéposée début 2026 par le sénateur Laurent Duplomb.
- Depuis le printemps 2024, l’assouplissement européen de la PAC inclut une approbation sans limite de temps pour l’usage de certains pesticides, peu discutée.
- Pour la future loi d’urgence sur l’eau, annoncée en février 2026, la redevance pour pollutions diffuses ne serait pas augmentée en 2027 et 13 projets hydrauliques seraient « débloqués »; 5 des 6 présidents de comités de bassin s’inquiètent d’une possible recentralisation dans un courrier du 6 février 2026 adressé à M. Lecornu.
💡 Astuce mémo
4 D : Drones (pesticides), Duplomb (néonicotinoïdes), PAC (pesticides sans limite), Eau (13 projets + redevance non haussée en 2027).
📖 4. Lois agricoles controversées
🔑 Notions clés & Définitions
- Loi Egalim 1 : La première loi Egalim (2 octobre 2018) encadre la grande distribution pour limiter le bradage et mieux prendre en compte les coûts de production dans les relations commerciales.
- Loi Egalim 2 : La loi Egalim 2 (14 octobre 2021) renforce les règles de négociation et impose davantage de formalisme pour sécuriser la traçabilité des prix.
- Loi Egalim 3 Descrozaille : La loi Egalim 3 (30 mars 2023) modifie les rapports de force entre fournisseurs et distributeurs et étend l’application du droit français aux négociations sur le territoire.
- Épandage de pesticides par drones : L’autorisation d’épandage par drones (avril 2025) permet l’usage de cette technique pour traiter des cultures, ce qui suscite des critiques environnementales.
- Loi Duplomb : La loi Duplomb (juillet 2025) introduit des assouplissements et mesures jugées controversées pour l’environnement et les conditions d’activité agricole.
📝 Points essentiels
- Egalim 1 interdit les reventes à prix coûtant et limite les promotions à un maximum de 25% du volume acheté, pour au plus 34% du prix initial.
- Egalim 2 rend obligatoire la contractualisation écrite de la vente de tout produit agricole afin d’assurer la traçabilité des prix.
- Dans Egalim 2, pour un produit avec au moins 50% de matière première agricole, le prix de cette matière n’entre pas dans la négociation entre industriel et distributeur.
- La loi Egalim 3 permet aux fournisseurs, si les négociations ne sont pas abouties à la date butoir, d’interrompre les livraisons et de ne pas reconduire automatiquement les conditions antérieures.
- L’épandage de pesticides par drones est autorisé en avril 2025, et la loi Duplomb (juillet 2025) inclut notamment une réautorisation controversée de certains néonicotinoïdes et une simplification des enquêtes environnementales.
- Le paquet européen discuté depuis le printemps 2024 prévoit une approbation sans limite de temps pour l’usage de certains pesticides, tandis que la France est poursuivie depuis le 21 décembre 2025 pour pollution massive de l’eau par les nitrates.
💡 Astuce mémo
Egalim 1 = anti-bradage (prix/volume), Egalim 2 = contrats écrits (traçabilité) et seuil 50%, Egalim 3 = rapport de force + droit français (Descrozaille).
📖 5. Affaiblissement de l’agroécologie
🔑 Notions clés & Définitions
- Transition agroécologique 2012 : La transition agroécologique lancée en France vise à intégrer l’environnement à l’agriculture en faisant des agro-écosystèmes une ressource plutôt qu’une contrainte.
- OFB INRAE ANSES : Les institutions environnementales et sanitaires regroupent l’OFB, l’INRAE et l’ANSES, dont des débats ont relancé des critiques sur leur rôle dans la régulation.
- Assouplissement PAC 2024 : L’assouplissement européen des conditions environnementales de la PAC depuis 2024 réduit les contraintes, notamment sur certains usages de pesticides.
📝 Points essentiels
- En 2025, la valeur de la production agricole française progresse de 3,7 % pour atteindre 92,4 milliards d’euros, tandis que le nombre d’exploitations passe de 698 535 en 2000 à 349 600 en 2023.
- Une future loi « d’urgence » agricole demandée par la FNSEA vise notamment à faciliter l’accès à l’eau, à lutter contre la prédation du loup et à renforcer les moyens de production, avec craintes de reculs sur protection des ressources et de la santé.
- Quatre signaux sont donnés comme défavorables à la prise en compte environnementale en agriculture : contestation d’institutions, lois agricoles environnementalement controversées, effacement de l’agroécologie des discours/dispositifs officiels, et assouplissement PAC depuis 2024.
- Lors des débats de la LOA de février 2025, des critiques visent notamment l’OFB, l’INRAE et l’ANSES, ainsi que l’Agence bio dont la filière n’atteint qu’environ 10 % des surfaces pour un objectif de 21 % en 2030.
- En avril 2025, une autorisation d’épandage de pesticides par drones est adoptée, et la loi Duplomb de juillet 2025 prévoit des dispositions très critiquées liées notamment aux néonicotinoïdes, avec retrait puis redépôt d’une proposition en 2026.
- Depuis le printemps 2024, des conditions environnementales de la PAC sont assouplies sans grand débat, avec notamment une approbation sans limite de temps pour l’usage de certains pesticides, et une révision envisagée de la directive nitrates menant à une action en justice de l’UE engagée depuis le 21 décembre 2025.
💡 Astuce mémo
2012 Ressource vs contrainte → 2024 PAC assouplie : quand l’environnement perd des “droits”, l’agroécologie s’efface.
📖 6. Assouplissement environnemental de la PAC
🔑 Notions clés & Définitions
- Libéralisation de la PAC : La libéralisation de la PAC désigne l’alignement progressif des orientations agricoles sur des logiques de marché, avec moins de régulation publique directe.
- Recul des régulations publiques : Le recul des régulations publiques correspond à une diminution des garde-fous qui sécurisaient auparavant les prix et les débouchés agricoles.
- Abaissement des cahiers des charges AOP : L’abaissement des cahiers des charges AOP est le fait de réduire les exigences encadrant certains produits quand de grandes entreprises cherchent à s’adapter à la production de masse.
📝 Points essentiels
- Le passage à des logiques de marché s’accompagne d’une fin des prix et débouchés garantis qui existaient davantage dans les années 70-80.
- En 2018, les AOC ne représentent que 2,3% de la production agricole commercialisée, l’AB 4%, les labels rouges 1% et les IGP 1,8%.
- Le durcissement environnemental recule quand des acteurs industriels abaissent des cahiers des charges AOP pour coller aux exigences de production de masse.
- L’AOP Cantal devient moins rémunératrice après sa prise de contrôle par des entreprises alimentaires.
💡 Astuce mémo
Repère 2018 : 2,3% AOC, 4% AB, 1% Label rouge, 1,8% IGP — une “économie de la qualité” minoritaire.
📖 7. Eau et conflits d’usage agricoles
📖 8. Nouveaux modèles agricoles entrepreneuriaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Modèle entrepreneurial du farmer : Le modèle entrepreneurial du farmer est une figure de l’agriculture inspirée du Nord-américain, pensée comme une entreprise orientée par la performance et la modernisation.
- Exploitant agricole : L’exploitant agricole est la figure professionnelle promue comme plus moderne que le paysan, centrée sur la logique d’entreprise et la gestion d’une exploitation.
- Identité du paysan : L’identité du paysan renvoie à une catégorie historique dont le terme est jugé péjoratif après des usages politiques antérieurs, puis contesté par certains mouvements.
- Monoculture matière première : La monoculture matière première désigne une production spécialisée en intrants et normes, où l’agriculteur fournit surtout une matière première plutôt qu’un système polyculture-élevage.
📝 Points essentiels
- La conversion de l’agriculture au modèle entrepreneurial combine l’idée de farmer et la gestion traditionnelle de la ferme, en remplaçant le vocabulaire de paysan par celui d’exploitant.
- Le terme d’exploitant agricole reste contesté car il évoque une domination de l’homme sur la nature, ce qui alimente la critique du productivisme.
- La spécialisation met fin à l’articulation polyculture-élevage et transforme l’agriculteur en producteur de matière première en monoculture.
- La productivité repose sur un équipement et des pratiques très normées utilisant notamment l’équipement mécanisé, des méthodes automatisées et des intrants chimiques.
- Le recours aux investissements pousse à l’endettement, car l’agrandissement et les économies d’échelle sont nécessaires pour amortir le matériel.
💡 Astuce mémo
Farmer + exploitation = vocabulaire qui bascule, spécialisation qui isole : polyculture-élevage disparaît, monoculture matière première prend le relais.
📖 9. Lois Pisani et modernisation agricole
🔑 Notions clés & Définitions
- Cogestion État-syndicalisme : La cogestion est une collaboration étroite entre l’État et le syndicalisme majoritaire pour coélaborer puis diffuser les réformes de modernisation agricole.
- SAFER : Les SAFER sont des structures créées en 1960 qui organisent l’achat et la transmission de terres afin de limiter la spéculation et d’orienter l’installation prioritaire.
- IVD : L’IVD (Indemnité Viagère de Départ) est une indemnité créée pour permettre le départ ou le reclassement des agriculteurs qui ne peuvent plus rester en activité.
- SMI : La SMI (Surface Minimum d’Installation) est un seuil de surface en-dessous duquel l’agriculteur perd l’accès aux aides publiques.
- DJA : La DJA (Dotation Jeune Agriculteur) est une aide créée en 1973 pour soutenir l’installation des jeunes agriculteurs dans le modèle jugé économiquement viable.
📝 Points essentiels
- La modernisation encadrée par les lois Pisani (1960 et 1962) vise à diminuer les coûts via le remembrement, à améliorer la marge par restructuration des filières et instituts techniques, et à mieux répartir le revenu via l’IVD.
- La cogestion donne à la FNSEA et à sa branche CNJA un rôle d’interlocuteur unique et de relais des réformes, tandis que l’État s’engage à soutenir le statut économique et social des agriculteurs.
- Les SAFER (1960) peuvent exercer un droit de préemption pour éviter la spéculation foncière et attribuer les terres à des projets d’installation jugés prioritaires.
- La SMI conditionne les aides publiques : en-dessous du seuil, on n’y a plus droit, ce qui incite à agrandir et mécaniser les exploitations.
- Entre 1954 et 1976, la population agricole passe de 2,2 millions d’exploitations et 5,1 millions d’actifs (27% des actifs totaux) à une division par deux en 22 ans, et la part des agriculteurs dans la population française atteint 1,5% en 2025.
💡 Astuce mémo
1960-1962 = 3 buts (COÛT, MARGE, REVENU) ; et les aides suivent la taille (SMI) puis la jeunesse (DJA 1973).
📖 10. Exode rural et effets environnementaux
🔑 Notions clés & Définitions
- Exode rural : L’exode rural est le mouvement de départ des populations agricoles vers les villes, avec une baisse continue des effectifs d’exploitants.
- Remembrement : Le remembrement est une réorganisation des parcelles agricoles qui modifie les paysages et l’organisation des ressources en regroupant les terres.
- Externalités environnementales : Les externalités environnementales sont les impacts négatifs d’une intensification agricole sur la nature dont le coût n’est pas immédiatement intégré aux politiques publiques.
- Monocultures agricoles : Les monocultures agricoles sont des cultures dominantes répétées sur de grandes surfaces, réduisant la diversité des milieux et des espèces.
📝 Points essentiels
- À partir des années 1960, l’exode rural s’accélère et la population agricole passe de 2,2 millions d’exploitations en 1954 à moins de la moitié en 1976, puis jusqu’à environ 1,5% des agriculteurs dans la population en 2025.
- En termes d’environnement, l’intensification entraîne notamment la baisse de la biodiversité (monocultures, abattage des haies et talus), le recul des pâturages et l’implantation de maïs fourrager, ainsi qu’une simplification des assolements avec remembrement.
- Les dommages environnementaux de ces pratiques ne sont pris en compte par les politiques publiques que plus tard, à partir des années 1990-2000, malgré des alertes dès les années 1960-1970 (Silent Spring, 1962, et dénonciation de problèmes d’eau en 1974 par René Dumont).
- L’exode rural était présenté dans les lois Pisani comme un « mal nécessaire » pour améliorer la répartition des revenus et fournir de la main-d’œuvre à une économie en plein essor.
💡 Astuce mémo
Repère en ligne : 1954 (2,2 M d’exploitations) → 1976 (division par 2) → 2025 (≈1,5% des agriculteurs).
📖 11. Valorisation par l’agroalimentaire et la grande distribution
🔑 Notions clés & Définitions
- Industries agroalimentaires : Les industries agroalimentaires regroupent les entreprises qui transforment les produits agricoles et structurent une partie importante de la valeur le long de la filière.
- Grandes surfaces alimentaires : Les grandes surfaces alimentaires rassemblent les enseignes de distribution qui achètent aux filières et diffusent les produits auprès du public à grande échelle.
- Asymétrie de pouvoir de marché : L’asymétrie de pouvoir de marché désigne le déséquilibre entre producteurs et entreprises de négoce-transformation, qui leur permet d’imposer des conditions d’achat.
📝 Points essentiels
- Les années de modernisation déplacent la valeur ajoutée agricole vers le négoce et la transformation, au détriment de prix reçus par les producteurs souvent alignés sur les cours mondiaux.
- Une conséquence de l’asymétrie producteurs-entreprises est la fixation de prix bas, parfois inférieurs aux coûts de production, comme c’est décrit pour le lait.
- Entre les années 1960 et les années 1980, la part des achats alimentaires réalisée en supermarché augmente fortement, avec une croissance qualifiée d’exponentielle.
- En 1985, BSN-Gervais Danone détient 25% du capital des entreprises de négoce et transformation en France.
- Les entreprises de négoce et transformation sont décrites comme dominant des marchés européens et internationaux grâce à leurs positions de contrôle de la filière.
💡 Astuce mémo
Producteurs → prix tirés vers le bas ; IAA/GMS → captent la plus-value : “qui tient le marché tient la valeur”.
📖 12. Émergence d’une opposition syndicale
🔑 Notions clés & Définitions
- CNSTP : Organisation syndicale de dissidents de la FNSEA créée en 1981, qui regroupe des tendances de gauche apparues dans les années 1970.
- FNSP : Fédération syndicale paysanne créée en 1982 à partir de FDSEA dissidentes de la FNSEA-JA.
- Coordination rurale : Mouvement syndical apparu en 1991-1992, issu d’une contestation face à la réforme de la PAC et à la libéralisation associée.
📝 Points essentiels
- Le pluralisme syndical est reconnu dès 1981, mais une alternance à droite conduit à rétablir la cogestion et à supprimer des aides aux syndicats minoritaires dès la nomination de François Guillaume.
- Le décret Rocard impose en 1990 un seuil minimal de 10% des suffrages pour accéder à des instances des chambres, ce qui réduit fortement la participation des syndicats minoritaires.
- La CNSTP est créée en 1981, la FNSP en 1982, puis les deux fusionnent en 1987 dans la Confédération paysanne qui atteint en 1989 plus de 18% des suffrages dans 75 départements.
- La Coordination rurale émerge en 1991-1992 contre la réforme Mac Sharry de la PAC, puis fusionne en 1994 avec la FFA et n’obtient la reconnaissance de sa représentativité nationale qu’en 2007.
- La Coordination rurale mobilise des répertoires spectaculaires (affichage aux champs, barrages routiers, opérations escargot, grève du lait) et développe aussi des structures pour reconquérir des filières dès 1996 (JACR, OPG) et plus tard pour des secteurs spécifiques (ONEP en 2002, OPL en 2007).
💡 Astuce mémo
CNSTP-FNSP → fusion en 1987 (CP) ; puis CR (1991-92) réagit à Mac Sharry et se structure avec JACR/OPG dès 1996.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1876 | Création de l’UCSA (Union centrale des syndicats agricoles) |
| 1880 | Création de la SNEA (Société Nationale d’encouragement à l’agriculture) |
| 1892 | Mise en place du tarif Méline |
| 1892 | Mise en place du tarif Méline (protection douanière) |
📊 Tableaux de synthèse
Egalim : chronologie et effets
| Loi | Date | Mesure centrale | But visé |
|---|
| Egalim 1 | 2 oct. 2018 | Interdiction des reventes à prix coûtant + limitation des promotions | Limiter le bradage et mieux prendre en compte les coûts de production |
| Egalim 2 | 14 oct. 2021 | Contractualisation écrite obligatoire + règle sur 50% de matière première agricole | Renforcer la traçabilité/encadrer la négociation |
| Egalim 3 (Descrozaille) | 30 mars 2023 | Sans accord à la date butoir : possibilité d’interrompre les livraisons + droit français appliqué sur le territoire | Renforcer le poids des fournisseurs et le cadre des négociations en France |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la cogestion (FNSEA-CNJA + État) avec un pluralisme syndical : le pluralisme est reconnu en 1981, mais la logique de cogestion perdure largement.
- Croire que les lois Egalim garantissent automatiquement un revenu couvrant les coûts : le cours insiste que la loi ne garantit en rien à elle seule la couverture du coût de revient.
- Mélanger les objectifs des lois Pisani : elles combinent baisse des coûts, hausse de la marge, et amélioration de la répartition du revenu via des politiques des structures.
- Interpréter « paysan » comme un terme neutre : le cours rappelle la connotation péjorative historique et la contestation par la Confédération paysanne.
- Penser que l’exode rural est seulement « naturel » : il est présenté comme lié aux transformations économiques et à l’organisation de la modernisation agricole.
- Dissocier environnement et syndicats/institutions : le cours montre que la contestation des institutions environnementales/sanitaires et l’adoption de lois controversées s’inscrivent dans des conflits politiques et syndicaux.
- Confondre PAC 2024 et nitrates : l’assouplissement européen de la PAC depuis le printemps 2024 n’est pas la même séquence que la poursuite de la France du fait des nitrates depuis le 21 déc. 2025.
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi une approche diachronique est nécessaire pour comprendre les enjeux actuels (contradiction présent-passé, « chemin de dépendance »).
- Définir la cogestion à la française (deal État–syndicat majoritaire) et identifier le rôle du duo FNSEA–CNJA.
- Situer le syndicalisme agricole dans les phases 1950-1980, 1980 (pluralisme) et années 1990 (montée d’une concurrence comme Coordination rurale).
- Rappeler l’origine de l’agrarisme et ce qu’il vise politiquement (ordre social rural, relation idéalisée à la terre, protectionnisme).
- Présenter les objectifs des lois Pisani (1960, 1962) : coûts, marge, répartition du revenu, puis donner au moins deux instruments (remembrement, SMI, IVD, DJA).
- Décrire au moins 3 effets des lois Pisani sur le modèle agricole : intensification/industrialisation, endettement/spéculation, exode rural, externalités environnementales, recomposition de la valeur via IAA/GMS.
- Expliquer comment le pluralisme syndical est reconnu en 1981 et pourquoi la représentation minoritaire reste limitée (seuil, scrutin majoritaire, décret Rocard).
- Citer la création/fusion des organisations centrales de la gauche paysanne (CNSTP, FNSP, Confédération paysanne en 1987) et situer l’émergence de la Coordination rurale (1991-1992).
- Détailler les lois Egalim : dates, mesure clé de chaque loi (Egalim 1 bradage/promo, Egalim 2 contrats écrits + 50%, Egalim 3 droit français + date butoir).
- Relier les contestations environnementales récentes aux LOA (février 2025) : institutions ciblées (OFB, INRAE, ANSES, Agence bio) et arguments chiffrés rappelés (AB 10% vs objectif 21% en 2030).
- Expliquer la chaîne « environnement–pesticides–eau » : drones (avril 2025), loi Duplomb et néonicotinoïdes (juillet 2025 + redépôt début 2026), et la future loi d’urgence sur l’eau (prévue février 2026 avec redevance non haussée en 2027 et 13 projets).
- Exposer l’idée générale d’affaiblissement de l’agroécologie (effacement des discours/dispositifs + assouplissement PAC depuis 2024) et distinguer la séquence nitrates (poursuite UE depuis le 21 déc. 2025).
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