Fiche de révision : Consommation et demande globale

Plan du Cours

  1. Composantes de la demande globale
  2. Consommation des ménages
  3. Fonction de consommation keynésienne
  4. Propensions à consommer
  5. Fonction et propensions à épargner
  6. Diagramme à 45 degrés
  7. Équilibre du marché des biens
  8. Multiplicateur keynésien élémentaire
  9. Fondements intertemporels de la consommation
  10. Théorie du cycle de vie
  11. Théorie du revenu permanent
  12. Nouvelle approche keynésienne

1. Composantes de la demande globale

Notions clés & Définitions

  • Dépenses publiques : La valeur marchande totale des achats directs de biens et services de l’État, comprenant sa consommation et ses investissements, notamment les infrastructures.

★ À maîtriser

📌 À l’équilibre sur le marché des biens et services, la somme des composantes de la demande est égale à l’offre, en valeur comme en volume.

📐 Formule - Dans une économie fermée, l’équilibre comptable s’écrit Y=C+I+GY = C + I + G, où Y est le PIB, C la consommation des ménages, I l’investissement privé et G les dépenses publiques.

📐 Formule - Dans une économie ouverte, l’équilibre s’écrit Y=C+I+G+NXY = C + I + G + NX, où NX=X−IMNX = X - IM représente les exportations nettes.

📌 La consommation des ménages et les dépenses publiques varient peu, tandis que l’investissement fluctue davantage et contribue autant que la consommation aux variations de la demande globale.

Compléments

  • Dans l’approche présentée, l’offre globale d’équilibre s’adapte à la demande globale et les contraintes de capacité de production sont ignorées.

  • Les variations de stocks sont intégrées à l’investissement privé, ce qui permet à l’identité comptable Y=C+I+GY = C + I + G de rester vérifiée quelle que soit la conjoncture.

  • Dans les pays européens, la consommation des ménages représente entre 50 % et 60 % du PIB, tandis que les dépenses publiques représentent environ entre 20 et 25 % du PIB.

  • Dans l’UE-28, l’investissement représente en moyenne 20 % du PIB en 2016.

  • Les dépenses publiques sont généralement considérées comme autonomes, car leur niveau est fixé par l’État et elles constituent un instrument de politique économique.

  • Les dépenses publiques sont essentiellement financées par les recettes fiscales prélevées par l’État sur les contribuables.

2. Consommation des ménages

Notions clés & Définitions

  • Consommation finale des ménages : L’ensemble des dépenses en biens et services destinés à satisfaire des besoins personnels et non productifs.

★ À maîtriser

📌 En microéconomie néoclassique, le consommateur répartit son revenu entre des biens selon leurs prix et choisit son épargne en fonction du taux d’intérêt, tandis que l’analyse macroéconomique keynésienne étudie la consommation agrégée en fonction du revenu.

Compléments

  • Dans le raisonnement néoclassique, le taux d’intérêt est le prix de la renonciation à la consommation présente au profit de la consommation future.
  • Dans l’approche keynésienne présentée, les prix sont considérés comme rigides et le revenu est le principal déterminant de la consommation agrégée.

  • La consommation dépend notamment des facteurs suivants : du revenu, de la richesse, des anticipations concernant les revenus et les prix futurs

  • La consommation dépend aussi des facteurs suivants : du chômage, de l’incertitude, de l’optimisme ou du pessimisme face à l’avenir, de la structure des revenus

  • La propension à consommer les salaires et les transferts sociaux est généralement supérieure à celle qui s’applique aux revenus du capital.

  • Franco Modigliani et Richard Brumberg [1954] associent les choix de consommation et d’épargne à la position de l’individu dans son cycle de vie ; les individus épargnent notamment lorsqu’ils sont jeunes afin de financer leur consommation à la retraite.

  • Selon la théorie du revenu permanent élaborée par Milton Friedman [1957], la consommation dépend surtout des revenus perçus sur une longue période plutôt que des variations temporaires du revenu.

Astuce mémo

Néoclassique : le taux d’intérêt arbitre ; Keynes : le revenu détermine la consommation.

3. Fonction de consommation keynésienne

★ À maîtriser

  • La loi psychologique fondamentale de Keynes affirme que toute hausse du revenu disponible entraîne une hausse de la consommation, mais que celle-ci est inférieure à la hausse du revenu.

📌 La fonction de consommation keynésienne générale s’écrit C=f(Y)C = f(Y), où la consommation dépend du revenu courant et l’épargne constitue le revenu qui n’est pas consommé.

📐 Formule - La fonction de consommation affine s’écrit C=cY+C0C = cY + C_0, où C0C_0 est la consommation autonome lorsque le revenu est nul et où 0<c<10 < c < 1.

Compléments

  • La loi psychologique fondamentale est présentée comme une hypothèse de Keynes fondée sur sa connaissance de la nature humaine et son expérience, et non comme une loi scientifique appuyée sur un modèle théorique ou des vérifications empiriques.

  • Trois représentations sont compatibles avec la loi psychologique fondamentale :

    • une fonction affine
    • une fonction linéaire
    • une fonction concave

📐 Formule - La fonction de consommation linéaire s’écrit C=cYC = cY avec 0<c<10 < c < 1 et implique que la consommation est nulle lorsque le revenu est nul.

📐 Formule - La fonction de consommation concave s’écrit C=f(Y)+C0C = f(Y) + C_0 et implique C=C0C = C_0 lorsque le revenu est nul.

4. Propensions à consommer

★ À maîtriser

📐 Formule - La propension moyenne à consommer est le rapport entre la consommation totale et le revenu : PMC=CYPMC = \frac{C}{Y}.

📐 Formule - La propension marginale à consommer mesure la variation de consommation due à une variation du revenu : PmC=ΔCΔY=f′(Y)PmC = \frac{\Delta C}{\Delta Y} = f'(Y).

📐 Formule - Pour la fonction affine C=cY+C0C = cY + C_0, la propension marginale à consommer est constante et égale à c, tandis que la propension moyenne vaut PMC=c+C0YPMC = c + \frac{C_0}{Y} et diminue lorsque le revenu augmente.

Compléments

📐 Formule - Pour la fonction affine, l’élasticité de la consommation au revenu est εC/Y=PmCPMC\varepsilon_{C/Y} = \frac{PmC}{PMC} et elle est inférieure à 1.

  • Une élasticité de la consommation au revenu inférieure à 1 signifie qu’une hausse de 1 % du revenu entraîne une hausse de la consommation inférieure à 1 %.

📐 Formule - Dans la fonction de consommation linéaire C=cYC = cY, la propension moyenne et la propension marginale à consommer sont constantes et égales à c.

📐 Formule - Dans la fonction de consommation concave, la propension moyenne et la propension marginale à consommer diminuent lorsque le revenu augmente, et la dérivée seconde vérifie f′′(Y)<0f''(Y) < 0.

5. Fonction et propensions à épargner

★ À maîtriser

📐 Formule - L’épargne est la partie du revenu qui n’est pas consommée : S=Y−CS = Y - C.

📐 Formule - La somme des propensions moyennes à consommer et à épargner est égale à 1 : PMC+PMS=1PMC + PMS = 1.

📐 Formule - La somme des propensions marginales à consommer et à épargner est égale à 1 : PmC+PmS=c+s=1PmC + PmS = c + s = 1.

Compléments

📐 Formule - Pour la fonction affine C=cY+C0C = cY + C_0, la fonction d’épargne est S=(1−c)Y−C0=sY−C0S = (1-c)Y-C_0 = sY-C_0, avec s=1−cs = 1-c.

📐 Formule - Pour la fonction affine, la propension moyenne à épargner vaut PMS=s−C0YPMS = s - \frac{C_0}{Y} et augmente avec le revenu.

📐 Formule - Pour la fonction affine, la propension marginale à épargner est constante, vaut PmS=s=1−cPmS = s = 1-c et est comprise entre 0 et 1.

  • Lorsque le revenu est nul dans la fonction affine, la consommation vaut C0C_0 et l’épargne vaut −C0-C_0 ; cette épargne négative correspond à une désépargne.

  • Le seuil de rupture de l’épargne est atteint lorsque l’épargne devient nulle.

6. Diagramme à 45 degrés

★ À maîtriser

  • Samuelson (1948) a proposé la première représentation graphique des écrits de Keynes permettant de déterminer graphiquement le revenu d’équilibre, appelée diagramme à 45 degrés.

  • Dans le diagramme à 45 degrés, l’abscisse représente le revenu national Y, égal à la production des entreprises et à l’offre globale, tandis que l’ordonnée représente la consommation et l’investissement, qui forment la demande globale.

📐 Formule - Avec une consommation affine C=cY+C0C = cY + C_0 et un investissement autonome I=I0I = I_0, la demande globale s’écrit D=C+I=cY+C0+I0D = C + I = cY + C_0 + I_0.

Compléments

  • La droite à 45 degrés, bissectrice des axes, représente l’ensemble des points où l’offre globale est égale à la demande globale.

Astuce mémo

La bissectrice à 45° est la ligne où production et demande se rejoignent.

7. Équilibre du marché des biens

★ À maîtriser

📐 Formule - L’équilibre sur le marché des biens et services est atteint lorsque la production égale la demande globale : Y=D=C+IY = D = C + I.

📐 Formule - L’épargne est égale au revenu moins la consommation, soit S=Y−(cY+C0)=(1−c)Y−C0S = Y - (cY + C_0) = (1-c)Y-C_0.

📌 L’équilibre des biens et services, repéré par E, et l’équilibre entre épargne et investissement, repéré par E′, correspondent au même revenu d’équilibre Y∗Y^*.

📐 Formule - Avec une consommation C=cY+C0C=cY+C_0 et un investissement autonome I=I0I=I_0, le revenu d’équilibre est Y∗=C0+I01−cY^*=\frac{C_0+I_0}{1-c}.

Compléments

  • La courbe de demande globale est obtenue en additionnant verticalement la droite de consommation et celle de l’investissement.

  • Comme Y=C+IY=C+I et Y=C+SY=C+S, l’équilibre sur le marché des biens et services implique S=IS=I.

  • Un équilibre de marché des biens et services ne garantit pas le plein-emploi ; si la demande est insuffisante, l’économie peut connaître un chômage keynésien.

Astuce mémo

E équilibre offre-demande ; E′ équilibre épargne-investissement

8. Multiplicateur keynésien élémentaire

Notions clés & Définitions

  • Multiplicateur d’investissement : Le multiplicateur d’investissement mesure l’effet d’une variation de l’investissement autonome sur le revenu d’équilibre ; une impulsion initiale entraîne une variation plus que proportionnelle du revenu.

★ À maîtriser

  • La hausse initiale de l’investissement accroît le revenu, qui accroît la consommation ; cette consommation supplémentaire entraîne une nouvelle hausse de la production et du revenu, puis une nouvelle hausse de la consommation.

📐 Formule - Le multiplicateur keynésien élémentaire est k=11−ck=\frac{1}{1-c} et la variation du revenu vérifie ΔY=kΔI0=11−cΔI0\Delta Y=k\Delta I_0=\frac{1}{1-c}\Delta I_0.

Compléments

  • Une hausse de l’investissement autonome déplace vers le haut la fonction d’investissement et augmente d’autant la demande globale, ce qui élève le revenu d’équilibre.

📐 Formule - La hausse de consommation provoquée par une variation du revenu vérifie ΔC=cΔY\Delta C=c\Delta Y.

  • Comme 0<c<10<c<1, les vagues successives de hausse du revenu décroissent et tendent vers zéro.

  • Plus la propension marginale à consommer cc est élevée, plus l’effet multiplicateur est important.

Astuce mémo

Investissement accru → revenus accrus → consommation accrue → nouveaux revenus

9. Fondements intertemporels de la consommation

Notions clés & Définitions

  • Richesse actualisée : La richesse actualisée est la somme du revenu présent et du revenu futur actualisé au taux d’intérêt, soit y1+y21+ry_1+\frac{y_2}{1+r}.

★ À maîtriser

  • Les nouvelles théories de la consommation s’appuient sur des fondements microéconomiques et une analyse dynamique, contrairement aux approches keynésiennes centrées sur le revenu courant et les variables de flux.

  • Les ménages peuvent déterminer leur consommation en fonction de leur richesse accumulée et de leurs anticipations de revenus futurs, et pas uniquement de leur revenu courant.

Compléments

  • Dans le modèle intertemporel à deux périodes, l’individu peut acheter des titres en période 1 pour réduire sa consommation présente et accroître ses ressources et sa consommation en période 2.

📐 Formule - La contrainte budgétaire intertemporelle à deux périodes s’écrit y1+y21+r=c1+c21+ry_1+\frac{y_2}{1+r}=c_1+\frac{c_2}{1+r}.

📌 Le taux d’intérêt détermine le coefficient d’actualisation, tandis que les préférences pour le présent déterminent le choix de consommation le long de la contrainte budgétaire.

Astuce mémo

Le flux est le revenu courant ; le stock est la richesse accumulée

10. Théorie du cycle de vie

Notions clés & Définitions

  • Théorie du cycle de vie : Franco Modigliani - La théorie du cycle de vie explique le lissage de la consommation sur la durée de vie par l’inégale répartition des revenus et les comportements d’endettement, d’épargne puis de désépargne.

★ À maîtriser

  • Au cours de la vie, le consommateur traverse trois phases :

    • jeunesse (0-30 ans)
    • activité (30-60 ans)
    • retraite (60 à 74 ans)
  • Dans la théorie du cycle de vie, la consommation dépend du taux d’intérêt et du flux de revenus anticipés sur l’ensemble de la vie.

Compléments

  • Pendant la jeunesse, les dépenses dépassent les ressources du travail et l’individu s’endette notamment pour financer sa formation et son installation.

  • Pendant l’activité, l’individu rembourse d’abord ses dettes puis accumule un patrimoine, notamment par l’immobilier, les fonds de pension ou l’acquisition de droits à la retraite.

  • À la retraite, les revenus du travail disparaissent et les besoins sont financés par les revenus des placements et la vente progressive du patrimoine.

  • Dans les données françaises de 2015, le patrimoine net moyen augmente avec l’âge, atteint son pic dans la classe des 60 à 69 ans, puis diminue sans devenir nul au décès.

  • À court terme, le patrimoine est considéré comme constant, la propension marginale à consommer est constante et la propension moyenne à consommer décroît avec le revenu vers la propension marginale.

  • À long terme, si l’individu consomme intégralement son patrimoine sans vouloir laisser d’héritage, les propensions moyenne et marginale à consommer sont égales à 1.

  • Si la croissance de la population est nulle, le taux d’épargne agrégé est nul ; le rajeunissement de la population le fait baisser, tandis que son vieillissement le fait augmenter.

Astuce mémo

Jeunesse endettée → activité épargnante → retraite en désépargne

11. Théorie du revenu permanent

Notions clés & Définitions

  • Théorie du revenu permanent : Milton Friedman, 1957 - La théorie du revenu permanent explique que les agents choisissent leur consommation en fonction de leur richesse, constituée par la somme actualisée des revenus anticipés au cours de leur existence.

★ À maîtriser

📌 Le revenu effectif se décompose en revenu permanent, durable et anticipé, et revenu transitoire, temporaire ou accidentel : Yt=YtP+YtTY_t=Y_t^P+Y_t^T. - Friedman

📐 Formule - La consommation permanente est proportionnelle au revenu permanent : CP=kYPC^P=kY^P. - Friedman

📌 À court terme, les composantes transitoires rendent instable la relation entre consommation totale et revenu courant ; à long terme, la composante permanente détermine une relation stable entre consommation et revenu permanents.

Compléments

📌 La consommation globale se décompose en une composante permanente et une composante transitoire : Ct=CtP+CtTC_t=C_t^P+C_t^T.

  • Friedman pose trois absences de corrélation :
    • entre revenu permanent et revenu transitoire
    • entre consommation permanente et consommation transitoire
    • entre revenu transitoire et consommation transitoire

📐 Formule - Pour une durée de vie supposée infinie, le revenu permanent annuel correspondant à une richesse WW est yP=rWy^P=rW.

  • À long terme, Friedman suggère que la propension moyenne, égale à la propension marginale, à consommer le revenu permanent est voisine de 1.

12. Nouvelle approche keynésienne

Notions clés & Définitions

  • Contrainte de liquidité : La contrainte de liquidité est l’impossibilité pour un individu d’emprunter des fonds, qui limite ses transferts de ressources au revenu présent épargné pour le futur.

★ À maîtriser

  • Les effets d’habitude font dépendre la consommation des niveaux de consommation passés et expliquent son évolution graduelle et prudente.

Compléments

  • La nouvelle économie keynésienne, née dans les années 1980, considère que des individus rationnels connaissent des déséquilibres persistants en raison notamment de la rigidité des prix et des salaires.

  • Sous contrainte de liquidité, les individus ne peuvent pas s’endetter et l’épargne est leur seul moyen de constituer un patrimoine à consommer ultérieurement.

  • En situation d’incertitude, l’épargne est considérée comme une sécurité permettant de maintenir une consommation minimale lorsque le revenu diminue, par exemple après une perte d’emploi.

Astuce mémo

Sans crédit, l’épargne seule transfère le revenu présent vers le futur

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Consommation et demande globale avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans une économie sans échanges avec l’étranger, le PIB est de 1 000 milliards d’euros, la consommation des ménages de 620 milliards et l’investissement privé de 180 milliards. Quel montant de dépenses publiques correspond à l’équilibre comptable ?

2. Une économie ouverte enregistre un PIB de 900 milliards d’euros, une consommation de 500 milliards, un investissement privé de 180 milliards et des dépenses publiques de 170 milliards. Quel est son solde d’exportations nettes à l’équilibre ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Consommation et demande globale avec 10 flashcards interactives.

À l’équilibre du marché des biens et services, à quoi la demande est-elle égale ?

À l’offre, en valeur comme en volume.

Que désigne la consommation finale des ménages ?

Les dépenses en biens et services destinés à satisfaire des besoins personnels et non productifs.

Comment l’analyse macroéconomique keynésienne explique-t-elle la consommation agrégée ?

Elle l’explique principalement par le revenu.

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