Fiche de révision : Croissance développement et politiques économiques

Plan du Cours

  1. Besoins, biens et choix économiques
  2. Définition et facteurs de production
  3. Mesure de la production et PIB
  4. Distribution et redistribution des revenus
  5. Revenu disponible et épargne
  6. Investissement et exportations
  7. Croissance économique et mesure
  8. Facteurs et moteurs de la croissance
  9. Croissance et niveau de vie
  10. Développement économique et indicateurs
  11. Développement durable et politiques
  12. Inégalités sociales et mesure
  13. Pauvreté et indicateurs
  14. Cohésion sociale et bien-être
  15. État et défaillances du marché
  16. Politiques économiques conjoncturelles
  17. Relance et politique de rigueur
  18. Politiques structurelles

Repères chronologiques

  1. 1945 à 1975Les Trente Glorieuses ont été une période de forte croissance qui a rapidement accru le PIB par habitant et le revenu moyen réel dans les pays développés.
  2. 1987Le concept de développement durable apparaît dans un rapport commandé par les Nations Unies à l’ancienne Première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland.
  3. 2001Le travail de recherche sur l’IBEE est repris dans un rapport de l’OCDE consacré au capital humain et au capital social.

1. Besoins, biens et choix économiques

Notions clés & Définitions

  • Besoin : Le constat d’un manque, d’une carence ou d’une insatisfaction accompagné du désir ou de la nécessité de le faire disparaître.
  • Économie : Edmond Malinvaud - La science qui étudie l’emploi des ressources rares pour satisfaire les besoins des hommes vivant en société et les opérations, institutions et activités qui facilitent la production, la distribution et la consommation (Leçons de théorie microéconomique, 1986).

★ À maîtriser

  • Les besoins physiologiques concernent notamment se nourrir, se loger et se vêtir, tandis que les besoins de civilisation apparaissent avec le progrès lorsque les besoins physiologiques sont satisfaits et peuvent être affectifs, culturels, sociaux, intellectuels ou spirituels.

  • Les biens et services libres sont surabondants, disponibles dans la nature sans transformation ni renoncement à d’autres biens, tandis que les biens et services économiques nécessitent un effort et une production entraînant des coûts en argent ou en temps.

  • Les biens et services de consommation finale satisfont directement les besoins, ceux de consommation intermédiaire servent à produire d’autres biens par incorporation, transformation ou destruction, et les biens de production servent à produire sans être détruits ni transformés.

Compléments

  • Les besoins sont illimités en nombre, se multiplient avec le progrès technologique, sont sociaux et culturels, varient selon les personnes et les époques, et leur intensité diminue à mesure qu’ils sont satisfaits.

  • Les biens et services économiques sont utiles, disponibles et rares, c’est-à-dire présents en quantité limitée.

  • La rareté oblige les agents à choisir comment satisfaire le plus de besoins possible en dépensant et en fournissant le moins d’efforts possible.

  • Les choix économiques portent sur : les biens à produire, les méthodes et moyens de production, la répartition des revenus issus de la production, l’utilisation des revenus pour satisfaire les besoins

  • La science économique observe et décrit les faits, puis interprète les phénomènes afin de construire des lois et des modèles et de guider l’action politique.

2. Définition et facteurs de production

Notions clés & Définitions

  • Production : L’acte par lequel les unités de production combinent des facteurs pour créer des biens et services destinés à satisfaire des besoins.
  • Travail : L’ensemble des capacités physiques et intellectuelles mobilisées par les hommes pour créer des biens et services capables de satisfaire leurs besoins.
  • Capital : Un bien produit dans le passé et utilisé pour produire d’autres biens dans le futur.
  • Population active : Les individus qui exercent ou déclarent chercher à exercer une activité rémunérée.

★ À maîtriser

📌 La production marchande est réalisée par des entreprises et la production non marchande par des administrations publiques ou privées, notamment les institutions sans but lucratif au service des ménages.

Compléments

  • Les administrations publiques comprennent les administrations centrales, locales et de sécurité sociale, tandis que les administrations privées comprennent notamment les associations, partis politiques et ONG.

  • La quantité de travail dépend du volume de la population active et de la durée du travail, tandis que sa qualité dépend de la qualification des travailleurs et de la productivité du travail.

📐 Formule - La productivité du travail est quantiteˊs produitesquantiteˊ de travail utiliseˊe\frac{\text{quantités produites}}{\text{quantité de travail utilisée}}.

📌 Le capital technique comprend le capital fixe, constitué de moyens durables de production, et le capital circulant, constitué de biens ou services utilisés dans un seul processus de production, incorporés aux produits ou consommés pendant le processus.

  • Le capital financier désigne la valeur des capitaux propres d’une entreprise et contribue au financement de son capital technique.

  • L’investissement matériel et immatériel, financé notamment par l’épargne intérieure et les investissements directs étrangers entrants, accroît la quantité de capital.

📐 Formule - La productivité du capital est valeur ajouteˊestock de capital fixe\frac{\text{valeur ajoutée}}{\text{stock de capital fixe}}.

3. Mesure de la production et PIB

Notions clés & Définitions

  • Valeur ajoutée : La contribution propre d’une unité productive à la création de richesse et correspond à la production diminuée des consommations intermédiaires.
  • Produit intérieur brut : Le résultat des activités productives des unités productrices résidentes d’un pays.
  • Chiffre d’affaires : Le prix de vente d’une unité de produit multiplié par le nombre d’unités vendues.

★ À maîtriser

📌 La production non marchande est évaluée au coût de production en travail et en capital, assimilé à une valeur ajoutée, tandis que la production marchande est évaluée au prix du marché.

📐 Formule - Le PIB est égal à ∑t=1nVAt+impoˆts sur les produits−subventions sur les produits\sum_{t=1}^{n} VA_t + \text{impôts sur les produits} - \text{subventions sur les produits}.

📌 Le PIB nominal est évalué aux prix de l’année courante, tandis que le PIB réel est calculé aux prix d’une année de base afin d’éliminer l’effet des variations de prix.

Compléments

  • Au niveau microéconomique, la production peut être mesurée physiquement ou en valeur.

  • La valeur de la production d’une entreprise sur une période correspond au chiffre d’affaires augmenté de la variation des stocks de produits finis.

  • Additionner les chiffres d’affaires des entreprises surestime la production totale, car les consommations intermédiaires seraient comptées plusieurs fois.

  • La production marchande totale est calculée en agrégeant les valeurs ajoutées des unités marchandes.

4. Distribution et redistribution des revenus

Notions clés & Définitions

  • Distribution des revenus : Leur répartition fonctionnelle selon la participation des agents au processus de production et elle forme les revenus primaires.
  • Redistribution des revenus : Une répartition personnelle fondée sur la situation des agents économiques et dont l’État est le pivot.

★ À maîtriser

📌 La redistribution verticale transfère du pouvoir d’achat entre les niveaux élevés et faibles de revenus et réduit les disparités, tandis que la redistribution horizontale transfère des ressources des personnes non exposées aux risques sociaux vers celles qui y sont exposées.

Compléments

  • Les ménages reçoivent des revenus : du travail salarié, du travail non salarié ou mixtes, du patrimoine sous forme de loyers, intérêts et dividendes

  • Les entreprises propriétaires du capital dégagent des excédents bruts d’exploitation, et les administrations publiques perçoivent des impôts et taxes sur les produits et les patrimoines.

  • Les risques sociaux comprennent : la santé (maladie, invalidité et accidents du travail), la vieillesse (préretraite et retraite), la dépendance, la maternité et la famille (y compris les aides au logement), l’emploi (chômage et inadaptation professionnelle), les risques divers

📌 La prise en charge collective des risques sociaux relève de la logique d’assurance associée à Bismarck ou de la logique d’assistance et de solidarité associée à Beveridge.

  • L’État finance les transferts sociaux par les prélèvements obligatoires, comprenant les impôts, les taxes et les cotisations sociales.

📌 Les transferts sociaux peuvent être monétaires, comme les bonifications d’intérêt, aides à l’investissement et subventions, ou en nature, comme les services publics et les consommations collectives en assurance chômage, santé et éducation.

5. Revenu disponible et épargne

★ À maîtriser

  • Le revenu disponible est égal aux revenus primaires plus les transferts sociaux moins les prélèvements obligatoires.

  • Le revenu disponible est utilisé pour la consommation et l’épargne, qui est la part du revenu non consommée.

  • Les ressources en biens et services d’une économie sont constituées du PIB et des importations et représentent l’offre globale.

  • Les emplois des ressources sont :

    • la consommation finale
    • l’investissement
    • les exportations

Compléments

📌 L’épargne des ménages comprend l’épargne non financière, notamment les acquisitions de logements et l’investissement des entrepreneurs individuels, ainsi que l’épargne financière thésaurisée ou placée contre rémunération.

  • Pour les entreprises, l’épargne correspond à leur capacité d’autofinancement des investissements.

  • Le PIB est égal à S+IPI+EBE+RM−SES + IPI + EBE + RM - SE, où S désigne la rémunération des salariés, IPI les impôts sur la production et les importations, EBE l’excédent brut d’exploitation, RM les revenus mixtes et SE les subventions à l’exploitation.

📌 La consommation finale comprend les dépenses directement effectuées par les ménages, la consommation individualisable de services non marchands et les consommations collectives non individualisables des administrations publiques et des institutions sans but lucratif au service des ménages.

  • La consommation collective couvre notamment :
    • le fonctionnement des services
    • les prestations sociales aux ménages
    • les aides aux entreprises
    • le service de la dette

📌 Selon la loi d’Engel, lorsque le revenu augmente, la part des dépenses alimentaires dans la dépense totale diminue. - E. Engel

6. Investissement et exportations

Notions clés & Définitions

  • Formation brute de capital fixe : Au niveau macroéconomique, l’investissement correspond aux acquisitions nettes d’actifs matériels ou immatériels issus de processus de production et utilisés dans d’autres processus productifs pendant au moins un an.
  • Exportation : L’emploi de biens et services consistant à les vendre à des non-résidents et à les faire sortir du territoire économique.
  • Investissement : Au niveau individuel, consentir un coût immédiat en échange d’un gain futur.
  • Amortissement : La mise en réserve de sommes par l’entreprise pour faire face à la dépréciation du capital due à l’usure et à l’obsolescence.

★ À maîtriser

📌 L’investissement brut comprend l’investissement de remplacement, ou amortissement, et l’investissement net qui forme du capital nouveau.

Compléments

  • La formation brute de capital fixe comprend : les biens destinés à être utilisés dans la production pendant au moins un an, les brevets, les achats de logiciels

📌 L’investissement de capacité accroît la production possible sans modifier la proportion capital-travail, tandis que l’investissement de productivité vise des gains de productivité à production égale en modifiant cette proportion.

📌 L’exportation est une dépense lorsqu’elle est considérée comme un mouvement réel de biens et services, tandis que sa contrepartie monétaire constitue une ressource en devises analysée par la balance des paiements.

7. Croissance économique et mesure

Notions clés & Définitions

  • Croissance économique : L’augmentation des richesses produites par un pays sur une période suffisamment longue, généralement accompagnée de changements de structures tels que l’industrialisation et l’urbanisation.

★ À maîtriser

📐 Formule - Le taux de croissance de l’économie en année t est PIBt−PIBt−1PIBt−1×100\frac{PIB_t-PIB_{t-1}}{PIB_{t-1}}\times 100, à partir du PIB réel.

Compléments

  • La croissance économique est un phénomène récent, très lent ou stagnant jusqu’à la révolution industrielle du XIXe siècle, puis accéléré depuis.

  • Depuis 1975, le rythme annuel de croissance s’est ralenti dans la plupart des économies occidentales, tandis que des économies émergentes comme la Chine et le Brésil connaissent des rythmes annuels élevés.

  • La croissance n’est pas linéaire et des chocs économiques peuvent déclencher des récessions et des crises caractérisées par un taux de croissance négatif.

8. Facteurs et moteurs de la croissance

Notions clés & Définitions

  • Progrès technique : Le résidu de croissance qui n’est pas expliqué par l’addition des taux de croissance du travail et du capital.
  • Destruction créatrice : Joseph Schumpeter - Le recul d’entreprises et de secteurs au profit des entreprises innovantes et des secteurs en expansion après des innovations majeures.

★ À maîtriser

📌 La croissance extensive provient de l’utilisation d’une plus grande quantité de capital et de travail, tandis que la croissance intensive résulte d’une hausse de la productivité des facteurs.

  • Les nouvelles théories de la croissance associent le progrès technique à quatre investissements :

    • capital physique (Romer, 1986)
    • recherche et développement (Romer, 1987)
    • capital humain (Lucas, 1988)
    • infrastructures (Barro, 1990)
  • Les moteurs de la croissance comprennent :

    • la consommation finale des ménages
    • la consommation finale des administrations
    • l’investissement en capital fixe
    • la variation des stocks
    • les exportations

Compléments

  • Selon Joseph Schumpeter, les innovations entrepreneuriales prennent la forme de :

    • produits nouveaux
    • procédés de fabrication nouveaux
    • méthodes d’organisation nouvelles
    • nouveaux marchés
  • Ces investissements sont des facteurs de croissance endogènes qui créent des externalités positives que le secteur privé ne peut entièrement prendre en charge.

  • L’État soutient la croissance endogène en : créant un environnement économique et institutionnel favorable à l’investissement, prenant directement en charge les infrastructures publiques, incitant à la formation, à la recherche et à l’innovation

  • La consommation des ménages dépend du pouvoir d’achat et de leur propension à consommer, tandis que la consommation des administrations dépend des décisions de l’État concernant les dépenses publiques.

  • L’investissement dépend de l’évolution de la demande, des profits réalisés et anticipés et de la capacité de financement des agents.

  • Les exportations dépendent de la compétitivité des produits nationaux et de la croissance du pouvoir d’achat des non-résidents.

9. Croissance et niveau de vie

Notions clés & Définitions

  • Niveau de vie : L’ensemble des biens et services qu’un individu peut se procurer avec le revenu dont il dispose.
  • PIB par habitant : Le PIB rapporté à la population totale d’un pays et mesure le revenu moyen d’un habitant.
  • Pouvoir d’achat : La quantité de biens et services qu’une personne peut acheter avec son revenu disponible.
  • Mode de vie : L’ensemble des manières de vivre d’un individu ou d’un groupe, déterminé par les conditions matérielles d’existence et les facteurs socioculturels qui façonnent les habitudes de consommation.
  • Qualité de vie : Le bien-être global, qui comprend les biens matériels ainsi que des éléments immatériels comme la qualité de l’environnement, la sécurité individuelle et collective et les libertés politiques et économiques.

★ À maîtriser

  • Le revenu disponible par ménage ne mesure pas à lui seul le niveau de vie effectif des individus, car celui-ci dépend aussi du nombre de personnes composant le ménage.

📌 Le PIB par habitant est un indicateur du niveau de vie, mais il ne tient pas compte de la répartition des richesses créées.

📐 Formule - Le taux d’augmentation du niveau de vie est égal au taux de croissance du PIB en volume par habitant : Taux d’augmentation du niveau de vie=Taux de croissance du PIB en volume par habitant\text{Taux d’augmentation du niveau de vie} = \text{Taux de croissance du PIB en volume par habitant}.

📌 Un taux de croissance négatif signifie que le PIB en volume diminue par rapport à l’année précédente, ce qui peut entraîner une hausse du chômage et une baisse du niveau de vie ; cette situation est appelée récession.

Compléments

  • L’évolution du pouvoir d’achat dépend de la croissance relative du revenu et de l’augmentation des prix des biens et services.

  • Les variations du PIB par habitant peuvent être causées par un effet démographique ou un effet revenu.

  • Les finalités de la croissance sont d’accroître la consommation des ménages et de leur permettre d’épargner davantage et de se constituer un patrimoine.

10. Développement économique et indicateurs

Notions clés & Définitions

  • Développement : Un ensemble de transformations qualitatives accompagnant une croissance durable et portant sur les structures économiques, sociales et culturelles d’un pays.
  • Indicateur de développement humain : Un indicateur développé par Amartya Sen qui prend en compte le niveau de vie, l’espérance de vie à la naissance et l’alphabétisation des adultes.
  • Indicateur de pauvreté humaine : Un indicateur qui mesure les privations ou exclusions fondamentales que peut supporter une partie de la population.

★ À maîtriser

📌 La croissance économique est le moyen du développement, qui en constitue la fin, et une croissance durable suppose un développement robuste.

Compléments

  • Le développement économique se traduit notamment par :

    • la hausse du taux d’alphabétisation
    • le développement du système de santé
    • la construction d’infrastructures
    • l’urbanisation
  • Les politiques de développement comprennent : l’aménagement du territoire et des infrastructures, la politique industrielle, la politique réglementaire, la politique de l’emploi

11. Développement durable et politiques

Notions clés & Définitions

  • Développement durable : Répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
  • Empreinte écologique : La pression humaine sur la nature, évaluée par la surface productive nécessaire à une population pour répondre à ses besoins de consommation de ressources et d’absorption des déchets.
  • PIB vert : Une manière d’exprimer le PIB plus justement en soustrayant les coûts liés à la dégradation de l’environnement et en ajoutant des activités non évaluées comme le bénévolat.

★ À maîtriser

  • La croissance économique peut produire des externalités négatives : la pollution, les nuisances, les gaspillages, la réduction de la biodiversité, la déforestation, l’épuisement des ressources non renouvelables comme le pétrole et le gaz naturel

  • Le développement durable comporte trois dimensions :

    • économique : lutte contre la pauvreté et réduction des déséquilibres régionaux
    • sociale : protection des droits fondamentaux et promotion de la parité entre les hommes et les femmes
    • écologique : protection de la biodiversité et promotion des énergies renouvelables
  • Les politiques de développement durable reposent sur la solidarité entre les personnes d’une même génération et entre générations, la précaution face aux dommages incertains pour l’environnement ou la santé, et la participation démocratique à la décision.

  • Les pouvoirs publics utilisent trois instruments :

    • la réglementation
    • la taxation
    • le marché des droits à polluer

Compléments

  • Dans un marché de droits à polluer, les pouvoirs publics distribuent gratuitement des droits échangeables aux entreprises ; les entreprises qui polluent moins peuvent vendre leurs droits à celles qui dépassent leur niveau autorisé, ce qui augmente les coûts des entreprises polluantes et procure un bénéfice aux autres.

📌 Le développement durable impose des contraintes aux entreprises et aux ménages, mais crée aussi des opportunités économiques, notamment de nouveaux marchés environnementaux et des incitations aux économies d’énergie.

Astuce mémo

Les externalités négatives de la croissance conduisent à rechercher un développement durable.

12. Inégalités sociales et mesure

Notions clés & Définitions

  • Inégalité sociale : Une différence entre personnes ou groupes qui conduit à un traitement avantageant certains par rapport à d’autres et traduit une hiérarchie sociale.
  • Courbe de Lorenz : La courbe de Lorenz représente les effectifs cumulés en pourcentage de la population et les revenus afin d’observer les inégalités de revenus ou de patrimoine.

★ À maîtriser

  • L’égalité renvoie à trois approches :

    • l’égalité des situations juridiques
    • l’égalité des chances par compensation des inégalités en amont du marché
    • l’égalité des situations, notamment de salaire, de revenus et de patrimoine
  • L’indice de Gini mesure l’inégalité des revenus ; plus sa valeur est proche de zéro, plus la répartition est égalitaire, et plus elle est proche de 100, plus les revenus sont inégalement répartis.

Compléments

  • Des différences deviennent des inégalités lorsque la société les valorise, notamment celles liées à :

    • l’âge
    • la profession
    • la situation matrimoniale
    • l’apparence physique
    • le niveau d’études
  • Les inégalités scolaires peuvent être mesurées en croisant l’origine sociale des parents avec les taux de réussite par diplôme ou en comparant les chances d’obtenir un diplôme entre les enfants de cadres et les enfants d’ouvriers.

📌 Les conceptions des inégalités opposent ceux qui acceptent les inégalités et jugent l’égalité source d’uniformité, d’inefficacité et de perte de liberté à ceux qui voient dans les inégalités une domination à corriger au nom de la justice.

13. Pauvreté et indicateurs

Notions clés & Définitions

  • Pauvreté : L’état d’une personne ou d’un ménage manquant de ressources matérielles ou non, de manière absolue ou relative, et pouvant conduire à sa marginalisation dans la société.
  • Pauvreté absolue : Les personnes qui ne disposent pas de ressources permettant de couvrir leurs besoins essentiels, comme se nourrir, se vêtir, se loger, se chauffer et faire subsister leur famille.
  • Pauvreté relative : Les individus ou familles dont les ressources sont si faibles qu’ils sont exclus des modes de vie minimaux acceptables, selon la définition de l’Union européenne.
  • Pauvreté humaine : Une conception qui intègre aux besoins fondamentaux l’alimentation, le vêtement et l’habitat, mais aussi la santé, l’éducation et l’accès à l’eau.
  • Pauvreté d’exclusion : Des privations matérielles ou de services sociaux associées à un processus de désintégration sociale, dans lequel le travail contribue aux moyens d’existence, au lien social et à l’identité sociale.
  • Indice de pauvreté multidimensionnelle : Un indice du PNUD, créé en 2010 sur la base de la théorie des capabilités développée par A. Sen, qui mesure la pauvreté selon plusieurs dimensions.

★ À maîtriser

  • La pauvreté relative est mesurée par un seuil de revenu disponible inférieur à 50 % ou 60 % du revenu disponible médian ou moyen, selon les statistiques et les pays.

Compléments

  • La pauvreté absolue s’évalue en monnaie à partir d’un minimum vital nécessaire par personne.

  • Retenir un seuil de pauvreté de 60 % plutôt que de 50 % du revenu de référence conduit à compter davantage de personnes pauvres.

Astuce mémo

Pauvreté absolue : besoins essentiels ; pauvreté relative : modes de vie minimaux acceptables.

14. Cohésion sociale et bien-être

Notions clés & Définitions

  • Cohésion sociale : La situation d’un groupe fortement solidaire et intégré, caractérisée par des buts communs, l’attraction entre ses membres et leur attachement au groupe.
  • Bien-être : L’ensemble des facteurs nécessaires à une bonne qualité de vie, à une existence tranquille et à un état de satisfaction.
  • Indicateur de bien-être économique : Un indicateur proposé par Lars Osberg et Andrew Sharpe pour mesurer l’évolution du bien-être et de la prospérité en faisant la moyenne de quatre indicateurs synthétiques.

★ À maîtriser

  • La cohésion sociale favorise l’intégration, c’est-à-dire la participation à un réseau de relations sociales qui confère une identité propre.

Compléments

  • Il n’existe pas d’indicateur mesurant directement la force ou la faiblesse de la cohésion sociale, mais des statistiques peuvent renseigner sur l’évolution des liens sociaux.

  • Les indicateurs indirects de cohésion sociale comprennent : la formation et la dissolution des couples, la création d’associations, les pratiques religieuses anciennes et nouvelles, les emplois précaires et le chômage, la délinquance et la criminalité

  • Le bien-être social est associé notamment à :

    • un emploi digne
    • des ressources économiques suffisantes
    • un logement
    • l’accès à l’éducation et à la santé
    • du temps pour les loisirs
  • L’État doit promouvoir le bien-être social par des politiques corrigeant les inégalités du marché, notamment la répartition des revenus et le développement de services sociaux gratuits et accessibles à tous.

  • Les quatre composantes de l’IBEE sont :

    • les flux de consommation courante
    • l’accumulation nette de stocks de ressources productives
    • la répartition des revenus, les inégalités et la pauvreté économique
    • le degré de sécurité ou d’insécurité économique

15. État et défaillances du marché

Notions clés & Définitions

  • État : Un ensemble d’institutions incarnant le pouvoir suprême de la nation et existant indépendamment des dirigeants politiques et des fonctionnaires qui le servent.
  • Externalité : Une situation dans laquelle l’action d’un agent économique a un impact sur un tiers ou un milieu sans compensation financière ; cet impact peut être positif ou négatif.
  • Bien public : Un bien public ou collectif peut être consommé simultanément par plusieurs personnes ; il est indivisible, car la consommation d’un individu ne réduit pas la quantité disponible pour les autres, et non excluable, car aucun mécanisme de prix ne permet d’en exclure un consommateur.

★ À maîtriser

📌 La doctrine libérale préconise une intervention minimale de l’État, limitée notamment à la stabilité monétaire et aux règles de concurrence, tandis que la doctrine keynésienne justifie une intervention plus directe pour rétablir les équilibres et lutter contre le chômage.

  • Les dysfonctionnements des marchés comprennent : l’insuffisance d’information, l’asymétrie d’information, les concentrations excessives pouvant créer un monopole ou un oligopole, les ententes visant à limiter la concurrence

Compléments

  • En tant que puissance publique, l’État détient le monopole de la violence légale et engage des politiques publiques dans les domaines économiques et sociaux.

📌 Le marché ne fournit pas suffisamment les biens publics, car aucune entreprise privée ne peut les produire avec profit et les consommateurs peuvent adopter un comportement de passager clandestin.

  • L’État assure la fourniture des biens publics, seul ou en partenariat avec un organisme privé, en faisant financer leur coût par la fiscalité.

  • Le cadre institutionnel sécurise les transactions par des règles visant une concurrence loyale, une information de qualité, la transparence des marchés, la traçabilité des produits et le contrôle des campagnes publicitaires.

  • L’État peut encourager les activités produisant des externalités positives par des exonérations fiscales ou des subventions, et contrôler les externalités négatives par la réglementation, des incitations fiscales ou la création d’un marché particulier comme celui du CO₂.

Astuce mémo

Le libéralisme limite l’intervention de l’État ; le keynésianisme la préconise pour rétablir les équilibres.

16. Politiques économiques conjoncturelles

Notions clés & Définitions

  • Politique économique : L’ensemble des décisions prises par l’État pour orienter l’activité économique et atteindre des objectifs économiques et sociaux.
  • Politique conjoncturelle : Une politique qui régule l’activité économique à court terme afin de garantir une croissance forte sans déséquilibres comme le chômage, l’inflation ou le déficit budgétaire.

★ À maîtriser

  • Une politique économique associe des finalités, des objectifs, des instruments et des outils de contrôle ; les finalités comprennent notamment l’amélioration du niveau et de la qualité de vie, la réduction des inégalités, la justice sociale et la solidarité nationale.

📌 Une politique conjoncturelle est procyclique lorsqu’elle amplifie l’évolution de la conjoncture et contracyclique lorsqu’elle cherche à contrer une évolution indésirable.

  • Le carré magique de Nicholas Kaldor, publié en 1971, synthétise les objectifs conjoncturels par le taux de croissance, le taux de chômage, le taux d’inflation et le solde de la balance commerciale.

  • La régulation conjoncturelle s’effectue au moyen de la politique budgétaire, qui mobilise le budget de l’État, et de la politique monétaire, qui agit notamment sur le taux d’intérêt.

Compléments

  • Les objectifs de la politique économique portent sur de grandes variables comme la croissance, l’emploi et l’inflation, tandis que ses instruments comprennent le budget de l’État et la monnaie en circulation.

  • Les politiques économiques sont contraintes par des cadres nationaux comme la loi de finances, régionaux comme l’UEMOA et internationaux comme l’OMC et le FMI, et peuvent être conjoncturelles ou structurelles.

  • Les objectifs conjoncturels sont : la croissance du PIB, le plein emploi, la stabilité des prix, l’équilibre des échanges et des paiements extérieurs

  • Il est difficile, voire impossible, d’atteindre simultanément les quatre objectifs du carré magique, car la croissance peut se faire au détriment de l’équilibre extérieur et le plein emploi au détriment de la stabilité des prix.

17. Relance et politique de rigueur

Notions clés & Définitions

  • Politique de relance : Une politique d’inspiration keynésienne qui stimule la demande globale afin de soutenir la croissance et de lutter contre le chômage lorsque la croissance est faible et le chômage élevé.
  • Politique de rigueur : Une politique d’inspiration libérale qui privilégie la lutte contre l’inflation et la réduction des déficits, quitte à freiner la croissance économique.

★ À maîtriser

  • Une politique budgétaire expansionniste augmente les dépenses publiques et réduit les impôts, ce qui accroît le revenu disponible et la consommation des ménages, puis la production des entreprises et l’emploi, tout en creusant le déficit budgétaire.

  • Une politique monétaire expansionniste réduit les taux d’intérêt, ce qui favorise les crédits et la masse monétaire, stimule les échanges et l’activité économique, puis l’emploi.

Compléments

  • Les politiques de relance soutiennent l’activité, le revenu des ménages et l’emploi, mais peuvent favoriser l’inflation et dégrader l’équilibre extérieur par l’augmentation des importations.

  • Une politique budgétaire restrictive recherche l’équilibre ou l’excédent du budget afin de limiter le poids de la dette publique.

  • Une politique monétaire restrictive limite le crédit et augmente les taux d’intérêt.

  • Les politiques de rigueur peuvent améliorer les prix, les équilibres extérieurs et les résultats des entreprises, mais dégrader l’emploi, le pouvoir d’achat des ménages et la production.

Astuce mémo

La relance stimule demande et emploi ; la rigueur combat inflation et déficits.

18. Politiques structurelles

Notions clés & Définitions

  • Politique structurelle : Les actions des pouvoirs publics visant à transformer le système économique, à améliorer son fonctionnement et à assurer durablement la croissance et la compétitivité à moyen et long terme.

★ À maîtriser

  • Les principales politiques structurelles nationales sont :
    • la politique industrielle
    • la politique énergétique
    • la politique de recherche et d’innovation
    • la politique de formation
    • la politique d’aménagement du territoire

Compléments

  • Les politiques structurelles nationales visent à accroître les capacités de production, orienter l’activité vers des secteurs d’avenir, renforcer la concurrence et mettre en place des autorités indépendantes de régulation.

  • Les politiques structurelles régionales visent à supprimer les obstacles économiques à la croissance et à améliorer le fonctionnement des marchés en renforçant la concurrence.

  • Au niveau européen, les domaines essentiels des politiques structurelles sont :

    • l’agriculture
    • la concurrence
    • le social
    • l’environnement
  • La politique agricole commune protège l’agriculture européenne, assure l’indépendance alimentaire de la zone et contribue à l’entretien du patrimoine naturel.

  • La politique européenne de concurrence défend les consommateurs et lutte contre les monopoles, les ententes et les abus de position dominante.

  • La politique européenne de l’environnement lutte contre la pollution, prévient les risques et protège la biodiversité.

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Teste tes connaissances sur Croissance développement et politiques économiques avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Après avoir satisfait ses besoins alimentaires et de logement, une personne cherche à rejoindre un club culturel pour échanger avec d’autres. À quelle catégorie appartient ce besoin ?

2. Une entreprise recueille gratuitement de l’eau de source disponible en abondance dans la nature, sans transformation ni renoncement à d’autres biens. Comment cette ressource est-elle classée ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Croissance développement et politiques économiques avec 10 flashcards interactives.

Qu’est-ce qu’un besoin ?

Le constat d’un manque accompagné du désir ou de la nécessité de le faire disparaître.

Qu’est-ce que la production ?

L’acte de combiner des facteurs pour créer des biens et services destinés à satisfaire des besoins.

Qui réalise la production marchande ?

Les entreprises.

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