Fiche de révision : Croissance, développement et politiques économiques

Plan du Cours

  1. Besoins et biens économiques
  2. Rareté et choix économiques
  3. Production et facteurs productifs
  4. Mesure de la production et du PIB
  5. Distribution et redistribution des revenus
  6. Ressources et composantes de la demande
  7. Croissance économique et ses moteurs
  8. Niveau de vie et pouvoir d’achat
  9. Développement économique et croissance
  10. Développement durable et politiques
  11. Inégalités et justice sociale
  12. Pauvreté et mesure de l’exclusion
  13. Cohésion sociale et bien-être
  14. État et défaillances du marché
  15. Fondements des politiques économiques
  16. Politiques conjoncturelles et stabilisation
  17. Politiques structurelles et transformation

1. Besoins et biens économiques

Notions clés & Définitions

  • Besoin : Constat d’un manque, d’une carence ou d’une insatisfaction, accompagné du désir ou de la nécessité de le faire disparaître.

★ À maîtriser

📌 Les besoins physiologiques répondent à des nécessités comme se nourrir, se loger et se vêtir, tandis que les besoins de civilisation apparaissent avec le progrès après la satisfaction des besoins physiologiques et peuvent être affectifs, culturels, sociaux, intellectuels ou spirituels.

  • Les besoins sont illimités en nombre, essentiellement sociaux et culturels, subjectifs car ils varient selon les époques et les personnes, et leur intensité diminue à mesure qu’ils sont satisfaits.

📌 Les biens et services libres sont disponibles dans la nature en abondance sans transformation ni renoncement à d’autres biens, tandis que les biens et services économiques nécessitent un effort, une production et des coûts en argent ou en temps.

Compléments

  • Les biens et services économiques sont utiles pour satisfaire un besoin, disponibles à l’acquisition et rares parce que leur quantité est limitée.

  • Les biens et services se classent en trois catégories :

    • consommation finale, qui satisfait directement les besoins
    • consommation intermédiaire, qui contribue à produire d’autres biens
    • production, qui permet de produire d’autres biens sans être détruite ni transformée

Astuce mémo

Besoin physiologique d’abord, besoin de civilisation ensuite

2. Rareté et choix économiques

Notions clés & Définitions

  • Économie : Leçons de théorie microéconomique, 1986 - Pour Edmond Malinvaud, l’économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont employées pour satisfaire les besoins des hommes vivant en société et s’intéresse à la production, à la distribution, à la consommation, ainsi qu’aux institutions et activités qui facilitent ces opérations.

★ À maîtriser

  • La rareté des biens et services économiques, dont la quantité est limitée face à des besoins illimités ou moins limités que les ressources, oblige les agents à effectuer des choix.

  • Les choix économiques concernent : les biens à produire, les méthodes de production, les moyens de production, la répartition du revenu issu de la production, l’utilisation des revenus pour satisfaire les besoins

Compléments

  • Le calcul économique vise à :

    • satisfaire le plus possible de besoins
    • dépenser le moins possible
    • effectuer le minimum d’efforts
  • La science économique observe et décrit les faits économiques, puis interprète les phénomènes pour élaborer des lois et des modèles susceptibles de guider l’action politique.

3. Production et facteurs productifs

Notions clés & Définitions

  • Production : Acte par lequel des unités de production combinent des facteurs pour créer des biens et des services destinés à satisfaire des besoins.
  • Travail : Ensemble des capacités physiques et intellectuelles des personnes mobilisées pour créer des biens et des services pouvant satisfaire leurs besoins.
  • Capital : Bien produit dans le passé qui sert à produire d’autres biens dans le futur.
  • Nature : Facteur de production comprenant notamment le sol et le sous-sol, l’eau et l’air, mobilisés dans la culture, l’élevage, l’extraction minière et la pêche.
  • Population active : Ensemble des individus qui exercent ou déclarent chercher à exercer une activité rémunérée.
  • Capital financier : Valeur des capitaux propres d’une entreprise, qui contribue au financement de son capital technique.

★ À maîtriser

📌 La production marchande est réalisée par des entreprises privées ou publiques, tandis que la production non marchande est réalisée par les administrations publiques et les administrations privées, aussi appelées institutions sans but lucratif au service des ménages.

📌 Le capital technique ou physique comprend les moyens de production et se divise en capital fixe, utilisé durablement, et capital circulant ou consommations intermédiaires, utilisé dans un seul processus de production par incorporation ou disparition.

Compléments

  • La quantité de travail disponible dépend du volume de la population active et de la durée du travail, tandis que sa qualité dépend du niveau de qualification des travailleurs et de la productivité du travail.

4. Mesure de la production et du PIB

Notions clés & Définitions

  • Valeur ajoutée : Contribution propre d’une unité productive à la création de richesse, égale à la production diminuée des consommations intermédiaires.
  • Produit intérieur brut : Mesure du résultat des activités productives des unités résidentes d’un pays, obtenue en additionnant les valeurs ajoutées et les impôts sur les produits, puis en soustrayant les subventions sur les produits.
  • Chiffre d’affaires : Prix de vente d’une unité de produit multiplié par la quantité vendue.

★ À maîtriser

  • Au niveau microéconomique, la production peut être mesurée physiquement ou en valeur ; la valeur de la production d’une entreprise sur une période correspond au chiffre d’affaires augmenté de la variation des stocks de produits finis.

  • La somme des chiffres d’affaires des entreprises ne mesure pas correctement la production marchande totale, car elle compte plusieurs fois les consommations intermédiaires.

📌 Le PIB nominal est évalué aux prix de l’année courante, tandis que le PIB réel ou en volume est calculé aux prix d’une année de base afin d’éliminer l’effet des variations de prix.

Compléments

📐 Formule - La valeur ajoutée est égale à la production diminuée des consommations intermédiaires : Valeur ajouteˊe=production−consommations intermeˊdiaires\text{Valeur ajoutée} = \text{production} - \text{consommations intermédiaires}.

  • La production non marchande est évaluée au coût de production en travail et en capital, assimilé à une valeur ajoutée, tandis que la production marchande est évaluée au prix du marché.

Astuce mémo

Valeur ajoutée plutôt que chiffre d’affaires pour éviter le double comptage

5. Distribution et redistribution des revenus

Notions clés & Définitions

  • Distribution des revenus : Répartition fonctionnelle fondée sur la participation de chaque agent au processus de production et formant les revenus primaires.
  • Redistribution des revenus : Répartition personnelle fondée sur la situation des agents économiques, dont l’État est le pivot.
  • Revenu disponible : Le revenu disponible est égal aux revenus primaires plus les transferts sociaux, moins les prélèvements obligatoires ; il sert à consommer et à épargner.
  • Épargne : Partie du revenu qui n’est pas consommée.

★ À maîtriser

📌 La redistribution verticale transfère du pouvoir d’achat entre le haut et le bas de l’échelle des revenus et réduit les disparités, tandis que la redistribution horizontale transfère des personnes non exposées aux risques sociaux vers celles qui y sont exposées.

  • L’État prélève des impôts, des taxes et des cotisations sociales, puis utilise ces prélèvements obligatoires pour verser des transferts sociaux monétaires ou en nature aux bénéficiaires.

Compléments

  • Les ménages reçoivent : des revenus du travail salarié, des revenus du travail non salarié ou mixtes, des revenus du patrimoine tels que les loyers, les intérêts et les dividendes

  • Les entreprises propriétaires du capital dégagent des excédents bruts d’exploitation, tandis que les administrations publiques perçoivent des impôts et taxes sur les produits et les patrimoines.

  • Les risques sociaux concernent : la santé, notamment la maladie, l’invalidité et les accidents du travail, la vieillesse, notamment la préretraite et la retraite, la dépendance, la maternité et la famille, y compris les aides au logement, l’emploi, notamment le chômage et l’inadaptation professionnelle, les risques divers

📌 La prise en charge collective des risques sociaux suit soit une logique d’assurance associée à Bismarck, soit une logique d’assistance ou de solidarité associée à Beveridge.

Astuce mémo

Distribution selon la production, redistribution selon la situation personnelle

6. Ressources et composantes de la demande

Notions clés & Définitions

  • Investissement : Au niveau individuel, investir consiste à consentir un coût immédiat en échange d’un gain futur ; au niveau macroéconomique, l’investissement correspond à la formation brute de capital fixe.
  • Formation brute de capital fixe : Acquisitions d’actifs corporels ou incorporels issus de processus de production et utilisés dans d’autres processus productifs pendant au moins un an.
  • Exportation : Emploi de biens et services correspondant à leur sortie du territoire économique vers des non-résidents ; sa contrepartie monétaire constitue une ressource en devises.

★ À maîtriser

  • Les ressources en biens et services d’une économie sont constituées par le PIB et les importations et représentent l’offre globale.

  • Les emplois des ressources sont :

    • la consommation finale
    • l’investissement
    • les exportations

📌 L’investissement de remplacement maintient le capital existant et correspond à l’amortissement, tandis que l’investissement net forme du capital nouveau.

Compléments

📌 La consommation finale des ménages comprend leurs achats directs de biens et services marchands ainsi que la part des services non marchands individualisables d’éducation, de santé, de sécurité, de logement, de culture ou de sport qui reste à leur charge.

  • Les consommations collectives regroupent les dépenses en services non marchands non individualisables liées au fonctionnement des administrations, comme la défense ou l’administration générale, et non les prestations sociales, les aides aux entreprises ou le service de la dette.

  • Selon la loi d’Engel, lorsque le revenu augmente, la part des dépenses alimentaires dans la dépense totale diminue. - E. Engel

📌 L’investissement de capacité augmente la production possible sans modifier la proportion capital-travail, tandis que l’investissement de productivité cherche à produire autant avec moins de facteurs et modifie cette proportion.

7. Croissance économique et ses moteurs

Notions clés & Définitions

  • Croissance économique : Augmentation des richesses produites par un pays sur une période suffisamment longue, souvent accompagnée de changements de structure tels que l’industrialisation et l’urbanisation.
  • Progrès technique : Le progrès technique est le résidu de la croissance qui n’est pas expliqué par l’addition des taux de croissance du travail et du capital ; selon Joseph Schumpeter, il provient des innovations mises en œuvre par les entrepreneurs.
  • Destruction créatrice : Joseph Schumpeter, 1883-1950 - Phénomène par lequel des entreprises disparaissent au profit d’entreprises innovantes, tandis que certains secteurs se développent et que d’autres déclinent.

★ À maîtriser

📐 Formule - Le taux de croissance économique est le taux de variation du PIB réel : Taux de croissance=PIBt−PIBt−1PIBt−1×100\text{Taux de croissance} = \frac{\text{PIB}_t - \text{PIB}_{t-1}}{\text{PIB}_{t-1}} \times 100.

📌 La croissance extensive provient de l’utilisation d’une plus grande quantité de capital et de travail, tandis que la croissance intensive résulte d’une hausse de la productivité des facteurs.

  • Les nouvelles théories de la croissance identifient quatre investissements comme facteurs de croissance endogènes :

    • le capital physique, associé à Romer (1986)
    • la recherche et développement, associée à Romer (1987)
    • le capital humain, associé à Lucas (1988)
    • les infrastructures, associées à Barro (1990)
  • Les moteurs de la croissance comprennent : la consommation finale des ménages, dépendant du pouvoir d’achat et de leur propension à consommer, la consommation finale des administrations, dépendant des décisions de dépenses publiques, l’investissement en capital fixe, dépendant de la demande, des profits réalisés et anticipés et des capacités, la variation des stocks, les exportations, dépendant de la compétitivité et du pouvoir d’achat des non-résidents

Compléments

  • La croissance économique, très lente ou stagnante jusqu’à la révolution industrielle du XIXe siècle, s’est accélérée depuis ; la forte croissance des Trente Glorieuses, de 1945 à 1975, a accru rapidement le PIB par habitant et le revenu moyen réel dans les pays développés.

  • Depuis 1975, le rythme annuel de croissance s’est ralenti dans la plupart des économies occidentales, tandis que des économies émergentes comme la Chine ou le Brésil connaissent des rythmes annuels élevés.

  • Selon Joseph Schumpeter, les innovations peuvent concerner :

    • des produits nouveaux
    • de nouveaux procédés de fabrication
    • de nouvelles méthodes d’organisation
    • le développement de nouveaux marchés
  • Les investissements en capital physique, en recherche et développement, en capital humain et en infrastructures créent des externalités positives qui ne peuvent pas être entièrement prises en charge par le secteur privé, ce qui justifie l’intervention de l’État.

  • L’État peut soutenir la croissance en : créant un environnement économique et institutionnel favorable à l’investissement, prenant directement en charge les infrastructures publiques, mettant en place des incitations à la formation, à la recherche et à l’innovation

Astuce mémo

Innovations → destruction créatrice → renouvellement des secteurs

8. Niveau de vie et pouvoir d’achat

Notions clés & Définitions

  • Niveau de vie : Ensemble des biens et services qu’un individu peut se procurer avec le revenu dont il dispose, en tenant compte notamment de l’accès aux soins, à l’éducation et à Internet.
  • Pouvoir d’achat : Quantité de biens et services qu’il est possible d’acheter avec le revenu disponible.
  • Mode de vie : L’ensemble des manières de vivre d’un individu ou d’un groupe, déterminé par les conditions matérielles d’existence et les facteurs socioculturels qui façonnent les habitudes de consommation.
  • PIB par habitant : Égal au PIB rapporté à la population totale d’un pays, il mesure le revenu moyen d’un habitant sans tenir compte de la répartition des richesses créées.
  • Récession : Une situation où le taux de croissance est négatif, associée à une hausse du chômage et à une baisse du niveau de vie de la population.
  • Qualité de vie : Le bien-être global des individus, incluant les biens matériels ainsi que des éléments immatériels comme l’environnement, la sécurité et les libertés politiques et économiques.

★ À maîtriser

📐 Formule - Le taux d’augmentation du niveau de vie correspond au taux de croissance du PIB en volume par habitant : Taux d’augmentation du niveau de vie=Taux de croissance du PIB en volume par habitant\text{Taux d’augmentation du niveau de vie}=\text{Taux de croissance du PIB en volume par habitant}.

Compléments

  • L’évolution du pouvoir d’achat dépend de la croissance relative du revenu et de l’augmentation des prix des biens et services.

  • Le revenu disponible par ménage ne mesure pas à lui seul le niveau de vie effectif des individus, car celui-ci dépend du nombre de personnes composant le ménage.

  • Les variations du PIB par habitant d’une année à l’autre peuvent être causées par un effet démographique ou un effet revenu.

  • Les finalités de la croissance sont d’accroître la consommation des ménages et de leur permettre d’épargner davantage et de se constituer un patrimoine.

Astuce mémo

Niveau de vie : accès aux biens et services ; pouvoir d’achat : quantité achetable avec le revenu

9. Développement économique et croissance

Notions clés & Définitions

  • Développement : Un ensemble de transformations qualitatives accompagnant une croissance durable et faisant évoluer les structures économiques, sociales et culturelles d’un pays.

★ À maîtriser

  • Les indicateurs usuels sont :
    • le PIB par habitant
    • l’indicateur de développement humain (IDH)
    • l’indicateur de pauvreté humaine (IPH)

📌 Le développement est une fin dont la croissance économique est le moyen, et une croissance durable ne peut s’installer que si elle repose sur un développement robuste.

Compléments

  • Le développement économique se traduit notamment par :

    • la hausse du taux d’alphabétisation
    • le développement du système de santé
    • la construction d’infrastructures
    • l’urbanisation
  • L’IDH, développé par Amartya Sen, prend en compte le niveau de vie, l’espérance de vie à la naissance et l’alphabétisation des adultes.

  • L’IPH mesure les privations ou exclusions fondamentales que peut supporter une partie de la population.

  • Les politiques de développement comprennent : l’aménagement du territoire et les infrastructures, la politique industrielle, la politique réglementaire, la politique de l’emploi

📌 La mise en œuvre des politiques de développement dépend des caractéristiques initiales des pays et de leur évolution dans le temps.

Astuce mémo

La croissance est un moyen ; le développement, une fin.

10. Développement durable et politiques

Notions clés & Définitions

  • Développement durable : Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
  • Empreinte écologique : La pression exercée par l’homme sur la nature, évaluée par la surface productive nécessaire à une population pour répondre à ses besoins de consommation de ressources et d’absorption des déchets.
  • PIB vert : Les PIB verts visent à exprimer le PIB plus justement en soustrayant les coûts liés à la dégradation de l’environnement et en ajoutant les activités non évaluées, comme le bénévolat.

★ À maîtriser

  • Les externalités négatives de la croissance comprennent : la pollution, les nuisances, les gaspillages, la réduction de la biodiversité, la déforestation, l’épuisement des ressources non renouvelables, comme le pétrole et le gaz naturel

  • Le développement durable comporte trois dimensions :

    • économique
    • sociale
    • écologique
  • Ces politiques reposent sur trois principes :

    • la solidarité
    • la précaution
    • la participation

📌 Le principe de précaution conduit à s’abstenir d’une action lorsque les connaissances scientifiques disponibles ne permettent pas d’écarter un dommage pour l’environnement ou la santé humaine.

  • Les pouvoirs publics utilisent trois instruments :
    • la réglementation
    • la taxation
    • le marché des droits à polluer

Compléments

  • Le concept de développement durable est apparu en 1987 dans un rapport commandé par les Nations Unies à l’ancienne Première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland.

  • La dimension économique du développement durable comprend la lutte contre la pauvreté et la réduction des déséquilibres régionaux.

  • La dimension sociale du développement durable comprend la protection des droits fondamentaux et la promotion de la parité entre les hommes et les femmes.

  • La dimension écologique du développement durable comprend la protection de la biodiversité et la promotion des énergies renouvelables.

📌 Le principe de participation exige que le développement prenne en compte l’avis de chacun en s’appuyant sur des organisations représentatives et démocratiques.

  • Sur le marché des droits à polluer, les pouvoirs publics distribuent gratuitement des droits échangeables aux entreprises : celles qui polluent moins peuvent vendre leurs droits à celles qui dépassent le niveau de pollution autorisé par leurs droits.

📌 Le développement durable impose aux entreprises et aux ménages des contraintes, mais crée aussi des opportunités, notamment de nouveaux marchés environnementaux et des incitations aux économies d’énergie.

  • Pour les entreprises, les contraintes citées comprennent le respect des normes environnementales, l’obligation de recyclage et les écotaxes, tandis que les opportunités comprennent les marchés du solaire, de l’éolien et de la géothermie.

Astuce mémo

Les externalités négatives de la croissance → la nécessité de limiter ses impacts.

11. Inégalités et justice sociale

Notions clés & Définitions

  • Inégalité sociale : Une inégalité sociale existe lorsque des traitements différents avantagent une personne ou un groupe par rapport à un autre et traduisent ainsi une hiérarchie sociale.

★ À maîtriser

  • Les approches de l’égalité comprennent : l’égalité des situations juridiques, l’égalité des chances, l’égalité des situations en matière de salaires, de revenus ou de patrimoines

  • L’indice de Gini mesure l’inégalité des revenus : plus sa valeur est proche de zéro, plus leur répartition est égalitaire, et plus elle est proche de 100, plus leur répartition est inégale.

📌 Certains considèrent les inégalités acceptables et estiment que l’égalité peut entraîner uniformité, inefficacité et perte de liberté, tandis que d’autres voient dans les inégalités une domination à limiter au nom de la justice.

Compléments

  • Un salaire inférieur des femmes par rapport aux hommes constitue une inégalité lorsqu’il leur donne moins de pouvoir d’achat et de prestige social et valorise davantage le travail des hommes.

  • Les différences d’âge, de profession, de situation matrimoniale, d’apparence physique et de niveau d’études deviennent des inégalités lorsque la société leur confère de l’importance et valorise certaines caractéristiques.

  • Des femmes ou des travailleurs d’origine étrangère peuvent être désavantagés dans l’accès aux postes à responsabilité à diplôme égal.

  • Amartya Sen (prix Nobel 1998) pose la question « l’égalité de quoi ? », et le choix des critères d’égalité relève de la justice sociale. - Amatya Sen

  • La courbe de Lorenz représente les effectifs cumulés en pourcentage de la population et les revenus cumulés.

  • Les inégalités d’accès aux diplômes peuvent être étudiées en croisant l’origine sociale des parents avec les taux de réussite par diplôme ou en comparant les chances des fils de cadres et des fils d’ouvriers.

  • Les inégalités entre hommes et femmes peuvent être observées en comparant, par exemple, la proportion de femmes et d’hommes parmi les cadres dirigeants des grandes entreprises privées.

12. Pauvreté et mesure de l’exclusion

Notions clés & Définitions

  • Pauvreté : L’état d’une personne ou d’un ménage manquant de ressources matérielles ou non, de manière absolue ou relative, et pouvant être marginalisé par rapport au groupe ou à la société.
  • Pauvreté absolue : La pauvreté absolue concerne les personnes qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour couvrir leurs besoins essentiels, comme se nourrir, se vêtir, se loger, se chauffer et faire subsister leur famille.
  • Pauvreté relative : Selon l’Union Européenne, la pauvreté relative concerne les personnes ou familles dont les ressources matérielles, culturelles et sociales sont si faibles qu’elles sont exclues des modes de vie minimaux acceptables.
  • Pauvreté humaine : La pauvreté humaine ou en conditions de vie prend en compte, en plus de l’alimentation, du vêtement et de l’habitat, la santé, l’éducation et l’accès à l’eau, ainsi que des indicateurs tels que les retards de loyer et l’équipement insuffisant du logement.
  • Pauvreté d’exclusion : La pauvreté d’exclusion désigne les privations matérielles ou de services sociaux et un processus de désintégration sociale, dans lequel le travail est un moyen d’existence et un vecteur de lien et d’identité sociales.

★ À maîtriser

📌 La pauvreté monétaire concerne les personnes dont le revenu ou les dépenses sont inférieurs à un seuil de pauvreté, tandis que la pauvreté en conditions de vie porte sur les privations touchant des besoins fondamentaux.

📌 La pauvreté relative est mesurée par un seuil de revenu disponible inférieur à 50 % ou 60 % du revenu disponible médian ou moyen, selon les statistiques et les pays.

Compléments

📌 La pauvreté absolue s’évalue en monnaie comme un minimum vital nécessaire par personne.

  • Le seuil de pauvreté fixé à 60 % du revenu de référence identifie davantage de pauvres que le seuil fixé à 50 %.

  • La pauvreté non monétaire se mesure à l’aide d’indicateurs portant notamment sur le logement, l’accès à la culture et l’accès aux infrastructures de garde d’enfants.

  • L’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) du PNUD a été créé en 2010 sur la base de la théorie des capabilités développée par A. Sen (prix Nobel 1998).

Astuce mémo

Pauvreté absolue : besoins essentiels ; pauvreté relative : modes de vie minimaux acceptables.

13. Cohésion sociale et bien-être

Notions clés & Définitions

  • Cohésion sociale : La situation d’un groupe fortement solidaire et intégré, caractérisée par des buts communs, l’attraction entre ses membres et leur attachement au groupe.
  • Bien-être : L’ensemble des facteurs dont une personne a besoin pour jouir d’une bonne qualité de vie, d’une existence tranquille et d’un état de satisfaction.

★ À maîtriser

  • Il n’existe pas d’indicateur mesurant directement la force ou la faiblesse de la cohésion sociale, mais des statistiques peuvent renseigner sur l’évolution des liens sociaux.

  • L’indicateur de bien-être économique (IBEE), proposé par Lars Osberg et Andrew Sharpe, est construit en faisant la moyenne de quatre indicateurs synthétiques portant sur la consommation, l’accumulation des ressources productives, la répartition des revenus et la sécurité économique.

Compléments

  • La cohésion sociale favorise l’intégration, c’est-à-dire la participation à un réseau de relations sociales qui confère aussi une identité propre.

  • Les indicateurs indirects peuvent porter sur : la formation et la dissolution des couples, la création d’associations, les pratiques religieuses anciennes et nouvelles, les emplois précaires et le chômage, la délinquance et la criminalité

  • Les enjeux de cohésion sociale interrogent la compatibilité entre discipline et normes communes, d’une part, et liberté, autonomie, individualisme et conflits sociaux, d’autre part.

  • Le bien-être social est associé à :

    • un emploi digne
    • des ressources économiques suffisantes
    • un logement
    • l’accès à l’éducation et à la santé
    • du temps pour les loisirs
  • Dans l’exemple donné, une famille de quatre personnes ayant besoin de 1 968 000 FCFA par mois pour ses besoins de base éprouve de grandes difficultés à atteindre le bien-être social si son revenu mensuel est de 984 000 FCFA, soit la moitié de ce montant.

📌 L’État doit promouvoir le bien-être social en corrigeant les inégalités du marché capitaliste, notamment par la répartition des revenus et le développement de services sociaux libres et gratuits.

  • La généralisation du bien-être social suppose l’existence de richesses permettant de financer les dépenses de l’État, et les gouvernements doivent également assurer la génération de richesses.

  • Lars Osberg et Andrew Sharpe ont appliqué leur méthode à six pays de l’OCDE — États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Norvège et Suède — mais pas à la France en raison de données indisponibles sur les inégalités.

  • Le rapport de l’OCDE publié en 2001 et consacré au capital humain et au capital social a repris les travaux sur l’IBEE.

14. État et défaillances du marché

Notions clés & Définitions

  • État : Un ensemble d’institutions incarnant le pouvoir suprême de la nation et existant indépendamment des responsables politiques et des fonctionnaires qui le servent.
  • Externalité : Une externalité est une situation dans laquelle l’action d’un agent économique affecte un tiers ou un milieu sans compensation financière ; elle est positive si l’impact est bénéfique et négative s’il s’agit d’un dommage.
  • Bien public : Un bien public ou collectif est un bien susceptible d’être consommé par plusieurs consommateurs en même temps ; il est indivisible et non excluable.
  • Asymétrie d’information : Une situation où les acheteurs connaissent mal la qualité d’un bien et où un prix élevé ne garantit donc pas sa qualité, ce qui peut réduire la confiance et les échanges.
  • Concentration : Un regroupement d’entreprises concurrentes visant à réduire le nombre de concurrents sur un marché et pouvant conduire à un monopole ou à un oligopole.
  • Entente : Un arrangement entre entreprises concurrentes destiné à limiter ou éliminer la concurrence afin d’augmenter les prix et les bénéfices des entreprises participantes.

★ À maîtriser

📌 Les dysfonctionnements de marché décrits concernent l’information et le comportement des offreurs, tandis que les défaillances de marché concernent les externalités et les biens publics.

  • Les dysfonctionnements des marchés comprennent :
    • l’insuffisance d’information
    • l’asymétrie d’information
    • les concentrations excessives
    • les ententes entre entreprises concurrentes

Compléments

  • En tant que puissance publique, l’État détient le monopole de la violence légale et engage des politiques publiques économiques et sociales dans une économie de marché.

  • Un bien public est indivisible lorsque la consommation d’un individu ne réduit pas la quantité disponible pour les autres, et non excluable lorsqu’il est impossible d’en interdire l’accès par un mécanisme de prix.

  • Le marché ne fournit pas correctement les biens publics parce que leur production privée n’est pas rentable et que les consommateurs peuvent se comporter en passagers clandestins.

📌 L’État prend en charge la fourniture des biens publics, seul ou en partenariat avec un organisme privé, et en fait supporter le coût à la collectivité par la fiscalité.

  • Le cadre institutionnel vise à :

    • promouvoir une concurrence loyale
    • garantir la qualité de l’information
    • assurer la transparence des marchés
    • établir la traçabilité des produits
    • contrôler les campagnes publicitaires
  • Pour corriger les défaillances du marché, l’État peut encourager les externalités positives par des exonérations fiscales et des subventions, et contrôler les externalités négatives par la réglementation, les incitations fiscales ou un marché particulier comme celui du CO₂.

Astuce mémo

Dysfonctionnements : information et comportements des offreurs ; défaillances : externalités et biens publics.

15. Fondements des politiques économiques

Notions clés & Définitions

  • Politique économique : L’ensemble des décisions prises par l’État pour orienter l’activité économique vers des objectifs économiques et sociaux.

★ À maîtriser

📌 La doctrine libérale préconise une intervention minimale de l’État limitée notamment à la stabilité monétaire et aux règles de concurrence, tandis que la doctrine keynésienne défend une intervention plus directe pour rétablir les équilibres économiques et lutter contre le chômage.

  • Une politique économique comprend :
    • des finalités
    • des objectifs
    • des instruments
    • des outils de contrôle

Compléments

  • Les finalités comprennent :

    • l’amélioration du niveau de vie
    • l’amélioration de la qualité de vie
    • la réduction des inégalités
    • la justice sociale
    • la solidarité nationale
  • Les objectifs sont des étapes vers les finalités et portent sur des variables comme la croissance, l’emploi et l’inflation.

  • Le budget de l’État et la monnaie en circulation sont les deux instruments utilisés de manière coordonnée par les institutions publiques.

📌 Les résultats des politiques économiques doivent être évalués au regard des objectifs fixés.

  • Les politiques économiques sont soumises à des contraintes nationales comme la loi de finances, régionales comme l’UEMOA et internationales comme l’OMC et le FMI.

Astuce mémo

Libéralisme : intervention minimale ; keynésianisme : intervention directe et permanente.

16. Politiques conjoncturelles et stabilisation

Notions clés & Définitions

  • Politique conjoncturelle : Une politique qui vise à réguler l’activité économique à court terme afin de soutenir la croissance sans déséquilibres tels que le chômage, l’inflation ou le déficit budgétaire.
  • Politique de relance : La politique de relance, d’inspiration keynésienne, cherche à stimuler la croissance et à lutter contre le chômage en accroissant la demande globale lorsque la croissance est faible et le chômage élevé.
  • Politique de rigueur : La politique de rigueur ou de stabilisation, d’inspiration libérale, privilégie la lutte contre l’inflation et la réduction des déficits, souvent au prix d’un ralentissement de la croissance.

★ À maîtriser

📌 Une politique conjoncturelle est procyclique lorsqu’elle agit dans le sens de la conjoncture pour l’amplifier, et contracyclique lorsqu’elle cherche à contrer une évolution conjoncturelle indésirable.

  • Les objectifs sont : la croissance du PIB, le plein emploi, la stabilité des prix, l’équilibre des échanges et des paiements extérieurs
  • Le carré magique regroupe : (Nicholas Kaldor, 1971) :

    • le taux de croissance
    • le taux de chômage
    • le taux d’inflation
    • le solde de la balance commerciale
  • Une politique budgétaire expansionniste augmente les dépenses publiques et réduit les impôts, ce qui accroît le revenu disponible et la consommation des ménages, puis la production des entreprises et l’emploi, au prix d’un déficit budgétaire accru.

Compléments

  • Le carré magique est dit magique parce qu’il est difficile, voire impossible, d’atteindre simultanément ses quatre objectifs ; la croissance peut se faire au détriment de l’équilibre extérieur et le plein emploi au détriment de la stabilité des prix.

  • Plus la surface du quadrilatère formé par les statistiques d’un pays s’éloigne de la surface théorique du carré magique, plus sa situation économique se détériore.

  • La régulation conjoncturelle s’effectue au moyen de la politique budgétaire, qui agit par le budget de l’État, et de la politique monétaire, qui agit notamment par le taux d’intérêt.

  • Une politique monétaire expansionniste baisse les taux d’intérêt, ce qui rend le financement moins coûteux et stimule les crédits, les échanges et l’activité économique.

  • Les politiques de relance peuvent soutenir l’activité, le revenu des ménages et l’emploi, mais aussi favoriser l’inflation et dégrader l’équilibre extérieur par la hausse des importations.

  • Une politique budgétaire restrictive recherche l’équilibre ou l’excédent du budget afin de limiter le poids de la dette publique.

  • Une politique monétaire restrictive limite le crédit et augmente les taux d’intérêt.

  • Les politiques de rigueur peuvent améliorer les prix, les équilibres extérieurs et les résultats des entreprises, mais dégrader l’emploi, le pouvoir d’achat et la production.

Astuce mémo

Relance : stimuler la demande ; rigueur : freiner les déséquilibres.

17. Politiques structurelles et transformation

Notions clés & Définitions

  • Politique structurelle : La politique structurelle regroupe les actions publiques qui transforment le système économique pour en améliorer le fonctionnement et soutenir durablement la croissance et la compétitivité à moyen et long terme.

★ À maîtriser

  • Les principales politiques structurelles nationales concernent :
    • la politique industrielle
    • la politique énergétique
    • la politique de recherche et d’innovation
    • la politique de formation
    • la politique d’aménagement du territoire

Compléments

  • Les politiques structurelles nationales visent à accroître les capacités de production, orienter l’activité vers des secteurs d’avenir, renforcer la concurrence et créer des autorités indépendantes de régulation.

  • La politique agricole commune (PAC) vise à protéger l’agriculture européenne, assurer l’indépendance alimentaire de la zone et entretenir le patrimoine naturel.

  • La politique européenne de concurrence défend les intérêts des consommateurs et lutte contre les monopoles, les ententes et les abus de position dominante.

  • La politique sociale européenne vise à éviter l’harmonisation par le bas des taux d’imposition et des cotisations sociales.

  • La politique européenne de l’environnement vise à lutter contre la pollution, prévenir les risques et protéger la biodiversité.

Tableaux de synthèse

Mesures et formes de la production

NotionBase de mesureCaractéristique
Production marchandePrix du marchéLa valeur ajoutée agrégée mesure la production totale
Production non marchandeCoût de productionLe coût du travail et du capital est assimilé à une valeur ajoutée
PIB nominalPrix de l’année couranteInclut l’effet des variations de prix
PIB réelPrix d’une année de baseÉlimine l’effet des variations de prix

Types d’investissement net

TypeObjectifCombinaison productive
Investissement de capacitéAccroître la capacité de productionProportion capital-travail inchangée
Investissement de productivitéProduire autant avec moins de facteursProportion capital-travail modifiée

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Croissance, développement et politiques économiques avec 48 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Un ménage dispose d’un budget limité face à plusieurs besoins et doit choisir ses achats. Concernant cette situation :

2. Une collectivité décide quels biens produire, comment répartir les revenus créés et comment les ménages les utiliseront. Parmi les propositions suivantes, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Croissance, développement et politiques économiques avec 97 flashcards interactives.

Qu’est-ce qu’un besoin ?

Le constat d’un manque accompagné du désir ou de la nécessité de le faire disparaître.

À quelles nécessités répondent les besoins physiologiques ?

Se nourrir, se loger et se vêtir.

Quand les besoins de civilisation apparaissent-ils ?

Avec le progrès, après la satisfaction des besoins physiologiques.

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