QCM : Financement et système financier marocain — 45 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi la monnaie est-elle considérée comme une institution sociale, juridique et souveraine plutôt que comme un simple outil technique ?

Parce qu’elle fonctionne grâce à la seule valeur matérielle de son support
Parce qu’elle sert d’abord à mesurer la richesse naturelle d’un territoire
Parce qu’elle repose sur la confiance d’une communauté politique et organise les règlements
Parce qu’elle dépend principalement des décisions individuelles des commerçants

Parce qu’elle repose sur la confiance d’une communauté politique et organise les règlements

Explication

La monnaie est une institution parce qu’elle est reconnue, garantie et utilisée par une communauté politique dans un cadre social et juridique. La valeur matérielle du support ne suffit pas à expliquer la monnaie contemporaine.

2. Quelle association décrit correctement les trois dimensions de la confiance monétaire ?

Valeur du métal ; concurrence bancaire ; préférence individuelle pour l’épargne
Fiscalité publique ; croissance économique ; circulation internationale des capitaux
Routine des échanges ; garantie de la banque centrale ; adhésion aux valeurs collectives
Innovation technologique ; contrôle des prix ; rentabilité des établissements financiers

Routine des échanges ; garantie de la banque centrale ; adhésion aux valeurs collectives

Explication

La confiance monétaire combine une dimension méthodique liée aux pratiques et infrastructures, une dimension hiérarchique garantie par la banque centrale et une dimension éthique liée aux valeurs communes. La valeur métallique et la rentabilité bancaire ne constituent pas ces trois dimensions.

3. Quelle fonction de la monnaie permet d’exprimer les prix et de comparer la valeur de biens différents ?

L’unité de compte
Le financement de la production
L’intermédiaire des échanges
La réserve de valeur

L’unité de compte

Explication

L’unité de compte fournit une mesure commune permettant d’exprimer et de comparer les prix. La réserve de valeur concerne la conservation du pouvoir d’achat, tandis que l’intermédiaire des échanges facilite les transactions.

4. Quelle succession décrit l’évolution de la dématérialisation monétaire ?

Monnaie scripturale, monnaie métallique, monnaie fiduciaire, puis troc
Monnaie métallique, monnaie scripturale, monnaie marchandise, puis monnaie fiduciaire
Monnaie fiduciaire, monnaie marchandise, monnaie scripturale, puis troc
Monnaie marchandise et métallique, monnaie fiduciaire, puis monnaie scripturale

Monnaie marchandise et métallique, monnaie fiduciaire, puis monnaie scripturale

Explication

La dématérialisation suit le passage de supports matériels liés à la marchandise ou au métal vers la monnaie fiduciaire, puis vers des écritures comptables bancaires. La monnaie scripturale correspond donc au stade le plus dématérialisé de cette succession.

5. Quelle distinction entre monnaie de banque et monnaie centrale est correcte ?

La monnaie de banque est composée de billets, tandis que la monnaie centrale correspond aux crédits des banques commerciales
La monnaie de banque est garantie par les réserves privées, tandis que la monnaie centrale est créée par les ménages
La monnaie de banque circule sous forme métallique, tandis que la monnaie centrale repose sur des écritures commerciales
La monnaie de banque est créée par les banques commerciales, tandis que la monnaie centrale est émise par la banque centrale

La monnaie de banque est créée par les banques commerciales, tandis que la monnaie centrale est émise par la banque centrale

Explication

La monnaie de banque est une monnaie scripturale privée créée par les banques commerciales, alors que la monnaie centrale comprend notamment les billets, les pièces et les réserves bancaires émises par la banque centrale. Les billets ne constituent donc pas la monnaie de banque.

6. Pourquoi Bitcoin et Ethereum ne remplissent-ils pas simultanément les fonctions traditionnelles de la monnaie ?

Ils bénéficient d’un cours légal général, leur valeur est stable et leur usage concerne surtout les paiements courants
Leur capacité de transaction est limitée, leur valeur est très volatile et leur usage reste largement spéculatif
Ils sont réservés aux banques commerciales, leur quantité dépend des dépôts et leur prix est fixé par l’État
Ils sont constitués de pièces métalliques, leur émission est contrôlée par les banques centrales et leur circulation est locale

Leur capacité de transaction est limitée, leur valeur est très volatile et leur usage reste largement spéculatif

Explication

Les crypto-actifs étudiés rencontrent des limites de capacité de transaction, une forte volatilité et un caractère spéculatif, ce qui empêche leur plein exercice des fonctions monétaires. Ils ne bénéficient pas non plus du cours légal d’une monnaie souveraine, mais cette absence n’est pas l’ensemble de l’explication.

7. Qu’est-ce qui distingue principalement une monnaie digitale de banque centrale d’un dépôt bancaire ordinaire ?

Elle constitue une créance directe sur la banque centrale et possède le cours légal
Elle correspond à une réserve métallique détenue par les ménages auprès de l’État
Elle constitue une créance sur une banque commerciale et dépend d’un contrat de dépôt privé
Elle représente un actif spéculatif sans émetteur souverain et sans reconnaissance juridique

Elle constitue une créance directe sur la banque centrale et possède le cours légal

Explication

La monnaie digitale de banque centrale est la forme numérique d’une monnaie fiduciaire souveraine : elle constitue une créance directe sur la banque centrale et possède le cours légal. Un dépôt bancaire ordinaire est, lui, une créance du client sur sa banque commerciale.

8. Quelle relation décrit correctement les agrégats monétaires du plus liquide au moins liquide ?

M1M_1 comprend la monnaie fiduciaire et les dépôts à vue, puis M2M_2 et M3M_3 ajoutent des placements progressivement moins liquides
M1M_1 comprend les placements à terme, puis M2M_2 et M3M_3 retirent progressivement les dépôts à vue
M1M_1 regroupe les titres monétaires, puis M2M_2 et M3M_3 excluent les avoirs détenus sur les banques
M1M_1 correspond à M3M_3, tandis que M2M_2 mesure séparément les créances sur l’administration centrale

$$M_1$$ comprend la monnaie fiduciaire et les dépôts à vue, puis $$M_2$$ et $$M_3$$ ajoutent des placements progressivement moins liquides

Explication

La définition emboîtée établit que M1M_1 regroupe la monnaie fiduciaire et les dépôts à vue, puis que M2M_2 et M3M_3 incorporent des placements moins liquides. L’idée selon laquelle les agrégats supérieurs retireraient les dépôts à vue inverse cette construction.

9. Dans le bilan monétaire, comment faut-il distinguer les contreparties de la masse monétaire ?

Les contreparties figurent au passif et représentent les placements liquides détenus par les ménages
Les contreparties désignent les billets en circulation tandis que la monnaie scripturale figure à l’actif
Les contreparties mesurent la liquidité de M1M_1 et sont indépendantes des créances bancaires
Les contreparties figurent à l’actif et expliquent l’origine économique de la monnaie inscrite au passif

Les contreparties figurent à l’actif et expliquent l’origine économique de la monnaie inscrite au passif

Explication

Les contreparties correspondent à des éléments d’actif, comme les réserves officielles et les créances, qui expliquent l’origine de la monnaie scripturale inscrite au passif. Les confondre avec les agrégats monétaires revient à inverser les deux côtés du bilan.

10. Quelles écritures résultent de l’octroi puis du remboursement du principal d’un crédit bancaire ?

L’octroi transfère des billets existants au passif, puis le remboursement du principal transforme le dépôt en réserve
L’octroi inscrit une créance à l’actif et un dépôt au passif, puis le remboursement du principal détruit ce dépôt
L’octroi inscrit un dépôt à l’actif et une créance au passif, puis le remboursement du principal accroît la monnaie
L’octroi réduit les actifs bancaires et les dépôts, puis le remboursement du principal crée une nouvelle créance

L’octroi inscrit une créance à l’actif et un dépôt au passif, puis le remboursement du principal détruit ce dépôt

Explication

Lorsqu’une banque accorde un crédit, elle crée simultanément une créance à son actif et un dépôt au passif. Le remboursement du principal annule ces positions et détruit ainsi la monnaie créée, contrairement à l’idée d’une création monétaire au remboursement.

11. Quelle différence d’interprétation distingue l’approche du multiplicateur de celle du diviseur monétaire ?

Le multiplicateur part de HH pour déterminer MM, tandis que le diviseur part de MM pour déterminer HH
Le multiplicateur calcule les réserves à partir des dépôts, tandis que le diviseur calcule les crédits à partir des réserves
Le multiplicateur part de MM pour déterminer HH, tandis que le diviseur part de HH pour déterminer MM
Le multiplicateur relie les dépôts aux crédits, tandis que le diviseur relie les réserves aux billets

Le multiplicateur part de $$H$$ pour déterminer $$M$$, tandis que le diviseur part de $$M$$ pour déterminer $$H$$

Explication

Dans l’approche du multiplicateur, M=kHM = kH : la base monétaire HH est considérée comme préalable à la masse monétaire MM. Dans l’approche du diviseur, H=dMH = dM : la masse monétaire est déterminée avant les besoins de base monétaire.

12. Quel mécanisme explique que la titrisation puisse réduire l’assiette des réserves obligatoires d’une banque ?

Des crédits nouveaux sont refinancés par la banque, ce qui remplace les titres négociables par des dépôts
Des réserves excédentaires sont transformées en prêts, ce qui inscrit davantage de créances au bilan bancaire
Des dépôts à vue sont convertis en billets, ce qui augmente les crédits conservés au bilan de la banque
Des crédits existants sont regroupés en titres vendus à des investisseurs, ce qui retire ces actifs du bilan bancaire

Des crédits existants sont regroupés en titres vendus à des investisseurs, ce qui retire ces actifs du bilan bancaire

Explication

La titrisation transforme un portefeuille de crédits en titres négociables revendus à des investisseurs, faisant sortir les actifs concernés du bilan de la banque. Le crédit traditionnel reste, au contraire, porté par la banque et demeure inclus dans son bilan.

13. Pourquoi une hausse de la base monétaire peut-elle ne pas entraîner une hausse équivalente de la création monétaire en période de crise ?

Les banques peuvent convertir toutes leurs réserves en titres, ce qui supprime les dépôts déjà créés
Les banques peuvent conserver des réserves excédentaires plutôt que prêter à des emprunteurs jugés insolvables
Les banques peuvent accroître leurs prêts parce que le risque d’insolvabilité devient plus faible pendant la récession
Les ménages peuvent retirer leurs dépôts, ce qui transforme automatiquement les réserves en crédits bancaires

Les banques peuvent conserver des réserves excédentaires plutôt que prêter à des emprunteurs jugés insolvables

Explication

En période de récession ou de défiance, les banques peuvent préférer détenir des réserves excédentaires face au risque d’insolvabilité des emprunteurs, ce qui freine le crédit malgré une base monétaire accrue. L’idée d’un risque devenu plus faible pendant la crise contredit précisément ce mécanisme décrit par Stiglitz et Weiss.

14. Selon la théorie quantitative de la monnaie, si la vitesse de circulation et la production restent constantes, quelle conséquence produit une hausse de la masse monétaire MM ?

Elle entraîne une hausse proportionnelle du niveau général des prix PP.
Elle réduit le niveau de production réelle YY à court terme.
Elle augmente la demande de monnaie en faisant monter le taux d’intérêt.
Elle provoque une baisse proportionnelle du niveau général des prix PP.

Elle entraîne une hausse proportionnelle du niveau général des prix $$P$$.

Explication

L’équation M⋅V=P⋅YM \cdot V = P \cdot Y implique qu’avec VV et YY constantes, une hausse de MM se traduit par une hausse proportionnelle de PP. L’effet sur le taux d’intérêt et la demande de monnaie relève plutôt de l’analyse keynésienne évoquée dans la confusion signalée.

15. Quelle situation caractérise une trappe à liquidité au sens keynésien ?

Un taux d’intérêt très bas conduit les agents à thésauriser toute injection monétaire.
Une hausse des prix réduit les encaisses réelles et stimule les achats de titres.
Une progression de la production absorbe la monnaie supplémentaire sans modifier les prix.
Un taux d’intérêt élevé incite les agents à convertir leur épargne en obligations.

Un taux d’intérêt très bas conduit les agents à thésauriser toute injection monétaire.

Explication

La trappe à liquidité apparaît lorsque le taux d’intérêt est très bas et que les agents anticipent sa remontée, ce qui les pousse à conserver la monnaie injectée. L’achat d’obligations dans un contexte de taux élevé correspond à une logique différente et ne décrit pas cette situation.

16. Quelle opération relève du financement intermédié plutôt que du financement direct ?

Un épargnant acquiert des actions nouvellement émises par une société cotée.
Une entreprise émet des obligations achetées directement par des investisseurs sur un marché.
Un investisseur prête des fonds à une entreprise par l’intermédiaire d’un marché financier.
Une banque collecte l’épargne des ménages puis accorde un crédit à une entreprise.

Une banque collecte l’épargne des ménages puis accorde un crédit à une entreprise.

Explication

Le financement intermédié repose sur une banque qui collecte l’épargne et transforme ces ressources en crédits. L’émission et l’achat de titres sur un marché mettent directement en relation les agents et relèvent donc du financement direct.

17. Quelle distinction entre une action et une obligation est correcte ?

L’action garantit un coupon fixe, tandis que l’obligation donne un droit de vote.
L’action impose le remboursement du principal, tandis que l’obligation offre un dividende variable.
L’action constitue une créance sur l’émetteur, tandis que l’obligation attribue une part de propriété.
L’action confère un droit de propriété, tandis que l’obligation représente une créance.

L’action confère un droit de propriété, tandis que l’obligation représente une créance.

Explication

Une action est un titre de propriété qui peut donner un droit de vote et un dividende variable, tandis qu’une obligation est une créance assortie d’un coupon et du remboursement du principal. Le coupon fixe et le remboursement caractérisent l’obligation, non l’action.

18. À quel moment se produit l’anti-sélection par rapport à un contrat de financement ?

Après l’obtention des fonds, lorsque l’emprunteur modifie son comportement.
Avant la conclusion du contrat, en raison de l’information supérieure détenue par l’emprunteur.
Pendant le remboursement, lorsque le prêteur réévalue la solvabilité du débiteur.
Après une variation des taux, lorsque la valeur des garanties devient incertaine.

Avant la conclusion du contrat, en raison de l’information supérieure détenue par l’emprunteur.

Explication

L’anti-sélection est un risque ex ante : l’emprunteur dispose d’informations supérieures avant la signature du contrat. La modification du comportement après l’obtention des fonds correspond plutôt à l’aléa moral, qui est un risque ex post.

19. Dans la progression décrite par Minsky, quelle séquence caractérise l’évolution des structures de financement ?

Finance spéculative, finance de couverture, puis finance Ponzi.
Finance Ponzi, finance spéculative, puis finance de couverture.
Finance de couverture, finance spéculative, puis finance Ponzi.
Finance de couverture, finance Ponzi, puis finance spéculative.

Finance de couverture, finance spéculative, puis finance Ponzi.

Explication

Selon Minsky, les flux de trésorerie couvrent d’abord le principal et les intérêts, puis les seuls intérêts, avant de ne plus couvrir même les intérêts. Cette dégradation correspond à la séquence couverture, spéculative, puis Ponzi.

20. Quel mécanisme des accords de Bâle III vise à permettre à une banque de résister à des sorties nettes de trésorerie pendant trente jours ?

Le ratio de transformation, fixé à 30 %
Le ratio LCR, fixé à au moins 100 %
Le ratio de solvabilité global, fixé à 12 %
Le ratio CET1, fixé à plus de 9 %

Le ratio LCR, fixé à au moins 100 %

Explication

Le ratio LCR doit être supérieur ou égal à 100 % afin de couvrir les sorties nettes de liquidité sur trente jours. Le ratio de solvabilité global protège plutôt contre les pertes liées aux risques bancaires.

21. Quelle caractéristique distingue le microcrédit du crédit bancaire classique dans le financement des populations pauvres ?

Il utilise la solidarité du groupe comme garantie sociale
Il repose sur un historique bancaire long et vérifiable
Il exige des actifs immobiliers comme garantie principale
Il s’adresse principalement aux grandes entreprises exportatrices

Il utilise la solidarité du groupe comme garantie sociale

Explication

Le microcrédit peut financer des personnes sans garanties physiques en s’appuyant sur la solidarité du groupe. Le crédit bancaire classique demande plus souvent des garanties matérielles ou un historique financier établi.

22. Quelle combinaison décrit correctement les formes que peut prendre le crowdfunding ?

La subvention publique, l’obligation d’État et le dépôt à terme
La garantie mutuelle, le leasing et le découvert bancaire
Le dépôt bancaire, l’assurance-vie et le crédit hypothécaire
Le don, le prêt participatif et la prise de participation

Le don, le prêt participatif et la prise de participation

Explication

Le crowdfunding collecte des fonds auprès d’un large public et peut prendre la forme d’un don, d’un prêt participatif ou d’une participation au capital. Les autres combinaisons réunissent des produits bancaires ou publics qui ne définissent pas le crowdfunding.

23. Comment une plateforme de crowdfunding aide-t-elle une startup technologique marocaine au stade de la création ?

Elle remplace l’évaluation du produit par une garantie immobilière
Elle réserve le financement aux entreprises déjà rentables
Elle lui impose de présenter plusieurs années de comptes certifiés
Elle lui permet de tester directement l’appétence du marché

Elle lui permet de tester directement l’appétence du marché

Explication

Le crowdfunding met directement une startup en contact avec un large public, ce qui permet de tester l’intérêt du marché et de compenser le manque de financement bancaire initial. Les banques s’appuient davantage sur l’historique et les garanties que sur ce test direct.

24. Pourquoi les banques de second rang refusent-elles fréquemment de financer les startups technologiques en création ?

Elles disposent de peu d’informations vérifiables et de garanties tangibles
Elles privilégient les projets sans incertitude sur leur rentabilité future
Elles financent principalement les entreprises dépourvues de tout risque
Elles considèrent que les startups ont déjà un historique financier solide

Elles disposent de peu d’informations vérifiables et de garanties tangibles

Explication

Une startup en création ne possède souvent ni historique de compte ni actifs tangibles, ce qui accentue l’asymétrie d’information pour la banque. La rentabilité et le risque du projet restent donc difficiles à évaluer.

25. Que caractérise la finance solidaire par rapport à une épargne recherchant la performance financière ?

L’investisseur transforme chaque placement en crédit bancaire garanti par un actif réel
L’investisseur privilégie le rendement maximal sans considération pour l’impact du placement
L’investisseur accepte de lier une partie du rendement à un objectif social ou environnemental
L’investisseur renonce à toute rémunération afin de soutenir une cause collective

L’investisseur accepte de lier une partie du rendement à un objectif social ou environnemental

Explication

La finance solidaire subordonne une partie de la performance financière à des objectifs sociaux ou environnementaux. Elle ne signifie pas nécessairement l’absence de rémunération, contrairement à la renonciation complète au rendement.

26. Quels principes encadrent la finance participative marocaine ?

La séparation des profits, l’absence de risque et le financement par découvert
La spéculation sur les actifs et la garantie d’un rendement prédéterminé
La rémunération fixe de l’intérêt et la couverture intégrale des pertes par l’emprunteur
La prohibition du Riba et du Gharar, ainsi que le partage des profits et des pertes

La prohibition du Riba et du Gharar, ainsi que le partage des profits et des pertes

Explication

La finance participative marocaine interdit le Riba, c’est-à-dire l’intérêt, ainsi que le Gharar, associé au risque excessif, et organise le partage des profits et des pertes. Un rendement fixe garanti et la spéculation sont incompatibles avec ces principes.

27. Quel secteur et quel contrat dominent principalement les financements participatifs marocains ayant dépassé 28 milliards de dirhams d’encours ?

L’immobilier, principalement à travers les contrats Murabaha
L’agriculture, principalement à travers les contrats Mudaraba
L’artisanat, principalement à travers les contrats Musharaka
Le commerce extérieur, principalement à travers les contrats Salam

L’immobilier, principalement à travers les contrats Murabaha

Explication

Les financements participatifs marocains sont principalement portés par l’immobilier au moyen des contrats Murabaha, avec un encours supérieur à 28 milliards de dirhams. La Mudaraba et la Musharaka font partie des instruments participatifs, mais elles ne correspondent pas au secteur et au contrat dominants indiqués.

28. Comment la finance participative contribue-t-elle à intégrer une épargne auparavant conservée hors du circuit bancaire ?

Elle convertit les dépôts conventionnels en placements spéculatifs à rendement garanti
Elle dirige l’épargne vers des comptes rémunérés par un intérêt fixe
Elle remplace l’épargne des ménages par des subventions financées par l’État
Elle transforme une épargne détenue en espèces ou en or en capital productif réel

Elle transforme une épargne détenue en espèces ou en or en capital productif réel

Explication

La finance participative attire les ménages qui refusent les banques conventionnelles à intérêt et peut transformer leur épargne conservée en cash ou en or en capital productif réel. Elle ne repose pas sur l’intérêt fixe ni sur un mécanisme de subvention publique.

29. Pourquoi le financement des projets verts peut-il créer une tension pour les banques qui reposent principalement sur des dépôts à court terme ?

Parce que ces projets exigent des capitaux importants et génèrent des rendements sur des horizons très longs
Parce que ces projets réduisent les besoins de financement dès que les taux d’intérêt bancaires diminuent
Parce que ces projets produisent des recettes immédiates mais nécessitent des dépôts immobilisés à long terme
Parce que ces projets offrent des rendements rapides tandis que les dépôts bancaires restent rarement mobilisables

Parce que ces projets exigent des capitaux importants et génèrent des rendements sur des horizons très longs

Explication

Les projets verts demandent souvent un investissement initial élevé et ne produisent des rendements qu’après vingt ou trente ans, alors que les dépôts sont surtout à court terme. L’idée d’un rendement immédiat ne correspond donc pas au profil financier habituel de ces projets.

30. Quelle conséquence l’inadéquation entre des dépôts bancaires à court terme et des investissements verts à très long terme peut-elle avoir ?

Elle peut accroître le risque de transformation et détériorer certains ratios prudentiels, comme le NSFR
Elle peut accroître l’asymétrie d’information et améliorer automatiquement le ratio de liquidité bancaire
Elle peut transformer les dépôts à court terme en capitaux propres destinés aux projets écologiques
Elle peut réduire le risque de transformation en rapprochant les échéances des ressources et des emplois

Elle peut accroître le risque de transformation et détériorer certains ratios prudentiels, comme le NSFR

Explication

Le décalage des maturités expose la banque à un risque de transformation susceptible de dégrader ses ratios prudentiels, notamment le NSFR de Bâle III. L’asymétrie d’information concerne plutôt la connaissance du risque propre à l’emprunteur.

31. Qu’est-ce qui caractérise une obligation verte ?

C’est une participation au capital d’une entreprise dont les bénéfices financent des activités environnementales
C’est un placement public dont l’émetteur peut répartir les fonds entre des projets écologiques et généraux
C’est un prêt bancaire dont le taux varie selon la quantité d’émissions évitées par l’emprunteur
C’est un titre de créance dont les fonds sont contractuellement affectés à des projets contribuant à la transition écologique

C’est un titre de créance dont les fonds sont contractuellement affectés à des projets contribuant à la transition écologique

Explication

Une obligation verte est un titre de créance émis sur le marché financier direct, avec un engagement contractuel d’affecter les fonds levés à des projets de transition écologique. Elle ne constitue donc ni une prise de participation ni un prêt bancaire classique.

32. Quelle procédure contribue à limiter le risque de greenwashing lors de l’émission d’une obligation verte ?

Un expert indépendant vérifie et certifie dans un reporting extra-financier l’impact environnemental réel et mesurable du projet
L’émetteur publie une communication commerciale décrivant les objectifs écologiques sans contrôle extérieur
La banque arrangeuse garantit que les fonds seront rentables, même si l’impact écologique n’est pas quantifié
Une agence de notation détermine la rentabilité financière du projet sans examiner ses effets environnementaux

Un expert indépendant vérifie et certifie dans un reporting extra-financier l’impact environnemental réel et mesurable du projet

Explication

La lutte contre le greenwashing repose sur l’intervention d’un expert indépendant chargé d’auditer et de certifier l’impact environnemental réel et mesurable. Une communication non vérifiée ne permet pas d’établir la réalité de cet impact.

33. Comment une obligation verte agit-elle sur le financement et la création monétaire ?

Elle réduit M1 parce que les investisseurs convertissent nécessairement leurs dépôts en billets immédiatement
Elle remplace l’épargne existante par des réserves bancaires nouvelles destinées aux projets écologiques
Elle mobilise une épargne déjà constituée sans créer de monnaie ex nihilo par le crédit, ce qui contribue à stabiliser M1
Elle crée de la monnaie ex nihilo par l’émission du titre et augmente automatiquement l’agrégat M1

Elle mobilise une épargne déjà constituée sans créer de monnaie ex nihilo par le crédit, ce qui contribue à stabiliser M1

Explication

L’obligation verte met en relation un émetteur et une épargne nationale ou internationale préexistante, sans mécanisme de création monétaire ex nihilo par le crédit. Cette caractéristique contribue à la stabilité de l’agrégat M1.

34. Pourquoi les obligations vertes sont-elles adaptées au financement d’infrastructures écologiques ?

Elles peuvent offrir des maturités très longues correspondant au cycle de vie de ces infrastructures
Elles financent les infrastructures sans paiement d’intérêts pendant toute leur durée de fonctionnement
Elles imposent des remboursements courts correspondant aux échéances habituelles des dépôts bancaires
Elles permettent aux entreprises de rembourser les capitaux avant la mise en service des équipements

Elles peuvent offrir des maturités très longues correspondant au cycle de vie de ces infrastructures

Explication

Les obligations vertes peuvent proposer des maturités longues, adaptées au cycle de vie des infrastructures écologiques. Les ressources bancaires de second rang sont souvent plus courtes et correspondent moins bien à ces horizons.

35. Pour un financement donné, quel est le coût annuel d’une obligation verte portant un coupon de 4,8 % et supportant 2 millions de dirhams de certification et d’audit ?

52 millions de dirhams, soit 48 millions de coupon et 4 millions de frais
50 millions de dirhams, soit 48 millions de coupon et 2 millions de frais
48 millions de dirhams, car les frais de certification sont intégrés au coupon
55 millions de dirhams, correspondant au coût annuel d’une obligation classique

50 millions de dirhams, soit 48 millions de coupon et 2 millions de frais

Explication

Le coupon annuel est de 48 millions de dirhams et les coûts de certification et d’audit atteignent 2 millions, pour un total de 50 millions. Le montant de 55 millions correspond au coût d’intérêts indiqué pour une obligation classique à 5,5 %.

36. Quelles transformations ont marqué la réforme du système financier marocain depuis le début des années 1990 ?

La centralisation des marchés de capitaux, le contrôle accru des opérations et la suppression de la réglementation bancaire
La réduction des échanges financiers, la limitation du crédit et la fermeture du marché des changes
Le décloisonnement des marchés de capitaux, la libéralisation des opérations financières et la réforme du cadre réglementaire
La séparation plus forte des marchés, la fixation administrative des taux et le retrait de la banque centrale

Le décloisonnement des marchés de capitaux, la libéralisation des opérations financières et la réforme du cadre réglementaire

Explication

La réforme s’est appuyée sur le rapprochement des composantes des marchés, la libéralisation des opérations financières et la modernisation du cadre réglementaire bancaire et financier. Elle ne correspond donc pas à une fermeture ou à une centralisation accrue des marchés.

37. Quel changement la nouvelle loi bancaire marocaine de 2006 a-t-elle introduit ?

Elle a libéralisé les taux débiteurs et créé le marché des changes interbancaire
Elle a supprimé les règles prudentielles de Bâle II et transféré la supervision bancaire au ministère des Finances
Elle a instauré le désencadrement du crédit et supprimé progressivement les emplois obligatoires
Elle a renforcé les règles prudentielles dans le cadre de Bâle II et consacré l’autonomie de la banque centrale

Elle a renforcé les règles prudentielles dans le cadre de Bâle II et consacré l’autonomie de la banque centrale

Explication

La loi bancaire de 2006 a introduit de nouvelles exigences prudentielles liées à Bâle II et reconnu l’autonomie de la banque centrale dans la régulation et la surveillance. La libéralisation des taux et le marché des changes interbancaire relèvent de la réforme de 1996.

38. Quels éléments ont contribué à la résilience du système financier marocain face à la crise financière internationale ?

Un secteur fortement internationalisé, des produits dérivés, un change déréglementé et une supervision fragmentée
Un secteur relativement fermé, des instruments classiques, un marché des changes réglementé et une forte supervision bancaire
Un secteur ouvert, des produits complexes, un marché des changes libre et une supervision bancaire limitée
Un secteur public dominant, des instruments spéculatifs, un change fixe et une faible surveillance bancaire

Un secteur relativement fermé, des instruments classiques, un marché des changes réglementé et une forte supervision bancaire

Explication

La résilience est attribuée à la relative fermeture du secteur, aux instruments boursiers classiques, à la réglementation du marché des changes et à la supervision bancaire. L’ouverture financière et la déréglementation du change correspondent donc à une caractérisation inverse de la situation décrite.

39. Face à la montée des impayés, au déficit de liquidité et à un coefficient d’emploi élevé, quelle combinaison de mesures renforce le plus la solidité d’un établissement bancaire ?

Augmenter les engagements et traiter séparément chaque difficulté financière
Renforcer les fonds propres et mettre en place une gestion globale des risques
Accroître les distributions et limiter le suivi aux risques de liquidité
Réduire les fonds propres et concentrer la surveillance sur le risque de crédit

Renforcer les fonds propres et mettre en place une gestion globale des risques

Explication

Les fonds propres améliorent la capacité d’absorption des pertes, tandis que la gestion globale couvre plusieurs expositions de l’établissement. Se limiter au risque de crédit ne répond pas à l’ensemble des problèmes de liquidité et de structure mentionnés.

40. Quel était l’encours des crédits bancaires au secteur non financier à fin mai 2022 ?

985,2 milliards de dirhams, avec une hausse annuelle de 2,8 %
200 milliards de dirhams, avec une hausse annuelle de 5,7 %
985,2 milliards de dirhams, avec une hausse annuelle de 5,7 %
85 milliards de dirhams, avec une hausse annuelle de 2,8 %

985,2 milliards de dirhams, avec une hausse annuelle de 2,8 %

Explication

À fin mai 2022, l’encours atteignait 985,2 milliards de dirhams et sa progression annuelle était limitée à 2,8 %. Le montant de 85 milliards concerne les créances en souffrance, tandis que 5,7 % correspond à leur hausse annuelle.

41. Quel segment d’emprunteurs présentait le ratio de sinistralité le plus élevé à fin mai 2022 ?

Les ménages accédant à la propriété
Les grandes entreprises exportatrices
Les entrepreneurs individuels
Les administrations et établissements publics

Les entrepreneurs individuels

Explication

Les entrepreneurs individuels affichaient le ratio de sinistralité le plus élevé parmi les catégories mentionnées. Les créances en souffrance avaient globalement progressé de 5,7 % pour atteindre presque 85 milliards de dirhams, mais cette évolution ne désigne pas les autres segments comme les plus sinistrés.

42. Quelle caractéristique distingue fondamentalement la finance islamique de la finance conventionnelle ?

Elle repose sur des prêts garantis par l’État et exclut le partage des pertes entre les parties
Elle privilégie les opérations de change et les placements spéculatifs dans les secteurs autorisés
Elle autorise l’intérêt et la spéculation, mais encadre les investissements par une sélection sectorielle
Elle interdit l’intérêt, l’incertitude, la spéculation et certains secteurs, tout en prévoyant un partage des résultats

Elle interdit l’intérêt, l’incertitude, la spéculation et certains secteurs, tout en prévoyant un partage des résultats

Explication

La finance islamique repose sur des transactions conformes à la Charia, avec interdiction de l’intérêt, de l’incertitude, de la spéculation et de certains secteurs, ainsi qu’un partage des pertes et profits. La finance conventionnelle ne repose pas sur cet ensemble d’interdictions religieuses.

43. En quelle année Bank Al-Maghrib a-t-elle introduit au Maroc le cadre réglementaire des produits islamiques, alors appelés produits alternatifs ?

En 2017
En 2007
En 2012
En 2019

En 2007

Explication

Bank Al-Maghrib a introduit ce cadre réglementaire en 2007. L’année 2017 correspond à l’ouverture des premières banques participatives marocaines après leur agrément.

44. Quel mécanisme décrit correctement la Mourabaha ?

L’établissement achète le bien demandé puis le revend au client avec une marge convenue à l’avance
L’établissement prend une participation au capital et partage les résultats selon les règles convenues
Le client confie ses fonds à l’établissement qui les investit contre un intérêt fixé à l’avance
L’établissement loue un bien au client en transférant immédiatement toute la propriété juridique

L’établissement achète le bien demandé puis le revend au client avec une marge convenue à l’avance

Explication

Dans une Mourabaha, l’établissement achète le bien puis le revend au client avec une marge bénéficiaire déterminée à l’avance, payable dans un délai prévu. La participation au capital et le partage des pertes et profits relèvent plutôt de la Moucharaka.

45. Quelle situation correspond à une Moucharaka plutôt qu’à une Mourabaha ?

Une banque achète un logement puis le revend avec une marge et des échéances convenues
Une banque verse un intérêt fixe sur un dépôt conservé pendant une durée déterminée
Une banque accorde un prêt classique remboursable avec des intérêts variables
Une banque participe au capital d’une société et répartit les pertes selon les participations

Une banque participe au capital d’une société et répartit les pertes selon les participations

Explication

La Moucharaka implique une participation au capital, avec des pertes réparties selon les participations et des profits répartis selon un prorata prédéterminé. L’achat puis la revente d’un bien avec marge caractérise la Mourabaha, et non la Moucharaka.

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Qu'est-ce que la monnaie selon Michel Aglietta et André Orléan ?

Un instrument d’échange universellement accepté et une institution sociale, juridique et souveraine fondée sur la confiance.

Quelles sont les trois dimensions de la confiance monétaire ?

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