Fiche de révision : Introduction aux Inégalités et Croissance

Plan du Cours

  1. Sources et défis de la croissance
  2. Structure sociale et inégalités
  3. Classes sociales et stratification
  4. Engagement politique et action collective
  5. Mondialisation et commerce international
  6. Firme multinationale et compétitivité
  7. Effets du commerce et protectionnisme
  8. Construction des problèmes environnementaux
  9. Politiques environnementales et action internationale
  10. Mobilité sociale et fluidité sociale
  11. Travail, emploi et mutations numériques

1. Sources et défis de la croissance

Notions clés & Définitions

  • croissance extensive : La croissance extensive augmente la production en mobilisant davantage de facteurs de production comme le travail et le capital.
  • croissance intensive : La croissance intensive augmente la production grâce à l’amélioration de l’efficacité, notamment portée par le progrès technique.
  • productivité globale des facteurs : La productivité globale des facteurs (PGF) mesure l’augmentation d’efficacité qui ne s’explique pas uniquement par l’accumulation de capital et de travail.
  • destruction créatrice : La destruction créatrice décrit le fait que l’innovation améliore la production tout en rendant certaines activités obsolètes.
  • institutions extractives : Les institutions extractives sont des règles (formelles ou informelles) qui organisent des comportements qui limitent la croissance.

Points essentiels

  • Le progrès technique est lié aux innovations et peut produire une croissance intensive via la PGF.
  • L’innovation est présentée comme endogène car elle provient de l’activité économique et mobilise différents capitaux.
  • La loi des rendements factoriels décroissants implique que l’augmentation d’un facteur finit par rapporter moins de production à mesure qu’il s’accumule.
  • Les défis incluent la hausse potentielle des inégalités de revenus, notamment au bénéfice des personnes les plus qualifiées.
  • L’innovation peut aussi reculer les limites écologiques en visant une soutenabilité via une innovation verte.

2. Structure sociale et inégalités

Notions clés & Définitions

  • position socio-économique : La position socio-économique renvoie à la catégorie socio-professionnelle, au revenu et au diplôme, utilisée pour situer les individus dans la société.
  • position socio-démographique : La position socio-démographique regroupe des caractéristiques comme le sexe, l’âge, la composition du ménage et le lieu de résidence.
  • courbe de Lorenz : La courbe de Lorenz représente, à partir d’une variable ordonnée, la part cumulée de population face à la part cumulée de la variable étudiée.
  • coefficient de Gini : Le coefficient de Gini résume l’inégalité en reliant les surfaces sous la courbe de Lorenz (surface A et complément) à un rapport unique.
  • quantiles : Les quantiles découpent la population en groupes d’effectifs égaux (déciles si 10 tranches) pour comparer des positions relatives.

Points essentiels

  • Les quantiles sont décrits comme 10 tranches (neuf déciles) ou 2 tranches (médiane) pour mesurer des écarts d’une variable économique.
  • L’écart inter-quantiles s’exprime comme D9D1D9-D1 et le rapport inter-quantiles comme D9/D1D9/D1.
  • La stratification sociale divise la société en catégories hiérarchisées, reliées à des différences de ressources comme argent, pouvoir, prestige et savoir.

3. Classes sociales et stratification

Notions clés & Définitions

  • classes sociales Marx : Chez Marx, les classes renvoient à l’opposition entre bourgeoisie et prolétariat définies par leur place dans le système productif.
  • classe en soi : La classe en soi correspond à la position objective occupée par des individus dans l’organisation productive.
  • classe pour soi : La classe pour soi désigne la conscience et l’organisation collectives d’une classe.
  • stratification sociale Weber : Chez Weber, la stratification repose sur trois dimensions d’ordres (social, politique et économique) plutôt que sur deux classes.
  • déclin des classes pour soi : Le déclin de la classe pour soi correspond à l’affaiblissement de la conscience de classe, avec diversification des statuts et individualisation.

Points essentiels

  • Les classes chez Marx opposent bourgeoisie et prolétariat, distinguées par classe en soi (position) et classe pour soi (conscience et organisation).
  • La stratification chez Weber est structurée par trois ordres : social, politique et économique.
  • Le cours décrit une remise en cause des classes sociales par un déclin de la classe en soi (baisse des distances inter-classes) et une hausse des distances intra-classes.

4. Engagement politique et action collective

Notions clés & Définitions

  • engagement politique : L’engagement politique regroupe des actions d’individus pour défendre une cause, exprimer une opinion et formuler des revendications.
  • engagement conventionnel : L’engagement conventionnel regroupe des pratiques liées au processus électoral, visant à prendre le pouvoir.
  • engagement non conventionnel : L’engagement non conventionnel regroupe des pratiques protestataires légales ou illégales, visant à influencer le pouvoir.
  • passager clandestin : Le passager clandestin cherche à profiter des bénéfices d’une action collective sans supporter les coûts individuels.
  • incitations sélectives : Les incitations sélectives sont des récompenses qui encouragent la participation et réduisent les comportements de passagers clandestins.

Points essentiels

  • L’action collective vise un objectif commun, et le passager clandestin menace la mobilisation car il évite de payer les coûts.
  • La participation dépend d’incitations sélectives, de rétributions symboliques et de la structure des opportunités politiques.
  • Les objets de l’action collective peuvent être matérialistes ou post matérialistes, tout en restant des revendications présentes dans les mobilisations contemporaines.
  • Les transformations des répertoires d’action se font par création de nouveaux moyens qui coexistent avec les anciens.

5. Mondialisation et commerce international

Notions clés & Définitions

  • mondialisation : La mondialisation désigne l’interdépendance croissante des économies nationales et la formation d’un espace économique mondial unifié.
  • commerce international : Le commerce international regroupe les échanges de biens et services entre agents résidant sur des territoires différents.
  • coûts d’opportunité : Les coûts d’opportunité correspondent à ce à quoi on renonce pour obtenir un autre choix économique.
  • avantage comparatif : L’avantage comparatif correspond à l’idée de se spécialiser dans ce pour quoi un pays a le plus grand avantage ou le moindre désavantage.
  • échanges intra-branche : Les échanges intra-branche sont des échanges de produits appartenant au même secteur d’activité.

Points essentiels

  • Pour expliquer les échanges, le cours oppose pays différents (spécialisation, avantages absolu/comparatif, dotations) et pays comparables (échanges intra-branche).
  • Le théorème HOS est présenté comme une spécialisation quand un facteur est abondant et une importation quand il est rare.
  • Les conséquences incluent baisse des prix et économie d’échelle, avec des effets sur les inégalités entre pays via des mécanismes comme le dumping.
  • Le libre-échange est associé à la spécialisation, l’économie d’échelle et la baisse des prix, tandis que le protectionnisme repose sur des mesures tarifaires et non tarifaires.

6. Firme multinationale et compétitivité

Notions clés & Définitions

  • firme multinationale : Une firme multinationale est une entreprise qui possède au moins une filiale à l’étranger.
  • internaliser : Internaliser désigne l’organisation de la production ou des étapes en les faisant rester dans l’entreprise plutôt que de confier à l’extérieur.
  • externaliser : Externaliser signifie confier à des acteurs externes une partie de la production ou des étapes plutôt que de les produire en interne.
  • compétitivité prix : La compétitivité prix correspond à la capacité à exporter en proposant des prix inférieurs à qualité similaire.
  • compétitivité hors prix : La compétitivité hors prix recouvre tout ce qui n’est pas le prix, comme la qualité, la différenciation et l’innovation.

Points essentiels

  • L’internationalisation passe par la fragmentation de la chaîne de valeur puis par l’organisation interne/externe des étapes.
  • Le cours relie la compétitivité des pays à la capacité d’exporter durablement, dépendante des firmes du pays.
  • Les stratégies associées aux firmes sont présentées comme internationaliser via externalisation (faire faire) ou internalisation/internationalisation (faire soi-même).

7. Effets du commerce et protectionnisme

Notions clés & Définitions

  • dumping : Le dumping correspond à des situations où des firmes attirent ou concurrencent en pratiquant une stratégie de prix bas liées à des conditions de production favorables.
  • économie d’échelle : L’économie d’échelle est un mécanisme où produire de plus grandes quantités fait baisser le coût unitaire moyen.
  • protectionnisme tarifaire : Le protectionnisme tarifaire regroupe les mesures qui limitent les importations en agissant via des taxes ou droits de douane.
  • protectionnisme non tarifaire : Le protectionnisme non tarifaire regroupe des mesures qui restreignent les importations sans passer directement par des droits de douane.
  • guerre commerciale : La guerre commerciale désigne l’escalade de mesures de protection qui peuvent conduire des pays à se répondre par des restrictions.

Points essentiels

  • Le dumping est associé à des leviers social, fiscal et environnemental pour attirer des activités productives en réduisant les coûts.
  • Le libre-échange peut provoquer une pression à la baisse et des destructions d’emploi, même s’il augmente échanges et diversité.
  • Le protectionnisme éducateur/défensif est présenté comme conduisant à une hausse des prix et une possible dépendance des entreprises.

8. Construction des problèmes environnementaux

Notions clés & Définitions

  • problème public : Un problème public est une situation qui devient visible grâce aux acteurs, suscite débat public et conduit à des actions des pouvoirs publics.
  • construction d’un problème public : La construction d’un problème public décrit une suite d’étapes où une situation est désignée, accusée, revendiquée puis mise à l’agenda.
  • naming : Naming correspond à l’étape où l’on désigne une situation comme un problème.
  • blaming : Blaming correspond à l’étape où l’on accuse des responsables identifiés pour le problème.
  • entrepreneur de cause : Les entrepreneurs de cause sont des acteurs comme des mouvements citoyens et groupes d’intérêts qui portent la mise sur agenda.

Points essentiels

  • Le processus présenté suit Felstiner : naming, blaming, claiming, puis l’identification d’entrepreneurs de cause et un cadrage par experts/ONG/scientifiques.
  • La justification et la popularisation passent par des arguments d’importance et des relais comme médias/ONG/associations.
  • La mise à l’agenda par les pouvoirs publics peut susciter conflit ou coopération, illustrée dans le cours par la loi du duplomb et des travaux cités.

9. Politiques environnementales et action internationale

Notions clés & Définitions

  • externalité négative : Une externalité négative est une situation où une activité influence le bien-être d’autrui sans compensation monétaire.
  • taxes et subventions : Les taxes et subventions sont des instruments publics qui modifient les coûts de production/consommation pour internaliser l’externalité.
  • réglementation environnementale : La réglementation impose des normes obligatoires pour que producteurs et consommateurs atteignent des objectifs environnementaux.
  • effet rebond : L’effet rebond est l’annulation partielle des gains d’efficacité énergétique par une hausse de la consommation liée à ces gains.
  • marché des quotas d’émission : Le marché des quotas d’émission repose sur des permis attribués permettant aux entreprises d’émettre une quantité donnée.

Points essentiels

  • La taxe internalise l’externalité en s’ajoutant au prix ou aux coûts, incitant à polluer moins ou à innover.
  • La réglementation est dite efficace mais peut déclencher un effet rebond et reste difficile à contrôler selon le cours.
  • Le marché des quotas fixe un volume à l’avance, permet de réduire la pollution en rendant l’émission coûteuse et d’échanger des permis.
  • Les obstacles à l’action internationale incluent la logique de passager clandestin et le caractère de bien commun du climat.

10. Mobilité sociale et fluidité sociale

Notions clés & Définitions

  • tables de mobilité : Les tables de mobilité sont des tableaux de recrutement et de destinée qui mesurent les trajectoires entre origine sociale et position atteinte.
  • table de recrutement : La table de recrutement décrit la distribution des fils selon la profession/position du père, en rapportant 100 cas à chaque origine.
  • table de destinée : La table de destinée décrit, par ligne, 100 cas aboutissant à une position, et la part de ces cas venant d’un type d’origine.
  • fluidité sociale : La fluidité sociale mesure le degré d’indépendance entre origine sociale et position atteinte.
  • odds ratio : Les odds ratio sont utilisés pour quantifier les chances relatives d’accès aux positions en lien avec l’origine sociale.

Points essentiels

  • La mobilité sociale peut être professionnelle, intergénérationnelle, verticale ascendante/descendante, horizontale, et aussi géographique avec des effets de reproduction sociale.
  • La fluidité sociale est dite élevée quand la position de l’individu dépend peu de celle de ses parents.
  • Le cours distingue mobilité observée et fluidité sociale et mentionne que la mobilité des femmes peut différer des hommes dans la mesure et l’interprétation.

11. Travail, emploi et mutations numériques

Notions clés & Définitions

  • chômage : Le chômage regroupe des personnes sans emploi, à la recherche d’un emploi et disponibles pour travailler.
  • sous-emploi : Le sous-emploi inclut le temps partiel subi et le fait de travailler moins que souhaité, avec une dimension involontaire.
  • télétravail : Le télétravail est un mode d’organisation où l’activité peut être effectuée à distance, avec des impacts sur productivité, isolement et frontières vie pro/vie perso.
  • uberisation : L’ubérisation renvoie à des plateformes numériques mettant en relation clients et travailleurs, présentés comme travailleurs indépendants mais encadrés par un contrôle algorithmique.
  • polarisation de l’emploi : La polarisation de l’emploi correspond à l’augmentation des emplois très qualifiés et peu qualifiés, au détriment de l’emploi intermédiaire.

Points essentiels

  • Le cours distingue travail, emploi, chômage et sous-emploi, et rappelle que le chômage correspond à une recherche active et une disponibilité.
  • Le chômage conjoncturel est lié aux fluctuations de l’activité, avec une logique de corrélation négative croissance/chômage et un rôle de la demande globale.
  • Le chômage structurel persiste et s’explique par les institutions, les problèmes d’appariement et les asymétries d’information.
  • Les politiques proposées diffèrent : relance de la demande pour le conjoncturel et formation, flexibilisation et baisse du coût du travail pour le structurel.
  • Les mutations numériques brouillent les frontières travail/hors travail et transforment les relations d’emploi, tout en alimentant polarisation et précarisation.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1950Évolution de la structure socioprofessionnelle en France depuis 1950 (salarisation, tertiarisation, qualification, féminisation).
1991Création de l’euro (indiquée comme 1991) et transfert de souveraineté à la BCE avec la monnaie unique.
XIXPériode associée au taylorisme et à l’Organisation Scientifique du Travail, ainsi qu’au post-taylorisme décrit juste après.

Tableaux de synthèse

Classes sociales : Marx vs Weber

AuteursConcept centralStructure
MarxBourgeoisie et prolétariatDeux classes avec classe en soi et classe pour soi
WeberOrdres social, politique, économiqueTrois ordres (social, politique, économique)

Chômage : conjoncturel vs structurel

TypeCause principaleTrait distinctif
Chômage conjoncturelFluctuations de l’activité et demande globaleDisparaît quand la croissance revient
Chômage structurelInstitutions, appariement, asymétries d’informationPersiste malgré le retour de la croissance

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre croissance extensive et intensive : l’une repose sur plus de facteurs, l’autre sur l’efficacité via le progrès technique.
  2. Mélanger la courbe de Lorenz et le coefficient de Gini : la première est une représentation graphique, le second synthétise les surfaces.
  3. Croire que les classes existent uniquement via l’opposition marxiste : le cours ajoute aussi la stratification en trois ordres chez Weber.
  4. Interpréter toute action collective comme électorale : l’engagement non conventionnel est aussi protestataire et peut être légal ou illégal.
  5. Ne pas distinguer emploi et chômage : le chômage exige recherche active et disponibilité, pas seulement une absence de travail.
  6. Oublier que le chômage conjoncturel relève de la demande globale alors que le chômage structurel renvoie à des ajustements et problèmes d’appariement.

Checklist Examen

  1. Savoir distinguer croissance extensive et croissance intensive et relier l’intensité à la PGF et au progrès technique.
  2. Maîtriser la destruction créatrice et le caractère endogène du progrès technique tel qu’il est présenté.
  3. Connaître la définition de la position socio-économique et de la position socio-démographique.
  4. Pouvoir calculer/exprimer l’écart inter-quantiles et le rapport inter-quantiles à partir de D9D9 et D1D1.
  5. Décrire le principe de la courbe de Lorenz et interpréter le rôle des surfaces dans le coefficient de Gini.
  6. Expliquer classe en soi vs classe pour soi chez Marx et les trois ordres chez Weber.
  7. Distinguer engagement conventionnel et engagement non conventionnel, et relier chaque forme aux objectifs de prise vs influence du pouvoir.
  8. Identifier au moins trois mécanismes qui facilitent l’engagement : passager clandestin, incitations sélectives, rétributions symboliques, opportunités politiques.
  9. Expliquer comment le cours relie pays différents et pays comparables aux théories (avantages absolu/comparatif, dotations, échanges intra-branche).
  10. Connaître la relation entre compétitivité prix/hors prix et le rôle des firmes dans l’internationalisation.
  11. Distinguer libre-échange et protectionnisme, et citer des exemples de mesures et d’effets (dumping, économies d’échelle, destruction d’emploi).
  12. Lister les étapes de construction d’un problème public et les éléments du processus (naming, blaming, claiming, mise à l’agenda).
  13. Connaître les trois instruments de politique environnementale et relier chacun à un avantage et à un type de limite (effet rebond, contrôle, volatilité).
  14. Savoir définir mobilité sociale, citer la fluidité sociale et comprendre l’idée de mesure via odds ratio.

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1. Quelle différence distingue le mieux une croissance intensive d’une croissance extensive ?

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Croissance extensive — définition ?

Augmentation de la production via plus de facteurs

Croissance extensive

Augmentation par mobilisation de facteurs

Inégalités sociales — rôle ?

Représentent la répartition inégale des ressources et du pouvoir

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