Fiche de révision : Le rôle économique de l’État

Plan du Cours

  1. Allocation et biens publics
  2. Externalités et entreprises publiques
  3. Redistribution et protection sociale
  4. Stabilisation et objectifs économiques
  5. Instruments de politique économique
  6. Équilibre et multiplicateur keynésien
  7. Théories libérales de l’État minimal
  8. Défaillances du marché et relance
  9. Contestations de l’intervention étatique
  10. Réhabilitations du rôle de l’État

1. Allocation et biens publics

Notions clés & Définitions

  • Fonction d’allocation : Selon R. Musgrave (1959), la fonction d’allocation consiste notamment à affecter des ressources et à financer l’administration et les biens publics.
  • Bien public pur : Un bien public pur est non rival, car la consommation d’un agent ne réduit pas les quantités disponibles pour les autres, et non excluable, car il est impossible d’en écarter les agents qui ne paient pas.

Points essentiels

  • L’absence d’exclusion par le prix peut provoquer un comportement de passager clandestin, ce qui justifie que l’État organise la production et le financement du bien.

  • Selon E. Ostrom, certains arrangements institutionnels collectifs peuvent contribuer à réguler les biens communs et à éviter leur surexploitation.

Astuce mémo

Bien public pur : non-rival et non-excluable ; bien commun : rival et non-excluable.

2. Externalités et entreprises publiques

Notions clés & Définitions

  • Externalité : Une externalité est un effet positif ou négatif des actions d’un agent sur le bien-être d’autres agents, qui n’est pas pris en compte par les prix et ne donne lieu à aucune compensation monétaire.
  • Monopole naturel : O. Montel-Dumont - Un monopole naturel désigne une activité pour laquelle une entreprise unique produit plus efficacement qu’une multitude d’entreprises, en raison de rendements d’échelle croissants.
  • Entreprise publique : Selon l’INSEE, une entreprise publique est une entreprise sur laquelle l’État peut exercer une influence dominante par la propriété ou la participation financière, grâce à la majorité du capital ou des voix.

★ À maîtriser

📌 Une externalité positive favorise un tiers sans paiement, tandis qu’une externalité négative défavorise un tiers sans compensation.

📌 Pour corriger une externalité négative, Pigou préconise une taxe ou une réglementation, tandis que Coase propose de définir des droits de propriété échangeables sur un marché.

Compléments

📌 Pour favoriser les externalités positives, l’État peut renforcer les droits de propriété en matière d’innovation et de recherche-développement, notamment par les brevets, les coopérations ou les subventions.

Astuce mémo

Pigou taxe ou réglemente ; Coase organise l’échange de droits.

3. Redistribution et protection sociale

Notions clés & Définitions

  • Redistribution : La redistribution est l’ensemble des opérations par lesquelles une partie des revenus primaires est prélevée sur certains agents ou groupes sociaux puis reversée au bénéfice d’autres.

★ À maîtriser

  • La redistribution vise à réduire les inégalités de revenus entre groupes sociaux par des transferts monétaires, notamment des prestations sociales.

  • Le système de protection sociale couvre six risques :

    • vieillesse
    • santé
    • maternité-famille
    • emploi
    • logement
    • exclusion sociale

📌 La logique bismarckienne ouvre des droits en fonction du rapport à l’emploi et organise une redistribution horizontale, tandis que la logique beveridgienne ouvre des droits en fonction du rapport à la Nation et organise une redistribution verticale financée par une imposition progressive.

Compléments

  • La logique beveridgienne repose sur trois principes :

    • universalité
    • uniformité
    • unicité
  • Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 créent la Sécurité sociale en France.

  • En France, 80 % des prestations de protection sociale sont financées par des régimes obligatoires d’assurances sociales.

Astuce mémo

Bismarck lie les droits à l’emploi ; Beveridge les lie à la Nation.

4. Stabilisation et objectifs économiques

Notions clés & Définitions

  • Politique économique : Une politique économique est un ensemble cohérent de mesures destiné à atteindre les objectifs hiérarchisés que se fixe la puissance publique, en fonction d’une conception de l’intérêt général.
  • Courbe de Phillips : La courbe de Phillips décrit à court terme une relation inverse entre le chômage et l’inflation.
  • Carré magique : Le carré magique de N. Kaldor représente la santé économique d’un pays selon quatre axes : inflation, solde extérieur, croissance et chômage.

★ À maîtriser

  • Selon R. Musgrave (1959), la stabilisation économique est une fonction de l’État qui vise à réguler l’activité face aux chocs exogènes éloignant l’économie de l’équilibre.

  • Les quatre objectifs de stabilisation sont :

    • la croissance équilibrée
    • le plein-emploi
    • la stabilité des prix
    • l’équilibre extérieur

Compléments

📌 Le NAIRU est le taux de chômage pour lequel l’inflation reste constante, tandis que le NAWRU est le taux associé à la stabilité des salaires nominaux.

📌 La règle de Tinbergen exige autant d’instruments que d’objectifs, tandis que la règle de Mundell affecte chaque instrument à l’objectif pour lequel il est relativement le plus efficace.

5. Instruments de politique économique

★ À maîtriser

📌 La politique conjoncturelle agit sur la demande pour réguler l’activité et rapprocher la production effective de la production potentielle, tandis que la politique structurelle transforme le système économique pour améliorer son fonctionnement et sa performance.

  • La politique budgétaire et fiscale peut affecter les ressources, réguler l’activité et redistribuer les revenus.

Compléments

  • La politique monétaire peut accompagner la politique budgétaire, soutenir l’activité économique et rechercher une croissance non inflationniste ou l’équilibre extérieur.

📌 La coordination, plutôt que la simultanéité des politiques, est présentée comme nécessaire pour leur cohérence.

  • La politique budgétaire doit tenir compte de la soutenabilité de la dette et des règles européennes contraignantes.

Astuce mémo

La conjoncture soutient la demande ; la politique structurelle transforme l’offre.

6. Équilibre et multiplicateur keynésien

★ À maîtriser

📐 Formule - Dans une économie fermée où les exportations, les importations et les revenus du reste du monde sont nuls, l’équilibre comptable implique Y=C+I+GY = C + I + G et, si le PIB est distribué en consommation et épargne, S=I+GS = I + G.

📐 Formule - Avec une fonction de consommation C=cY+C0C = cY + C_0, le revenu d’équilibre est Y=C0+I+G1−cY = \frac{C_0 + I + G}{1-c} et le multiplicateur keynésien des dépenses autonomes est 11−c\frac{1}{1-c}.

  • Une hausse de l’investissement accroît d’abord le revenu, dont une partie est consommée ; cette consommation augmente la production et le revenu, relançant le mécanisme.

Compléments

  • Lorsque la propension marginale à consommer vaut 0,8, le multiplicateur keynésien en économie fermée vaut 5.

📐 Formule - Avec une consommation C=C0+α(Y−T)C = C_0 + \alpha(Y-T) et un équilibre Y=C+I+GY=C+I+G, le revenu est Y=11−α(C0+I+G−αT)Y = \frac{1}{1-\alpha}(C_0+I+G-\alpha T).

📌 Lorsque la hausse des dépenses publiques est égale à la hausse des impôts, le multiplicateur de budget équilibré d’Haavelmo vaut 1.

  • Le multiplicateur est d’autant plus élevé que la propension marginale à consommer est forte et la propension marginale à épargner ou la propension marginale à importer est faible.

Astuce mémo

Investissement accru → revenu accru → consommation accrue → nouvel accroissement du revenu.

7. Théories libérales de l’État minimal

★ À maîtriser

  • A. Smith défend le laissez-faire et attribue la coordination économique à une « main invisible », tout en reconnaissant à l’État des fonctions d’armée, de justice et d’infrastructures.

Compléments

  • T. Malthus considère que les aides de l’État sont néfastes et ne permettent pas de réduire la pauvreté.

  • D. Ricardo craint que la hausse des dépenses de l’État, financées par les impôts ou l’emprunt public, ne détourne des sommes du capital productif.

  • J.-B. Say considère que les déséquilibres sur les marchés des biens et services sont ponctuels et non durables, et que l’État ne doit donc pas intervenir. - J-B. Say

  • L. Walras considère que l’État doit faire respecter l’ordre naturel du marché, dont la flexibilité des prix ajuste l’offre et la demande.

8. Défaillances du marché et relance

★ À maîtriser

  • K. Arrow soutient que le marché ne permet pas de définir efficacement l’intérêt général à partir des intérêts individuels, selon son théorème d’impossibilité.

  • En situation de sous-emploi, J.-M. Keynes préconise des politiques de relance fondées sur le multiplicateur afin de soutenir la demande effective. - J-M. Keynes

Compléments

📌 L’approche de l’École du Bien-Être justifie l’intervention de l’État pour prendre en charge les biens collectifs et internaliser les externalités lorsque les droits de propriété sont imparfaits.

📌 Dans l’approche keynésienne présentée, la politique budgétaire agit directement sur l’activité, tandis que la politique monétaire agit indirectement, notamment par un taux d’intérêt faible qui relance l’investissement. - J-M. Keynes

Astuce mémo

Keynes mobilise la demande en sous-emploi ; Arrow souligne les limites du choix collectif par le marché.

9. Contestations de l’intervention étatique

★ À maîtriser

  • Selon le théorème d’équivalence Ricardo-Barro, des ménages anticipant une hausse future des impôts liée au financement par emprunt d’une relance épargnent le revenu supplémentaire.

Compléments

  • Les critiques néoclassiques de la relance invoquent notamment (Friedman) : la théorie du revenu permanent de Friedman, l’illusion monétaire, la contrainte extérieure, les importations qui absorbent une partie de la demande

  • Tullock et Buchanan associent les politiques de relance à des effets d’éviction sur le secteur privé.

  • Laffer et Gilder soutiennent que la redistribution peut produire des effets désincitatifs et déresponsabiliser les individus.

  • F. Kydland et E. Prescott défendent la stabilité, la cohérence temporelle et la crédibilité des politiques économiques à long terme.

  • Selon W. Nordhaus, les gouvernements peuvent mener des politiques de relance avant les élections puis des politiques déflationnistes après celles-ci afin de maximiser leurs voix.

  • Selon l’École de Chicago, les responsables politiques peuvent accorder des privilèges à certains agents, notamment des lobbies, pour favoriser leur réélection, ce qui motive la déréglementation des marchés. - R. Posner, G. Stigler, W. Baumol

10. Réhabilitations du rôle de l’État

★ À maîtriser

  • Les théories de la croissance endogène réhabilitent l’intervention de l’État dans la croissance de longue période et l’investissement public, en raison des effets externes associés à ces interventions. - P. Romer, R. Barro, R. Lucas, G.Becker

Compléments

  • La nouvelle microéconomie souligne que l’opportunisme des agents et les asymétries d’information peuvent produire des effets pervers sur les marchés et justifier des règles protégeant les contrats d’échange.

  • Selon l’École de l’impôt négatif, M. Friedman, l’État doit fournir à chacun un minimum de ressources. - G. Debreu

  • A. Sen attribue à l’État un rôle de promotion de la liberté individuelle par le développement des capabilités.

Tableaux de synthèse

Logiques de redistribution

LogiqueOuverture des droitsRedistributionFinancement ou principe
BismarckienneRapport à l’emploiHorizontaleSystème d’assurance
BeveridgienneRapport à la NationVerticaleImposition progressive et principes des trois U

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Le rôle économique de l’État avec 27 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle fonction de l’État, associée à R. Musgrave en 1959, comprend l’affectation des ressources et le financement de l’administration et des biens publics ?

2. Dans une commune, chacun peut profiter d’un éclairage public sans paiement direct, et l’usage d’un habitant ne diminue pas l’éclairage disponible pour les autres. Quelles propriétés caractérisent ce bien public pur ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Le rôle économique de l’État avec 76 flashcards interactives.

Selon R. Musgrave (1959), que consiste à faire la fonction d’allocation ?

À affecter des ressources et à financer l’administration et les biens publics.

Qu’est-ce qui caractérise la non-rivalité d’un bien public pur ?

La consommation d’un agent ne réduit pas les quantités disponibles pour les autres.

Pourquoi un bien public pur est-il non excluable ?

Il est impossible d’écarter les agents qui ne paient pas.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches