Fiche de révision : Les Fondements du Marché du Travail

Plan du Cours

  1. Causes du chômage conjoncturel et classique
  2. Chômage frictionnel et structurel
  3. Chômage d’inadéquation et institutionnel
  4. Salaire d’efficience et turn-over
  5. Politiques de soutien à la demande
  6. Limites des politiques expansionnistes
  7. Allègement du coût du travail
  8. Flexibilisation du marché du travail
  9. Accompagnement et formation des chômeurs

1. Causes du chômage conjoncturel et classique

Notions clés & Définitions

  • Chômage conjoncturel : Le chômage conjoncturel correspond à un chômage lié à une insuffisance de la demande effective qui réduit production et embauches.
  • Chômage classique : Le chômage classique résulte d’un coût du travail trop élevé qui empêche les entreprises d’embaucher au niveau souhaité.
  • Demande effective : La demande effective est la demande anticipée par les entrepreneurs au moment de décider production et emploi, selon Keynes.
  • Chômage involontaire : Le chômage involontaire décrit une situation où des travailleurs seraient prêts à travailler mais n’ont pas d’offre disponible à cause de la demande insuffisante.
  • Chômage volontaire : Le chômage volontaire décrit le refus d’un emploi par des travailleurs au salaire d’équilibre du marché.

Points essentiels

  • Pour Keynes, l’insuffisance de la demande effective réduit la production et entraîne des licenciements, même si des travailleurs veulent travailler.
  • Pour les néoclassiques, si le salaire réel dépasse le salaire d’équilibre (offre = demande de travail), les entreprises embauchent moins.
  • Le chômage néoclassique est présenté comme en partie volontaire, car certains travailleurs refusent les postes au salaire du marché.
  • Les rigidités salariales (SMIC, charges sociales, protections syndicales) sont citées comme facteurs maintenant le salaire au-dessus de l’équilibre.

Astuce mémo

Keynes = demande qui manque ; Classiques = coût du travail trop haut.

2. Chômage frictionnel et structurel

Notions clés & Définitions

  • Chômage frictionnel : Le chômage frictionnel est un chômage temporaire dû au temps de prospection entre deux emplois dans une économie dynamique.
  • Asymétries d'information : Les asymétries d'information désignent le fait que l’employeur et le chercheur d’emploi ne se rencontrent pas immédiatement.
  • Turn-over : Le turn-over est le taux de rotation des salariés dans une entreprise, mesuré par les entrées et sorties.
  • Chômage structurel : Le chômage structurel correspond à un désajustement durable entre l’économie (structures) et les caractéristiques des travailleurs.

Points essentiels

  • Le chômage frictionnel est relié au turn-over élevé car les séparations et recrutements fréquents multiplient les périodes de recherche.
  • Le chômage structurel ne se résorbe pas spontanément car il provient d’un décalage durable entre mutations de l’économie et profils des travailleurs.
  • Le texte cite comme causes du chômage structurel le déclin d’un secteur, les mutations technologiques et les délocalisations.

Astuce mémo

Friction = le temps de chercher ; Structurel = le monde change durablement.

3. Chômage d’inadéquation et institutionnel

Notions clés & Définitions

  • Chômage d’inadéquation : Le chômage d’inadéquation est un chômage où des offres existent mais les chômeurs ne correspondent pas aux qualifications ou ne sont pas au bon endroit.
  • Asymétries d'information spatiales : Les asymétries d’information spatiales désignent le fait que la localisation des emplois et celle des chercheurs d’emploi ne coïncident pas naturellement.
  • Salaire d’efficience : Le salaire d’efficience est un salaire fixé au-dessus de l’équilibre pour augmenter la productivité et réduire la baisse du chômage involontaire.
  • Chômage institutionnel : Le chômage institutionnel provient de règles et institutions qui empêchent l’ajustement du marché du travail.
  • Rigidités réglementaires : Les rigidités réglementaires sont des contraintes qui freinent l’ajustement du marché du travail et contribuent au chômage institutionnel.

Points essentiels

  • Le chômage d’inadéquation est présenté comme un sous-type du chômage structurel lié à un manque d’adéquation qualifications ou localisation.
  • Le texte relie le salaire d’efficience à des différences possibles entre salaire d’équilibre et salaire fixé, qui empêchent l’ajustement naturel.
  • Les allocations chômage jugées trop généreuses, les rigidités réglementaires et les conventions collectives sont citées comme sources du chômage institutionnel.

Astuce mémo

Inadéquation = mauvais matching ; Institutionnel = règles qui bloquent l’ajustement.

4. Salaire d’efficience et turn-over

Notions clés & Définitions

  • Motivation des salariés : La motivation des salariés correspond à l’idée qu’un salaire élevé incite à mieux travailler dans le modèle du salaire d’efficience.
  • Peur de perdre l’emploi : La peur de perdre l’emploi désigne un mécanisme selon lequel un salaire plus élevé rend les salariés plus prudents et productifs.

Points essentiels

  • Le salaire d’efficience sert de justification à la rigidité des salaires à la baisse et au maintien du chômage involontaire.
  • Le turn-over élevé est présenté comme coûteux (recrutement, formation) et comme un facteur qui entretient davantage le chômage frictionnel.
  • Le modèle « tire-au-flanc » est évoqué : si le salaire est au niveau du marché, les salariés réduiraient leurs efforts ; un salaire élevé renforce la crainte de licenciement.

Astuce mémo

Salaire d’efficience = payer plus pour éviter le tire-au-flanc ; Turn-over = rotation qui allume la friction.

5. Politiques de soutien à la demande

Notions clés & Définitions

  • Politique budgétaire expansionniste : La politique budgétaire expansionniste consiste à accroître dépenses de l’État ou baisser les impôts pour soutenir la demande effective.
  • Politique monétaire expansionniste : La politique monétaire expansionniste consiste à réduire les taux directeurs pour rendre le crédit moins cher et relancer investissement et consommation.
  • Taux d’intérêt directeur : Le taux d’intérêt directeur est le taux fixé par la banque centrale qui conditionne le coût du crédit accordé aux entreprises et aux ménages.
  • Policy-mix : Le policy-mix désigne la combinaison coordonnée de politiques budgétaire et monétaire pour atteindre des objectifs macroéconomiques.

Points essentiels

  • Une relance budgétaire passe par dépenses publiques plus fortes ou baisse d’impôts, ce qui augmente la demande effective puis la production et l’emploi.
  • Une relance monétaire repose sur la baisse des taux directeurs pour stimuler investissement et consommation via un crédit moins cher.
  • Le policy-mix expansionniste est décrit comme déficit budgétaire plus taux d’intérêt bas.
  • En Europe, la décision de politique monétaire est attribuée à la BCE, et la politique budgétaire reste nationale dans le cadre décrit.

Astuce mémo

Relance = Budget (dépense) + Monnaie (taux bas) pour relancer la demande.

6. Limites des politiques expansionnistes

Notions clés & Définitions

  • Inflation : L’inflation correspond à la hausse des prix lorsque la stimulation de la demande se heurte à une offre insuffisante.
  • Endettement public : L’endettement public correspond au financement d’un déficit par emprunt, créant une dette dont le coût peut augmenter si la confiance baisse.
  • Effet d’éviction : L’effet d’éviction est un mécanisme où l’emprunt public massif fait monter les taux et réduit l’investissement privé.
  • Trappe à liquidité : La trappe à liquidité décrit une situation où, des taux proches de zéro, baisser encore ne déclenche ni investissement ni consommation car l’argent est gardé.
  • Non-répercussion des taux : La non-répercussion des taux désigne le fait que la baisse des taux directeurs ne se traduit pas forcément par une baisse des taux des crédits aux ménages et entreprises.

Points essentiels

  • La limite commune des relances est l’inflation : si l’offre ne suit pas, les prix montent et l’effet sur le pouvoir d’achat peut s’annuler.
  • La politique budgétaire a comme limites l’endettement public, un risque de cercle vicieux avec hausse des taux exigés par les investisseurs, et l’effet d’éviction via des capitaux captés par l’État.
  • Le texte cite un cadre européen : déficit limité à 3% du PIB et dette limitée à 60% du PIB.
  • La politique monétaire est limitée par la trappe à liquidité quand les taux sont déjà proches de 0%, et par l’absence de transmission si les banques ne répercutent pas la baisse.
  • Les deux politiques visées ici luttent contre le chômage conjoncturel uniquement et sont décrites comme inefficaces contre le chômage structurel ou classique.

Astuce mémo

Expansion = demande, mais attention inflation, dette, et transmission (trappe à liquidité).

7. Allègement du coût du travail

Notions clés & Définitions

  • Allègements de cotisations sociales patronales : Les allègements de cotisations sont des réductions de charges patronales visant à baisser le coût total pour l’employeur sans réduire le salaire net.
  • SMIC : Le SMIC est le salaire minimum cité dans le texte comme facteur pouvant dépasser le salaire d’équilibre lors de hausses.
  • CICE : Le texte cite le CICE comme un dispositif d’allègement qui a été suivi ensuite par d’autres allègements.

Points essentiels

  • L’allègement du coût du travail vise à augmenter l’embauche en faisant baisser le coût total pour l’entreprise sans toucher au salaire net.
  • Le texte cite des mesures en France : allègements Fillon puis CICE, via la réduction des charges sur les bas salaires.
  • La modération du SMIC est présentée comme un moyen de limiter le salaire minimum au risque de dépasser le salaire d’équilibre.
  • Limite keynésienne citée : si les salaires baissent, la demande effective peut baisser et provoquer déflation et spirale négative.

Astuce mémo

Coût du travail ↓ pour embaucher, mais attention demande effective ↓.

8. Flexibilisation du marché du travail

Notions clés & Définitions

  • Flexibilité externe : La flexibilité externe est l’ajustement du nombre de salariés selon l’activité, via des formes d’emploi et des règles d’ajustement.
  • Flexibilité interne : La flexibilité interne est l’ajustement des conditions de travail ou de la rémunération sans modifier l’effectif.
  • Flexisécurité : La flexisécurité est un modèle combinant forte flexibilité externe, protection sociale généreuse et formations actives.
  • Précarité : La précarité renvoie au risque pour les travailleurs lorsque l’ajustement se fait fortement via la flexibilité externe.
  • Flexibilité quantitative : La flexibilité quantitative correspond à l’adaptation du nombre de travailleurs selon l’activité.

Points essentiels

  • La flexibilité externe est décrite comme quantitative : elle ajuste l’effectif avec des instruments comme CDD, intérim et facilitation des licenciements.
  • La flexibilité externe a pour limite la précarité pour les travailleurs, car elle augmente la mobilité contrainte ou la volatilité de l’emploi.
  • La flexibilité interne est décrite comme qualitative ou fonctionnelle/salariale : polyvalence, modulation des horaires et accords sont cités comme exemples.
  • La flexisécurité est présentée comme un idéal théorique coûteux, combinant flexibilité externe forte, protection sociale généreuse et formations actives.
  • Le texte oppose l’absence de règles formelles dans le cas « Po de flexibilisation » à l’idée que l’interne concerne l’adaptation des employés existants et l’externe concerne l’embauche/licenciement.

Astuce mémo

Externe = combien de salariés ; Interne = comment on organise le travail (et la rémunération).

9. Accompagnement et formation des chômeurs

Notions clés & Définitions

  • Accompagnement : L’accompagnement regroupe des actions d’aide personnalisée à la recherche et à l’orientation qui réduisent les asymétries d’information.
  • Formation : La formation correspond à des dispositifs de reconversion et d’acquisition de qualifications pour réduire le décalage entre profils et emplois.
  • Pôle Emploi : Pôle Emploi est l’acteur cité pour le suivi et l’aide à la recherche d’emploi des chômeurs.
  • CPF : Le CPF est le Compte Personnel de Formation mentionné comme outil permettant d’accéder à des formations.

Points essentiels

  • L’accompagnement est décrit comme une réduction des asymétries d’information via suivi personnalisé, aide à la recherche et orientation.
  • Les formations (reconversion, CPF, formations sectorielles) sont reliées à la baisse du chômage structurel par adaptation des compétences aux secteurs porteurs.
  • La limite citée : l’amélioration du matching peut réduire friction et turn-over, mais augmenter les allocations chômage peut réduire l’urgence de chercher un emploi.

Astuce mémo

Matching + compétences = moins de friction et moins de mauvais turn-over.

Tableaux de synthèse

Flexibilité externe vs flexibilité interne

Type de flexibilitéCe qui s’ajusteExemples cités
Externe (quantitative)Nombre de salariésCDD, intérim, facilitation des licenciements
Interne (fonctionnelle/salariale)Conditions de travail ou rémunérationPolyvalence, modulation des horaires, accords de compétitivité

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre demande effective (anticipations des entrepreneurs) et demande réalisée : seules les anticipations déclenchent les décisions de production et d’embauche dans le schéma keynésien.
  2. Inverser les causes : croire que le chômage classique vient d’un manque de demande et non d’un coût du travail trop élevé par rapport au salaire d’équilibre.
  3. Mélanger frictionnel et structurel : le frictionnel est temporaire et lié à la recherche, alors que le structurel est durable et lié à des mutations économiques.
  4. Oublier la distinction volontaire/involontaire : le chômage volontaire correspond au refus d’offres au salaire d’équilibre, alors que l’involontaire correspond à l’absence d’offres malgré la volonté de travailler.
  5. Croire que toute relance par la demande réduit tous les chômages : le texte limite l’efficacité des politiques expansionnistes au chômage conjoncturel seulement.
  6. Confondre flexibilité externe et interne : la première ajuste l’effectif, la seconde adapte l’organisation ou la rémunération sans changer le nombre de salariés.
  7. Penser que baisse des salaires et baisse du coût du travail n’ont aucun effet sur la demande : le texte avertit que cela peut réduire la demande effective et créer une spirale négative.

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi Keynes relie le chômage conjoncturel à l’insuffisance de la demande effective.
  2. Définir la demande effective et dire ce qu’elle détermine pour les entrepreneurs.
  3. Expliquer pourquoi, pour les néoclassiques, un salaire réel au-dessus du salaire d’équilibre réduit l’embauche.
  4. Distinguer chômage volontaire et chômage involontaire à partir de la disponibilité des offres et du salaire d’équilibre.
  5. Décrire le chômage frictionnel : durée de prospection, cause par asymétries d’information et lien avec le turn-over.
  6. Définir le chômage structurel et citer les exemples donnés (secteur en déclin, mutations technologiques, délocalisations).
  7. Définir le chômage d’inadéquation et préciser le rôle des qualifications et/ou de la localisation.
  8. Lister les déterminants du chômage institutionnel cités : allocations jugées trop généreuses, rigidités réglementaires, conventions collectives.
  9. Définir le salaire d’efficience et donner le mécanisme central de motivation/discipline qui justifie un salaire au-dessus de l’équilibre.
  10. Relier le turn-over au chômage frictionnel et rappeler le lien coût/recrutement-formation dans le texte.
  11. Savoir quelles politiques visent le chômage conjoncturel : relance budgétaire, relance monétaire et policy-mix.
  12. Identifier les limites communes et propres aux politiques expansionnistes : inflation, endettement et effet d’éviction, fuite à l’extérieur, trappe à liquidité et non-répercussion.
  13. Donner les outils d’allègement du coût du travail cités : allègements Fillon puis CICE et modération du SMIC.
  14. Distinguer flexibilité externe et flexibilité interne, puis donner au moins un exemple pour chacune.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Les Fondements du Marché du Travail avec 18 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel mécanisme caractérise le chômage conjoncturel ?

2. Dans l’analyse classique, qu’est-ce qui explique principalement le chômage classique ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Les Fondements du Marché du Travail avec 18 flashcards interactives.

Chômage conjoncturel — définition ?

Lié à la demande insuffisante, réduit la production.

Chômage classique — définition ?

Résulte d’un coût du travail trop élevé.

Demande effective — rôle ?

Décide la production et l’embauche.

Voir les flashcards →

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